Algérie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

En Algérie, bien que la langue officielle soit l’arabe, la langue de travail la plus utilisée est le français. Les Algériens, du fait de la colonisation française (132 ans) parlent et comprennent le français.

Avant une première rencontre, il est important de savoir si l’interlocuteur est une femme ou un homme. L’approche sera adaptée selon la personne à rencontrer.

Aussi, il serait préférable et intéressant de se documenter sommairement (informations préliminaires et générales) sur l’environnement social et professionnel de la personne à rencontrer, à savoir la ville où elletravaille (population, bref aperçu historique, équipe de footballlocale, etc.) et l’organisme où elle travaille. Lors de la première rencontre, les sujets qui peuvent engager la discussion dans une bonne voie et impressionner l’interlocuteur sont les suivants :

Le sport (avec un homme algérien) : en particulier le football dont la popularité est similaire à celle du hockey au Canada. L’Algérien serait agréablement surpris d’entendre un Canadien lui parler de son équipe de football locale ou de l’équipe nationale algérienne et faire quelques commentaires ou poser des questions sur le jeu.

Les voyages, l’histoire, l’art, la musique : des questions sur l’histoire de l’Algérie, sa géographie, ses attraits touristiques, son économie indiqueront à l’interlocuteur qu’on s’intéresse à son pays.

Le travail : parler de ses réalisations, son cheminement, ses études et diplômes.

La famille (seulement avec une femme) : si elle est mariée, lui poser des questions sur ses enfants, son conjoint (études, travail, âge des enfants, intérêts); si elle est célibataire, lui poser des questions sur ses frères, soeurs, parents, etc.

L’Algérien aen général le sens de l’humour. Une discussion dans une ambiance détendue et joyeuse encourage un climat de confiance mutuelle. Les sujets à éviter dépendent de la personne. Dans le cas d’un homme, évitez de parler de :

La famille : En général et en raison de considérations d’intimité et de vie privée, l’Algérien n’aime pas qu’on lui pose des questions sur sa famille, surtout sa conjointe car, en Algérie, il incombe à l’homme de sauvegarder l’intimité et la sécurité de la famille. Il peut en parler d’une façon superficielle : « Oui, j’ai 2 enfants, ils vont à telle école, etc. ». Il ne parlera pas de sa conjointe. Il considère que c’est une intrusion dans sa vie privée que de parler de sa femme.

La politique intérieure de l’Algérie : Ce sujet est très sensible et le fait de prendre position ou d’émettre un avis peut être perçu comme une ingérence dans les affaires internes du pays.

La religion : L’islam est la religion prédominante en Algérie. Avec les événements qu’a connus ce pays (islamisme politique, terrorisme, guerre civile), il serait maladroit d’engager une discussion sur les religions et leur place dans la société ou sur la laïcité.

L’origine ethnique : L’Algérie est composée d’Arabes (75%) et de Berbères (25%). La minorité berbère essaie de se frayer, non sans difficulté, une place dans le paysage à majorité arabophone et de revendiquer son identité spécifique. Or, les arabophones et les décideurs voient dans cette démarche une tentative de désunion et de régionalisation. De ce point de vue, il ne serait pas pertinent d’aborder le sujet de l’origine ethnique de la personne à rencontrer. Éviter la question : « Êtes-vous arabe ou berbère ? » Cette question pourrait être mal l’interprétée.

La sexualité : Pour des considérations d’intimité personnelle, religieuses et culturelles, il serait mal venu de discuter ou de plaisanter sur ce sujet. Il faut laisser l’initiative à l’interlocuteur.

Dans le cas d’une femme : À part le sujet qui touche la famille et contrairement à l’homme, l’Algérienne acceptera volontiersde parler de ses enfants, son mari et ses parents. Par contre, on é les même sujets qu’avec les interlocuteurs masculins.

Point de vue canadien :

On doit distinguer deux situations de base : la rencontre officielle (dans le cadre du travail ou d’une activité sociale officielle) et une présentation informelle dans un contexte détendu ou aucun enjeu n’est discuté.

Dans le premier cas, le formalisme est de rigueur car l’Algérien (maghrébin en général) est assez réservé et méfiant envers les étrangers. Lors d’une première rencontre, on évitera de rentrer en profondeur dans le sujet. Il faut éviter les positions arrêtées et les jugements à l’emporte pièce même si l’opinion émise semble partagée par plusieurs car rien n’est noir ou blanc et tout est en nuances. Très souvent, la personne rencontrée devra se faire une idée à votre sujet et si des rencontres plus fréquentes sont envisagées, on souhaitera avancer à partir d’une appréciation plus poussée. L’Algérien construit sa relation avec l’étranger.

Si vous vous intéressez à la poésie arabe, n’hésitez pas à en discuter car l’Algérien est très sensible à la culture littéraire. Vous voulez une série de sujets faciles : visitez les musées et parlez de ce que vous y avez admiré. L’humour en Algérie est très différent et il ne faudrait pas essayer de jouer sur ce vecteur de communication, même avec des blagues bien tournées, subtiles et portant sur des sujets non sensibles.

