La réaction du Canada à la crise des mines terrestres

« Même si les États résolument en faveur d'une interdiction qui participaient aux réunions à Ottawa en 1996 étaient terrifiés par le défi, c'est précisément cette volonté du Canada de sortir du processus diplomatique « normal » qui a été un autre élément clé du succès du mouvement. »

Jody Williams, lauréate du prix Nobel de la paix en 1997, sur le défi lancé par le Canada de négocier en un an un traité en vue d'interdire les mines terrestres antipersonnel.

Tandis que le mouvement au niveau politique en faveur d'une interdiction des mines terrestres s'amplifiait, les négociations internationales menées en 1995-1996 en vue de limiter l'utilisation de cette arme par l'application du protocole à la Convention de l'ONU (1980) sur certaines armes classiques n'enregistraient aucun progrès significatif. Devant l'inquiétude grandissante des populations et l'enlisement du processus à l'ONU, des membres d'un petit groupe de pays, dont le Canada, ont rencontré à Genève des représentants du Comité international de la Croix-Rouge et de la Campagne internationale contre les mines terrestres pour des entretiens informels.

En janvier 1996, le Canada a annoncé un moratoire immédiat sur l'utilisation, la production, le commerce et l'exportation de mines antipersonnel. En mai 1996, le Canada a annoncé qu'il serait l'hôte d'une réunion internationale en vue d'élaborer une stratégie qui permettrait d'évoluer vers une interdiction complète des mines antipersonnel.