Espagne

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

En règle générale, les Espagnols sont très curieux concernant les étrangers et n’hésiteront pas à leur parler. De par leur culture, les Espagnols sont très accueillants et s’assurent que le visiteur se sente à l’aise parmi eux. Tout d’abord, ils chercheront à savoir quelles impressions il a de l’Espagne (cuisine, coutumes, climat, etc.) pour s’assurer qu’il va bien et qu’il profite de son séjour. Si celui-ci montre qu’il apprécie, tout spécialement leur cuisine et leurs vins, ses hôtes seront ravis. Par contre, ils seront offensés s’il rejette l’un ou l’autre en faveur de leurs proches concurrents, soit les Italiens ou les Français.

Les Espagnols sont très fiers de leur culture et de leur histoire et vous ferez bonne impression, lors d’un premier contact, en montrant que vous appréciez la culture espagnole (particulièrement celle qui touche la ville de votre interlocuteur), notamment les peintres, les écrivains, les sites historiques ou les exploits sportifs, quel que soit le sport (football, tennis ou cyclisme). Il est préférable de parler de culture à une femme et de sport à un homme, les Espagnoles n’étant pas très sportives.

Souvent, les Espagnols testent les connaissances que les étrangers possèdent en matière de culture espagnole en posant toutes sortes de questions sur les sujets mentionnés ci-dessus ou même sur la politique. Par conséquent, il est vivement recommandé de se préparer à l’avance à cet égard, même s’il est préférable d’éviter les sujets touchant la politique ou le nationalisme. Chaque région est différente et même au sein d’une région, les opinions et les positions diffèrent grandement.

L’Espagne semble à la fois manquer de confiance quant à la place qu’elle occupe parmi les pays industrialisés et en même temps être fière de sa culture et de son mode de vie. De plus, les Espagnols ont tendance à se montrer distants jusqu’à ce qu’ils se sentent à l’aise avec leur visiteur. C’est certainement parce que peu d’entre eux parlent une langue étrangère et plusieurs craignent que cela les mette dans l’embarras. Ils essaieront de parler de ce qu’ils connaissent, pour se montrer amicaux.

Un bon sens de l’humour est une qualité très appréciée des Espagnols. Par conséquent, une plaisanterie à vos propres dépens, par exemple sur la difficulté que vous avez à prononcer certains mots ou sur les quiproquos qu’il vous arrive de commettre, constituera une bonne approche lors d’un premier contact. Vous montrerez ainsi non seulement que vous êtes d’abord facile à aborder et amical, mais aussi que vous appréciez notre culture et faites un effort pour l’accepter et vous intégrer.

Comme les Espagnols détestent se mettre dans des situations gênantes, ils s’offenseront facilement si leur interlocuteur se moque de leur accent ou de leur mauvaise prononciation d’une langue étrangère, même s’il parle de manière générale. Pour la même raison, évitez les sujets liés aux apparences physiques ou à l’âge.

Un sujet à éviter absolument est celui de l’argent. Les Espagnols se sentent mal à l’aise de parler de leur situation économique ou en révéler des détails. La famille est un sujet qu’il vaut mieux aborder plus tard ou une fois que la relation est plus étroitement établie.

Point de vue canadien :

En Espagne, les premiers contacts se déroulent différemment, ils tendent à être beaucoup plus détendus et informels qu’au Canada. Tandis que : « Quel est votre métier? » sera la première question que vous poseront les Canadiens, ce sujet est souvent le dernier à être abordé par les Espagnols lorsqu’ils vous rencontrent pour la première fois. En fait, en Espagne, cette question pourrait paraître prétentieuse, mais cette interprétation varie selon la région et sera par exemple mieux acceptée dans le Nord que dans le Sud.

Les Espagnols commencent plutôt par se présenter en associant un élément humoristique, même si la première rencontre a lieu au travail. Ils partent du principe qu’une conversation teintée d’humour ou menée sur un ton anodin devrait précéder toute discussion professionnelle (p. ex., une réunion avec des clients) afin d’éviter de paraître trop sérieux. En général, un Canadien se sent plus à l’aise pour plaisanter en Espagne car il n’a pas à se préoccuper outre mesure de conformisme politique. Outre l’humour, les commentaires sur la façon dont on a apprécié un repas ou une spécialité renforcent toujours la fierté que les Espagnols ont de leur cuisine. De même, il sera toujours apprécié que vous abordiez les sujets touchant l’Europe ou le football espagnol; vous ferez ainsi une bonne impression.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La distance observée entre les interlocuteurs espagnols est plus réduite qu’en Amérique du Nord, mais doit demeurer d’au moins un demi-mètre entre les visages. La distance personnelle devient de plus en plus rapprochée au fur et à mesure que la relation se construit.

