D’après une transcription
Je vous remercie beaucoup pour votre accueil des plus chaleureux. J'apprécie vos sourires et vos applaudissements. Vous savez, à la Chambre des communes, lorsque nous nous levons et que nous commençons à parler, nous nous exposons aux huées, au chahut et au tumulte. Et ça, c'est de la part de nos propres collègues. Je ne parle même pas de l'opposition.
Alors, en comparaison, votre accueil est des plus agréables. Je fais miens les mots de remerciement exprimés à nos hôtes pour nous avoir invités ce soir. Quel cadre superbe. C'est magnifique. J'adore cet endroit.
Comme vous le savez, le monde traverse une période de récession et de ralentissement économique. Et dans ce contexte, de nombreuses régions cèdent à la tentation du protectionnisme. Pourtant, tout particulièrement en situation de repli et de contraction financière, ce n'est pas le moment pour ces pays de fermer leurs portes. Il faut au contraire ouvrir les portes pour multiplier les débouchés. C'est exactement notre plan, et ça l'a toujours été avec le premier ministre [Stephen] Harper. Nous sommes déterminés à nous tourner vers l'Europe, et particulièrement l'Europe centrale, la région que beaucoup d'entre vous représentez.
Permettez-moi simplement de dire à quel point, au cours de certains de mes récents voyages en Europe et en Europe centrale, j'ai trouvé inspirant de visiter une variété de pays — la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque, bien sûr, la Roumanie — et ceux d'entre vous qui participent à des visites diplomatiques le savent, les fonctionnaires nous laissent à peine le temps de souffler. Vous savez, parfois, les médias s'imaginent que vous êtes en vacances. Ils sont bien loin de la vérité. L'un des aspects négatifs de ce genre de voyages, c'est que vous n'avez pas le temps de découvrir les villes où vous vous trouvez, de vous promener, de rencontrer les gens et de prendre le pouls du pays. Alors, pour y arriver, je me lève très tôt le matin, avant les agents de sécurité, je me faufile hors de l'hôtel et je me balade à travers la ville ou le village, juste au moment où les gens se réveillent.
Et ce qui m'a vraiment frappé dans un grand nombre des pays d'où vous venez, c'est que, quelque part au centre de la plupart des villes, se trouve un monument qui rappelle les luttes que vous avez menées, et les victoires que vous avez finalement remportées, au moment où ces murs désolants se sont enfin effondrés et où vous vous êtes affirmés comme nations libres et indépendantes. Et quelle inspiration cela a été pour moi de découvrir, pays après pays, tôt le matin, au lever du soleil, le nom des personnes qui se sont tenues debout et qui ont accompli les gestes de courage grâce auxquels vous êtes libres et indépendants aujourd'hui. Qu'il me soit donc permis de vous remercier pour l'extraordinaire exemple de courage et d'indépendance que vous nous avez offert au cours de ces années.
Et ce même courage et ce même esprit d'indépendance, nous en avons maintenant besoin pour mener un autre genre de lutte contre le ralentissement économique mondial. Et ce sont les pays mêmes d'où vous venez et dont vous êtes les représentants, qui encore une fois font preuve de courage, d'audace et même d'indépendance sur le plan de la réflexion et de l'innovation en affirmant : « Nous devons créer des débouchés et pour cela, ouvrir nos portes au commerce. »
En parcourant ces pays et en rencontrant vos premiers ministres et présidents actuels ou passés, vos représentants politiques, vos gens d'affaires, je lance le message que le Canada a beaucoup à offrir. Le même message que nous lançons au monde entier.
C'est fantastique de pouvoir parler de nous-mêmes et dire de belles choses, mais c'est encore mieux lorsque ce sont des gens d'autres pays qui parlent en bien du Canada. C'est une chose lorsqu'un gouvernement chante ses propres louanges et fait sa propre propagande — bien sûr, notre gouvernement ne fait pas de propagande; nous nous contentons de dire la vérité — mais lorsque d'autres pays et des organismes internationaux disent du bien du Canada et de son gouvernement, c'est très vivifiant. Et ce l'est tout autant, lorsque nous visitons différents pays, de pouvoir mentionner que le Forum économique mondial considère que le Canada possède le système bancaire le plus stable du monde.
Nous n'avons pas besoin de renflouer nos institutions financières. Avant même le ralentissement économique, nous avons pris des dispositions obligeant les banques à respecter certaines règles, à maintenir une assise financière suffisante par rapport aux prêts qu'elles consentent. Grâce aux règles que nous nous sommes données, nos banques et nos institutions financières ont été à l'abri du problème des prêts hypothécaires à risque auquel sont confrontés nos voisins du Sud et qui a causé tant de ravages dans le système financier du monde entier. Et ce sont des institutions de l'extérieur qui affirment cela du Canada.
