No 2010/46 - Ottawa (Ontario) - Le 22 juin 2010
Sous réserve de modifications
Quel plaisir d’être ici ce matin pour parler des liens commerciaux qu’entretient le Canada avec les États-Unis.
J’aimerais commencer par parler de ce que le Canada apporte à ses relations avec les États-Unis et, en fait, aux relations avec tous ses partenaires commerciaux actuels et potentiels.
Le commerce est important pour le Canada. Nous sommes d’ailleurs un chef de file mondial pour la promotion du libre-échange et la lutte contre le protectionnisme.
Le Canada est fier d’être l’hôte du Sommet du G-20 en ce moment critique pour l’économie mondiale.
Le Sommet mettra l’accent sur la reprise mondiale au lendemain de la crise économique et financière.
Le Canada soulignera l’importance de poursuivre ses mesures de relance et de continuer de progresser vers des politiques monétaires et budgétaires durables dans les années à venir.
Nous soutiendrons les efforts déployés pour créer une nouvelle approche de la coopération économique internationale, y compris la réforme d’institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Cependant, le gouvernement du Canada est également convaincu que l’on ne peut parler de reprise économique et de prospérité durable sans parler de libre-échange.
Cela vaut non seulement pour l’Amérique du Nord, mais pour le monde entier. Ce sont les partenariats commerciaux qui mènent à la prospérité, et non pas le protectionnisme. C’est ce que l’histoire a démontré.
De l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce conclu il y a 63 ans à la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995, en passant par l’essor de géants économiques tels que la Chine et l’Inde, nous avons vu de nombreux exemples de l’effet catalyseur du libre-échange et de l’ouverture commerciale sur la croissance économique, ainsi que le rôle positif qu’ils jouent dans la vie des gens.
Nous avons appris que la coopération commerciale ― ainsi que les règles et mécanismes d’application qui vont de pair ― peut être à notre avantage à tous.
Au fil du temps, certains se sont inquiétés des répercussions que pourrait avoir le commerce sur nos industries nationales. Mais ce n’est pas servir le commerce que de tourner le dos à ces industries.
Il s’agit plutôt de reconnaître que le fait de renforcer les liens avec nos voisins et nos partenaires du monde entier et de créer de nouvelles occasions de prospérer ensemble engendre des bénéfices formidables pour nos industries et nos citoyens.
Les relations Canada-États-Unis constituent sans aucun doute le plus important partenariat commercial pour le Canada, soutenant le marché de l’emploi et la prospérité du pays. Ajoutons que des millions d’emplois aux États-Unis dépendent également du commerce avec le Canada.
Mais ce grand succès ne serait pas possible si des gens et des groupes, de part et d’autre de la frontière, ne prenaient pas le temps de préconiser un resserrement des liens, des groupes comme la Chambre de commerce américaine au Canada, par exemple.
Depuis des années, votre organisation a joué un rôle clé afin de garder les possibilités ouvertes des deux côtés de la frontière. Vous avez été une voix sur laquelle on pouvait compter dans les débats passés ― le libre-échange bilatéral, le libre-échange nord-américain, les questions reliées à la frontière, le bois d’œuvre résineux et, plus récemment, les dispositions « Buy American ».
Pour le gouvernement canadien, il est prioritaire que les relations commerciales du Canada avec les États-Unis restent solides.
Et il est bon de savoir que nos milieux d’affaires, de part et d’autre de la frontière, travaillent dans le même sens.
Sans conteste, les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont engendré de grands avantages économiques pour nos pays.
L’an dernier, des biens et services d’une valeur de plus de 1,6 milliard de dollars ont franchi chaque jour la frontière. Près de huit millions d’emplois aux États-Unis dépendent du commerce avec le Canada. L’an dernier, le Canada a acheté près de cinq fois plus de marchandises aux États-Unis qu’à la Chine. Et le Canada est le principal marché d’exportation de 34 États américains.
