Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Discours du ministre Van Loan au Forum diplomatique

No 2010/75 - Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) - Le 27 septembre 2010

Sous réserve de modifications

J’aimerais commencer en soulignant le travail que vous accomplissez, année après année, afin de représenter les intérêts de votre pays à Ottawa et de transmettre les points de vue du Canada dans vos capitales respectives.

La diplomatie compte parce que les partenariats comptent.

En particulier aujourd’hui, alors que l’économie mondiale continue d’avancer dans la voie de la reprise, après avoir connu une période très difficile. Incontestablement, la récession mondiale a constitué le plus grand défi économique que la collectivité internationale ait eu à relever depuis des générations.

Notre capacité à parvenir à un redressement durable dépend en grande partie des partenariats que nous établissons.

Quand les entreprises réussissent, les personnes réussissent. Or, les entreprises réussissent grâce à des systèmes de commerce libres et ouverts.

Importance du libre-échange

Ce n’est pas par hasard que les dirigeants du G-20, qui assistaient en juin dernier au sommet de Toronto, ont réitéré leur engagement en faveur du libre-échange et de la lutte contre le protectionnisme, deux ingrédients essentiels de la reprise. Après tout, à l’ère de la mondialisation, la prospérité d’un pays dépend souvent de la demande qui se manifeste dans un autre.

L’histoire a montré tant et plus que le chemin menant à la prospérité passe par le partenariat, et non par le protectionnisme, et par des portes ouvertes et non des portes fermées. C’est ce qu’on a constaté depuis la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce il y a 63 ans, jusqu’à la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995, à la montée des géants économiques que sont la Chine et l’Inde, à l’alliance entre les membres de la famille des pays de l’Asie du Sud-Est, et à l’ouverture des pays européens à une coopération pratiquée à une échelle jamais vue auparavant.

Une libéralisation des marchés et des échanges accrue est la voie à suivre pour atteindre une plus grande prospérité.

Songeons au Chili par exemple, pays que j’ai visité récemment. Le Chili a conclu des accords de commerce avec 57 pays, dont le Canada et les États-Unis, représentant plus de 85 p. 100 du produit intérieur brut mondial.

Le libre-échange peut également ouvrir la voie de la prospérité à des pays qui émergent de périodes difficiles de leur histoire.

Prenez l’exemple de l’Accord de libre-échange que nous avons conclu récemment avec la Colombie.

Cet Accord crée non seulement de nouveaux débouchés pour les entreprises et les producteurs canadiens, mais il appuie également les efforts de nos partenaires colombiens pour briser le cycle de l’instabilité et de la violence qu’ils subissent depuis si longtemps.

Nous sommes aussi témoin de la montée des économies en développement, qui font de plus en plus de commerce non seulement avec les économies industrialisées, mais aussi entre elles.

L’histoire récente offre de nombreux exemples de la façon dont l’ouverture et la libéralisation des échanges peuvent contribuer à arracher des millions de personnes des griffes de la pauvreté, à stimuler la croissance économique et, en fin de compte, à influer positivement sur la vie des populations.

C’est là une réalité que le Canada a appris directement au cours des années.

Le Canada, chef de file du libre-échange

Avec une petite population et, comme vous l’avez sûrement constaté, une masse continentale vaste et diversifiée, le Canada dépend depuis toujours de la vente de ses biens et services à ses partenaires de tous les coins du globe.

Aujourd’hui, environ un emploi sur cinq est lié aux échanges commerciaux. Conscient de cette réalité, le Canada est depuis longtemps un partisan du libre-échange.

En fait, le Fraser Institute — une cellule de réflexion canadienne — a publié récemment son index intitulé « Economic Freedom of the World Index », classant les pays en fonction de leur engagement à l’égard de la liberté économique.

Le rapport de cette année confirme que le Canada demeure l’une des nations les plus libres sur le plan économique.

Notre gouvernement poursuit avec détermination la mise en œuvre de son ambitieux programme de libre-échange afin d’élargir sans cesse les libertés économiques ici, au Canada, en ouvrant de nouveaux marchés pour les travailleurs canadiens et en faisant la promotion du libre-échange et de l’investissement à l’étranger.