Ce sont des institutions de l'extérieur — comme le Fonds monétaire international — qui ont dit récemment que, grâce à ses politiques fiscales, le Canada est le mieux placé des pays du G7 pour traverser la récession, et qu'il sera le premier à en sortir. Ce sont là d'excellentes nouvelles dont parlent nos partenaires d'autres pays. Ils parlent aussi de notre structure fiscale qui est la plus concurrentielle parmi les pays du G7. C'est le genre de choses que nous offrons à un monde à la recherche d'arrangements et d'accords commerciaux.
Et ce que j'ai trouvé intéressant et encourageant lorsque j'ai rencontré les divers gouvernements des pays d'Europe centrale et que j'ai pris connaissance de leurs politiques, c'est encore une fois le caractère audacieux de ces politiques. Ce sont ces gouvernements qui parlent de régimes fiscaux et de réglementations non contraignants. De laisser les gens donner libre cours à leur esprit d'innovation, à leur créativité et à leur capacité d'investir et d'entreprendre, pour que les choses aillent de l'avant. Ce discours, c'est celui que tiennent une bonne partie des gouvernements d'Europe centrale, et il nous convient parfaitement.
Nous avons beaucoup à offrir dans le cadre de notre collaboration. J'ai été très encouragé le 6 mai, à Prague [République tchèque], lorsque notre premier ministre a signé le début officiel des négociations d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne.
Il s'agit d'une évolution très positive. Nous avons appliqué les modèles économiques. La mise en œuvre intégrale d'un accord de libre-échange avec l'UE pourrait accroître notre PIB de 12 milliards de dollars par année. Nous visons l'UE élargie, mais nous réservons une place particulière à l'Europe centrale. C'est là que se trouvent les débouchés, les possibilités d'investissement bilatéral, les possibilités d'échange de technologies.
Dans bon nombre des pays dont vous-mêmes, vos parents et vos familles êtes originaires, des entreprises canadiennes ont déjà une présence importante. Nous devons élargir cette base d'affaires, et je pense que nous pouvons y arriver.
Un autre domaine dans lequel nous devons faire des progrès — et je pense que c'est possible par le commerce — c'est la mise en commun des technologies. Les échanges d'étudiants, les activités de recherche-développement sont autant de domaines susceptibles de produire des relations et des débouchés commerciaux à long terme. Nous pouvons accomplir beaucoup de choses ensemble.
Je prévois être à Kiev [Ukraine] dans une dizaine de jours.
Dans le domaine de l'énergie, ai-je besoin de vous préciser les besoins auxquels vous faites face en Europe centrale? Dois-je vous rappeler ce qui s'est passé l'hiver dernier lorsque le transport du gaz naturel a été interrompu? À juste titre, bon nombre des pays que j'ai visités il y a quelques mois à peine veulent accroître leur capacité dans le domaine de l'énergie nucléaire — une source d'énergie propre et durable.
Nous avons discuté de la question — des possibilités et du besoin — en Lituanie; j'ai examiné les réacteurs en Roumanie dont deux ont besoin d'être remplacés dès maintenant; la Pologne s'oriente dans cette direction; l'UkraineY et ainsi de suite. Le Canada occupe une part d'environ 10 p. 100 du secteur énergétique nucléaire mondial. C'est dire qu'il y a là pour nous de grandes possibilités. Et à l'aide d'EACL [Énergie atomique du Canada limitée] et de nos réacteurs CANDU, nous faisons tout en notre pouvoir pour en faire la promotion. Nous sommes en concurrence, nous le réalisons, avec d'autres pays. Mais, encore une fois, il y a d'intéressants débouchés à exploiter.
Nous souhaitons donc clairement aller de l'avant dans ce secteur particulier.
La dernière fois que je suis allé à Kiev, c'était au début des années 1990. Les murs venaient tout juste de tomber. J'ai pu constater de mes propres yeux ce qui arrive lorsque les gens ne peuvent laisser libre cours à leur capacité d'innover, à leur créativité, à leur esprit d'entreprise, qu'ils ne peuvent disposer de capitaux, être récompensé pour leur dur labeur, jouir des fruits de leur travail. Et cela m'avait ému. Tant de choses ont changé depuis, mais il reste encore tant de choses à faire. Et nous les ferons.
Les Jeux olympiques d'hiver seront bientôt à Vancouver. Nous vous invitons tous à être là en février. Vos pays ont l'habitude d'envoyer de formidables athlètes dans chacune des disciplines d'hiver. C'est pourquoi nous vous invitons à venir. Nous voulons voir les athlètes de vos pays d'origine. Mais nous ne voulons pas qu'ils remportent l'or, surtout pas en hockey. Nous vous invitons également à Vancouver pour profiter de la merveilleuse ambiance des Jeux, où nous continuerons à vous exposer les raisons pour lesquelles il fait bon faire des affaires au Canada et pourquoi nous voulons faire affaire avec les pays que vous représentez si bien.
Merci d'être une inspiration pour nous. Merci de nous montrer que le courage, l'initiative personnelle et l'esprit d'innovation peuvent engendrer des résultats. Nous sommes résolus à travailler avec vous lorsqu'il sera question de commerce et d'investissement dans ces domaines.
Je vous remercie.