Congo, République démocratique du

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

« Bonjour monsieur/Bonjour madame » sont les mots que vous devriez adresser à quelqu’un que vous rencontrez pour la première fois. Vous pouvez même lui serrer la main. Toutefois, il est recommandé de laisser le supérieur tendre la main le premier.

La première conversation peut porter sur les noms. Les gens pourraient ne pas vous dire leur nom si vous ne demandez pas. Mais, il est toujours préférable de leur donner d’abord votre nom. Les Congolais se disent facilement des choses comme : « Comment va votre famille? Comment vont les enfants? » Les gens ne s’offensent pas si vous leur demander s’ils vivent dans la région. Mais l’insistance sur leurs origines ethniques pourrait être mal perçue, du moins aux premiers contacts.

Les Congolais plaisantent beaucoup, mais pour un étranger, l’humour pourrait être source de malentendu. La simple raison est que l’humour n’est pas toujours universel. Il faut éviter de coller des sobriquets aux gens. On préfère se faire appeler par son vrai nom, à moins de permettre l’usage d’une appellation particulière. Cependant, les Congolais acceptent un commentaire sur leur santé, si celle-ci est bonne. La grosseur (voire l’embonpoint) est signe de bonne santé. En parler est même perçu comme un compliment.

C’est rare que les gens parlent de la saison, à moins qu’il ne s’agisse d’une situation particulière, telle une pluie torrentielle. Au Congo, les gens expriment en général ce qu’ils sentent.

Point de vue canadien :

Je trouve que les Congolais sont très ouverts et curieux de pratiquement tout. Un bon point de départ au premier contact serait de formuler des commentaires positifs sur la région, l’excellent travail qui s’y fait ou l’environnement de bureau, de poser des questions sur le travail que font vos interlocuteurs ou de bavarder. Un peu plus loin dans la conversation, vous pouvez poser des questions sur la famille, etc. Si le sujet déplaît à votre interlocuteur, vous le saurez immédiatement parce qu’il vous répondra avec politesse, mais en évitant la question. Parler du travail de façon professionnelle est habituellement acceptable. La politique, la guerre et l’origine ethnique au premier contact doivent être évitées, à moins que votre homologue congolais ne soulève le sujet. Vous devez comprendre que des millions de gens ont perdu la vie en RDC et que vous avez de très grandes chances de rencontrer quelqu’un qui a directement été touché par la guerre. Si tel est le cas, vous pouvez demander ce qui est arrivé et quand; il est normal que vous exprimiez votre sympathie.

L’humour est utilisé fréquemment, bien qu’il puisse tomber à plat si vos plaisanteries ne sont pas comprises. L’autodérision est acceptable, pourvu qu’elle ne diminue pas le respect que vous devez avoir pour vous-même et pour les autres.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

À l’exception des autorités (politiques), les relations de proximité sont fréquentes. Les Congolais peuvent se toucher facilement et se parler avec franchise. Les louanges trop insistantes finissent par être mal perçues. Mais un compliment est toujours le bienvenu.

Un contact visuel trop insistant pourrait intimider l’interlocuteur et paraître comme un signe d’impolitesse; surtout lorsqu’on parle à un supérieur. Cependant, pour signifier qu’on porte l’attention à la personne qui parle, il faut de temps en temps la regarder au visage. En général, il n’y a pas de protocole préétabli. Tout dépend du moment et de l’humeur des gens.

Le toucher est un signe d’amitié. Les gens se touchent les mains et se tapotent les épaules.

En général, l’humeur des gens se lit facilement sur leurs visages. Quand quelque chose ne va pas, les gens l’expriment sur leurs faces et dans le ton de leur voix. On ne sourit pas pour faire plaisir.

Point de vue canadien :

Plus la conversation est officielle, plus la distance est grande. Lors d’une rencontre officielle, au premier contact, vous devez serrer la main de votre interlocuteur et vous tenir à environ une longueur de bras tendu. Lorsque vous connaîtrez mieux ces interlocuteurs, vous pourrez vous tenir un peu plus près, et les poignées de mains dureront un peu plus longtemps. Les collègues congolais vous accueilleront par un serrement de main, tout en vous prenant par l’avant-bras. Lorsque les contacts deviendront plus informels, vous pourrez leur serrer la main, et parfois, vous tenir par la main avec vos interlocuteurs (même entre hommes). Si vous êtes un homme, il est recommandé de serrer la main des femmes; toutefois, vous ne devez pas les toucher autrement, bien que cela soit fréquent parmi les Congolais. Les gestes et les expressions faciales sont très fréquemment utilisés, mais ne les exagérez pas, sinon vous risquez de transmettre un mauvais message. Les Congolais peuvent penser que vous vous moquez d’eux ou que vous ne les respectez pas. Le contact visuel est normal, particulièrement dans les rapports informels; en général, le contact visuel suit les mêmes normes qu’au Canada.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

L’affection entre amoureux et la tendresse des parents sont souvent discrètes. Cependant, les émotions comme la colère ou la joie s’expriment ouvertement et en public.