Quelle que soit l’émotion qu’ils démontrent, les Espagnols ont tendance à parler plus fort et à gesticuler bien plus que les Canadiens, particulièrement avec leurs mains, ce qui ne signifie pas qu’ils souhaitent intimider ou offenser leurs interlocuteurs. Ils sont tout simplement plus expressifs et plus émotifs et aiment donc associer l’acte à la parole. Ils miment souvent la situation qu’ils décrivent, reproduisent les scènes ou encore imitent les voix.

Le contact visuel est important, mais il peut être remplacé par des gestes, des bruits ou des exclamations, comme signes de confiance et d’attention.

Tandis qu’ils se parlent, les Espagnols se touchent mutuellement, dépendamment de leur relation. Généralement, cette pratique est acceptable entre hommes et femmes, mais est plutôt réservée aux relations amicales pour lesquelles il y a une forte confiance mutuelle(dans les relations professionnelles ou autre type de relation) et n’a jamais cours pendant une discussion ou une dispute. Certains tapotent l’épaule de leur interlocuteur, le haut du bras ou le coude pour souligner ce qu’ils disent, mais jamais la tête, le cou, les mains ou les jambes.

Le contact physique est moins courant parmi les hommes que parmi les femmes et est socialement acceptable entre les personnes de sexe différent (dans le cadre d’une relation professionnelle ou non).

En Espagne, il est courant d’accueillir quelqu’un en l’embrassant sur les deux joues, sans étreindre la personne. Dans le cadre d’une relation professionnelle, cette coutume est remplacée par une poignée de main.

Les gens s’attendent à ce qu’on s’adresse à eux de façon directe mais respectueuse. Il est préférable d’utiliser la forme « Usted » si vous vous adressez à une personne plus âgée ou occupant de plus hautes fonctions.

Point de vue canadien :

Lors des présentations et rencontres plus informelles, les Espagnols vous accueillent toujours par un baiser sur chaque joue, une pratique ayant cours entre hommes et femmes et entre femmes. De leur côté, les hommes se saluent par une poignée de main. Dans ce type d’occasions, il est important que vous vous présentiez auprès de chaque membre du groupe, indépendamment du nombre de personnes. Dans un milieu professionnel, il est préférable de présumer qu’une poignée de main est plus appropriée.

En ce qui a trait à la distance à tenir entre vous et vos interlocuteurs, si vous adoptez celle observée au Canada, vous ne devriez pas craindre d’offenser qui que ce soit ou de faire mauvaise impression. Toutefois, vous devez savoir que les Espagnols se tiennent souvent très près de leurs interlocuteurs. Dans ce cas, le mieux est de vous habituer à cette pratique ou de trouver un moyen subtil pour vous écarter. De plus, vous ne devez pas oublier que les Espagnols parlent très fort, même pour s’adresser à quelqu’un qui est à proximité. Concernant le ton de la voix et les expressions faciales, les Espagnols sont assez habitués à côtoyer des ressortissants des divers pays d’Europe qui ont chacun leur propre façon de s’exprimer ainsi qu’un accent et un ton particuliers lorsqu’ils parlent espagnol. Un étranger parlant espagnol peut s’exprimer de façon maladroite ou ambiguë sans trop de risques. Par conséquent, si vous vous adressez à des Espagnols dans un espagnol approximatif, il est tout de même prudent d’être très attentif à leurs expressions faciales au cas où ils réagiraient vivement à ce que vous leur dites. Si c’est le cas, il y a peut-être un malentendu, mais il sera vite oublié.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations publiques d’affection sont généralement bien acceptées car les Espagnols sont très émotifs. Toutefois, cela dépend du type d’émotion, de la situation et de la personne destinataire. Ainsi, il est courant en Espagne de montrer son affection en public, mais plus rarement au sein d’un groupe et particulièrement pendant les repas. S’embrasser (même sur les lèvres), se tenir la main et se caresser sont toutefois des gestes courants autour d’une table.

Les démonstrations de colère sont très courantes, davantage dans les zones rurales que dans les villes et souvent suscitées par le comportement des enfants ou une dispute dans un couple. Par contre, elles sont inacceptables si elles sont violentes.