On privilégie l’attitude avant les sujets mais si on recherche des sujets à éviter, je mentionnerais d’abord la religion et tout appui formel aux actions d’Israël et aux États Unis. En plus, si vous intervenez en associant islam et terrorisme, les gens vont automatiquement vous tourner poliment le dos à moins qu’une personne ne se sente vexée et qu’elle vous apostrophe sans avertissement. Évitez aussi la politique intérieure qui est jugée comme une ingérence dans les affaires de l’État. À éviter, toute glorification du système de valeurs associé à la liberté individuelle car l’Algérien a beaucoup souffert et ne considère pas que l’individualisme soit un moteur de développement.

Ne prenez pas d’alcool, même si on vous en offre. Demandez plutôt un jus de fruits ou une eau minérale. Cela sera positivement remarqué.

Peu importe la fonction, l’âge et l’apparence physique de la personne (surtout lorsqu’il s’agit d’une femme), demeurez respectueux, poli et réserv&eacute dans votre comportement et dans vos propos.

Pour les autres sujets à privilégier, le football est à suivre car plusieurs clubs font la passion des Algériens, surtout en Coupe du Monde. Un sujet qui est toujours bien accueilli est la température, à savoir s’il a bien plu pour les récoltes. Cela démontre votre connaissance des enjeux fondamentaux de l’Algérie. Si vous essayez de faire de l’humour en ce qui a trait au métro d’Alger, cela sera très mal perçu. Cela fait 30 ans qu’on parle du métro. Soyez discret également lorsque vous faites des commentaires sur la circulation à Alger, car c’est un sujet délicat.

Pour ce qui est d’une rencontre en privé, cela dépend de vos fonctions officielles (car elles vous précèdent autant qu’elles vous suivent) et de si vous venez seul ou accompagné. La règle générale est qu’on vous estimera si vous êtes chaleureux, sans exagération toutefois, surtout pour une femme. Une bonne approche consiste à demander d’abord l’opinion de l’autre avant d’offrir la vôtre. La patience et le calme impressionnent. Même si les Algériens sont parfois très démonstratifs, il ne faut pas s’attendre à être l’objet de manifestations exubérantes, même après un certain temps et lorsque la confiance est établie. Par contre, si vous êtes un homme, ne vous sentez pas mal à l’aise si votre hôte masculin vous prend la main pour faire un bout de chemin ou vous fait l’accolade, signes qu’il vous estime.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

En Algérie, lors d’une première rencontre ou devant une simple connaissance, l’usage est de serrer la main de la personne. Lorsque la relation est plus familière et amicale, hommes ou femmes s’embrassent sur les deux joues.

Qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme, il est important de conserver une certaine distance (minimum d’environ 80 cm) de son interlocuteur pendant une discussion. Éviter tout contact physique (tape sur l’épaule, le bras, etc.). Ceci n’est accepté que dans une relation amicale très proche.

En Algérie la distance entre individus (la zone ou la sphère de l’espace personnel ) est beaucoup plus réduite qu’au Canada. Cette distance tend à s’agrandir un peu lorsqu’on a affaire à une personne de l’extérieur. Mais dès que la confiance s’installe et que la relation devient plus proche, la distance se rétrécit.

Le contact visuel est également important lorsque l’on parle avec quelqu’un. Il est impoli de ne pas maintenir un contact visuel avec la personne avec qui l’on converse, sinon elle risque de ressentir un manque de considération à son égard.

L’Algérien utilise beaucoup ses mains lorsqu’il parle. La gestuelle est un mode de communication commun. Cependant, l’usage de certains gestes est à éviter, comme par exemple, pointer l’index vers le haut (= être autoritaire); pointer l’indexe vers une personne (= donner des ordres), et mettre le point de la main gauche dans la main droite ouverte (= un geste qui fait allusion à un acte sexuel).

Il faut faire preuve de finesse lors d’une divergence d’opinion sur un sujet. Éviter de contredire l’interlocuteur en public. Ne pas élever la voix ni être trop franc et trop direct car cela peut heurter la susceptibilité des interlocuteurs. Il vaut mieux essayer de dissimuler sa colère ou son désappointement. Les gens aiment avoir affaire à une personne patiente et calme.

Point de vue canadien :

Aux premières rencontres, on doit maintenir une distance d’environ un bras et garder un contact visuel discret. Par la suite, le toucher devient plus important car il ne faut pas oublier que l’Algérien est un méditerranéen. Si on a l’occasion de les observer dans une rencontre, à l’aéroport, dans un restaurant à Alger, à Oran ou ailleurs, on voit que les gens se touchent, se promènent bras dessus, bras dessous et gesticulent. Mais cela prendra longtemps pour que l’Algérien se sente en confiance avec un étranger.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les marques d’affection en public ne sont pas courantes en Algérie. Les Algériens n’aiment pas étaler leurs émotions en public. L’étreinte amoureuse est très mal vue (voire interdite) en public. La culture algérienne confine cette expression dans la sphère privée de l’individu.

Les marques d’amitié font cependant exception. On peut taper une connaissance sur l’épaule, marcher en se tenant la main (surtout les filles), se tenir très prè de son interlocuteur si on se connait bien.

Pour ce qui est de la démonstration de la colère en public, c’est mal vu mais toléré. Il est conseillé de discuter en tête-à-tête et en privé avec l’interlocuteur et lui faire part du désaccord. Celui-ci appréciera car il est mal venu de perdre la face en public.