L’engagement de notre gouvernement à l’égard du libre-échange, nos règles d’investissement ouvertes et notre faible taux d’imposition, tous soutenus par un système bancaire robuste, un niveau d’endettement et un déficit peu élevés, sont des facteurs clés qui contribuent à la reprise économique du Canada.

À un moment où la reprise économique est toujours incertaine, notre gouvernement se concentre sur le maintien des emplois et la prospérité pour les familles canadiennes.

Notre gouvernement sait que la prospérité à long terme du Canada repose sur la créativité et l’ingéniosité des familles, des entrepreneurs et des propriétaires de petites entreprises qui ne ménagent pas leurs efforts d’un bout à l’autre du pays.

La prospérité repose également sur le libre-échange.

Grâce au libre-échange, nous avons connu d’immenses succès au fil des ans, y compris et tout particulièrement avec les deux autres pays de l’Amérique du Nord.

En réalité, ceux qui continuent de s’opposer à l’ouverture des marchés et au libre-échange devraient reconnaître que les succès remportés en l’Amérique du Nord sont un exemple solide de l’importance du libre-échange.

L’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis en 1988 et l’Accord de libre-échange nord-américain de 1994, qui l’a suivi, ont constitué des tournants décisifs pour le Canada.

Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain, nos échanges de marchandises avec les États-Unis ont augmenté de 73 p. 100.

Nos investissements bilatéraux, même en pleine crise économique, sont extraordinaires eux aussi : ils ont atteint une valeur de 550 milliards de dollars à la fin de 2009.

Nous sommes devenus des parties intégrantes de nos chaînes d’approvisionnement respectives — nous « faisons les choses ensemble ».

Par ailleurs, la valeur des échanges du Canada avec le Mexique a quintuplé.

Imaginez l’ampleur de l'activité économique et des emplois attribuables à ce partenariat dans les collectivités des trois pays.

Inspiré par ce grand succès, notre gouvernement va de l’avant avec un ambitieux programme de libre-échange.

Ce printemps, grâce à notre Plan d’action économique, nous avons fait un grand pas en avant en faisant du Canada une zone en franchise de droits pour les manufacturiers, les intrants dans le processus de fabrication, les pièces d’équipement, les machines et les matériaux.

Le gouvernement a adopté cette politique afin d’aider les fabricants canadiens à accroître leur productivité et de stimuler la création d’emplois et la croissance dans notre économie.

Nous avons procédé unilatéralement à l’élimination de ces droits sans attente de réciprocité.

Cette décision fera du Canada, la première zone franche de droits pour les fabricants parmi les pays membres du G-20.

Plus important encore, cette mesure aidera nos fabricants à devenir plus concurrentiels, puisqu’elle facilitera l’obtention des intrants qu’ils acquièrent de partout au monde, et ce, à un meilleur prix.

Et nous continuons à aller de l’avant dans notre programme de libre-échange.

Notre gouvernement avance rapidement aux échelons bilatéral et régional.

En moins de quatre ans, le gouvernement du Canada a conclu de nouveaux accords de libre-échange avec la Colombie, le Pérou, la Jordanie et le Panama, ainsi qu'avec les États membres de l'Association européenne de libre-échange, soit l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

Ce sont là d’importantes victoires pour les entreprises canadiennes qui pourront s’implanter plus facilement dans ces marchés, grâce à des conditions d’accès plus ouvertes, plus sûres et plus compétitives que jamais.

Et ce n'est pas fini.

Nous poursuivons actuellement des négociations de libre-échange avec le Marché commun des Caraïbes, la République dominicaine, la République de Corée et l’Ukraine, ainsi qu’avec quatre pays de l’Amérique centrale, soit le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua.

Parallèlement, nous menons des entretiens exploratoires au sujet d’un partenariat économique global avec l’Inde, l’une des plus grandes économies au monde. En fait, je me suis entretenu vendredi avec le ministre du Commerce et de l’Industrie de l’Inde, M. Anand Sharma.