Point de vue canadien :

Les démonstrations publiques d’affection sont très courantes et tout à fait acceptées en Espagne, y compris dans des situations qui mettraient mal à l’aise de nombreux Canadiens. Par exemple, il est courant de voir des couples s’embrasser, même lorsqu’ils sont en compagnie d’autres personnes. Les démonstrations publiques de colère et d’émotions sont aussi acceptées, quoique moins dans le Nord que dans le Sud. Les Espagnols sont généralement très francs et parlent très fort. Il est courant de constater des manifestations publiques de colère dans les familles et les couples. De plus, alors qu’un Canadien se retiendrait de montrer certaines émotions jusqu’à ce qu’il soit chez lui, à l’abri des regards, un Espagnol les exprimera en public, sans aucune gêne.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

La tenue vestimentaire dépend essentiellement de la nature du travail. Dans l’ensemble, les Espagnols font plus d’attention à leur tenue vestimentaire et à la mode que les Nord- Américains. Dans la majorité des cas, les femmes s’habillent de façon plus féminine.

Dans une banque, un bureau ou dans des milieux de travail de ce type, les femmes ne sont pas obligées d’être très habillées et en fait, elles ont plutôt tendance à suivre la mode que le protocole. Parallèlement, les hommes s’habillent généralement de façon plus conventionnelle. Le port du costume est obligatoire dans la majorité des cas. Les shorts, les sandales et autres articles de sport ou de style décontracté sont strictement interdits, tant pour les hommes que pour les femmes. En fait, une élégance excessive fera une meilleure impression qu’une tenue trop décontractée, qui sera perçue comme un manque de respect et de conformisme.

Les boucles d’oreille sont tout à fait acceptées pour les femmes mais absolument pas pour les hommes et il se peut qu’un employeur ait une politique répressive à cet égard. Il en est de même pour les autres types de perçage, certaines coiffures ou les tatouages, qui pourraient entraîner le renvoi d’un employé ou empêcher le recrutement d’un candidat. Le fait qu’il soit obligatoire de joindre une photo à son curriculum vitae montre combien l’apparence est importante en Espagne. Cette coutume n’a rien à voir avec le racisme et vise simplement à montrer que la personne soigne son apparence et se conforme aux normes expliquées plus haut.

Il est accepté de parler ouvertement des situations qui pourraient prêter à confusion.

La manière prescrite pour s’adresser à quelqu’un est d’utiliser la forme « Usted »; le tutoiement (l’emploi du « tú ») est utilisé uniquement lorsque l’interlocuteur en donne l’autorisation. On ne tutoie une personne qu’ils rencontrent la première fois que si celle-ci est plus jeune.

Généralement, nous nous adressons à autrui en vouvoyant la personne et en l’appelant par son prénom. Au bureau, pour s’adresser à une personne plus âgée qui occupe de plus hautes fonctions, nous la vouvoyons et utilisons Monsieur ou Madame (Señor ou Señora), suivi de son nom de famille. Par exemple, pour s’adresser à Monsieur Pérez, au bureau, dans un environnement officiel, nous dirions : « (¿Cómo está Usted Señor Pérez? (Comment allez-vous, Monsieur Pérez?); dans un environnement non officiel, ailleurs qu’au travail: « ¿Cómo está Usted Señor Pedro? » (Comment allez-vous Monsieur Pedro?) et avec un ami, ailleurs qu’au travail : « ¿Cómo estás Pedro?» (Comment vas-tu Pedro? ).

De plus, indépendamment du type d’environnement de travail, il est courant d’utiliser des surnoms.

En Espagne, on accorde autant d’importance qu’en Amérique du Nord aux facteurs tels que l’heure, les dates d’échéance, la ponctualité ou l’absentéisme. Cela dépend de la nature du travail, mais en général, on s’attend à ce que vous soyez à l’heure.

Montrer un plus faible rendement est toléré selon le jour de la semaine et le moment de l’année. En général, on travaille du lundi au vendredi et au cours de cette dernière journée, l’activité a tendance à ralentir. Par contre, il est courant de devoir faire face à un programme intensif (commençant tôt le matin jusqu’à tard dans l’après-midi), mais seulement pendant les mois chauds de l’année, de mai jusqu’à septembre. Ces horaires de travail permettent à ceux qui se rendent dans leur résidence d’été d’éviter les bouchons de la circulation; c’est en effet la coutume, pour les familles de la classe moyenne, de quitter la ville pendant les fins de semaine.

