Albanie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Les Albanais sont des gens chaleureux, qui aiment que leurs interlocuteurs le soient aussi. Pour faire une bonne impression, vous devez sourire, avoir un visage heureux (dans les situations qui conviennent), serrer la main avec fermeté et remercier votre interlocuteur d'avoir bien voulu vous rencontrer et discuter avec vous. En plus, il est important d'avoir une bonne apparence, en portant par exemple des vêtements de bon goût, de style européen, et avoir les cheveux bien coupés. Il est utile d'apprendre au moins quelques mots d'albanais. Une discussion pourrait comprendre les termes suivants :

BonjourMirë-mëngjes.
Allo, SalutMirëdita.
BonsoirMirë-mbrëma.
Content de vous voirMirë se iu gjej.
Comment allez-vous?Si po ia kaloni?
Comment allez-vous?Si jeni?
BienMirë.
Je suis heureux de vous rencontrerJam i kënaqur që iu takova.
MerciFaleminderit.
Au revoirMirë u pafshim.
Je vous souhaite une bonne journéeDitën e mirë.

Dans une situation où vous rencontrez une famille, rappelez-vous que la morale albanaise est fondée sur les valeurs familiales, le patrimoine, l'éducation des enfants, le soin des aînés et l'amitié. Ainsi, soyez ouverts et parlez librement de ces valeurs, de votre expérience dans ces domaines et des problèmes que rencontrent les gens au quotidien pour une meilleure vie familiale. Vous pouvez parler de vos origines et de votre cuisine, de votre vie, de votre famille, du respect que vous avez pour vos parents et de votre enfance.
Évitez d'aborder les relations personnelles avec une fille ou un garçon que vous appellerez votre copine/copine; vous perdrez de la valeur aux yeux des Albanais et votre amitié avec eux se tarira rapidement. La raison en est que la morale albanaise est fondée sur les valeurs familiales selon lesquelles parents et enfants ont de l'affection les uns envers les autres. Un Albanais ne peut pas dire à un autre qu'il a une longue ou courte histoire de contacts amoureux; cela est particulièrement important chez les femmes qui risquent de s'attirer honte et déshonneur.
Les affaires ne doivent pas être abordées en milieu familial albanais, parce qu'elles n'y ont pas leur place. Vous pouvez parler de la beauté, de la nature, de jardinage, de livres, de films, de musique, d'artistes, de spécialités culinaires, de professionnels ou d'historiens que vous connaissez et de la persévérance mise à réussir de gens que vous aimez.
Selon la situation, vous pouvez utiliser l'humour et parler de choses amusantes tirées de votre expérience. Les Albanais aiment être amusés, sourire et rire. Vous serez très apprécié en montrant le respect qui convient aux aînés, aux femmes, aux enfants et aux hommes.
Dans toutes les situations susmentionnées, évitez le langage grossier ou obscène.

Point de vue canadien :

La famille, le travail et le lieu d'origine des personnes sont de bons sujets de conversation. Plusieurs ont des parents et autres membres de la famille qui résident dans des régions rurales ou de petits villages. Les Albanais se feront un plaisir de décrire les caractéristiques traditionnelles de ces villages et régions dont ils sont fiers, qu'il s'agisse de spécialités culinaires locales, de traditions d'artisanat ou de la beauté des résidents. Les Albanais aiment aussi parler des différentes parties du pays et des sites à visiter. À noter que le raki, une boisson alcoolisée faite à partir de raisins, de pruneaux ou de mûres blanches, est également une source de grande fierté.

Il existe un bon nombre de journaux internationaux et d'événements régionaux en Albanie. Les citoyens sont généralement bien informés au plan politique. Toutefois, plusieurs ont été affectés directement et indirectement par des conflits régionaux au cours des dernières années. Aborder des sujets concernant les politiques fédérales et les Balkans ainsi que les relations avec les États voisins pourraient les mettre mal à l'aise.

