Costa Rica

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Notre culture accorde beaucoup d’importance aux relations familiales et aux relations humaines. Il est toujours de mise de prendre des nouvelles de la famille, démontrant ainsi votre intérêt pour la personne. Le travail est également un sujet important, après la famille. Il n’est pas de mise de parler d’argent, d’investissements ou de marché sauf dans les réunions d’affaires où le sujet ne peut être évité.

Si vous avez une bonne connaissance du pays, on vous percevra comme une personne bien informée qui s’intéresse aux gens. Comme je l’ai mentionné précédemment, la famille et les relations humaines ont priorité sur les sujets d’affaires dans les conversations sociales.

La politique locale et internationale est également un sujet de discussion courant dans les conversations sociales, surtout sous l’angle de l’Amérique latine. Les étudiants, les professionnels et les travailleurs s’intéressent à l’actualité politique nationale et tous ont une opinion.

Point de vue canadien :

Votre origine canadienne est certainement un bon sujet pour lancer une conversation positive. Les Costaricains connaissent peu la géographie du Canada, même si un nombre extraordinaire de gens ont entendu parler des chutes Niagara et rêvent de les voir un jour. Une carte géographique du Canada constitue un bon outil pour briser la glace. Le Canada suscite aussi de l’intérêt à cause de ses extrêmes, entre autres, de climat. Vous serez peut-être au Costa Rica alors que c’est l’hiver au Canada. La description des expériences propres à chaque saison, comme le ski, le patinage et la raquette, ou le coloris d’automne est susceptible d’intéresser vivement les Costa Ricains qui n’ont peut-être jamais marché dans la neige ou vu tomber les feuilles des arbres.

Le sens de l’humour est un trait important de la vie au Costa Rica. Les Costaricains ont en effet tendance à donner des surnoms aux personnes en fonction de leur apparence physique. Pour les Canadiens, cette pratique peut dépasser nos limites personnelles par rapport à ce que nous considérons « politiquement correct ». Par exemple, une personne petite de taille et maigrichonne peut fort bien se faire surnommer « flaco/a ». Une personne plus forte se fera pour sa part appeler « gordo/a ». La famille et le travail sont deux sujets de conversation sûrs et constructifs. Le travail a d’ailleurs une dimension particulièrement importante dans la vie des Costaricains.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La distance physique à prendre lorsqu’on parle à quelqu’un constitue une différence importante entre la culture costaricaine et la culture canadienne. Notre bulle personnelle est plus réduite que la vôtre. Le contact physique est aussi plus acceptable dans notre culture. Lorsqu’on fait la queue à la banque ou près d’un téléphone public, il ne faut pas être surpris de voir que les gens se suivent de très près. Il ne s’agit que d’une différence de l’espace vital. Les personnes s’assoient également très près les unes des autres dans les endroits publics. Il est normal de voir des personnes collées les unes aux autres autour d’une table de restaurant ou sur un banc.

Lorsque nous rencontrons une personne pour la première fois, nous lui donnons une poignée de main et toutes les autres fois par la suite. Le matin, lorsqu’ils arrivent au bureau, les hommes se donnent une poignée de main. Les femmes s’embrassent sur les joues. Hommes et femmes s’embrassent également lorsqu’ils se rencontrent. Toutefois, tout comme au Canada, l’accolade est une marque d’amitié réservée aux personnes que l’on connaît.

Dans les conversations courantes, on se tapote l’épaule et on se touche le bras. Cette règle s’applique tant aux hommes qu’aux femmes. Les hommes sont plus portés que les femmes à donner une poignée de main.

Le contact visuel est perçu comme une manifestation de franchise. Toutefois, certaines personnes intimidées sont portées à éviter le contact visuel, surtout parmi ceux qui sont peu scolarisées ou très jeunes, et plus particulièrement dans les régions rurales. En affaires, le contact visuel est très important pour démontrer son honnêteté.

