Nº 2010/73 - Montréal (Québec) - Le 16 septembre 2010
Sous réserve de modifications
Merci de me donner la possibilité de me joindre à ce groupe d’invités distingués.
Tandis que se poursuit la reprise économique mondiale, les gouvernements et les décideurs doivent se consacrer de nouveau à l’élaboration de politiques qui permettent autant que possible la libre circulation des marchandises, notamment dans le secteur énergétique mondial.
Au cours des dernières années, des variations sans précédent dans les prix de l’énergie ont fait de la sécurité énergétique une priorité, pour les gouvernements comme pour les entreprises, et ce, pour la première fois depuis les années 1970.
Les prix à la baisse dans le secteur de l’énergie indiquent qu’il nous faut ouvrir davantage de portes pour nos entreprises du secteur énergétique et leur donner toutes les chances possibles de réussir.
L’énergie est également essentielle pour le développement économique et social — particulièrement à l’heure où des pays en développement continuent d’accroître leur économie.
Il ne fait aucun doute que la montée de la Chine et de l'Inde en tant que superpuissances économiques se fait aussi sentir sur la demande mondiale en énergie, tout comme la demande croissante d'autres pays non membres de l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques].
Ainsi, les tarifs et les autres obstacles au commerce ont non seulement des répercussions sur les entreprises commerciales, mais également sur le développement social et même politique à l’échelle de la planète.
Nous devons prendre des mesures pour garder nos marchés ouverts et pour permettre la libre circulation de l'énergie, de l'expertise et des produits, traditionnels ou non, d'un État à l'autre.
En fait, le Canada est l’endroit idéal pour tenir cette discussion.
Nous sommes un chef de file dans le domaine de l’énergie et au chapitre du libre-échange. Ces éléments vont de pair.
L’an dernier seulement, le secteur de l’énergie a été à l’origine d’une part de près de 80 milliards de dollars du produit intérieur brut réel du Canada et de plus du cinquième de nos exportations de marchandises.
Nous nous classons parmi les dix plus grands producteurs d’énergie mondiaux et nous détenons la deuxième réserve de pétrole en importance au monde.
Comme notre population est relativement peu élevée, nous vendons bien davantage que ce que nous consommons.
Par ailleurs, nous mettons rapidement au point des technologies et de l’expertise en matière de sources d’énergie alternatives qui peuvent aider d’autres pays à diversifier leur panier d’énergies.
L’expérience du Canada met également en évidence un lien clair entre un secteur énergétique vigoureux et un engagement national à l’égard de la libéralisation et de l’ouverture des marchés.
Nous avons appris à nos dépends qu’une intervention gouvernementale excessive n’est pas la bonne approche.
Certains d'entre vous se souviennent peut être que le Canada a effectivement mis à l’essai un programme énergétique national, un programme qui a été un échec.
Le programme allait à l’encontre de l’idée d’une économie mondialisée, ainsi que des liens économiques étroits entre le Canada et les États-Unis.
À la suite de l’élection d’un nouveau gouvernement, le Canada a annulé le programme en 1985. Il a plutôt adopté une approche énergétique ouverte axée sur les marchés qui a créé de la prospérité, des emplois et des débouchés à l’échelle du pays pendant des années.
Grâce à cette approche, et à l'Accord de libre-échange nord-américain, le Canada est devenu le plus important fournisseur d'énergie des États-Unis.
Et nous sommes en voie de nous forger une réputation mondiale à titre de chef de file dans le domaine de l'énergie.
Nous vendons de l’énergie à nos partenaires mondiaux, de même que l’équipement et l’expertise dont ils ont besoin pour développer leur propre secteur énergétique.
Nous avons mis au point une habile combinaison de cadres juridiques, financiers et réglementaires ouverts et transparents qui attirent l’investissement étranger et aide ce secteur à être prospère.
Et nous sommes engagés dans un programme dynamique de libre-échange afin de créer de nouveaux débouchés pour notre secteur de l’énergie et pour les entreprises qui dépendent de ce secteur.
Bien sûr, un dénouement ambitieux du Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce constitue la pierre angulaire de notre approche.
Mais nous travaillons également à ouvrir des marchés en établissant des accords de libre-échange bilatéraux.
En moins de quatre ans, le gouvernement a conclu de nouveaux ALE [accord de libre-échange] avec la Colombie, le Pérou, la Jordanie et le Panama ainsi qu'avec les États membres de l'Association européenne de libre-échange, soit l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein.
Et ce n’est pas fini.
Nous sommes maintenant en cours de négociation en vue de parvenir à un accord de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes, la République dominicaine, la République de Corée et l’Ukraine, ainsi qu’avec le Groupe des quatre de l'Amérique centrale, soit le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua.
De plus, nous avons récemment conclu la quatrième série de négociations avec l'Union européenne, en partie la plus importante initiative commerciale du Canada depuis l'Accord de libre-échange nord-américain.
Parallèlement, nous tenons des discussions exploratoires concernant un partenariat économique global avec l’Inde, l’une des plus importantes économies mondiales.
Ces initiatives présentent un grand potentiel pour les entreprises canadiennes du secteur de l’énergie qui souhaitent accroître leur présence dans le monde.
Mais le commerce n'est qu'une partie de l'équation.
Nous souhaitons également voir davantage d'investissements étrangers dans le secteur énergétique canadien.
L'investissement jouera un rôle crucial dans la satisfaction de la demande mondiale en énergie dans l'avenir.
Le Canada est un excellent choix. Nous avons travaillé d’arrache-pied pour créer les conditions économiques idéales afin d’attirer l’investissement étranger.
Le Canada offre :
Ainsi, lorsque des investisseurs étrangers investissent dans le secteur énergétique du Canada, ils investissent également dans ces avantages.
L’histoire et les expériences du Canada nous permettent donc de conclure que de nombreux facteurs doivent être présents si l’on veut un secteur énergétique florissant, prospère et créateur d’emploi.
Il faut pour cela disposer des compétences, des outils et de l’expertise nécessaires pour exploiter les ressources énergétiques.
La vigueur du secteur de l'énergie est également fonction de la mise en place des cadres juridique, financier et réglementaire adéquats.
Et elle dépend de l’existence de politiques gouvernementales adéquates, notamment un engagement à l’égard de la libéralisation et de l’ouverture des marchés, et de règlements transparents qui favorisent la coopération et l’investissement.
Ce n'est pas un hasard si, lors du sommet du G-20 qui a eu lieu à Toronto en juin, les dirigeants ont cerné la lutte contre le protectionnisme et la réitération de l'engagement à l'égard du libre-échange comme ingrédients clés de la reprise économique.
Le Canada estime que cet engagement doit englober l’énergie.
Nous nous réjouissons à la perspective de collaborer avec nos partenaires mondiaux dans les années à venir pour concrétiser cet engagement.
Je vous remercie.