Aide au développement et aide humanitaire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord 

Ces dernières années, les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) ont nettement amélioré leur prestation de services de santé publique et d’éducation, ce qui s’est traduit notamment par une chute du taux de mortalité infantile ainsi qu’une hausse de l’espérance de vie moyenne, du taux de scolarisation et du taux d’alphabétisation. Il reste néanmoins des défis considérables à relever, d’un pays à l’autre ou à l’intérieur d’un même pays, et pour des groupes démographiques précis, comme les jeunes et les femmes.

Les pays de cette région font face à un ralentissement de la croissance économique causé par les conflits prolongés et l’instabilité politique en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen; les attentats terroristes en Algérie et en Tunisie qui ont nui au tourisme; le faible prix du pétrole; et la lenteur des réformes politiques et économiques. La faible croissance économique engendre à son tour une augmentation des pressions sociales négatives et des écarts de richesse, ainsi qu’une diminution de la qualité de l’emploi et de l’accès au travail. Avec une population de 355 millions de personnes, la région du MOAN compte une forte proportion de jeunes (64 p. 100 des habitants sont âgés de 15  à 24 ans), et affiche un taux de chômage chez les jeunes parmi les plus élevés du monde (25 p. 100).

Au chapitre de l’égalité entre les sexes, plusieurs pays de la région ont adopté des politiques et des mécanismes qui bénéficient aux femmes. Bien que des progrès aient été réalisés à cet égard, notamment en ce qui concerne l’alphabétisation et la santé des femmes, il persiste un écart entre les sexes, surtout sur le plan de la participation à la vie politique et économique.

La région du MOAN est également aux prises avec d’importants problèmes d’eau et d’énergie, en plus d’être particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Cette région, l’une des plus pauvres en eau et des plus arides de la planète, dépend fortement d’une agriculture sensible au climat. En outre, une part importante de sa population et de son activité économique se situe dans des zones urbaines côtières exposées aux inondations.

Aide au développement

Afin d’atteindre ses priorités en matière de développement dans la région, le Canada concentre ses efforts de développement international en Jordanie, en Cisjordanie et à Gaza. Au cours des dernières années, le soutien du Canada à la Jordanie s’est accru considérablement en raison du rôle essentiel que joue ce pays dans cette région instable, des tensions montantes et de l’urgence d’agir vu l’afflux de réfugiés au pays.

L’aide canadienne au développement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza a pour but d’aider les Palestiniens à établir les fondements d’un État palestinien viable et démocratique, qui leur permettra de vivre en sécurité et en paix avec Israël. Le Canada collabore également avec l’Égypte, l’Irak et le Maroc, ses partenaires de développement dans la région. Le Canada a aussi fourni de l’aide supplémentaire à la région du MOAN par l’entremise du Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord du Partenariat de Deauville, administré par la Banque mondiale.

L’aide au développement du Canada dans la région du MOAN est axée sur les enjeux touchant les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes. En fait, le Canada favorise la croissance économique durable et l’accroissement de la résilience des populations et des institutions locales, et renforce la bonne gouvernance. Les efforts du Canada dans la région contribuent non seulement à la réduction de la pauvreté, mais aussi à la promotion de la stabilité régionale.

En février 2016, le gouvernement du Canada a annoncé une nouvelle stratégie pour faire face à la crise au Moyen-Orient (en mettant l’accent sur la Jordanie, le Liban, l’Irak et la Syrie). Elle comprend un engagement de 270 millions de dollars en aide bilatérale au développement au cours des trois prochaines années (exercices 2016-2017 à 2018-2019) afin de renforcer la capacité locale à offrir des services sociaux de base, entretenir et remettre en état les infrastructures publiques, favoriser la croissance inclusive et l’emploi, ainsi que favoriser les progrès vers une gouvernance inclusive et responsable. Les programmes mettront l’accent sur l’aide aux femmes et aux jeunes, l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants et la promotion de l’égalité entre les sexes. Ils porteront également sur la promotion de la viabilité de l’environnement.

L’aide internationale au développement dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique duNord restera un aspect essentiel de la réponse du Canada au programme mondial établi en vertu du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Le Canada continuera de déployer des efforts pour mettre fin à l’extrême pauvreté, lutter contre l’inégalité et l’injustice et combattre efficacement la dégradation de l’environnement et les changements climatiques.

Aide humanitaire

La crise en Syrie et en Irak, qui a fortement frappé la région du MOAN, est l’urgence humanitaire la plus importante et la plus complexe de notre temps. Plus de 8 millions de réfugiés syriens ont fui vers les pays voisins, et l’émergence du soi-disant État islamique en Irak et en Syrie (EIIS) a exacerbé la crise qui perdure en Syrie et en Irak, où le nombre de personnes déplacées dans leur propre pays est actuellement estimé à 10 millions. Ce sont donc 13,5 millions de personnes en Syrie et 10 millions de personnes en Irak qui ont besoin d’une aide humanitaire. De ce nombre, 7,5 millions se trouvent dans des régions difficiles d’accès, alors que le conflit en cours pose le principal obstacle à l’accès aux personnes dans le besoin. Cette situation humanitaire s’aggrave et se complexifie de jour en jour.

Le conflit a radicalement transformé la démographie d’une région caractérisée par un équilibre ethnique et religieux déjà précaire et la rareté des ressources. Les réfugiés de Syrie et d’Irak ont franchi en masse les frontières des États voisins afin d’échapper aux combats, et la majorité d’entre eux a été absorbée dans les communautés locales de la Turquie, du Liban et de la Jordanie. Par conséquent, la population de ces villes qui peinaient déjà à fournir les services essentiels a doublé, voire triplé.

L’aide humanitaire internationale du Canada dans la région vise à sauver des vies, à alléger la souffrance et à protéger la dignité des personnes touchées par les conflits et les catastrophes naturelles grâce à des interventions appropriées, efficaces et rapides. Le Canada reconnaît que l’aide humanitaire est particulièrement importante pour les personnes touchées par les catastrophes naturelles, les conflits ou l’insécurité alimentaire aiguë dans les pays en développement.

Dans le cadre de sa nouvelle approche en réponse aux crises en Irak et en Syrie, le gouvernement du Canada versera 840 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour aider à répondre aux besoins essentiels des personnes touchées par les conflits en Syrie et en Irak. Le Canada consacre également des fonds à l’aide humanitaire pour répondre à des crises humanitaires au Yémen, en Libye, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.