Les Costaricains gesticulent beaucoup, mais leurs gestes sont rarement vulgaires. Le ton de la voix est souvent élevé. Un étranger peut avoir l’impression que nous ne sommes pas directs lorsque nous parlons car nous avons de la difficulté à refuser quelque chose et que nous sommes portés à donner des excuses pour ne pas avoir à dire « non ». Des expressions comme « No se preocupe » (ne t’en fais pas) sont utilisées à outrance. Lorsque nous parlons à quelqu’un, nous n’allons pas directement au but, tournant plutôt autour du pot pour ne pas paraître impoli.

Point de vue canadien :

La distance appropriée entre deux personnes qui se parlent est à peu près la même qu’au Canada. Le contact visuel est approprié, mais pas comme le font généralement les Anglo-Canadiens, à savoir « regarder son interlocuteur droit dans les yeux et donner une solide poignée de main ». Les hommes accueillent généralement les femmes qu’ils connaissent déjà en l’embrassant sur la joue droite. Les femmes s’embrassent également entre elles. La poignée de main n’est généralement pas ferme.

Il existe une série de gestes qu’utilisent couramment les Costa Ricains, mais il est assez difficile de les décrire avec des mots. Par exemple, pour signifier leur départ et dire « me voy » : ils placent la palmes de la main en transversale vers le haut et la descendent. Pour dire « dinero », ils frottent ensemble le pouce et l’index comme le font les Nord-Américains. Pour indiquer la nourriture, ils placent la palme de la main devant leur bouche et font bouger les quatre doigts vers le pouce.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d’affection en public ne sont pas courantes au Costa Rica. Les « Ticos » (Costaricains) donnent l’impression d’être un peuple heureux et amical qui n’hésite pas à donner un coup de main. Ils rient beaucoup et sont aussi portés à exprimer leur joie en dansant, par exemple.

Point de vue canadien :

Les excès de colère en public ne sont pas plus acceptables ni courants au Costa Rica qu’au Canada. Par rapport au Canada, les couples hétérosexuels costaricains démontrent beaucoup plus d’affection entre eux que ne le font les couples canadiens. Cette manifestation d’affection exprime souvent la « possession » : un homme serrant une femme contre lui, un homme dirigeant le pas d’une femme dans la rue, etc. Les couples homosexuels sont pratiquement invisibles par rapport à des grandes villes comme Toronto, mais la culture gaie est de mieux en mieux acceptée dans le tissu culturel du Costa Rica. La danse est très populaire au Costa Rica. Dans les régions urbaines, on remarque une propension à un niveau élevé de contacts physiques en partie à cause de danses comme la salsa. Dans les régions rurales, les contacts physiques dans la danse sont plus conventionnels en ce sens que les danseurs se touchent moins et que la danse est moins « sexée ».

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Il faut connaître l’étiquette du Costa Rica en ce qui a trait à la tenue vestimentaire dans le milieu de travail. Le code vestimentaire dépendra de l’endroit au pays où vous travaillez et de vos fonctions. Dans la Vallée centrale, vous ne devez pas vous habiller d’une façon aussi décontractée que si vous travaillez près de l’océan. Dans la Vallée centrale, les gens qui travaillent dans un bureau ne portent généralement pas le bermuda et des espadrilles au bureau. Les jupes, les pantalons habillés et les robes sont de mise. Par contre, si vous travaillez à proximité de la plage, le bermuda est accepté.

Si vous avez une bonne connaissance de l’espagnol, vous savez que nous avons une façon officielle (Usted) et une façon plus familière de nous adresser à une personne. Vous devez toujours vous adresser à votre superviseur en utilisant le « Usted ». De même, on s’adresse aux supérieurs ou aux personnes plus âgées en les appelant don » ou « dona » suivi de leur prénom. Vous pourriez démontrer un manque de respect à l’égard de votre superviseur en l’appelant seulement par son prénom. Vous pouvez utiliser un niveau de langue plus familier pour parler à un collègue de travail à moins que ce dernier ne soit beaucoup plus âgé que vous.

