Estonie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Il vaut mieux éviter d’aborder les sujets à caractère social dont on ne connaît pas grand chose, au moins jusqu’à ce que l’on connaisse mieux ses interlocuteurs.

Point de vue canadien :

Les Estoniens sont en général pragmatiques et réservés de nature, tout au moins avec les personnes qu’ils ne connaissent pas très bien. Au début, ils peuvent être plutôt formels, bien que, comme au Canada, les comportements puissent varier selon le contexte rural ou urbain et l’âge. Les gens de la campagne sont généralement plus ouverts et expressifs. Les jeunes Estoniens n’ont pas les mêmes intérêts ni les comportements des jeunes Canadiens. Pour ce qui est des sujets à aborder au premier contact, il est préférable d’éviter de fournir trop de renseignements personnels, jusqu’à ce que votre interlocuteur se montre plus ouvert et plus à l’aise avec vous.

Vous pourriez aborder des sujets généraux d’intérêt commun ou parler de vos expériences en tant que quelqu’un « de provenance nordique », des ressemblances géographiques de l’Estonie avec le Canada ou de choses particulières que vous avez trouvées uniques ou impressionnantes. En vous préparant bien avant votre départ, vous pourriez probablement relever divers sujets d’intérêt ou de préoccupation communs. Notez que les Estoniens aiment beaucoup les activités à l’extérieur. Historiquement, ils se considèrent comme un peuple de la terre ou de la campagne très proche de la nature, ce qui se compare à l’attachement des Canadiens pour leur pays et leur environnement.

La politique et la religion doivent être évitées au premier contact. Les nerfs sont encore à vif après cinquante ans d’occupation soviétique, particulièrement chez les personnes âgées, mais aussi en raison de certaines désillusions à l’égard des régimes et des priorités des récents gouvernements locaux et nationaux. En outre, l’Estonie doit adhérer prochainement à l’Union Européenne et les gens sont divisés quant aux avantages de cette adhésion par rapport aux coûts à supporter à court et long terme, surtout à la lumière de leur « nouvelle » liberté et leur sens d’indépendance. Un référendum sera tenu à ce sujet à l’automne 2003. (Les Estoniens ont voté en faveur de se joindre à l’Union européenne lors d’un référendum le 14 septembre 2003- éd.)

Bien que sceptiques de nature et méfiants à l’égard des hauts placés ou des « autorités », les Estoniens sont très heureux dans des contextes sociaux, entre eux. Leur humour peut être caustique et souvent ironique.

Vous ferez certainement bonne impression en utilisant quelques mots de politesse en estonien, même si ce sont les seuls que vous pouvez prononcer.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Les Estoniens diffèrent de certains Canadiens. Le toucher, autre qu’une ferme poignée de main, n’est pas une façon estonienne d’accueillir un visiteur, un étranger ou un collègue. La distance personnelle est jugée très importante par la plupart des Estoniens.

Le contact visuel régulier sert à déterminer si l’interlocuteur est digne de confiance. Les Estoniens maintiennent généralement un contact visuel durant les conversations et ils se méfient des personnes qui refusent de le faire au cours de discussions d’affaires ou sociales.

En Estonie, il est habituel de serrer la main de l’interlocuteur (homme ou femme). D’ordinaire, les hommes n’embrassent pas les femmes sur la joue. Lorsqu’ils discutent, les hommes ne touchent pas leurs interlocuteurs ou interlocutrices, même s’ils ont un niveau hiérarchique plus élevé.

Seuls les amis intimes se touchent parfois au cours de discussions d’affaires ou de conversations sociales courantes, en plaçant une main sur l’épaule de leur interlocuteur ou en touchant son coude. Même dans un tel cas, ils reprennent rapidement leur distance personnelle et poursuivent la conversation; l’espace personnel est jugé privé et inviolable. Le contact visuel est très important dans les relations professionnelles.

La plupart des Estoniens font très peu de gestes au cours de discussions d’affaires et sociales, et trouvent souvent les gestes distrayants et même ennuyants. Les gestes tels que l’index dressé, pointer du doigt en le remuant et pointer quelqu’un du doigt sont tout à fait inacceptables.

Point de vue canadien :

Le mode de communication des Estoniens est semblable à celui des Canadiens anglophones de descendance européenne (Europe occidentale). Dans leurs conversations, la distance personnelle est respectée. Ils maintiennent entre eux une certaine distance, mais suffisante pour avoir un contact visuel adéquat et montrer qu’ils sont attentifs à ce que disent leurs interlocuteurs. Une poignée de main ferme est la norme à l’accueil, aux présentations et lorsque l’on prend congé, pour les femmes comme pour les hommes. S’embrasser sur la joue ou toucher son interlocuteur au cours d’une conversation n’est pas encore une pratique culturelle répandue, bien que cela se fasse entre amis intimes, membres d’une même famille ou parmi les Russes ou autres Slaves qui vivent dans le pays et qui, de nature, sont plus expressifs en public.

