Équateur

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Les Canadiens qui ont visité l’Équateur sont toujours tombés amoureux de sa population dès le premier contact. Pour faire une bonne impression auprès de votre interlocuteur, montrez un intérêt réel pour lui/elle et offrez des réponses sincères aux questions posées. De bons sujets de conversation seraient la famille, le travail, l’histoire de son lieu d’origine. Il est également bon, dès le départ, d’établir votre statut civil (marié ou célibataire), surtout si vous rencontrez quelqu’un qui pourrait s’y intéresser. Les gens de couleur de peau clair (femmes ou hommes) sont particulièrement recherchés et il faudrait donc établir ces limites dès le début d’une relation. En général, les questions liées au sexe sont des sujets tabous tandis que le salaire qu’on gagne et le poids qu’on pèse ne le sont pas. Par conséquent, les Canadiens devront se préparer à répondre à des questions en rapport avec l’argent, le salaire et autres sujets connexes dès la première rencontre. Prendre une attitude de timidité ou réservée pourrait être mal perçue, donc il vaudrait mieux avoir des réponses toutes prêtes qui ne compromettront pas votre vie privée ou vos principes tout en jouant à ce jeu social.

Les Équatoriens, comme bien d’autres personnes, n’aiment pas se faire critiquer, mais cela ne les empêche pas de donner leur opinion sur diverses questions. Par conséquent, au début d’un premier contact évitez d’aborder des sujets controversés comme la décoration des maisons (à moins de l’admirer), la politique (tant que vous ne l’abordez pas), les droits des homosexuels ou même les droits de la personne pour les autochtones et les noirs, entre autres.

Il est bon de faire de l’humour, néanmoins c’est délicat pour commencer étant donné que les sujets propices touchent à des questions inacceptables pour les Canadiens. Donc, il faut garder un esprit ouvert sur cette question, comme l’humour s’attache à un contexte et à une culture spécifiques.

Point de vue canadien :

Les Équatoriens s’intéresseront beaucoup à vos origines et à votre famille. Il n’est pas inhabituel pour de parfaits étrangers de poser des questions qui seraient considérées très personnelles par des Canadiens au sujet du statut civil (marié ou célibataire?), par exemple : combien de temps avez-vous été marié, combien d’enfants avez-vous (ou si vous n’en avez pas, pourquoi et quand vous prévoyez en avoir), leur âge, etc. Ils seront heureux, à leur tour, de répondre à vos questions. Ils aimeront aussi parler de leur lieu d’origine au pays, parce que souvent ils ne viennent dans les grandes villes (Quito, Guayaquil) que pour y travailler. Les Équatoriens sont très fiers de la région d’où ils viennent, donc ce genre de questions donnera lieu à une conversation intéressante sur un sujet neutre.

La politique sera un sujet difficile à aborder au cours d’une première rencontre avec un collègue ou un homme d’affaires. Ce n’est pas parce que les Équatoriens ne veulent pas discuter de politique mais parce que vous seriez incapable d’interpréter correctement leur orientation politique d’après leurs commentaires et vous pourriez faire complètement fausse route à cet égard. Selon une attitude politique commune à toutes les classes en Équateur, le pays est riche en ressources mais demeure pauvre pour diverses raisons. Chacun y va de son explication et cela sert à situer l’orientation politique individuelle et l’appartenance à une classe sociale. Ce sera pareil pour la corruption : tout le monde est au courant de la mauvaise cote du pays à cet égard et on blâme quelqu’un d’autre pour le problème. En tant que nouveau venu, vous devriez écouter ce que les gens disent avant d’essayer d’aborder ces sujets.

La religion ne posera pas de problème dans la plupart des milieux urbains mais pourrait être un sujet plus délicat à aborder dans les régions rurales où l’adhésion au protestantisme au cours des 30 dernières années a divisé les collectivités. Autrement, la religion n’est pas d’intérêt étant donné que la majorité des gens est catholique. À moins que cela vous rende mal à l’aise, il vaut mieux dire que vous croyez en Dieu si on vous le demande et restez vague au sujet de la pratique de votre religion. Les gens ne s’offusqueront pas si vous êtes d’une autre religion, mais ils trouvent l’athéisme difficile à comprendre.

Un autre sujet d’intérêt pourrait être la manière dont la conversion récente (2001) au dollar U.S. a affecté le pays. Tout le monde a une opinion là-dessus : pourquoi cela fonctionne ou pas. Les sentiments des individus à ce sujet iront de pair avec la classe à laquelle ils appartiennent.

L’humour est toujours la dernière chose qui se transmet à travers la langue et la culture. En général, les Équatoriens aiment se moquer de personnages typiques des différentes régions du pays et à faire des blagues à connotation sexuelle. Au début, les Canadiens seront vraiment choqués d’entendre de tels propos, étant donné que nous nous défendons bien d’en rire chez nous. Les Équatoriens peuvent aussi être sarcastiques au sujet de certains personnages publics et ils réussissent à exprimer leurs sentiments publiquement la veille du Jour de l’An, au cours d’un rituel où on brûle en effigie ces personnages. Ce type d’humour, assez sophistiqué en soi, exigera du temps et une bonne connaissance des événements quotidiens.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Je sais maintenant combien les Canadiens protègent leur espace personnel. Dans un film que j’ai vu récemment, j’ai même appris la mesure exacte de cet espace personnel : 14 pouces (35 cm). Il ne faudra pas s’attendre à trouver un tel espace en Équateur. Pour un étranger, au début peut-être, mais il va diminuer avec le temps. D’ailleurs de nombreux étrangers s’habituent à ce rapprochement physique et d’autres non.

Lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, deux choses sont possibles : la personne peut prendre l’initiative et vous embrasser sur la joue tout en vous prenant la main. C’est une pratique courante lors d’une première rencontre même dans des endroits formels comme des bureaux ou des universités, et la personne pourrait tenir un poste important ou être un de vos pairs (selon l’âge ou le groupe d’intérêt). Une autre possibilité qui pourrait être plus facile à exécuter pour des personnes qui préfèrent maintenir leur espace : Lors d’une première rencontre avec une personne, une bonne poignée de main pourrait être échangée, et même si vous sentez que l’autre personne vous tire vers elle, vous pouvez toujours refuser poliment le baiser sur la joue.

Il faut noter que tous les Équatoriens ne serreront pas votre main avec la même fermeté. Par exemple, les gens des classes ouvrières ou les indigènes seront plus timides à vous offrir leur main ou à s’exprimer physiquement, alors que la plupart des mestizos (métis) ou des blancs s’embrassent ou se touchent plus librement dès le premier contact. Cette perception/conception de supériorité est liée à la couleur de la peau : plus elle est claire plus la classe est supérieure et vice versa. Les mêmes règles s’appliquent au moment de fixer des limites : les gens à peau plus claire peuvent dicter la distance entre eux et les gens à peaux plus foncée. La poignée de main est souvent jugée comme indicateur de sincérité en Équateur : le plus elle est ferme (sans faire mal), meilleure elle est.

Le contact visuel est important quand vous parlez à quelqu’un, néanmoins la dynamique (des groupes ethniques) décrite ci-dessus s’applique également. Le contact visuel permet de reconnaître la présence de quelqu’un, et il n’est donc pas considéré choquant, mais plutôt acceptable et même nécessaire, tant dans la rue qu’au bureau.

Tel que déjà mentionné plus haut, le contact physique et même s’embrasser est très courant pour les Équatoriens, surtout quand ils se connaissent depuis longtemps. Les Canadiens devraient s’y attendre au cours des rencontres. On voit souvent des femmes qui se tiennent la main en marchant dans la rue, et parfois des hommes. Également, on peut voir des couples qui s’embrassent dans des lieux publics.

