Le Canada, candidat au conseil de sécurité de l’ONU (CSNU) 2021-2022

Le Canada parle haut et fort sur la scène internationale, et il s’engage à respecter le principe selon lequel nous sommes tous plus forts lorsque nous travaillons ensemble. C'est pourquoi le Canada présente sa candidature pour siéger au Conseil de sécurité de l'ONU. Ensemble, de vrais changements sont possibles.

« Les défis d’aujourd’hui ne connaissent pas de frontière. Le Canada s’engage à travailler avec ses partenaires à travers le monde pour bâtir un avenir meilleur pour tous, qu’il soit question de créer des économies qui profitent au plus grand nombre, de lutter contre les changements climatiques, ou encore de bâtir un monde plus sûr et plus pacifique. Voilà les progrès que nous pouvons réaliser en travaillant ensemble. »

Le très hon. Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada rassemble le monde

Ensemble, nous pouvons aider le Conseil de sécurité de l’ONU à mieux fonctionner pour le plus grand bien de tous et de toutes.

  • En juin 2019, le Canada a accueilli à Vancouver la conférence Women Deliver, la plus grande conférence internationale portant sur l’égalité des genres, la santé, les droits et le bien-être des filles et des femmes. La conférence a réuni plus de 9 000 participants venus de 165 pays.
  • En 2018, le Canada a organisé, en collaboration avec le Kenya et le Japon, la première édition de la Conférence mondiale sur l’économie bleue durable à Nairobi. Plus de 17 000 délégués y ont assisté.
  • La présidence canadienne du G7 en 2018 a mené à des résultats concrets : l’affectation de 3,8 milliards de dollars pour aider à offrir une éducation de qualité aux femmes et aux filles; la création du Conseil consultatif sur l’égalité des sexes; le lancement d’une initiative d’envergure pour débarrasser les océans du monde des détritus marins et de la pollution par le plastique; un effort sans précédent pour tendre la main aux petits États insulaires en développement; la tenue de la toute première réunion conjointe des ministres des Finances et du Développement du G7; la création du Réseau de leadership d’investisseurs formé des principaux investisseurs institutionnels de la planète.
  • En 2017, le Canada a organisé la Conférence des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies. Les délégués de plus de 80 pays et organisations internationales ont alors annoncé l’octroi de nouveaux fonds et ont discuté des moyens à prendre pour rendre les opérations de maintien de la paix de l’ONU plus efficaces.
  • En 2016, le Canada a accueilli la cinquième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à Montréal. Grâce au leadership du Canada, plus de 12 milliards de dollars américains ont été recueillis auprès de donateurs du monde entier pour poursuivre la lutte contre les épidémies. Ce montant comprend la contribution de 804 millions de dollars du Canada, soit une hausse de 23 % par rapport à sa contribution antérieure. En tout, le Canada s’est engagé à verser plus de 2,9 milliards de dollars au Fonds mondial depuis sa creation.

Lorsque l’élection au Conseil de sécurité de l’ONU aura lieu en 2020, plus de 20 ans se seront écoulés depuis la fin du dernier mandat du Canada. Bien des choses ont changé depuis 1999. Le monde n’a jamais été aussi interconnecté. Les possibilités sont immenses et, le plus souvent, les défis sont systémiques et reliés entre eux. Aucun État, peu importe sa taille ou sa puissance, ne peut réussir en agissant seul. Nous devons tous travailler ensemble.

Une Organisation des Nations Unies vigoureuse est dans l’intérêt de tous, tout comme l’est un Conseil de sécurité de l’ONU efficace, capable de s’adapter aux défis du XXIe siècle et de les relever. Le Canada veut aider à façonner des solutions avant-gardistes aux problèmes les plus difficiles de la planète. Il veut mettre à profit son expérience diversifiée et sans pareille pour formuler des solutions véritablement mondiales. Nous espérons contribuer à un nouveau multilatéralisme qui favorise une répartition plus large, plus égale et plus équitable des ressources; un multilatéralisme dans le cadre duquel les engagements pris sont respectés et mis en oeuvre et dont les résultats bénéficient à la population.

Notre ambition est de siéger à un Conseil de sécurité de l’ONU qui servira les intérêts des États membres. Nous voulons que le Conseil fonctionne mieux. En tant que Canadiens, nous avons beaucoup à offrir pour atteindre ce but. Si le Canada est élu au Conseil de sécurité, vous pourrez compter sur nous pour défendre ce qui est important, faire preuve de clarté et de cohérence et mettre l’accent sur la création de liens plutôt que de divisions. Nous serons inlassables dans notre diplomatie, sincères dans nos partenariats et novateurs dans nos approches. Voilà notre engagement.

Soutenir la paix, ensemble

Ensemble, nous pouvons consolider et maintenir la paix pour les collectivités que nous servons.