Un franc-parler et un ton de voix régulier sont la norme dans la plupart des circonstances. Toutefois, selon le poste occupé et la question discutée, vous ne devez pas vous attendre toujours à obtenir une réponse immédiate et directe surtout si vous demandez aux gens leur opinion personnelle sur une question donnée qu’ils pourraient juger compromettante d’une façon ou d’une autre. Cela est un reste de l’ère soviétique qui s’estompe graduellement, surtout chez les jeunes gens.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Le ton de voix doit être amical et le discours, direct, même si le sujet est désagréable.

Point de vue canadien :

Les Estoniens sont un peuple assez réservé et les démonstrations d’émotions en public ne sont pas fréquentes, sauf lors d’événements culturels, sportifs ou autres. Toutefois, il faut souligner que la société n’est pas homogène et qu’elle est sujette à des changements graduels depuis l’ouverture de ses frontières aux influences mondiales, aux mouvements de population et au tourisme international.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Les styles et le rythme de travail diffèrent d’un milieu de travail à l’autre, mais il est important d’être soigné et ponctuel en toutes circonstances. Les Estoniens sont plus conventionnels que le Canadien moyen en ce qui a trait à la tenue vestimentaire au travail qui est plus conservatrice, en été comme en hiver.

Les superviseurs – et les collègues – s’appellent en général par le nom de famille et l’utilisation du titre Monsieur (härra), Madame (proua) ou Mademoiselle (preili) est jugée la formule la plus appropriée, surtout au premier contact, et jusqu’à ce que vous connaissiez bien vos interlocuteurs ou qu’ils vous proposent de laisser les formalités de côté.

Même si quelques milieux de travail permettent aux employés de se présenter plus tôt ou plus tard et de travailler en dehors de l’habituel 9 à 5, la ponctualité et la fiabilité sont très recherchées en Estonie, à la fois par les collègues et par les gestionnaires.

Les délais sont en général établis dans l’espoir qu’ils seront observés. Malgré la latitude dont vous disposez au moment d’arrêter ces objectifs, assurez-vous que vos collègues soient parfaitement au courant des attentes et de la tâche à accomplir. Il n’est pas inhabituel, en effet, de devoir travailler de nombreuses heures supplémentaires pour respecter un délai, et refuser de le faire peut avoir des conséquences négatives.

Point de vue canadien :

La façon de procéder la plus simple serait de suivre les pratiques canadiennes en ce qui a trait à l’habillement et au comportement en milieu de travail. Les vêtements sont la plupart du temps sobres et de couleur peu voyante. La cravate n’est pas obligatoire, mais cela dépend encore du contexte : urbain ou rural. Un homme qui traite avec des gens d’affaires de rang supérieur, des directeurs de banque ou des représentants gouvernementaux doit d’abord porter une cravate jusqu’à ce qu’il ait « évalué » la situation. Le port de vêtements plus décontractés serait acceptable dans la plupart des autres cas. Il est aussi convenable pour les femmes de porter le « tailleur-pantalon ».

Il faut en toutes circonstances s’adresser de manière conventionnelle aux étrangers, aux supérieurs et à d’autres hauts-placés, à moins d’avis contraire; placez le titre Monsieur, Madame ou Mademoiselle, avant le nom de famille. En général, les collègues vous diront quand vous pourrez utiliser leur prénom. En général, dans les relations de travail, les Estoniens tendent à se montrer plus formels que les Canadiens.

En règle générale, les Estoniens sont très à cheval sur la ponctualité au travail, le respect des délais ou d’autres engagements et ils feront des heures supplémentaires pour les respecter. Souvent, ils arrivent plus tôt au travail. Néanmoins, il n’est pas inhabituel de devoir attendre plus longtemps que prévu pour un rendez-vous ou une réunion fixés à l’avance. À cause de la pénurie de personnel dans plusieurs secteurs, les gens sont souvent « débordés » et peuvent arriver en retard aux rendez-vous, s’ils ont eu une question urgente à régler. L’absentéisme sans raison valable n’est pas très bien accepté.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Un supérieur est habituellement respecté pour son expérience dans l’industrie ou le travail qu’il fait, ainsi que pour son expérience en gestion et la capacité de tirer le maximum de son personnel. Bien que les compétences universitaires et professionnelles soient une bonne indication des antécédents et des capacités des supérieurs, les employés font davantage confiance à un supérieur accessible qu’à un gestionnaire qui tient ses distances. Une autre qualité utile pour un gestionnaire est son ouverture aux idées proposées par les autres. Toutefois, gardez à l’esprit que l’Estonie n’a que très récemment accédé à l’indépendance (il y a 12 ans à peine et après un demi-siècle d’occupation russe, sous l’ex-Union soviétique). Vous constaterez alors que les « gestionnaires » d’aujourd’hui dans l’industrie, le commerce et le gouvernement estoniens sont jeunes, plusieurs étant âgés de moins de 30 ans. Par conséquent, vous devrez parfois faire preuve de patience envers un jeune gestionnaire estonien qui, par ailleurs, est probablement très instruit. Parfois l’expérience pratique de ces gestionnaires est beaucoup plus limitée que celle que l’on retrouve normalement au Canada dans des situations comparables. Cependant, ils utilisent les outils technologiques les plus modernes et vous devrez intérêt à être aussi expérimenté qu’eux en informatique ou en téléphonie mobile!

