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Discours du ministre Fast au Sommet de l’aérospatiale canadienne

Le 6 décembre 2012 - Ottawa (Ontario)

Sous réserve de modifications

Permettez-moi d’abord de féliciter l’Association des industries aérospatiales du Canada [AIAC] pour sa vision et son leadership en réunissant sous un seul toit les plus éminents acteurs de l’industrie canadienne. Je suis vraiment ravi d’être ici aujourd’hui.

Forte de sa réussite à l’échelle internationale, l’industrie aérospatiale canadienne de calibre mondial symbolise l’excellence de notre pays. Employant des dizaines de milliers de travailleurs partout au pays, votre industrie injecte des milliards de dollars dans l’économie du Canada.

Depuis plus d’un siècle, les Canadiens cherchent à repousser les limites de l’existence terrestre, allant toujours plus loin dans leur conquête du ciel et de l’espace.

C’est par une froide matinée de février 1909 que Douglas McCurdy, un Néo-Écossais, a réalisé le premier vol propulsé au Canada, voire dans tout l’Empire britannique.

Alexander Graham Bell a annoncé avec fierté la nouvelle à l’Associated Press et au Times de Londres dans un télégramme, précisant que McCurdy avait survolé les eaux gelées de la baie de Baddeck sur une distance d’environ un demi-mile et à quelque 30 pieds d’altitude, à bord d’un aéronef de sa conception baptisé Silver Dart.

C’est à partir de ce moment que l’industrie a véritablement pris son envol, si vous me pardonnez le jeu de mots.

L’aviation a vite pris une importance vitale au Canada, dont le vaste territoire est entrecoupé d’obstacles infranchissables. L’aviation a permis de relier des communautés éloignées et de rapprocher, au figuré, les frontières de notre grande nation. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Notre gouvernement est résolu à faire en sorte que cette industrie cruciale profite des nouveaux marchés ouverts grâce au plus ambitieux plan d’expansion du commerce de l’histoire de notre pays. À l’instar des pionniers de l’aviation au Canada qui ont établi les liaisons essentielles à la survie et à la prospérité des régions reculées du pays, nous misons aujourd’hui sur des politiques commerciales stratégiques et ambitieuses pour relier l’économie canadienne aux marchés les plus dynamiques du monde.

Comme bon nombre d’entre vous le savent, l’industrie aérospatiale canadienne est la cinquième en importance au monde. Selon les statistiques de l’AIAC, elle procure de l’emploi à plus de 66 000 Canadiens et génère des recettes annuelles de plus de 22 milliards de dollars.

Le secteur de l’aérospatiale est le premier exportateur de technologies de pointe au Canada, et il se classe au troisième rang mondial en ce qui concerne la production d’aéronefs civils.

Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un parcours impressionnant.

Confrontés à une conjoncture mondiale imprévisible et en constante mutation, les Canadiens savent bien que le succès n’est qu’un appui pour viser plus haut. Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers si nous voulons demeurer compétitifs dans un marché où règne une vive concurrence.

C’est pourquoi mon collègue, le ministre de l’Industrie [l’honorable] Christian Paradis, a lancé en février dernier l’examen des programmes et des politiques de l’aérospatiale et de l’espace.

Réalisé dans le cadre du Plan d’action économique du gouvernement, cet examen exhaustif visait à cerner des moyens de multiplier et d’optimiser les retombées de nos investissements dans ces secteurs afin de maintenir la position de chef de file du Canada.

L’honorable David Emerson, qui dirigeait l’examen, a présenté ses conclusions au gouvernement la semaine dernière. Comme le ministre Paradis l’a déclaré hier devant vous, nous étudions maintenant avec attention les recommandations formulées dans le rapport, en vue de définir la voie à suivre.

L’examen a porté sur les façons dont le gouvernement, l’industrie et d’autres partenaires clés peuvent relever les défis bien réels qui se posent aux secteurs de l’aérospatiale et de l’espace, notamment en ce qui concerne l’innovation, l’accès aux marchés, le développement des compétences, l’élargissement du réseau des fournisseurs et l’approvisionnement.