Point de vue canadien :

Les gens parlent fort et on a parfois l’impression qu’ils se disputent, mais je n’ai jamais vu personne en arriver aux mains. Le contraire est plus vrai dans les relations professionnelles où la discipline est de mise. Pour un Canadien, la règle est simple : inutile de se faire remarquer et ne pas élever la voix contre qui que ce soit. Le calme et la maîtrise de soi apportent plus de respect et de considération que le débordement, même positif, surtout de la part d’un étranger.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

L’Algérien s’habille en général à l’européenne. Pour le travail, la tenue vestimentaire recommandée est la tenue de ville. Les femmes devraient éviter les tenues trop courtes et les décolletés.

Dans les relations de travail, on s’adresse différamment à un collègue qu’à un supérieur hiérarchique. On peut appeler un collègue par son prénom. On peut également faire de l’humour. On s’adresse à un supérieur hiérarchique par Monsieur ou Madame suivi de son nom de famille. Le langage est formel, courtois et neutre. On évite les familiarités.

On n’accorde pas une grande importance à la ponctualité dans l’environnement professionnel, surtout dans le secteur public. Cependant, c’est une qualité encouragée et bien vue. En général, c’est le supérieur hiérarchique qui sert d’exemple. Si celui-ci arrive à l’heure, son professionnalisme sera apprécié par les autres et leur servira d’exemple.

Au même titre que la ponctualité, la productivité est encouragée et récompensée. L’absentéisme (sans motif valable) confère une image négative et il est mal perçu dans le milieu de travail.

Point de vue canadien :

Habillez-vous en relation avec vos fonctions car l’Algérien s’habille à l’européenne. Même si on admire le fait que les Canadiens sont très décontractés, il ne faut pas trop en faire non plus car à responsabilités égales, votre vis-à-vis n’aura sûrement pas les mêmes moyens financiers (surtout dans la Fonction publique). En privé, les choses changent mais un pantalon et une chemise, même sport, sont préférables au t-Shirt et aux jeans car vous ne savez jamais qui vous pouvez rencontrer dans vos activités extra-professionnelles. Pour la femme, discrétion et élégance, mais rien de tape à l’œil ni de provoquant, même s’il fait chaud et qu’il y a peu d’ascenseurs qui fonctionnent convenablement.

Le vouvoiement est une règle de base. Par contre, au fur et à mesure que le contact est établi, si vous pouvez insister pour diminuer cette distance d’autorité, le cadre de la relation peut en bénéficier. Mais attention aux différences hiérarchiques. Il est de loin préférable de s’adresser à l’individu en tant que responsable ou investi d’une autorité et non à la personne comme telle. Vous pouvez dire Monsieur Metcour et alterner avec M. le Directeur de temps &agrave. C’est important de lui faire sentir qu’il est directeur (si cela est le cas). Il ne faut pas abuser du lien d’autorité que l’étranger pourrait avoir sur un Algérien. L’Algérien est très fier et il tient beaucoup à sa dignité. Ceci est aussi valable, sinon plus, pour la partie berbère du pays (Kabylie).

La perception du temps est variable car les profils de formation et la culture sont de plus en plus variés dans la jeune génération qui est de plus en plus nombreuse. En effet, la population algérienne est de plus en plus jeune. Regardez la pyramide des âges et vous comprendrez qu’après la génération de l’Indépendance, les jeunes sont à la porte du pouvoir. L’appareil public autant que le secteur privé est de plus en plus aux mains des jeunes et les valeurs tendent à se mondialiser. Le temps (outre le week-end qui est le jeudi et le vendredi) et son utilisation sont au même rythme que nous. Par contre, hors des grands centres urbains, la ruralité prend le dessus et là, la religion, la coutume et les activités traditionnelles donnent la pleine dimension au temps. La température aussi car lorsqu’il fait chaud, le temps s’arrête.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local sont : la compétence, les études, la culture générale, la ponctualité, l’expérience, l’assiduité, la belle prestance, la rigueur. Ces qualités s’appliquent aussi à la personne de l’extérieur.

Cependant, le fait d’être de l’extérieur pourrait être un avantage. Les Algériens ont en général tendance à valoriser davantage les compétences étrangères.

La perception par le personnel peut se voir par la façon d’accueillir (un salut franc et sincère ou furtif), la façon dont la tâche est exécutée (délais, marques d’intérêt ou négligence, etc.).

Point de vue canadien :

L’échelle des valeurs recherchées dans le travail et dans la manifestation d’autorité est relativement simple losrqu’il s’agit d’un Algérien. On respectera quelqu’un qui a une longue expérience et un sens de l’équité. Mais étant donné qu’il y a peu de mécanismes d’évaluation de rendement, le supérieur hiérarchique n’est que très peu questionné quant à la légitimité de son autorité une fois qu’il est investi de celle-ci. La discipline de l’acceptation prévaut. Il est là parce qu’il est là. C’est un univers où la réputation et les origines de l’individu le précèdent. Les choses s’expliquent de cette façon car c’est une société où l’autorité vient d’en haut.