Point de vue canadien :

Les démonstrations d’affection en public ne sont pas fréquentes, sauf dans les clubs de nuit et les bars, où elles sont plus acceptables. On ne doit pas s’embrasser en public. Poser un bras sur l’épaule de son interlocuteur ou se tenir par la main avec lui est acceptable pour des personnes de même sexe ou de sexe opposé. Toutefois, les relations entre personnes de même sexe sont tabous. La démonstration d’autres émotions est très acceptable. Les gens peuvent facilement se disputer bruyamment au marché. Ces manifestations ne vous rendront pas plus respectables, mais on ne vous en tiendra pas rigueur. Les gens se lamentent aux funérailles et montrent leur peine, mais autrement, j’ai vu très peu de gens faire de même en public. Même après que des villages aient été entièrement brûlés et leurs habitants tués, les survivants se contentaient de réunir tout ce qu’ils pouvaient emporter et de se déplacer vers un autre lieu plus sûr pour recommencer leur vie. Ils ne montraient pas beaucoup d’émotion à ce sujet, parce que cela pouvait se reproduire fréquemment.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

La propreté est de rigueur. Les vêtements ne sont pas nécessairement le dernier cri de la mode, mais ils sont classiques : une chemise fermée jusqu’à l’avant dernier bouton en haut et enfoncée dans la ceinture suffira. Selon le poste occupé, on peut porter un complet aux couleurs douces. La cravate est revenue après un bannissement de quelques décennies. Les jeans ne sont pas acceptés. Les femmes portent les pagnes et les corsages de même matière. Toutefois, les étrangères peuvent portent des robes ou des jupes classiques.

On s’adresse aux collègues comme à des amis (langue informelle acceptée). Dès que l’on rencontre un supérieur on le salut, mais c’est lui qui décide s’il doit vous serrer la main. Pour s’adresser au supérieur pour toute autre question relative au travail, on dit : « Excusez-moi, monsieur », puis on use de la langage formelle. On ne tutoie pas un supérieur; on ne l’appelle pas par son prénom.

La ponctualité est encouragée et même récompensée. Le secteur privé et l’enseignement sont très rigoureux en matière de la ponctualité. Mais, la fonction publique est très relâche. Les gens viennent quand ils veulent et s’en vont quand cela leur plaît. En général et dans tous les cas, les patrons ne semblent pas être soumis au même règlement pour ce qui est de la ponctualité.

Point de vue canadien :

J’ai constaté à l’expérience qu’il est très convenable de s’habiller de façon pratique, mais selon son statut au travail. Cela signifie que le costume et la cravate ne sont requis que dans des circonstances particulières, par exemple, lorsque l’on rencontre des hauts dignitaires, surtout la première fois. Autrement, vous pouvez vous habiller en fonction de la température, etc. Évitez de porter des shorts courts si vous êtes une femme, parce que les gens les trouveront plus de mauvais goût qu’offensants. Les bras nus, les décolletés, etc., sont acceptables. Les Congolais sont larges d’esprit tant que c’est de bon goût, ce qui signifie porter des vêtements qui vous donnent une apparence plutôt classique. On doit s’adresser aux collègues de façon professionnelle. Le travail est pris très au sérieux et, en général, les gens sont fiers de ce qu’ils font. Vous pouvez vous attendre à ce que les gens soient ponctuels, à la fois dans la réalisation des tâches et dans leurs horaires de travail. Les réunions sont très importantes et les procès-verbaux sont souvent très élaborés. Le travail en équipe est hautement apprécié, mais il faut déterminer avec clarté les rapports hiérarchiques entre les membres. Des rencontres régulières de l’équipe peuvent être longues, mais essentielles.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

On apprécie un supérieur capable de prouver ses compétences (études, expériences), quelqu’un capable de donner l’exemple aux travailleurs. C’est, en effet, ce qui manque le plus au Congo. C’est cela qui fait que les travailleurs congolais ont tendance à avoir plus d’estime envers un patron étranger qu’un chef local.