Point de vue canadien :

La tenue vestimentaire acceptable pour le travail dépend beaucoup de la région d’Espagne où on se trouve. En général, les Espagnols sont assez conventionnels et il vaut mieux sans doute présumer, sauf indication contraire, qu’une tenue professionnelle (costume pour les hommes, ensemble pour les femmes) est la mieux appropriée. Toutefois, certains milieux de travail ont adopté des politiques vestimentaires décontractées. Dans ces environnements de travail, les hommes porteront un pantalon et une chemise boutonnée ou (éventuellement) un polo de golf. Les femmes, de leur côté, s’habillent de façon très libre dans ce type d’environnement et adoptent souvent des tenues très légères pendant les mois d’été.

Le protocole à respecter pour s’adresser à des collègues et à des superviseurs est étroitement lié à l’âge de la personne et à la nature de l’environnement de travail. En règle générale, dans un bureau, on doit vouvoyer un collègue ou un superviseur plus âgé et l’appeler par son nom de famille. Toutefois, il y a peu de risques d’offenser un collègue ou un superviseur en l’appelant par son prénom et en le tutoyant, car la majorité des environnements de travail espagnols sont informels et presque tous les employés, sauf peut-être le directeur général ou le président, plaisantent et s’adressent l’un à l’autre de façon informelle. Cependant, certains endroits dirigés par des cadres de la « vielle école » favorisent une atmosphère de travail très sérieuse où règne le conformisme inhérent à la hiérarchie. Il est important de cerner la situation dès le départ. En effet, les collègues espagnols, bien qu’habitués à des environnements de travail plus ou moins informels, n’apprécient pas vraiment un étranger qui utilise un ton très formel et qui exige qu’on s’adresse à lui sur ce même ton.

Pour ce qui est de la ponctualité et du respect des échéances, des différences significatives existent selon les régions du pays. Par exemple, dans les régions du Nord de l’Espagne, comme en Catalogne ou au Pays basque, il est très important d’être ponctuel, de respecter les échéances et de se montrer productif; par contre, en Andalousie et dans d’autres provinces du Sud, cela est moins important. Il y a une nette différence entre le rythme de vie et la façon de mener les affaires entre le Nord et le Sud, ainsi que sur le plan de la productivité.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

En Espagne, beaucoup d’importance est accordée à l’éducation et même si on reconnaît que l’expérience est plus utile dans l’environnement de travail, les gens sont souvent jugés sur le niveau de scolarité qu’ils ont atteint. Les Espagnols n’hésitent pas à poser des questions directes sur la formation scolaire acquise.

Bien que la majorité des patrons apprécient le travail intense, si un employé travaille plus que la moyenne ou reste plus longtemps pour finir son travail, son patron pensera qu’il essaie de l’impressionner et ses collègues le considéreront comme un concurrent déloyal. Dans une entreprise, il est préférable de suivre le même rythme de travail que les autres employés et de finir le travail en temps opportun plutôt que de travailler excessivement.

Il est de bon ton que le patron fasse preuve d’un certain intérêt envers la vie personnelle des employés, mais il est préférable qu’il garde la sienne privée. Même si on s’attend à ce que la confidentialité soit respectée entre patron et employés, c’est bien connu, les Espagnols ont l’habitude des commérages.

Si le directeur vient de l’étranger, toutes ses qualités et tous ses défauts seront exagérés. Ainsi, s’il inspire le respect, il sera exagérément respecté; s’il est intelligent, il sera considéré comme supérieurement intelligent ou sérieux, etc. Ses défauts seront exagérés aussi et on aura tendance à les généraliser à tous les habitant de son pays d’origine.

Il est difficile d’obtenir des commentaires objectifs de la part des employés. Les Espagnols sont très respectueux et attribuent beaucoup de pouvoir à leur patron. Le meilleur moyen est donc de leur faire remplir un questionnaire anonyme ou de mettre en place une boîte à suggestions, pour qu’ils ne craignent pas de perdre leur poste s’ils critiquent quelque chose.

