Égypte

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

La liste suivante n’est pas une liste de priorités, mais plutôt de suggestions à utiliser lorsque la situation s’y prête en fonction du moment, de l’endroit et des personnes avec qui vous êtes. Tous ces sujets sont sûrs, n’offenseront pas votre interlocuteur et sont chers aux Égyptiens. Assurez-vous de ne pas aborder les avis politiques et de rester sur des valeurs humaines d’ordre général.

Les sujets culturels comme la musique, les auteurs, etc. sont d’excellents sujets de conversation. Assurez-vous de connaître autant de choses que possible sur le pays et son histoire. Les Égyptiens sont très fiers de leurs ancêtres, qu’ils s’agissent des pharaons ou de leur origine musulmane.

Une conversation concernant une visite du Musée du Caire ou une autre visite amènera une conversation vivante. Montrez de l’intérêt dans les suggestions de choses à faire et à visiter. Vos impressions du pays d’accueil, les surprises qu’il a amenées, la cuisine, etc. sont de bons sujets faciles. N’oubliez pas de garder vos observations positives et, le cas échéant, humoristiques. Les Égyptiens ont un grand sens de l’humour.

En Égypte, comme dans de nombreux autres pays africains, le « soccer » est une passion et un sport national. Notez que dans cette partie du monde, ce sport s’appelle « football ». Le pays compte de nombreux clubs, mais les deux principaux sont Ahly et Zamalek. Il y a également des équipes régionales de football, qui portent le nom de leur ville, contrairement aux deux principaux.

Ne parlez pas trop de vous-même sauf si on vous pose des questions. La famille est un autre sujet qui ouvre des échanges illimités. Vous devez savoir que les sujets comme le sexe, l’argent et la religion doivent être tabous au cours d’une première rencontre. En fait, ces sujets sont considérés comme inacceptables à tout moment, mais en particulier lorsque vous ne connaissez pas très bien la personne. Les poignées de main ne sont pas courantes entre les hommes et les femmes, en particulier lorsque vous rencontrez les gens pour la première fois.

Perspective canadienne :

En particulier lors de la première entrevue, il est préférable d’éviter d’exprimer votre avis personnel concernant la politique et la religion, et également d’aborder des sujets qui sont trop personnels ou émotionnels tels que les petites amies/petits amis, le divorce ou les problèmes familiaux.

Les Égyptiens aiment entendre des commentaires positifs sur leur pays, vous pouvez donc mentionner les lieux touristiques ou les régions que vous avez visités ou que vous appréciez. Indiquez également d’où vous venez et les caractéristiques uniques ou intéressantes de votre pays. Plus tard dans la conversation, si vous avez des questions pratiques concernant la façon de faire les choses en Égypte, ou si vous avez besoin de conseils pour vous installer, n’hésitez pas à utiliser ces sujets pour briser la glace. De nombreux Égyptiens aiment donner des conseils.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

La politesse et des salutations sans fin font partie intégrante de la communication verbale dans une mesure qui pourrait troubler les nouveaux arrivants. Vous découvrirez qu’il y a une salutation traditionnelle pour chaque situation possible. Parfois, il faut du temps avant d’arriver au sujet principal concerné, mais cela permet d’établir un sentiment d’aise et de cordialité.

Demander des nouvelles de la famille, parler de l’endroit d’où vous venez, de votre santé, etc. est l’étape d’ouverture de toute rencontre, même avec des personnes que vous ne connaissez pas bien, comme le vendeur chez lequel vous achetez vos fruits! Soyez prêts à faire de même. On ne s’attend pas à ce que vous retourniez toutes ces salutations, les salutations habituelles et les mercis fréquents sont suffisants.

Ensuite vient l’offre d’une tasse de café, de thé ou de jus, etc. Il faudra donc un peu de temps avant d’arriver au sujet, mais il ne s’agit aucunement d’une tentative pour ignorer ou éviter le sujet dont vous voulez parler.

La communication verbale est accompagnée par des gestes de la main et est souvent faite d’une voix forte. Il est difficile pour de nombreuses personnes d’admettre qu’elles ne comprennent pas ce que vous dites, il vous incombe dès lors de veiller à ce qu’elles aient compris, en particulier dans les situations professionnelles, afin d’éviter les incompréhensions et les conflits ultérieurs. Ce problème est plus susceptible de se produire si vous parlez à une personne qui occupe un rang inférieur au vôtre, au travail par exemple. Le langage peut présenter un défi additionnel.

La communication non verbale est très importante en Égypte. Il est difficile pour les Égyptiens de dire non ou de faire part d’un manque d’intérêt pour une demande ou un projet, vous pourriez donc obtenir un grand sourire et une réponse de non-engagement comme « si Dieux veut » (in sha Allah) ou « demain » (bokra).

En raison de leur nature chaleureuse et hospitalière, les Égyptiens se donnent l’accolade, s’embrassent et accueillent bruyamment leurs amis et leurs invités. Ils sont également très respectueux et font preuve de déférence lorsqu’ils rencontrent une personne pour la première fois.

Donc, pour résumé, la communication n’est pas linéaire. Elle rayonne souvent en cercles. Il convient particulièrement d’éviter de perdre la face ou d’amener une personne à perdre la face. Le rang est important. La politesse et le respect aussi. Tous ces éléments culturels colorent leurs styles et leurs stratégies de communication. 

Perspective canadienne :

La communication non verbale est très importante dans la culture égyptienne, plus que dans les sociétés occidentales. Évitez de vous tenir ou de vous asseoir trop près d’un membre du sexe opposé, ou de regarder cette personne dans les yeux de manière continue, à moins que cette personne fasse la conversation. Il est conseiller de surveiller l’expression de votre interlocuteur, celle-ci vous en dira souvent beaucoup plus ce qu’il ne vous dit pas ou ne peut pas vous dire. Regarder une personne lorsqu’elle ne parle pas ou lorsque vous vous adressez à un groupe peut être mal interprété comme une invitation inappropriée.

Sourire trop largement à un étranger pourrait être perçu comme une attitude passive ou faible, ou même de la faiblesse d’esprit. Si vous êtes une femme, cette attitude pourrait être prise comme une invitation sexuelle. Il est conseillé de sourire, mais à moins que vous ne connaissiez la personne, contentez-vous d’un petit sourire amical, mais impersonnel.