Le concept de la ponctualité est très souple au Costa Rica. Les Costaricains ont en effet tendance à arriver en retard à un rendez-vous et ils s’attendent à ce que vous n’en fassiez pas de cas. Le manque de ponctualité n’est pas considéré une faute terrible comme c’est le cas en Amérique du Nord. Pour les rencontres sociales, les hôtes s’attendent souvent à ce que leurs invités soient en retard. Pour les rencontres d’affaires, la ponctualité fait toujours bonne impression, même si tous ne sont pas nécessairement ponctuels.

Point de vue canadien :

Les Costaricains accordent beaucoup de soin à leur habillement et s’habillent d’une façon relativement conventionnelle. Les hommes portent rarement le short, même lorsqu’il fait très chaud. Ils se permettent toutefois des chemises sport à manches courtes et sans cravate. Même si les femmes s’habillent de plus en plus à l’Occidentale (c-à-d. de façon plus décontractée et plus risquée), il est encore plus approprié de s’habiller d’une façon relativement conservatrice. Il est courant de se maquiller et de porter des bijoux. Au Costa Rica, l’utilisation de la forme « Usted » est prédominante, même dans les relations entre pairs, collègues et amis. Pour diverses raisons, le concept du temps est moins rigide au Costa Rica qu’en Amérique du Nord – et le temps est souvent appelé « tico-time » par les Ticos et par les étrangers. Tout dépend de la situation et de l’environnement de travail. Dans bien des cas, et plus particulièrement en milieu rural, il est courant d’arriver en retard d’une demi-heure à deux heures, voire même de ne pas se présenter.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Le directeur ou le superviseur local doit avoir une bonne combinaison d’études, de leadership et d’expérience. Les diplômes universitaires sont très respectés dans la société costaricaine. Il est également important de démontrer de l’intérêt à l’endroit de la « personne » par opposition à l’« employé ». La capacité de tenir compte des idées des associés est également bien appréciée. Lorsque le superviseur est un étranger, les gens vont vérifier s’il comprend leur culture et leurs besoins. Il va de soit que la capacité de communiquer en espagnol est un atout important. La compréhension de la culture ne signifie pas seulement comprendre la réalité du pays, mais également les priorités des gens. Tel que mentionné auparavant, les activités familiales et la joie de vivre sont les priorités dans ce pays. Les Costaricains ne vivent pas pour demain, mais plutôt pour le moment présent. En suivant les équipes de football locales, en apprenant à danser, en améliorant sa capacité de communication en espagnol, le directeur étranger démontrera qu’il souhaite s’intégrer au groupe et commencera alors à être considéré comme un membre du groupe.

Le directeur étranger aura la preuve qu’il est bien accepté lorsqu’il sera invité aux rencontres sociales et chez ses associés pour faire la connaissance de leur famille. Si vous devez aller à la maison d’un de vos associés, ne serait-ce que pour quelques minutes, vous devriez prendre quelques minutes de votre temps pour rencontrer les enfants de votre associé, son conjoint/sa conjointe, etc. et échanger quelques propos.

Point de vue canadien :

Le niveau de scolarisation est de plus en plus élevé au Costa Rica où on trouve maintenant davantage de titulaires de PhD et de MBA. Cependant, le leadership, l’ardeur au travail et l’expérience sont encore hautement appréciés. La situation est à peu près la même pour les étrangers. Les Costaricains sont portés à croire que les connaissances, les instruments de travail et l’expertise nord-américaine/occidentale sont « meilleurs ». Cette perception n’est pas nécessairement attribuable à une analyse rigoureuse – une situation dont doit être conscient tout expatrié qui cherche des solutions locales.

Il est possible d’obtenir la rétroaction des membres du personnel, mais comme je l’ai mentionné précédemment, ce mode de communication structuré n’est pas aussi évident que dans la culture organisationnelle nord-américaine « professionnalisée ». La critique d’un supérieur sera plus souvent qu’autrement perçue comme un risque et un long processus sera requis pour créer une culture d’évaluation transparente et constructive.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Dans la plupart des entreprises costaricaines, les idées viennent plus souvent qu’autrement de la direction. Quelques entreprises encouragent la participation des employés, mais elles sont rares. La plupart des entreprises appliquent des méthodes d’administration traditionnelles qui créent des fossés entre les membres de la direction et les employés subalternes. On s’attendra que vous vous adressiez à votre superviseur pour obtenir des réponses.