Les gestes et les expressions du visage font partie de la communication en Équateur. Il n’est pas inhabituel d’entendre quelqu’un crier pour avoir les clés ou autre chose de l’autre côté de la rue ou du fond d’une salle. Cette pratique se voit plus sur la côte que dans les montagnes (sierra). En général, les populations des montagnes (Serranos) sont plus réservées que celles de la côte (Costeños) et j’ai trouvé que ces derniers ont une attitude bien différente, plus « laissez-faire », que celles des régions montagneuses. Néanmoins, dans toutes les situations et quelle que soit la région, la politesse est une qualité très appréciée en Équateur. Elle ouvrira beaucoup de portes.

Point de vue canadien :

Les Équatoriens ne se tiennent pas plus près que les Canadiens lorsqu’ils conversent normalement, mais dans d’autres situations, ils tolèrent beaucoup plus de contact physique que les Canadiens ne le font.

La plupart des Équatoriens des milieux urbains vous regarderont quand ils vous parleront. Dans les régions rurales ou avec des membres des populations indigènes, le contact visuel sera plus difficile, surtout avec des personnes âgées qui généralement détournent leur regard pour montrer leur respect envers un étranger ou un visiteur, supposé riche et éduqué, qui se trouve dans leur village ou leur maison.

Les personnes qui n’ont pas de liens d’amitié ne se touchent pas fréquemment lorsqu’ils se parlent, surtout dans les régions montagneuses. Sur la côte, il y a plus de contact physique mais il se limite à des personnes du même sexe. Les salutations et les adieux exigent souvent un contact : un baiser sur la joue droite entre femmes ou entre femmes et hommes, tout en se serrant la main droite. Entre hommes, la main droite donne la poignée de main alors que le bras gauche donne une tape amicale sur l’épaule droite opposée. Seuls ceux qui se connaissent de longue date, comme d’anciens amis ou de la parenté, s’embrassent.

Un geste qui peut choquer est d’indiquer la taille d’une chose ou d’une personne. Au Canada, nous étendons la main à la hauteur voulue. En Équateur, on fait généralement la distinction entre les choses et les personnes en utilisant la main à plat pour indiquer qu’il s’agit d’une chose alors qu’une main pliée à la première articulation, les doigts étendus, signifierait une personne. Les Équatoriens n’utilisent pas de gestes particuliers en parlant, mais les populations des montagnes seront généralement plus réservées que celles de la côte qui gesticuleront plus.

Compte tenu de la réserve générale pratiquée en Équateur, les gens n’élèvent pas la voix quand ils sont fâchés, bien que leur ton puisse devenir plus sec.

Dans leurs échanges, les Canadiens sont en général plus direct que les Équatoriens. Par exemple, nous entrerons dans un magasin ou un bureau et nous poserons des questions ou demanderons l’information voulue. En Équateur, on commence toujours par une salutation. Si vous connaissez la personne, par politesse, il faut demander comment elle va. Également, il pourrait être difficile d’obtenir l’information que vous voulez quand les choses ne se passent pas comme prévu. Par exemple, si un bus/avion/personne/réunion est retardé, cela pourrait prendre plusieurs questions pour obtenir une réponse satisfaisante. Souvent, c’est parce que les gens ne savent pas eux-mêmes mais hésitent à le dire. Si vous trouvez que vous n’obtenez pas les réponses à vos questions, vous pouvez souvent en conclure que la personne ne sait pas ou qu’elle n’a pas la réponse que vous cherchez et donc, elle évitera plutôt de répondre.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Vous verrez des émotions positives et négatives exprimées dans les rues et même dans les lieux de travail, les écoles et les marchés. Le degré et la force avec lesquels celles-ci se manifestent varient de ville en ville et de région en région. Sur la côte, les émotions sont plus fortes que dans le reste du pays et les populations urbaines ont tendance à être plus bruyantes et moins réservées que celles des régions rurales.

La colère, par exemple, est généralement exprimée de manière hiérarchique : la mère à l’enfant, le mari à la femme ou le père à l’enfant ou même le métis/blanc à une personne de couleur (noir ou autochtone). Dans certains cas, les gens peuvent s’interposer pour empêcher qu’il y ait des coups donnés ou reçus. Ces interventions ne sont pas seulement acceptables, elles sont attendues, faisant abstraction de la réaction de l’agresseur. D’habitude, on demande l’intervention des personnes plus âgées ou de quelqu’un de très respecté ou qui aurait la force physique voulue. Des Canadiens peuvent être appelés à intervenir dans de telles situations et ils devraient s’attendre à être plus visibles qu’au Canada.

Point de vue canadien :

Généralement, vous verrez que les gens sont peu démonstratifs à moins que ce ne soit au volant ou que la personne soit en état d’ébriété. Les conducteurs s’insultent parfois et se servent beaucoup du klaxon tandis que les vendredis et samedis, plusieurs travailleurs boivent beaucoup dans des endroits publics et peuvent argumenter ou se batailler avec d’autres. À part cela, les Équatoriens sont habituellement très discrets en public. Les jeunes gens et les couples mariés montreront leur affection en se donnant la main ou en mettant le bras autour des épaules de la femme mais on ne voit pas plus d’intimité que cela en public. Même quand les gens sont fâchés et que quelqu’un s’est permis de dépasser la queue, ils le remarqueront d’une manière humoristique mais montreront rarement leur colère. Si vous exprimez votre frustration ou votre colère, vous verrez que les gens seront stupéfaits de votre expressivité émotive.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Le code vestimentaire recommandé pour les lieux de travail est la tenue de bureau, plus habillée mais pas nécessairement plus coûteuse. Les gens doivent respecter cette pratique dans leur habillement.

L’espagnol comme le français a deux façons de s’adresser aux gens, celle qui utilise « usted » (vous) qui est plus polie et le « tú »qui est plus familier. Au bureau, se servir de la forme polie avec usted. Au premier contact, on s’adresse à une personne en utilisant son titre soit Doctor, Licenciado/a, Señor, Señora ou Señorita, suivi de leur nom de famille*. Le niveau de formalité est établi généralement au cours de la première rencontre où la personne de rang plus élevé (social ou autre) permet à l’autre d’utiliser « tú ».

En Équateur, le temps prend une valeur différente de celle au Canada. Arriver à temps, par exemple, ne veut pas nécessairement dire arriver exactement à l’heure dite mais permettre une certaine flexibilité. Ce concept est particulièrement vrai pour des fonctions ou des rencontres où les patrons et les notables aiment se faire attendre. C’est presque un droit pour eux.

Dans les lieux de travail, ce n’est pas la même chose; les employés doivent arriver à temps à leur bureau. Dans cet environnement, la ponctualité est valorisée et récompensée, tout comme le travail supplémentaire pour respecter les échéances. La productivité en est la raison principale, surtout pour le secteur privé ou les petites sociétés.

* Nota : les noms en Amérique latine suivent des règles différentes : chaque personne possède deux noms de famille (habituellement le nom du père suivi du nom de la mère). Le nom de famille est le nom du père.

Point de vue canadien :

La tenue vestimentaire est beaucoup plus formelle en général que dans les lieux de travail canadiens. Dans les bureaux, les femmes doivent porter des jupes ou des pantalons, des bas et des souliers à talon tandis que les hommes aux échelons supérieurs sont tenus de porter un costume ou chemise, pantalon et cravate pour ceux à l’échelon inférieur. Toutes les tenues sport, y compris les souliers de sport ou les bottes de marche, les survêtements de sport, etc. sont réservés au week-end et sont considérés inappropriés pour le bureau. Les femmes s’habillent de façon conventionnelle bien que les jupes soient souvent au-dessus du genou et très moulantes. Les étudiants des écoles publiques portent des uniformes mais pas à l’université.