Il est acceptable de toucher une personne du même sexe, mais il convient d’éviter de toucher ou de donner une tape amicale aux membres du sexe opposé, ou de les encourager à vous toucher.

Montrer la semelle de vos chaussures ou vos pieds à une personne est un geste de mépris, de même que de placer la paume de votre main près de leur visage. Surtout, ne touchez jamais l’arrière du cou d’une personne, ce geste est considéré comme une grave insulte.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les témoignages publics d’affection ou de colère ou l’expression d’autres émotions sont-ils acceptables ?

Perspective locale :

Les Égyptiens sont un peuple émotionnel. Ils affichent leur joie, leur tristesse, leur colère librement. Les hommes pleurent ouvertement par exemple lors de funérailles.

Toutefois, les démonstrations d’affection entre hommes et femmes ne sont pas acceptées, il est même mal vu de se tenir la main en marchant, en particulier dans les villes et les villages reculés, ainsi que dans les parties très peuplées des grandes villes. En public, évitez de montrer votre affection à votre partenaire. L’homosexualité est taboue et entraîne le rejet, l’exclusion, et l’emprisonnement. Elle est considérée comme illégale. On dénombre de nombreux incidents au cours desquels la police arrête des groupes d’homosexuels dans des bars ou des restaurants. En bref, l’Égypte est une société conservatrice.

Perspective canadienne :

Entre membres du même sexe, les accolades, les baisers sur la joue et les tapes dans le dos sont tout à fait normaux, même pour les hommes. Les contacts sexuels de tout genre en public sont généralement désapprouvés, même dans le cas de couples mariés. Généralement, tous les Égyptiens sont très affectueux avec les jeunes enfants, et apprécient quand d’autres personnes montrent de l’affection pour leurs enfants et ceux des autres.

Bien que les Égyptiens soient généralement démonstratifs, ils peuvent se sentir mal à l’aise face à un étranger qui exprimerait une vive émotion, et ils pourraient perdre leur respect pour cette personne. Cette constatation est d’autant plus vraie lorsqu’il s’agit de la colère : un étranger qui crie ou qui agit avec rage va plus que probablement susciter un profond ressentiment et de l’hostilité, même parmi les personnes qui ne sont pas la cible de cet accès de colère. Cette attitude serait interprétée comme arrogante et irrespectueuse pour la plupart des Égyptiens. Il est préférable d’exprimer votre colère calmement et fermement et d’éviter de perdre votre contrôle.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

La ponctualité n’est pas le fort des Égyptiens, et on ne considère pas qu’il soit impoli d’arriver entre 15 et 20 minutes en retard. Toutefois, les réunions dans le milieu de travail se tiennent à l’heure dans la plupart des cas. Les échéances ne sont pas strictement respectées. Donc, dans le cas d’un dossier ou d’un projet important dont vous en êtes responsable, et auquel d’autres personnes collaborent, veillez à envoyer des rappels et insistez sur l’importance de respecter les délais. Insistez sur le fait que c’est une question d’honneur et de réputation de la société, du bureau, du PDG, etc. Une liste des responsabilités et des échéances envoyées à toutes les personnes impliquées ou affichée au mur quelque part peut encourager la ponctualité dans le processus de travail.

Les gens qui ont un statut social ou professionnel ont tendance à arriver en retard. Cette attitude marque leur importance. Vous, par contre, ne pouvez pas vous permettre de le faire, donc arrivez à l’heure. Cette attitude sera appréciée et affirmera l’importance et l’autorité de vos collègues.

L’aspect formel est extrêmement important avec vos supérieurs. Avec vos collègues, il convient de veiller à ce que le caractère informel ne se transforme pas en familiarité, ce qui pourrait mener à un manque de respect. Il est important de partager un café et quelques rires. Mais vous devez néanmoins garder la situation axée sur l’aspect professionnel.

Une fois la confiance établie, vous réaliserez que les Égyptiens sont loyaux, fiers de leur travail et très créatifs. Ils sont également avides de reconnaissance, car elle leur donne un statut devant leurs collègues et leurs proches. N’oubliez pas que de nombreuses personnes éprouvent des difficultés à admettre leur manque de connaissance ou de compréhension de ce qui se passe. Vous devez donc agir en conséquence. Afin d’éviter à quiconque de perdre la face en public, il est conseillé de résumer souvent ce qui a été dit, avec des phrases courtes et claires. Au besoin, on suggère d’organiser des réunions en face à face. Notez que la société égyptienne est très hiérarchisée et est toujours paternaliste dans de nombreux cas.

Il convient de toujours porter une tenue formelle au départ. Vous pourrez faire des choix vestimentaires plus décontractés une fois que vous connaîtrez l’environnement dans lequel vous travaillez. Les shorts, les chandails débardeurs, les jupes courtes et les hauts sans manches pour les femmes, les vêtements cintrés, etc. ne sont jamais appropriés au travail. En fait, ce genre de tenues n’est approprié nulle part, à moins que vous vous trouviez sur la plage ou dans des hôtels touristiques.

Perspective canadienne :

Il est notoire que les Égyptiens sont désinvoltes quant aux délais et à la ponctualité. Si vous accordez de l’importance aux délais et à la ponctualité, c'est à vous de montrer l’exemple et d’imposer des pénalités, si possible de manière stricte et équitable. Si vous y parvenez, vous aurez gagné le respect de vos collègues et de votre personnel. Dans le cas contraire, préparez-vous à une frustration et une inefficacité infinies.

Dans la plupart des bureaux, la tenue professionnelle classique pour les hommes, par exemple une veste et une cravate, apporte une aura d’autorité. Les costumes pantalons pour les femmes, ou une veste et une jupe (sous le genou) et des chaussures à talons moyens ont le même effet pour les femmes. En Égypte, les chaussures sont souvent un indicateur du statut social : des chaussures fermées, bien entretenues, avec des chaussettes sont le meilleur choix dans un environnement de bureau.

L’été, les femmes peuvent ne pas porter de bas, et porter des sandales, mais dans ce cas, elles doivent porter des jupes ou des robes plus longues ou des pantalons et doivent veiller à ce que leurs pieds et les ongles de leurs orteils soient bien soignés. Montrer un décolleté est très inapproprié, de même que les hauts avec de fines bretelles. L’été, dans la plupart des bureaux urbains, en particulier dans les grandes sociétés internationales, il est acceptable que les femmes portent des hauts ou des robes aux manches courtes ou sans manches, s’ils restent décents. Les hommes portent souvent des chemises de coton à manches courtes et enlèvent leur veste une fois arrivés au bureau.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles qualités sont les plus prisées chez un superviseur/directeur local ? Comment saurai-je comment mes employés me perçoivent ?