Certaines nouvelles entreprises ont adopté de nouvelles méthodes d’administration pour améliorer le service à la clientèle et le travail d’équipe.

Point de vue canadien :

D’une façon générale, les décisions sont prises dans le cadre de la structure hiérarchique. Les idées sont généralement, mais non exclusivement, formulées par les cadres supérieurs et intermédiaires. La consultation au niveau des membres d’une équipe se fait couramment, ce qui n’est pas le cas pour la prise de décision par consensus. Comme mode de communication, la rétroaction n’a pas le même historique que dans une organisation nord-américaine totalement professionnalisée. Quoi qu’il en soit, il est approprié de demander la rétroaction de son superviseur – mais il faut adapter ses attentes au regard du processus.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
La culture costaricaine est machiste. Toutefois, le degré de respect du principe de l’égalité des sexes varie selon le groupe social. Par exemple, le rôle de la femme et de l’homme diffère selon qu’il s’agit d’un milieu agricole dans le Sud-Est du pays ou d’un milieu urbain, comme à San Jose, par exemple. Traditionnellement, ce sont les hommes qui assurent la subsistance de la famille et qui détiennent le pouvoir économique. Dans certains secteurs ruraux, et dans certaines familles de la vallée centrale, la plupart des femmes servent littéralement les hommes de la maison. Les femmes s’occupent de la préparation des repas, du ménage et des enfants. Ces rôles peuvent toutefois changer selon le niveau d’instruction du couple et leur capacité de s’adapter aux nouveaux modèles.

Même si l’on assiste actuellement à un important mouvement en faveur de la reconnaissance des droits des femmes, ces dernières sont encore désavantagées au niveau de leur statut. Les traditions ont encore préséance sur les lois et les femmes ne sont pas embauchées sur une base égale à celle des hommes.

Religion :
Selon la Constitution, le Catholicisme est la religion officielle du pays. Traditionnellement, les gens vont à l’église le dimanche et le prêtre jouit d’une grande crédibilité dans la communauté. Le gouvernement consulte souvent l’Église pour des décisions importantes. L’Église joue un rôle actif aux niveaux de la politique, de l’éducation et de la santé. La première communion, le mariage et le baptême sont des cérémonies religieuses importantes dans la plupart des familles.

Classes sociales :
Dans la vie de tous les jours, on note une différence marquée entre les classes sociales. Bon nombre d’étrangers ont de la difficulté à accepter que la domestique, par exemple, ne soit pas autorisée à prendre le repas avec le reste de la famille ou à prendre place au salon de la maison. Les familles des classes moyennes et élevées ont des domestiques, des chauffeurs et des jardiniers à leur service, ce qui perpétue les différences entre les classes sociales.

Origine ethnique :
En raison de sa stabilité politique et économique, le Costa Rica est devenu une terre d’asile pour les immigrants de différents pays, et plus particulièrement du Nicaragua. On trouve aussi des Nord-Américains venus s’installer au Costa Rica pour leur retraite. On dénombre près d’un million de Nicaraguayens vivant actuellement au Costa Rica. La majorité de ces gens ont un niveau d’instruction moins élevé que celui des Costaricains. Ils occupent des postes de domestiques, de travailleurs de la construction, de gardes de sécurité, de travailleurs agricoles, etc. et un grand nombre de Nicaraguayens ont de la difficulté à trouver un emploi. Les services publics, tels que les hôpitaux et les écoles, ont été affectés par l’augmentation de la population qui fait appel à leurs services. Malheureusement, les Nicaraguayens sont victimes de préjugés négatifs, étant essentiellement perçus comme des gens de classe inférieure et peu instruits. Dans de nombreux cas, leur contribution à la société n’est pas appréciée à leur juste valeur.

Les personnes d’autres nationalités ne sont pas perçues d’une façon aussi négative. Les Canadiens, par exemple, sont perçus comme des personnes instruites et bien informées qui apportent une contribution à la société costaricaine et qui respectent l’environnement.