Point de vue canadien :

En Espagne, la gestion peut être de deux styles: ceux de la « vieille garde », très conventionnels, autoritaires et traditionnels, et ceux de la nouvelle génération, moins axés sur la hiérarchie et davantage sur le travail d’équipe. Les dirigeants de cette nouvelle génération se distinguent par leur personnalité, leur capacité à établir des relations informelles mais qui restent professionnelles, leur dynamisme, leur simplicité et leur compassion. Ces qualités sont souvent très appréciées des employés. Cependant, une des pires erreurs que pourrait commettre un nouveau dirigeant serait de se vanter de son niveau d’éducation ou d’expérience. En effet, les Espagnols sont souvent persuadés que ceux qui ont fréquenté les meilleures écoles le doivent à leurs parents et ne devraient donc en retirer aucun mérite.

La situation est très différente pour un étranger qui est recruté par une organisation en tant que dirigeant. En effet les attentes concernant les dirigeants nord-américains sont souvent élevées car nombreux sont les Espagnols qui croient qu’ils sont plus évolués que leurs homologues espagnols. Une qualité dont un dirigeant doit absolument faire preuve est l’ouverture d’esprit; il doit aussi se montrer réceptif aux apports des personnes du pays. Les employés locaux seront portés à se montrer hostiles envers un dirigeant étranger qui impose « une nouvelle façon de faire ». L’Espagnol est fier et attendra du dirigeant étranger qu’il soit dynamique et créatif, mais qu’il fonctionne avec une profonde compréhension de la situation et de la façon de mener les affaires locales.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les Espagnols ont tendance à éviter les responsabilités, mais lorsqu’elles leur sont attribuées, ils les prennent très au sérieux. Ils s’attendent à ce que ce soit la personne responsable qui prenne les décisions, et perçoivent que celles-ci sont difficiles à modifier une fois qu’elles ont été mises en oeuvre. Cependant, les responsables tiennent souvent des réunions pour informer les employés des décisions qui vont être prises et à ce moment-là, des modifications peuvent être apportées avant leur mise en oeuvre définitive.

Il n’est pas très courant en Espagne de demander de façon directe de la rétroaction sur le travail. Les Espagnols ont tendance à interpréter les comportements et les commentaires plutôt que de les clarifier et de chercher à les confirmer. Toutefois, ils apprécient beaucoup cette pratique qui montre l’intérêt qu’on leur porte et est en outre un signe de franchise.

Point de vue canadien :

Dans les organisations de type « vieille garde », les décisions sont prises dans le respect de la hiérarchie. Dans le secteur privé, de nombreuses grandes et moyennes entreprises sont des entreprises familiales et sont dirigées de façon très rigoureuse. Dans ce genre d’établissement, la façon de s’adresser à son supérieur hiérarchique pour obtenir des réponses ou des commentaires dépendra du statu quo ayant cours dans l’entreprise spécifique et de l’approche adoptée par le superviseur.

L’Espagne a beaucoup évolué au cours des 20 années qui ont suivi la chute du régime de Franco et le pays a dû récemment faire concurrence à d’autres pays plus dynamiques de l’Union européenne. À ce titre, de nombreuses entreprises ont adopté des structures organisationnelles plus simples et ont instauré un environnement plus entreprenant. Ces entreprises ont souvent dû gérer des changements significatifs et rapides, et elles sont devenues habiles à cet égard. Dans ces établissements, le pouvoir de prise de décision tend à être plus horizontal et on fait davantage appel à la consultation; des voies de communication ont parfois été établies pour permettre aux employés de poser des questions et de recevoir de la rétroaction, et cette pratique est souvent encouragée.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : L’Espagne, au sens général et en vertu de la loi, reconnaît l’égalité des sexes. Cependant, les femmes sont toujours victimes de comportements discriminatoires à certains niveaux de la société. Les entreprises trouvent des moyens légaux de donner des salaires inférieurs aux femmes qui font le même travail que les hommes. De plus, parce qu’on considère qu’elles ont un caractère moins conflictuel, elles sont préférées pour certaines tâches.

Les employeurs préfèrent ne pas recruter de femmes mariées en âge d’avoir des enfants pour ne pas avoir à leur payer de congé de maternité. De plus, il est courant de demander à une candidate, au cours d’une entrevue d’embauche, sa situation de famille ou ses souhaits familiaux futurs. Avoir des enfants est considéré chez les hommes comme un signe de maturité et de stabilité mais chez les femmes comme un haut risque d’absentéisme.

Dans la vie privée, les femmes assument la majorité des tâches domestiques ainsi que l’éducation des enfants. Toutefois, la situation évolue parmi les jeunes générations et ces changements sont très bien perçus des générations plus âgées. Il est important de mentionner qu’il y a une grande différence de mentalité entre les zones rurales et les grandes villes.