En ce qui concerne les questions de santé et de développement, les Albanais sont conscients de leur pauvreté économique par comparaison avec l'Europe. Il est donc possible de les offenser lorsqu'on fait des comparaisons ou qu'on cite des expériences antérieures dans des pays d'Europe ou autres.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Lorsque vous parlez à un Albanais, la distance acceptable est similaire à celle en Amérique du nord, et éviter le toucher. Garder le contact visuel, mais sans fixer du regard avec insistance. Votre ton de voix doit être clair, normal et dirigé vers l'interlocuteur. Soyez prudent lorsque vous vous adressez à des étrangers et gardez une distance sécuritaire. Vous pouvez voir des gens utiliser aussi un langage corporel et faire beaucoup de gestes des mains. En général, les gestes et les expressions faciales doivent être normaux et non tendues.
Lorsque vous parlez à quelqu'un, essayez de comprendre ou de vous rappeler votre situation, pourquoi vous êtes là, qui il est, quelles valeurs vous échangez, de quoi vous parlez, quel genre de personne est votre interlocuteur, et de la nécessité d'établir une amitié ou des rapports de confiance dans le futur.

Point de vue canadien :

L'espace personnel est généralement le même qu'au Canada. Certaines caractéristiques et maniérismes ressemblent à ceux des Grecs, plus particulièrement dans les régions rurales; par exemple, un hochement de tête signifie « non » et bouger la tête de gauche à droite signifie « oui ». Entre hommes et femmes et entre femmes on se salue et se quitte en s'embrassant sur la joue. Serrer la main est également accepté comme forme de salutation. Faire l'effort de parler l'albanais est très apprécié. Un ton de voix ferme et la franchise sont courants. La voix et l'expression des émotions dans une conversation courante sont souvent beaucoup plus bruyantes qu'au Canada.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Parler fort en public, laisser libre court à la colère ou la manifestation bruyante de ses émotions ne sont pas acceptables. En public, vous pouvez donner des poignées de mains, saluer de la tête ou d’un signe de la main ou même donner une accolade à une personne que l’on connaît bien.

Point de vue canadien :

Les démonstrations d'affection en public sont rares, mais les jeunes générations commencent à secouer les normes. Il est habituel, après un repas qui souvent réunit des gens de tous âges, de chanter, danser et boire. Dans la plupart des cas, il est acceptable au plan culturel et social d'exprimer de fortes émotions auprès de personnes qui vous sont familières, mais pas en présence de gens que l'on ne connaît pas.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Les Albanais aiment bien s'habiller et suivent la mode contemporaine. Dans les bureaux, les gens portent des vêtements, des tenues, des ensembles complet-veston ou des uniformes. Il est courant également de voir dans les rues des gens bien habillés. Cependant, après le travail et dans vos loisirs vous pouvez porter des vêtements sports.
Vous pouvez vous adresser à vos collègues de façon informelle, mais avec respect, en utilisant leur prénom. Vous devez vous adresser à vos supérieurs et aux personnes autres que vos collègues d'une manière formelle en les appelant M. (Zoti), Mme (Zonja), Professeur ou Dr suivi du prénom.
Dans toutes les situations et pour garder votre prestige et votre autorité, vous devez être ponctuel, ne jamais vous absenter et prêt à respecter les délais. Vous devez vous montrer productif quant aux tâches qui vous sont assignées et une source de valeurs ajoutées au sein de l'organisme.

Point de vue canadien :

À Tirana, l'habillement en milieu de travail varie des vêtements sport au complet et cravate. Dans les postes de gestion, les hommes portent le costume et la cravate. La majorité des Albanais urbains sont fiers de leur apparence et s'habillent au mieux de leurs moyens. Les vêtements de mode italienne sont populaires, peut-être à cause de la proximité de l'Italie et de sa culture populaire. Cela se voit chez les jeunes femmes qui font des efforts considérables pour soigner leur apparence.

