Nº 2010/61 - Buenos Aires, Argentine - Le 25 août 2010
Sous réserve de modifications
Le Canada attache une grande importance à ses relations avec l’Argentine.
Ce sont des groupes comme le vôtre qui, année après année, aident à conserver sa vigueur à notre partenariat.
Depuis 1977, votre organisme joue un rôle de premier plan dans les relations entre le Canada et l’Argentine. Vos membres contribuent de façon importante à notre commerce bilatéral de marchandises, dont la valeur a atteint 876 millions de dollars l’an dernier, ainsi que dans la majeure partie des investissements canadiens directs en Argentine, d’une valeur de 3,3 milliards de dollars.
Les gouvernements de nos deux pays continueront de miser sur vos conseils et votre soutien alors que se poursuivra leur partenariat dans l’avenir.
Nous croyons que notre partenariat avec l’Argentine peut favoriser une reprise économique durable dans les deux pays.
Comme le Canada, l’Argentine a profité de ses abondantes ressources naturelles et développé une économie de marché diversifiée.
L’Argentine a accru ses exportations et ses activités commerciales après la crise financière qu’elle a traversée en 2001, et le Canada applaudit aux efforts soutenus qu’elle a déployés pour redresser son économie à la suite de la récente crise.
Le Canada s’est mieux tiré d’affaires que la plupart des autres pays lors du récent ralentissement économique. Son système bancaire est demeuré solide et n’a eu besoin d’aucun renflouement gouvernemental. Dès le début, nous avons compris l’importance d’une intervention judicieuse et efficace pour aider à relancer notre économie.
En fait, la démarche que nous avons suivie pour redresser notre économie correspond de près aux objectifs énoncés par les dirigeants du monde lors du Sommet du G-20, à Toronto en juin.
Au Sommet, les dirigeants ont fixé des objectifs rigoureux en matière de réduction de la dette au cours des années à venir; or, c’est là quelque chose que le Canada et l’Argentine préconisent tous deux depuis longtemps.
Les dirigeants ont aussi souligné leur volonté de réformer les institutions monétaires internationales. Voilà un sujet sur lequel le Canada en sait beaucoup, comme le démontre la vigueur de ses systèmes bancaires et financiers.
Les dirigeants ont également convenu qu’il fallait adopter non seulement des mesures de relance à court terme, mais aussi des mesures de réduction des déficits.
Le Canada a été un chef de file à cet égard.
Notre plan d’action économique a stimulé la création d’emplois, facilité le crédit et aidé les travailleurs et travailleuses à se remettre en selle.
À moyen terme, nous continuons à bien progresser vers l’équilibre budgétaire et nous y parviendrons bien avant n’importe quel autre pays du G-7.
En outre, nous prenons des mesures pour que le Canada sorte de la crise plus fort et en meilleure forme sur le plan budgétaire qu’à peu près n’importe quel autre pays industrialisé.
Le Canada offre de nombreux avantages :
Un autre élément important de la réussite économique du Canada est son engagement en faveur des échanges transfrontaliers. Inspiré par le succès du libre-échange nord-américain, le Canada poursuit un ambitieux programme en vue d’ouvrir toujours plus de débouchés à ses entreprises dans le monde entier.
Nos nouveaux accords de libre-échange conclus avec le Pérou et avec l’Association européenne de libre-échange sont maintenant en vigueur.
En mai, mon homologue panaméen [le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Roberto Henríquez] et moi avons signé l’Accord de libre-échange Canada-Panama.
En juin, nous avons obtenu la sanction royale du Parlement pour mettre en œuvre un accord de libre-échange avec la Colombie.
En outre, nous avons déposé un projet de loi portant sur la mise en œuvre d’un accord de libre-échange avec la Jordanie.
Notre gouvernement négocie maintenant des accords de libre-échange avec le Marché commun des Caraïbes, la République dominicaine, la République de Corée, ll’Ukraine et le Groupe des quatre de l'Amérique centrale, soit le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Salvador.
Nous travaillons en étroite collaboration avec l’Inde à compléter une étude conjointe qui aboutira à un accord de partenariat économique global.
Nous venons également de conclure une quatrième ronde de négociations avec l’Union européenne en vue d’en arriver à la plus importante initiative commerciale jamais entreprise par le Canada depuis l’adoption de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Et au cœur de tout cela, nous continuons de percevoir notre partenariat avec l’Argentine comme une source de débouchés pour les années à venir.
Comme vos membres le savent fort bien, nos bilans d’échanges commerciaux bilatéraux ont connu des hauts et des bas. Par exemple, les exportations canadiennes de marchandises en Argentine ont fléchi de plus de 34 p. 100 l’an dernier, comparativement à celles de l’année précédente.
Je profite de toutes les occasions pour rappeler à nos partenaires de l’Argentine ce que le Canada a à offrir dans des secteurs clés comme ceux de la machinerie, des appareils électroniques, des produits pharmaceutiques et des services.
Le secteur minier est un autre bon exemple.