Tous ces domaines exigent davantage que l’attention, les efforts et les capacités d’un seul acteur; ils doivent mobiliser les ressources concertées du secteur privé, des universités, des groupes de réflexion et de tous les ordres de gouvernement.

Les pays considérés depuis toujours comme des chefs de file de l’industrie aérospatiale doivent désormais faire face à de nouveaux concurrents aux quatre coins du monde, alors que les économies émergentes continuent de remodeler l’environnement concurrentiel qui est le vôtre.

Les entreprises aérospatiales canadiennes sont forcées de s’adapter à cette évolution rapide des marchés.

La réalisation de cet examen n’est qu’une mesure parmi d’autres prises par notre gouvernement pour actualiser sa Stratégie commerciale mondiale, qui vise à assurer la prospérité à long terme du Canada.

Lancée en 2007, cette stratégie ciblait des marchés, partout dans le monde, qui présentaient le plus grand potentiel de croissance et de succès pour les entreprises canadiennes.

Pendant cinq ans, la Stratégie commerciale mondiale a permis au Canada de prendre les devants sur la scène mondiale, en menant la lutte contre le fléau du protectionnisme et en préconisant une plus grande ouverture du commerce, ce moteur essentiel de la création d’emplois et de la croissance économique, tant au pays qu’à l’étranger.

Mais le monde a changé depuis le lancement de la première phase de notre stratégie, il y a cinq ans. L’économie mondiale est aujourd’hui fragile, et certaines grandes puissances économiques ont subi des revers si importants qu’elles ont été contraintes à se replier. Dans ce contexte de précarité, il devient impératif de placer le Canada sur une voie où il peut mettre à profit ses forces uniques.

Notre stratégie actualisée axera les objectifs du Canada en matière de commerce et d’investissement sur des marchés et des secteurs prometteurs, à forte croissance, dans le monde entier.

Nous entendons surtout bien cibler nos efforts et utiliser de façon optimale les ressources publiques afin d’offrir des solutions adaptées aux besoins des Canadiens et aux réalités avec lesquelles doivent composer nos entreprises sur les marchés mondiaux.

Notre objectif demeure le même : favoriser la création d’emplois, la croissance économique et la prospérité au bénéfice des Canadiens.

À cette fin, nous avons tenu des consultations pancanadiennes avec des gens d’affaires et des chefs de file de l’industrie, y compris avec le secteur crucial des petites entreprises, pour obtenir leur avis sur les éléments à intégrer dans une Stratégie commerciale mondiale actualisée.

Leurs conseils nous éclairent dans l’élaboration de la prochaine phase de notre plan de stimulation du commerce pour ouvrir de nouveaux marchés à nos exportateurs.

En premier lieu, nous veillerons à assurer l’accès des entreprises canadiennes à des marchés prioritaires autour du globe.

Nous poursuivons donc nos efforts pour resserrer nos liens avec les économies du monde qui se distinguent par leur importance, leur dynamisme et leur croissance rapide. Le commerce constitue depuis longtemps un puissant moteur de l’économie canadienne, et il l’est encore plus en cette période où l’économie mondiale vacille.

En deuxième lieu, nous sommes conscients qu’il nous faut redynamiser les services de soutien qui aident les entreprises canadiennes à tirer parti des débouchés à l’étranger. Je tiens à m’attarder un peu plus sur ce point, qui revêt une pertinence particulière pour l’aérospatiale.

Notre ministère s’active à mettre en place les conditions propices à la réussite de notre industrie aérospatiale de calibre mondial, pour lui assurer le maintien, voire l’accroissement de sa part sur les marchés étrangers. Comme plusieurs d’entre vous le savent pour en avoir profité, nous avons une équipe affectée uniquement aux entreprises aéronautiques et aérospatiales canadiennes, pour les aider à rivaliser avec la concurrence mondiale.

J’ai dirigé plusieurs missions commerciales centrées sur l’aérospatiale dans des pays comme la Chine et la Russie pour faciliter l’accès de l’industrie canadienne à ces marchés clés, et je suis très reconnaissant à votre association pour ses conseils et sa collaboration à ces occasions.