Nous avons rendu public une étude conjointe qui démontre qu’une plus grande libéralisation des échanges de biens et de services pourrait faire croître le produit intérieur brut du Canada d’au moins 6 milliards de dollars américains, stimuler nos échanges bilatéraux avec l’Inde de 50 p. 100 et engendrer des bénéfices directs pour des secteurs canadiens comme la foresterie, l’énergie et la fabrication.

Et le Canada a récemment conclu la quatrième série de négociations avec l'Union européenne, ce qui est la plus importante initiative commerciale canadienne depuis l'Accord de libre-échange nord-américain.

Ces négociations constituent un potentiel important pour aider à créer des emplois et à engendrer la prospérité des deux côtés de l’Atlantique. D’après une étude, un tel accord pourrait, dans les sept ans qui suivraient sa mise en œuvre, ajouter 38 milliards de dollars à la valeur des échanges du Canada avec l’Union européenne.

Nous sommes très encouragés par nos progrès jusqu’à maintenant, et espérons conclure les négociations d’ici la fin de 2011.

Lorsqu’un accord sera en vigueur, le Canada aura des ententes avec les États-Unis et avec l’Union européenne, soit les plus grandes économies au monde — ce qui lui conférera un avantage concurrentiel énorme.

Notre gouvernement est résolu à procurer à nos entreprises tous les avantages compétitifs possibles dans les marchés mondiaux. En outre, nous sommes déterminés à aider les pays, comme ceux que vous représentez, à bénéficier des nombreux avantages commerciaux offerts par le Canada :

  • un contexte de libre-entreprise ouvert et attrayant qui, selon l’Economist Intelligence Unit, sera le meilleur endroit du G-7 où faire des affaires au cours des quatre prochaines années;
  • la plus solide situation financière qui soit dans le G-7;
  • un faible taux d’imposition des sociétés — le Canada est bien parti pour afficher le plus faible taux d’imposition global des sociétés de tous les pays du G-7 d’ici 2012;
  • la plus forte croissance économique du G-7 en 2010, selon le Fonds monétaire international et l'Organisation de coopération et de développement économiques;
  • le Canada est bien placé pour devenir la première «  zone exempte de tarifs » dans tout le G-20 pour ce qui est des importations d’équipement et de machines;
  • une main-d'œuvre qualifiée occupant le deuxième rang quant au nombre de titulaires d'un diplôme d'études postsecondaires parmi les pays membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques;
  • un milieu dynamique pour l’innovation qui offre les incitatifs fiscaux les plus généreux de tous les pays industrialisés pour la recherche et le développement;
  • un engagement ferme à l’égard de la bonne gouvernance et de la primauté du droit;
  • une très haute qualité de vie

Nous profitons de toutes les possibilités offertes pour renseigner nos partenaires mondiaux sur ces avantages, et j’espère vivement que vous profitez aussi de toutes les occasions pour les découvrir vous-mêmes.

Pour établir ces liens en matière de commerce et d’investissements, nous comptons sur l’appui des délégués commerciaux du Canada. Comme je l’ai dit plus tôt, le Canada comprend la valeur considérable de la diplomatie, y compris sur le plan commercial.

Il est essentiel d'avoir en poste des personnes qualifiées dans toutes les régions stratégiques du globe pour aider nos entreprises et nos investisseurs à élargir leurs marchés. C’est le rôle de nos délégués commerciaux, dans l’ensemble du Canada et dans nos bureaux répartis dans plus de 150 pays.

Nous ouvrons également des bureaux commerciaux supplémentaires dans des pays comme la Chine, l’Inde, la Mongolie et le Brésil, et de nouveaux bureaux régionaux dans l’ensemble du Canada. En fournissant des renseignements sur les marchés, des conseils et des points de contact, ces bureaux jouent un rôle essentiel et permettent au Canada de cerner de nouveaux débouchés.

