Gwynne Dyer

Gwynne Dyer est né à Terre-Neuve en 1943. Après avoir étudié dans des universités du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni, il obtient un doctorat en histoire militaire et moyen-orientale de l'University of London.

M. Dyer a servi dans la marine canadienne, américaine et britannique. Il a enseigné l'histoire militaire et la polémologie au Collège des Forces canadiennes à Toronto pendant deux ans et à la Royal Military Academy, à Sandhurst, pendant quatre ans.

Après avoir quitté l'enseignement en 1973, M. Dyer exerce le métier de journaliste pigiste, de communicateur et de conférencier. Ses chroniques souscrites sur les affaires internationales sont traduites dans une douzaine de langues et publiées par près de 200 journaux dans une quarantaine de pays.

En 1980, Gwynne Dyer et Tina Viljoen collaborent à une série télévisée de sept épisodes, La Guerre, réalisée par l'Office national du film et diffusée la première fois en 1983. Par la suite, La Guerre est projetée sur les écrans dans 45 pays, et un épisode, Le Métier des armes, est nominé pour un Oscar. Avec Mme Viljoen, Dyer écrit un ouvrage fondé sur la série, La Guerre, publié en 1985. Dyer et Viljoen collaborent de nouveau à une série de trois épisodes pour l'ONF et la CBC, La Défense du Canada, mis en ondes en 1986. Leur ouvrage, The Defence of Canada: In the Arms of the Empire est publié en 1990.

En 1994, Dyer termine une série de quatre épisodes, intitulée The Human Race, un regard sur les origines, la nature et l'avenir de la politique humaine. En 1995, sa série en trois volets sur le maintien de la paix en Bosnie, Protection Force, est diffusée. Dyer réalise également plusieurs documentaires pour la radio, y compris une série de sept heures The Gorbachev Revolution et une autre de six heures, Millennium, mis en ondes par la CBC au printemps 1996.

Souvent appelé à donner des conférences, ses réflexions sur la mondialisation et l'État-nation (Globalization and the Nation-State) sont publiées en 1996 par l'Institut canadien des affaires internationales, dans le cadre de la série Behind the Headlines.

C'est à St. John's, le 23 mars, que Gwynne Dyer, journaliste indépendant, commentateur à la télé et conférencier bien connu, a prononcé la Conférence commémorative O.D. Skelton de 1998. Dans son allocution, il dit que le monde n'est pas aussi dangereux que semblent l'indiquer, probablement à dessein, les reportages qui traitent de questions négatives, de problèmes et de catastrophes. Certes, il ne manque pas de mauvaises nouvelles pour faire les manchettes, mais Gwynne Dyer est d'avis que la situation s'améliore et que la démocratie fait des progrès.

Il décrit de façon détaillée des manifestations qui ont eu lieu au cours des dernières décennies (à Manille, Beijing et Berlin, par exemple), évoque l'impact qu'ont eu ces révolutions pacifiques et montre comment elles ont représenté un exemple pour d'autres de par le monde. Des régimes dont on croyait qu'ils ne se démocratiseraient jamais l'ont fait. Or, quelle image est plus proche de la réalité - celle d'un monde dangereux à long terme ou celle, plus récente et peut-être plus éphémère, d'un monde plus détendu? Selon Gwynne Dyer, la nature de l'homme est égalitaire et pacifique; il tente de le démontrer en traçant un bref historique du développement humain dans lequel il met en relief le développement des gouvernements et des communications, ainsi que la croissance de la démocratie. Ces tendances ont des incidences profondes sur les relations internationales car, en général, les sociétés démocratiques n'entrent pas en guerre les unes contre les autres. Le journaliste explique que même l'ONU fait entorse à ses propres règles pour appuyer la démocratie au détriment de la souveraineté.

Il croit que le Canada peut tirer parti de ces transformations; il a, par exemple, proposé la signature d'un traité international interdisant la production, la possession, la vente et l'usage de mines antipersonnel. Aussi Gwynne Dyer estime-t-il qu'il y a lieu d'être optimiste en ce qui concerne la politique étrangère.