Lettre ouverte aux Canadiens sur le Partenariat transpacifique de l’honorable Chrystia Freeland, ministre du Commerce international

Le 25 janvier, 2016

Depuis ma nomination à titre de ministre du Commerce international du Canada il y a deux mois, je m’emploie à parler aux Canadiens sur notre participation potentielle au Partenariat transpacifique (PTP). Maintenant que j’ai assisté à de nombreuses assemblées publiques, participé à plus de 70 réunions et tables rondes et récolté les commentaires de milliers de Canadiens qui m’ont écrit, je me rends compte que, pour plusieurs, le PTP représente de belles opportunités, mais qu’il est aussi source d’inquiétudes pour d’autres.

Bon nombre de Canadiens ne savent trop quoi en penser et beaucoup d’autres se posent des questions. C’est pourquoi nos consultations avec les provinces, les élus municipaux, les étudiants, les dirigeants syndicaux, les syndiqués, les représentants d’entreprises, les universitaires et les autres intervenants ne constituent que les premières étapes du processus d’examen nécessaire pour bien comprendre les retombées du PTP.

Étant donné la reprise des travaux du Parlement cette semaine, je collaborerai avec mes collègues de tous les partis pour qu’ait lieu un débat ouvert qui fera le tour de la question, un engagement que nous avons pris lors des élections en octobre. J’ai de plus écrit aux leaders du gouvernement et de l’opposition à la Chambre ainsi qu’à la présidente du Comité sénatorial permanent des Affaires étrangères et du commerce international afin de leur faire part que je crois fermement en la pertinence d’un examen transparent et rigoureux du PTP. L’examen ferait appel, notamment, à une analyse et à des témoignages non partisans représentant toutes les régions, tous les secteurs et tous les horizons. Mais avant tout, le débat sera entièrement public.

Si le Parlement veut évaluer tout le bien‑fondé du PTP et si on veut poursuivre les consultations, le Canada doit demeurer à la table avec les autres pays. Autrement dit, lorsque les onze autres pays se réuniront pour signer l’entente la semaine prochaine, le Canada doit être de la partie. Si le Canada n’y est pas, nous montrons que nous nous retirons du PTP, avant même que les Canadiens aient pu débattre amplement de ses effets. 

Comme il est trop tôt pour entériner le PTP, il est également trop tôt pour lui fermer la porte.

Signer, ne signifie pas ratifier. Seul un vote majoritaire de notre Parlement peut entraîner l’entrée en vigueur de l’entente. La signature n’est qu’une formalité dans le processus : c’est le moyen de soumettre le texte du PTP à l’examen du Parlement et de débattre avant qu’une décision ultime soit prise. Tous les autres pays feront de même, et chacun a deux ans pour déterminer s’il le ratifie ou non. De plus, il est important de savoir que la signature de la semaine prochaine assure le statut du Canada comme partenaire à part entière de l’entente avec tous les droits et pouvoirs qui s’y rattachent.

Tout au long du processus, le gouvernement conserve le même principe directeur : l’amélioration de la situation commerciale du Canada fait partie des solutions pour enrichir la classe moyenne et favoriser des emplois à salaire élevé. Le Canada est une nation commerçante. Comme l’a clairement fait savoir notre gouvernement, nous voulons créer des débouchés économiques pour tous les Canadiens, et c’est exactement ce que permettent les échanges avec nos partenaires de l’Asie‑Pacifique.

Ce sont des objectifs que nous avons en commun, j’en suis persuadée, et je suis impatiente de poursuivre notre dialogue sur le chemin de la prospérité pour tous les Canadiens.

 

L’honorable Chrystia Freeland, c.p., députée