On regardera plus sérieusement un expatrié en position d’autorité. Il doit en tout point être conforme à une très haute moralité pour être en mesure d’assumer son autorité. À la moindre injustice envers un Algérien, les subalternes vont largement discourir et prendre position. Le jugement sera sans appel et on vous le fera sentir en créant une distance sans pourtant jamais renier votre autorité. Pour éviter de se trouver dans une telle situation, prenez le temps de bien peser la situation car tant que vous n’avez pas utilisé votre autorité, le temps peut très bien s’occuper du dossier. Par contre, laisser traîner une décision qui s’impose aux yeux de tous entraînera un discrédit car, paradoxalement, on respectera l’exercice du pouvoir.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les décisions sont prises selon leur importance et leur nature. La prise de décision est descendante (du haut vers le bas) : 1) Certaines décisions proviennent des ministères de tutelle. Le directeur n’a d’autre choix que de les appliquer; 2) D’autres sont celles que le directeur prend de sa propre initiative; 3) D’autres sont prises après concertation avec les représentants du personnel.

Chaque employé peut communiquer ses idées. Toutefois, celles-ci doivent transiter par le supérieur immédiat qui l’acheminera à la direction. Le supérieur immédiat peut aussi être consulté sur un sujet relatif à l’exécution d’une tâche ou pour de la rétroaction.

Point de vue canadien :

La prise de décision est hiérarchique. Le patron est là pour décider. Anticiper les choses peut constituer une manifestation contre l’autorité. Il faut donc s’attendre dans des réunions à ce que le chef parle et que les autres confirment leur adhésion au chef. On peut arriver à mieux cerner les opinions de chacun dans des conversations en tête-à-tête mais encore là, l’Algérien ne s’ouvrira pas d’emblée. L’emploi est rare et les charges et besoins sont nombreux. Pourquoi alors irait-il se confier à un étranger? Surtout s’il est en position d’autorité.

Pour ce qui est d’obtenir des réactions, des opinions, des validations, il est préférable d’utiliser les premiers temps de votre mandat. On excusera tout au début, à moins que &cced;a porte directement sur votre secteur de compétences. On appréciera que vous consultiez votre supérieur mais au bon moment et de la bonne façon. Sinon, le fait d’aller valider une information à tout moment pourrait signifier que vous avez accès à l’autorité sur une base privilégiée et votre supérieur pourrait très bien ne pas souhaiter cette interprétation chez les autres employés.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : En Algérie, l’homme s’est adjugé tous les droits. De plus, le pouvoir politique dicte la conduite de la femme algérienne dans un code de conduite appelé « Code de la famille » qui restreint ses libertés. Les femmes ne sont pas bienvenues dans les cinémas, les cafés, les bars, les stades de football. Ce sont des espaces réservés à l’homme.

Cette attitude se traduit dans le milieu du travail, qui est un monde d’hommes en Algérie, par la sous-estimation des compétences de la femme, la difficulté de travailler en groupes mixtes. En dehors de l’enseignement, de la santé et du secrétariat, la femme est souvent perçue comme une intruse.

Religion : En Algérie, la religion musulmane a une place prépondérante dans la vie de tous les jours. Elle sert à la fois de référence et de guide dans les relations entre les individus. Cependant, dans les grandes villes (Alger, Oran, Annaba) l’influence de la culture occidentale, française notamment, est très visible. Les Algériens évitent de porter des jugements sur leur religion et ils restent attachés à elle, même s’ils ne sont pas des pratiquants assidus.

La fin de semaine en Algérie a été changée pour des considérations religieuses. Au lieu du samedi-dimanche, les Algériens se reposent le jeudi-vendredi. La prière, cinq fois par jour, occupe une place importante pour les pratiquants de la religion musulmane. Les horaires de travail obéissent à des impératifs économiques et ne sont pas conçus en fonction des heures de prière. Le musulman peut accumuler le nombre de prières et les faire le soir chez lui.

Classe : Après plus de 30 ans de régime socialiste, prônant aux Algériens l’égalité de tous, ces derniers ont du mal à s’habituer à leur nouvelle réalité. Après les changements politiques et l’adoption de l’économie de marché, la société a subi, dans un contexte de crise économique, de profonds bouleversements. Cela s’est traduit par l’émergence de classes sociales (les riches, la classe moyenne et les pauvres). Les pauvres sont en majorité de nos jours. Pour l’Algérien moyen, ce sont les conditions économiques qui font qu’on appartient à telle ou telle classe. Ce n’est pas un héritage social.

Cette nouvelle situation a entraîné chez les employeurs une attitude très autoritaire. L’employé est moins protégé et reste tributaire des conditions du marché de l’emploi, du taux de chômage et de l’humeur de son employeur.

Origine ethnique : L’Algérie est ethnologiquement peu diversifiée. La population est composée d’Arabes (75%) et de Berbères (25%). Ces derniers sont souvent marginalisés. Cependant, un certain progrès a été accompli en institutionnalisant le Berbère comme 2ième langue nationale, mais pas officielle.

L’impact de l’origine ethnique sur les relations de travail n’est pas très significatif. Les deux groupes ethniques travaillent ensemble sans problèmes. Comme dans tous les milieux de travail, les groupes, clans et amis se forment sur des bases différentes (ethniques, régionales, voir tribales, etc.)

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Cela varie énormément en fonction de l’âge et de l’éducation mais de façon générale, les femmes plus âgées ne voient pas la relation sous forme égalitaire car il y a un degré de soumission clair dans les rapports hommes-femmes. Par contre dans la jeune génération, les attitudes et les manifestations quotidiennes se sont occidentalisées dans les dernières années. Mais on a encore en mémoire les islamistes durs et la méfiance est toujours de mise. Il s’agit d’un long combat tranquille car les priorités sont ailleurs.