En amorçant une relation d’affaires formelle, vous devriez vous servir de la forme « Usted » ainsi que de « Señor/Señora/Señorita » (monsieur, madame, mademoiselle) et du nom de famille de la personne (le premier des deux noms de famille). Si vous travaillez avec cette personne pendant un certain temps et que vous devenez plus à l’aise avec elle au bureau, vous devez attendre qu’elle utilise votre prénom et la forme plus familière du « tú ». Les personnes que vous connaissez qui seraient du même âge que vous, s’attendront à vous voir utiliser le « tú ». Vous verrez aussi qu’on se sert d’une autre expression familière : le « vos ». C’est une contraction de vosotros, mais elle n’est pas employée au pluriel remplaçant plutôt le « tú ». La forme plurielle du verbe avec vosotros n’est jamais utilisée en Équateur.

Les gens attachent beaucoup d’importance aux indicateurs de statut social donc si quelqu’un est médecin ou a un doctorat, on devrait utiliser le titre de Doctór ou Doctóra en s’adressant à lui/elle. D’autres titres importants sont : Ingeniero/a (ingénieur/e) et Licenciado/a (bachelier/ère), qui remplaceront ceux de Señor/Señora/Señorita au besoin. Il est sage de garder cette coutume avec des chauffeurs de taxi ou des gardiens également. Les Équatoriens utiliseront la manière plus familière avec des serviteurs ou des personnes de soutien pour démontrer la différence de classe, mais en tant que visiteur ou expatrié, vous obtiendrez souvent un meilleur traitement si vous les traitez également avec politesse.

En principe, les Équatoriens sont censés arriver à l’heure au bureau pour travailler mais cela peut varier selon le statut. Les personnes à l’échelon supérieur auront une plus grande flexibilité et ne seront pas nécessairement à leur bureau tôt le matin ou de retour rapidement après le repas du midi. Les Équatoriens ont une conception différente du temps que celle de l’Amérique du Nord et ils plaisantent souvent à ce sujet en demandant si la rencontre est à « l’heure équatorienne » (au moins une demi-heure plus tard) ou à « l’heure suisse » (l’heure juste). La plupart du temps, ils essaieront de respecter votre horaire, ce qui veut dire qu’ils ne seront que 5 à 10 minutes en retard. Lorsqu’un Équatorien veut vous montrer sa supériorité, il vous fera attendre à l’extérieur de son bureau une demi-heure ou plus. Montrer sa frustration ne fait pas avancer les choses plus vite dans cette situation.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

En général, les gens en Équateur vous diront qu’ils aiment mieux travailler aux côtés d’un dirigeant fort, qui a un sens de l’humour et qui inspire le respect grâce à son expérience, son honnêteté, ses études et son travail. C’est le portrait d’une personne dans un poste de dirigeant. Il doit répondre à des attentes très élevées.

Les gens de l’endroit s’attendent à ce qu’un directeur expatrié ait de nouvelles idées et qu’il soit travailleur, honnête et qu’il ait une belle prestance. Souvent les étrangers sont perçus comme des gens très imbus d’eux-mêmes et qui se pensent supérieurs. Il serait important que les Canadiens démystifient cette perception et s’assurent de réfuter ces idées, étant donné leurs répercussions négatives sur la relation avec les travailleurs locaux.

Généralement, les superviseurs/directeurs ne se préoccupent pas de l’opinion de leur personnel à leur sujet. Le personnel choisira des moyens plus subtils pour leur indiquer leurs vues ou leur désagrément par la déférence, le silence et la manière marquée de distancer leur vie privée de leur travail. Normalement, les commentaires positifs seront formulés librement par le personnel à tous les niveaux, quel que soit le statut ou le poste de la personne qui les fait. Les gens seront plus communicatifs si leur environnement est plus agréable.

Point de vue canadien :

L’Équateur est très conscient des différences de statut social. Votre situation dépendra de votre éducation et de votre apparence de classe (tenue vestimentaire) en premier. Dans la majorité des situations de travail, les personnes de classe inférieure n’ont pas voix au chapitre et ne sont pas encouragées à apporter des nouvelles idées. Si vous n’encouragez pas le personnel à partager leurs idées, ils ne le feront pas. En qualité de superviseur/directeur vous établirez la manière dont le bureau fonctionnera par votre exemple. Ainsi, vos collègues réciproqueront votre ponctualité et votre respect. Souvent le sens égalitaire canadien est bien accueilli dans les lieux de travail, étant donné que les gens aux échelons inférieurs apprécient d’être traités justement et équitablement. Simultanément, vous devrez tenir compte des personnes aux échelons supérieurs et vous ne pourrez être sûr que le traitement équitable des collègues sera bien accepté d’eux.

Quelle que soit la situation, même dans sa propre culture, il est difficile de savoir ce qui se fait à l’insu du patron. En général, lorsque les gens deviennent un peu moins formels, que vous êtes invités à des événements comme un mariage ou un baptême, ou qu’on vous inclut dans des blagues ou des commentaires politiques, vous pouvez considérer que votre personnel vous a adopté. Néanmoins, si la distance sociale entre vous et eux est très grande, ils pourraient être trop intimidés pour vous inviter à un événement, ayant peur de ne pas pouvoir vous accueillir chez eux avec tous les égards dus. Vous pouvez leur montrer que vous connaissez les traditions locales et la nourriture typique du pays en parlant de celles-ci. Ainsi, cela servirait à briser la glace et à leur prouver que vous n’êtes pas si haut placé après tout.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les décisions sont généralement prises aux niveaux supérieurs de l’entreprise, et leur interprétation peut varier tout en filtrant vers le bas. Les styles de gestion varient d’un endroit à l’autre; dans certains lieux de travail, les décisions et les idées viennent de réunions participatives mais ailleurs, c’est la direction qui les prend et les met en œuvre. À la phase de l’exécution, il est bien vu de consulter, néanmoins, la pensée et les initiatives personnelles sont aussi valorisées. Cette attitude s’applique surtout dans des situations où il y a eu consultations et où des approches novatrices ont été convenues pour régler certaines questions ou certains problèmes. Ce processus exige donc de trouver quelqu’un qui peut aider et qui est préparé à enseigner aux plus jeunes les secrets du métier. Le mentorat est très courant.

Point de vue canadien :

Dans la plupart des sociétés et des bureaux, les décisions sont prises aux échelons supérieurs plutôt qu’inférieurs, et ne font pas l’objet d’un examen par les pairs ou d’évaluation indépendante. Dans d’autres organisations, comme les organisations non gouvernementales (ONG), il y a eu beaucoup de travail de fait pour introduire des pratiques de prise de décision collectives et des façons de permettre aux gens d’exprimer leurs points de vues. Ces pratiques sont difficiles à mettre en place étant donné que la culture locale en est une de respect et ne questionne pas l’autorité en place. Les Canadiens se trouvent donc dans une situation difficile puisqu’ils débordent des comportements habituels et dépassent l’autorité de la personne avec qui ils traitent. Ils doivent donc procéder avec tact pour éviter de les offenser. Parfois, réussir à savoir à qui parler peut demander de longues négociations étant donné que les personnes aux premières lignes ne veulent souvent pas admettre qu’ils ne peuvent pas prendre de décisions et ils ne veulent pas exposer leur supérieur à des difficultés. Une fois que vous travaillerez dans un lieu d’affaires, en qualité de collègue, vous pourrez aller « en haut » avec vos questions et vos demandes, mais vous devrez faire attention de ne pas suggérer aux employés subalternes qu’ils sont inutiles ou sans pouvoirs. Faire des suggestions en vue de changements dans le lieu de travail devrait être abordé avec prudence et probablement en privé là où un supérieur est concerné.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
L’Équateur se distingue par plusieurs contradictions culturelles et sociales : c’est un pays qui est traditionnel et libéral en même temps. Les femmes peuvent travailler dans tous les domaines qui les intéressent. Mais les possibilités manquent pour les personnes des classes inférieures et il y a peu de programmes qui permettraient de faire la transition pour changer cet état de choses.