Point de vue canadien :


L’Égalité des sexes :
Le sexe de la personne constitue une dimension importante de la réalité sociale. La « culture phallocrate », comme on l’appelle parfois, se manifeste dans différents aspects de la vie courante. Les hommes occupent la majorité des postes de prise de décision. L’une des différences qui saute le plus aux yeux est la fréquence à laquelle les hommes dévisagent et font des gestes d’appréciation envers les femmes qu’ils croisent alors qu’ils sont au volant de leur auto ou qu’ils marchent tout simplement. La réaction des Costaricaines varie, mais elles semblent démontrer un niveau d’acceptation plus élevé que les Nord-Américaines à l’égard de ce qu’on pourrait appeler du harcèlement sexuel. Cette relation culturelle peut donner lieu à des situations très graves dans le milieu de travail, et plus particulièrement pour les Canadiennes.

La religion :
La religion joue un rôle important dans la vie de beaucoup plus de Costaricains que de Canadiens. La majorité des Costaricains sont encore de confession catholique romaine, mais on note d’importantes mutations vers d’autres confessions, et plus particulièrement les confessions ayant des traditions évangéliques. Il arrive souvent que, au moment de se quitter, on dira « nos vemos pronto – ce qui veut dire à bientôt » et l’autre personne répondra « si Dios quiere – si Dieu le veut ».

Pour une personne non portée vers la religion, la situation peut parfois se révéler embarrassante. Pour faciliter les relations dans votre milieu de travail, il serait bon de préparer à l’avance la position que vous exprimerez à l’égard de la religion de manière à démontrer que vous avez bien réfléchi sur cette question. Même si vous ne pratiquez pas, vous serez probablement invité un jour par un collègue local à participer à des activités religieuses ce genre d’invitation peut se révéler une bonne occasion de créer des liens positifs.

Classes sociales :
Les distinctions entre les classes sociales, même si elles existent, ne sont pas aussi marquées qu’elles le sont dans d’autres pays de l’Amérique latine, comme au Mexique, par exemple. La situation dépend de la façon dont la région a été colonisée et de la façon dont les terres ont été distribuées aux débuts de la culture du café, et plus particulièrement si elles ont été distribuées d’une façon relativement égale. Comme c’est le cas dans de nombreux pays en développement, l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s’élargir. Ce phénomène est particulièrement évident à San Jose où l’on constate que le nombre de véhicules sportifs utilitaires haut de gamme augmente tout comme les zones périurbaines d’habitations à prix modique pour les défavorisés. Les classes sociales ne jouent pas un rôle bien différent dans le milieu de travail qu’elles ne le font au Canada.

Origine ethnique :
La race et l’origine ethnique posent de temps à autre des problèmes importants. La grande majorité des « ticos » ont des racines euro-hispaniques. On entend souvent des propos dénigrants concernant la population indigène (par ex. Cabecar, Bribri) ainsi que les Afro-costaricains de la côte atlantique.

De plus, suite à la guerre civile qui a éclaté en 1979, un nombre élevé et croissant de Nicaraguayens vivent et travaillent, certains légalement et d’autres illégalement, au Costa Rica (environ 500 000 selon certains recensements). Les « Nicas » sont plus souvent qu’autrement des travailleurs immigrés pauvres qui occupent des postes de domestiques et de cueilleurs de café saisonniers. Les « Ticos » ont tendance à se croire supérieurs aux Nicaraguayens et se plaignent souvent que les Nicaraguayens volent les emplois et mettent à dure épreuve le régime de services sociaux du pays.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Dans une culture qui privilégie les relations humaines, il est très important d’établir des relations personnelles pour arriver à faire activer les choses. Souvent on vous aidera avant tout parce que vous êtes un ami et non pas parce que vous êtes un client. Lorsque vous avez établi une relation personnelle avec une personne, les choses ont tendance à bouger plus rapidement. Heureusement qu’il est très facile d’entrer en relation avec les Costaricains qui sont faciles à aborder. Demandez à la personne si elle a des enfants, ce qui vous permettra d’ouvrir la conversation. Parlez-lui aussi de votre famille. Lorsque vous aurez établi la relation, vous pourrez poser des questions sur sa vie personnelle avant de passer aux affaires.

