No 2010/20 - Toronto (Ontario) – Le 19 avril 2010
Sous réserve de modifications
C’est un plaisir pour moi de participer au coup d’envoi de l’expo-conférence de cette année.
Depuis 1932, votre organisation joue un rôle actif et de premier plan pour le milieu des affaires canadien.
Au fil des décennies, vos membres ont connu des périodes prospères et des moments difficiles. Mais jamais pendant tout ce temps, vous n’avez fléchi dans votre volonté de trouver des possibilités au-delà des frontières du Canada.
Vous savez – tout comme notre gouvernement – que les travailleurs canadiens, dans tout le pays, sont tributaires d’entreprises comme les vôtres qui exploitent de nouveaux marchés dans le monde entier et génèrent la prospérité sur laquelle nous comptons tous.
Autrement dit, vous comprenez que la prospérité du Canada et la qualité de vie des Canadiens sont tributaires des affaires que nous faisons par delà nos frontières.
Mais vous savez aussi que notre tâche n’est jamais terminée quand il s’agit du commerce.
Le thème de votre conférence est un très bon exemple : « Les nouveaux enjeux liés au respect des politiques douanières et commerciales ». Ce thème ne fera peut-être pas la une des journaux. Toutefois, comme nous l’avons vu il y a peu, même les meilleures relations commerciales exigent que l’on y fasse attention et que l’on en prenne soin constamment, et ce, à tous les niveaux possibles.
Il suffit de constater le défi auquel nous avons été confrontés avec les dispositions « Buy American » du plan de relance américain.
Notre principal partenaire commercial dans le monde, avec lequel nous entretenons des relations essentielles pour les entreprises de part et d’autre de la frontière, s’est replié sur lui même et a opté pour le protectionnisme à un moment où nos travailleurs et nos entreprises ont besoin de plus de possibilités, et non l’inverse.
En travaillant de concert ― et avec le soutien d’organisations comme la vôtre ―, nous avons réussi à négocier une exemption à ces dispositions et à faire en sorte que les portes restent ouvertes aux emplois et à la croissance dont le Canada a besoin à un moment où la reprise reste fragile.
Nous devons rester vigilants par rapport au protectionnisme et à ce qui menace nos flux commerciaux, même avec notre principal partenaire commercial.
Voyez aussi les efforts que nous déployons pour améliorer sans cesse la frontière canado-américaine.
Le commerce et la sécurité ne s’excluent pas mutuellement. Toutefois, depuis quelques années, la frontière devient de plus en plus hermétique.
C’est pourquoi nous travaillons en étroite collaboration avec nos amis américains pour trouver une approche coordonnée afin que notre frontière remplisse sa fonction, qui est à la fois de renforcer la sécurité et de faciliter le commerce.
Nous avons beaucoup progressé dans ce domaine.
Par exemple, nous constatons une augmentation du nombre de permis de conduire Plus. Les provinces de Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Manitoba en ont délivré plus de 115 000, tandis que dans les États de Washington, du Vermont, de New York et du Michigan, ce nombre s’élève à plus de 535 000.
Plus de 390 000 cartes NEXUS et 80 000 cartes EXPRES [expéditions rapides et sécuritaires] ont été délivrées.
Nous avons mis en place quatre voies réservées aux détenteurs de cartes EXPRES aux principaux postes frontaliers au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.
Il ne s’agit là que de quelques exemples de la façon dont même les relations commerciales qui ont fait leurs preuves peuvent, et doivent, évoluer avec le temps.
Notre gouvernement collabore avec ses partenaires américains pour que vos entreprises bénéficient des outils, de l’accès et des formalités souples dont elles ont besoin à la frontière pour réussir sur le marché américain.
Cela est important parce que, comme l’expérience nous l’a appris ici en Amérique du Nord, un commerce libre et ouvert est la meilleure façon de créer des débouchés et des emplois, de contribuer à la prospérité de l’économie mondiale, et de nous diriger vers une reprise durable.
Le Canada a été le dernier des pays du G7 à être frappé par la récession et, d’après certains indicateurs, nous observons déjà que notre croissance économique sera nettement meilleure que celle du reste du G7 cette année.
Toutefois, même si le pire est passé, notre économie est loin de s’être tout à fait redressée.
C’est pourquoi notre gouvernement met tant l’accent sur le Plan d’action économique du Canada, pour protéger les revenus, créer des emplois, assouplir les marchés du crédit et aider les travailleurs à se remettre sur pied.
Notre Budget présente un plan de retour à l’équilibre budgétaire à moyen terme, et ce, et bien avant tout autre pays du G7.
En faisant en sorte que le Canada soit le premier pays du G20 à devenir une zone libre de droits de douane pour l’importation de machines et d’équipement, nous aidons notre secteur manufacturier à augmenter sa productivité.
Nous créons des emplois et nous investissons dans les compétences et dans l’éducation des Canadiens pour créer les emplois et les industries de demain.
De plus, notre Plan d’action économique vise à faire en sorte que, d’un océan à l’autre, nous sortions de ce repli économique en meilleure posture et plus vite que presque tous les autres pays industrialisés.