Religion, classe et groupe ethnique :
Un des héritages de la période coloniale dont il est difficile de se débarrasser est celui de la hiérarchie fondée sur le groupe ethnique, le sexe, la classe et à un moindre niveau sur la religion. Le groupe ethnique et la classe vont de pair avec la couleur de la peau : il y aura plus de ressources dans les mains des personnes à peau claire, moins dans celles de couleur foncée. Les autochtones (environ 40 % de la population) et les noirs (environ 7 à 10 % de la population) sont les plus défavorisés, suivis des métis (environ 45 à 50% de la population).

La majorité des lieux de travail seront typiquement composés d’effectifs dans les proportions suivantes : personnel technique, pour la plupart des hommes, métis; employés de soutien, surtout des femmes, métis; cadres moyens, pour la plupart des hommes, métis, blancs; cadres supérieurs ou haute direction, des hommes, blancs. Il en résulte donc que les relations de pouvoir se définissent de la manière suivante : les personnes aux échelons supérieurs s’attendent au respect et à la soumission de ceux qui se trouvent dans les échelons inférieurs. L’obtention de diplômes d’études supérieures et l’accès à de l’argent par ceux qui se trouvent habituellement au bas de l’échelle sociale commence à changer cette structure.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
De nombreuses femmes travaillent avant et après le mariage mais il y a encore beaucoup de discrimination liée au sexe et les femmes sont considérées comme des mères de famille avant tout. Les femmes équatoriennes peuvent occuper des postes respectables au gouvernement et dans les entreprises, mais il y en a peu qui dépassent le niveau de secrétaire. Les insinuations sexuelles et le flirt font encore partie de la culture dans les bureaux, ce qui pourrait offenser les Canadiens, surtout les femmes. De leur côté, les hommes équatoriens pensent souvent qu’ils insulteront une femme s’ils ne leur font pas de commentaires sur leur apparence. Il est recommandé de garder une attitude polie dans ces situations.

Religion :
En général, les Équatoriens pensent que la croyance en Dieu est synonyme de religion. À moins que le lieu de travail n’adhère à une religion en particulier, cette question ne devrait pas faire l’objet d’une préoccupation spéciale. Il y a un groupe d’origine libanaise en Équateur mais peu de connaissances du judaïsme ou de l’islam, encore moins de l’hindouisme, du bouddhisme ou d’autres pratiques religieuses non chrétiennes. Si vous n’êtes pas chrétien, vous verrez qu’il n’y a pas de préjugés contre vous mais que les gens en général n’en savent pas beaucoup au sujet de votre culture religieuse. Si vous ne pratiquez aucune religion, il vaut mieux dire que vous croyez en Dieu mais que vous ne pratiquez pas plutôt que d’avoir à défendre votre athéisme puisque les gens du pays ne comprendront généralement pas comment vous n’êtes pas croyant.

Classe sociale :
Tel que déjà mentionné, la notion de classe est très importante dans ce pays et détermine la manière dont vous traiterez les autres et comment vous serez traité. En tant qu’expatrié, on croira que vous êtes riche puisque vous aurez au moins eu l’argent pour vous rendre en Équateur et quelle que soit la manière dont vous vivez, elle sera meilleure que celle de l’Équatorien moyen. Pour la majorité des citoyens, la classe moyenne est la classe à laquelle ils aspirent, donc on ne peut pas se fondre dans l’anonymat de ce groupe comme on pourrait le faire au Canada. À titre de membre d’une petite élite en Équateur, on s’attend à ce que vous la représentiez avec honneur par votre tenue vestimentaire et vos actions, donc être d’apparence soignée et en mesure de prendre des taxis ou autres petits luxes. Si vos circonstances ne le permettent pas, attendez-vous à attirer l’attention quand vous prenez l’autobus, surtout dans les quartiers plus défavorisés. Au travail, vous devrez prendre en considération les circonstances des autres collègues quand, par exemple, vous irez manger dehors, vous les laisserez choisir le lieu afin qu’il soit à la portée de tous. Les personnes de classe supérieure s’attendent à recevoir le traitement qui leur est dû, ce qui signifie s’adresser à eux avec le respect et la forme voulus. La familiarité que les Canadiens ont avec les personnes plus âgées n’est pas de mise ici.

Origine ethnique :
Un autre sujet délicat. Déclarer que l’on fait partie d’un groupe indigène, mestizo (métis, mélange blanc/autochtone), blanc, noir ou autre est un acte politique qui affirme non seulement qui vous êtes, mais aussi comment vous désirez vivre. Le groupe ethnique est aussi lié à la hiérarchie de classe et en était la justification. Ce n’est pas un sujet de conversation banale avec les Équatoriens et pourrait même ne pas être approprié avec des gens que vous connaissez. Il ne faut pas non plus supposer que vous pouvez déterminer l’identité d’une personne d’après ses traits physiques. Il y a de nombreux « blancs » qui ont l’air mestizo ou même indigènes, de nombreux mestizos qui ont l’air indigènes ou blancs et de nombreux indigènes ou noirs qui préféreraient ne pas être identifiés de cette façon. Historiquement. l’Équateur a été une société très raciste où les blancs ont occupé les postes supérieurs, les mestizos les échelons moyens et les indigènes et les noirs les échelons les plus bas. Dépendant de l’environnement de travail, vous pourriez avoir de la difficulté à obtenir la collaboration d’un blanc en ce qui a trait à des non blancs. Vous pourrez également entendre des remarques racistes dans les bureaux qui vous paraîtront, en tant que Canadien, très choquantes. Vous pouvez aborder ces questions avec des amis intimes, mais il est recommandé de le faire uniquement avec eux.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Travailler en Équateur est agréable! Les gens sont chaleureux et très sociables. La salutation est une des plus importantes manières de vous présenter et de préparer le terrain pour vos affaires. En arrivant à un nouveau lieu de travail, il sera important de saluer de vive voix toutes les personnes dans l’édifice/le bureau (du gardien au directeur exécutif). Chaque personne a un rôle et il est essentiel d’établir une relation avec chacun. Ce type de relation dépendra du degré d’introduction que vous aurez, du nombre de contacts et du type de projet que vous entendez poursuivre. Tout le monde est votre collègue. Certains des membres du personnel, vous le feront savoir plus ou moins ouvertement. La relation personnelle est importante pour établir la confiance et pour mettre en place un réseau d’appuis dans le lieu de travail. Cette opération débute dans un « territoire neutre » et pourra se continuer plus tard dans des arènes plus privées comme des maisons individuelles.

Par exemple, avec le portier (en général, c’est un homme), on peut lui donner de l’argent pour un café ou même aller prendre un café avec lui. Cela pourrait vous être utile s’il est le seul à pouvoir ouvrir et que vous avez besoin d’avoir accès au bureau. Ainsi vous vous garantissez son aide et vous faites connaissance avec lui. C’est particulièrement important pour les femmes.