La motivation et la productivité sont les moyens par lesquels le directeur peut savoir la façon dont le personnel le perçoit. Les Congolais n’ont pas la culture de critiquer ouvertement leurs patrons.

Point de vue canadien :

Le leadership, l’ouverture aux nouvelles idées, l’expérience et la personnalité sont des qualités plus appréciées que le niveau d’instruction. Parmi les Congolais, le niveau d’études peut constituer un enjeu; en tant que ressortissant étranger, votre niveau d’instruction sera rarement mis en doute. Les gens assumeront que vous avez toutes les compétences et tous les titres requis. Ce qui comptera le plus à leurs yeux, ce sera vos manières, votre façon d’interagir avec les gens et votre attitude professionnelle.

Il est particulièrement difficile au début de savoir ce que vos employés congolais pensent de vous. La plupart d’entre eux seront très polis et agréables envers vous et, s’ils vous voient de manière positive, ils vous approcheront avec de nouvelles idées et des propositions de changement bien préparées. Au cas où vous ne leur plairiez réellement pas, un cadre supérieur vous en parlera et vous proposera des changements. Si vous n’avez pas cette chance, vous pourrez vous attendre à ce que le travail ralentisse et que certains employés profitent de votre manque de leadership pour se donner une position d’autorité, au point qu’ils en arriveront à consacrer les ressources et le temps à d’autres projets. Cela aura un effet démoralisant dans votre milieu de travail.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Jusqu’à tout récemment, la démocratie n’était pas dans le langage des travailleurs congolais. Les décisions sont donc prises par le conseil d’administration qui les dicte aux travailleurs.

Point de vue canadien :

Les décisions sont prises par les gens investis du pouvoir de prendre des décisions. Mon expérience est que la plupart des employés, particulièrement les cadres supérieurs, génèrent de nouvelles idées et les présentent au cours de réunions d’équipe. Parfois, la présentation d’idées au cours de ces réunions a été précédée par des rencontres en petit nombre du personnel concerné ou avec le superviseur. Il est très acceptable de consulter votre supérieur immédiat pour obtenir des réponses ou une information en retour, mais vous ne devez pas le court-circuiter en vous adressant à son supérieur, parce que cela sera vu comme un amoindrissement de son autorité. Respecter la hiérarchie est important; même si beaucoup de gens ambitieux considérèrent le bris de la hiérarchie comme une possibilité qui s’offre à eux ou sinon, comme un coup porté à la personne qui se trouve court-circuitée.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : Les femmes sont encore perçues comme étant bonnes pour les travaux ménagers.

Religion : La société congolaise est laïque. Quoique les gens soient très religieux, la croyance est une affaire personnelle.

Classe : Il n’y pas de système de classes au Congo. Toutefois, les riches et les politiciens forment une couche sociale presque au-dessus de la loi.

Origine ethnique : Il n’y a pas d’ethnie dominante ni d’ethnie dominée. De même qu’aucune ethnie n’est avantagée par rapport aux autres. Cependant, les gens continuent à se faire des faveurs selon leurs affinités ethniques.

La seule attitude qui pourrait avoir de répercussions en milieu de travail est l’inégalité entre les sexes. Beaucoup de travailleurs pourraient être emmenés à ne pas se soumettre à un superviseur féminin.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Il n’y a pas de questions particulières liées au sexe. Il est totalement acceptable que des femmes occupent des postes de cadre supérieur. Dans ce cas, elles ont des nourrices et des domestiques pour s’occuper des enfants et du ménage. Autrement, les femmes élèvent elles- mêmes leurs enfants, parfois de façon très autonome par rapport au mari, parce qu’il peut avoir un certain nombre d’autres femmes et des enfants de ces femmes. Les hommes et les femmes travaillent la terre, mais les hommes ne semblent pas participer à beaucoup de tâches domestiques.

Religion : Il est difficile de trouver une personne athée. L’Église catholique romaine, en particulier, exerce encore une très forte influence parce qu’elle contrôle les installations de santé et d’enseignement. Je n’ai jamais observé de tensions religieuses. Si une paroisse ou une église sont ciblées, ce n’est pas à cause de la religion, mais surtout à cause de sa richesse et de sa puissance. La religion n’est pas un sujet brûlant et ne tient pas une place omniprésente dans la vie quotidienne. Toutefois, certaines tribus croient fréquemment à la magie, qui est souvent utilisée dans les conflits. Par exemple, j’ai vu un groupe de guerriers Hunde se préparer à la guerre. Ils étaient nus et armés de lances et pensaient qu’ils étaient invisibles et protégés des balles. Cette croyance était si forte et convaincante, qu’un groupe de combattants « ennemis » armés de Kalachnikov, qu’ils ont rencontrés quelques kilomètres plus loin, ont refusé de leur tirer dessus.