L’Algérie n’est pas dans la position de la Tunisie, qui est plus ouverte à cet égard, mais, par exemple, on voit de plus en plus de femmes officiers de police (donc investies d’une autorité même sur les hommes). Sans dire que cela va bien tout le temps, il s’agit d’une nette démarcation par rapport aux années 1980.

Religion : L’islam est très présent en Algérie car il est le ciment d’une mosaïque humaine. On respectera les personnes pour qui la religion est importante car les Algériens sont très tolérants de nature. Chose certaine, il faut toujours respecter les références à l’islam. Pour ce qui est des autres religions, la prudence est de mise dans les manifestations même si le terrain ne semble pas miné. L’Algérie n’est pas encore totalement sécurisée de ce côté et il est inutile de faire partie des statistiques.

Classe : Je ne connais pas la notion de classe en Algérie sinon qu’il y a une classe dirigeante.

Origine ethnique : Il faut avoir une bonne connaissance de la géographie et de l’histoire de l’Algérie (et du Maghreb) pour distinguer les origines ethniques. On vous parlera du Mzab, de la Kabylie, de l’Algérois, de l’Oranais, du Constantinois... Il y a une grande variété de traditions selon la région, même si l’Algérie a un goût profond pour la modernité. Là tout devient uniforme et dominé par le cellulaire, la voiture, la technologie. Marseille ou Alger, c’est du pareil au même sous cet aspect. Vous serez à même de constater que, comme partout, certains regroupements sont observables. Les choses s’expliquent mais à savoir si vous avez droit à ces explications, c’est une autre affaire.

En tant qu’étranger, il m’apparaît inutile d’aborder ces sujets tant et aussi longtemps que vous n’avez pas une très bonne connaissance du pays et des enjeux. Si vous cherchez à en savoir plus, regardez autour de vous pour trouver quelqu’un avec qui en parler (un professeur d’université en sociologie ou en histoire par exemple). Afin d’éviter des répercussions négatives par erreur d’interprétation, allez-y avec très grande prudence. On n’admettra pas que vous, occidental, cherchiez trop rapidement à vous identifier à ces valeurs. Ce serait nier leur aspect fondamental et leur historicité.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

En général, les relations d’affaires en Algérie n’ont pas besoin d’être précédées par l’établissement de relations personnelles. Elles sont basées sur des critères strictement économiques. Cependant, cela n’empêchera pas qu’elles débouchent, par la suite sur des relations personnelles soutenues pouvant offrir d’autres possibilités d’affaires avec d’autres partenaires commerciaux.

Il est aussi avantageux d’être recommandé ou référé par quelqu’un qui connaît personnellement la personne avec qui on veut faire affaire. Le lien de confiance s’installe rapidement.

Point de vue canadien :

La relation personnelle est légitime mais ne doit pas être forcée ou directement liée à l’objet du marché. Elle s’inscrit dans le temps et d’ailleurs on reproche aux Canadiens d’aller trop vite en affaires. La réflexion est simple : on ne fait affaire qu’avec des personnes en qui on a confiance car c’est la seule garantie que la transaction soit complétée. Il ne faut pas croire que la relation se fait autour d’un souper ou d’une rencontre. Le temps est la sécurité de la relation car avec le temps vient l’expérience partagée, la similitude des points de vue, le partage de moments heureux constituant des souvenirs, l’aide à l’étranger lorsqu’on peut faire quelque chose. Comment faire? Etre fidèle et bien cibler les personnes, ne pas faire sentir que la relation est liée au marché mais bien faire comprendre qu’il y aura marché s’il y a accord entre les individus, et accord dans un temps plus long que le marché. Sans provoquer les événements, se tenir disponible et ne jamais hésiter à saluer au passage cet ami qui vit un peu hors du circuit d’affaire; être compatissant dans les épreuves.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

En Algérie, le fait d’embaucher un parent ou un ami ou de le recommander à des collègues n’est pas perçu comme du patronage ou du favoritisme. C’est vu plutôt comme un privilège (chance) d’avoir un parent ou un ami influent. Socialement et culturellement, c’est gratifiant d’aider sa famille et ses amis.

Ainsi, lorsqu’une relation de travail débouche sur une relation personnelle, le collègue ou l’employé s’attend à avoir un traitement privilégié : accès à de l’information privilégiée, embauche des proches, mais pas nécessairement une augmentation de salaire. Pour lui, cette amitié est socialement importante (avoir un ami directeur d’une société). De son côté, il fera tout pour la préserver et l’entretenir.

Il n’y a pas de considération, de comportement ou de traitement spécial pour ce type de relations. Il est toujours avantageux de répondre aux attentes de ce collègue ou de cet employé.

Point de vue canadien :

Je ne peux me permettre d’encourager ce comportement s’il est observable par des témoins qui n’ont rien à faire dans les circonstances. Si le privilège émane de votre autorité dans le cadre du travail, il y a danger de créer un précédent et, par là même, de l’inéquité. On ne devrait pas tomber dans ce mécanisme visant à s’allier à certains au détriment des autres. Rien ne dit que celui à qui vous avez accordé un privilège ne sera pas celui qui viendra vous contester un peu plus tard. Ne pas franchir la ligne. Par contre, s’il vous est permis de contribuer à des collectes ou des fêtes grâce à votre pouvoir discrétionnaire, le geste est autre et de portée positive.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

En général, l’Algérien aime bien paraître dans le groupe. Il n’aime pas qu’on exprime publiquement à son égard de la colère ou des commentaires négatifs sur son travail, son attitude ou son comportement. Il préfère qu’on lui fasse ces remarques en privé. Il n’aime pas perdre la face en public.