Religion : En Espagne, le catholicisme est la religion la plus répandue. Personne ne subit de discrimination, au travail ou dans la vie sociale, pour des motifs de religion. En général, les Espagnols n’abordent pas le sujet des croyances religieuses car ils présument que tout le monde a les mêmes. Toutefois, même si ce n’est pas le cas, cela n’entraîne aucun risque de discrimination.

La majorité des catholiques espagnols se définissent comme étant des « croyants non pratiquants ». Ceci signifie qu’ils ont été baptisés et mariés selon le rituel religieux, mais qu’ils n’observent aucune des autres pratiques religieuses.

Classe : En Espagne, la classe sociale n’influe pas sur les relations sociales ou les possibilités professionnelles. Elle est établie en fonction de l’argent et non de la race, de la religion ou de tout autre facteur. La culture et l’éducation sont des vecteurs de réussite plus importants. Une personne appartenant à une famille pauvre aura les mêmes chances de réussite, si elle a fait des études, qu’une personne d’une classe sociale supérieure. Notons qu’à tous les niveaux, l’éducation est gratuite en Espagne.

Toutefois, une classe d’Espagnols se distingue vraiment de tous les autres : celle des nobles, qui est très restreinte. Elle n’est d’ailleurs même pas considérée comme une véritable classe car la possession d’un titre de noblesse n’assure pas à son détenteur d’être nanti, d’avoir de l’argent, d’obtenir un traitement spécial ou toute autre faveur. L’Espagne est un pays démocratique dont tous les citoyens jouissent des mêmes possibilités et des mêmes privilèges. Le seul avantage distinct qu’ont les nobles est le prestige qui est associé à ce type de familles.

Origines ethniques : L’Espagne est un pays qui était jusqu’ici particulièrement homogène sur le plan de la race, uniquement blanche, dont les membres étaient de type « latin » dans les régions du sud et de type européen dans les régions du nord. Or, cette réalité est en train de changer en raison de la mondialisation et de l’immigration. En effet, l’Espagne était traditionnellement un pays d’émigrants et non d’immigrants.

Deux groupes ethniques distincts souffrent de discrimination en Espagne; il s’agit des gitans et des maures.

Dans l’ensemble, les gitans ont toujours été rejetés en raison de leur mode de vie complètement différent. Généralement, ils se conforment à leurs propres règles et à leur organisation patriarcale et refusent d’observer les lois nationales ou les normes occidentales, quelles qu’elles soient, par exemple en regard du logement, du travail ou de l’éducation. En raison des énormes différences avec la culture « payo » (majoritaire), les gitans font peur et sont considérés comme des brigands ou des voleurs à la tire, ce qui les désavantage en matière de possibilités d’emploi, de logement ou d’éducation. Leur mode de vie cadrant difficilement avec la culture occidentale, il ne leur est pas facile d’obtenir de l’argent ou le confort et en conséquence, les jeunes gitans sont plus exposés à la toxicomanie et à la criminalité associée, ce qui ne facilite pas leur intégration dans la société malgré les efforts conséquents fournis par tous les gouvernements démocratiques espagnols pour intégrer cette communauté.

Depuis toujours, la culture maure est très mal vue des Espagnols, elle comprend les Marocains, les Algériens, les Libanais et les Turcs. Personne ne connaît la raison de cette antipathie envers la culture nord-africaine qui a pourtant contribué grandement à l’essor de la culture espagnole. En fait, les Espagnols sont les victimes de leur propre discrimination. Ils déclarent qu’ils ne font pas confiance aux Nord-Africains car ils sont rusés. Or, cette discrimination n’est pas reliée à la couleur de la peau, à la race ou à la religion puisqu’elle ne s’applique pas aux ressortissants des pays du Moyen-Orient et de l’Extrême-Orient tels que les Iraniens ou les Saoudiens qui eux, en fait, sont très respectés.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Les régions rurales et celles du sud ont tendance à démontrer des attitudes moins progressistes à l’égard du traitement réservé aux femmes. Dans ces régions, la majorité des entreprises sont exploitées presque exclusivement par des hommes tandis que les femmes occupent des postes d’employé administratif. Les cultures des régions rurales et du sud entretiennent davantage le stéréotype selon lequel c’est l’homme « qui met la nourriture sur la table » et évite ainsi beaucoup d’autres responsabilités familiales qui s’accumulent sur le dos des femmes.