Point de vue canadien :

Les Estoniens ont une éthique de travail solide qui revêt plus d’importance que le statut social. La majorité de la population est très instruite et les titres de poste ne les impressionnent pas. Les connaissances et l’expérience pratique sont recherchées, ainsi que l’ouverture aux nouvelles idées, la loyauté, l’équité et un solide caractère. Les Estoniens apprécient aussi la minutie et le travail de grande qualité. Quoique le leadership soit important, il doit reposer sur un processus de collaboration et de participation des collègues ou des employés. Ils n’apprécient pas beaucoup les comportements autoritaires ou dominateurs des collègues et des gestionnaires, que ces derniers soient estoniens ou étrangers.

Les employés peuvent ne pas réagir directement à des points de vue ou à des avis d’un gestionnaire ou consultant étranger qu’ils ne comprennent pas ou qui ne suit pas les pratiques locales. Ils sont plus enclins à accepter les propositions des autres, s’ils ont été consultés et si leur point de vue a été examiné et apprécié. Ils n’aiment pas recevoir des ordres ni des leçons.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

En préambule, j’aimerais dire ce qui suit : les Estoniens sont un peuple fier. Ils aiment prendre leurs propres décisions et ils n’acceptent pas les « conseils » d’un étranger trop insistant. Toutefois, ils recherchent et apprécient des suggestions amicales pour faire les choses de « la meilleure façon » possible. Un Estonien typique – dont le caractère a été façonné par des siècles de vie dans des conditions politiques et socio-économiques difficiles – se méfie des politiciens et de toutes les gouvernances, et préfère obstinément qu’on le laisse tranquille et faire les choses à sa manière; il n’aime pas non plus demander de l’aide à un étranger. Depuis l’accession à l’indépendance du pays en août 1991, la liberté individuelle et collective d’expression existe de nouveau pour tous les Estoniens. Par nature, les Estoniens ne sont pas « collectivistes » et la pensée et l’expression individuelles prévalent partout.

Je réponds maintenant à la question posée. Chaque travailleur prend ses propres décisions en ce qui a trait à la meilleure façon d’effectuer les tâches qui lui sont assignées et de résoudre les problèmes qui le confrontent. Le superviseur dit aux employés ce qui doit être fait, mais pas la façon de le faire. Si un employé a besoin d’aide ou de clarification au sujet de la tâche à faire, il s’adresse à un supérieur ou à un collègue expérimenté. Habituellement, les solutions émanent des employés assignés à la tâche, et tout le crédit revient à l’auteur – soit à la personne qui le mérite.

Point de vue canadien :

En général, les Estoniens aiment débattre des idées ou étudier différentes options avant de prendre une décision. Dans le passé, la prise de décision en milieu de travail était davantage du type « descendant », notamment sous le système dit « collectiviste ». Aujourd’hui, s’il incombe toujours aux superviseurs et aux gestionnaires de faire en sorte que des décisions soient prises et mises en oeuvre, on constate qu’il y a davantage de consultation et de sollicitation des idées du personnel dans les milieux de travail. De fait, au cours des dernières années, les ministères du gouvernement estonien, d’autres institutions publiques et de grandes entreprises ont adopté des modèles « occidentaux » de planification et de gestion stratégique comportant divers processus de consultation et d’exigences en matière de reddition de comptes. À cet égard, il est acceptable de consulter son superviseur immédiat pour demander une rétroaction ou des réponses à des questions.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : Légalement, les femmes dans les milieux de travail estoniens sont les égales des hommes. Toutefois, du fait que l’Estonie n’est indépendante que depuis 12 ans et que le nombre de travailleuses spécialisées de haut niveau n’était pas très élevé durant l’ère soviétique, on note parfois une certaine lenteur du processus de recrutement des femmes dans des postes de haut niveau au gouvernement, dans l’industrie et le secteur commercial. Néanmoins, de plus en plus de femmes ont accès aux postes cadres dans l’administration depuis les cinq ou six dernières années.

Religion : Même si la plupart des Estoniens se considèrent comme religieux, la religion n’est pas un facteur critique dans la majorité des milieux de travail et sociaux de l’Estonie moderne. L’Église luthérienne est la plus importante, l’Église orthodoxe russe a aussi un certain nombre d’adeptes et on compte relativement très peu de Catholiques romains parmi les Estoniens. D’autres religions sont pratiquées telles que le judaïsme ou encore les religions orientales. La plupart des gens peuvent donc trouver un lieu de culte en Estonie, surtout dans les grandes villes.