Comme les rues ne sont pas pavées et souvent sales et boueuses, il est recommandé de porter des chaussures de marche et de n'utiliser ses chaussures de ville qu'au travail. L'hiver, les bureaux peuvent être très froids selon le type de chauffage utilisé et la disponibilité de l'électricité. Durant les mois plus chauds, les lieux de travail deviennent une véritable fournaise au fur et à mesure que la journée avance. Dans les deux cas, il est conseillé de prévoir un jeu de vêtements adéquats pour faire face à ces conditions climatiques. Lorsqu'on s'adresse pour la première fois à des homologues d'autres organisations ou à des collègues, la norme est de les appeler Monsieur ou Madame. Une fois qu'un rapport a été établi, il est acceptable de se montrer moins formel et utiliser les prénoms. Le personnel de soutien s'adresse en général aux supérieurs et aux expatriés de façon plus formelle. La ponctualité et la fiabilité ne sont pas toujours au rendez-vous. Les délais sont habituellement établis avec beaucoup de souplesse et dans l'espoir qu'ils seront observés. La plupart des professionnels ont des téléphones cellulaires et il est jugé poli d'appeler à l'avance pour avertir d'un changement d'horaire ou de date d'un rendez-vous. Les expatriés sont fréquemment irrités par l'incapacité des gens à respecter les délais et à mettre en œuvre les initiatives.

Selon mon expérience, les expatriés tendent à travailler de longues heures principalement en raison du volume du travail et pour s'occuper. En général, les employés albanais font une semaine de travail normale. Les expatriés et les Albanais trouvent parfois frustrant que les employés albanais ne soient pas ponctuels et prennent de fréquentes pauses-café et cigarette, sans mentionner de longues heures de déjeuner. Souvent, de longues réunions qui tournent à l'activité sociale se tiennent dans des cafés ou restaurants.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les études, l'expérience, le leadership, l'ouverture aux nouvelles idées, la capacité de travailler fort et en équipe, la compassion, l'aide et les félicitations adressées aux collègues et aux supérieurs sont des facteurs très recherchés. Les gens aiment traiter avec des personnes instruites, expérimentées, professionnelles et respectueuses. Un superviseur démodé à la vision étroite peut décevoir ses subordonnés. Si les employés avec lesquels vous travaillez vous sourient, aiment travailler et coopérer avec vous ou apprécient votre travail, cela signifie qu'ils vous voient de façon positive. En règle générale, les employés avec qui vous travaillez ne se mêlent pas de votre travail et ne vous surveillent pas de près. Ils vous considèreront comme quelqu'un qui est venu en Albanie travailler avec des Albanais et leur transmettre le savoir-faire ou l'expérience qu'ils n'ont pas.

Point de vue canadien :

L'éducation, l'expérience (c'est-à-dire l'âge) et un solide esprit de décision pèsent beaucoup pour gagner le respect des gens. Après les premières impressions, il est important pour un expatrié de montrer que sa présence et son opinion des employés locaux sont essentiels à la réussite du travail à faire.
Un gestionnaire ou superviseur peuvent probablement trouver au moins une personne parmi le personnel albanais qui pourra commenter leur façon de travailler. J'ai souvent constaté que les employés locaux n'aimaient pas critiquer ouvertement le rendement d'un expatrié. Une coopération prompte et assidue est une indication que le gestionnaire et son rôle sont acceptés. Lorsque le personnel ne répond pas de façon adéquate, cela peut vouloir dire que les tâches n'ont pas été comprises et que des explications supplémentaires sont nécessaires.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

En général, les décisions en milieu de travail sont prises par le responsable, le gestionnaire ou le superviseur en consultation étroite avec le conseil de l'organisme. Dans le cas de schéma de travail bien établi, par exemple dans une organisation de l'État, les gestionnaires sont chargés de faire fonctionner le schéma et de produire les résultats escomptés. Dans le secteur privé, qui est en période de consolidation, les décisions sont prises par les propriétaires en fonction des exigences et des conditions du marché. Vous pouvez consulter votre superviseur immédiat pour lui parler d'affaires, poser des questions ou obtenir une rétroaction.

Point de vue canadien :

En Albanie, les cadres supérieurs prennent les décisions principales. Les employés assistent à des réunions ouvertes, mais leur influence est très petite. L'échange d'idées et les séances de remue-méninges ne sont pas très répandus, sauf dans certaines nouvelles initiatives locales, lancées localement et de type pilote dans des domaines tels que la presse et la radio alternative, les arts créatifs, les organismes non gouvernementaux, etc.
Les Albanais suivent la chaîne de commandement dans toute les structures organisationnelles. Le supérieur immédiat est censé répondre à toutes les questions et donner une information en retour. Il est acceptable que les employés consultent d'abord leurs superviseurs immédiats et ils ne doivent pas les court-circuiter.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Sexe : Les Albanais considèrent les femmes et les hommes comme des égaux. Il est courant de voir des hommes et des femmes dans tous les milieux de travail, mais les professions difficiles sont réservées aux hommes. Les hommes sont les chefs de famille et les femmes s’efforcent de tenir la maison propre et accueillante, et les maris et femmes s’occupent ensemble et de très près leurs enfants.

