Table des matières
Le 15 juillet 2005, les négociations en vue de la conclusion de l’Accord de libre-échange entre le Canada et la Corée du Sud (ALECCS) ont été entreprises. Un accord de libre-échange (ALE) entre le Canada et la Corée du Sud pourrait accroître non seulement l’importante relation économique bilatérale du Canada avec la Corée, mais renforcer aussi la présence du Canada dans la dynamique région du Nord-Est de l’Asie. Un ALE avec la Corée devrait engendrer des bénéfices économiques dans tous les secteurs de l’économie canadienne.
Le présent document analyse l'incidence économique possible d’un accord de libre-échange entre le Canada et la Corée du Sud (ALECCS). L'évaluation des incidences économiques d’une élimination tarifaire est réalisée à partir de simulations générées à l’aide du Modèle d’équilibre général calculable (EGC) , connu sous le nom de Projet d’analyse des échanges mondiaux (GTAP) et de la version 6.0 de sa base de données. Cinq scénarios sont simulés en se fondant sur une série d’hypothèses sur la réaction de l’économie à l’expansion du commerce avec la Corée, du point de vue de l’offre, y compris un scénario central qui comprend les hypothèses les plus valables pour le Canada et la Corée, respectivement. Les incidences des éléments non tarifaires de l’ALECCS, y compris celles sur les flux d’investissements bilatéraux et le commerce des services, sont examinées en termes qualitatifs. Les principales conclusions sont les suivantes :
Selon le scénario principal, en supposant une élimination complète des tarifs sur les produits industriels et agricoles, les exportations canadiennes de marchandises vers la Corée progresseraient de 56 %. Si l’on se fonde sur les exportations canadiennes en Corée en 2005, soit 2,8 milliards de dollars , cela pourrait représenter des gains d’environ 1,6 milliard de dollars.
Les importations de marchandises coréennes au Canada augmenteraient de 19 %. Si l’on se fonde sur les données de 2005, soit 5,4 milliards de dollars, cela représenterait une augmentation des ces importations de près de 1,0 milliard de dollars.
La valeur du produit intérieur brut (PIB) du Canada augmenterait, mais cette estimation varie considérablement selon les différentes hypothèses sur la réaction de l’économie à l’expansion du commerce avec la Corée. D’après les estimations, le gain exprimé en pourcentage va de 0,064 % à 0,268 %; dans le scénario central, il atteint 0,114 %. L’augmentation du PIB canadien par rapport à 2005 (1 369 milliards de dollars) oscille entre 0,88 milliard de dollars et 3,6 milliards de dollars dans les cinq scénarios; dans le scénario central, le gain est estimé à 1,6 milliard de dollars. Les estimations correspondantes pour le PIB de la Corée, par rapport à celui de 2005, s’échelonnent de 0,23 milliard de dollars (0,024 %) à 6,6 milliards de dollars (0,691 %) dans les cinq scénarios; dans le scénario central, le gain approximatif s’élève à 0,66 milliard de dollars (0,07 %).
Sur le plan du bien-être économique des ménages, l’étendue des bénéfices, rapportés à la taille de l’économie du Canada en 2005, va de 266 millions de dollars, selon les hypothèses les plus contraignantes du point de vue de l’offre, à 3,5 milliards de dollars selon les hypothèses les moins contraignantes; dans le scénario central, ces bénéfices se chiffrent à environ 1,1 milliard de dollars. D’après les hypothèses les plus contraignantes, le bien-être économique des ménages coréens diminuerait légèrement, mais selon le scénario le moins contraignant, les bénéfices à ce chapitre seraient plus importants en Corée qu’au Canada.
Il est probable que les simulations ECG sous-estiment les gains économiques possibles puisqu’elles tiennent compte uniquement de l’incidence de l’élimination tarifaire sur le commerce de marchandises. Les négociations sur l’ALECCS abordent toutefois un large éventail de questions, dont le commerce des biens, les règles d’origine, les procédures douanières, la facilitation du commerce, les mesures non tarifaires, le commerce transfrontalier des services, les services financiers, l’entrée temporaire, l’investissement, les marchés publics, la concurrence, la propriété intellectuelle, le commerce électronique, le règlement des différends et les dispositions institutionnelles. En outre, parallèlement aux négociations sur le libre-échange, le Canada cherche à conclure des accords de coopération dans les domaines de l’environnement et du travail. En même temps, les gains commerciaux du Canada dans des secteurs sensibles pour la Corée et, à l’inverse, les gains de la Corée dans des secteurs sensibles pour le Canada risquent de subir des contraintes aux niveaux des délais ou de la portée finale, en raison de dispositions particulières qui ne peuvent être connues avant qu’un tel accord ne soit conclu.