Nous comptons certainement sur nos délégués commerciaux ici, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Ils travaillent de près avec une multitude de partenaires pour organiser des missions commerciales à l’échelle mondiale, particulièrement aux États-Unis, en Europe, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Par ailleurs, nos délégués commerciaux sont de bonnes personnes-ressources pour les entreprises dans vos pays également. N’hésitez donc pas à continuer d’encourager vos entreprises et vos investisseurs à se mettre en rapport avec nos délégués commerciaux outre-mer et à découvrir comment le Canada peut jouer un rôle dans leurs propres plans d’affaires.

Ensemble, nous aidons les entreprises et les collectivités canadiennes à nouer des liens dans l’économie mondiale.

Par exemple, par l’intermédiaire du programme Investissement Canada-Initiatives des communautés, nous aidons des organisations locales de partout au pays à attirer, à retenir et à accroître l’investissement étranger direct dans leur collectivité.

L’un des bénéficiaires dans cette province est la ville de Summerside. Elle recevra plus de 24 000 $ pour l’aider à attirer plus d’investissement étranger direct.

L’innovation est un autre volet important. Nous sommes résolus à aider nos chercheurs et nos innovateurs à établir des liens avec des partenaires et des investisseurs mondiaux.

Notre programme Visée mondiale en innovation, par exemple, a aidé une entreprise de l’Île-du-Prince-Édouard à s’unir à l’Université des sciences et de la technologie de Hong Kong dans le cadre d’un projet visant à étudier l’épilepsie chez les animaux.

Nous sommes également l’un des nombreux partisans de la Semaine nationale de la biotechnologie à l’Île-du-Prince-Édouard, qui accueillera cette année plusieurs sociétés internationales de capital de risque.

Comme vos pays le savent sans doute, l’innovation est une composante cruciale d’une économie concurrentielle.

Le gouvernement du Canada en est parfaitement conscient, et il prend des mesures pour aider ses innovateurs à réussir à l’échelle internationale.

Toutefois, l’établissement de ces liens commerciaux nécessite un engagement non seulement à l’échelle nationale, mais aussi à l’échelle planétaire.

Voilà qui m’amène à parler du rôle que vous pouvez jouer pour susciter de nouveaux partenariats avec le Canada dans les années à venir.

Faire valoir les avantages d’une libéralisation accrue des échanges

Les milieux diplomatiques mondiaux ont un rôle essentiel à jouer lorsqu’il s’agit de faire valoir les avantages du libre-échange, notamment dans le contexte du commerce avec le Canada.

Nous comptons sur vous, dans votre travail de tous les jours, vos réunions et vos activités de réseautage et dans les relations que vous entretenez avec vos capitales et avec les entreprises et les milieux gouvernementaux du Canada, pour nous aider à répandre l’idée que le libre-échange est un ingrédient essentiel de la reprise économique mondiale. Les diplomates connaissent mieux que la plupart des autres intervenants l’importance de la coopération mondiale.

Nous devons continuer à renforcer le soutien international en faveur du libre-échange.

Car, tandis que tous nos pays nouent des liens avec leurs partenaires mondiaux, nous continuons d’entendre des voix, en marge du débat, qui s’opposent au libre-échange et veulent isoler leurs industries de la concurrence mondiale.

Je peux vous dire que le Canada a tenu ce débat dans les années 1980, tout d’abord dans le cadre de son accord de libre-échange avec les États-Unis, puis ensuite, quand il s’est joint à ces derniers et au Mexique pour négocier l’Accord de libre-échange nord-américain.

Bon nombre parmi vous ont sans doute entendu les mêmes voix dans leur pays.

Mais l’histoire a démontré que le libre-échange profite aux populations et aux collectivités. Il crée de l’emploi et des débouchés. Il établit les fondements de la prospérité, à la fois des pays développés et des pays en développement.

Continuons donc de travailler ensemble pour créer des débouchés dans nos économies, créer de nouveaux emplois et appuyer la reprise économique du Canada.

Trouvons de nouvelles façons de prospérer et de nous épanouir ensemble.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2010-09-27