Point de vue canadien :

Il est moyennement important d’établir une relation d’amitié avant d’entrer en relation d’affaires. Entre hommes, il est courant de prendre un verre avec son interlocuteur (habituellement un rhum ou une bière) et d’échanger des propos pour faire plus ample connaissance et établir un climat de confiance. On peut également établir une relation en assistant à une activité sociale, comme une partie de football.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Il se peut que l’employé ou le collègue qui entretient une relation d’amitié avec vous s’attende à un traitement de faveur. Vous devez utiliser votre jugement dans chaque situation. Vous pouvez accepter d’aider vos associés et les membres de leur famille jusqu’à un certain niveau. Toutefois, le professionnalisme doit être exercé dans chaque cas. Il doit exister un juste équilibre entre la relation d’amitié et votre intégrité professionnelle. Si vous maintenez cet équilibre, les gens vous comprendront et vous respecteront.

Point de vue canadien :

C’est possible et plus encore lorsque la relation n’est pas clairement définie. Dans certains espaces socio-économiques (par ex. le développement rural), l’incidence de patronage est plus élevée et les titulaires de poste de pouvoir n’hésitent pas à offrir des récompenses à des membres de leur famille ou à leur accorder un traitement de faveur. Il est toutefois peu probable qu’un collègue costaricain aurait de telles attentes à l’endroit d’un étranger.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Il faut toujours traiter le problème directement et en privé avec la personne concernée. Si vous pensez avoir offensé une personne par vos paroles ou vos agissements, vous devez réagir promptement avant que la situation ne s’aggrave. Il y a également les rumeurs. Dans ces cas, la meilleure façon de faire est de confronter directement la personne que vous auriez offensée et de clarifier la situation avec elle.

Point de vue canadien :

Il est important de tenter en premier lieu de régler le problème en privé afin de ne pas mettre votre collègue dans l’embarras en public ou devant le groupe. Il vaut aussi mieux tenter de régler le problème directement; les situations qui exigent un niveau plus élevé de communication ne sont pas faciles à traiter dans une autre langue que la sienne et le risque de malentendu est alors plus grand. On peut vérifier si on a des problèmes avec un collègue en observant son langage corporel. Les Costaricains sont expressifs avec leur corps et les changements au niveau de ce langage signaleront un changement de sentiment à l’égard d’une personne ou d’une chose.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Le Costa Rica étant un pays en développement, la plupart des gens doivent travailler pour subvenir aux besoins immédiats de la famille. Tel que mentionné auparavant, les familles sont souvent nombreuses. Dans beaucoup de familles, seul un membre travaille à l’extérieur et souvent le chef de la famille est une mère célibataire. Dans ces cas, l’argent est de toute évidence un important facteur de motivation.

Pour les professionnels, d’autres facteurs de motivation s’ajoutent à celui de combler les besoins fondamentaux de la famille, dont des bonnes conditions de travail et l’engagement de la part du personnel.

Point de vue canadien :

La mobilité de la main-d’oeuvre, surtout au niveau du marché du travail cosmopolite et mondial, n’est pas aussi grande qu’en Amérique du nord. Cette situation semble faire une différence intéressante au niveau des éléments qui motivent les travailleurs à bien performer. La sécurité d’emploi constitue de toute évidence un élément qui motive les travailleurs à fournir d’une façon constante une bonne performance au travail. Une amélioration de la satisfaction professionnelle constituerait certainement un facteur important de motivation, ce qui nous amène également à l’amélioration des conditions de travail. En effet, le manque d’espace et de ressources ainsi que la désuétude des outils technologiques, tels que les systèmes de téléphone et les systèmes informatiques, contribuent fréquemment à démotiver les employés.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Liens internet utiles :

http://www.odci.gov/cia/publications/factbook/geos/cs.html#Intro
http://www.lonelyplanet.com/destinations/central_america/costa_rica/
http://www.costaricaweb.com/
http://www.inbio.ac.cr/es/default.html
http://www.teletica.com/
http://www.cr/arte/arte.html
http://www.ilam.org/cr/cost_right.htm
http://www.costarricense.com
http://www.lacarretica.com
http://www.tourism-costarica.com