Religion : En règle générale, les Albanais ne sont pas religieux, mais ils ne persécutent pas les personnes qui suivent une religion. La foi est une question personnelle et elle n’est pas enseignée dans les ménages. Il est courant de voir des mariages inter-religieux. La principale caractéristique de l’histoire de l’Albanie est la co-existence pacifique des différentes religions.

Les Albanais ne harcèlent pas les gens à cause de leur classe sociale, de leur origine ou de leur appartenance à un groupe ethnique. Les attitudes envers les sexes, la religion, la classe sociale et l’ethnicité n’ont pas d’influence en milieu de travail où la productivité, le travail en équipe et le respect sont les facteurs qui sous-tendent les efforts.

Point de vue canadien :

Sexe : À mon avis, la culture albanaise est patriarcale. Durant mon séjour, j'ai entendu plus d'une fois des commentaires sur ce que devait être le rôle de chaque sexe. À l'extérieur de Tirana, les femmes devaient typiquement s'occuper des enfants et du ménage et celles qui travaillaient devaient se contenter d'emplois tels que commises de magasin, infirmières ou enseignantes. La possibilité de parler l'anglais permet de travailler dans des organismes internationaux à diverses capacités, selon le niveau d'études. En milieu de travail, les Albanaises semblent déférentes envers les hommes. Les Albanais respectent leurs collègues quel que soit leur sexe. Dans la rue, les hommes albanais font souvent des commentaires aux femmes et les regardent passer. Au coucher du soleil, il est moins fréquent de voir des femmes dans la rue.

Religion : La religion n'a aucune influence en milieu de travail. Les collègues albanais sont ouverts aux croyances religieuses des expatriés.

Classe sociale : Il semble que la classe soit souvent déterminée par les origines familiales et le niveau d'études. Par exemple, une personne originaire d'une ville et éduquée en milieu urbain commande plus de respect et est considérée comme une personne à connaître, plutôt qu'une autre personne originaire d'une famille d'agriculteurs. Dans les villes, les différences de classe sont légèrement plus apparentes. L'économie albanaise étant en transition, les gens commencent à faire davantage de distinction de classe basée sur le revenu.

Ethnicité : Dans la plupart des cas, j'ai trouvé les Albanais ouverts et tolérants. Toutefois, j'ai découvert assez fréquemment qu'il existait des opinions préconçues sur les gens de couleur. Les Roms qui vivent en Albanie sont considérés comme des citoyens de classe inférieure. Il est important de se montrer prudent lorsqu'on traite de questions de développement de ne pas comparer l'Albanie avec d'autres pays. Plusieurs travailleurs en développement ont fait l'objet de critiques négatives quant à leur expérience dans le cadre de travaux menés avec des gens d'autres nationalités dans un milieu albanais. Durant mon séjour, j'ai vu des collègues non blancs sermonnés sur la façon dont ils pouvaient contribuer à un plus grand développement de l'Albanie. Plus d'une fois, alors que je travaillais avec des cadres supérieurs, j'ai dû réagir au commentaire formulé sans ambages qu'en tant que personne de couleur, je ne pouvais pas être considérée comme un « vrai » Canadien et que, par conséquent, je ne pouvais représenter le point de vue canadien.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

En ce qui a trait aux collègues, établir une relation personnelle ne va pas plus loin que les rapports officiels que les membres d’une équipe entretiennent pour effectuer une tâche ou assumer une fonction. En ce qui concerne les clients, les relations personnelles s’arrêtent aux relations d'affaires officielles, sans quoi les décisions pourraient être dictées par des désirs ou intérêts personnels.