Classe : L’Estonie est une société sans classes. Toutefois, sur le plan économique, il y a comme dans bien des pays des gens moins fortunés qui pourraient améliorer leur situation. Quelle que soit la situation financière des gens, personne n’est aujourd’hui méprisé en Estonie et les pauvres ne vouent pas de culte indu aux gens riches.

Origine ethnique : Indépendamment de l’origine ethnique des gens, chacun est jugé – au plan social et professionnel – sur ses compétences et ses capacités à réaliser les tâches à faire et de s’entendre avec les autres, les collègues et les supérieurs. Il est aussi très important de savoir qu’en droit, les travailleurs estoniens doivent pouvoir comprendre et parler la langue du pays, qui est l’estonien – une langue très voisine du finlandais. Toutefois, certains Russes, même aujourd’hui, bien qu’ils aient vécu plus de douze ans dans le pays, refusent d’acquérir les notions les plus élémentaires de l’estonien. Dans de tels cas, certaines difficultés « ethniques » surgissent parfois. Ces problèmes diminueront au fil des ans et, à ce que je sache, il n’existe pas de graves conflits ethniques en Estonie, aujourd’hui. On y offre une vaste gamme de programmes d’enseignement de l’estonien, dont certains sont financés par le Canada.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Les attitudes des Estoniens à l’égard du sexe ne sont pas différentes de celles des Canadiens. Les femmes sont égales aux hommes devant la loi et le gouvernement estonien a pris les mesures nécessaires pour promouvoir l’égalité des chances et reconnaître ces droits dans la jurisdiction. Le nombre de femmes diplômées des universités est supérieur à celui des hommes. Cependant, bien qu’il y ait des femmes cadres dans de nombreux secteurs, leur nombre est anormalement faible proportionnellement à celui des hommes. La majorité d’entre elles occupent des emplois de niveau inférieur ou peu rémunérateurs et la parité salariale pour un travail égal n’est pas encore très répandue. Il existe toujours plusieurs traces de la société patriarcale traditionnelle dans l’attitude à l’égard des rôles de la femme à la maison et au travail, bien que cela change graduellement, surtout parmi la jeune génération.

Religion : L’Estonie est une nation à prédominance luthérienne, bien qu’il existe un grand nombre d’orthodoxes russes, ainsi que quelques baptistes et fidèles d’autres religions. La pratique religieuse a été supprimée durant l’ère soviétique et, depuis lors, la fréquentation régulière ou active des églises luthériennes a été faible, sauf à l’occasion d’événements spéciaux ou de célébrations. L’attitude dans ce domaine tend à être plutôt passive, surtout chez les jeunes gens.

Classe : Depuis le 19e siècle, il n’existe pas de système de classe « traditionnel » en Estonie. Si l’on veut parler d’une « classe » supérieure, comme au Canada, il faudrait inclure ceux qui ont nouvellement acquis de la richesse ou qui sont en position d’autorité par leur esprit d’entrepreneur, leurs études universitaires, etc. La majorité de la population se bat pour joindre les deux bouts et s’adapter aux conditions et exigences d’une nouvelle ère caractérisée par une évolution rapide. Ceux qui se trouvent dans un « poste privilégié » durable sont encore en très petit nombre.

Origine ethnique : La société estonienne est multiethnique. Sa petite population d’environ 1,4 million de personnes est composée de 67,9 p. cent d’Estoniens ethniques, de 25,6 p. cent de Russes, de 2,1 p. cent d’Ukrainiens, de 1,3 p. cent de Biélorusses, de 1 p. cent de Finlandais et de plusieurs autres groupes ethniques de moindre importance. Comme l’Estonie a dans le passé été dirigée par différents pays étrangers, ses divers groupes ethniques ont dû apprendre à vivre ensemble. Les relations entre groupes ethniques ont été particulièrement difficiles durant la période soviétique, alors que les Estoniens voyaient leur population diminuer à cause de la déportation vers l’URSS et le nombre de non-Estoniens augmenter de 26 fois. Ce changement démographique radical et son impact ultérieur sur l’évolution de la société estonienne sont considérés comme une catastrophe nationale.

Au retour de l’indépendance et de la démocratie dans les années 1990, la priorité a été donnée au rétablissement de l’identité culturelle de l’Estonie, de ses institutions publiques et de ses mécanismes de gouvernance. Il a fallu aussi renouer un nouveau dialogue, reprendre les relations sur de meilleures bases et mettre en place un processus d’intégration à cause de la présence de la minorité russe importante, dont la majorité a préféré demeurer en Estonie. Le processus d’intégration a été contesté et les relations initiales ont été tendues, parce que de nombreux adultes Russes n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour apprendre l’estonien, malgré l’offre de cours linguistiques gratuits. Présentement, le statut légal et les droits des minorités ethniques nationales sont définis dans la Constitution estonienne et dans la Loi sur l’autonomie culturelle des minorités nationales.

