N° 2010/7 - Vancouver (Colombie-Britannique) - Le 22 février 2010
Sous réserve de modifications
Bonjour à toutes et à tous. Soyez les bienvenus.
Notre Journée pour les dirigeants d’entreprises de calibre mondial est l’occasion d’examiner comment le monde peut se préparer à la reprise économique mondiale. Nous avons avec nous aujourd’hui plusieurs conférenciers invités de renom, et nous entendrons également ce que des experts ont à nous dire sur ce que les entreprises peuvent faire pour se préparer à réussir durant cette reprise et au-delà. Je peux d’ailleurs vous dire que cette question ― celle de la reprise économique ― est dans pratiquement tous les esprits ici, au Canada.
La récession économique qui a frappé le monde à la fin de 2008 a été ressentie dans tous les pays, y compris le Canada. Cependant, en raison de notre situation financière solide, de la stabilité de notre système bancaire et de la réaction rapide de notre gouvernement, qui a mis en place un programme de relance dynamique, nous avons pu, il me semble ― et je crois que la plupart en conviennent ― traverser cette récession mieux que la plupart des autres pays.
Nos paramètres financiers fondamentaux sont solides. Notre système financier est considéré par beaucoup comme un îlot de stabilité dans un monde instable. Le Forum économique mondial nous dit, bien sûr, qu’il est le plus solide au monde. Et le Canada est bien placé pour l’avenir, autant sur le plan économique que comme endroit idéal où investir. D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Fonds monétaire international, le Canada connaîtra une forte croissance économique au cours de la présente année et au-delà. En fait, l’an prochain, nous devrions afficher la meilleure croissance économique du G7. Permettez-moi aussi de vous rappeler que le Canada est, parmi les pays du G7, celui qui applique le plus faible taux d’imposition des nouvelles sociétés et des nouveaux investissements commerciaux dans son économie, et qu’il aura probablement le plus faible impôt sur les sociétés du G7 d’ici 2012. Voilà autant de raisons, entre autres, pour que l’Economist Intelligence Unit qualifie le Canada de meilleur endroit où investir dans les cinq prochaines années.
J’invite tous les visiteurs qui sont des nôtres aujourd’hui à s’informer sur ce que les entreprises canadiennes ont à offrir dans différents domaines, de la fabrication de pointe à d’autres secteurs du savoir, comme les sciences de la vie et les technologies des énergies renouvelables, pour ne nommer que ceux-là. Vous pouvez d’ailleurs voir nombre de ces avantages, ici même, à Vancouver. Nous espérons, en fait, que les visiteurs qui sont venus pour les Jeux olympiques prendront le temps de découvrir les autres centres d’intérêt de la ville, en particulier au chapitre des affaires.
Vancouver s’est taillé une réputation fort méritée de chef de file dans des industries de pointe, comme la haute technologie, les jeux, l’animation et les sciences et technologies environnementales.
Vous pouvez voir ce genre d’innovation et de créativité dans plusieurs villes au Canada, dont ma propre ville, Toronto, mais aussi à Montréal, à Halifax, à Edmonton et à Calgary, qui sont toutes en plein essor.
Avant d’entrer dans la vie publique, j’ai passé une vingtaine d’années dans le secteur privé. J’ai exercé le droit municipal et représenté bon nombre de promoteurs, principalement dans la région du Grand Toronto. Je me souviens qu’à l’époque, ces promoteurs cherchaient surtout à attirer ici des investisseurs étrangers, par exemple comme locataires de leurs espaces et pour ouvrir des points de vente au détail au Canada. J’ai souvent participé à la préparation des arguments de vente présentés à ces gens pour les convaincre de venir au Canada. Ce n’était pas vraiment ma spécialité, mais on me demandait fréquemment de le faire.
Ce qui me fascinait, quand j’y repense aujourd’hui, c’est que chaque fois, sans exception, qu’un de ces investisseurs décidait de faire le saut et de venir au Canada pour la toute première fois, il était heureux de sa décision d’investir, qui se révélait très fructueuse. Et aujourd’hui encore, ces investisseurs font volontiers des affaires dans ce pays. En fait, c’était avant que nous bénéficions du type d’avantages que nous avons maintenant et que nous continuerons de voir grandir.
Plus tard dans la journée, Richard Florida prendra la parole. Il est l’un des plus éminents théoriciens de l’importance d’avoir une économie dynamique, créative et innovatrice, c’est-à-dire une économie de travailleurs créatifs et innovateurs. Et il s’agit là d’un domaine où le Canada excelle ― il écrit d’ailleurs à ce propos : nous avons à la fois la diversité, la tolérance et l’innovation.
