No 2010/42 - Toronto (Ontario) – Le 18 juin 2010
Sous réserve de modifications
J’aimerais en premier lieu remercier l’École Munk des affaires internationales de l’Université de Toronto pour avoir organisé cette conférence préalable au Sommet.
L’école Munk mérite notre reconnaissance ainsi que nos félicitations pour avoir réuni un groupe aussi prestigieux qui aidera à enrichir la teneur des prochains sommets.
Les Canadiens sont fiers d’être les hôtes cette année de deux sommets consécutifs, soit celui du G-8 et du G-20. Notre gouvernement considère ces deux événements comme d’excellentes occasions de recueillir un soutien international dans certains secteurs essentiels.
Le Sommet du G-8 à Muskoka permettra au Canada d’afficher son leadership et son engagement à rendre des comptes dans des domaines comme le développement, la paix et la sécurité.
Le Sommet du G-20, qui aura lieu ici à Toronto, donnera l’occasion aux dirigeants mondiaux de discuter de mesures pour rétablir la vigueur de l’économie mondiale et jeter les bases d’une croissance forte, durable et équilibrée pour les années à venir.
Le G-20 convoque des réunions ordinaires de ministres des Finances et de gouverneurs de banques centrales de pays qui représentent 90 p. 100 de la production mondiale, 80 p. 100 du commerce international et les deux tiers de la population mondiale.
En plus d’avoir invité les membres ordinaires du G-20, le Canada a lancé des invitations aux dirigeants de l’Éthiopie, du Malawi, des Pays-Bas, de l’Espagne et du Vietnam.
La reprise économique mondiale sera au centre de cette réunion dont les priorités comprendront une croissance équilibrée et durable, la réforme du secteur financier et celle des institutions financières internationales, ainsi que le commerce et la croissance à l’échelle mondiale. Ces priorités sont autant d’éléments qui alimenteront la reprise économique mondiale.
Nous savons que le Plan d’action économique du Canada a produit des résultats. Notre gouvernement a agi rapidement et énergiquement durant la récession mondiale, adoptant des mesures de relance économique de 62 millions de dollars afin de protéger les Canadiens.
Cependant, notre gouvernement croit aussi que l’on ne peut parler de croissance économique à long terme sans parler de commerce. C’est pourquoi je veux aujourd’hui souligner le leadership du Canada en matière de libre-échange ainsi que sa détermination à défendre la libéralisation du commerce auprès de ses partenaires du G-20, la semaine prochaine.
Le Canada accueille ces sommets durant une période économique sans précédent.
L’économie mondiale a émergé de la récession et continue progressivement à se redresser. Pour ce faire, des pays adoptent des mesures extraordinaires.
Le Canada a fait sa part. Son Plan d’action économique propose un certain nombre de mesures pour stimuler la création d’emplois, faciliter l’accès au crédit et aider les travailleurs à se remettre en selle.
À moyen terme, nous continuons de progresser de manière importante vers un budget équilibré, et cela, je le précise, bien avant tout autre pays du G-7. Nous prenons également des mesures pour faire en sorte que le Canada émerge de la crise économique plus fort, et dans une meilleure situation financière, que presque tous les autres pays industrialisés.
À l’instar des pays qui, tel le Canada, prennent des mesures à l’échelle nationale, il faut aussi agir au-delà. La récession mondiale est venue nous rappeler durement à quel point nos économies sont interreliées.
Il suffit de regarder l’action rapide et déterminante qu’ont prise des pays asiatiques clés durant la récession et qui leur a permis de stimuler leur économie nationale et les marchés mondiaux. Libéraliser le commerce et les investissements a le même effet.
Lorsque des partenaires commerciaux sont touchés, la demande décline, ce qui peut avoir des répercussions importantes sur la population, les collectivités, les familles et les emplois d’une économie axée sur le commerce, comme l’est celle du Canada.
Aucun pays ne peut se rétablir complètement en faisant abstraction de ses partenaires commerciaux. Les économies vigoureuses reposent sur le libre-échange et non sur l’imposition de barrières. Elles s’appuient sur l’accès aux marchés, non sur le protectionnisme.