Avec les collègues, il sera important d’aller manger ensemble à midi (ou d’autres repas ou au cinéma). Vous pouvez vous attendre à ce que vos collègues deviennent, jusqu’à un certain point, vos amis et que vous soyez invité(e) pour un repas chez eux. Vous devrez retourner l’invitation. Plusieurs amitiés qui ont débuté au bureau souvent durent toute la vie.

Établir une relation amicale avec des clients est aussi importante, mais elle ne comporte pas les mêmes obligations que celles que vous aurez avec des collègues de travail. S’il y avait des invitations au restaurant ou des repas partagés, le territoire doit RESTER NEUTRE, surtout s’il s’agit d’une personne du sexe opposé. Les hommes traitent cette question différemment : ils peuvent aller à un match de soccer ou à un club pour un verre. Le fournisseur veut habituellement faire plaisir au client, donc, il paie la note.

Finalement, si vous invitez quelqu’un à sortir, on s’attend à ce que vous payiez la note pour tout le monde. Parfois on peut faire une collecte, chacun payant ce qu’il peut, et la personne la plus fortunée paie le reste. Cette pratique courante pourrait surprendre les Canadiens qui s’attendent à ce que chacun soit responsable de sa note personnelle.

Point de vue canadien :

Les Équatoriens sont assez directs en ce qui a trait aux affaires, donc vous n’avez pas besoin d’une relation amicale ou sociale pour mettre en place un simple échange de marchés de biens et services. Obtenir les documents voulus du gouvernement n’exige pas de relation personnelle avec des bureaucrates, mais d’avoir quelqu’un dans la place peut aider à faire avancer les choses beaucoup plus rapidement surtout à cause des nombreuses étapes et des processus complexes.

Pour la population locale, il existe une relation connue sous le nom de « tio/tia politica » ou un oncle ou une tante politique qui font le lien entre les différentes familles. Un très grand nombre d’Équatoriens utiliseront ces réseaux lorsqu’ils essayent d’accomplir quelque chose de légalement compliqué ou très bureaucratique. Si vous n’avez pas de ces relations, les choses se feront tout de même mais elles risquent de prendre plus de temps. Dès que vous avez des contacts de travail ou sociaux, c’est toujours bon de demander à un citoyen local ses vues sur la manière d’entreprendre une relation d’affaire ou une démarche gouvernementale. Si ce dernier a des contacts, souvent il les partagera avec vous ou vous conseillera dans le cas contraire.

Dans le cas où vous voudriez rencontrer des gens du milieu des affaires pour lancer un projet à long terme, vous aimerez, à un moment donné, aller manger au restaurant avec eux. Le repas du midi ou almuerzo est le repas principal de la journée et donc, le choix habituel pour une réunion d’affaires.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Oui, ils s’y attendraient. Le favoritisme et les privilèges spéciaux existent également dans les lieux de travail équatoriens. On peut se faire embaucher pour ses bons contacts autant que pour ses compétences.

Les attentes des amis proches et de la famille sont souvent très élevées. En général, les gens s’attendent à recevoir de l’aide d’amis qui travaillent dans des bureaux et qui ont des postes importants, par exemple, faire progresser le cheminement d’un passeport, et autres.

Une personne peut s’attendre à ce que ses amis lui demandent de réaliser un travail ou recommandent ses compétences et son expérience dans des cas précis. La personne en question devrait se sentir privilégiée de rendre service et elle ne sera pas nécessairement rémunérée pour du travail mal fait ou s’il n’est pas exécuté. Ces privilèges et ces attentes sont réciproques et la personne qui embauche n’hésitera pas à remercier « un ami » s’il n’exécute pas sa part du contrat.

Les Canadiens seront surpris de voir que les gens parlent et acceptent des privilèges spéciaux plus ouvertement qu’au Canada.

Point de vue canadien :

Un collègue qui est un ami peut s’attendre à plus de compréhension (de votre part) de ces événements imprévisibles qui en fait arrivent réellement en Équateur. Bien que la sympathie soit parfois de mise, il ne serait pas sage d’accorder à ces événements plus d’importance qu’à d’autres dans des circonstances similaires. Quant à l’embauche d’amis ou de proches, ce n’est pas toujours une mauvaise idée puisque vous avez d’autres personnes et responsables sur lesquels vous pouvez compter si le travail n’est pas fait de manière satisfaisante. L’inconvénient est dans le cas où vous ne seriez pas satisfait : vous devrez demander à votre employé ou collègue de critiquer un membre de sa propre famille ou un ami et cela serait difficile pour tous. L’avantage est que les gens locaux savent quelle est la personne qui offrira un bon rendement ou qui fera du bon travail, ce qui est peut être un point positif à petite échelle. À plus grande échelle, en ce qui a trait aux agences qui donnent des contrats ou concernant plusieurs postes à combler, vous devriez prendre vos précautions avant d’accepter l’offre du premier ami d’un ami qui se présente et contacter quelques agences pour avoir une meilleure idée des prix avant de décider. Vous voudrez également sonder d’autres entreprises du même secteur pour savoir qui elles utilisent et pourquoi. Ensuite, si vous entendez dire que le contact personnel est vraisemblablement une bonne idée, vous pourrez aller de l’avant. Dans tous les cas, soyez sur vos gardes quant aux privilèges monétaires offerts ou au risque de corruption, puisque vous ne voulez pas faire partie de cette culture ou de ces traditions du monde des affaires pour le long terme.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Les problèmes reliés au travail proviennent souvent de simples malentendus; néanmoins, ils peuvent s’intensifier. Une conversation en prenant un café ou simplement une discussion avec la personne concernée pourrait clarifier la question et résoudre le problème. Ces conversations devraient se faire en privé, afin que chaque personne puisse s’exprimer librement.

Parfois ce n’est pas difficile de savoir que quelqu’un a quelque chose à vous reprocher, à d’autres moments cela peut être plus difficile. En général, les gens se conduisent de manière professionnelle dans les lieux de travail. Vous pourrez vous rendre compte au cours d’activités sociales si une personne vous déteste ou si elle vous évite carrément. Traiter avec un collègue qui est vous est hostile ou qui a une attitude désagréable n’est pas toujours facile. La meilleure manière de régler un conflit est d’y faire face, d’en discuter et d’en trouver la cause. La confrontation n’a pas besoin d’être agressive mais fournit plutôt une occasion d’échanger et de clarifier les choses. S’il n’est pas possible d’en discuter et que la situation ne se règle pas, il vaut mieux la rapporter au superviseur en charge afin d’empêcher qu’elle fasse obstacle au rendement.

Point de vue canadien :

Il faut traiter les conflits en privé et avec discrétion. Les Équatoriens ne réagissent pas bien aux critiques directes de leur travail ou de leur attitude. Les gens utilisent des allusions et des suggestions générales pour communiquer leur insatisfaction du rendement de quelqu’un d’autre et le tout doit se faire très poliment. Si vous avez froissé quelqu’un, il pourrait ne pas converser avec vous les matins quand vous le saluez, par exemple, ou il montrera d’autres façons de « vous ignorer » . Cette réaction dépendra de votre statut relatif au bureau, étant donné que les collègues d’échelon supérieur ou égal au votre vous diront plus ouvertement qu’il y a un problème, tandis que ceux de l’échelon inférieur seront très hésitants à communiquer avec vous. En général, si les Équatoriens sont satisfaits du travail d’un individu ou qu’ils aiment travailler avec lui, ils en diront beaucoup de bien; par contre, s’ils sont insatisfaits, ils continueront à être positifs à son égard mais d’une manière plus restreinte. Dans ce sens, moins les compliments sont extrêmes, plus ils indiquent un manque de satisfaction. Vous pouvez vous servir de la même technique pour montrer votre insatisfaction tant que vous devenez très élogieux quand vous êtes satisfaits.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Pour les Équatoriens, travailler et avoir un emploi est une source de fierté, compte tenu des opportunités limitées qui existent dans le pays. L’Équateur a un taux combiné de chômage et sous-emploi de 40 à 50 %. En général, les gens sont motivés à donner un bon rendement lorsqu’ils travaillent dans un environnement plaisant qui reconnaît leurs efforts et leur accorde un salaire décent. Dans un pays où votre salaire vous permet à peine de joindre les deux bouts, une certaine sécurité d’emploi constitue un incitatif de plus pour un meilleur rendement.