Le secteur minier argentin a bénéficié d’une croissance rapide au cours des 15 dernières années, et je crois que le gouvernement de l’Argentine a établi les projections pour le secteur minier du pays pour les 15 prochaines années.
Selon une de ces projections, le secteur minier sera d’ici 2025 à l’origine d’une part du produit intérieur brut argentin évaluée à 26 milliards de dollars américains et emploiera 380 000 personnes directement et 800 000 autres de façon indirecte.
Le gouvernement prédit en outre des exportations annuelles de 23 milliards de dollars américains d’ici 2025, et des investissements étrangers directs de 25 milliards de dollars américains.
Nous pensons que les entreprises canadiennes peuvent aider à concrétiser ces projections.
Soixante-deux entreprises d’exploration canadiennes sont déjà à l’œuvre ici et elles ont investi quelque 2 milliards de dollars; en outre, elles ont annoncé des travaux de mise en valeur des mines évalués à 4 milliards de dollars.
Le projet Pascua Lama de la Barrick Gold est un bon exemple : à cheval sur la frontière entre l’Argentine et le Chili, c’est la première mine binationale du monde. Quand la production commencera, ce sera le plus vaste projet d’exploitation minière en Argentine.
Tout cela fait des entreprises canadiennes l’un des plus gros investisseurs de cette industrie.
Les entreprises canadiennes peuvent cependant offrir beaucoup plus qu’une expertise minière et des investissements.
Au moment où l’Argentine continue de chercher des sources d’énergie efficaces et fiables, elle aurait avantage à examiner ce que le Canada a à offrir dans ce domaine.
L’accroissement des exportations n’est pas le seul moyen de progresser. Nos deux pays doivent aussi continuer à être des éléments de leurs chaînes d’approvisionnement mutuelles.
Les fournisseurs canadiens d’équipement et de services sont de plus en plus actifs dans le marché argentin.
Il existe un immense potentiel à partager les fruits de la technologie et de la recherche et à créer ensemble des produits et des innovations scientifiques commercialisables à l’échelle de la planète.
Pour réussir pleinement dans ces entreprises, nos délégués commerciaux ici à Buenos Aires s’emploient à faire correspondre l’expertise canadienne à la demande argentine dans plusieurs secteurs.
Une autre priorité du Canada consiste à renforcer ses relations avec l’Argentine dans le domaine de l’investissement.
Le Canada investit de façon importante et très diversifiée en Argentine, grâce à des entreprises telles que la vôtre.
Mais pour concrétiser ces relations commerciales, il faut aborder les échanges dans un esprit d’ouverture et de transparence.
La récession mondiale nous a durement rappelé à quel point nos économies sont liées entre elles et interdépendantes. La réussite économique concrète et durable ainsi que les emplois et la prospérité qui en découlent dépendent du libre-échange et non du protectionnisme.
Le Canada croit que ses relations avec l’Argentine peuvent favoriser grandement la progression des deux pays sur le chemin d’une reprise économique durable.
Pour réaliser ce potentiel, il faut abattre un certain nombre d’obstacles au commerce. Cela inclut les restrictions de l’Argentine à l’importation de produits alimentaires, qui vont à l’encontre des engagements de résister aux pressions protectionnistes contractés au Sommet du G-20 et à l’Organisation mondiale du commerce.
Je vous encourage, vous qui êtes des chefs de file dans les milieux d’affaires, à profiter de toutes les occasions pour exhorter vos homologues dans l’appareil gouvernemental et dans les entreprises à continuer d’abaisser les obstacles au commerce et à resserrer les liens commerciaux entre nos deux pays dans les années à venir.
Au fil des ans, nos deux pays sont devenus de proches partenaires dans plusieurs domaines.
Nous collaborons étroitement sur la scène mondiale aux Nations Unies ainsi que dans des endroits comme Haïti.
Nos deux pays sont très actifs dans notre « voisinage » régional : ainsi, le Canada accueillera les participants à la réunion de la Banque interaméricaine de développement en 2011, à Calgary, le dernier exemple en date de son leadership dans les Amériques.
En outre, nos milieux d’affaires nouent des relations toujours plus étroites d’année en année et trouvent de nouvelles façons d’aider nos populations à prospérer et à s’épanouir dans l’économie mondiale.
L’action de groupes tels que le vôtre reste cependant essentielle pour que ces liens demeurent forts.
La vigueur de ces liens dépend de relatios politiques étroites, qui se sont exprimées notamment par les visites de nombreux ministres canadiens en Argentine au cours de l’année dernière et par celle de la présidente de l’Argentine [Cristina Fernández de] Kirchner au Canada, lors du Sommet du G-20.
Que nous appartenions au milieu d’affaires ou à l’appareil gouvernemental, nous avons tous un rôle à jouer dans le resserrement des liens entre nos deux pays. Continuons donc de travailler ensemble à exploiter l’énorme potentiel que recèle notre partenariat. Aidons nos deux pays à progresser sur le chemin d’une reprise économique durable.
Je vous remercie.