Classe : Il existe des différences de classe entre les riches et les pauvres. Mais cela s’applique aussi de la même façon à la société canadienne.

L’origine ethnique : C’est là un sujet épineux, mais uniquement dans certaines régions. Ailleurs au pays, l’origine ethnique ne constitue pas un problème aussi grand, par exemple, qu’au Rwanda et au Burundi. Là où elle en constitue un, dans la région d’Ituri, par exemple, c’est aujourd’hui une question de vie et de mort. Si vous appartenez à la mauvaise tribu, et êtes au mauvais endroit, au mauvais moment, vous pouvez y laisser la vie. L’origine ethnique est souvent utilisée comme un outil de guerre et de politique. Le président Kabila a pris le pouvoir au Kinshasa grâce au Rwanda, mais après quelques temps, les Rwandais sont devenus beaucoup trop influents et ils ont été chassés du pays. Dès ce moment-là, il est devenu très dangereux d’être Tutsi au Kinshasa. Il est donc conseillé, dans les régions sensibles, de faire en sorte que votre personnel soit composé de différentes origines ethniques pour augmenter la neutralité et le flot d’informations.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est important de nouer d’abord les relations d’amitié avant de parler affaire. Si on fait passer l’affaire avant, il y a risque de tomber sur une personne qui veut juste sauter sur l’occasion. Les relations d’amitié se nouent par des gestes quotidiens, telle une visite à domicile, une invitation au restaurant et même en demandant un service à la personne.

Point de vue canadien :

Une relation professionnelle est plus importante qu’un rapport personnel. Après les formalités d’usage, vous pouvez alors passer rapidement aux affaires. Lorsque vous avez réglé vos affaires et établi vos normes, vous aurez avantage à nouer ensuite une bonne relation personnelle, à condition de séparer clairement les affaires et le plaisir. Vous trouverez cela utile dans les futures tractations que vous aurez avec ce même contact, parce que vous pourrez compter sur sa fiabilité et sa loyauté. Si à l’inverse, vous travaillez au renforcement de la relation professionnelle, il vous sera plus difficile de fixer vos conditions et vos normes, sans perturber votre relation personnelle.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Cela est présent dans la mentalité populaire. Une faveur faite à un travailleur qui entretient de bonnes relations avec le directeur pourrait avoir deux conséquences : elle pourrait engendrer de la motivation ou susciter l’envie et la jalousie. La faveur se fait discrètement de manière à ne pas frustrer les collègues. Au Congo, une affaire qui se passe en milieu de travail, peut avoir des répercussions sur les familles.

Point de vue canadien :

Dans une certaine mesure, oui, mais en accordant plus d’importance au traitement préférentiel qu’à la rémunération. Les gens s’attendront certainement à ce qu’une bonne relation personnelle ait une influence positive, par exemple, sur le processus de recrutement. Cela s’applique davantage aux anciens employés ou aux ex-collègues, qu’aux membres de la famille, et le traitement préférentiel est habituellement basé, à la fois sur les compétences professionnelles et la relation personnelle. Cette pratique est très largement acceptée et, d’ordinaire, il n’y aura pas de problème si la personne la plus qualifiée l’emporte.

Je donnerai un exemple : un chauffeur mis à pied à la fin d’un projet aura l’espoir d’être recruté advenant que la personne pour laquelle il travaille entame un nouveau projet. Si le chauffeur est bon et qu’un poste s’ouvre, il s’attendra à ce que son ancien employeur l’appuie ou le recrute à nouveau. Il serait jugé inconvenant que son ancien employeur ne fasse pas tout ce qui est en son pouvoir pour lui.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

En générale, les Congolais expriment ce qu’ils pensent. Toutefois, quelqu’un, pour ne pas perdre son emploi pourrait préférer garder le silence. Si vous êtes en position de chef, vous pourriez ne pas savoir ce qui se dit à propos de vous. Mais, les visages pourraient vous révéler beaucoup de chose.