Il y a aussi une forte loyauté envers l’employeur et envers son travail, ce qui encourage les gens à agir. Dans de nombreux cas, des employés pourraient travailler des mois sans salaire ou en attendant leur chèque de paie. Par ailleurs, il y a aussi des travailleurs qui ont une plus grande sécurité d’emploi et, par conséquent, sont moins motivés. Pour s’attaquer à cette situation, certaines sociétés et organisations récompensent le rendement de leurs employés avec des primes et autres incitatifs économiques en fin d’année financière.

Point de vue canadien :

L’établissement de relation personnelle dépendra beaucoup des circonstances. Dans les services sociaux, j’ai rencontré de nombreux travailleurs très engagés qui travaillent dur pour un maigre salaire parce qu’ils croient en ce qu’ils font; ils sont clairement motivés par la satisfaction d’aider les autres. Les propriétaires de petites entreprises travaillent souvent très fort pour assurer la survie de leur entreprise et pour attirer des clients loyaux.

Sur le marché du travail, les emplois sont difficiles à trouver et donc, il y a une certaine motivation à travailler fort pour les garder. Pour les postes de l’échelon inférieur, qui sont souvent sous-payés, on peut s’attendre à trouver peu de gens qui feront du zèle pour la satisfaction d’un travail bien fait. Pour obtenir des employés motivés, il faut qu’il y ait un salaire décent et une possibilité d’avancement ou de récompense pour les efforts accomplis. La plupart des sociétés et des entreprises privées équatoriennes profitent de cette politique des salaires peu élevés sans réaliser qu’en dépit du fait qu’un emploi a une valeur intrinsèque, leurs employés ont besoin d’être reconnus pour leurs efforts additionnels. Bien qu’il n’y ait aucuns surplus d’emplois ici, on trouve plus de postes à salaire inférieur que des emplois à un salaire décent, d’où le manque de motivation pour les postes moins bien rémunérés.

Les conditions de travail auront aussi un rôle à jouer. J’ai remarqué que là où les travailleurs sont respectés à tous les niveaux, ils sont plus heureux et plus performants. Dans de nombreuses situations, à cause des hiérarchies de classe, de groupe ethnique et de sexe, les gens sont habitués à un certain traitement qui nous paraît injuste, sexiste ou raciste. Là où ces habitudes ne sont pas observées et chacun reçoit le respect qui lui est dû, la productivité et la volonté au travail sont meilleures.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Les Équatoriens écoutent la musique internationale en espagnol et en anglais. Mais nous avons aussi nos propres musiciens et certains d’entre eux sont extrêmement populaires, comme par exemple Segundo Rosero (un chanteur populaire), le très réputé Julio Jaramillo y los rockoleros.

Voici quelques plats traditionnels : yapingachos (des crêpes de pommes de terre farcies de fromage), locro de papas (soupe de pommes de terre, fromage et lait), arroz con pescado (riz avec du poisson), ceviche (poisson cru mariné), mote con queso (maïs blanc avec fromage), chochos con tostado (des lupins avec du maïs).

Liens Internet utiles (en espagnol et en anglais): http://www.cultura.com.ec/HTM/S-CONSEJO.HTM; http://www.yachana.org/ecuatorianistasbibliographiesherrera/herrera.html; http://www.elcomercio.com/; http://www.lahora.com.ec/; http://lanic.utexas.edu/la/ecuador/; http://www.cia.gov/cia/publicationsfactbook/geosec.html; http://www.ecuadorexplorer.com/; http://www.ecuador.org/; http://www.teleamazonas.com/; http://www.ecuavisa.com/ecuavisa/index.asp.

Point de vue canadien :

Livres : Il y a quelques livres écrits pour les expatriés en Équateur, y compris celui de Michael Handelsman, Culture and Customs of Ecuador (2000, Greenwood Press) qui est relativement à jour. Pour avoir une bonne perspective sur le passé en Équateur et la nature des événements récents en politique, lire Kintto Lucas, We Will Not Dance on Our Grandparents’ Tombs: Indigenous Uprisings in Ecuador (2000, Catholic Institute for International Relations) et le livre de Jorge Icaza, La fosse aux serpents (Huasipungo) ou The Villagers (1963, en anglais) – un classique par un des auteurs les plus connus en Équateur; l’ouvrage de Blanca Muratorio, The Life and Times of Grandfather Alonso (1991, Rutgers University Press), qui se lit facilement, donne une bonne idée de l’histoire et de la vie indigène autour de Tena dans la région de l’Amazonie. Il y a aussi quelques ethnographies anthropologiques de certaines communautés indigènes y compris celle de Mary Weismantel, Food, Gender and Poverty in the Ecuadorian Andes (1988), ainsi que les livres de Rudi Colloredo-Mansfeld, The Native Leisure Class (1999, University of Chicago Press) et de Sarah Hamilton The Two-Headed Household (1998, University of Pittsburgh Press) qui donnent de bons points de vue sur la vie en dehors de la ville. Si vous pouvez lire en espagnol, visitez les librairies Libri Mundi ou Abya Yala à Quito, qui offrent une superbe variété de romans ou de traités locaux sur les questions clés auxquelles le pays doit faire face.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

C’est une question trop vaste pour y répondre, mieux vaut recommander quelques ouvrages déjà écrits. Bien que rédigé pour une clientèle touristique, ils donnent une bonne perspective de la culture et des endroits à voir. Mes favoris sont le guide Lonely Planet et le Guide du Routard. On peut aussi se procurer des brochures touristiques au bureau national de tourisme : CETUR.

Pour avoir un avant-goût de la culture locale, assistez sans faute aux soirées de musique folklorique appelées las peñas et aux discos pour danser la salsa. La danse est une des principales activités sociales des groupes d’amis. Il y a aussi d’excellents livres à lire pour vous donner une idée de la pensée équatorienne : La Fosse aux Indiens, (Huasipungo) par Jorge Icaza; Plata y bronce par Fernando Chávez; Entre Marx y una mujer desnuda par Jorge Enrique Adoum (aussi un film), entre autres. Pour plus d’informations, visitez le site Internet du Consejo Nacional de Cultura (Conseil national de la culture) au : http://www.cultura.com.ec/ .

La programmation de la chaîne de télévision nationale est gratuite; il y a aussi environ 10 chaînes de télévision privées dans les grandes villes. Le service du câble existe également avec l’accès aux chaînes internationales. Mes programmes favoris sont : La television, Contacto Directo, Newscasts et les journaux : Le Diario Hoy et Diario La hora. Ce sont des journaux récents qui existent à côté d’anciens quotidiens établis comme Le Comercio.