Perspective locale :

Les qualités qui sont les plus appréciées sont la connaissance, l’expertise, l’intérêt pour les membres de l’équipe et le respect des autres. En règle générale, les Canadiens sont connus pour être compétents, mais sans être arrogants; efficaces, mais discrets; compétents, mais pas condescendants; d’assumer les choses, tout en étant serviables. Ils sont appréciés pour ces caractéristiques.

Par contre un supérieur doit être sûr de lui, avoir une bonne présentation, être décisif et très performant. Le supérieur est également une personne qui s’attend à ce que les personnes qui l’entourent soient aussi performantes. Les femmes occupant des postes à responsabilité doivent prendre les choses en main très rapidement et montrer immédiatement qu’elles savent ce qu’elles font et qu’elles s’attendent à être respectées. Garder le sourire en toute occasion est un atout!

Il est un peu compliqué de savoir comment votre personnel vous considère. Comme les employés ont tendance à chercher l’approbation, ne considérez pas que « oui, monsieur » soit une approbation de vos performances ou de votre leadership. Les personnes occupant un poste à responsabilité sont hautement respectées et même craintes, il est dès lors souvent difficile d’avoir un avis transparent sur vos performances en tant que gestionnaire.

Les Égyptiens accordent plus d’importance aux relations. Dès lors, il est particulièrement intéressant pour vous d’établir des relations avec les personnes qui vous entourent. La réponse de votre personnel à cet élément est votre meilleur indicateur de la façon dont vous êtes perçu. Les Égyptiens ne s’attendent pas à un leadership par le consensus ou la consultation et ils ne le comprennent pas. Ne visez pas à satisfaire vos employés, mais dirigez-les fermement avec respect. Si vous vous retrouvez dans une situation d’« expert » ou d’une responsabilité définie, veillez à connaître vos options et à prendre les choses en main. Dirigez par l’exemple. Faites partie de l’équipe, de manière respectueuse, consultez des experts, soyez clair dans vos instructions, assurez-en le suivi, reconnaissez les efforts, montrez de l’intérêt pour la vie de famille, etc. Mais prenez les choses en main.

Perspective canadienne :

Votre propre capacité à faire faire les choses, les ressources dont vous disposez et la capacité à exercer votre autorité de manière efficace sont des éléments qui auront un impact bien plus important sur la façon dont vos collaborateurs vous percevront que tout autre facteur. Surtout au début, il est de loin préférable de vous atteler à gagner le respect et l’admiration des membres de votre personnel plutôt que leur affection. Vous y parviendrez en incarnant en tout temps les valeurs et les normes que vous voulez qu’ils respectent, en particulier la compétence, l’efficacité, le travail acharné, la ponctualité, l’équité et la courtoisie.

Soyez aussi clair que possible dans vos attentes, et dans l’affectation des tâches et des responsabilités. Fixez des limites fermes entre la vie personnelle et le travail, respectez-les et veillez à les maintenir. Dans le cas contraire, vous pourriez vous retrouver à tenter de faire réaliser le travail dans un environnement chargé d’émotivité, ou au milieu de mélodrames sans fin. Il est quasi impossible de renverser le processus une fois que cette porte est ouverte, veillez donc à ne l’ouvrir que graduellement. Essayez de maintenir le sujet des conversations au bureau sur le travail.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Dans le milieu de travail, comment les décisions sont-elles prises et par qui ? Est-il acceptable de consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction ?

Perspective locale :

Les décisions sont prises et annoncées par la personne au sommet. Cette personne consultera probablement certaines personnes, leur demandera de faire des recherches sur le sujet concerné et de les lui présenter. Mais en fin de compte, c’est la personne responsable qui prendra la décision. Comme mentionné précédemment, la prise de décision et le leadership par consensus ou la gestion des problèmes de manière collaborative ne sont pas courants. La société est hiérarchisée et cela se reflète clairement au sein du milieu de travail. Il est possible que la contribution des employés soit reconnue, mais ce sera habituellement à l’interne ou à un niveau personnel, et non publiquement.

Il est acceptable de s’adresser à un superviseur direct pour obtenir des réponses et des commentaires. Néanmoins, veillez à ne pas le faire trop souvent, afin que votre attitude ne soit pas perçue comme un manque d’initiative, de connaissances ou de fiabilité. Veillez à montrer que vous avez analysé les choses et que vous voulez seulement savoir si vous êtes sur la bonne voie. En fait, demander des commentaires renforce l’importance de votre superviseur et démontre votre respect pour lui, en particulier si vous avez préalablement fourni des efforts importants.

Vous constaterez que les Égyptiens ne sont pas ennuyés par cette approche descendante dans les milieux de travail, car elle fait traditionnellement partie de leur vie quotidienne. Ils peuvent la critiquer entre eux, mais ne contesteront pas ouvertement une décision avec laquelle ils ne sont pas d’accord.

Perspective canadienne :

Dans la plupart des milieux de travail, les décisions sont prises par la personne qui est responsable des résultats, mais il n’est pas acceptable pour un employé court-circuiter son supérieur à la recherche de réponses ou de rétroaction. 

Un superviseur compétent fournira des observations régulières et opportunes sur la façon dont l’employé peut améliorer son rendement; en fait, c’est le travail d’un superviseur. Toutefois, au cas où ces évaluations ne sont pas prévues, il est non seulement acceptable, mais impératif que l’employé demande une évaluation de son travail et des conseils sur la façon d’améliorer son rendement.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

En ce qui a trait aux attitudes, tout ce qui précède est important ! Mais tout dépend du contexte, du niveau d’études des gens, etc. voici quelques conseils.

Genre : Généralement, les femmes n’ont pas le même statut que les hommes. Cette situation est apparente dans les tenues, le niveau d’études, les opportunités de travail, la liberté de mouvement, etc. en particulier en Haute-Égypte (au sud), dans les villages et dans certains milieux très conservateurs. Au Caire toutefois, on constate une plus grande ouverture d’esprit à l’égard des femmes. Cependant, on considère qu’il est dangereux pour les femmes de sortir seules le soir et la nuit, il leur est donc recommandé de rester chez elles. La jeune génération de femmes arrête souvent de travailler une fois qu’elles sont mariées.