Étant donné le grand nombre de touristes canadiens au Costa Rica, on peut facilement trouver des livres sur le Costa Rica dans les bibliothèques publiques. Ces livres sont écrits pour les touristes, mais on y trouve quand même une mine d’information générale sur le pays. Je recommande également de visiter les sites web des médias locaux :

http://www.nacion.co.cr
http://www.teletica.com
http://www.monumental.co.cr/
http://www.radioreloj.co.cr/
http://www.carretica.com
http://www.incostarica.net/

Point de vue canadien :

Romans : Mamita Yunai - histoire fascinante de la formation au cours des années 1930 du mouvement syndical dans le secteur des plantations de bananes de la côte ouest – (même si ce livre est sans doute le livre costaricain le plus connu, j’ignore s’il a été traduit en français ou en anglais)... le niveau de langue espagnole est difficile en raison des expressions idiomatiques utilisées.

Poésie : Tout livre de Jorge de Bravo – une merveille !

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Les Costaricains aiment beaucoup la musique et le football. La personne qui se prépare à vivre ou à travailler au Costa Rica devrait savoir que la musique fait partie intégrante de la vie des Costaricains. La salsa, le meringue et le bolero sont au programme de toutes les rencontres sociales. Quant au football, c’est une passion nationale. Les Costaricains suivent les compétitions nationales et internationales. Chaque dimanche, et parfois aussi durant la semaine, on peut assister à des matchs de football et ce sujet fait immanquablement partie des conversations quotidiennes.

La famille constitue un autre aspect important de notre culture. Les liens familiaux sont très étroits et il n’est pas rare que les familles élargies partagent le même toit. Par conséquent, les enfants participent aux activités sociales avec leurs parents. La religion joue également un rôle important au niveau des activités et des relations familiales.

Quant à la cuisine costaricainne, il y a un mets qui revient sur toutes les tables et c’est le « Gallo Pinto ». Ce mélange de riz, de haricots et d’épices est servi principalement au petit déjeuner, habituellement avec de la crème sure et (ou) des oeufs. Le « Picadillos » est également un mets très populaire. Il s’agit essentiellement d’un ragoût de morceaux de légumes (pommes de terre et plantain) et de viande hachée servi avec des tortillas.

Il y a un grand nombre d’activités culturelles qui coûtent peu cher ou qui sont gratuites. Ces activités sont annoncées dans l’édition du dimanche du journal La Nación qui est en vente dans les supermarchés locaux et dans la rue.

Le Tico Times est le journal d’expression anglaise qui dessert la communauté anglophone du pays. On y annonce les activités qui se déroulent au pays et les choses à faire ou à voir. Ce journal est en vente dans bon nombre de supermarchés, dans les magasins de cadeaux/souvenirs et dans les hôtels.

La Organización de Estudios Tropicales est un organisme à but non lucratif qui organise entre autres des fins de semaine de cours dans les différentes parties du pays à l’intention du grand public. L’adresse web de cet organisme est http://www.ots.ac.cr/es/

Point de vue canadien :

Alimentation : Il faut absolument essayer le « gallo pinto », une préparation à base de riz, de haricots noirs et de poivron sur laquelle on peut ajouter un oeuf. Sabroso! Les fruits sont divins, et plus particulièrement la mangue en saison – son goût est incomparablement supérieur à ce que nous trouvons dans les supermarchés canadiens.

Danse : Vous devez absolument danser! Il faut apprendre la salsa, le merengue, le cha-cha-cha... cette activité très agréable vous donnera l’occasion de vous plonger dans la magnifique culture de la musique latine.