À titre de membre du Conseil de sécurité de l’ONU, le Canada :

  • liera explicitement les travaux du Conseil de sécurité au Programme à l’horizon 2030 et intégrera activement et de façon novatrice les Objectifs de développement durable (ODD) aux travaux du Conseil;
  • encouragera vigoureusement une collaboration plus étroite entre le Conseil de sécurité, l’Union africaine et d’autres organisations régionales;
  • continuera de mettre davantage l’accent sur la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

4 000 agents de police canadiens ont participé à plus de 66 opérations de paix depuis 1989.

Plus de 125 000 Canadiens ont servi à l’étranger pour appuyer les missions de maintien de la paix de l’ONU. Notre contribution et notre engagement en faveur du maintien et de la consolidation de la paix se manifestent aussi dans les rôles de leadership que nous avons joués à l’ONU en tant que président du groupe de travail plénier du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (C34) depuis 1965; en tant que membre de longue date de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU, notamment en qualité de président de la Formation Sierra Leone, et par notre participation à des efforts récents tells que l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix, l’adoption des Principes de Vancouver sur le maintien de la paix et la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats et le recours novateur aux engagements conjoints. Ces efforts visent à accroître l’efficacité du maintien de la paix grâce à de meilleurs rapports avec les organisations régionales, une priorité accrue donnée à la protection des civils et des liens étroits avec les solutions politiques, la consolidation de la paix et le développement.

Lutter ensemble contre les changements climatiques

Ensemble, nous pouvons répondre aux graves risques que les changements climatiques représentent pour la sécurité.

À titre de membre du Conseil de sécurité de l’ONU, le Canada :

  • soulignera avec constance que les changements climatiques sont un enjeu fondamental qui influe sur la paix et la sécurité mondiales et intégrera la réduction des risques de catastrophe et le renforcement de la résilience dans les stratégies de prévention des conflits;
  • reconnaîtra la nécessité d’intégrer les changements climatiques aux délibérations régulières du Conseil de sécurité étant donné qu’ils constituent une menace pour l’existence des pays vulnérables comme les petits États insulaires en développement;
  • militera en faveur de la création du poste de représentant spécial du secrétaire général pour la sécurité climatique.

Le Canada investit 2,65 milliards de dollars pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques.

« Les pays en développement ne devraient pas être pénalisés pour un problème qu’ils n’ont pas créé et ne devraient pas être privés des occasions de croissance proper dont les autres pays cherchent maintenant à profiter. »

Le premier ministre Justin Trudeau lors de la cérémonie de signature de l’Accord de Paris

Les changements climatiques constituent l’enjeu majeur de notre époque. C’est un enjeu environnemental et économique, et l’un des plus grands défis de sécurité du XXIe siècle, qui menace la vie et les moyens de subsistance de citoyens partout dans le monde. Deux cents millions de personnes risquent d’être déplacées à cause des changements climatiques d’ici 2050, à mesure que la hausse du niveau de la mer menacera les collectivités côtières. En outre, les sécheresses menacent l’agriculture et les tempêtes détruisent les infrastructures de base. L’argumentaire humanitaire est sans équivoque : ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont le plus durement touchés par les changements climatiques – ils sont déplacés en raison de l’élévation du niveau de la mer, sont affamés à cause de récoltes insuffisantes et deviennent plus vulnérables aux maladies et aux catastrophes d’origine météorologique. Le Conseil de sécurité doit faire preuve de leadership et prendre conscience de l’urgence et de la nécessité de passer à l’action.

Promouvoir la sécurité économique, ensemble

Ensemble, nous pouvons concrétiser le potentiel de l’investissement afin de favoriser un monde plus inclusif, plus durable et plus pacifique.

Le Canada fournit une aide internationale de plus de 5 milliards de dollars par année pour aider les États à atteindre les ODD.

À titre de membre du Conseil de sécurité de l’ONU, le Canada :

  • attirera l’attention sur les liens vitaux entre la croissance économique durable et inclusive, la création d’emplois, la prévention des conflits et la paix et la sécurité;
  • renforcera les liens entre le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social et la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies;
  • encouragera l’examen actif de questions inexplorées en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, notamment l’intelligence artificielle et les risques et possibilités liés au numérique.

Le Canada fournit une aide internationale de plus de 5 milliards de dollars par année pour aider les États à atteindre les ODD.

Stimuler la prospérité et favoriser l’égalité des chances en investissant dans les personnes et dans les pays est essentiel afin de maintenir la paix et la sécurité internationales. Dans cet esprit, le Canada est un chef de file en cherchant à faire converger les capitaux publics et privés avec les ODD et à trouver des moyens novateurs d’accroître l’investissement dans les pays en développement, y compris dans les infrastructures. Le Canada fournit aussi chaque année plus de cinq milliards de dollars en aide internationale partout dans le monde pour appuyer les États qui s’efforcent de mettre en oeuvre leurs plans nationaux respectifs axés sur la réalisation des ODD et faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte. Le Canada veille à ce qu’au moins 50 % de son aide bilatérale au développement international soit destiné aux pays d’Afrique subsaharienne. Au sein du Conseil de sécurité, le Canada continuera d’abattre les cloisons entre la sécurité et le développement, entre les gouvernements et le secteur privé, entre le Nord et le Sud et entre les partenaires traditionnels et non traditionnels.