Les femmes participent dans la main-d’œuvre, en particulier dans les grandes villes comme Le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, etc., mais elles occupent souvent des postes subalternes, sont sous-payées et même parfois exploitées. Comme les emplois ne sont pas facilement accessibles, et même rares dans certains domaines, on encourage les femmes à rester à la maison et à s’occuper de leur famille. Mais à la maison, la femme est la reine de la famille! Elle prend les décisions concernant la plupart des questions liées à l’éducation des enfants, à la gestion du foyer, à l’alimentation, aux vêtements, etc. Elle est une personne très importante dans la structure familiale, si ce n’est la plus importante.

Les femmes éduquées occupent des postes élevés, et l’Égypte a sa part de femmes ministres au sein du gouvernement, elles sont médecins, ingénieurs, entrepreneurs, personnalités de la télévision, etc. Toutefois, leur pourcentage par rapport à la population générale est bien inférieur à celui constaté dans le monde occidental. Le rapport des femmes éduquées et également inférieur à celui des hommes.

Classe : l’argent, les personnes que vous connaissez et les relations avec les personnes occupant des postes importants, tous ces éléments sont importants. Ces éléments peuvent rendre votre vie plus simple ou plus difficile.

La classe moyenne en Égypte s’est réduite en raison de la pénurie de travail, de l’émigration et des circonstances économiques. La classe pauvre augmente, et il y a un pourcentage faible, mais puissant de personnes extrêmement riches. L’écart entre les classes est visible. Cette situation contribue à une situation plus précaire concernant le taux de petite délinquance et les explosions de colère contre le pouvoir en place. Lorsque vous ajoutez à ce tableau une attitude conservatrice croissante des islamistes et leur attitude à l’égard des Coptes, des chrétiens en général, vous avez les facteurs à la base d’une instabilité sociale croissante.

Dans le milieu de travail, de manière générale, cette situation amène les dimensions de favoritisme de certains groupes sociaux et religieux, de ressentiment et de méfiance à l’égard du leadership. Souvent, les étrangers sont considérés comme des intrus, d’où l’importance d’établir votre expertise, de nouer des relations, de créer une confiance et un esprit d’équipe.

Comme vous travaillerez probablement dans un environnement relativement éduqué et éclairé, ces aspects ne seront pas aussi apparents. Toutefois, soyez conscient qu’ils peuvent toujours être présents même s’ils ne sont pas exprimés.

Religion : La religion a une importance énorme et les personnes qui ne sont pas musulmanes sont désavantagées. Bien que les chrétiens représentent jusqu’à 10 pour cent de la population et ont toujours fait partie de la fibre égyptienne depuis le 1er siècle, ils n’ont pas les mêmes opportunités d’avancement au travail. Cependant, récemment, ce problème est abordé ouvertement et il semble y avoir un léger changement d’attitude, mais très lent.

Ethnie : On compte de nombreux groupes ethniques en Égypte en raison de plusieurs vagues d’invasions à travers l’histoire. Mais, traditionnellement, les Égyptiens se sont considérés comme des membres de la grande nation arabe, en particulier avec le sentiment nationaliste qui s’est développé dans les années cinquante après la Révolution et le rêve de Nasser de créer une nation panarabe.  Les Égyptiens se sont réjouis de ce sentiment d’appartenance à un projet populaire national visant à créer une démocratie, après la disparition de la famille royale et l’abolition de la monarchie. Leur ethnie, comme ils la voyaient alors, était premièrement et principalement d’être arabe et principalement musulman.

Dernièrement, on a constaté un sentiment plus prononcé d’appartenance à une histoire et à une culture qui est spécifique et unique à l’Égypte. La séparation de l’État et de la religion est parfois une zone grise - la constitution indique que l’islam est la religion d’État, tout en garantissant également la liberté de religion. De nombreux musulmans très conservateurs estiment que les chrétiens en Égypte ne sont pas Égyptiens. Ils parlent de nettoyage ethnique et disent que le pays doit être uniquement et totalement musulman. 

Il existe des différences évidentes et apparentes entre les groupes ethniques. Dans la partie sud de la Haute-Égypte, les gens ont la peau plus sombre, car une partie du nord du Soudan a jadis fait partie du territoire égyptien. Dans le nord et dans des régions particulières, où de nombreuses armées d’invasion de l’histoire moderne, comme les armées française et anglaise se sont installées, de nombreuses personnes ont une peau plus claire et les yeux bleus.

De plus, comme au cours de la première moitié du vingtième siècle l’Égypte a été considérée comme une terre d’opportunité et de richesse par les pays voisins, de nombreux Libanais, Grecs, Italiens et Arméniens ont émigré vers l’Égypte. Par exemple, Alexandrie, la plus grande ville portuaire présentait la plus grande communauté grecque en dehors de la Grèce. Toutes ces personnes ont adopté les modes de vie et la langue du pays. Elles ont aussi enrichi le pays avec leurs traditions, leur art et leurs connaissances, car elles ont fondé des écoles et amené des infrastructures à de nombreux aspects du gouvernement.

Perspective canadienne :

L’âge, la classe et le genre influencent fortement la manière dont les gens sont perçus, surtout lors des premières entrevues. Un homme plus âgé, éduqué et riche n’aura pas de problèmes à être considéré avec respect d’entrée de jeu. Néanmoins, il est possible, avec le temps, de perdre ou de gagner le respect en fonction de son attitude, de ses compétences et de son comportement.

L’Égypte reste une société patriarcale axée sur les classes, ce qui a un impact important sur les attitudes initiales. Mais, il est possible de les surmonter en évitant de renforcer les stéréotypes négatifs. Les femmes, par exemple, doivent agir avec une confiance calme, s’habiller de façon décente, et garder une attitude professionnelle au travail. Certains Égyptiens sont très prétentieux et traitent les employés de classes socio-économiques inférieures de manière grossière. À l’inverse, il n’est certainement pas recommandé d’adopter l’attitude totalement opposée en devenant trop informel et personnel. La religion et l’ethnicité sont moins importantes que la classe et le genre, et ne devraient pas constituer un problème, en particulier si vous n’en faites pas un problème vous-même. Traitez tous vos collaborateurs de manière équitable, avec politesse et respect, et établissez clairement que vous attendez la même attitude de leur part.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un(e) client(e) avant de faire des affaires ?