En outre, nous faisons bien plus qu’échanger des marchandises. Nous devenons un élément de nos chaînes d’approvisionnement respectives. Nous « fabriquons des choses » ensemble pour le marché mondial.
Nous avons vu des entreprises canadiennes et américaines s’organiser aisément par-delà la frontière, échanger des intrants contre des produits et vice-versa, investir et innover, très souvent au sein de la même compagnie. Voilà une réalisation dont nous pouvons tous être fiers.
En fait, le partenariat commercial fructueux du Canada avec les États-Unis inspire d’autres efforts destinés à élargir des marchés, à attirer des investissements et à aider les Canadiens à affronter la concurrence dans le monde entier.
Ainsi, nous avons déposé au Parlement des projets de loi visant la mise en œuvre d’accords de libre-échange avec la Colombie et la Jordanie. Nous avons aussi déposé un projet de loi à propos d’un accord similaire avec le Panama.
De plus, le Canada mène actuellement ses négociations commerciales les plus importantes depuis celles de l’Accord de libre-échange nord-américain, à savoir les négociations avec l’Union européenne en vue d’un accord économique et commercial global.
Ces accords sont très prometteurs pour les entreprises et les travailleurs canadiens. J’estime qu’ils le sont également pour nos relations avec les États-Unis.
Toute démarche qui permet d’attirer plus d’occasions d’affaires au Canada aura sans aucun doute des répercussions positives sur les flux commerciaux dans toute l’Amérique du Nord. L’activité commerciale s’intensifiera.
Elle rendra notre plateforme commerciale continentale plus concurrentielle et attrayante pour les entreprises et les investisseurs internationaux. Il y a là un énorme potentiel pour nous tous.
Un partenariat solide doit cependant aussi permettre de régler des difficultés.
L’an dernier, nous avons été confrontés en particulier à un défi de taille, les dispositions « Buy American » de la Recovery Act des États-Unis, qui menaçaient les chaînes d’approvisionnement intégrées que nous avions créées ensemble au fil des décennies.
Des groupes de part et d’autre de la frontière se sont battus d’arrache-pied contre ces dispositions. Ils ont fait valoir, avec raison, la nécessité de préserver l’ouverture pour les possibilités d’affaires entre les deux pays, en ces temps de reprise économique fragile.
Ensemble, nous avons négocié une exemption à bon nombre de ces dispositions et fait en sorte que le libre-échange et la coopération continuent d’ouvrir des perspectives aux Canadiens comme aux Américains.
Nous commençons maintenant à travailler en collaboration avec des entreprises et des organisations des deux côtés de la frontière afin de préparer le terrain pour des pourparlers en vue d’un accord bilatéral plus global sur les marchés publics pour le long terme.
Les dispositions « Buy American » constituent un bon exemple du type d’enjeu qui nécessite une coopération étroite et constante.
Nous estimons que le partenariat entre nos deux pays est trop important pour laisser les problèmes s’envenimer.
C’est pourquoi le représentant au Commerce des États-Unis, M. Ron Kirk, et moi-même avons récemment décidé d’organiser des sommets commerciaux deux fois par année, afin de régler plus promptement les différends et de renforcer rapidement et efficacement notre partenariat commercial dans d’autres domaines.
Je me réjouis à l’idée d’accueillir l’ambassadeur Kirk à Ottawa, en juillet. Nous aurons alors l’occasion de discuter de nos progrès dans divers dossiers, y compris celui de notre frontière commune.
Sur les 20 plus grandes villes du Canada, 17 se trouvent à moins d’une heure et demie de route de la frontière.
Bon nombre de carrefours de production canadiens se trouvent de fait plus près de grands marchés américains que des lieux de production américains.
Cette proximité est également importante dans une perspective internationale.
Alors que des géants asiatiques comme la Chine et l’Inde se tournent de plus en plus vers l’Est et vers le marché nord-américain, nous devons redoubler d’efforts pour que nos réseaux de transport restent fluides, efficaces et rentables pour les expéditeurs.
