No 2010/38 - Toronto (Ontario) - Le 28 mai 2010
Sous réserve de modifications
Je suis très heureux d’être ici, en compagnie de tant de ceux qui, année après année, maintiennent les liens solides qui unissent le Canada et l’Espagne.
Ce mois-ci, je suis allé à Madrid, où j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux représentants du gouvernement et gens d’affaires pour discuter des orientations futures de nos relations bilatérales.
J’ai également pris la parole devant la Chambre de commerce Canada-Espagne, dont la création récente est une preuve évidente de l’évolution positive de nos relations au fil des ans.
J’ai en outre rencontré des chefs d’entreprise, des décideurs et des investisseurs espagnols afin de leur faire valoir les avantages qu’offre le Canada sur le plan commercial.
Un thème s’est nettement dégagé de toutes mes rencontres : c’est comme partenaires que nous devons nous sortir de la récession.
Cette période de difficultés économiques demande plus de partenariats, pas moins.
Elle requiert plus de commerce et d’investissement, pas moins.
Et elle exige l’établissement de liens commerciaux additionnels avec nos partenaires d’outre-Atlantique.
Je peux donc vous dire qu’au moment où nous continuons d’accroître nos relations commerciales avec l’Espagne et avec l’Europe en général, des groupes comme le vôtre ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de relations plus étroites et dans le maintien des occasions d’affaires.
Vous entendrez beaucoup parler de ces sujets dans les semaines à venir, alors que le Canada se prépare à accueillir le monde aux sommets du G8 et du G20.
La libre entreprise et le libre-échange nous réussissent très bien depuis des années, et nous pensons que le monde pourrait lui aussi gagner à adopter une approche plus ouverte.
En fait, nos liens avec l’Espagne offrent un bon exemple de relations commerciales fructueuses. Au cours de ma visite, j’ai été très impressionné par l’ampleur de notre présence commerciale dans de nombreux secteurs clés.
En 2009, nos échanges bilatéraux de marchandises ont atteint 2,5 milliards de dollars, tandis que nos investissements bilatéraux se sont chiffrés à 2,9 milliards de dollars.
J’ai également constaté sur place à quel point les délégués commerciaux canadiens en Espagne travaillent dur à établir de nouveaux liens dans des secteurs clés, des ressources naturelles aux infrastructures en passant par l’énergie et la haute technologie.
J’invite les entreprises canadiennes qui ne l’ont pas déjà fait à communiquer avec nos délégués commerciaux présents partout dans le monde, y compris dans différentes villes canadiennes : ils pourront vous aider à tirer parti de nouvelles possibilités intéressantes dans toute l’Espagne et aux quatre coins du globe.
Plus de 45 entreprises canadiennes mènent déjà des activités importantes en Espagne.
Et des entreprises espagnoles comme Repsol [YPF], Ferrovial, CEPSA, ACCIONA et Enerfin sont présentes ici au Canada.
De plus, le Club des exportateurs et investisseurs espagnols a annoncé cette semaine que le Canada constitue la principale destination d’affaires étrangère de l’Espagne hors de l’Union européenne.
Voilà qui représente toute une promotion du Canada.
En constatant la profondeur de ces liens, je me suis rappelé une fois encore pourquoi l’Europe est un marché si crucial pour le Canada, et pourquoi nous devons continuer de faire progresser les négociations en vue d’un nouvel accord de partenariat économique dont nous bénéficierons tous.
Voilà longtemps que nos entreprises réclament un resserrement des liens avec l’Europe.
Elles sont très intéressées à l’Union européenne du fait qu’elle est le plus grand marché commun et le plus important investisseur à l’étranger du monde, qu’elle est le siège de quelques-unes des plus grandes et des plus importantes entreprises de la planète, et un incubateur d’idées et de technologies novatrices.
Les nombreux avantages que j’ai vus en Espagne — son milieu d’affaires actif et son attachement à l’innovation, par exemple — renforcent ma conviction que davantage d’entreprises canadiennes devraient y faire des affaires.
Des secteurs canadiens comme ceux de l’aérospatiale, des services financiers, des énergies renouvelables et bien d’autres encore ont beaucoup à offrir au marché européen.
Nos entreprises et nos travailleurs peuvent rivaliser avec leurs concurrents en Europe, et l’emporter.
Toutefois, nos partenaires européens nous ont également dit qu’ils sont très intéressés à l’idée de faire des affaires ici, au Canada.
Entre 2000 et 2009, l’investissement des pays de l’Union européenne au Canada s’est accru de 68 milliards de dollars, atteignant plus de 163 milliards de dollars en 2009.
Les Européens tirent parti de nombre d’avantages canadiens :
Notre excellent système financier attire aussi l’attention.
Le système bancaire canadien se classe invariablement parmi les meilleurs du monde. Malgré la crise économique mondiale, aucune banque canadienne n’a fait faillite ou n’a nécessité de renflouement.
En fait, nombre de banques, la Banque de Montréal et la Banque Royale, par exemple, enregistrent une croissance impressionnante.