Perspective locale :

Comme indiqué précédemment, il existe certaines traditions qu’il est important de connaître et de respecter. Les salutations et le bavardage sont importants. L’offre de café, de thé ou d’une boisson fraîche comme de la limonade ou d’une autre boisson fraîche est sincère et les personnes sont ravies lorsque vous acceptez. Si la réunion se fait sur votre lieu de travail, faites de même.

Les relations sont entretenues et sont importantes dans la société égyptienne. Donc, posez des questions discrètes comme « Comment se porte tout le monde dans votre famille » ou faites une observation comme « Vous avez un superbe bureau », etc., et prenez aussi le temps de répondre aux questions, afin d’établir une relation.

Perspective canadienne :

Le conseil classique est de connaître autant de choses que possible sur l’autre personne avant d’entrer dans une relation professionnelle. En effet, le réseautage personnel est un élément crucial dans la vie égyptienne, pas seulement socialement, mais également professionnellement. Des réseaux informels et des contacts bien placés peuvent être essentiels pour obtenir des résultats en Égypte, qu’il s’agisse de trouver un plombier ou de s’y retrouver dans le labyrinthe bureaucratique.

Les Égyptiens aiment savoir avec qui ils traitent, et, bien qu’ils ne l’expriment jamais ouvertement, la mesure dans laquelle leur interlocuteur peut être utile et efficace. Cette attitude est valable dans les deux sens. De nombreux problèmes qui semblent insolubles ont été résolus avec un appel bien placé à l’ami d’un ami, mais bien sûr, il y a des exceptions. Les mariages représentent d’excellentes occasions d’exprimer à quel point vous estimez la relation et assister à l’enterrement d’un proche d’un collègue est l’un des gestes les plus importants et les plus sincèrement appréciés que vous puissiez faire.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un(e) collègue ou un(e) employé(e) s’attendrait-il à des privilèges ou à des considérations spéciales étant donné la nature de notre relation personnelle ou de notre amitié ?

Perspective locale :

C’est souvent le cas. Mais dans votre position, comme vous êtes nouveau et depuis relativement peu de temps dans le pays, il est recommandé que vous suiviez la règle. Si vous pouvez faciliter les choses sans aller à l’encontre d’une règle ou d’une tradition établie, vous pouvez certainement le faire. Un bon exemple serait d’accélérer le travail administratif par exemple. Mais rien de plus que cela. Et cette personne vous sera à jamais reconnaissante!

Perspective canadienne :

Oui. Les Égyptiens sont réputés, à juste titre, pour leur hospitalité, leur cordialité et leur générosité. Toutefois, il existe une loi tacite qu’il est important pour les étrangers de comprendre : chaque cadeau, invitation ou faveur crée une obligation de la part de celui qui le/la reçoit. Personne ne le dira jamais explicitement, pas même sous la forme d’une allusion, mais ne pas comprendre cette règle simple peut créer une incompréhension et un ressentiment caché. Si une personne vous offre un cadeau, essayez de lui rendre la pareille à la première occasion, en particulier lors d’un événement spécial comme le mariage d'un fils ou d’une fille, un anniversaire, une hospitalisation, ou la naissance d'un enfant ou d’un petit-enfant. Dans le cas contraire, les Égyptiens pourraient vous considérer comme une personne qui leur est « redevable » et attendre des faveurs que vous pourriez ne pas vouloir leur accorder.

La même règle s’applique si vous acceptez une invitation chez une personne ou au restaurant. Si vous acceptez, retournez la faveur de la même manière, soit en invitant la personne, soit en lui offrant un cadeau approprié. C'est de cette manière que les Égyptiens créent un réseau d’interdépendance et de confiance et respect mutuels qui leur donne du pouvoir et les protègent. « Qui vous connaissez » peut déterminer à quel point vous serez en mesure de fonctionner, socialement et professionnellement. Cette règle s’applique même aux domestiques et aux serveurs de thé du bureau. S’ils vous font une faveur, même s’ils insistent en disant qu’ils ne veulent rien en retour, soyez prêt à leur rendre la pareille, même seulement avec un pourboire approprié. De cette façon, non seulement vous gagnerez leur respect, mais vous les empêcherez aussi de penser que vous leur êtes redevable.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’éprouve un problème lié au travail avec un(e) de mes collègues. Dois-je le (la) confronter directement ? En privé ou en public ?

Perspective locale :

Perdre la face est une chose difficile pour tout le monde, encore plus dans un pays où le statut est important. Donc la réponse brève consiste à affronter la personne concernée en privé dans un premier temps. Si la situation reste complexe, il peut être judicieux de demande à une troisième personne d’assister à l’entrevue comme observateur.

Au cours de votre réunion, parvenez à un accord pour définir une ligne de conduite, clarifiez les attentes, écoutez les leurs et prenez des dispositions. Au besoin, envoyez une note à cette personne concernant ce qui a été convenu, en particulier si cette personne fait partie d’un groupe que vous dirigez avec qui vous travaillez régulièrement ou pour un projet ponctuel.

Perspective canadienne :

Le meilleur moment pour gérer les problèmes liés au travail est avant qu’ils ne se produisent, en montrant le comportement attendu et en établissant rapidement des normes et des attentes fermes et clairs. Les missions doivent être connues et comprises, ainsi que les délais. Plus le mécanisme pour évaluer le rendement sera objectif et impersonnel, mieux ce sera.

Si un problème se produit, n’affrontez jamais un collègue en public, mais parlez du problème avec lui calmement en privé, évitez les digressions et n’abordez pas de sujets personnels. Lorsque c'est possible, essayez de conserver un dossier documentaire du rendement de l’employé et de ses réalisations. Idéalement, vous devriez mettre en œuvre une approche « de la carotte et du bâton » pour modifier le comportement lié au travail, avec des récompenses et des pénalités claires.

Il peut être très problématique de licencier en employé en Égypte, et une telle décision peut mener à des complications juridiques et financières. Si vous devez absolument le faire, consultez d’abord le département des affaires juridiques de votre société ou un avocat qui vous sera recommandé par une personne de confiance.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

Reconnaissez leur importance, félicitez-les en public, établissez une relation, écoutez leur avis, fixez une heure pour une réunion en privé, etc.

Mais, quoi que vous fassiez, si vous êtes en position de leadership, ne cédez pas votre pouvoir décisionnel, ne favorisez pas une personne par rapport à une autre. Prenez vos collègues au sérieux, assumez votre rôle et en retour, ils feront de même.