Par ailleurs, les dispositions relatives aux mesures non tarifaires peuvent également avoir une influence sur les gains dans des secteurs individuels. Pour ces raisons, et puisque les incidences sont minimes par rapport à la taille de l’économie canadienne et passablement sensibles aux hypothèses précises concernant la réaction de l’économie à l’expansion du commerce, les simulations actuelles représentent un instrument trop grossier pour estimer avec précision l’incidence de l’ALECCS sur les secteurs de l’économie. Il faudra réaliser des études ciblées pour évaluer ces incidences, par exemple l’examen détaillé du marché canadien de l’automobile demandé par Affaires étrangères et Commerce international Canada2.
Le présent document analyse l’incidence économique possible, d’un accord de libre échange entre le Canada et la Corée du Sud (ALECCS). Cette analyse traite principalement des incidences de l’élimination tarifaire sur le commerce des marchandises. Elle examine aussi brièvement les effets de la libéralisation et de la facilitation du commerce des services et des investissements, en termes qualitatifs. Toutefois, pour les raisons expliquées ci dessous, il n’a pas été possible, aux fins du présent rapport préliminaire, de quantifier ces effets.
Approche analytique
Le principal outil utilisé pour l’analyse est le Modèle d’équilibre général calculable (EGC), version 6.0 du Projet d’analyse des échanges mondiaux (GTAP)3. Ce modèle, qui est accessible au grand public, fonctionne à l’aide d’un ensemble de données qui combine des statistiques sur les flux du commerce bilatéral, la protection du commerce et les mesures de soutien internes avec des tableaux nationaux d’entrées-sorties qui décrivent les relations de vente et d'achat entre les producteurs et les consommateurs au sein de chacune des économies. Cela permet au modèle de produire des estimations des incidences, sur les échanges commerciaux, des modifications de la politique commerciale, comme l’élimination des droits préférentiels prévus dans les ALE, le niveau de production nationale (produit intérieur brut), l’emploi et le bien-être économique.
Cependant, les simulations EGC ne peuvent pas tenir compte adéquatement de tout l’éventail des variations résultant des ALE modernes. Par exemple, les négociations entre le Canada et la Corée portent sur une vaste gamme de questions, y compris le commerce des biens, les règles d’origine, les procédures douanières, la facilitation du commerce, les mesures non tarifaires, le commerce transfrontalier des services, les services financiers, l’entrée temporaire, l’investissement, les marchés publics, la concurrence, la propriété intellectuelle, le commerce électronique, le règlement des différends et les dispositions institutionnelles. En outre, parallèlement aux négociations sur le libre-échange, le Canada cherche à conclure des accords de coopération dans les domaines de l’environnement et du travail4.
Outre les incidences économiques directes sur les secteurs du commerce des services et des flux d’investissements bilatéraux, ces facteurs additionnels des ALE devraient avoir une incidence sur le commerce des biens, au-delà de celui d’éliminer les tarifs. Par exemple, la facilitation du commerce entraîne une baisse des coûts non tarifaires de l’accès au marché. De même, étant donné les complémentarités entre les investissements et le commerce des services, d’une part, et le commerce des marchandises, d’autre part, les mesures visant à libéraliser l’investissement et le commerce des services devraient provoquer une plus forte réaction à un ALE du commerce des marchandises que ne l’indiquent les considérations tarifaires à elles seules. De plus, il semble que les ALE aient un effet galvanisant sur le comportement des milieux d’affaires, c'est-à-dire que dans le contexte des coûts irrécupérables liés à l’entrée sur un marché, l’engagement politique et les facilitations non tarifaires d’un ALE peuvent constituer, pour les entreprises, une incitation supplémentaire à investir des ressources dans le but de tirer parti de nouveaux débouchés. Dans cet esprit, l’accroissement prévu de commerce bilatéral de marchandises sera probablement supérieur aux estimations.
Plusieurs autres mises en garde doivent être faites à propos de l’interprétation des incidences économiques mentionnées. Elles sont énoncées ci-dessous.
Mise en garde : Interprétation des résultats
Les résultats des simulations doivent être considérés comme des estimations des incidences économiques possibles d’un ALECCS à un moment précis, et non comme des prévisions de résultats réels, et ce, pour les raisons suivantes.
Premièrement, en général, les ALE comprennent des dispositions qui traitent des incidences dans les secteurs sensibles. Ainsi, dans le cas de l’ALECCS, les gains commerciaux du Canada dans des secteurs sensibles pour la Corée, et, à l’inverse, les gains de la Corée dans des secteurs sensibles pour le Canada, peuvent être contraints pour ce qui est des délais ou de la portée finale, en raison de dispositions particulières qui ne peuvent être connues avant qu’un tel accord ne soit conclu.
Deuxièmement, les simulations du modèle EGC comparent la structure d’une économie donnée à un moment précis, telle qu’elle était et telle qu’elle serait si le changement simulé de politique était instauré et que tous les ajustements économiques en réponse à ce changement de politique étaient déjà effectués. En général, les dispositions d’un ALE sont échelonnées de manière à faciliter la transition; cependant, la présente étude ne traite pas explicitement la trajectoire d’ajustement de l’économie.