Il faut souligner que la main-d’oeuvre estonienne dans les secteurs professionnels (y compris les gestionnaires) est relativement jeune, entre 20 et 40 ans d’âge, et qu’elle est moins portée à exprimer des griefs historiques ou à montrer ouvertement un comportement discriminatoire. En règle générale, cette main-d’oeuvre est très motivée pour « progresser ». Malgré tout, il ne faut pas perdre de vue le passé récent du pays, les écarts dus à la pluralité de la société en transition, l’acquisition de nouvelles compétences et le régime de reconstruction.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Je conseillerais aux étrangers en voyage d’affaires pour la première fois en Estonie de nouer quelques relations personnelles et professionnelles avant de se lancer à fond dans une nouvelle situation de travail ou sociale. Procéder autrement ne serait pas très prudent!

Point de vue canadien :

L’établissement d’une relation personnelle au premier contact avec un collègue ou client n’est pas essentiel, puisque la plupart du temps, les Estoniens adoptent une attitude officielle en affaires. Néanmoins, il peut-être utile d’établir quelques rapports au préalable pour faciliter la communication et la compréhension mutuelle des questions à aborder ultérieurement. Cela peut être fait en organisant des réunions préparatoires officieuses autour d’un café, si possible. On peut aussi bavarder un certain temps avant que la réunion débute officiellement pour obtenir quelques renseignements généraux sur les antécédents et le travail du collègue ou du client ou aborder quelques sujets d’ordre général et d’intérêt commun. L’établissement d’une relation personnelle solide est en général vu comme un processus graduel.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Non. En règle générale, ils ne le font pas ou en tout cas ils ne devraient pas le faire, et vous devrez éviter absolument de vous comporter de manière à leur laisser croire qu’ils peuvent obtenir des faveurs particulières, s’ils coopèrent. Autrement, tôt ou tard, vous pourriez vous retrouver dans des situations qu’il vaut mieux éviter à tout prix. Ainsi, utilisez votre bon sens dans toutes les relations que vous entretenez avec les gens que vous rencontrez et avec qui vous travaillez.

Point de vue canadien :

En Estonie, les réseaux sociaux officieux sont considérablement utilisés pour rechercher et obtenir de nouveaux emplois et, dans ce cas, il n’est pas inhabituel que certaines faveurs soient accordées. Toutefois, de par le statut de ressortissant étranger, les attentes à votre égard peuvent beaucoup différer en ce qui a trait aux avantages découlant d’une relation personnelle ou d’une amitié dans un milieu de travail. Par-dessus tout, il est important de garder et de maintenir une attitude d’équité, d’ouverture et de confiance dans toutes ses actions et relations avec tous les collègues ou employés. Bien que l’on puisse naturellement porter plus d’attention à la relation personnelle, cela ne doit pas mener à l’octroi unilatéral de privilèges particuliers tels que des augmentations de salaire, des promotions ou le recrutement d’amis ou de membres de la famille de collègues.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Selon l’expérience que j’ai acquise dans plusieurs milieux de travail au Canada, aux États-Unis et en Estonie, je suis absolument convaincu que le mieux est d’adopter une approche directe – « attaquez le problème de front et le plus tôt possible. » Discutez du problème avec votre collègue directement et en privé! Au cas où vous auriez besoin d’un interprète, convenez avec lui, à l’avance, que vous exigez la plus stricte confidentialité de la part de l’interprète et demandez-lui de faire une déclaration en ce sens, en votre présence, au collègue qui vous pose des difficultés. Si la rencontre ne donne rien, vous pouvez alors discuter du problème avec votre « patron. » Une fois encore, faites tout en privé et non pas en public.

Point de vue canadien :

Mieux vaut toujours tenter d’aborder le problème directement avec le collègue, en privé, et jamais en public. Ce n’est que dans des situations apparemment insolvables ou critiques que l’on peut demander l’intervention du superviseur ou du directeur, sans toutefois le faire dans le dos du collègue en question.

Si un collègue en a offensé un autre ou créé un problème, la réponse ou la réaction n’est pas nécessairement immédiate, directe ou agressive. Elle peut être retardée et consister à « se montrer plus froid » ou à simplement ignorer le problème, si les conséquences ne sont pas critiques. Comme toujours, la réaction dépend du contexte du problème et du caractère du collègue concerné.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Vous devrez motiver vos collègues comme vous le feriez au Canada. En règle générale, les Estoniens ont une éthique de travail relativement élevée; ils sont très instruits et parfaitement conscients qu’ils doivent donner un bon rendement au travail pour un salaire équitable. Si vous leur versez des salaires médiocres, leur rendement au travail en sera le reflet.