Faire progresser l’égalité des genres, ensemble

Ensemble, nous pouvons éradiquer l’inégalité entre les genres.

À titre de membre du Conseil de sécurité, le Canada :

  • cherchera à accroître la participation significative des femmes aux négociations de paix, aux processus de médiation et de prévention, aux opérations de maintien de la paix et aux missions politiques spéciales;
  • encouragera et exigera la reddition de comptes en ce qui concerne la violence sexuelle dans les conflits;
  • encouragera l’inclusion d’une diversité de points de vue dans le programme d’action du Conseil de sécurité.

Engagement sur 10 ans d’augmenter le financement pour améliorer la santé des femmes et des filles partout dans le monde, jusqu’à un montant pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars par année.

Malgré des gains importants, l’inégalité entre les hommes et les femmes est encore omniprésente et compte parmi les causes premières de nombreux conflits. L’impunité, notamment pour les actes de violence sexuelle et fondée sur le genre, demeure une caractéristique courante et inacceptable des conflits. La Politique d’aide internationale féministe du Canada accorde la priorité aux droits des femmes et à l’égalité des genres dans tous nos efforts d’aide internationale. Nous savons que le renforcement du pouvoir des femmes et des filles favorise la paix et la prospérité au sein des familles et des États. C’est pourquoi nous croyons en la nécessité de donner suite à la promesse faite dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, adoptée il y a 20 ans, moment où le Canada a siégé pour la dernière fois au Conseil de sécurité. Nous continuerons de compter parmi les principaux promoteurs de la participation significative d’un nombre accru de femmes aux opérations de paix, notamment par l’entremise de l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix et de la Stratégie sur la parité entre les sexes mise en avant par le Secrétaire général de l’ONU.

Renforcer le multilatéralisme, ensemble

Ensemble, nous pouvons revitaliser nos institutions communes.

À titre de membre du Conseil de sécurité, le Canada :

  • encouragera une meilleure communication et des interactions plus fréquentes entre l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité;
  • intensifiera ses efforts pour promouvoir la cohésion entre les membres élus du Conseil de sécurité;
  • favorisera la transparence du Conseil de sécurité et l’amélioration de ses méthodes de travail;
  • fournira des rapports réguliers aux groupes régionaux et entretiendra un dialogue continu avec eux tout au long de son mandat;
  • travaillera pour améliorer la mise en oeuvre des résolutions du Conseil de sécurité;
  • collaborera avec les autres membres élus du Conseil de sécurité pour garantir le recours à l’analyse de données appropriées et ainsi améliorer le processus décisionnel et metre davantage l’accent sur les résultats.

À l’heure actuelle, le Canada occupe le 9e rang des contributeurs au budget de l’ONU consacré au maintien de la paix; il occupe le 6e rang des donateurs au Fonds de consolidation de la paix de l’ONU, et le 8e rang pour les contributions aux fonds, aux programmes et aux organismes de l’ONU.

Au cours des quelque 75 dernières années, le multilatéralisme a incontestablement produit des gains impressionnants. Cependant, ceux-ci n’ont pas été répartis uniformément, et les règles n’ont pas été appliquées de façon égale. Mettre en oeuvre les engagements et traduire les décisions en gains concrets pour les personnes sur le terrain demeurent un défi permanent. Le Programme 2030, l’Accord de Paris et le Programme d’action d’Addis-Abeba ont ajouté de nouveaux cadres intégrés pour le régime multilatéral. Les changements climatiques, la cybersécurité et les inégalités présentent pour leur part de nouveaux risques systémiques qui nécessitent des solutions multilatérales et axées sur la participation de multiples intervenants.

Plus de 70 ans après leur création, nos institutions multilatérales doivent s’adapter afin de pouvoir servir tous les pays. À mesure que surgissent de nouveaux défis, qui sont souvent de nature plus systémique, le multilatéralisme doit évoluer pour répondre aux besoins et produire des résultats. En tant que puissance moyenne voisine d’une superpuissance, le Canada comprend l’importance de l’ordre international fondé sur des règles – un ordre dans le cadre duquel la force ne légitime pas tout et dans le cadre duquel les pays plus puissants doivent adhérer à des normes respectées, reconnues et appliquées à l’échelle internationale dans leurs rapports avec les pays plus petits. L’idée selon laquelle nous sommes plus forts en raison de nos différences, et non en dépit de celles-ci, est le fondement même sur lequel le Canada s’est bâti. Elle est aussi au coeur de notre façon d’envisager le travail que nous accomplissons aux Nations Unies. Cela signifie que nous devons réellement faire prevue d’écoute et comprendre que les effets et les décisions peuvent varier d’une partie de la planète à une autre. Pour que le multilatéralisme fonctionne, il faut en accroître l’efficience et l’équité et le rendre plus inclusif. Ceci inclut de continuer de promouvoir la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU de manière à en accroître l’efficacité, la responsabilisation, la transparence et la représentation.

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