République centrafricaine

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

En République Centrafricaine, les gens vivent, comme bien d’autres peuples d’Afrique, en communauté. Ils aiment le contact et sont naturellement portés vers les autres.

Tous les sujets de discussion sont permis pour donner une bonne impression de soi à son interlocuteur. Cela étant dit, il ne faut surtout pas parler de politique, ni critiquer, ni donner son point de vue sur une situation quelconque qui a trait à la politique car les interprétations de vos interlocuteurs peuvent ne pas être ce que vous vouliez exprimer. Il faut plutôt s’intéresser à la personne devant soi et vous serez alors amené à parler de bien des sujets. Cela peut aller de sa famille, de son quartier, de son sport préféré à ce qu’il fait dans la vie.

Mais il est plus intéressant de parler quelques mots de la langue nationale qui est le " sango ", savoir dire « bonjour (balao !) », « comment vas-tu (tongana nyè) », « je m’appelle... (iri ti mbi... Alain) » etc. Pas tout le monde est à l’aise avec la langue officielle, le français; cela dépend également du milieu où l’on se trouve. Mais en général tous les gens le comprennent bien.

Point de vue canadien :

La famille est certes un bon sujet de départ. Demander à son interlocuteur comment va la sienne est une marque de respect appréciée et démontre que vous vous intéressez à lui. A son tour il vous demandera comment va la vôtre. Si vous venez tout juste d’arriver, ce n’est pas une bonne idée de commencer tout de suite à parler du travail. Votre interlocuteur sait très bien que vous avez fait un long voyage et que vous avez besoin de vous reposer et de vous détendre avant de passer aux choses sérieuses. Votre interlocuteur ne vit pas au même rythme que vous et lorsque viendra le temps de vous mettre en action vous aurez tout le temps qu’il faut pour parler du travail. S’intéresser au lieu d’origine et même ethnique de votre interlocuteur n’est pas tabou. Au contraire, cela vous donnera l’occasion d’en apprendre davantage sur la richesse culturelle de la RCA.

Il n’y a pas vraiment de sujet tabou en RCA. Vous ne commencerez certainement pas à parler de politique ou de relation de couple lors d’un premier contact. Côté politique, dans un premier temps, il vaut mieux garder un peu de retenue. Votre interlocuteur cherche avant tout à obtenir votre approbation pour ses propres points de vue. S’il y a un sujet à éviter c’est bien de faire des comparaisons entre les conditions de vie au Canada et celles de la RCA. Les gens n’ont pas besoin de se faire rappeler qu’ils vivent dans un pays où les conditions économiques sont difficiles et ils ont leur propre fierté. Ce sont des gens accueillants, chaleureux et généreux. En soi c’est une très grande richesse.

Bien sûr l’humour est utilisable et en tout temps. En évitant toutefois d’en faire trop grand usage, ce qui vous discréditerait dans l’exercice de votre mandat. Évitez les régionalismes canadiens que votre interlocuteur ne comprendrait pas. Commencez à petites doses, vous verrez alors les éventuelles réactions.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Lorsque les gens se rencontrent, la première chose à faire est de se serrer la main. Les gestes qui sont acceptables dépendent du milieu où l’on se trouve. Par exemple entre amis, on claque souvent les doigts pour manifester son plaisir lors d’une rencontre, alors que dans un milieu officiel on ne doit pas de se permettre ce geste.

Il n’y a pas de distance indiquée à respecter lorsque vous entrez en contact avec quelqu’un. Cela varie selon le milieu et l’espace géographique. Le contact visuel est également important mais cela peut parfois indisposer un interlocuteur.