L’Amérique du Nord est un exemple parfait de cette affirmation. Comme vous le savez, le partenariat commercial entre le Canada et les États-Unis est le plus important partenariat au monde. Nos relations de libre-échange favorisent la prospérité, stimulent la création d’emplois et accroissent les débouchés dans nos deux pays.
C’est pourquoi nous avons réagi lorsque la Recovery Act des États-Unis a intégré des dispositions « Buy American ».
Forts de l’appui reçu d’entreprises et d’organisations de part et d’autre de la frontière, nous avons combattu fermement ces dispositions, soutenant que les portes doivent demeurer ouvertes pour les deux pays en cette période où le redressement économique demeure fragile.
Animés du même esprit de collaboration qui a marqué depuis tant d’années les relations canado-américaines, nous avons négocié ensemble une exemption à ces mesures protectionnistes.
Nous travaillons maintenant avec des entreprises et des organisations des deux côtés de la frontière pour préparer le terrain en vue de discussions sur un accord bilatéral plus global sur les marchés publics à long terme.
Il s’agit là d’un excellent exemple du lien entre le commerce libre et ouvert et la reprise économique. Nous espérons que nos partenaires du G-20 en tiendront compte.
Ce n’est pas le moment d’ériger de nouveaux obstacles au commerce. C’est plutôt le moment de les éliminer. Et je suis fier de dire que le Canada prêche par l’exemple.
Notre gouvernement a adopté une approche proactive pour stimuler l’économie et favoriser le libre-échange. Nous avons pris des mesures pour éliminer unilatéralement tous les tarifs sur les produits importés, l’équipement et les machines, ce qui fera du Canada la première zone en franchise de droits du G-20 pour les produits fabriqués.
Nos fabricants peuvent maintenant obtenir, à partir de n’importe quel endroit dans le monde, le matériel et les biens dont ils ont besoin pour leurs processus de fabrication, et ce, en franchise de droits et en évitant les formalités douanières coûteuses.
Notre gouvernement sait que cette mesure permettra de réduire les coûts et d’accroître la compétitivité et l’innovation. Au moment où nos entreprises en avaient le plus besoin, le gouvernement du Canada a pris des mesures pour les rendre plus concurrentielles et leur donner une chance de réussir sur les marchés mondiaux.
Inspiré par son grand succès dans le domaine du libre-échange en Amérique du Nord, le Canada va de l’avant avec un programme ambitieux visant à ouvrir plus de débouchés aux entreprises canadiennes partout dans le monde.
Nos nouveaux accords de libre-échange avec le Pérou et l’Association européenne de libre-échange sont maintenant en vigueur. Nous avons récemment présenté une mesure législative au Parlement afin de mettre en œuvre nos accords de libre-échange avec la Jordanie et la Colombie. De plus, le mois dernier, je me suis joint à mon homologue panaméen pour signer l’Accord de libre-échange Canada-Panama.
Ces victoires très importantes contribueront au succès de Canadiens travaillant dans divers secteurs. Et ce n’est pas fini.
Nous participons maintenant à des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes, la République dominicaine, l’Ukraine et quatre pays de l’Amérique centrale, soit le Salvador, le Honduras, le Nicaragua et le Guatemala.
Nous collaborons de près avec l’Inde dans le cadre d’une étude conjointe qui, nous l’espérons, aboutira à la négociation d’un accord de partenariat économique global.
De plus, nous venons récemment de terminer le troisième cycle de négociations en vue de conclure un accord avec l’Union européenne ― la plus importante initiative commerciale du Canada depuis l’Accord de libre-échange nord-américain.
Il est fort probable que ces efforts permettent aux entreprises canadiennes d’accroître leur présence à l’échelle internationale.
Par ailleurs, nous reconnaissons également l’importance d’attirer des investissements au Canada.