Ce genre d’expansion, de nature à inspirer la confiance, serait tout simplement impossible sans l’existence d’un système bancaire solide et stable. Le Canada jouit d’une économie de marché libre dont le secteur financier privé est d’une force considérable et a démontré de l’endurance. Grâce aux règlements prudents qui les régissent, les banques canadiennes se sont retrouvées en meilleure position que leurs concurrentes étrangères pour traverser la tourmente.
Nos banques n’ont pas eu besoin qu’on les renfloue durant la crise économique mondiale et nous croyons que les contribuables canadiens ne devraient pas avoir à porter le fardeau financier des renflouements d’institutions financières des pays étrangers.
C’est pourquoi le Canada n’appuie pas l’imposition systémique d’une taxe sur le risque. Le Canada ne s’engagera pas dans la voie de règlements excessifs, arbitraires ou punitifs à l’égard de son secteur financier.
Nous ne voulons pas que soient punies nos institutions financières pour le succès relatif qu’elles ont connu et la stabilité dont elles ont fait preuve au cours de la crise.
C’est pourquoi le Canada préfère se concentrer sur les réformes financières convenues par le G20 pour faire en sorte que les institutions mondiales appliquent des normes élevées en matière de capital, de liquidités et de levier financier.
Je peux vous dire qu’il s’agit là d’un élément essentiel du message que nous communiquerons au monde au moment où nous nous préparons à d’accueillir le Sommet du G20 ici même, à Toronto. Les négociations en vue d’un accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne tombent donc à point nommé.
Un tel accord est très prometteur pour les deux parties.
Une récente étude conjointe montre qu’un accord pourrait donner un possible essor de 38 milliards de dollars à nos échanges bilatéraux et se traduire par des gains importants pour nos produits intérieurs bruts respectifs.
En fait, il ferait du Canada le premier pays développé avec qui l’Union européenne aurait un tel accord, ce qui, de toute évidence, donnerait au Canada un immense avantage concurrentiel et en outre établirait une norme ambitieuse pour les accords commerciaux que négocierait l’Union européenne par la suite.
Nous examinons actuellement diverses questions, dont :
Les négociateurs en chef des deux parties ont fait remarquer qu’ils avaient noué d’excellentes relations de travail. Ils sont en outre très impressionnés par la collaboration et la créativité dont font preuve les deux parties pour résoudre les questions difficiles.
Nous venons tout juste de terminer la troisième série de négociations et nous préparons la prochaine, qui aura lieu en juillet.
Nous avons nous nous sommes mutuellement fait une offre ambitieuse sur les droits de douane, et une deuxième offre est en préparation pour l’automne.
L’Union européenne nous a déclaré que nous sommes en avance d’une année par rapport aux progrès anticipés à ce stade.
Laissez-moi vous dire que des négociations commerciales ne se font pas du jour au lendemain!
C’est donc un bon signe.
Toutefois, comme dans toute négociation, nous devons toujours nous attendre à ce que des problèmes surgissent — des problèmes qui peuvent amener certaines parties au Canada et en Europe à remettre nos efforts en question.
Et c’est là qu’interviennent nos milieux d’affaires.
Nous avons besoin de votre aide pour accroître le soutien du public et faire taire les critiques de ceux qui estiment que le resserrement des liens commerciaux finit par éroder la souveraineté nationale ou par nuire d’une quelconque façon à l’économie nationale.
Il faut que tous ceux qui souhaitent voir se concrétiser cet accord se manifestent et fassent entendre leurs points de vue.
Le moment est opportun de le faire.
La lutte contre le protectionnisme et l’ouverture à la coopération seront des thèmes clés du prochain Sommet du G20. Des pays du monde entier parleront des meilleures façons de promouvoir une reprise économique mondiale durable.
Par nos actes, nous démontrons que le Canada est un chef de file du libre-échange.
Voyez comment nous avons unilatéralement éliminé les droits de douane sur les importations d’équipement de fabrication, ce que nous sommes le premier pays du G20 à faire, pour qu’il soit plus facile aux fabricants canadiens de demeurer concurrentiels.
Voyez aussi notre ambitieux programme de libre-échange avec des partenaires du monde entier.
Il y a deux semaines, nous avons signé un accord de libre-échange avec le Panama.
Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres, tous inspirés par notre immense succès dans le libre-échange nord-américain.
L’histoire a donné raison au Canada au sujet de l’ouverture aux pays étrangers en vue d’établir des partenariats commerciaux.
En effet, comme le prouve l’histoire économique de l’Amérique du Nord et de l’Europe, la création d’emplois et d’occasions d’affaires et la prospérité passent obligatoirement par l’ouverture au commerce
Nos négociations avec l’Union européenne représentent à nos yeux une occasion importante pour la population de part et d’autre de l’Atlantique de traverser ces temps incertains et de préparer une reprise économique durable.
Ensemble, convainquons Canadiens et Européens des énormes avantages de l’ouverture de nouveaux marchés des deux côtés de l’Atlantique.
Et appuyons ce partenariat qui nous aidera à créer des emplois et des possibilités dans les années à venir.
Je vous remercie.