Point de vue canadien :

Les Centrafricains sont en général extravertis et très expressifs. Ils viennent vers vous avec chaleur et franchise et ne cherchent pas à ériger un mur entre vous et eux. Vous pouvez en faire tout autant. Sachant cela, on peut dire qu’il n’y a pas de distance prescrite. On se retrouve souvent dans des endroits exigus où on est collé les uns aux autres. Les gens y sont habitués et souvent la communication peut se faire de très prêt. Tout le monde se regarde dans les yeux. Toucher la main, le bras, l’épaule ou le dos de son interlocuteur est très courant et affirme les rapports amicaux. Les gens s’expriment avec des gestes, mimiques et expressions de ravissement ou de contrariété. Ils parlent fort, surtout lorsqu’ils expriment leur joie. La poignée de main est importante non seulement au premier contact mais chaque fois que vous saluez le personnel de maison, vos collaborateurs et partenaires, vos amis, le restaurateur, etc.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Le peuple centrafricain est en général très pudique et aime respecter la morale. Ainsi, une trop grande manifestation de colère peut être scandaleuse, et trop d’émotions peuvent être également interprétées comme un signe de faiblesse. Je me souviens de ce que mon père me disait : un homme ne doit jamais pleurer en public et doit toujours avoir le contrôle de soi dans une crise de colère. Cela traduit bien la mentalité générale qui pousse à contenir ses émotions en public.

Point de vue canadien :

Elles sont acceptables et courantes sauf la colère. Vous serez certainement témoin de débordements mais si c’est vous, un expatrié, qui se met en colère, cela servira uniquement à afficher vos faiblesses et à porter un coup à votre crédibilité. Vous pourriez même vous faire traiter de raciste, ce que personne ne désire bien entendu.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Je crois que « l’habit fait le moine ». La manière de s’habiller donne le reflet de ce que nous sommes. Ainsi pour aller au travail, s’habiller correctement est un gage de respect envers soi et envers les autres, et cela en fonction de la responsabilité que l’on occupe. Il n’empêche qu’il est possible de s’habiller de façon plus décontracté selon les circonstances.

La meilleure façon de communiquer c’est d’être poli envers son interlocuteur. Il ne faut jamais signifier que les autres ne connaissent rien et que tout doit découler de nous (si on est le responsable). Les gens combattent de plus en plus cette attitude coloniale. La meilleure démarche est de proposer une idée et d’en discuter avec notre équipe au lieu d’en imposer. A son supérieur on doit du respect et à ses collègues une bonne collaboration. On ne se permettra pas de tutoyer son supérieur ni de l’appeler par son nom. Cela est possible seulement entre collègues et ou avec les subordonnés.

Point de vue canadien :

Un des plus gros chocs en RCA n’est pas culturel mais climatique. Il fait chaud et humide et, à ce titre, le veston cravate est facultatif à moins que vous ne soyez invité dans une cérémonie officielle en présence de dignitaires. Le 100 p. cent coton est fortement recommandé. Habituellement on porte une chemise à manches courtes et un pantalon, les deux bien repassés. Des chaussures propres avec chaussettes sont aussi de rigueur. En milieu de travail, on évitera les t-shirts, shorts et sandales. Cela vous fait passer pour un touriste et mine votre crédibilité.

Les Centrafricains ne se formalisent pas trop. Dans un premier temps vous utiliserez le vouvoiement en utilisant le nom de famille. Par ailleurs, le tutoiement est possible d’autant plus que les Centrafricains savent que les Canadiens l’utilisent souvent sans condescendance ni paternalisme et qu’eux-mêmes l’utilisent, tout comme l’usage du prénom. Si vous apprenez quelques rudiments de sango, la langue nationale, ce sera très apprécié. Mais sachez que tout le monde a fait sa scolarité en français et s’exprime très bien dans cette langue. Il est important de bien prononcer chaque syllabe pour bien se faire comprendre et d’éviter les régionalismes québécois tels que « t’sé » qui ne signifie rien pour une oreille centrafricaine. Pour ce qui est de la correspondance écrite c’est un peu plus compliqué. Cela dépend à qui on s’adresse et les formules de politesse diffèrent de celles utilisées en Amérique du nord. Demandez conseil auprès de vos partenaires si vous n’êtes pas sûr de la formule à employer.