Jusqu’ici, l’année 2010 a été extraordinaire pour le Canada : nous avons accueilli les Jeux olympiques à Vancouver et nous nous préparons à accueillir les sommets du G-8 et du G-20. Nous profitons de ces occasions pour mettre en relief les nombreux avantages commerciaux qu’offre le Canada :
Le système bancaire du Canada est un autre point attrayant. En fait, il se classe toujours parmi les meilleurs du monde.
Malgré le ralentissement économique mondial, aucune banque au Canada n’a fait faillite et aucune banque canadienne importante n’a eu besoin d’être renflouée. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le Canada s’est opposé à l’idée d’instaurer une taxe bancaire mondiale, préférant plutôt mettre l’accent sur les réformes financières convenues à Pittsburgh l’année dernière.
Alors, lorsqu’il s’agit d’ouvrir des portes au commerce et à l’investissement, le Canada est en train de se tailler une place en tant que chef de file mondial.
Bien sûr, le Canada est toujours résolu à favoriser les progrès au sein de l’Organisation mondiale du commerce, et il attend avec impatience que reprennent les pourparlers à cet égard.
L’Organisation mondiale du commerce constitue la pierre angulaire de notre approche relativement au commerce mondial et à la création de débouchés pour les Canadiens dans les années à venir.
Toutefois, le fait est que les Canadiens ne peuvent pas seulement attendre que des portes leur soient ouvertes. Notre gouvernement s’efforce donc de créer de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes sur les marchés mondiaux et d’attirer plus d’investissements au Canada.
Nous croyons que les efforts que nous avons déployés jusqu’ici pourraient servir de modèle à d’autres pays qui cherchent à se sortir de la récession économique mondiale.
Le dernier demi-siècle est rempli d’exemples de pays développés et en développement qui ont travaillé au renforcement de leurs liens commerciaux avec leurs voisins et leurs partenaires mondiaux.
Prenez par exemple la montée des économies asiatiques, comme celles de la Chine et de l’Inde. Ces économies doivent leur puissance à leur engagement à l’égard du commerce et de l’investissement.
Je me suis rendu en Chine et au Japon plus tôt ce mois-ci, et je peux vous affirmer que les deux pays discutent sérieusement de la possibilité de tenir des négociations trilatérales de libre-échange avec la République de Corée.
Il y a aussi l’Union européenne ― un autre excellent exemple de pays voisins qui ont éliminé les obstacles économiques et créé une plateforme plus unifiée en faveur du commerce.
Et n’oublions pas l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est ― une étoile montante de l’économie comptant 592 millions d’habitants.
Nous croyons que ces réussites, sans oublier le succès du libre-échange en Amérique du Nord, et bien d’autres dans le monde constituent des arguments solides pour l’accroissement du commerce et de l’investissement dans les années à venir.
C’est pourquoi le commerce et l’investissement seront des éléments centraux du message que communiquera le Canada la semaine prochaine au G-20.
Nous mettrons également en relief l’importance de donner suite à nos mesures de relance et de poursuivre la transition vers des politiques budgétaires et monétaires viables dans les années à venir.
En outre, nous appuierons les efforts visant à élaborer une nouvelle approche en matière de coopération économique internationale, notamment la réforme d’institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Tous ces efforts nécessiteront une volonté et un engagement politiques. Et le Canada se réjouit à l’idée d’obtenir un soutien mondial en faveur de ces efforts au Sommet du G-20.
C’est pourquoi nous apprécions les efforts déployés par l’École Munk pour engager ce dialogue alors que nous nous préparons à accueillir le monde.
Et j’apprécie énormément le fait que vous avez tous participé à la discussion et que vous consacrez du temps et de l’énergie à trouver des solutions et des voies vers le progrès.
Continuons de travailler ensemble pour renforcer l’économie mondiale.
Continuons à vanter les avantages du commerce libre et ouvert auprès de chambres de commerce, d’autres ordres de gouvernement, d’entreprises, de groupes de citoyens et d’organisations non gouvernementales.
Efforçons-nous d’amorcer une reprise solide et durable qui sera bénéfique pour tous.
Je vous remercie.