Point de vue canadien :

Le tact et l’approche requise, dans les limites des règles, sont très importants. La plupart des gens sont ambitieux et joueront le jeu pour obtenir ce qu’ils veulent. Affronter un collègue en public sera considéré comme une réprimande au grand jour, surtout si vous êtes son supérieur. L’affrontement serait acceptable, par exemple, au cours d’une réunion où surgirait une divergence intéressante d’opinions entre vous, et que votre but serait davantage d’animer la discussion que de convaincre le collègue en question. Si le collègue vous cause un problème de caractère personnel, rencontrez-le en privé et utilisez tout votre tact. Cernez bien le problème et faites participer le collègue à sa résolution.

Si un collègue nourrit un différend envers vous, il peut vous rencontrer en privé ou se confier à d’autres, qui vous le feront savoir. Si son comportement général est plus formel que d’habitude, de façon à ce que vous vous en rendiez compte, demandez lui ce qui ne va pas.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

D’habitude les Congolais aiment garder leur emploi parce que les opportunités ne sont pas nombreuses. Il suffit de les soumettre à un bon traitement pour améliorer leur rendement. Également, il leur faut des règlements clairs et stricts. De temps en temps, des mesures disciplinaires fonctionnent bien.

Point de vue canadien :

Gagner le respect par son professionnalisme, son propre engagement et en fournissant les moyens de faire le travail motivera davantage les employés et renforcera la loyauté à l’égard de l’organisme. La crainte de l’échec n’a pas grand effet, parce que ses causes seront, dans la plupart des cas, indépendantes de la volonté des employés. Les salaires doivent être concurrentiels et raisonnables de manière à ce que le personnel soit fier de l’organisme qui les emploie. Les Congolais sont des gens très fiers.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

La documentation officielle sur le Congo est presque inexistante. Le département de tourisme n’offre rien pour aider à mieux connaître le Congo.

Point de vue canadien :

Je recommanderais La Danse du Léopard, de Lieve Joris, un excellent livre sur les gens, la structure d’autorité et les jeux qui se jouent dans la RDC. Cet auteur a voyagé partout dans le pays au moment de la prise du pouvoir par Laurent Kabila et après sa main-mise sur la presque totalité de la RDC. Le livre fournit une excellente description de la culture congolaise actuelle.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Congo, un autre excellent livre serait Les fantômes du roi Léopold, d’Adam Hochschild. Il fournit un excellent récit de la façon dont le Congo a été colonisé comme propriété personnelle du roi Léopold II. Six à huit millions de personnes ont été tuées au cours du processus de colonisation et parce que ce roi avait l’intention de devenir très riche le plus rapidement possible. Le livre est aussi disponible en anglais.

Il n’y a pas beaucoup de films sur le Congo au Canada, mais il en existe un qui est réellement excellent : il s’agit de Lumumba, produit d’après le plus grand héros congolais, Patrice Lumumba, le premier et dernier Premier ministre élu démocratiquement, qui a dirigé le Congo juste après l’indépendance obtenue de la Belgique en 1960. Le film est disponible en version DVD et VHS. La version originale est française et les versions cinématographiques sont sous-titrées en anglais.

Parler français est presque essentiel et parler la langue locale, encore plus. Il est facile de trouver quelqu’un qui vous aidera à l’apprendre.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Les Congolais aiment beaucoup la musique. Ils jouent rarement de la musique étrangère. Une personne qui travaillerait pour la promotion de la musique du Congo serait perçue là-bas comme un héros.

Point de vue canadien :

Le meilleur moyen de vous familiariser avec la culture locale et de la comprendre est de demander à un Congolais que vous connaissez, par exemple un collègue de travail, de vous amener dans un café ou un bar local. La musique joue un rôle important au Congo, qui possède des musiciens de réputation internationale. Ce point de départ est à la fois agréable et stratégique.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Patrice Lumumba est le seul héros vénéré au niveau national, sans égard aux tendances politiques. C’est lui qui a lutté pour l’indépendance du Congo et il a été assassiné pour sa lutte nationaliste. Avant lui, il y a eu Simon Kimbangu dont la lutte a pris les allures messianiques. Il est vénéré comme un prophète.