Le rythme de travail est plus lent et l’absentéisme fréquent. En tête de liste, les cérémonies de deuil sont une cause fréquente d’absentéisme. Ça peut aller jusqu’à deux semaines si votre collaborateur doit se rendre dans son village natal pour assister aux obsèques d’un parent proche. Souvent dans un contexte de famille élargie, un « parent proche » peut concerner beaucoup de monde. La gestion du quotidien cause aussi beaucoup d’absentéisme. Aider un parent malade, changer un chèque de paie, renouveler un document officiel peut prendre la journée complète. Vous serez vous-même confronté à des délais pour toutes sortes de raisons : le système informatique est en panne, le fonctionnaire que vous deviez rencontrer pour faire avancer votre dossier est absent (très fréquent), des livraisons sont en retard (le pays est enclavé et l’approvisionnement n’est pas toujours facile). Vous passerez quand même à travers si vous vous fixez des échéances réalistes en tenant compte des contraintes que vous aurez identifiées sur le terrain.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les qualités les plus recherchées sont : la patience, l’écoute, la sociabilité, et la qualification. Ne peut être chef que celui qui connaît mieux que tout le monde la matière. Pour une personne qui vient de l’occident le défi à relever est grand parce que les gens attendront beaucoup de lui.

En Centrafrique la vision du temps est complètement différente de ce qu’il en est au Canada. Le système de transport n’est pas développé, ce qui fait que malgré la meilleure volonté du monde une personne peut arriver en retard.

Le fait que le directeur ou le superviseur ne soit pas du pays (région) ne pose aucun problème. Le plus important est de faire ses preuves et d’avoir une ouverture d’esprit à la culture et à la mentalité des gens. Pour percevoir de quelle manière on est apprécié, il suffit de voir la performance des employés au travail, le respect et la joie qu’ils expriment en votre présence et leur bonne volonté. Si au contraire, ils sont mécontents, le travail est en retard, les gens sont démotivés et au moindre dérapage il peut y avoir des réactions vives.

Point de vue canadien :

Le leadership, l’intégrité et l’honnêteté sont les premières qualités à rechercher. La personne doit être reconnue comme telle par son milieu.

Le fait d’être étranger n’est pas un problème si c’est une personne ouverte d’esprit et compétente. La seule embûche serait si votre poste était convoité par une personne locale certaine de ses compétences. Sa frustration pourrait nuire.

Les rencontres hors du travail sont importantes. Les Centrafricains sont accueillants de nature et cherchent à vous connaître, et vous aurez souvent des invitations pour toutes sortes d’événements (baptême, mariage, présenter la famille, aller danser, etc.). Y participer une fois de temps en temps, selon votre disponibilité, vous apprendra des choses et vous obtiendrez le plus grand des respects. Vous faites maintenant partie de la famille! Si vous ne faites pas de geste pour partager ou comprendre la culture du pays hôte et ses habitants, vous ne saurez jamais ce que les gens pensent de vous. Cela est particulièrement vérifiable en RCA. Mais attention! Certaines sollicitations sont très « intéressées ».

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

De manière générale, l’ordre vient toujours d’en haut, c’est-à-dire du supérieur aux subordonnés (employés). Et selon la répartition des responsabilités, chacun assume sa tâche à l’échelon qui lui revient. Il faut absolument, sauf en cas d’urgence, soumettre les idées aux responsables avant de les mettre en oeuvre afin d’être protégé, le cas échéant.

Point de vue canadien :

Tout dépend du contexte de votre mandat; à savoir si c’est un projet de coopération ou un projet résultant d’un investissement privé. Pour ce qui est de la prise de décision dans un projet de coopération, il est souhaitable que les décisions soient prises par consensus avec les partenaires locaux dans le respect des objectifs du projet. Même si vous y êtes habilité (vous êtes Chef de projet) vos partenaires vous donneront de précieux conseils sur des particularités locales dont vous n’avez peut-être pas tenu compte. Bien sûr, on parle ici de partenaire intègre qui ne recherche pas un intérêt personnel, ce qui est quand même assez fréquent. Dans un projet privé, il faut savoir que nous nous trouvons encore dans un contexte de gestion qui date pratiquement de l’époque coloniale. Vous êtes patron alors vous prenez les décisions, que ça plaise ou non, et avec des mesures de contrôle pour la mise en application!!! Telle est la pratique. Bien entendu, rien ne vous empêche d’introduire de nouvelles façons de faire plus modernes, mais les mesures de contrôle devront rester serrées.

