Nº 2010/72 - Toronto (Ontario) - Le 17 septembre 2010
Sous réserve de modifications
Je vous remercie de cette aimable présentation et de cette occasion qui m’est donnée de me joindre à vous aujourd’hui, en cette année importante pour les relations entre le Canada et l’Australie.
Cette année marque en effet un anniversaire important — celui de l’inauguration du haut-commissariat de l’Australie à Ottawa, il y a 70 ans.
Pendant sept décennies, des diplomates dévoués, tel le haut-commissaire Justin Brown [haut-commissaire d’Australie auprès du Canada], dont je salue la présence parmi nous aujourd’hui, ont œuvré au resserrement continu des liens entre nos deux pays.
Nous devons rendre hommage également au premier délégué commercial du Canada, John Short Larke, qui a été envoyé à Sydney il y a 115 ans.
On m’a appris que votre Chambre célèbre aussi un anniversaire — son cinquième.
Il s’agit certes d’une période courte, mais les réalisations en sont d’autant plus remarquables — le nombre de membres est passé de zéro à plus de 1 000, dans les deux pays, et il n’a fallu que cinq ans pour y parvenir.
Que ce soit par l’entremise de missions commerciales effectuées en concertation ou par d’autres initiatives de réseautage, vos efforts nous aident à récolter encore plus de succès dans le cadre de notre partenariat commercial.
Notre gouvernement apprécie grandement le travail que font des groupes comme le vôtre pour jeter des ponts entre nos pays, et je sais qu’il en va de même pour le gouvernement de l’Australie.
À l’avenir, et tout particulièrement dans le cadre de la poursuite du dialogue avec la nouvelle administration à Canberra, nous continuerons de compter sur vos conseils, votre vision et votre soutien dans nos efforts pour développer encore plus les liens entre nous au cours des prochaines années.
Politiquement, historiquement, socialement et économiquement, le Canada et l’Australie ont beaucoup de choses en commun.
Nous sommes tous deux membres du Commonwealth, avec des traditions profondément ancrées dans le système de gouvernement parlementaire.
Il existe également des liens étroits entre les deux populations : des centaines de milliers de touristes se rendent chaque année dans l’un et l’autre pays.
Sur la scène internationale, nos deux pays travaillent souvent en partenariat étroit — qu’il s’agisse de la reconstruction de l’Afghanistan, de notre engagement au sein des Nations Unies ou de l’Organisation mondiale du commerce, ou encore de la collaboration dans le cadre du forum de Coopération économique Asie-Pacifique.
Nous sommes également des « portes d’entrée » géographiques et économiques — vers l’Asie et vers l’Amérique du Nord, respectivement.
Nous sommes très attachés à la cause du libre-échange : le grand succès obtenu par l’Australie dans la négociation d’accords de libre-échange, surtout en Asie, est à l’image des nombreux succès remportés par le Canada dans les Amériques et ailleurs dans le monde.
Les entreprises canadiennes se tournent depuis longtemps vers l’Australie comme partenaire stratégique pour accéder à des marchés comme la Chine, le Japon et les pays de l’Asie du Sud-Est.
Sur le plan bilatéral, nous avons tissé des liens commerciaux de longue date dans un large éventail de secteurs — l’an dernier, les échanges de atteignaient 3,4 milliards de dollars, tandis que la valeur du stock d’investissements directs bilatéraux est de près de 17,6 milliards.
En d’autres termes, l’Australie est le cinquième marché d’exportation de marchandises du Canada, en dehors de l’Amérique du Nord et de l’Europe de l’Ouest.
L’Australie est, en outre, la première destination des investissements directs canadiens dans la région de l’Asie-Pacifique — et notre troisième source d’investissements de cette région.
Des succès comme ceux que je viens de citer deviendront même plus importants — au moment, tout particulièrement, où nos deux pays marquent des progrès vers une reprise économique durable.
À l’instar du Canada, l’Australie s’en est tirée mieux que la plupart des autres pays au cours de la récente période de ralentissement économique.
Grâce à leurs institutions financières solides, bien capitalisées et bien encadrées — et grâce à leur volonté de prendre des mesures ciblées et opportunes pour stimuler leur économie —, les deux pays ont surmonté la crise et en sont sortis en bonne forme.