Perspective canadienne :

Une direction compétente est le facteur le plus important qui détermine le rendement. Au cours des dernières décennies, l’Égypte a connu une grave pénurie dans le domaine des gestionnaires qualifiés et efficaces, ce qui a eu un impact très négatif sur le moral et la productivité des employés. Cette situation s’accompagne d’autres sous-produits, comme la corruption, le népotisme, l’absence de limites et une inefficacité extrême. Toutefois, de la même façon que ces problèmes ont émergé à cause d’une mauvaise gestion, ils peuvent être corrigés par l’application de principes d’une direction compétente et expérimentée. Avec le bon leadership et la bonne structure, les employés égyptiens sont capables de réalisations exceptionnelles.

La combinaison idéale des éléments de motivation est la suivante : le respect et l’admiration pour le responsable, un bon salaire (au-dessus de la moyenne), des occasions d’avancement, des récompenses appliquée de manière homogène et équitable pour le travail bien fait, et des pénalités pour le travail mal fait ou inférieur à la norme. Un autre facteur de motivation positive pour les employés égyptiens est la conviction que leur loyauté envers l’employeur leur vaudra la loyauté de ce dernier.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question : Pour m’aider à en apprendre davantage au sujet de la (des) culture(s) locale(s), veuillez suggérer : des livres, des films, des émissions de télévision, de la musique et de la nourriture.

Perspective locale :

Tout roman de Naguib Mahfouz est un bon moyen de découvrir de nombreux aspects de la société égyptienne, la philosophie de la vue, les rôles de ses membres et ses traditions. Il a reçu le prix Nobel de littérature à la fin des années quatre-vingt et ses livres sont traduits dans de nombreuses langues. Consultez également la liste à la fin de ce document.

Si vous avez accès aux chaînes de télévision étrangères, suivez une ou deux séries égyptiennes avec des sous-titres. Elles mettent en scène des problèmes auxquels le pays est confronté et la réaction des gens à ces problèmes. Si vous pouvez mettre la main sur le film L’Immeuble Yacoubian, il vous donnera une bonne idée des défis et des attitudes du peuple égyptien.

Les livres historiques et touristiques avec profusions de photos sur les sites seraient une bonne introduction à la grandeur de l’ancienne civilisation.

Vous trouverez des épiceries et des restaurants du Moyen-Orient à Ottawa, Toronto, Montréal, etc., profitez de cette occasion pour goûter les plats comme les foul medamés, le molokheyya, la moussaka, la bissara, le kefta, les falafels égyptiens…

Perspective canadienne :

Une bonne introduction à l’histoire de l’Égypte ancienne est le documentaire de PBS, Egypt’s Golden Empire, que vous pouvez visionner en ligne :

Le vaste catalogue d’ouvrages produits par le légendaire journaliste Mohamed Hassanein Heikal, aujourd’hui décédé, offre un excellent aperçu de la politique et de l’histoire modernes égyptiennes, couvrant en particulier la période qui s’étend de la fin de l’occupation britannique et de la Révolution de 1952 à nos jours, la plupart d’entre eux ont été traduits dans plusieurs langues. Pour un regard romancé sur les événements touchant la vie des gens ordinaires, la saga « La Trilogie du Caire » (Impasse des deux palais, Le Palais du désir, et Le Jardin du passé) du lauréat du Prix Nobel, Naguib Mahfouz, couvre la période qui s’étend du début du siècle, en passant par le soulèvement populaire contre les colonisateurs britanniques, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à la Révolution de 1952. 

Les années 50 et 60 sont considérées comme l’âge d’or pour les domaines littéraire et cinématographique égyptien au cours duquel ont été produits des trésors de films comme L'Appel du courlis, du brillant et très prolifique réalisateur égyptien, Henry Barakat, dont de nombreux films sont accessibles en ligne avec des sous-titres. The Land, d’Abd al-Rahman al-Sharqawy est un roman moderne classique (qui a plus tard été adapté au cinéma et est devenu un film extrêmement influent). Ce roman a été publié en 1952, et a eu un impact majeur sur la façon dont les agriculteurs traditionnels d’Égypte (fellaheen) ont été ensuite dépeints au cinéma et dans les romans, en particulier au cours de la période révolutionnaire jusqu’à 1970. Pendant les années 70 et 80, l’Égypte a connu une autre transformation d’ampleur sismique, passant du socialisme centralisé dirigé par le gouvernement au capitalisme sauvage, d’une société productive à une société de consommation axée sur les importations, et d’un rôle dirigeant dans le monde arabe à celui d’État client de l’Occident. Le roman Zaat de Sonallah Ibrahim offre une vue réaliste et fascinante du point de vue d’une femme de la classe moyenne et de sa famille.

Lady Pacha, d’Ahdaf Soueif (écrit en anglais) est un roman moderne avec pour toile de fond l’histoire égyptienne du 19e siècle à nos jours.

Une comédie populaire de 2010, Assal Eswed, explore les changements qui ont marqué la société égyptienne au travers des expériences d’un jeune Égypto-Américain qui a quitté l’Égypte lorsqu’il avait huit ans et qui y revient pour redécouvrir ses racines après le décès de son père. Ce film est accessible avec des sous-titres en anglais sur Youtube.  Un film égyptien plus récent est le film à suspense psychologique haletant et intense, The Blue Elephant (Al Feel Al-Azraq), basé sur le best-seller d’Ahmed Mourad, qui a écrit une série de romans à succès, dont le premier est intitulé Vertigo (disponible en anglais) et le dernier 1919, dont l’histoire se déroule en Égypte au début du siècle sous l’occupation britannique.

Si vous connaissez un peu l’arabe, et que vous voulez améliorer vos connaissances, vous ne pouvez pas trouver mieux que les miniséries égyptiennes. Chaque année, des douzaines de ces drames en 30 épisodes sont diffusées pendant le mois du ramadan afin de divertir les gens pendant leur jeûne, ou le soir après le repas de l’iftar. Ces séries sont toutes accessibles en ligne. La meilleure de la saison dernière était Under Control (Taht El Saytara), une série sur la toxicomanie touchant les gens de la classe moyenne. En 2014, la série Women’s Prison(Segn El Nisa’) a été largement applaudie, à juste titre.