Dans le secteur privé, je donnais des cours à l’Université de Toronto, à des spécialistes de l’aménagement du territoire. Je leur parlais de Joel Kotkin, dont les travaux ont inspiré ceux de Richard Florida. Kotkin a écrit un livre intitulé The New Geography, et l’un de ses principaux arguments est que, contrairement à l’époque où de réels impératifs géographiques dictaient le lieu d’implantation d’une entreprise ― les villes devaient être construites le long de rivières, au bord de lacs ou à proximité des ressources ―, dans l’avenir il ne sera plus important de construire une ville ou d’implanter une entreprise en fonction de la géographie, car les personnes seront transportables. Elles pourront aller partout. Ce qui importera, ce sera d’autres questions, plus sociales et, de plus en plus, le talent humain et, de plus en plus, on s’établira là où se trouve la créativité, qui sera le moteur d’une nouvelle économie.
Or, c’est exactement ce qui déterminait les avantages du Canada, le genre de choses dont je parlais : une économie vigoureuse, un système bancaire solide, des taux d’imposition concurrentiels. Mais aussi, et surtout, la qualité de vie. Parce que ces travailleurs, ces personnes aptes à ajouter le plus de dynamisme et d’innovation, n’hésitaient pas à aller ailleurs.
Et où voulaient-elles aller? Là où les rues étaient sûres, où elles pouvaient élever une famille en sachant qu’elles auraient une bonne qualité de vie, entourées d’une culture riche, au milieu d’une nature magnifique, comme celle que nous avons tout à côté de cet hôtel, tout autour de nous en Colombie-Britannique et, en fait, dans tout le Canada.
C’est là une des raisons de la réussite économique canadienne, une des raisons pour lesquelles nous réussissons à attirer chez nous quelques-unes des personnes les plus brillantes du monde qui acceptent d’immigrer, et une des raisons de notre dynamisme économique.
Pensez-y quand vous écouterez Richard Florida tout à l’heure et vous comprendrez pourquoi un si grand nombre de ces investisseurs que nous avons persuadés de venir au Canada ont été heureux de leur investissement ici et pourquoi ces investissements ont dépassé leurs attentes.
Évidemment, en matière de créativité et de qualité de la population active, le Canada a la plus forte proportion de personnes ayant fait des études postsecondaires de tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, ce qui témoigne bien de la qualité de sa main-d’œuvre.
Toutefois, les Canadiens savent que ces avantages ne suffisent pas. La reprise économique dépend aussi de l’établissement de partenariats internationaux. À la dernière réunion du Forum économique mondial, le premier ministre Stephen Harper a rappelé aux dirigeants de la planète que l’on ne peut parler de reprise économique sans parler de commerce. Depuis le début de la crise, en fait bien avant, le Canada a toujours suivi une politique de marché ouvert favorable au commerce. Nous avons en place en ce moment même un programme de négociations commerciales dynamique. De plus, notre programme de relance économique comprenait une élimination unilatérale des droits de douane sur les machines dont nos entreprises ont besoin pour affronter la concurrence avec succès. Nous voulions que les entreprises canadiennes soient les plus productives au monde et nous pensions que plus le commerce est libre, mieux cela vaut.
Nous savons que lorsque nos entreprises prospèrent, notre économie prospère aussi et, partant, que les Canadiens ― tous les Canadiens ― vivent mieux. C’est pourquoi nous avons tout fait pour donner à nos entreprises les outils et l’accès aux marchés dont elles ont besoin pour continuer d’évoluer malgré la récession économique mondiale. En réalité, le lien entre le libre-échange et la reprise économique sera au nombre des priorités du Sommet du G20 à Toronto, en juin prochain.
Nous nous réjouissons à l’idée d’accueillir une fois de plus le monde au Canada et de nous pencher sur le thème de la reprise et d’une nouvelle donne. Nous sommes impatients de débattre de ces questions ici, à Vancouver, aujourd’hui, car nous vivons une période extraordinaire de l’histoire économique mondiale.
Nous avons le privilège d’avoir parmi nous aujourd’hui plusieurs conférenciers et experts qui nous aideront à nous préparer à la reprise économique dans les mois et les années à venir.
Faisons en sorte de créer ensemble les possibilités pouvant contribuer à déclencher la reprise économique mondiale et aidons nos concitoyens à jeter les bases de la prospérité de demain.
De nouveau, je vous souhaite la bienvenue à Vancouver. Je me réjouis à l’idée de vivre une journée passionnante au cours de laquelle nous apprendrons tous beaucoup.
Je vous remercie.