Point de vue canadien :

En règle générale, les Estoniens prennent à coeur le travail bien fait et s’engagent pleinement pour achever les travaux convenus au mieux de leurs capacités. La crainte de l’échec est un incitatif très efficace, ainsi que leur caractère travailleur inhérent et le besoin de survivre à toutes les conditions adverses, comme ils l’ont démontré au fil du temps. Les Estoniens sont habitués à travailler dans des conditions très difficiles et peuvent s’adapter rapidement à ce qui est disponible et requis, à condition de reconnaître les efforts qu’ils accomplissent. La sécurité d’emploi et le besoin d’avoir un revenu convenable et régulier sont d’autres facteurs importants de motivation.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Pour vous préparer à un voyage d’affaires ou autre en Estonie, je vous recommande vivement de consulter attentivement un certain nombre de sites Web sur l’Estonie, son histoire, sa culture, son peuple et son commerce. La plupart des sites Web ont de bonnes versions anglaises – ainsi vous n’avez pas à comprendre la langue du pays pour les consulter. Je vous propose de commencer par les deux sites suivants, soit celui de l’Institut estonien : http://www.einst.ee/, et celui de l’Estonie : http://www.ee/www/.

Ces deux sites vous fourniront l’essentiel – et beaucoup plus – sur l’Estonie, sa géographie, son histoire, sa culture, son peuple, son commerce, son tourisme, ses attractions locales, etc. Bonne lecture!

Point de vue canadien :

Pour en savoir plus sur la culture et la société estoniennes en vue de préparer votre voyage, vous pourrez trouver une multitude de renseignements en langue anglaise sur un grand nombre de sujets en consultant le Web. Les publications pertinentes, les films ou les vidéos sont difficiles à trouver dans les magasins canadiens. Les principaux sites Web qui offrent des liens nombreux et utiles sont les suivants : Institut estonien (Eesti Instituut) : www.einst.ee; Estonica, une encyclopédie compilée par cet institut (www.estonica.org); ministère des Affaires étrangères (Välisministeerium) : www.vm.ee/estonia/; Conseil du tourisme de l’Estonie : www.visitestonia.com; site Web de l’Estonie : www.ee/www/welcome.html – il s’agit d’un site de recherche centralisé qui offre un nombre considérable de liens; et le Centre Internet officiel de l’État de l’Estonie (Eesti riik) : www.riik.ee/en.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Point de vue canadien :

À votre arrivée en Estonie, je vous recommande vivement, Estonia, The Guide, édité par Revalia Publishing Ltd., Tallinn, 1995. Ce guide n’est pas disponible au Canada.

Tous les grands centres urbains ont des bureaux d’information touristique dotés de personnel multilingue, habituellement situés au centre-ville. Vous pourrez lire aussi Tallinn This Week, une revue qui paraît deux fois par mois et qui fournit une liste détaillée de services et des activités à l’intention des visiteurs. Les affiches postées partout en ville, les centres touristiques, les quotidiens locaux et les magazines sont aussi de bonnes sources d’information sur les concerts, les expositions, les activités sportives, les représentations théâtrales et d’autres événements culturels à venir.

Ne manquez pas la vieille ville de Tallinn encerclée de remparts et considérée comme la ville médiévale la mieux conservée de l’Europe septentrionale. Elle est même inscrite sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. La plupart des grands musées, des galeries d’arts, des magasins d’artisanat, ainsi que les meilleurs restaurants, cafés et pâtisseries locaux et internationaux y foisonnent aussi.

L’opéra, la salle des concerts estoniens et le théâtre dramatique estonien sont aussi proches de la vieille ville et offrent des représentations sur une base régulière. Plusieurs des églises historiques servent aussi de lieux de représentations de musique de chambre et de choeur. Les chorales estoniennes jouissent d’une très grande réputation internationale.

Le palace Kadriorg, le musée des arts et le parc, de style baroque construits par le Tsar russe Pierre Ier pour son épouse, Catherine, reflètent un autre aspect du riche patrimoine architectural de Tallinn.

Visitez aussi le musée ouvert Rocca al Mare situé en banlieue de Tallinn où l’on peut se rendre en utilisant les transports en commun. Ne manquez pas les divers sites ruraux tels que les fermes et les auberges à toit de chaume; les ruines de la forteresse médiévale (par exemple : le château de l’évêque à Kuressaare); les églises de villages et de villes au charme vieillot; et les nombreux grands manoirs construits par les barons allemands au 18e et 19e siècles, principalement. Ne manquez pas non plus de visiter la forêt primaire de l’Estonie, ses lacs et ses rivières; les parcs et les réserves nationaux; l’île minuscule et traditionnelle de Kihnu; les collines arrondies aux environs d’Otepää, dans le sud de l’Estonie; et les immenses plages de sable de Pärnu. Je conseillerais aussi les fermes « collectives » abandonnées, les sites militaires et les immeubles à appartements préfabriqués très distinctifs, qui sont des vestiges de l’occupation soviétique. Tous ont une histoire à raconter.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Les héros nationaux estoniens sont issus de trois groupes principaux : le secteur politique; le secteur artistique : en littérature, en musique et dans d’autres formes d’art; et le milieu sportif. Du côté politique, un domaine dans lequel les Estoniens ont éprouvé les plus grandes difficultés pendant plusieurs siècles, le pays compte un certain nombre de héros nationaux, notamment : Jaan Tõnisson et Konstantin Päts, qui ont été très engagés et ont exercé une très grande influence sur l’éveil de la nation au milieu des années 1800 qui a mené à l’indépendance du pays au début des années 1900; le général Johannes Laidonär, chef des forces militaires estoniennes durant la Guerre de libération (1918-1920) et Julius Kuperjanov, héros de la Guerre de libération.