Troisièmement, bien qu’il n’y ait aucune dimension temporelle explicite dans ces simulations, l’élasticité des prix, qui détermine la réaction aux modifications des droits de douane, est basée sur des transformations à long terme. En d’autres mots, un certain temps devrait s’écouler avant que les effets de ces présumés changements ne se fassent sentir dans l’économie. En même temps, les innombrables phénomènes susceptibles d’influencer les résultats réels au cours des périodes de mise en demeure et d’ajustement ne peuvent pas être pris en compte; il s’agit tout particulièrement des progrès technologiques et de la réorganisation des structures de production mondiales qui changent le contexte industriel, ainsi que des changements dans la politique commerciale, comme les accords préférentiels avec des tierces parties conclus par le Canada ou la Corée5.
Mise en garde : Sensibilité des résultats aux spécifications et hypothèses du modèle
Pour qu’ils soient maniables, les modèles économiques doivent nécessairement réduire un énorme volume d’information sur l’économie en un nombre relativement petit d’équations et de paramètres estimés qui illustrent le comportement stylisé des consommateurs et des producteurs. Par conséquent, les résultats des simulations peuvent être fortement influencés par la structure du modèle, les paramètres estimés, le niveau d’agrégation des données et les hypothèses formulées par le modélisateur sur la manière d’exécuter les simulations (et surtout, comme on l’explique ci-dessous, par les hypothèses concernant le « bouclage » du modèle).
Choix du modèle
On a choisi le modèle GTAP 6.0 pour les simulations de l’ALECCS parce qu’il permet la plus grande désagrégation possible. Ce niveau de désagrégation est important pour réduire la distorsion dans l’agrégation au moment d’estimer les incidences sur le commerce, mais il est accompagné de plusieurs caractéristiques restrictives : le modèle est statique et présume une concurrence parfaite ainsi que des rendements d'échelle constants dans tous les secteurs. La série de modèles GTAP comprend également un modèle dynamique, mais ce dernier n’inclut pas le Canada en tant qu’entité distincte, et il ne pouvait donc pas servir dans la présente étude. Cette série comprend aussi une version dans laquelle la concurrence est imparfaite, ce qui constitue un cadre de modélisation plus approprié pour les secteurs non agricoles; cependant, ce modèle permet uniquement des simulations fondées sur trois secteurs : agriculture, biens industriels et services. Les simulations exécutées à l’aide du modèle statique avec une concurrence parfaite sous-estiment probablement les gains de production et de bien-être économique pour un niveau donné d’expansion du commerce comparativement aux simulations exécutées avec des versions dynamiques et des versions présumant une concurrence imparfaite, si tous les autres facteurs sont les mêmes.
Niveau de désagrégation
Les simulations ont été menées sur une base sectorielle entièrement désagrégée (57 secteurs, dont 43 concernent des marchandises). En raison des limites de capacité des ordinateurs, il a été impossible de réaliser une désagrégation régionale complète (92 pays et régions composites). Pour que cela soit plus facile, les simulations ont été menées sur une économie mondiale divisée en 15 régions :
Structure du modèle
Voici les principales caractéristiques techniques du modèle GTAP 6.0 :
Sur le plan de la production, le modèle comprend des fonctions CES (élasticité de substitution constante) intégrées. La terre, la main-d’œuvre (qualifiée et non qualifiée) et le capital se substituent les uns aux autres dans un agrégat à valeur ajoutée dans le premier segment, et des entrants intermédiaires composites se substituent à la valeur ajoutée dans l’autre segment. On présume que la main-d’œuvre et le capital sont pleinement utilisés, mobiles entre les usages au sein d’un pays et immobiles à l’échelle internationale. Pour ce qui est de la demande, on utilise un ménage représentatif régional dont les dépenses sont régies par une fonction d’utilité agrégée. Cette fonction d’utilité agrégée est du type Cobb-Douglas, répartissant les dépenses entre la consommation privée, les dépenses gouvernementales et l’épargne. La demande des ménages ordinaires est représentée par une fonction de type CDE (différence d’élasticités constante), qui permet de saisir la nature non homothétique de la demande des ménages (c’est à dire la structure de la demande change quand le revenu des ménages augmente, illustrant le fait que la consommation de certains types de produits, comme les biens de luxe, augmente davantage avec une augmentation du revenu que la consommation d’autres biens, comme les denrées de consommation courante.)
Les échanges internationaux bilatéraux sont présentés sous forme de modèles à partir de l’hypothèse d’Armington selon laquelle les biens et les services sont différenciés selon leur région d’origine et sont des substituts imparfaits. On a utilisé les paramètres standard de la base de données GTAP 6.0; les principaux paramètres d’Armington (élasticité de substitution entre les produits selon le pays d’origine) ont récemment été mis à jour à la suite de nouvelles études économétriques. Ces élasticités sont en moyenne plus faibles que celles utilisées dans d’autres modèles, dont le modèle Linkage de la Banque mondiale; les estimations des incidences sur le commerce et le bien-être indiquées dans la présente étude sont donc relativement prudentes6.