Point de vue canadien :

Nourriture : les Équatoriens sont passionnés par leurs spécialités locales mais chaque région a les siennes. Il vous faudra apprendre à connaître la spécialité de votre région d’abord. Par exemple, les régions autour de Quito se spécialisent dans la viande de porc rôti, appelée hornero, tandis que les villes côtières offrent une variété de fruits de mer marinés dans du jus de lime appelé ceviche. Plusieurs régions ont comme spécialité un plat de maïs ou de pommes de terre qui sont les aliments de base du pays. Dans les montagnes, la soupe favorite à base de pommes de terre s’appelle locro et elle est habituellement servie avec du fromage blanc frais et de l’avocat. Les populations de la côte aiment le boeuf épicé et le mangent au petit déjeuner également. Le riz est à la base de nombreux plats dans les régions montagneuses alors que la yucca est servie plus fréquemment dans les terres basses ou la région de l’Oriente; la banane plantain avec du riz est plus communément mangée sur la côte. Le jour des morts (le 2 novembre), la colada morada est servie. C’est une boisson chaude à base de maïs violet et de fruit qui est délicieuse. On la boit avec des guaguas de pan (enfants en pain), qui ont la forme de bonshommes en pain d’épices sucrés ou salés. On peut acheter des vendeurs dans la rue de la nourriture rapide comme des salchipapas (des frites avec des saucisses, mayonnaise et ketchup). C’est très gras et à déconseiller les premiers jours après votre arrivée. Le repas principal de la journée est le repas du midi ou l’almuerzo. Une chose à noter, le café que l’on sert généralement est instantané et vous avez le choix de l’avoir dans de l’eau chaude ou du lait chaud. En dehors des villes principales ou des restaurants spécialisés, on trouve difficilement du café.

Télévision : les Équatoriens suivent, en soirée, des séries télévisées faites au Mexique, en Colombie ou au Brésil. Si vous aimez regarder la télévision, vous pourriez commencer à les regarder puisqu’ils sont de bons sujets de conversation au bureau ou avec d’autres passionnés de ces programmes. On trouve aussi des spectacles de variété ou de faits divers locaux à la télévision.

Films : l’Équateur ne possède pas une industrie du film très développée mais, à Quito, dans le quartier Floresta, la Casa de la Cultura et le Cinema 8 offrent des films culturels ainsi que des films de réalisateurs indépendants et d’Amérique latine en général.

Si vous vivez dans une grande ville, il y aura de nombreux événements culturels auxquels vous pourrez participer. Assister à un match de soccer est un moyen amusant de connaître les divers groupes de fans et les finesses du jeu. Il y a toutes sortes de films et de concerts musicaux durant toute l’année. Quand votre ville célèbre la date de sa fondation, il y aura des festivals et des parades et des fêtes de rue où on peut manger des spécialités locales; les festivals religieux ne manquent pas non plus. Le journal local ainsi que les postes de radio locaux annonceront ces événements. Les collègues de travail seront une bonne source d’information pour les grands événements mais pour les activités plus ciblées comme du théâtre alternatif ou du jazz au bar local, vous devrez trouver quelqu’un qui s’y intéresse pour vous aider. Il s’agit de parler autour de vous de vos intérêts pour obtenir l’information et vous finirez par faire la connaissance d’amis ou de parents d’amis qui auront les mêmes intérêts que vous et qui vous accompagneront. En fait, assister à quelques-uns de ces événements vous permettra de faire des contacts également.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Les héros différeront selon les gens que vous rencontrerez, mais il y en a certains qui obtiennent l’unanimité. Simon Bolivar, par exemple, en est un. Sa réputation vient de sa participation intellectuelle et personnelle aux batailles d’indépendance des Espagnols. Parmi les héros nationaux : Eugenio Espejo (fondateur du premier journal indépendant à Quito), Olmedo (le premier président équatorien né dans le pays et fondateur du mouvement démocratique), Eloy Alfaro (fondateur de la pensée politique libérale; défenseur d’une éducation laïque et de l’éducation pour les femmes; membre actif du mouvement d’abolition de l’esclavage, etc.); Juan Montalvo (promoteur d’idéaux libéraux par ses écrits, enseignant modèle) et d’autres. Des personnalités historiques et plus contemporaines ont émergé des luttes sociales, de l’égalité entre les sexes, de la défense des droits de la personne, des arts, et ils varient d’une région à l’autre, d’un groupe ethnique à l’autre.

Point de vue canadien :

Les héros de l’Équateur viennent de divers domaines comme l’histoire, la politique et les sports du pays. Plusieurs rues ou quartiers portent les noms de personnages historiques comme le président Eloy Alfaro qui avait entrepris un mouvement de réforme libérale au début du siècle dernier. D’autres personnalités datent de la lutte pour l’indépendance de l’Espagne au début des années 1800. Le dernier Inca, Atahuallpa et son général, Rumiñahui, sont aussi des héros puisqu’ils se sont opposés à la conquête par les Espagnols au XVIe siècle.

Dans la province du Chimborazo, un prêtre du nom de Père Proaño a débuté un mouvement de théologie de la libération parmi les paysans indigènes. Il est reconnu à l’échelle nationale pour son oeuvre dans le domaine des droits de la personne. Dans plusieurs régions rurales et parmi les étudiants universitaires, des personnages comme Che Guevarra sont des symboles de résistance à l’impérialisme américain et maintenant de la globalisation. Avec la montée de l’activisme politique au cours de la dernière décennie, les leaders indigènes nationaux se sont mérités un plus grand respect pour leur travail qui vise à aider leurs propres collectivités et pour la défense des droits des pauvres en général. Quelques noms associés à ce mouvement sont ceux de : Antonio Vargas, Luis Macas et Nina Pacari.

Les Équatoriens participent à un programme d’études scolaires très nationaliste et sont donc plus sensibilisés à leur histoire et aux grandes réalisations de leurs dirigeants que ne le sont les Canadiens. Si vous vous familiarisez avec leur histoire à partir de sources moins nationalistes, vous devriez faire attention de ne pas les offenser en questionnant la vérité de la version nationale des événements.

Les Équatoriens sont passionnés par le soccer et les bons joueurs sont des personnalités très connues. Toutefois, à ce que je sache, il n’y a pas d’équivalent d’un joueur comme Pelé au Brésil ou Maradonna en Argentine.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Dépendant du genre de travail dont seront chargés les Canadiens, ils pourraient être questionnés sur leur lien avec une compagnie pétrolière canadienne qui est membre du consortium qui a fait de la prospection pétrolière en Amazonie équatorienne, et sur le méga-projet qui prévoit la construction d’un oléoduc à travers la réserve écologique et dans les montagnes de cette région. Les organisations environnementales locales et internationales se sont opposées fortement à ce projet controversé. Il menace les réserves écologiques locales et la vie des populations indigènes en Amazonie tout en ignorant les normes environnementales les plus fondamentales. On pourrait demander des explications aux Canadiens ou leur demander d’apporter de l’aide à résoudre ce problème.

En général, les Canadiens sont estimés en Équateur, bien qu’il soit nécessaire qu’ils déclarent ouvertement qu’ils ne sont pas des Américains. Le Canada est moins bien connu des Équatoriens, mais ils sont intéressés à en apprendre plus si on leur en donne l’occasion.

