Nº 2010/22 - Toronto (Ontario) – Le 30 avril 2010
Sous réserve de modifications
C’est avec grand plaisir que je viens vous parler aujourd’hui de ce que fait le gouvernement pour créer de nouvelles occasions commerciales dans le monde, y compris en Europe. Plus particulièrement, je veux parler de nos négociations commerciales avec l’Union européenne ― dont la troisième série de pourparlers s’achève.
Vous savez, si nous abordons les questions de libre-échange et d'expansion des marchés, c'est qu'il est dans le meilleur intérêt des Canadiens d'ouvrir des portes au commerce. C'est dans notre meilleur intérêt parce que le secteur des affaires canadien ― les entreprises et les investisseurs comme ceux que vous représentez ― constitue le moteur de notre économie.
La réussite de nos entreprises assure celle des Canadiens — en se traduisant par les emplois, la prospérité et la qualité de vie sur lesquels nous comptons tous.
Le gouvernement est convaincu que les entreprises et les travailleurs canadiens sont de taille à affronter les meilleurs concurrents du monde, si on leur en donne les moyens, y compris l’accès nécessaire.
C’est ce que nous enseigne le passé. En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain, nous avons doublé nos échanges avec les États-Unis et triplé ceux avec le Mexique. Simultanément, près de 4,1 millions d’emplois ont été créés au Canada.
Des milliers d’entreprises canadiennes ont profité des débouchés crées par cet accord de libre-échange et ont collaboré avec leurs partenaires américains et mexicains. Contrat après contrat, vente après vente, leur réussite est devenue celle du Canada. Elles ont démontré qu’une politique de libre-échange avec nos partenaires peut fonctionner à l’avantage du Canada. Elles ont également démontré que le libre-échange n’est pas une abstraction, mais une approche qui rapporte directement aux collectivités et aux personnes en créant des emplois, des débouchés et de la prospérité.
Mais alors que nous récoltons les fruits du libre-échange à l’échelle du continent, le gouvernement du Canada doit créer d’autres débouchés pour les Canadiens au-delà de l’Amérique du Nord.
En plus de réduire les impôts, d'investir dans l'innovation et de créer un climat de libre entreprise sur bien des fronts, notre gouvernement élargit les débouchés afin d'aider l'économie canadienne sur le chemin d'une reprise durable.
Nous avons déposé des projets de loi au Parlement pour mettre en œuvre les accords de libre-échange que nous avons conclus avec la Colombie et la Jordanie. Et nous présenterons sous peu un autre projet de loi portant sur un accord similaire avec le Panama. Ces accords présentent un grand potentiel pour des secteurs canadiens clés — de l’agriculture à la fabrication, en passant par les services financiers et bien d’autres industries encore.
Nous nous efforçons aussi de consolider nos avantages ici, en Amérique du Nord.
Comme vous le savez, les dispositions « Buy American » du plan de relance américain posaient un sérieux problème. En travaillant en collaboration avec les États-Unis – et avec tout le soutien des provinces, des territoires et du secteur des affaires canadien – nous avons réussi à négocier une exemption à ces dispositions et à assurer un meilleur accès aux marchés dans nos deux pays.
Nous écrivons en ce moment même le prochain chapitre de l’histoire commerciale de notre pays : les négociations commerciales les plus importantes depuis celles de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Les entreprises canadiennes réclament depuis longtemps un resserrement des liens avec l’Europe. Elles sont très intéressées par la position de l'Union européenne en tant que plus grand marché commun et premier investisseur mondial, où un tiers des entreprises de la planète ont leur siège social et qui jouit de la réputation de pépinière d'idées et de technologies novatrices
À bien des égards, un accord de libre-échange avec l'Union européenne représente la prochaine étape logique dans nos relations commerciales. Au fil des ans, l’Union européenne est devenue le deuxième partenaire commercial et d’investissement du Canada, derrière les États-Unis.
Dans des secteurs aussi divers que l'agriculture, le transport, les banques, la haute technologie et d'autres, ce partenariat étroit a directement permis de créer des emplois et de la prospérité au Canada et en Europe.
Comme dans le cas de l’Accord de libre-échange nord-américain, un nouvel accord avec l’Union européenne donnerait une toute nouvelle dimension au partenariat. Nous prévoyons aussi une mesure de relance d'au moins 12 milliards de dollars par année pour l'économie canadienne.
C’est une occasion à ne pas manquer pour le Canada. Des secteurs comme l’aérospatiale, l’agriculture, le génie, la haute technologie et bien d’autres ont tout à gagner d’un accès préférentiel à l’Union européenne et d’une augmentation des échanges transatlantiques.