Grâce aux efforts inlassables de promotion et de défense de groupes comme la Chambre de commerce américaine au Canada, nous avons réalisé d’excellents progrès dans ce domaine.
Ainsi, nous avons constaté une augmentation dans l’utilisation des permis de conduire améliorés. Plus de 390 000 cartes NEXUS et 80 000 cartes EXPRES [Expéditions rapides et sécuritaires] ont été émises. Il y a maintenant quatre voies réservées aux détenteurs de cartes EXPRES à des postes frontaliers clés du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.
Ce sont de bons exemples de notre volonté commune d’avoir une frontière efficace qui permettra à nos deux pays d’être plus compétitifs dans les années à venir.
La collaboration scientifique et technologique devient elle aussi rapidement une des caractéristiques de notre partenariat.
Depuis des décennies, nous voyons des scientifiques et des chercheurs américains et canadiens travailler côte à côte afin de mettre au point des produits novateurs et de favoriser des percées technologiques.
Le Partenariat d’innovation stratégique Canada-Californie constitue un bon exemple de travailleurs des secteurs public et privé qui unissent leurs forces pour faire avancer des projets dans des domaines comme l’énergie durable et la recherche sur le cancer.
Le mois dernier, j’ai été l’hôte, à Ottawa, du lancement du C-100, un groupe qui réunit des entrepreneurs canadiens du secteur de la haute technologie et des cadres supérieurs d’entreprises très prospères de la Silicon Valley.
Ces entrepreneurs redonnent désormais au milieu en agissant comme mentors auprès d’entrepreneurs canadiens et en les aidant à établir des liens avec d’autres entrepreneurs ainsi qu’avec des fonds de capital de risque en Californie.
Voilà qui illustre à quel point la présence canadienne est solidement implantée dans le secteur de l’innovation aux États-Unis.
La coopération en matière d’énergie devient également l’un des principaux axes de notre partenariat.
Le Canada occupe déjà une place clé dans le réseau énergétique nord-américain. Nous sommes la principale source étrangère d’énergie des États-Unis, ce qui inclut le pétrole, le gaz naturel et l’électricité.
Nous sommes également l’une des principales sources de pétrole brut et de pétrole pour les importations américaines. De fait, le Canada fournit aux États-Unis plus de pétrole brut que l’Arabie saoudite ou le Mexique, et plus de pétrole que l’Arabie saoudite et le Mexique réunis.
Autrement dit, le Canada a un rôle immense à jouer à un moment où les États-Unis cherchent des sources d’énergie sûres et fiables pour l’avenir.
Nous collaborons également au développement des sources d’énergie de demain.
L’an dernier, le président [Barack] Obama et le premier ministre [Stephen] Harper ont annoncé l’instauration d’un Dialogue sur l’énergie propre, afin de travailler ensemble sur des questions comme la recherche et le développement en matière d’énergies propres, ainsi que la création d’un réseau électrique plus efficace, alimenté par des sources d’énergie propres et renouvelables.
Il s’agit d’un autre secteur où la collaboration entre nos deux pays sera essentielle dans les années à venir.
Les relations entre le Canada et les États Unis continuent à se développer dans bien des domaines. Au fil des ans, elles sont devenues un modèle de relations efficaces.
Mais des partenariats commerciaux tels que les nôtres ne se créent pas d’eux-mêmes. Et ils ne s’arrêtent pas à la signature d’un accord de libre-échange.
Ils dépendent du dynamisme et des efforts constants de gouvernements et, assurément, de groupes comme la Chambre de commerce américaine au Canada.
Alors continuons de travailler de concert afin de renforcer le partenariat entre le Canada et les États-Unis. Créons davantage de possibilités pour les Canadiens comme pour les Américains dans les années à venir.
Et par notre succès, prouvons au monde qu’ouvrir les portes au commerce et à l’investissement avec des partenaires mondiaux est la bonne chose à faire.
Je vous remercie.