Point de vue canadien :

Il est important d'utiliser les canaux adéquats pour établir les premiers contacts. La recommandation d'un cadre supérieur ou d'une personne respectée est un bon début. Habituellement, les clients et les partenaires s'invitent mutuellement à un repas d'affaires, après une première rencontre formelle. Cela peut faciliter les négociations. Des boissons alcoolisées et des collations sont offertes au début des réunions et fournissent un bon moyen d'établir des relations personnelles.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Dans tous les cas, votre partenaire doit voir en vous une personne de confiance, aux explications et finances claires et menée par de bonnes compétences en relations-clients. Si votre partenaire vous respecte, les choses vont bon train.
Il est évident que des relations personnelles exagérées peuvent donner lieu à une mauvaise interprétation des affaires ou des relations de travail, et mener par exemple à des demandes de traitement préférentiel, d'augmentation de la paie ou de recrutement d'amis ou de parents. Habituellement, de telles choses ne se produisent et il est rare de trouver en milieu de travail des membres d'une même famille; cela ne se voit que dans les petites entreprises ou dans les commerces privés familiaux. Même si de tels privilèges sont requis, ils ne sont accordés qu'aux décisionnaires. Un cas dans lequel ces privilèges seraient accordés serait celui dans lequel ils ne constitueraient pas des privilèges ou il serait opportun et nécessaire de les octroyer.

Point de vue canadien :

Il est fréquent que les locaux demandent de recruter des membres de leurs familles ou des amis. Dans certains cas, recruter une personne apparentée à un cadre supérieur dont on dépend permet d'acquérir un certain degré de respect, mais on risque de se priver d'un employé plus qualifié que la personne en question. Il est très important de vérifier les compétences que la personne apporte au milieu de travail. Pour éviter de tels cas, il est bon d'adopter au début une politique de ressources humaines et de supervision du processus de sélection pour pouvoir retenir les meilleurs employés. En tant qu'étranger, je conseillerai de mettre en place une politique d'emploi raisonnable et de ne pas pratiquer ce genre de favoritisme.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Vous pourrez voir qu'un collègue semble fâché contre vous à son comportement envers vous, par exemple s'il ne vous salue pas, évite de vous rencontrer, etc. Dans un tel cas, vous devez vous comporter en personne sensée, à l'esprit ouvert et sincère. Vous pouvez demander à votre collègue, d'abord en privé ou en présence d'un ami intime, d'une façon simple ou en plaisantant, ce qui ne va pas, quand et ou vous l'avez offensé. Vous pouvez aussi en parler à votre supérieur immédiat. Si vous savez ce qui s'est produit et pourquoi votre collègue est offensé, vous devez lui expliquer simplement et ouvertement votre position en ce qui concerne le travail. Si vous ne savez pas pourquoi, expliquez votre position et demandez de façon amicale quelle est la raison de la brouille.

Point de vue canadien :

Comment puis-je savoir si un collègue a quelque chose à me reprocher ou si mon comportement l'a offensé?
Affrontez toujours les gens directement, en privé et calmement. Les Albanais ont un sens élevé de la fierté et ils peuvent être facilement offensés. Une approche diplomatique et détendue est recommandée. J'ai constaté que les employés albanais n'adressaient pas directement de critique ou de plainte spécifique à un employé ou supérieur expatrié. Comme dans les milieux de travail canadiens, un collègue qui a un grief envers son supérieur prend souvent une attitude plus distante, se fait silencieux et travaille plus lentement.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les Albanais sont des gens déterminés qui veulent contribuer de façon importante à la réalisation d’un travail. Ils apprécient les lieux de travail qui utilisent leurs talents et leur permettent de produire au maximum. Ils aiment les organismes qui s’attendent à ce qu’ils fassent un bon travail, qui offrent de bonnes conditions de travail, qui les récompensent bien et qui ont les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Ils aiment se perfectionner, avoir un meilleur train de vie pour leur famille et leurs enfants et un environnement propre et sécuritaire. Les entreprises privées travaillent sept jours par semaine.