Comme la littérature et le cinéma, les années 50 et 60 (jusqu’au milieu des années 70) ont vu fleurir la musique égyptienne, avec des chanteurs légendaires comme Um Kulthoum, Abdel-Halim Hafez, Fareed Al-Atrash et Mohamed Abdel-Wahab qui sont admirés dans l’ensemble du monde arabe. Les années 70 ont marqué l’émergence de la musique populaire de rue « shaabi » représentée par Ahmed Adaweya. Aujourd’hui, parmi les vedettes de la musique shaabi on peut mentionner Hakim et Shaaban Abdel-Rahim. Depuis les années 90, plusieurs groupes égyptiens populaires ont fait leur apparition, les plus populaires étant Wust al-Balad et Cairokee. Mohamed Mounir fait partie des chanteurs égyptiens modernes les plus populaires, non seulement en Égypte, mais dans l’ensemble du monde arabe.

Au cours des 20 dernières années, en ce qui concerne la nourriture, on a assisté en Égypte à une impressionnante prolifération de restaurants servant toutes sortes de plats nationaux et internationaux, en particulier dans et autour des grands centres urbains. Il n’y a pas de restaurants canadiens renommés, mais on trouve quelques filiales de la chaîne canadienne de caféteries, Second Cup. Presque tous les restaurants livrent leurs plats, y compris les chaînes américaines de restaurants-minute comme McDonald’s. Il existe de bons guides en ligne sur les possibilités de restauration et de divertissements, comme la publication locale Cairo360, qui propose des critiques et des conseils.

Mais, la meilleure cuisine égyptienne reste celle servie à la maison.

Un déjeuner traditionnel égyptien est composé de ful (féveroles cuites), de feta, d’œufs durs ou au plat, de taameya (la version égyptienne du falafel, fait de féveroles plutôt que de pois chiches), de sauces égyptiennes épicées ou de basterma (une viande séchée très similaire à la viande de grison suisse), du pain brun égyptien baladi, de la salade et/ou des cornichons, le tout accompagné de feteer, une pâtisserie feuilletée cuite au four, nappée de mieux, et, pour les occasions spéciales, de crème fraîche. Naturellement ce type de déjeuner est réservé aux réunions familiales en fin de semaine ou pour les occasions spéciales.

Un dîner égyptien typique est composé de riz, de bœuf, de poulet, d’agneau ou de canard mijoté, frit ou rôti, de légumes cuits dans une sauce tomate avec des oignons et de l’ail, et une salade mixte. La molokheya, une soupe verte aillée servie avec du bœuf ou du poulet et du riz, est un célèbre plat égyptien, de même que les petits pains à la feuille de vigne fourrés avec de la viande et du riz et cuit dans un bouillon citronné. Alexandrie et Port-Saïd sont célèbres pour leurs restaurants de poissons frais, cuits dans un style grec traditionnel et servis avec des oignons, du riz et une variété de salades.

Le souper est habituellement un repas léger, avec du yoghourt ou du fromage, peut-être des salades, du pain et des fruits.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

Les possibilités sont infinies. Rejoignez un club pour pratiquer des activités sociales et sportives. Le Guezireh Sporting Club n’est pas très loin de l’ambassade canadienne. Participez à des événements culturels, comme des représentations de groupes de danse folklorique, des concerts de musique, rendez-vous au célèbre Café Naguib Mahfouz dans la zone du marché médiéval de Khan El Khalili. Ce sont d’excellentes façons de vous immerger dans la culture égyptienne. Demandez aussi des suggestions à vos collègues.

Vous devez absolument visiter le musée du Caire près de Midan El Tahrir, au centre du Caire. Si c’est possible, faites une croisière sur le Nil (en hiver !) pour visiter les magnifiques temples anciens. Abou Simbel est un incontournable, au sud d’Assouan. Le Caire a également un conservatoire de musique, un superbe opéra et de nombreux musées.

Perspective canadienne :

L’Opéra du Caire et la Sawy Culture Wheel, tous les deux à Zamalek, sont deux des meilleurs lieux formels pour les concerts en direct. L’Opéra du Caire répond généralement aux besoins d’un public plus âgé, alors que le public du Sawy Culture Wheel a tendance à être plus jeune et plus branché. À Gizeh, le Cairo Jazz Club propose des groupes avant-gardistes qui jouent en direct avec un bon menu et un bar à vin. Des concerts spéciaux sont organisés aux pyramides, ou dans divers lieux de villégiature de la Mer Rouge ou d’autres endroits comme la Citadelle.

Le meilleur point de départ pour commencer à vous adapter à la vie en Égypte et à découvrir son peuple est la Community Services Association (Association de services communautaires) à but non lucratif basée à Maadi, une banlieue du Caire. L’association publie un magazine mensuel de divertissement et d'information, Oasis (distribué gratuitement). La CSA est un trésor de culture, des services, d’aliments, de conférences, de livres et d’artisanat décoratif, et un excellent endroit pour se faire de nouveaux amis parmi les expatriés et les Égyptiens. L’association offre également des cours sur un ensemble de sujets, de la cuisine égyptienne traditionnelle, à l’arabe parlé, en passant par le yoga, et organise des visites guidées régulières vers des sites d’intérêt au Caire et à Gizeh et aux alentours. L’association a également une merveilleuse bibliothèque à laquelle vous pouvez vous inscrire pour un prix modique. Ce site Web fournit des renseignements utiles. 

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

La célèbre chanteuse de renommée mondiale Om Kulsum. Elle est la quintessence du tarab égyptien (plaisir musical extrême).

Mustapha Kamel - avocat et activiste qui a fondé le Parti national égyptien.

Ahmad Orabi - un général de l’armée égyptienne qui s’est révolté contre le khédive, dirigeant mis en place pour gouverner l’Égypte lorsque le pays était sous régime turc.

Gamal Abdel Nasser - a dirigé la révolution nationale qui a renversé le Roi Farouk et a établi la république.

Ahmad Fouad - a fondé l’Université du Caire.