Bouclage
Pour exécuter les simulations, le modélisateur doit faire certains choix quant aux variables du modèle qui sont exogènes (c’est-à-dire, fixées à des valeurs externes, prédéterminées et précisées par le modélisateur) et endogènes (c'est-à-dire, les valeurs internes qui sont résolues par le modèle). Les autres choix représentent différentes possibilités de « bouclage » du modèle. Le choix du bouclage influence beaucoup les résultats.
Dans le bouclage microéconomique par défaut du modèle, la dotation en facteurs (c’est à dire l’offre totale de main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée, de capital et de terre) est fixe; les prix des facteurs (soit les salaires et le rendement du capital et de la terre) sont ajustés de façon à rétablir le plein emploi des facteurs de production dans l’équilibre après le choc7. Dans les autres bouclages microéconomiques parfois utilisés, le rendement du capital ou de la main d’œuvre peut être fixe, et l’offre de capital et de main-d’œuvre s’ajuste ensuite pour rétablir l’équilibre8.
Chaque règle de bouclage ci-dessus part d’une hypothèse extrême concernant l’offre de main d’œuvre et de capital : elle n’est ni parfaitement élastique ni parfaitement inélastique. La réalité se situe quelque part au milieu.
Le modèle GTAP peut être simulé de façon à s’approcher des valeurs intermédiaires de l’élasticité de l’offre de capital et de main-d’œuvre. Les paramètres que choisit le modélisateur selon des données empiriques puisées à l’extérieur du modèle déterminent ensuite de quelle façon un ALE génère des gains. Par exemple, en ce qui concerne la main-d’œuvre, moins l’offre est élastique, plus les gains sont présentés sous la forme d’augmentations salariales et, à l’inverse, plus l’offre est élastique, plus les gains se manifestent par des emplois supplémentaires. De même pour l’économie dans son ensemble, les bénéfices reflètent soit une amélioration des prix, soit un accroissement de la production, ou une combinaison des deux. Étant donné la sensibilité des résultats aux hypothèses formulées, nous présentons les résultats des simulations selon cinq bouclages différents :
Concernant l’offre de main-d’œuvre à long terme, la documentation publiée en dans le domaine économique soutient une élasticité de l’offre positive mais non infinie, c’est à dire quelque part entre les deux hypothèses extrêmes concernant les bouclages du marché du travail. Selon les données empiriques récentes, nous adoptons un bouclage du marché du travail pour le Canada et la Corée qui se fonde sur l’élasticité de l’offre de main-d’œuvre fixée à environ un9.
Concernant l’offre de capital à long terme, l’hypothèse d’offre de capital la plus plausible pour le Canada, une petite économie ouverte qui bénéficie d’un accès relativement sans entrave aux capitaux, est celle qui est relativement élastique, cela correspond étroitement à la règle de bouclage stable pour le capital. Pour la Corée, qui a connu récemment une importante crise internationale de liquidité et qui n’a pas encore le même degré de développement institutionnel que le Canada, nous prévoyons que l’offre de capital suivra une pente positive; nous avons arbitrairement fixé l’élasticité de l’offre de capital à environ un. Du point de vue des résultats, il s’agit d’une hypothèse prudente, puisque les gains économiques pour la Corée augmentent de façon marquée avec des réactions d’offre de capital plus élevées10.
Le second aspect du bouclage est le bouclage macroéconomique. Deux approches sont possibles : l’approche standard avec le modèle GTAP, utilisée dans les présentes simulations, consiste à permettre au compte courant de s’ajuster au choc de la libéralisation du commerce, avec une accommodation passive des flux d’investissements étrangers. Le changement dans le compte courant suppose un changement dans l’investissement national. Dans le modèle GTAP, le changement dans l’investissement transparaît dans le profil de la demande finale, qui affecte à son tour le profil de la production et du commerce, mais qui ne contribue pas à la capacité de production des industries et des régions. L’autre approche du bouclage macroéconomique consiste à fixer le compte courant en assumant de manière implicite qu'il n'y a aucune mobilité du capital international; il s’agit d’une hypothèse beaucoup moins réaliste pour le Canada, et par conséquent, on a évité cette option11.
Mises en garde : Problèmes au niveau des données
Il existe plusieurs problèmes concernant la base de données qui sous-tend les simulations GTAP.
L’année de référence des données GTAP 6.0 est 2001; autrement dit, le modèle décrit l’économie mondiale telle qu’elle était en 2001, y compris le volume des flux d’échanges commerciaux, le niveau de protection et de soutien du commerce dans les diverses économies, ainsi que le montant et la composition du PIB et d’autres variables économiques pour chaque pays et région.