En raison de sa volonté d’être apprécié, surtout par un étranger (reconnaissance), l’Algérien accepte moins une remarque venant d’un étranger que d’un autre Algérien. L’impact est beaucoup plus grand dans le cas d’un étranger. Donc, il est recommandé de les traiter en privé et en tête-à-tête.

En général, l’Algérien répugne à confronter directement la personne à qui il a des choses à reprocher. Surtout si c’est son supérieur hiérarchique. Il préfère le langage non verbal par le biais duquel il espère signaler à la personne son mécontentement. Il s’attend à ce que la personne aille vers lui. Ce langage peut s’exprimer par l’expression du visage, l’évitement, la distance. Il faut donc être attentif aux changements soudains d’attitude et de comportement des collègues ou des employés.

Point de vue canadien :

Ne jamais mettre à l’épreuve la fierté de l’Algérien devant des témoins. Comme dans tout processus de résolution de conflit, il faut rechercher le terrain commun avant de mettre en relief les différences. Il faut aussi savoir si c’est un litige lié au travail, à des personnes ou à des responsabilités. Cela se traite différemment. Si vous êtes en position d’autorité, ouvrez le débat simplement et demandez des explications tout en utilisant le moins d’autorité possible car il peut s’agir d’un problème de perception qui n’a rien à voir avec l’autorité. Entre collègues, les choses peuvent être sensiblement plus faciles car vous pouvez créer l’occasion. Si vous n’êtes pas en position d’autorité, il faut revoir votre comportement et peut-être en parler avec un collègue de même niveau pour avoir son opinion à moins que cela soit très personnel. Il y a des situations sans issue, ici comme ailleurs. Parfois, l’agenda est celui de créer un conflit pour vous tester. Il n’y a donc pas de motif sinon celui de voir comment vous fonctionnez.

En tout état de chose, une fois la cause du problème identifiée, si vous êtes responsable, admettez-le, si vous ne l’êtes pas, laissez glisser et si les deux ont tord, allez prendre un bon café ensemble le lendemain. N’accordez pas plus de poids au problème qu’à sa solution.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

L’employé algérien s’attend à être valorisé et récompensé pour les efforts qu’il fournit. Il est particulièrement motivé par le salaire et par de bonnes conditions de travail. Une fois ces conditions réunies, il s’attellera loyalement à sa tâche. Il aime travailler avec des gens compétents pour qui il manifestera du respect et de la considération et de qui il attendra la réciprocité.

Point de vue canadien :

C’est une question difficile car tout est en mouvement en Algérie. Les générations s’entrechoquent et les entreprises sont demeurées très « gestion socialiste des entreprises » dans le plus pur modèle soviétique. La notion d’initiative est un sujet délicat car trop souvent, on assiste malgré certaines volontés individuelles à un mécanisme de nivellement par le bas. On valorisera certainement le positionnement du poste pour son influence et son prestige du fait qu’il apporte habituellement son lot de privilèges et de pouvoir. Avec cela viendra l’argent. Une personne regarde sa place dans la hiérarchie et l’influence qu’il peut avoir sur ses semblables et sur les privilèges pour lui et sa famille. Pour le reste des mutilateurs, on peut les brasser dans un chapeau et faire un tirage. Dans un champ d’activité, ce sera l’argent, dans un autre les conditions de travail, dans un autre on devra se contenter de sa satisfaction personnelle et enfin, la motivation viendra simplement de subvenir à ses besoins.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Voici quelques références pour en savoir davantage sur la culture algérienne :

Livres : « L’éducation et la culture en Algérie. Des origines à nos jours », Chems Eddine Citour, Éditions ENAG, Alger, Algérie, 1999. « Nedjma », Kateb Yacine, Éditions du Seuil, Paris, France. 1956 et avril 1996. « Les chemins qui montent ». Mouloud Feraoun, Éditions ÉNAG, Alger, Algérie. 1998 (2ième édition) et « Le fleuve détourné », Rachid Mimouni, Éditions Robert Lafont, Paris, France, 1982.

Films : Omar Gatlatou, Un toit une famille, La montagne de Baya, et De Hollywood à Tamanrasset.

Point de vue canadien :

Personnellement, je lis beaucoup sur chaque pays avant d’y aller : géographie, ethnographie, photos, culture, économie. Je vous conseille de ne pas en rester à l’aspect touristique. Vous pourriez choisir même d’aller vivre avec les gens et d’épouser leurs préoccupations. Ainsi, une bonne partie de la vie des Algériens est conditionnée par le manque de logements. La question est vive et on doit la comprendre pour saisir le combat de tous les jours dans les régions urbaines et comprendre certains comportements entre les hommes et les femmes du fait que les jeunes ne peuvent vivre chez eux en toute intimité.

L’Algérie a beaucoup publié de livres sur elle-même. Il faut lire sur le désert et sur la Kabylie pour en apprendre plus sur le pays et les gens. D’un autre côté, il y a d’excellents romanciers et romancières en Algérie. Les grandes surfaces (Renaud-Bray ou Archambeault à Montréal) ont des répertoires. Les bibliothèques aussi. À travers le consulat ou l’ambassade, on peut avoir l’adresse de l’association canado-algérienne. Il y a beaucoup d’Algériens à Montréal et au Canada. Ils peuvent parler librement s’ils se sentent en confiance.