Les régions du nord et les grandes villes sont nettement plus progressistes que celles du sud et du secteur rural, mais la culture reste axée sur l’homme. Les générations des personnes de cinquante ans et plus âgées continuent à évoluer dans une culture où les stéréotypes relatifs au sexe sont solidement ancrés. En Espagne, les générations plus jeunes, tout particulièrement les femmes, ont rejeté dans une large mesure le rôle réservé à leur sexe et dans lequel étaient confinés leurs parents et sont devenues très progressistes. Ainsi, beaucoup plus de femmes font de leur carrière une priorité plutôt que d’avoir des enfants, se marier et prendre soin de leur mari. De leur côté, nombreux sont les hommes qui évoluent en regard de l’égalité des sexes et participent aux tâches auxquelles doivent faire face les couples et les familles qui mènent des carrières en parallèle.

Au travail, les attitudes envers les femmes varient selon la région d’Espagne et la culture de l’organisation. Les entreprises plus progressistes et celles qui se caracterisent par leurs « dirigeants de la nouvelle génération » sont de plus en plus nombreuses et les problèmes reliés à la différence entre les sexes ne s’y posent pas autant. Au sein de ces entreprises, le personnel prendra plaisir à plaisanter ouvertement sur le rôle traditionnellement réservé à chaque sexe dans une conversation informelle. En général, les ressortissants de l’Amérique du Nord ne sont pas habitués à ce type de plaisanterie, qui cadre tout à fait avec le sens de l’humour des Espagnols et le peu de souci qu’ils ont du conformisme politique dans le milieu de travail; ils n’ont aucune intention de faire preuve de discrimination envers le sexe opposé avec ce type de plaisanteries.

Religion : L’Espagne est souvent citée comme le pays le plus catholique au monde, surtout en raison de la piété que démontre son peuple. Comme l’Espagne a longtemps banni les autres religions, les non catholiques sont rares et les Espagnols comprennent peu ceux qui pratiquent une autre religion. En raison de leur culture homogène, ils entretiennent fermement des stéréotypes à leur égard, notamment envers ceux qui pratiquent une religion non chrétienne.

Ceci dit, la majorité des jeunes Espagnols vous diront qu’ils croient en Dieu mais qu’ils ne pratiquent pas leur religion. Néanmoins, l’identification avec l’église catholique est forte et dans une très grande majorité, les Espagnols baptisent leurs enfants, se marient à l’église à laquelle ils paient des taxes, célèbrent les fêtes religieuses et participent aux cérémonies religieuses.

Classe : Par rapport au Canada, l’Espagne est relativement conservatrice eu égard aux barrières entre les classes. La classe inférieure est largement composée d’Espagnols immigrants des provinces du sud vers les villes du nord comme Barcelone ou Madrid, pour exercer des métiers manuels. Elle se concentre plutôt dans les quartiers plus pauvres des grandes villes et dans les villages, hors des centres industriels; cette distinction entre les classes est renforcée par un système qui accorde beaucoup d’attention à l’éducation dans les écoles privées, au régime privé d’assurance-maladie et à l’exclusivité. L’Espagne est un pays où l’apparence au sein de la communauté est très importante. Il est courant de voir des familles de la classe moyenne faire d’importants sacrifices financiers pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées et des universités cotées, malgré l’existence d’un système d’éducation publique assez satisfaisant.

Origine ethnique : Comme mentionné précédemment, l’Espagne est un pays très homogène, peu exposé aux ressortissants de groupes ethniques différents. C’est pourquoi des stéréotypes très ancrés circulent sur ces derniers et la discrimination est largement répandue à cet égard. Des expressions du type « c’est du travail de noir » pour qualifier un travail pénible ou « un travail de Chinois » pour parler d’un travail requérant de petites mains ou des soins méticuleux, etc., sont communément utilisées. Toutefois, même si un étranger d’une minorité visible en Espagne fera sans aucun doute l’objet de stéréotypes tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, la capacité à se faire remarquer au sein de la communauté (par la nature de sa profession, son niveau d’éducation, sa capacité de parler la langue du pays et les dialectes locaux) comptera beaucoup et la communauté accueillera certainement la personne en faisant preuve d’un degré raisonnable d’ouverture d’esprit et de curiosité.