Toutefois l’année de référence des tableaux entrées-sorties de la base de données 6.0 du GTAP, varie d’un pays à l’autre; pour la Corée, l'année de référence est 2000, mais pour le Canada, l’année de référence est 1990. En d’autres termes, les corrélations internes dans l’économie canadienne, telles qu’elles sont saisies dans la base de données 6.0 du GTAP, sont celles de 1990, avant l’ajustement de l’économie à l’ALE Canada–États-Unis et à l’ALENA, au Cycle d’Uruguay, à l’adhésion de la Chine à l’OMC et à d’autres changements de l’environnement économique mondial ou national intervenus depuis 1990.
Compte tenu de la rapidité de l’évolution économique ces dernières années, plusieurs dispositions sont prises dans la présente analyse pour qu’elle soit le plus possible mise à jour.
Les mesures de protection du commerce dans de la base de données GTAP 6.0 ont été mises à jour pour inclure la dernière mises en application des réductions de droits de douane du Cycle d’Uruguay, les engagements de la Chine auprès de l’OMC et l’expiration de l’Accord de l’OMC sur les textiles et les vêtements (ATV)12.
Par ailleurs, les simulations sont exécutées à partir des données de l’année de référence 2001 dans le GTAP 6.0 (dans laquelle les valeurs sont exprimées en dollars US de 2001), et nous présentons aussi des données clés (les importations canadiennes provenant de la Corée et les exportations canadiennes vers la Corée, ainsi que le PIB et les estimations du bien-être des consommateurs canadiens) ajustées en termes d’échelle et de composition afin qu’elles reflètent l’économie canadienne telle qu’elle était en 2005, et exprimées en dollars CAN de 2005. Pour ce faire, on applique simplement les variations en pourcentage générées dans le modèle GTAP pour les données correspondantes de 2005. Cela sert à tout le moins à tenir compte, en partie, des conséquences de la croissance et des changements structurels intervenus dans l’économie entre 2001 et 2005. En ce qui a trait aux importations canadiennes en provenance de Corée et aux exportations à destination de ce pays, cette opération tient compte de certains changements particulièrement importants de la composition du commerce bilatéral par produit entre 2001 et 2005. Toutefois, cela ne tient pas compte d’une mise à jour cohérente des données qui refléteraient l’économie de 2005; ainsi, les estimations fondées sur les données de 2005 ne sont présentées qu’à titre d’indicatif.
Affaires étrangères et Commerce international Canada (MAECI) planifie la mise à jour des données canadiennes entrées-sorties de la base de données GTAP. La présente analyse préliminaire repose, toutefois, sur la structure entrées-sorties de 1990; une mise à jour du présent rapport fournira des données entrées-sorties plus récentes lorsqu’elles seront disponibles. Le fait que les données entrées-sorties soient périmées rend moins fiables les estimations concernant les changements sectoriels de production dans les simulations actuelles, puisque ces changements combinent l’incidence directe, sur les secteurs, de la modification des droits de douane qui les concernent (p. ex. l’incidence sur la sidérurgie de la modification des droits sur l’acier) avec l’incidence indirect des changements de production dans d’autres secteurs générés par l’ALE (p. ex. les changements dans l’évolution de la production de la sidérurgie en réponse à un ajustement de la production automobile provoqué par une modification tarifaire sur les automobiles), basé sur la structure entrées-sorties présentée dans le modèle. En outre, les données sur la production sectorielle reflètent la structure du commerce en 2001. Pour ces raisons, nous ne présentons pas des résultats détaillés de production par secteur puisque ces derniers pourraient être assez trompeurs, étant donné les changements importants survenus dans la structure économique du Canada depuis 1990 et dans le commerce depuis 2001.
Le tableau 1 présente une information sommaire des économies du Canada et de la Corée.
Tableau 1 : Canada et Corée : statistiques sommaires 2005
| Corée | Canada | |
Revenu | ||
| Produit intérieur brut aux prix du marché (en milliards de $CAN) | 955 $ | 1 ,369 $ |
| Revenu national brut à parité de pouvoir d’achat (en milliards de $US) | 1 055 $US | 1 040 $US |
| Population (2005, en millions) | 47,82 | 32,27 |
| PIB par habitant aux prix du marché ($CAN) | 19 972 $ | 42 423 $ |
| RNB par habitant à parité de pouvoir d’achat (41 950 $US) | 21 850 $US | 32 220 $US |
Commerce et investissement | ||
| Exportations de biens et services en pourcentage du PIB | 42,5% | 37,8% |
| Importations de biens et services en pourcentage du PIB | 40,0% | 34,1% |
| Commerce bilatéral des biens et services en pourcentage du PIB | 82,5% | 71,9% |
| Investissements directs sortants en pourcentage du PIB (2004) | 4,7% | 35,0% |
| Investissements directs entrants en pourcentage du PIB (2004) | 12,9% | 29,5% |
Structure de l’économie : pourcentage du total de la production* | ||
| Secteur primaire (agriculture, foresterie, pêche et extraction minière) | 3,7% | 7,2% |
| Secteur secondaire (industries manufacturières, construction et services publics) | 40,0% | 25,1% |
| Secteur tertiaire (services) | 56,3% | 67,7% |
Source : Les données relatives au PIB et à la population proviennent de Statistiques financières internationales, FMI; les données relatives à la parité de pouvoir d’achat, du Rapport sur le développement dans le monde 2007, tableau 1, de la Banque mondiale; le taux de change Canada-Corée utilisé pour convertir les wons coréens en dollars canadiens, du site Web de la Banque du Canada; les données sur la structure commerciale et industrielle et sur les investissements entrants et sortants, de l’Office national de statistique de Corée et de Statistique Canada, respectivement.