Les entreprises européennes sont elles aussi fort intéressées. La stabilité économique du Canada, son engagement à l’égard de l’innovation, sa position sur le marché nord-américain et, certainement, l’excellence de son secteur privé, que vous représentez, suscitent un grand intérêt.
Le Canada possède :
KPMG [s.r.l., société comptable et d’experts-conseils] a par ailleurs confirmé le mois dernier que le Canada se classe en tête des pays industrialisés pour ce qui est de la compétitivité des coûts. En fait, nous profitons d’un avantage de 5 p. 100 par rapport à nos partenaires américains.
Donc, le Canada et l’Europe voient tous deux tout l’intérêt d’un partenariat plus étroit. C’est pourquoi les négociations progressent si rapidement. La troisième série de négociations se poursuit en ce moment-même à Ottawa. Même une éruption volcanique n’a pu empêcher notre gouvernement de travailler en vue de la conclusion de cet accord ambitieux. Et une quatrième série de négociations se tiendra à Bruxelles, en juillet. J’ai dit très clairement que je souhaite que ces négociations soient terminées le plus rapidement possible.
Nous examinons actuellement diverses questions, dont :
C’est la toute première fois que l’Union européenne négocie un tel accord commercial avec un pays développé. Et c’est la première fois que le Canada se retrouve à la table avec les provinces et les territoires. Dans ces négociations, nous travaillons en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, étant donné ce qui est en jeu pour les uns et les autres dans le processus.
Je saisirai la moindre occasion dans les mois à venir pour faire avancer ces négociations, y compris au cours de mon voyage en Europe la semaine prochaine.
Pour ce faire, j’ai besoin de votre aide.
Dites à tous ceux qui sont concernés combien cet accord est important pour vous. Si vous voulez que cet accord aille de l’avant – dites-le au gouvernement provincial. Si vous voulez un accord ambitieux, dites-le au premier ministre [de l’Ontario] Dalton McGuinty. Si vous voulez que l’accord de libre-échange Canada-Union européenne soit bientôt une réalité – dites-le au ministre du Commerce de l’Ontario. Les provinces doivent savoir que c’est important pour vous. Elles sont à la table.
En fait, il faudra que tous ceux et celles qui croient dans l’ouverture des portes aux possibilités mondiales nous appuient dans nos efforts, fassent en sorte que les Canadiens comprennent l’importance du libre-échange pour notre économie et travaillent de concert avec nous pour aider à créer des emplois et à assurer la prospérité dans tout le pays. À mesure que ces négociations progressent, nous entendons des voix en marge qui s’opposent — une fois de plus — aux efforts que nous déployons pour créer des emplois et des possibilités pour les Canadiens en renforçant le libre-échange.
Pour ceux d’entre nous qui ont encore en mémoire le débat sur le libre-échange nord-américain, cela n’a rien de nouveau.
Alors que la plupart des Canadiens sont généralement favorables à une plus grande libéralisation des échanges — et saisissent le lien évident entre la reprise économique et un meilleur accès aux marchés —, cette minorité qui se fait entendre ressasse le même discours déjà réfuté selon lequel le libre-échange porte atteinte à notre souveraineté, quand elle n’affirme pas que le Canada donne beaucoup pour recevoir bien peu en retour.
Ce qu’il faut à propos du libre-échange, ce sont des débats éclairés, et non pas des propos alarmistes.
Il suffit de regarder en arrière pour voir les avantages importants du libre-échange nord-américain pour le Canada. N’oublions pas non plus que si l’Europe — sans parler de la Chine, de l’Inde et de beaucoup d’autres pays — veut faire des affaires avec nous, c’est entre autres et justement en raison de notre avantage nord-américain.
À mesure que progressent nos négociations avec l’Union européenne, nous devons vanter cet avantage nord-américain à la moindre occasion.
Nous devons aussi rappeler aux Canadiens que, comme dans tous nos accords commerciaux, les services publics, tels que la santé, l’éducation publique et les services sociaux, seront exclus de l’accord avec l’Union européenne. De plus, un tel accord ne compromettra en rien la capacité des gouvernements, de tous les niveaux, de réglementer dans l’intérêt public, ni notre capacité de fournir des services d’approvisionnement en eau.
Si nous nous attendons à quelque chose, c'est à des avantages semblables à ceux que nous rapportent le libre-échange nord-américain, si ce n’est plus : plus d’emplois, de nouvelles sources de prospérité, une économie forte et concurrentielle à l’échelle mondiale. Un accord avec l'Union européenne constitue une chance incroyable, à un moment critique de notre histoire économique.
Appuyons-le. Et faisons en sorte, ensemble, de convaincre les Canadiens des immenses retombées qui découlent de l’ouverture de nouveaux marchés outre-Atlantique et, en fait, dans le monde entier.
Je vous remercie.