Pour la nourriture, il y a des restaurants mais une bonne conversation avec le patron du restaurant vous donnera accès à des livres de recettes et aux endroits où on peut se procurer les ingrédients du pays. Si vous avez essayé de faire un couscous, vous aurez certainement quelque chose à partager car l’Algérien est de nature généreuse.

Il y a certainement lieu de se rapprocher de la communauté algérienne, soit par le biais des associations culturelles, de l’ambassade d’Algérie ou de l’école de vos enfants, car il est à peu près certain que dans les grandes villes il y a des Algériens d’origine qui fréquentent l’école. Les restaurants me semblent aussi une bonne piste ainsi que les endroits où s’approvisionne la communaut&eacute algérienne. Mais il faut être sélectif et prudent car certains, de par leur situation au Canada, pourraient ne pas vouloir parler, même si nos intentions sont simplement de partager des points de vue. La discrétion est encore un réflexe normal quand on a vécu ce qu’ils ont vécu.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Les endroits à visiter : Il y a beaucoup de lieux à visiter en Algérie. Il est suggéré, entre autres, de visiter la Casbah d’Alger, le Tipaza Antique, le Mzab, et la kabylie.

Journaux francophones : Le watan (www.elwatan.com), Liberté(www.liberte-algerie.com), Le soir (www.lesoirdalgerie.com), Le Modjahid (www. elmoudjahid.com) et Le Heddaf (www.elheddaf.com).

Radio : Chaîne de langue française : Alger Chaîne III, Événements sportifs : assister aux rencontres de soccer. Principaux club : JSKabylie, CRBelouiizdad (Alger), USMAlger, et MCOran.

Émissions de télé : En Algérie la télévision et la radio ne sont pas ouverts au domaine privé. Ils sont le monopole de l’état. Il n’y a qu’une seule chaîne de télévision en Algérie (http://www.entv.dz), quatre postes de radio nationale (http://www.algerian- radio.dz/accueil.htm) et quelques radios locales. Les émissions de télé à suggérer sont : Lamassète, Djelsette tareb, et Bonjour d’Algérie.

Si l’on veut s’imprégner de la culture locale, rien ne vaut le contact avec les gens. Pour cela, il serait intéressant de visiter les cafés, les musées, les marchés et de se promener dans la rue. Il est recommandé de se faire accompagner par une connaissance locale afin de saisir le sens de certains comportements, de certains gestes, etc.

Il est difficile de trouver facilement une ressource locale sans être référé. Le meilleur moyen est de se renseigner dans la communauté algérienne pour être mis en contact avec un interlocuteur sur place en Algérie.

Point de vue canadien :

L’approche fondamentale est celle d’apprendre à découvrir et à aimer, à défaut de quoi vous risquez de vous faire emporter par des préjugés. Vous pourrez ainsi nuancer votre point de vue au fur et à mesure. Par contre, si vous recherchez des raisons de ne pas aimer les différences que l’Algérie vous propose, votre intolérance sera très bien alimentée.

Par delà un dénominateur commun, vous aurez accès à des personnes d’horizons divers et capables de vous guider durant votre séjour. Le bénévolat est aussi une excellente piste.

Du côté des promotions artistiques et autres, l’Algérie est un pays qui fonctionne comme le Canada. Les organismes locaux sont là et les centres culturels étrangers accueillent leurs clientèles. Un petit truc valable dans tous les pays : étudiez les bottins téléphoniques et les bottins plus spécialisés (affaires, culture). Très inspirant.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

L’Algérie de par son histoire millénaire a plusieurs figures historiques. Ces figures se rapportent toutes aux luttes qu’a menées le peuple algérien pour sa survie et cela de l’époque romaine jusqu’au 20ième siècle. Parmi ces figures, nous pouvons citer :

- JUGURTHA (160 à 104 AV-J.C). Fils de MOUSTANBAL neveu de MASSINISSA. Symbole de la résistance et de huit années de guerre contre Rome. Souverain indépendant, seul maître du Royaume de Numidie, il fut trahi, vaincu et envoyé à Rome où il mourut dans un cachot en 104 AV-J.C

- L’Emir Abdelkader (1808-1883). Il était à la fois théologien, et homme politique, chef militaire et philosophe. Il fut choisi pour prendre la direction de la résistance et proclamé Emir le 22 Novembre 1832. Il réussit à stopper l’extension française et à se faire reconnaître comme chef de l’État algérien. Abdelkader libéré se retrouvera sans appui et contraint de se soumettre en 1847. Libéré en 1852 par l’empereur Louis Napoléon, il mourut à Damas le 25 mai 1883.

Les soulèvements se poursuivirent : Boubaghla 1850, Fatma N’Sumer 1830, Cheikh Le Hadad, et Le Mokrani 1871, Bouamama 1881 marquèrent une résistance farouche.

- Abdelhamid BEN BADIS(1889-1940). En compagnie de (Cheikh Larbi Tebessi, Bachir Ibrahimi) il fonda l’association des Oulémas le 5 mai 1931. Abdelhamid Ben Badis a laissé derrière lui un apport intellectuel considérable et une vision claire de la société algérienne traditionnelle, tout en tenant compte les exigences de l’époque moderne. Il avait une personnalité ouverte et tolérante.