En effet, l’approche de nos deux pays à l’égard de la reprise économique correspond étroitement aux objectifs définis par les dirigeants mondiaux lors du Sommet du G-20 qui s’est tenu à Toronto en juin.
À l’occasion du sommet, les dirigeants ont établi des objectifs clairs de réduction de la dette au cours des prochaines années, un objectif auquel adhèrent le Canada et l’Australie depuis longtemps.
Les dirigeants ont également souligné leur volonté de réformer les institutions monétaires internationales.
C’est là un sujet sur lequel nous en savons long, comme en témoigne la force de nos systèmes bancaires et financiers.
De plus, nos gouvernements ont démontré clairement leur attachement à des mesures de stimulation ciblées et opportunes.
Ici au Canada, par exemple, notre Plan d’action économique comportait des mesures de préservation et de création d’emplois, de réduction des impôts, d’aménagement d’infrastructures et d’investissement dans les compétences et la formation en vue de la prospérité à long terme.
Dans la deuxième année du Plan d’action économique du Canada, le gouvernement a établi un plan en trois points destiné à rétablir l’équilibre budgétaire. Ce plan comprend une stratégie de désengagement intégrée, qui limite la croissance des dépenses de programme et revoit les frais administratifs de l’État.
Si l’on tient compte des effets du Plan d’action économique, les projections indiquent que notre déficit diminuera de près de la moitié entre 2009-2010 et 2011-2012, et sera pratiquement éliminé d’ici 2014-2015.
Le Fonds monétaire international s’attend à ce que le Canada soit le seul pays du G-7 à revenir à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans.
Et nous prenons des mesures pour nous assurer que le Canada émerge plus fort de la récession et en meilleure santé financière que la plupart des autres pays industrialisés.
Le Canada offre en effet ce qui suit :
Mais, tout comme pour l’Australie, un autre clé de la réussite économique du Canada est son attachement au libre-échange.
Nous applaudissons les nombreux succès récoltés par l’Australie dans ce domaine — notamment l’accord de libre-échange conclu avec le groupe des nations de l’Asie du Sud-Est, et les négociations qui se poursuivent actuellement avec la Chine, le Japon, la République de Corée et bien d’autres pays.
Comme l’Australie, nous souhaitons vivement que le Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce débouche sur une issue qui soit à la fois ambitieuse et équilibrée. Mais nous sommes également résolus à poursuivre la réalisation de notre ambitieux programme de libre-échange.
C’est pourquoi, en moins de quatre ans, nous avons conclu des accords de libre-échange avec le Pérou, la Colombie, la Jordanie, le Panama et les États membres de l’Association européenne de libre-échange, soit l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein.
Ce sont là d’importantes victoires pour les entreprises canadiennes, qui peuvent maintenant élargir plus facilement leur champ d’ activité dans ces marchés, auxquels elles ont désormais accès à des conditions plus favorables que jamais auparavant.
Nous négocions actuellement des accords de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes, la République dominicaine, la Corée du Sud et l’Ukraine, ainsi qu’avec le Groupe des quatre de l'Amérique centrale, à savoir le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Salvador.
En plus, nous avons récemment conclu la quatrième ronde de négociations avec l’Union européenne, qui s’inscrit dans la plus importante initiative commerciale amorcée par le Canada depuis l’Accord de libre-échange nord-américain. La cinquième ronde de négociations débutera bientôt.
Ces négociations recèlent un énorme potentiel pour la création d’emplois et la prospérité des deux côtés de l’Atlantique.
Selon une étude consacrée à cette question, un accord pourrait mener à une augmentation des échanges commerciaux entre le Canada et l’Union européenne qui se chiffrerait à 38 milliards de dollars dans les sept années suivant son entrée en vigueur.
Nous sommes très encouragés par les progrès réalisés jusqu’à présent.
En fait, nous sommes en bonne voie de conclure ces négociations d’ici la fin de 2011, c’est-à-dire au cours de la présidence polonaise de l’Union européenne.