Point de vue canadien :

À l'instar du Canada, les facteurs de motivation les plus fréquents sont la possibilité d'avancement et la sécurité d'emploi. La possibilité de développement professionnel et d'avancement de carrière dans les organismes internationaux est extrêmement attirante et appréciée par la majorité des employés locaux. Dans certains cas, les Albanais s'en tiennent aux exigences minimums de leur emploi et sont plus réactifs que proactifs. Cela pourrait être dû à une éthique de travail différente que celle à laquelle nous sommes habitués en Amérique du Nord et non pas à un manque de volonté des personnes. De plus, les obstacles à l'accomplissement de ce qu'un Canadien pourrait faire dans une journée sont nombreux. Les pannes fréquentes d'électricité et une infrastructure physique peu élaborée font que plus de temps et d'énergie sont nécessaires pour obtenir des résultats suffisants.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Un nombre croissant d'œuvres littéraires sur l'Albanie font leur apparition sur le marché ou dans les bibliothèques. Un site de recherche facile serait www.amazon.com pour trouver, par exemple, des livres d'Edith Durham ou d'Ismail Kadare. D'autres peuvent être trouvés sur le site des œuvres de Robert Elsie à l'adresse www.elsie.de.
En outre, je recommanderai les ouvrages suivants :
John J. Wilkes, The Illyrians, Blackwell, Massachusetts, 1992. ISBN-0631146717

Edwin E. Jacques, The Albanians: An Ethnic History from Prehistoric Times to the Present, Éditeurs McFarland & Company Inc. Jefferson, Caroline du Nord, 1995. ISBN – 0899509320
Luigi Luca Cavalli Sforza, Genes, Peoples and Languages, North Point Press, New York, 2000. ISBN-0865475296
Margaret MacMillan, Paris 1919 (Six months that changed the world), Random House Trade Paperbacks, New York, 2002. ISBN-0375760520
Mathieu Aref, Albanie ou l'incroyable odyssée d'un peuple préhellénique, Paris, 2003. ISBN-29519921064

L'Albanie est un pays qui foisonne en sites archéologiques et du patrimoine. Pays méditerranéen, l'Albanie a une cuisine très riche et typique et on y trouve partout de superbes restaurants. L'Albanie possède tous les types de climat et de relief, ce qui fait qu'on en finit plus de la découvrir.
Un nombre croissant d'informations sur l'Albanie et les Albanais sont disponibles sur Internet, en albanais, en anglais et dans d'autres langues. À l'heure actuelle, le canal satellite de télévision albanais capté au Canada est RTV-21; d'autres canaux satellites de télévision devraient être disponibles ce printemps au Canada.

Point de vue canadien :

Plusieurs sites Web contiennent des renseignements concernant l'Albanie. Certaines grandes institutions albanaises telles que l'UNDP sont de bonnes sources de recherche initiale. L'un des plus grands écrivains albanais, Ismaïl Kadaré, a à son actif plusieurs ouvrages traduits en anglais. Il y a à Toronto une communauté albanaise substantielle qui peut vous familiariser directement avec la culture albanaise au Canada.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Sachez que les Albanais ont hérité de la langue la plus ancienne, pour laquelle ils se sont battus dans le passé, par tous les moyens, pour la préserver. De plus les Albanais ont hérité d'une très grande gamme de costumes folkloriques, de vêtements et de chants; chaque ville ou village a ses caractéristiques.
En Albanie, vous avez le choix entre différentes activités de divertissement telles que des concerts classiques ou modernes, ballets, opéras, théâtres, comédies, musées, sites archéologiques et émissions publiques. Vous avez également de nombreux canaux de télévision et de stations de radiodiffusion (principalement en bandes FM). Les quotidiens de plus fort tirage et indépendants sont Shekulli, Panorama, Gazeta Shqiptareet d'autres. On trouve aussi plusieurs magazines et périodiques, un nombre croissant de livres et autant de lecteurs. Vous pouvez consommer de délicieux café dans plusieurs restaurants-cafés dans vos temps libres et prendre part à des discussions amicales et accompagnées de plaisanteries.