En général les gens ne se gênent pas pour dire ce qu’ils pensent, surtout dans les projets de coopération et ils apportent souvent des points de vue constructifs. Après tout, le projet est la plupart du temps pour le bénéfice de leurs compatriotes et ils connaissent mieux que vous les contraintes et les besoins de leur pays. Dans le secteur privé il est plus difficile d’aller chercher les idées des collaborateurs et/ou subordonnés à moins que ceux-ci aient développé une expertise grâce, entre autres choses, à une formation à l’extérieur du pays.

Il est convenable d’aller consulter son superviseur immédiat. Vous n’obtiendrez peut-être pas de la rétroaction mais sûrement des réponses et de bons conseils pour les suites à mener. Bien souvent, caractère accueillant oblige, les Centrafricains tiendront compte du fait que ne vous comprenez pas tout des comportements locaux. Ils chercheront donc à vous protéger comme s’ils étaient votre grand frère.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : C’est encore loin d’être une réalité en République Centrafricaine. Mais en milieu de travail on doit du respect à sa collaboratrice ainsi qu’aux autres membres de son organisation. Une fille (femme) qui a des responsabilités est respectée autant que le serait un homme. Mais l’autorité féminine peut être remise en question si elle s’impose de manière agressive.

Religion : La plupart des Centrafricains sont des croyants. Ils sont à majorité chrétienne et pratiquent leur religion. Il n’y a pas de discrimination par rapport à la religion. Les chrétiens et les musulmans travaillent ensemble et les grands rassemblements sont organisés par toutes les confessions (la journée de prière, par exemple).

Classe : Les gens réagissent lorsqu’ils se sentent exploités ou abusés. Il y a les élites qui vivent bien et la masse de la population qui a du mal à joindre les deux bouts.

Origines ethniques : Depuis un certain temps, avec l’avènement de la démocratie en Centrafrique et toutes ses conséquences sociales, des tensions ethniques se sont manifestées. Les répercussions de ces attitudes peuvent être de nature à rendre malsain le milieu de travail et à créer une très mauvaise collaboration.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Par rapport à d’autres pays de la région, la RCA a fait de bonnes avancées en matière d’égalité des sexes. Les femmes sont dynamiques, intègres et ne se gênent pas pour prendre la parole. Plusieurs occupent des postes de direction.

Religion : Il y a une grande tolérance religieuse. Les confessions se côtoient, sans répercussions dans le milieu de travail.

Classe : Les classes se font et se défont selon que vous êtes proche du pouvoir ou non. C’est pourquoi, sans généraliser, les Centrafricains gardent une certaine humilité face à leur statut social et ne renient pas des origines souvent modestes. La classe aisée se retrouve plus du côté des expatriés (entrepreneurs et coopérants français, commerçants libanais, hauts fonctionnaires de la coopération multilatérale) qui ont tendance à créer une certaine distance entre eux et leurs subordonnés ou par rapport à la culture locale. Mais là aussi, il ne faut pas généraliser.

Origine ethnique : Malheureusement, quand André Kolingba a pris le pouvoir en 1981, il a imposé une forme de gouvernement basé sur le tribalisme et les liens de parenté, et a favorisé l’ethnie yakoma (qui était la sienne). Tous les postes de l’administration publique ou parapublique, y compris l’armée, étaient désormais occupés par les membres de cette ethnie. En 1993, Kolingba a été chassé du pouvoir suite à des élections. Son successeur, Auge-Félix Patassé, a favorisé à son tour sa propre ethnie et sa famille, ce qui fait qu’il a subi le même sort que Kolingba en 2003. Le nouveau régime a l’intention de promouvoir la réconciliation en formant un gouvernement d’union nationale où toutes les sensibilités ethniques et politiques sont représentées. La majorité des Centrafricains aspirent à vivre en paix et en harmonie.