Perspective canadienne :

Les Égyptiens ont tendance à être irascibles et très querelleurs lorsqu’il s’agit de politique, il est donc difficile de trouver un consensus sur les héros nationaux. Gamal Abdel-Nasser, dirigeant de l’Égypte de 1954 à 1970, il continue d’inspirer la plupart des Égyptiens, bien qu’une minorité ne soit pas du tout d’accord avec sa vision et ses politiques. Un autre personnage controversé est Anwar Sadat (1970-1981), considéré comme un héros (« leader de la guerre et de la paix ») par certains, alors que d’autres lui sont opposés. Le Colonel Ahmed Orabi (Orabi Basha), qui a dirigé la Révolte armée égyptienne en 1879 contre les Britanniques, est largement respecté comme un héros national. Aujourd’hui, le Président Abdel-Fattah Al-Sisi jouit d’une vaste popularité et est reconnu comme le « sauveur » de l’Égypte. Il est considéré par la plupart des gens comme un héros national, bien que, comme ses prédécesseurs, il est confronté à l’opposition d’une minorité bruyante.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social ?

Perspective locale :

Le premier ministre Pearson a été un acteur actif et important dans la création de la force de maintien de la paix des Nations Unies pour renforcer et promouvoir la paix dans les régions déchirées par la guerre. Une des premières tâches a consisté à établir et à protéger la paix après l’agression tripartite à Port-Saïd et le canal de Suez après sa nationalisation par Nasser.

De nombreuses personnes pensent que le gouvernement actuel poursuit la position pro-israélienne du précédent premier ministre conservateur. En raison de sa longue histoire avec les Palestiniens et la situation instable qu’elle entraîne jusque là, on peut rencontrer un certain ressentiment. Cette situation est particulière vivace dans les cercles anti-pouvoir.

Perspective canadienne :

Pas vraiment. De nombreux Égyptiens ont de la famille ou des amis qui vivent au Canada et ce pays jouit d'une bonne réputation. Le Canada est considéré comme un pays convenable, accueillant et prospère.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces ?

Perspective locale :

Voici quelques stéréotypes qu’ont les Canadiens :

  • Les villes ne sont pas modernes, n’ont pas d’infrastructures solides pour les transports, l’éducation, le gouvernement, etc.
  • Les gens sont fous.
  • Les pyramides se trouvent uniquement au Caire.
  • La nourriture vous rendra malade.
  • Toutes les femmes pratiquent la danse du ventre.
  • La consommation de drogue est endémique.
  • Le tourisme est mort
  • Tout le monde pratique l’islam.
  • Il n’y a pas de chrétiens en Égypte.

Établir une relation solide et saine implique principalement de rester ouvert, sans préjudice ni idées fausses. L’expérience a montré que tous les visiteurs et les personnes en affectation en Égypte apprécient vivement les Égyptiens et s’en font des amis. Ils les trouvent accueillants, serviables et aiment la vie. Leur hospitalité est inégalée.

Perspective canadienne :

Les médias canadiens ont eu tendance à se concentrer sur le négatif dans sa couverture de l’Égypte et à l’exagérer, en présentant une image faussée et un peu hostile du peuple égyptien et des événements qui se déroulent dans le pays. En particulier au cours des dernières années, la couverture médiatique s'est concentrée sur la violence et l’extrémisme. En dépit de l’occurrence d’attaques terroristes régulières, celles-ci sont largement concentrées dans une petite bande de terre représentant moins de 1 % du Sinaï, au nord. Le Sinaï a, à lui seul, la taille de la France. L’Égypte est un pays vaste et diversifié, avec une population de 90 millions d’habitants, le pays est plutôt sûr. De nombreux restaurants et boîtes de nuit restent ouverts jusqu’à l’aube, et les rues de la ville restent pleines de familles, même avec de jeunes enfants, bien après minuit presque tous les soirs, surtout en été. On trouve également une incroyable diversité de restaurants, d’hôtels et de lieux de villégiature, d’énormes centres commerciaux, des plages incroyables, de superbes musées uniques, de splendides mosquées, églises et monastères (dont certains remontent à l’aube du christianisme), et des éléments d’architecture islamique remontant à un millier d’années ou plus.

Le peuple égyptien est chaleureux et généreux, et aime accueillir les gens d’autres cultures. Les Égyptiennes sont actives et d’importantes participantes dans la politique, la main-d’œuvre, et la vie sociale du pays. Les femmes portent le foulard (hijab) pour diverses raisons, et n’est pas un indicateur fiable de leur opinion religieuse ou sociale.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

J’ai un diplôme en littérature anglaise de l’Université d’Ein Shams au Caire, un diplôme et une maîtrise en éducation de l’Université d’Ottawa. J’ai grandi à Héliopolis, une adorable banlieue du Caire, et j’ai émigré au Canada dans les années soixante-dix. J’ai principalement travaillé dans le secteur de l’éducation, occupant divers postes à responsabilité. Je suis également conférencier à l’Université d’Ottawa et à l’Université de Carleton, et auteur de plusieurs manuels académiques. En ma qualité de conseiller académique, j’ai animé de nombreuses séances de perfectionnement professionnel à Ottawa et dans de nombreuses autres villes du Canada. Je fais du bénévolat dans de nombreux projets communautaires et j’ai présidé plusieurs Conseils de direction d’organisation sans but lucratif et de comités ministériels. Je parle couramment français, anglais et arabe.

Le Canada est mon pays et je l’aime profondément. C’est ici que j’ai fondé ma famille et nous sommes ici chez nous. Mais je suis resté en contact étroit avec mon pays d’origine, je connais son histoire passée et actuelle. Bien que la majorité de mes proches ont émigré, je retourne régulièrement dans le pays.

Perspective canadienne :

Je suis née en Égypte, mais j’ai immigré au Canada avec ma famille quand j’avais quatre ans. J’ai grandi dans une banlieue de Montréal, parlant anglais, français et (un peu) arabe à la maison. Au début des années 80, j’ai passé deux années en Égypte à étudier la science politique à l’Université américaine du Caire, et j’ai ensuite été transférée à l’Université McGill à Montréal, où j’ai obtenu mon diplôme en 1986. Mon premier emploi à temps plein était à Genève, Suisse. J’ai ensuite travaillé pour deux ONG en Égypte, et notamment édité le magazine commercial mensuel de la Chambre de commerce américaine, avant de retourner à Montréal à l’été 1988. J’ai alors travaillé six ans dans un bureau pour promouvoir le commerce bilatéral entre Taïwan et le Canada. J’ai rencontré mon mari au cours d’une visite en Égypte en 1996, et je mène une vie très heureuse ici depuis. J’ai élevé nos deux fils et pris soin de notre foyer, j’ai également réussi à apprendre à lire l’arabe et à approfondir mes connaissances de l’histoire et la culture égyptienne, un sujet qui ne cesse de me fasciner.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.