Nous avons également des équipes de délégués commerciaux — lesquels sont, selon moi, le « secret le mieux gardé du Canada » — déployés partout dans le monde pour vous fournir des conseils qui vous aideront à économiser du temps et de l’argent, et à accroître vos chances de réussite lorsque vous entrez sur de nouveaux marchés.

Prenons True North Avionics, par exemple. En grande partie grâce aux présentations faites au salon aéronautique de Farnborough cette année, cette entreprise d’Ottawa a obtenu des commandes de la société malaisienne Caterham Jet en vue d’équiper une nouvelle flotte d’avions avec son système de communication en vol.

Mentionnons aussi Viking Air, de Sidney, en Colombie-Britannique, qui a entamé des négociations avec quatre nouveaux clients durant notre récente mission commerciale en Asie. L’entreprise attribue son succès aux délégués commerciaux du Canada, qui ont l’ont mise en relation avec ses nouveaux clients.

Et n’oublions pas l’annonce faite le 9 mars 2012 par la société polonaise Eurolot d’une commande d’au plus 20 appareils Q400 NextGen de Bombardier. Voilà un autre exemple de collaboration fructueuse ayant débouché sur une vente, entre le Service des délégués commerciaux et Bombardier.

Soyez assurés qu’avec la mise en œuvre prochaine de la nouvelle Stratégie commerciale mondiale, davantage de ressources seront consacrées à la promotion de secteurs particuliers, surtout sur les marchés émergents en forte croissance, où de plus en plus d’entre nous portons notre attention.

Le troisième volet de notre stratégie consiste à garantir aux entreprises l’accès aux capitaux nécessaires pour accroître leurs activités à l’étranger.

En unissant nos efforts à ceux de partenaires comme Exportation et développement Canada et la Corporation commerciale canadienne, nous voulons aider les entreprises aérospatiales canadiennes à accéder aux capitaux qu’il leur faut pour prendre de l’expansion et passer du statut de joueurs prometteurs à celui de grands compétiteurs mondiaux.

Le quatrième volet vise à s’assurer que nos entreprises ont accès à la technologie dont elles ont besoin.

Alors que nous achevons la mise à jour de notre stratégie, nous voulons mobiliser les gens d’affaires, les universitaires, les chercheurs et tous les ordres de gouvernement pour qu’ils travaillent à la commercialisation des technologies dans les plus brefs délais et à leur promotion sur les marchés mondiaux.

Enfin, le cinquième et dernier volet concerne le capital humain, pour veiller à ce que nos entreprises aient accès aux plus grands talents du monde.

Pour ma part, je travaille déjà avec le secteur de l’éducation à la révision de la Stratégie en matière d’éducation internationale afin d’attirer les talents les plus prometteurs dans les établissements d’enseignement et les entreprises du Canada.

Mesdames et Messieurs, une fois actualisée, la Stratégie commerciale mondiale du Canada servira mieux que jamais la mise en œuvre du plus ambitieux plan d’expansion du commerce de l’histoire canadienne.

Et soyez assurés que notre gouvernement ne néglige pas ses efforts pour préserver la réputation mondiale de notre secteur aéronautique et spatial.

Nous savons que les industries canadiennes hautement concurrentielles de ce secteur contribuent énormément à notre économie. Nous savons aussi que les entreprises, les investisseurs et les innovateurs de notre secteur de l’aérospatiale peuvent surpasser les meilleurs de ce monde.

Il nous faut poursuive sans relâche notre quête de l’excellence et d’un accès préférentiel aux marchés les plus dynamiques du monde, qui donnera aux Canadiens un atout supplémentaire pour prospérer dans une économie mondiale hautement compétitive.

Mes amis, ce que nous appelons le « commerce » constitue en réalité une formidable aventure, qui ne convient pas aux timorés, aux défaitistes ou à ceux qui reculent devant les défis.

Au contraire, l’arène commerciale requiert des visionnaires et des champions, comme vous, qui savent saisir les occasions dès qu’elles se présentent.

Au nom de notre gouvernement fédéral, je me réjouis à l’idée d’être à vos côtés dans cette grande aventure!

Je vous remercie.

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Date de modification :
2012-12-14