Point de vue canadien :

Les cafés constituent un secteur d'activité intense à Tirana. On peut voir assis dans les patios, à toute heure de la journée, des locaux et des expatriés. Il n'est pas toujours facile d'établir des relations étroites avec une famille albanaise, parce qu'il reste encore cette crainte de soulever de la suspicion en entretenant des relations sociales avec des étrangers, avant la libéralisation du pays. Un bon moyen serait de prendre des cours d'albanais. Votre instructeur pourrait vous faire des recommandations et l'acquisition d'une connaissance même élémentaire de l'albanais peut aider considérablement les interactions quotidiennes avec les locaux.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Je citerai pour exemples, George Castriot Scanderbeg (Gjergj Kastrioti Skënderbeu), qui a donné son identité à l'Albanie, il y a 550 ans, et unifié les Albanais contre les envahisseurs ottomans, fait de l'Albanie un pays libre et empêché la perte de la civilisation européenne. Aussi, la Mère Térésa (Gonxhe Bojaxhiu), récemment béatifiée, figure mondiale et symbole de paix et de bonté accepté de tous.
Il y a une longue liste de héros albanais qui ont énormément contribué à l'indépendance poussés par une soif ardente de liberté, ainsi qu'à la période de renaissance, à l'enrichissement littéraire et à l'éclairement des esprits des futures générations d'Albanais. Les plus illustres que je nommerai sont : Ismail Qemali, les Frères Frashëri, Hasan Prishtina, Isa Boletini, Fan Noli, Faik Konica et Adem Jashari.
Il y a une autre liste d'Albanais de différentes origines sociales qui ont contribué à l'histoire du monde tels que d'anciens dignitaires et guerriers, des empereurs romains, des vizirs ottomans, des leaders au service d'autres Nations et d'autres qui ont fait des contributions au plan culturel; sans oublier le contemporain Dr Ferid Murad, prix Nobel de médecine en 1998, et des artistes et acteurs tels que les frères Belushi et Eliza Dushku.

Point de vue canadien :

Les Albanais considèrent Gjergj Kastriot Skanderbeg comme l'un de leurs grands héros guerriers du passé, pour ses exploits contre l'empire Ottoman. Une grande statue de Skanderbeg se trouve sur la place principale de Tirane.
4. Y a-t-il des événements historiques communs entre le pays hôte et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur le plan professionnel et social?

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Un événement historique, moins connu, que partagent le Canada et l'Albanie, est la Conférence pour la paix de 1919 à laquelle Sir Robert L. Borden, Premier ministre canadien à l'époque, avait traité les frontières de l'État albanais. Il n'existe pas de cas qui puisse influer sur les relations professionnelles ou sociales des Canadiens qui travaillent ou séjournent en Albanie.

Point de vue canadien :

Le Canada est généralement vu comme un pays impartial et une destination très attirante pour les émigrants.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Il n'y a pas de stéréotypes que les Albanais véhiculent sur les Canadiens qui puissent affecter des relations efficaces. La seule chose que l'on peut entendre est que des Albanais professionnels, instruits et expérimentés, ont émigré au Canada au cours des dernières années. Les Albanais voient le Canada comme un pays bien réglementé, propre, développé, riche, très bien organisé, doté d'un très bon système de taxation et possédant un très bel environnement, mais un climat froid.

Point de vue canadien :

Les Canadiens ne savent pas grand-chose de l'Albanie. En Europe, les stéréotypes concernant les Albanais en font des trafiquants de drogue et des proxénètes.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète est né à Elbasan, aîné d'une famille de deux enfants. Il a vécu dans cette ville du centre de l'Albanie jusqu'à l'âge de 19 ans. Il a ensuite emménagé à Tirana pour y poursuivre ses études et obtenir un diplôme avec mention cum laude de l'Université de Tirana. Dans le cadre de ses études, il a voyagé en Angleterre, en Italie et aux États-Unis. Après avoir travaillé 13 ans en Albanie, votre interprète culturel a émigré au Canada pour s'installer à Toronto. Il réside et travaille actuellement à Toronto. Il est marié et père d'un enfant.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né en Nouvelle-Écosse, troisième né d'une famille de six enfants. Il a vécu à Regina et à Vancouver. Il a étudié la géographie physique à Vancouver, à l'Université Simon Fraser. Ses études l'ont menées à l'étranger pour la première fois en 1998 où il a travaillé sur un projet d'évaluation régionale de stratégie de développement durable pour l'Asie et le Pacifique. Après quoi, votre interprète culturel a séjourné pendant huit mois en Albanie. Il réside présentement au Canada, à Toronto, depuis cinq ans. Il n'a pas d'enfants et son héritage culturel est européen et sud-asiatique.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.