En littérature, il y a un certain nombre d’écrivains et de poètes estoniens bien connus – de mémoire, je nommerai Lydia Koidula, Anton Hansen Tammsaare, Friedebert Tuglas, Gustav Suits, Eduard Vilde, Albert Kivikas, August Mälk, Marie Under, Jaan Kaplinski et Jaan Kross. Certaines de leurs oeuvres ont été traduites dans plusieurs langues étrangères.

En ce qui a trait au monde de la musique, l’Estonie compte des compositeurs célèbres, notamment Rudolf Tobias, Eduard Tubin, Heino Eller, Lepo Sumera et Arvo Pärt; et des chefs d’orchestre réputés tels que Eri Klas, Neeme Järvi et Tõnu Kaljuste. Certaines de leurs oeuvres sont disponibles sur CD. Dans d’autres formes artistiques je retiendrais les peintres bien connus Eduard Wiiralt, Kristjan Raud et Günther Reindorff; et parmi les contemporains, Jüri Arrak, Abel Lee, Osvald Timmas et Rutt Tulving – les trois derniers résident au Canada.

Dans le domaine des sports, des Estoniens ont acquis une réputation internationale. Je citerais, par exemple, Paul Keres aux échecs, Pulusalu en lutte, Markko Märtin en course automobile; et deux héros sportifs les plus récents qui ont acquis une réputation mondiale et remporté des médailles olympiques : Andrus Veerpalu en ski, et Erkki Nool au décathlon.

Point de vue canadien :

À quelques exceptions près, la plupart des héros estoniens les plus connus sont de la période contemporaine (indépendance). En voici quelques-uns :

Hommes d’État : Konstantin Päts, premier président de la République d’Estonie, élu en 1918, et Lennart Meri, premier président de la deuxième période qui a suivi l’indépendance.

Écrivains : Friedrich Reinhold Kreutzwald, Lydia Koidula, Johann Voldemar Jannsen, Juhan Liiv; A.H. Tammsaare, auteur de Vérité et justice (Tôde ja ôigus), Jaan Kroos; Jaan Kaplinski et Viivi Luik.

Musique : En ce qui a trait à la musique, les réalisations estoniennes sont mieux connues à l’échelle internationale dans le domaine de la musique classique, chorale et folklorique. Le choeur philharmonique estonien et son chef d’orchestre connu mondialement, Tônu Kaljuste, ont participé à de grands festivals et concours de chorales de choeur dans le monde entier et reçu plusieurs honneurs. Neeme Järvi et Eri Klas ont aussi dirigé de nombreux concerts la scène internationale. Des compositeurs estoniens contemporains bien connus comprennent, entre autres, Arvo Pärt, dont les compositions uniques et « mystiques » sont souvent passées sur la chaîne de la SRC-FM et jouées dans les concerts classiques canadiens; Veljo Tormism, dont la plupart des oeuvres originales sont fondées sur des chants runiques folkloriques traditionnels; et Erkki-Sven Tüür et Urmas Sisask, qui sont parmi la plus jeune génération de compositeurs classiques.

Sports : Les « héros » sportifs estoniens sont peut-être les plus populaires. Erki Nool, champion international du décathlon et médaillé d’or aux Jeux olympiques de Sydney en 2000 est l’athlète le plus adulé. Je citerai encore les skieurs de fond de classe internationale, Andrus Veerpalu et Jaak Mae, qui ont obtenu des médailles d’or, d’argent et de bronze aux Jeux de Salt Lake City, et Kristina Smigun, qui est montée sur le podium lors de la Coupe du monde. Les cyclistes professionnels Lauri Aus et Jaan Kirsipuu ont fait le Tour de France et se sont bien comportés dans diverses compétitions internationales.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quelque 20 000 Estoniens ont immigré au Canada – en transitant principalement par la Suède et l’Allemagne – et résident depuis au Canada. La plupart d’entre eux ont bien réussi et ils ont aidé à établir de solides liens culturels et économiques entre le Canada et l’Estonie. L’aide économique canadienne à l’Estonie – dans le cadre de divers programmes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) – a permis de combler assez rapidement le retard économique et social accusé par rapport aux autres pays occidentaux, après l’accession de l’Estonie à l’indépendance et la fin de la domination soviétique en août 1991. Des ponts économiques et culturels continuent d’être établis entre le Canada et l’Estonie, souvent avec l’aide et l’appui d’Estoniens résidant au Canada.