Les principaux quotidiens, dont La Nación sont intéressants à lire www.nacion.cr . Je recommande vivement d’assister à une partie de football, au niveau national ou international. Le soccer oppose principalement des équipes des principales villes de la vallée centrale, à savoir San Jose, Alajuela, Cartago et Heredia.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Je limiterai ma liste à quatre personnages importants :

Le héros national du Costa Rica est Juan Santamaria. Il est décédé en 1856 alors qu’il défendait la souveraineté du pays en combattant les troupes de Walker qui tentaient d’envahir le Costa Rica.

José Figueres Ferrer, le président du pays qui a aboli l’armée en 1948.

Plus récemment, le Dr Oscar Arias qui a été en nomination pour le prix Nobel de la paix pour sa participation au rétablissement de la paix en Amérique centrale.

Le Dr Franklin Chang, astronaute costaricain. Il est reconnu et apprécié pour sa participation à la NASA, aux États-Unis.

Point de vue canadien :

Silvia et Claudia Poll sont des personnages très bien connus parce qu’ils sont les premiers médaillés d’or costaricains des Jeux olympiques. D’un point de vue historique, le personnage le plus important est Juan Santamaria auquel un jour de célébration est consacré. Juan Santamaria a combattu l’esclavage et l’occupation du Costa Rica par l’Américain William Walker. L’ancien président Oscar Arias est aussi un personnage bien connu au Costa Rica, pour avoir mérité le prix Nobel de la paix en 1987. Enfin, il y a Franklin Chan Diaz, un scientifique costaricain qui a travaillé pour la NASA et qui a participé à diverses missions spatiales.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Le respect des droits de la personne, l’amour de la paix, la protection de l’environnement sont des principes que partagent les Costaricains et les Canadiens.

Point de vue canadien :

L’accord actuel de libre-échange est certainement susceptible d’affecter les relations commerciales, selon le secteur et la portée de l’activité.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Canadiens sont perçus comme des personnes ayant un haut niveau de scolarisation et qui sont bien informées sur notre pays. Les Costaricains perçoivent les Canadiens comme des gens qui partagent leurs valeurs, à savoir l’amour de la paix et le respect de l’environnement. Le seul stéréotype qui n’avantage pas les Canadiens est la tendance des Costaricains à croire que tous les Canadiens sont riches du seul fait qu’ils viennent d’un pays industrialisé.

Point de vue canadien :

Il peut être contre-productif de perpétuer le stéréotype du « tico-time » qui peut donner à penser que les Costaricains sont intrinsèquement paresseux ou désorganisés. Il est préférable de miser sur des stratégies constructives qui donnent à penser que les Costaricains peuvent et veulent travailler ensemble et qu’ils cherchent à trouver des solutions pour satisfaire les besoins de l’équipe en termes de respect des délais, des plans de travail, etc.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle, la deuxième d'une famille de quatre enfants, est née à San José, la capitale du Costa Rica. Alors qu'elle avait trois ans, sa famille s'est établie à l'est de San José, où elle a vécu durant 33 ans avant d'immigrer au Canada. Après ses études primaires et secondaires, elle obtient son diplôme d`enseignement de l`Université de Costa Rica. Après avoir travaillé pendant de nombreuses années pour des multinationales plutôt que d'enseigner, elle a décidé de faire son MBA à l'ULACIT au Costa Rica. Elle a ensuite immigré au Canada où elle a travaillé pour une entreprise familiale et enseigné l'espagnol aux diplomates et aux fonctionnaires appelés à se rendre en Amérique latine. Elle se rend fréquemment au Costa Rica et vit maintenant à Ottawa avec son mari.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né et a grandi à Toronto. Durant ses études secondaires, son intérêt marqué pour les jeunes et le développement communautaire l'a amené en 1991 à faire un premier séjour de travail de trois mois en Guyane. Il a par la suite étudié le développement international à l'université Dalhousie à Halifax et accepté une affectation comme chef de projet de développement au Costa Rica où il a passé un an. Après ce séjour au Costa Rica, il a fait des études de maîtrise en études environnementales à l'université York qui l'ont à nouveau amené au Costa Rica pour une période de 8 mois pour y étudier le lien entre le développement communautaire et les transitions à une production de café biologique et équitable. Il travaille actuellement dans une maison de transition pour les jeunes de la rue à Toronto. Il est marié sans enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.