Point de vue canadien :

Les attitudes envers les étrangers ont changé au cours des quatre dernières années. En raison de nombreuses pressions étrangères (le FMI et la Banque mondiale), le pays s’est ouvert à des investissements et de nombreux étrangers sont venus y travailler. Ils ont formé des enclaves dans des quartiers de banlieues (comme Cumbaya en dehors de Quito), ce qui ne prédispose pas à la compréhension mutuelle avec les citoyens locaux. En général, les expatriés sont perçus comme étant riches et associés à un déclin dramatique des conditions de vie pour les pauvres et les citoyens de la classe moyenne équatorienne. Par ailleurs, ceux-ci (les expatriés) jouissent d’une qualité de vie à laquelle aspirent les Équatoriens, d’où la contradiction : ils veulent devenir plus comme les Expatriés mais ils n’aiment pas ce que ceux-ci représentent en terme de leurs problèmes économiques récents. Il y a aussi de nombreux projets mis en oeuvre dans le pays dont l’oléoduc de l’OCP (un consortium dans lequel une compagnie canadienne est le principal actionnaire) et le projet du nouvel aéroport (une autre société canadienne a obtenu ce contrat) qui n’ont pas la faveur de tous. L’OCP a suscité beaucoup d’opposition des différentes classes et dans plusieurs régions du pays. Le projet de l’aéroport, a été sujet à plusieurs grèves comme moyen de pression exprimant l’opposition à la privatisation de ce service. Les expatriés doivent être sensibilisés à ces questions et préparés à discuter ouvertement avec les Équatoriens de la rue. Si vous pouvez parler l’espagnol et que vous prenez la peine de discuter avec les gens, vous trouverez qu’il y aura moins de ressentiments que si vous ne pouvez leur pas parler dans leur langue.

Les Canadiens, en particulier, devraient réaliser qu’ils font partie de la sphère publique à cause de nos nombreux liens économiques avec l’Équateur et que nous ne sommes pas mieux considérés que nos homologues Américains ou pas particulièrement différents d’eux. Vu de loin, nous sommes tous des gringos et pour certains segments de la société en Équateur, les gringos ne sont pas les bienvenus.

D’un point de vue plus positif, le Canada est aussi présent sur la scène publique grâce au Fondo Ecuatoriano Cañadiense de Desarrollo (le Fonds de développement Canada-Équateur), qui distribue des fonds de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) à des projets de développement dans le pays. Il y a également un grand nombre d’Équatoriens qui vivent au Canada, surtout à Toronto, donc certaines personnes ont un lien personnel avec le Canada ou aimeraient développer des relations en ayant accès à un visa. À part ces relations et migrations économiques, il n’y a pas d’événements historiques qui lient nos pays respectifs ou qui influeraient positivement ou négativement sur notre travail ou nos relations sociales.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

L’un des préjugés les plus nuisibles et les plus répandus au sujet des étrangers est en relation avec les attitudes sexuelles. En apparence, l’Équateur est une société très conventionnelle, plus encore dans les régions montagneuses et dans les zones rurales du pays. La côte est plus tolérante et plus ouverte à une diversité de comportements. En fait, les populations des régions montagneuses perçoivent les Costeños comme étant trop libéraux, qui ont un style de vie trop relâché et qui ne se refusent rien. De tels comportements sont mal vus et font l’objet de critiques.

Une mise en garde : les hommes et les femmes du pays pensent que les gringas (femmes étrangères) ont des moeurs plus relâchées en ce qui a trait à la sexualité et, donc, qu’elles sont plus faciles d’accès sur ce plan. Cette perception pourrait s’immiscer dans les relations des femmes étrangères avec des hommes hauts placés qui voudraient profiter de la situation. Les femmes devraient faire preuve de bon sens pour arrêter ce genre de comportement et ne pas avoir peur de le dénoncer ou demander une explication. Il y a de fortes chances que l’homme rassurera la femme sur ses intentions. Les femmes dont l’attitude est ferme (tout en restant amicale) et qui rejettent les avances des hommes gagnent leur respect. Donc, il ne faut pas avoir peur de faire un faux pas en mettant les choses au clair. Cela dit, le pays est sécuritaire et agréable, et chaque homme qui passe un commentaire sur une femme ne voudra pas nécessairement lui faire des avances. Donc, ne pas laisser cette peur ruiner vos bonnes amitiés ou partenariats.

Un autre préjugé local dit que les étrangers s’habillent de manière trop décontractée et même malpropre (les voyageurs sac à dos surtout), sont arrogants et pressés, et qu’ils ont les poches pleines (d’argent!).

Point de vue canadien :

Selon mon expérience, après avoir observé les étudiants canadiens et leur réaction à la culture équatorienne, leurs suppositions que tout le monde ne cherche qu’à profiter d’eux et que tous les gestes des hommes équatoriens envers les femmes canadiennes sont motivées sexuellement, les empêchent de former d’autres types de relations en Équateur. Bien qu’il faille être sur ses gardes pour ne pas se faire voler, ne pas payer des prix exorbitants par rapport au marché ou pour ne pas être victime de harcèlement sexuel, il est contre-productif de vivre dans un état de peur continuelle. Souvent on peut demander à quelqu’un le prix avant de s’engager et donc se faire une meilleure idée. Si la personne demande trop cher, il faut simplement aller voir ailleurs. Quant au harcèlement sexuel, c’est habituellement un problème pour les femmes dans les petites villes où les hommes sifflent ou font des commentaires dans la rue ou dans les bars. Autrement, les hommes équatoriens sont très respectueux et toutes les avances sociales ne sont pas nécessairement de type sexuel.

En ce qui a trait aux affaires, le préjugé le plus commun consiste à croire que les gens et les mécanismes en place ne sont pas généralement dignes de confiance. À nouveau, il existe un degré élevé de corruption mais cela s’applique surtout aux affaires locales. J’ai trouvé que l’on peut, dans l’ensemble, se débrouiller très bien pour vivre sans avoir à donner des « pourboires » tout le temps. À un niveau supérieur des affaires où des contrats importants se négocient, les choses pourraient être différentes. Également, l’Équatorien moyen travaille très fort pour très peu de salaire, donc, aux niveaux inférieurs, l’accusation que les gens ne travaillent pas est totalement inexacte. En général, ces stéréotypes s’appliquent plus à l’échelon supérieur en politique ou dans les affaires qu’aux échelons inférieurs.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née à Ibarra, en Équateur, l'aînée de neuf enfants. Elle a été élevée dans cette ville de la Sierra du Nord de l'Équateur et y a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. Elle a obtenu son baccalauréat en éducation de l'Universidad Tecnica del Norte et elle a immigré au Canada pour y continuer ses études à l'Université Trent (de Peterborough) et à l'Université Memorial (de Terre-Neuve). Elle a beaucoup voyagé pour son travail et par plaisir en Équateur, en Allemagne et dans l'Est du Canada, et par la suite à Cuba et au Mexique. Votre interprète culturelle vit à Ottawa et travaille pour une organisation qui examine les questions de la diversité au Canada. Elle est mariée et n'a pas d'enfants. Ses origines culturelles sont africaines équatoriennes.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née en 1963 à Toronto. Elle est une Canadienne de première génération du côté de son père et de deuxième génération du côté de sa mère. Ses deux parents sont d'origine britannique. Votre interprète a étudié l'anthropologie à l'Université de Toronto, Campus St-George, et elle a obtenu trois diplômes de cet établissement, dont un doctorat en 1995. Une fois son doctorat terminé, elle a passé 2 ans et demi à Singapour à enseigner l'anglais et l'anthropologie. Elle a ensuite fait un premier séjour en Équateur en 1998 en qualité de coordonnatrice du programme d'études en développement international en Équateur pour les étudiants de 3e année de l'Université Trent. Après avoir habité chez une famille équatorienne à Sangolqui, en périphérie de Quito (la capitale), elle a trouvé un emploi et travaille toujours dans cette ville.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.