Une fois en place, cet accord ferait du Canada le premier pays développé à avoir un accord de libre-échange à la fois avec les États-Unis et avec l’Union européenne, les deux plus grandes économies du monde, ce qui représenterait un avantage concurrentiel énorme pour le Canada.
Parallèlement, nous avons entamé des pourparlers exploratoires en vue de la mise en place d’un partenariat économique global avec l’Inde — l’une des grandes économies de la planète.
Je vais travailler en étroite concertation avec nos partenaires du monde entier pour en arriver à la conclusion de ces négociations et créer de nouveaux débouchés pour le Canada dans les années à venir.
Dans le cadre de ces efforts, nous continuons de considérer notre partenariat avec l’Australie comme une source de débouchés pour les prochaines années.
Bien que notre partenariat commercial soit déjà bien diversifié, il nous semble tout à fait possible d’accroître nos échanges dans des secteurs comme la haute technologie, les sciences de la vie et l’expertise environnementale.
Au fil des années, le Canada a démontré qu’il possède de fortes capacités dans tous ces secteurs — lesquels occupent tous une place importante dans l’économie australienne.
De même, l’industrie canadienne de la défense a beaucoup à offrir à nos partenaires australiens, dans la foulée du Livre blanc sur la défense 2009, qui recommande une expansion vigoureuse de l’infrastructure et des équipements liés à la défense nationale de l’Australie.
Pour nous aider à créer ces liens, nous comptons sur l’excellent travail de nos délégués commerciaux.
Nos délégués commerciaux en Australie et dans les bureaux régionaux à travers le Canada, y compris ici même à Toronto, représentent tous les secteurs de spécialisation. Ils des points de contact par excellence pour les entreprises canadiennes qui cherchent à prendre de l’expansion dans des marchés comme l’Australie.
Ils constituent également de bons contacts pour nos partenaires australiens, qui cherchent à tirer parti de l’excellence canadienne dans nombre de secteurs.
Nous suivons également avec intérêt les négociations relatives au Partenariat transpacifique.
Nous étudions cette initiative attentivement afin de voir si elle correspond bien aux intérêts commerciaux du Canada.
Nous entendons rester en contact étroit avec l’Australie tout au long des pourparlers.
Nous saisissons par ailleurs toutes les occasions qui s’offrent à nous pour vanter à nos partenaires australiens l’Initiative de la porte et du corridor de l’Asie-Pacifique.
Œuvrant de concert avec tous les paliers de gouvernement et le secteur privé, nous procédons à un renforcement considérable de notre infrastructure de transport sur la côte Ouest du Canada, dans le but de stimuler le commerce avec les économies asiatiques comme la Chine, la Corée du Sud, le Japon et, bien sûr, l’Australie.
L’annonce, plus tôt cette année, de l’installation de trois nouvelles grues portiques à Deltaport, à Vancouver, illustre parfaitement cette expansion soutenue.
Ces installations de calibre mondial renforceront considérablement les capacités ferroviaires, portuaires et de camionnage de la région.
Grâce à la côte Ouest du Canada, notre pays est très bien placé pour devenir le meilleur réseau de transport reliant l’Asie et l’Amérique du Nord.
Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux domaines où le Canada et l’Australie peuvent renforcer leur partenariat dans les années à venir.
L’Australie — à l’instar du Canada — offre au monde un exemple — celui de la liberté économique, de l’ouverture au commerce et à la concurrence.
Nous donnons l’exemple — par nos stratégies commerciales dynamiques, nos réponses globales à la reprise économique, et la volonté soutenue de nos entreprises et investisseurs de jeter des ponts avec le monde.
Mais nous sommes aussi des leaders lorsqu’il s’agit de notre propre partenariat commercial si réussi.
Ensemble, nous créons des débouchés qui profiteront aux Canadiens aussi bien qu’aux Australiens.
Les partenariats comme le nôtre constituent des exemples importants pour le monde : des exemples du pouvoir de la coopération et du libre-échange.
Votre Chambre est un maillon important de cette relation, et je me réjouis à la perspective de travailler avec vous pour permettre au Canada et à l’Australie de connaître encore plus de succès dans les années à venir.
Je vous remercie.