Au niveau du travail, s’il y a déjà eu des répercussions, surtout dans les grands projets où on pouvait vous imposer un ressortissant issu de l’ethnie au pouvoir, ceci devrait s’estomper à l’avenir. À ce stade, il est préférable de suivre de près l’actualité pour voir comment la situation évolue et savoir si le régime va suivre ses promesses.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est important d’établir une relation personnelle avec un client afin de créer la confiance. On ne pourra pas traiter d’affaires avec un inconnu. La confiance ne se gagne pas à une première rencontre, il faut du temps et quelques échanges pour connaître une personne et lui accorder sa confiance.

Point de vue canadien :

Oui, il est important d’établir des relations personnelles dans la mesure où il y a des affinités et des intérêts communs. Même avec 600 000 habitants, Bangui reste une petite ville où tout le monde se connaît et fréquente les mêmes endroits, surtout dans votre champ d’activité. Beaucoup de choses se discutent et les affaires se brassent en dehors des heures de travail dans un endroit plus décontracté où le formel et les relations personnelles se côtoient. Inviter quelqu’un à prendre l’apéritif est le moyen le plus souvent utilisé pour établir des relations.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Il est évident qu’après un certain temps de travail, les relations peuvent prendre d’autres tournures. Certaines personnes demanderont des traitements de faveur ou des privilèges spéciaux en raison de cette relation établie. Mon point de vue personnel est qu’un privilège ou un traitement de faveur peut être accordé à un employé lorsqu’il le mérite. Et c’est surtout pour stimuler, pour pousser les autres à un meilleur rendement. On peut, soit donner des primes pour récompenser un travail bien fait, soit féliciter en public à plusieurs reprises la personne à la source de cette réalisation.

Lorsqu’on a besoin d’une main-d’oeuvre temporaire, il est souhaitable de prendre en considération les propositions de ses employés parce qu’ils connaissent déjà les personnes. Pour illustrer, nous pouvons noter qu’il est plus facile à un employé qui part à la retraite de former quelqu’un qu’il aurait choisi lui-même (en général, son fils ou un autre proche parent) qu’une autre personne qui lui est imposée. Alors après des années de service, on pourra accorder cette faveur à un bon ouvrier.

Les gens sont très sensibles à l’augmentation de salaire et à l’avancement. Cela cause bien souvent des problèmes. Il faut à cet effet respecter la législation en vigueur pour ne pas frustrer les uns et les autres et pour faire attention à ne pas créer un conflit au sein de l’entreprise. À vrai dire, les traitements de faveur au sein de l’Administration publique sont beaucoup mieux tolérés à cause des politiques à cet égard.

Point de vue canadien :

Non, pas nécessairement. Le cas le plus courant est la demande d’embauche d’un proche ou la recommandation de celui-ci auprès d’un autre service où on pense que vous avez de l’influence. On ne vous tiendra pas rancune si vous prenez le temps d’expliquer vos limites pour accorder des privilèges. Rien ne vous empêche toutefois de recommander quelqu’un si vous avez constaté ses compétences et que cela pourrait l’aider dans sa carrière.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Pour résoudre un problème lié au travail avec un collègue, il est préférable de commencer par le confronter directement en privé, puis par l’entremise d’un délégué du personnel s’il le faut et enfin par le biais d’une personne appréciée de tous. On peut aussi s’exprimer directement en public lors de séances de travail, le cas échéant.

Dès qu’une personne ne s’intéresse plus à vous ou ne vous parle pas comme avant, il y a « anguille sous roche ». Dans certains cas, elle peut ne pas bien faire le travail demandé ou sa collaboration n’est pas franche.