Toutefois, je suis certain que vous serez d’accord qu’il faut aussi intégrer à notre stratégie un programme de libre-échange dynamique pour aider le Canada à bâtir une reprise durable.
C’est pourquoi notre regard se porte bien au-delà du marché américain, et même nord-américain, pour trouver des débouchés commerciaux.
Les Canadiens et les entreprises canadiennes ne peuvent pas attendre que des possibilités se présentent. Nous allons donc de l’avant pour ouvrir des portes à nos entreprises dans le monde entier.
Ainsi, le Parlement se prépare à adopter les lois nécessaires pour mettre en œuvre des accords de libre-échange avec la Colombie et la Jordanie. Et nous allons bientôt déposer un projet de loi pour un accord similaire avec le Panama.
Ces accords sont très prometteurs pour des secteurs clés au Canada, qu’il s’agisse de l’agriculture, des services financiers, du secteur manufacturier et autres.
Mais nous sommes engagés aussi dans ce qui sont, et de loin, les plus importantes négociations commerciales depuis celles de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Je parle des négociations pour un accord commercial et économique avec l’Union européenne.
Je sais que votre organisation est très favorable à ces négociations et que vous avez invité notre négociateur en chef à faire le point avec vous après chaque série de pourparlers.
Comme il vous l’a certainement expliqué, si un tel accord entrait en vigueur, l’économie canadienne pourrait croître d’au moins 12 milliards de dollars.
Nous prévoyons aussi que nos échanges bilatéraux avec l’Union européenne augmenteraient d’au moins 20 p. 100, ce qui représenterait une augmentation de 38 milliards de dollars.
Cette occasion est toute indiquée pour le Canada en cette période de difficultés économiques, et le gouvernement a comme priorité de faire en sorte que les entreprises canadiennes puissent affronter la concurrence et réussir parmi les meilleurs.
Des secteurs comme l’aéronautique, l’agriculture, l’ingénierie et la haute technologie ont tout à gagner d’une augmentation du commerce transatlantique. Les entreprises canadiennes réclament cet accord et le gouvernement les écoute.
En outre, nos partenaires européens se disent très intéressés par ce que le Canada peut offrir en tant que partenaire économique, soit :
Permettez-moi aussi de vous rappeler que KMPG a confirmé le mois dernier que le Canada se classe en tête des pays industrialisés sur le plan de la compétitivité.
En fait, nous bénéficions d’un avantage concurrentiel de 5 p. 100 par rapport à nos partenaires américains.
Je peux vous dire qu’il y a beaucoup d’intérêt, en Europe et ailleurs, envers la stabilité économique du Canada, notre engagement à innover, notre place sur le marché nord-américain et aussi, sans aucun doute, envers l’excellence de notre secteur privé.
Donc, le Canada et l’Europe constatent tous deux l’énorme potentiel qu’offre un partenariat commercial.
C’est pourquoi les négociations progressent aussi rapidement. La troisième série de pourparlers se déroule à Ottawa cette semaine. Nous examinons tout un éventail de questions, y compris :
Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, compte tenu des enjeux que comporte ce processus pour eux.
J’ai dit très clairement que je souhaite que ces négociations soient terminées d’ici deux ans. Je saisirai d’ailleurs la moindre occasion dans les mois à venir pour les faire avancer sur tous les plans, y compris au cours de mon séjour en Europe le mois prochain.
Cependant, j’ai besoin de votre aide pour réussir. Vous devez saisir la moindre occasion de convaincre vos fournisseurs et vos partenaires, tant ici en Amérique du Nord qu’en Europe, des avantages offerts par la signature d’un tel accord.
Le marché américain sera toujours une pierre angulaire de notre prospérité. Nous partageons des valeurs et des éléments communs, dont la géographie, l’histoire et le commerce, qui sont trop étroitement liés pour que cette situation change.
Mais notre gouvernement voit aussi des possibilités incroyables ailleurs qu’en Amérique du Nord, y compris en Europe. Nous pensons que les entreprises et les travailleurs canadiens sont capables de concurrencer les meilleurs du monde.
La signature d’un accord avec l’Union européenne, qui est le plus grand marché de la planète, les aidera à réussir.
Depuis la création de votre organisation, il y a près de 80 ans, le milieu des affaires canadien, composé de gens comme vous, n’a pas ménagé ses efforts pour exporter ses produits et services en Amérique du Nord et dans le reste du monde, et pour investir dans des activités à l’échelle mondiale qui rendent la Canada encore plus concurrentiel.
Vous n’avez pas fui l’économie mondiale, vous lui avez tendu les bras.
Aujourd’hui, vos efforts sont plus vitaux que jamais tandis que nous nous dirigeons vers une reprise économique durable pour le Canada.
Le gouvernement entend vous appuyer, en Amérique du Nord, en Europe et dans le reste du monde, que ce soit par des négociations commerciales, par le travail de nos délégués commerciaux au Canada et ailleurs dans le monde, ou par tous les efforts que nous déployons pour créer un climat propice aux affaires.
Travaillons ensemble pour sortir le Canada de cette période difficile.
Créons les occasions pour que l’économie canadienne soit solide, diversifiée et résiliente et qu’elle crée des emplois et des possibilités pour les années à venir.
Je vous remercie.