*Parts du PIB au coût des facteurs. Dans le cas de la Corée, la structure industrielle est celle de 2005; dans le cas du Canada, celle de 2002, basée sur le pourcentage du PIB en dollar courant.
La Corée se classait au 11e rang dans le monde en termes de produit intérieur brut (PIB) en 2005, et son économie, mesurée aux taux de change du marché d’environ 70 % de la taille de l’économie du Canada, était classée au 9e rang. En 2005, mesurée en termes de revenu national brut (RNB) aux taux de parité de pouvoir d’achat, l’économie coréenne s’avérait légèrement plus grande que celle du Canada. Cette même année, la population de la Corée était d’environ 50 % plus importante que celle du Canada, ce qui se traduisait par un niveau substantiellement moins élevé de revenu par habitant, compte tenu des taux de parité de pouvoir d’achat, la différence étant encore plus marquée si on la compare aux taux de change du marché.
Comme le Canada, la Corée est une économie fortement ouverte, son commerce bilatéral de biens et de services représentant 82,5 % du PIB en 2005 (contre 71,9 % pour le Canada). En 2005, le pays se classait au 12e rang mondial grâce à un commerce bilatéral de marchandises de 660,3 milliards de dollars. La Corée est toutefois beaucoup moins ouverte en termes d’investissements bilatéraux : en 2004, le stock d’investissements étrangers directs s’élevait à 114 milliards de dollars, ou 12,9 % du PIB coréen, et le stock d’investissements vers l’étranger n’atteignaient que 42 milliards de dollars, ou 4,7 % du PIB.
Avec le temps, la structure industrielle de la Corée a commencé à ressembler de plus en plus à celle des économies avancées. Comparativement à ceux du Canada, les secteurs primaire et des services de la Corée sont plus petits, alors que le secteur manufacturier et les autres industries représentent une plus grande part de la production qu’au Canada.
Performances et perspectives macroéconomiques de la Corée
La croissance économique de la Corée a ralenti par rapport au taux substantiel de 8,3 % qui s’est maintenu entre 1963 et 1996 et qui a fait passer le statut de ce pays d’économie agraire pauvre à membre de l’OCDE en 1996. Depuis lors, le pays a connu une sévère récession au moment de la crise financière et économique en Asie, et a enregistré une croissance réelle moyenne de 4,2 %; toutefois, dans le contexte de la reprise de l’activité à la suite de la récession mondiale de 2001, la Corée a maintenu un taux de croissance moyen de 4,7 %. Selon les prévisions actuelles du FMI, la Corée maintiendra un rythme de croissance moyen de 4,7 % en 2006-200713.![]()
Source : Les données historiques sont tirées de Statistiques financières internationales, FMI, et les prévisions 2006-2007, des Perspectives de l’économie mondiale, FMI, septembre 2006. La courbe de l’évolution est une courbe polynomiale insérée avec Excel.
Les perspectives à court et à moyen terme de l’économie coréenne sont largement positives. L’inflation est restée modérée (3,3 % de croissance moyenne de l’IPC de 2001 à 2005 et une « inflation de base » de 2,2 % au milieu 2006), et le chômage est faible (moyenne de 3,7 % de 2001 à 2005 et de 3,5 % au milieu 2006). Le compte des opérations extérieures enregistre un excédent régulier depuis la crise asiatique (y compris un excédent commercial équivalent à 2,5 % du PIB en 2005). La dette extérieure est également modérée (environ 25 % du PIB en 2005) et est totalement couverte par les réserves de devises qui atteignaient 228,2 milliards de dollars US en septembre 2006.
La politique économique de la Corée est foncièrement neutre. On prévoyait que ce pays enregistrerait un modeste excédent budgétaire d’environ 1 % de son PIB en 200614. Les taux d’intérêts coréens à court terme ont augmenté pour osciller entre 4 % et 5 % en 2006, à la suite d’un certain resserrement de la politique depuis 2005; la courbe de rendement est toutefois demeurée sur une pente modérément positive.
Relations économiques bilatérales entre le Canada et la Corée
En 2005, la Corée était le septième plus important partenaire commercial du Canada (commerce de marchandises), tandis que le Canada était le 21e partenaire commercial de la Corée. Le commerce bilatéral de marchandises est très important, la Corée bénéficiant d’une position excédentaire d’environ 2,2 milliards de dollars selon les statistiques sur les importations qui mesurent les flux bilatéraux15.