Point de vue canadien :

En privé oui, mais jamais publiquement et rarement directement. Bien que les gens soient chaleureux, ils sont aussi susceptibles et il y a des limites à ne pas dépasser. Il y a deux façons de s’en sortir : soit mettez l’accent sur les conséquences ou sur les résultats et non sur les écarts de conduite de la personne, ou encore, et c’est la meilleure façon, faites appel à un tiers, compatriote de votre collègue en qui vous avez confiance, aîné de préférence. Lui, mieux que vous, saura trouver le niveau de langage adéquat pour exposer le problème sans offenser le collègue visé et obtenir des promesses pour sa résolution.

Il est très difficile de savoir si un collègue est offensé ou a des reproches à faire. C’est surtout en début de mandat que ce genre de situation peut arriver. Certaines de nos expressions de langage que l’on considère anodines peuvent effectivement offenser quelqu’un. Votre collègue sans vous en parler adoptera probablement une attitude plus froide. Parfois, le changement d’attitude est subtil et ce n’est que plusieurs semaines plus tard que l’on s’en apercevra.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les principaux facteurs de motivation sont : la régularité de salaire avant tout, la confiance, la satisfaction personnelle, les bonnes conditions de travail, une équipe dynamique pour relever les défis qui se présentent, l’implication de tous dans la réalisation d’un projet et enfin la reconnaissance de la part des supérieurs.

Point de vue canadien :

La satisfaction professionnelle, le dévouement, la loyauté et la sécurité d’emploi plus que le reste. Les bonnes conditions de travail et un très bon salaire, les Centrafricains savent que cela relève de l’utopie.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres : L’Afrique sans la France (J.P Ngoupandé,) Le dernier survivant de la caravane (E. Goyomidé), Le Silence de la forêt (E. Goyomidé), Manipulations (Roger Delpey), et Batouala (René Maran).

Point de vue canadien :

Au Canada il est très difficile de trouver de la documentation sur la RCA. Vous pourrez trouver peut-être un livre ou deux dans une librairie spécialisée sur le voyage. Mieux, à l’ère de l’Internet, je recommande l’excellent site www.sangonet.com. Très complet sur tous les aspects documentaires, on peut y suivre également l’actualité quotidienne puisée auprès de différentes agences de presse. Vous pouvez taper également dans un moteur de recherche « Centrafrique », « RCA », « République Centrafricaine » et une multitude de références vous apparaîtront. Pour ce qui est de la nourriture, cela va être difficile à moins de vous lier d’amitié avec un ressortissant centrafricain vivant au Canada.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Endroits à visiter : Les chutes de Boali, le lac aux caïmans, les pygmées dans la Lobaye, les Parcs nationaux (Manovo, Saint Floris, Ndélé etc.)

Vous pouvez aller entendre les groupes musicaux suivants : Musiki National, Canon Stars, Génération Mandata, etc.

Les journaux : Le citoyen, Hirondelle, Vouma, Le Novateur, Bè Afrika Opinion, etc. On peut aussi lire des magasines comme Afrique Education, Jeune Afrique l’Intelligent, Afrique Asie et bien d’autres qui traitent de la République Centrafricaine.

Les événements sportifs sont plutôt le football au Stade Barthélemy Boganda et le basket-ball au Centre Martin Ngoko.

Les spectacles d’humour sont généralement en sango. Mais à l’Alliance Française de Bangui (AFB), il y a plein d’activités récréatives comme les danses traditionnelles, les artistes peintres, les sculptures, etc.

Le " Phénicia " et la pâtisserie " La Paix " sont les principaux cafés de l’endroit. Ils sont situés au centre-ville et tout le monde y passe.

En Centrafrique, le contact est facile. Vous pourriez juste demander à avoir un guide et, à partir de lui, un grand réseau d’amitié peut se mettre en route.