Point de vue canadien :

Il n’y a pas d’événements historiques significatifs que partagent l’Estonie et le Canada qui pourraient affecter les relations de travail ou sociales de façon négative. Il y a au contraire beaucoup de choses communes : un pays « nordique » au climat maritime; des économies basées sur les ressources naturelles (agriculture, bois d’oeuvre, pêche côtière, etc.); proximité d’une « superpuissance » et tout ce que cela implique; et questions de langues minoritaires, pour ne citer que ceux-là.

Il est aussi à souligner que le gouvernement canadien a reconnu le droit à l’indépendance de l’Estonie durant l’occupation soviétique. Toronto abrite une communauté estonienne importante depuis les années 1950 (plus de 10 000 personnes) avec ses propres organismes sociaux et culturels. Depuis 1991, le gouvernement canadien, par l’intermédiaire de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), a fourni une aide financière dans le cadre d’un certain nombre de grands projets, qui ont facilité le passage de l’Estonie à une économie de marché démocratique.

Une « contrariété » doit toutefois être mentionnée. Au début des années 1990, les Canadiens voyageant en Estonie n’avaient pas besoin de visa de visiteur. Toutefois, il n’y a pas eu de réciprocité de la part du Canada, qui exigeait des Estoniens un visa d’entrée au Canada. Par conséquent, l’Estonie a jugé qu’elle devait agir et a aussi exigé des visas au milieu des années 1990. Le problème n’est pas encore résolu.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Je ne connais pas de stéréotypes particuliers que les Estoniens ont du Canada, que ce soient de la part de ceux qui vivent au Canada ou en Estonie. Toutefois, certains Estoniens ont de la difficulté à différencier entre les Canadiens des Américains mais cela n’a pas grande importance aux yeux des Estoniens. Certains pensent que les Canadiens vivent au « pays de l’ours polaire » et que le Canada est un pays très froid.

Point de vue canadien :

La majorité des Nord-Américains savent très peu de choses sur l’Estonie et la couverture des journaux canadiens ou américains sur ce pays est des plus rares. Il y a une tendance à regrouper l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, alors qu’en réalité ce sont des nations distinctes avec leur propre langue, culture, histoire et autres caractéristiques.

À cause de sa proximité avec la Russie, on pourrait penser que l’Estonie est un autre pays slave. Cependant, culturellement, les Estoniens se considèrent plus proches de la communauté nordique ou scandinave. De plus, l’estonien est très distinct et la langue qui s’en rapproche le plus est le finlandais. C’est aussi la culture finlandaise qui se rapproche le plus de la culture estonienne.

Une autre idée fausse est que l’Estonie est un pays arriéré, à cause peut-être de son long isolement sur la scène internationale. La société dans son ensemble se considère comme moderne, progressiste et « en marche », avec une combinaison harmonieuse du vieux et du neuf, quoiqu’elle reconnaisse qu’il existe encore des services et des installations qui doivent être renforcés et qui demandent une attention permanente. Une recherche de fond, avant de vous rendre en Estonie, et les premiers jours passés dans le pays effaceront toutes les idées préconçues et négatives que vous pourriez avoir.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né dans le village de Võhma, dans la région de Saaremaa, la plus grande île d'Estonie. L'aîné d'une famille de cinq enfants, il a grandi dans ce village insulaire sur la côte ouest de l'Estonie, jusqu'à l'âge de 15 ans. Vers la fin de 1944, il s'est enfui en Suède avec sa famille, en traversant la Mer baltique. Il y a poursuivi ses études à temps partiel, en travaillant à temps plein pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1951, il a immigré au Canada où il a obtenu un baccalauréat en génie mécanique de l'Université de Toronto et, par la suite, une maîtrise en sciences de la gestion de l'Université de Waterloo. Actuellement, il est à la retraite mais passe une grande partie de son temps à voyager entre le Canada et l'Estonie travaillant avec divers organismes communautaires et agences gouvernementales à l'établissement de « ponts »culturels et commerciaux entre les deux pays.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née en Allemagne de l'Est. Elle est d'origine estonienne et la plus jeune d'une famille de trois enfants. Sa famille a immigré au Canada, en passant par l'Angleterre. Elle a grandi à Toronto (Ontario). Elle a fait des études en langues modernes et en sciences sociales à l'Université de Waterloo où elle a obtenu son diplôme de premier cycle et, plus tard, une maîtrise en français. Elle est retournée en Europe pour la première fois pendant un an afin de poursuivre ses études à l'Université d'Aix-Marseille, en France. Elle a ensuite travaillé à Ottawa, dans le domaine des politiques concernant les arts, le bilinguisme et le multiculturalisme. Elle a visité l'Estonie pour la première fois en 1996 et y est retournée régulièrement depuis. Elle y a aussi séjourné plusieurs mois, au printemps de 2002, dans le cadre de son travail au sein d'un organisme sans but lucratif axé sur les questions d'égalité des sexes et de planification du développement durable local. Elle a aussi travaillé et voyagé en Bolivie, au Pérou, au Nicaragua et en Croatie. Elle réside actuellement à Ottawa où elle travaille à titre de consultante indépendante.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.