Tableau 2 : Commerce des marchandises Canada Corée, 2005, en millions de $CAN
| Statistiques coréennes | |
| Exportations vers le Canada | 4,171 |
| Importations du Canada | 3,147 |
| Commerce bilatéral | 7,318 |
| Balance (perspective coréenne) | 1,024 |
| Exportations vers la Corée | 2,806 |
| Importations de Corée | 5,374 |
| Commerce bilatéral | 8,181 |
| Balance (perspective canadienne) | -2,568 |
| Comparaison importations exportations | |
| Importations coréennes du Canada | 3,147 |
| Importations canadiennes de la Corée | 5,374 |
| Commerce bilatéral | 8,522 |
| Balance (perspective canadienne) | -2,227 |
Source : World Trade Atlas
À la suite de la crise économique et financière asiatique, qui a provoqué une dépréciation marquée du won par rapport au dollar canadien, les exportations de marchandises canadiennes à destination de la Corée ont fortement chuté et sont demeurées faibles pendant plusieurs années. Depuis 2003, toutefois, elles ont fortement rebondi. En 2005, les exportations canadiennes étaient supérieures de 54 % au creux de 1998, bien qu’elles n’aient toujours pas atteint à nouveau le pic de 1997 (tableau 2).![]()
Sources : Statistique Canada
En termes de part de marché, celle du Canada en matière d’importations coréennes a reculé, passant d’environ 2 % au milieu des années 1990 à autour de 1 % (voir le tableau 3). ![]()
Les commerce bilatéral de services entre le Canada et la Corée a augmenté ces dernières années, mais il reste faible et sont flux s’est avéré plutôt inconstant d’une année à l’autre (voir le tableau 3). Il est à noter qu’il est difficile de discerner une expansion dynamique soutenue dans le domaine des services commerciaux, qui constitue le principal secteur de gain potentiel d’un volet sur les services de l’ALECCS et un domaine dans lequel le commerce a progressé très rapidement partout le monde, étant donné la multiplication des délocalisations, et ce, en dépit de l’absence de progrès dans les négociations multilatérales sur le commerce des services.
Tableau 3. Commerce bilatéral des services Canada-Corée, 1996-2004, en millions de $CAN
| 1996 | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | |
| Total des entrées au titre des services (exportations canadiennes) | 479 | 506 | 400 | 456 | 568 | 681 | 643 | 607 | 706 |
| Voyages | 195 | 204 | 109 | 146 | 238 | 284 | 269 | 251 | 273 |
| Services commerciaux | 180 | 190 | 190 | 182 | 149 | 198 | 192 | 183 | 171 |
| Transports (y compris les services gouvernementaux) | 105 | 113 | 100 | 127 | 181 | 199 | 182 | 173 | 262 |
| Total des paiements au titre des services (importations canadiennes) | 257 | 249 | 166 | 176 | 303 | 229 | 216 | 296 | 350 |
| Voyages | 60 | 60 | 15 | 27 | 28 | 27 | 31 | 66 | 60 |
| Services commerciaux | 71 | 74 | 66 | 47 | 140 | 77 | 60 | 125 | 106 |
| Transports (y compris les services gouvernementaux) | 126 | 115 | 85 | 101 | 135 | 125 | 125 | 105 | 184 |
Source : Statistique Canada
Dans l’ensemble, le Canada a donc vu sa part du marché coréen se dégrader depuis le milieu des années 1990. Étant donné le programme coréen de négociations d’accords de libre-échange (voir la troisième note de bas de page), la présence du Canada dans cette dynamique économie de l’Asie de l’Est risque d’être encore plus marginalisée.
Bien que la relation sur le plan des investissements bilatéraux ait progressé, elle demeure modeste. Le stock des investissements directs canadiens en Corée s’est chiffré à 779 millions de dollars en 2005, alors que le stock des investissements directs coréens au Canada était de 364 millions de dollars.
1. À moins d’indication contraire, tous les montants sont exprimés en dollars canadiens.
2. Johannes Van Biesebroeck, « The Canadian Automotive Market », 20 mai 2006.
3. Pour une description de ce modèle, voir T.W. Hertel, Global Trade Analysis: Modeling and Applications, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.
4. Voir MAECI, Le Canada et la Corée - Négociations en vue d'un accord de libre-échange.
5. Par exemple, depuis juillet 2005, la Corée a conclu des accords avec Singapour, l’Association européenne de libre-échange (AELE) et l’ Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE). Elle a terminé les négociations avec les États-Unis, et des négociations sont en cours, entre autres, avec l’Union européenne. Pour sa part, le Canada négocie actuellement des accords de libre-échange avec le Groupe des quatre de l'Amérique Centrale, l'Association européenne de libre-échange (AELE) et Singapour, et il explore la possibilité de tels accords avec les pays de la Communauté andine, CARICOM, et la République dominicaine.