Point de vue canadien :

L’instabilité politique générée d’abord par les mutineries de 1996-97, les tentatives de coup d’État et le coup d’État de mars 2003 a eu des incidences marquées sur la vie culturelle. Le Centre Culturel Français de Bangui qui était un carrefour incontournable (spectacles musique - danse - théâtre, bibliothèque) a été incendié lors des mutineries. Le Gouvernement français n’a pas réinvesti dans une nouvelle infrastructure mais l’Association des Français à l’étranger a ouvert un centre plus modeste. Les bars, cafés, salles de spectacles changent souvent de propriétaire. D’un mois à l’autre on ne sait pas qui est encore ouvert ou non et où se produisent les musiciens. L’insécurité encore présente dans les quartiers (situation en 2003) nous oblige à limiter les déplacements. Mon meilleur conseil est de vous adresser à l’office du tourisme centrafricain ou, mieux encore, tentez de prendre rendez-vous avec le Directeur de la programmation et ses collaborateurs de la radio nationale. Ce sont des gens très ouverts, ils sont au courant de tout ce qui se passe sur le plan culturel et sportif et pourront vous orienter vers vos centres d’intérêt.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Le premier et le seul grand héro national est le père fondateur de la République Centrafricaine, le feu Barthélemy BOGANDA. L’anniversaire de son décès est fêté le 29 mars. Sa mort tragique dans un accident d’avion en 1959 reste encore très suspecte aux yeux de tous les Centrafricains. Il s’est battu bec et ongles pour l’indépendance du pays appelé alors Oubangui Chari et associé à l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F).

Point de vue canadien :

Sans conteste, une des rares personnes à prétendre au titre de héros est Barthélémy Boganda, le père de l’indépendance du pays. Malheureusement, il a disparu tragiquement dans un accident d’avion (dont les causes ne furent jamais élucidées) au début de son mandat (1960). Jean-Bedel Bokassa aurait pu prétendre au rang de héros national sans son côté tyrannique et cruel. Pendant une bonne partie de son règne (1966-1979), la RCA a connu une période de prospérité dont plusieurs personnes ont encore la nostalgie.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Il n’y a pas d’événements historiques communs entre la RCA et le Canada qui puissent nuire aux relations sur le plan professionnel. Au contraire, la récente présence du Canada à travers les organismes de développement et dans les efforts de maintien de la paix (MINURCA= Mission de Nations Unies en Rép. Centrafricaine) fut bien apprécié.

Point de vue canadien :

Non. Les Canadiens sont très bien perçus et appréciés.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

À ma connaissance, il n’y en a pas car les relations entretenues sont de nature coopérative et non du type colonial.

Point de vue canadien :

Il n’y en a pas à ma connaissance. Tous les Canadiens que j’ai connus (une bonne cinquantaine) ayant travaillé en RCA ont apprécié leur séjour et ont toujours agi en respectant les valeurs locales.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né en République Centrafricaine (RCA) le plus jeune de trois enfants. Il a grandi à Bangui (capitale de la RCA). Il a poursuivi ses études en sciences économiques à l'Université de Bangui. À plusieurs reprises son travail l'a emmené à l'étranger au Cameroun, puis en Espagne et en France. Il a récemment émigré au Canada et vit à Montréal depuis septembre 2002. Il a une conjointe de fait et 3 enfants qui sont restés en Afrique.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Montréal au Canada, le cinquième d'une famille de six enfants. Il a grandi en ville. D'abord artisan maroquinier et cordonnier, son travail l'a emmené en République Centrafricaine suite à un partenariat établi entre l'Organisation canadienne pour la solidarité et le développement (OCSD, fusionné depuis avec Oxfam-Québec). Là il a travaillé avec un chirurgien pédiatre local qui venait en aide aux enfants handicapés locomoteurs à la suite des séquelles de la poliomyélite. Passionné de musique et étant lui même instrumentaliste, il a pu créer des échanges et s'intégrer culturellement de façon très positive. Revenu à Montréal pour poursuivre des études en gestion d'entreprise, votre interprète a aussi travaillé au Bénin (1997-2000) et en République de Guinée (2001-2002) . Il vit actuellement à Montréal. Il est marié depuis 1991 (avec une Centrafricaine) et a trois enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.