Résumé de presse pour le Forum de haut niveau sur la lutte contre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie du 17 janvier

Le mardi 17 janvier, des représentants de gouvernements, d’organisations intergouvernementales, de la société civile, du milieu universitaire et du secteur privé se sont réunis dans le cadre d’un forum de haut niveau, aux Nations Unies, afin de discuter des façons de lutter contre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie. Les efforts à cet égard sont devenus particulièrement urgents en raison du populisme croissant, de la hausse de la xénophobie et de l’augmentation de l’extrémisme violent. La réunion fait suite au Forum de haut niveau sur l’antisémitisme dans le monde de septembre 2016 et reflète les préoccupations partagées par la communauté internationale à propos de la discrimination et de la haine sous toutes leurs formes.

Quelques thèmes ont été abordés pendant la journée.

  • On a clairement reconnu la montée de la discrimination contre les musulmans et de l’islamophobie dans de nombreuses régions du globe. La crise mondiale de la migration, la montée des mouvements xénophobes, la politique identitaire, la croissance de l’idéologie extrémiste violente et les attaques terroristes perpétrées partout dans le monde, de même que la désinformation et la diffusion de stéréotypes négatifs sous diverses formes dans les médias, ont contribué au problème.
  • De nombreux orateurs ont insisté sur le lien entre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie et d’autres formes de racisme, de xénophobie et d’intolérance, y compris l’antisémitisme et la discrimination contre les immigrants. Dans les discussions sur des solutions possibles, on reconnaissait largement la nécessité de lutter contre toutes les formes de discrimination et de haine, en particulier celles fondées sur la religion ou la croyance, dans toutes les régions du monde en appliquant des normes universelles destinées à offrir la même protection à tout le monde.
  • La discussion a donné lieu à un vaste consensus sur le fait que les solutions à ce problème croissant exigent des efforts concertés de tous les secteurs de la société. Trois groupes d’experts travaillaient sur les principaux mécanismes de résolution de ce problème : i) politiques gouvernementales de lutte contre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie, ii) établissement de coalitions de la société civile, et iii) histoires positives pour faire la promotion du pluralisme et de l’inclusion.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a présenté le mot d’ouverture au Forum par vidéo, précisant le défi global auquel est confrontée la communauté internationale et demandant la prise de mesures. Parmi les autres orateurs ayant prononcé des mots d’ouverture, notons des cadres supérieurs représentant le président de l’Assemblée générale des Nations Unies et chacune des délégations qui ont coparrainé l’événement. Le mot de la fin a été prononcé par Ahmed Shaheed, rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de religion ou de conviction.

Pendant le panel de discussion sur les politiques gouvernementales de lutte contre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie, des experts représentant les gouvernements et les organisations intergouvernementales ont exposé diverses stratégies et pratiques exemplaires en matière de lutte contre la discrimination envers les musulmans. Ils ont insisté sur les défis particuliers liés au travail avec des acteurs politiques et des mouvements militant pour des politiques discriminatoires ou xénophobes; ils ont de plus insisté sur la nécessité de préserver et de protéger la primauté du droit et l’égalité des droits dans la loi. La Résolution 16/18 du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, résolution consensuelle sur la lutte contre la discrimination, l’intolérance et la violence fondée sur la religion ou la conviction, a également été décrite comme fournissant un plan d’action pratique permettant aux gouvernements de s’attaquer à ces défis.

Un groupe diversifié de leaders de la société civile a discuté de l’importance des coalitions de la société civile pour lutter contre la discrimination et renforcer les normes sociétales d’égalité et de pluralisme. Il a présenté des initiatives novatrices – y compris des coalitions interconfessionnelles et interethniques – pour lutter contre la haine envers les musulmans et les membres d’autres groupes vulnérables à la discrimination. Il a aussi souligné le rôle essentiel de la société civile pour établir la résilience sociétale et la protéger contre les préjugés et l’intolérance.

Enfin, le panel sur les histoires positives visant la promotion du pluralisme et de l’inclusion a décrit le rôle vital des diverses formes de médias sur l’établissement du cadre de compréhension sociale des musulmans et des groupes minoritaires en général. La difficulté des membres de groupes vulnérables à accéder aux médias et l’importance d’une représentation fidèle et efficace de ces groupes ont été clairement reconnues. Les participants ont insisté sur l’urgence de s’attaquer à la désinformation dans les médias et de créer des plateformes permettant de diffuser des histoires positives de pluralisme et d’inclusion fondée sur la diversité.

Le Forum de haut niveau a été coparrainé par les missions permanentes du Canada et des États-Unis, la mission d’observation permanente de l’Organisation de coopération islamique et la délégation de l’Union européenne aux Nations Unies.