Point de vue canadien :

Patrice Lumumba est le plus grand héros congolais. Issu d’une petite (et peu importante) tribu, il était le symbole d’un Congo unifié. Il a mené la lutte pour libérer le Congo du joug de la Belgique et dirigé le nouveau pays indépendant, pendant une très courte période, à titre de Premier ministre. Deux mois après son élection, il a été destitué après la séparation de la province du Katanga. Il a refusé cette destitution et, alors qu’il cherchait à s’enfuir, il a été arrêté par un colonel nommé Joseph Mobutu. Mobutu avait l’appui des États-Unis et de la Belgique. Même en prison, ses opposants considéraient Lumumba comme une menace. Pour s’en débarrasser, ils l’ont remis aux dirigeants du Katanga et il a été tué quelque temps après, apparemment par l’armée belge. Subséquemment, Mobutu a pris le pouvoir et il a imposé sa dictature pendant plus de 30 ans. La colère suscité par l’assassinat de Lumumba a été si grande que Mobutu a dû le déclarer héros national. Plusieurs croient que Lumumba était né trop tôt et qu’il aurait du être aujourd’hui à la tête du pays.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Non, le Canada a une image prestigieuse au Congo.

Point de vue canadien :

Non, tout au moins pas comme dans le cas de la Belgique. Après que le roi Léopold II ait déclaré le Congo comme sa propriété personnelle, il s’est enrichi le plus possible aux frais du peuple congolais. Les gens se rappellent aussi du rôle des États-Unis dans la capture de Patrice Lumumba et, d’autres enjeux ont vu le jour depuis que des pays avoisinants ont envahi la RDC au cours des dernières années. La plupart d’entre eux ont quitté le pays, mais les tensions demeurent, particulièrement avec le Rwanda et l’Ouganda. Les armées d’occupation des pays voisins ont financé leur participation par l’exploitation illégale de mines, de bois d’oeuvre, etc. Consultez aussi un rapport récent de l’UNSC sur le pillage innommable de la RDC.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Il n’y a pas de stéréotypes nuisibles. Cependant, lorsque les Congolais rencontrent un Canadien, ils croient se trouver devant un faiseur d’argent. C’est la même chose avec les ressortissants de tous les pays développés.

Point de vue canadien :

Peu de Canadiens ont vraiment une connaissance de la culture congolaise. Il existe toutefois deux points de vue préjudiciables :

que les Congolais sont tous corrompus.
C’est vrai que le Congo compte un très grand nombre de gens corrompus, mais cela est dû à la nécessité de survivre sans argent ou sur un salaire insuffisant. Si vous voulez obtenir un service décent ou un engagement de vos employés ou collègues, assurez-vous qu’ils reçoivent un salaire décent et suffisant pour faire vivre leur famille, payer les frais de scolarité et les soins de santé.

qu’aucun Congolais n’est suffisamment instruit.
On croit, en général, qu’il n’y a pas de Congolais correctement instruits au Congo en raison des années de guerre et de conflit. Cela n’est pas vrai : un grand nombre d’entre eux ont étudié à l’étranger et les universités locales fonctionnent dans plusieurs régions. L’éducation est extrêmement importante pour la population et il existe d’excellents programmes collégiaux et universitaires, malgré les énormes difficultés que rencontrent les gens.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né à Kinshasa-RDC (Ex-ZAIRE), le troisième de quatre enfants. Il a grandi en ville et sa scolarité s'est déroulé à l'institut du Mont-Amba à Kinshasa où il a obtenu son diplôme d'études secondaires en Biochimie. Suite aux problèmes politiques, il a immigré au Canada en 1993 pour étudier où il a obtenu un baccalauréat en sciences informatiques. Il vit depuis 1995 à Ottawa travaillant dans le domaine de la haute technologie. Il est marié et père d'un enfant.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Goes (Pays-Bas), dans une famille de cinq enfants. Il a été élevé dans le Sud-ouest des Pays-Bas et fait des études en Génie civil, à Vlissingen. Ses études l'ont amené pour la première fois à l'étranger, en 1983, pour travailler en Afrique du Sud. Après quoi, il a séjourné en Bosnie, au Burundi, en Angola, au Liberia, au Sierra Leone, en Albanie et, un certain nombre de fois, au Zaïre (appelé aujourd'hui République démocratique du Congo), où il a résidé environ 9 mois, principalement dans la partie est du pays et à Kisangani. La pluspart de ses voyages et ses travaux dans ses pays ont été pour des organismes d'aide médicale d'urgence et en vue de conduire des évaluations des situations d'urgence et des études en logistique, en approvisionnement en eau et au plan sanitaire. Il est citoyen canadien et réside actuellement à Wakefield (Québec, Canada), où il travaille à l'obtention d'une licence de pilote. Il est marié et n'a pas d'enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.