6. La version comparative statique du modèle Linkage a généré des gains de revenu pour les pays industrialisés dans un régime de libéralisation des échanges qui étaient un tiers plus élevés en se basant sur les élasticités du modèle Linkage comparativement à celles de la base de données 6.0 du GTAP. Voir Dominique van der Mensbrugghe, « Estimating the Benefits of Trade Reform: Why Numbers Change », chapitre 4 de Trade, Doha, And Development: A Window into the Issues (Banque mondiale), p. 71.
7. On dit parfois que cela reflète un horizon temporel à moyen terme pour lequel l’offre de main-d’œuvre est relativement statique.
8. Cette règle de bouclage selon laquelle le rendement du capital est fixe est quelquefois décrite comme illustrant des conditions de croissance « stable » à plus long terme. Pour voir un exemple de ce qui se produit quand on fixe le rendement des capitaux et qu’on laisse l’investissement s’ajuster, voir John P. Gilbert, « GTAP Model Analysis: Simulating the Effect of a Korea-US FTA Using Computable General Equilibrium Techniques ». En utilisant ce bouclage au lieu du bouclage standard, M. Gilbert mentionne des gains nets de bien-être économique 2,7 fois plus importants pour la Corée et 2,4 fois plus importants pour les États-Unis. Pour obtenir un exemple de l’utilisation de la règle de bouclage de la main-d’œuvre faisant intervenir des salaires fixes, voir Joseph F. Francois et Laura M. Baughman, « Commerce Canada–États-Unis et production et emploi dans les États américains», dans John M. Curtis et Dan Ciuriak (éditeurs), Les recherches en politique commerciale 2004, Ottawa, MAECI, 2004.
9. Pour une analyse de l’élasticité de l’offre de main-d’œuvre, voir John C. Ham et Kevin Reilly, Using Micro Data to Estimate the Intertemporal Substitution Elasticity for Labor Supply in an Implicit Contract Model, juin 2006.. Dans cette étude, on constate des élasticités de l’offre de main-d’œuvre intertemporelle statistiquement significatives de 0,9 en utilisant les données du Panel Study of Income Dynamics (PSID), et de 1,0 en utilisant les données du CES (Consumer Expenditure Survey).
10. Il s’agit d’un résultat bien établi avec le modèle GTAP. Voir Joseph F. Francois, Bradley J. McDonald et H?kan Norström, « Liberalization and Capital Accumulation in the GTAP Model », GTAP Technical Paper No. 7, juillet 1996.
11. Voir Gilbert, op. cit., pour obtenir une comparaison de l’incidence de l’utilisation des bouclages macroéconomiques alternatifs dans le contexte de la modélisation de l’ALE entre les États-Unis et la Corée. Dans les simulations faisant intervenir un compte courant fixe, les gains de bien-être économique sont considérablement réduits pour la Corée (au 3/5 du niveau de la simulation basée sur un compte courant flexible) et de façon négligeable pour les États-Unis (de 5 %).
12. La méthode utilisée pour mettre à jour les données sur la protection est celle mise au point pour la Banque mondiale. Pour en obtenir la description, voir : Dominique van der Mensbrugghe, « Estimating the Benefits of Trade Reform: Why Numbers Change », dans le document de la Banque mondiale Trade, Doha, And Development: A Window Into The Issues, p. 61.
13.Fond Monetaire International, World Economic Outlook, septembre 2006
14.Global Insight, Quarterly Review and Outlook: Asia-Pacific, premier trimestre 2006
15. Les statistiques commerciales recueillies par un pays sont souvent très différentes des statistiques mesurant les mêmes courants d’échanges par son partenaire commercial. Dans le cas des échanges Canada-Corée, un exercice de rapprochement des données commerciales de 2001 et de 2002 a montré que le déficit bilatéral du Canada et l’excédent bilatéral de la Corée étaient tous les deux surévalués. La principale source d’erreurs dans les données est la déclaration insuffisante des exportations en raison de la non-présentation des documents d’exportation et des échanges indirects (p. ex. les expéditions canadiennes aux États-Unis qui sont ensuite envoyées en Corée peuvent être déclarées comme des exportations aux États-Unis dans les statistiques canadiennes, surévaluant les échanges Canada-États-Unis et sous-évaluant les échanges Canada-Corée). Comme l’explique Statistique Canada dans son commentaire sur l’exercice de rapprochement, « Les bureaux de douane accordent généralement plus d'attention aux biens qui entrent au pays qu'à ceux qui sont expédiés à l'étranger, étant donné les exigences d'évaluation tarifaire et d'application des accords commerciaux. Ainsi, les données sur les importations sont habituellement plus fiables que celles sur les exportations. » Par conséquent, dans le cas de données non rapprochées comme celles de 2005, la mesure la plus précise de la balance fait intervenir les données importations-importations. Pour une analyse plus complète, voir Sandra Bohatyretz, « Le tigre par la queue? Les échanges commerciaux entre le Canada et la Corée du Sud », dans Revue canadienne du commerce, catalogue de Statistique Canada : 65-507-MIE, 2004.