- Amirouche AÏT HAMOUDA (communément connu sous le nom de Clonel Amirouche). Appelé le "Roi de la Montagne", sa mort au champ d’honneur le 29 mars 1959 fut un grand événement selon la presse française car il avait constitué un véritable danger pour la présence française en Algérie.

Point de vue canadien :

Il y a certainement plusieurs penseurs arabes et des intellectuels notables mais Houari Boumédiène est un incontournable. Il a été président et leader de l’Algérie et a bâti la fierté de l’Algérie et sa position sur l’échiquier international (groupe des 77 entre autre).

Dans le domaine des sports, il y a Zidane qui joue au football et dans le domaine des arts, il y a plusieurs chanteurs (p.ex. Raï) et chansons kabyles (Idir entre autres).

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Les relations entre le Canada et l’Algérie ont toujours été amicales et cordiales. Le Canadien jouit aux yeux de l’Algérien d’une excellente réputation. Sérieux, humain, crédible, accueillant. Sur le plan professionnel, les relations sont dictées par des considérations de rentabilité et de profits financiers.

Point de vue canadien :

Il y a déjà eu quelques contentieux entre le Canada et l’Algérie dans le temps (fin des années 1970). Par contre c’est à peu près oublié de part et d’autre, si bien que le meilleur est actuellement à savourer, surtout depuis la prise de position du Canada dans le conflit en Iraq. À mon avis, le fait que le Canada ne sache pas admettre que les choses ont bien changé en Algérie depuis les années 1990 peut nuire légèrement à une relation à un certain niveau. Les Algériens sont fiers du progrès accompli contre le terrorisme, et le fait que le Canada continue à adopter des mesures de sécurité qui sont extrêmes pour son personnel diplomatique et maintienne aux dernières nouvelles des avis négatifs sur le site du ministère des Affaires eétrangères est remarqué.

Le fait d’évoquer René Lévesque qui fut reporter pour Radio Canada durant la guerre d’Algérie est un plus dans la relation. Le Canada est le plus important partenaire commercial de l’Algérie en Amérique du Nord (vente de pétrole).

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

En général, les Canadiens profitent d’un préjugé favorable de la part des Algériens. Toutefois, ils sont perçus comme étant assez difficiles à aborder. Cela peut être interprété comme de la fermeture envers les gens.

Point de vue canadien :

Par contre, le Canadien en tant que citoyen est respecté et aimé même si on l’estime très naïf par rapport aux Européens, et particulièrement aux Français dans les relations d’affaires. On peut paraître trop direct alors que l’Algérien est un être de stratégie et de double agenda. Notre volonté de transparence et d’efficacité devient une faiblesse s’il y a un manque de stratégie.

Il se pourrait aussi qu’on paraisse en fonction de nos décisions politiques comme trop étroitement lié aux États Unis.

Enfin, une des choses qui nous est le plus reprochée, c’est l’absence de fidélité et de patience dans les relations. Il faut être assidu et avoir de la patience. L’organisation est lourde, la capacité de prendre des décisions rapides est non existante pour le moment, non par faute de renseignements sur la situation mais en l’absence de moyens pour agir. Décider est un exercice quotidien au Canada mais en Algérie, la décision vient d’en haut. C’est donc deux mondes qui cherchent à se comprendre et là est le véritable enjeu sil’on veut faire des affaires ou du développement avec l’Algérie.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né en Algérie, l'avant dernier de 7 enfants et a grandi en zone urbaine. Il a poursuivi ses études en architecture à l'Université de Tizi-Ouzou, une ville à 90 km à l'est d'Alger. Ses études l'ont emmené au Canada en 1989 pour faire des études de maîtrise à la faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, ville dans laquelle il s'est installé en 1993 pour travailler comme conseiller aux services socio-économiques de l'Université de Montréal. Il vit actuellement à Ottawa depuis 1999 et travaille comme responsable du Bureau de l'aide financière aux étudiants de l'Université du Québec en Outaouais. Même s'il vit au Canada depuis plus de dix ans, il n'a pas rompu le contact avec son pays natal, sa famille et ses amis. Chaque été, il passe ses vacances en Algérie dans sa famille. De plus, l'Internet lui permet de se tenir à jour et de suivre l'évolution sociale et économique de son pays d'origine. Il est marié et a deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Québec en 1950 et est l'aîné de 2 enfants. Il a grandi en milieu urbain et a poursuivi ses études à Montréal et à Ottawa en information scolaire et professionnelle (ISEP), en technologie éducative et en coopération internationale successivement à l'Université du Québec, àConcordia et à l'Université d'Ottawa. Son travail l'a emmené à l'étranger en Algérie pour la première fois en 1978 où il a résidé près de 2 ans. Par la suite, il a habité avec sa famille au Maroc, au Congo (ex-Zaïre) et au Burkina Faso. Il a réalisé de nombreuses missions dans plusieurs pays africains. En 1998, il a dirigé un projet en Algérie et il est retourné en 2003 à l'occasion d'un voyage d'affaires. Il est toujours actif sur la scène internationale même s'il est établi depuis 2000 en Gaspésie où il exerce en qualité de consultant en gestion. Il est marié et a trois enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.