Le problème le plus important concernant les groupes ethniques est celui qui touche les immigrants illégaux et les ressortissants de pays nord-africains tels que le Maroc et l’Algérie, qui se regroupent souvent avec d’autres musulmans. Les Espagnols ont vraiment tendance à mettre dans le même panier tous les musulmans et tous les Indo-asiatiques. Une tension destructrice existe entre la population en général et les personnes de « type musulman » en particulier, les autres groupes étant assez peu nombreux. Notons que tous les ressortissants de minorités ethniques sont considérés comme des étrangers.

Tous les facteurs mentionnés ci-dessus influent sur le milieu de travail de façon significative, selon la nature de celui-ci et de la région. Il est recommandé aux étrangers qui risquent de faire l’objet de stéréotypes négatifs de maîtriser la langue espagnole et d’être ouverts à l’apprentissage des dialectes locaux. Ceci sera moins important pour un étranger anglo-saxon d’origine chrétienne.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Les Espagnols ne s’attendent pas à établir de telles relations à l’avance. Cela se passe de façon plus détendue. Elles se développent à force de travailler ensemble. En effet, les Espagnols célèbrent de nombreux événements sociaux dans leur milieu de travail en vue d’encourager les relations sociales. Par exemple, ils organisent des déjeuners, des dîners et même des excursions culturelles d’une journée. Il est important, pour pouvoir s’intégrer, de ne pas refuser de participer à ces événements, ce qui serait considéré impoli et antisocial.

Point de vue canadien :

Il est impératif d’établir une relation personnelle avec un client ou un collègue avant de se lancer dans une relation d’affaire, même si cela se résume à une conversation mondaine. La non-observation de ce principe pourrait être mal interprétée. En raison de l’écart qui existe souvent entre les paliers hiérarchiques d’une entreprise, le manque d’intérêt à établir une relation personnelle avec un collègue pourrait être interprété comme un souhait de ne pas s’associer à ses collègues d’un certain rang. De son côté, un client pourrait interpréter cette attitude comme un manque d’intérêt envers ses activités.

L’habilité à nouer une relation personnelle avec vos collègues ou vos clients déterminera le succès que vous obtiendrez dans vos activités professionnelles en raison de la valeur accordée en Espagne à la sociabilité. La façon de faire des affaires s’appuie davantage sur les relations personnelles qu’en Amérique du Nord. Lors de l’établissement de relations avec les collègues ou avec les clients, il est donc important d’instaurer un climat de confiance et de les mettre à l’aise. Le meilleur moyen est de se montrer curieux et de chercher vraiment à connaître la culture du pays. Les Espagnols en sont très fiers et sont toujours agréablement surpris qu’un étranger s’intéresse à leur culture et à leur langue. Ces relations n’ont pas à se poursuivre en dehors du travail; c’est d’ailleurs rarement le cas.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

En raison d’une relation personnelle, on s’attendra généralement à recevoir un traitement spécial, mais tout dépend de la nature de la relation. S’il s’agit d’une relation familiale, le refus d’accorder de tels privilèges sera considéré cruel plutôt qu’honnête. On s’attendra donc à les recevoir. Dans le cas d’une relation d’amitié, les privilèges seront plus importants si les liens d’amitié sont étroits. De toute façon, un Espagnol aura tendance à essayer de profiter d’une relation personnelle au travail pour obtenir un traitement spécial ou des concessions, au besoin. Normalement, la personne choisit le moment opportun pour faire la demande de ces privilèges qui seront toujours considérés comme une faveur et non comme une obligation. Cela signifie qu’un cadeau est attendu en retour en signe de gratitude.

Point de vue canadien :

On ne s’attendra pas vraiment à recevoir des privilèges en raison d’une relation personnelle qui ne représente qu’un contact ordinaire au travail. Cependant, les réseaux de relations au travail sont tout aussi importants, sinon plus, qu’en Amérique du Nord. La dynamique des privilèges accordés aux amis dans le milieu de travail est en grande partie semblable à celle qui a cours au Canada et devrait être considérée de la même façon.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Le meilleur moyen de traiter un problème est d’en parler directement à l’intéressé, mais en privé. N’oubliez pas qu’en Espagne, l’apparence est très importante et mettre quelqu’un dans l’embarras pourrait entraîner de la rancune et altérer les relations sociales.

Les Espagnols ont tendance à ne pas se plaindre directement à la personne avec qui ils ont un problème. Ils vont plutôt le faire auprès des membres de leur famille ou de leurs amis, en dehors du travail et éventuellement auprès d’un collègue de travail qui est un ami proche.

En Espagne, le comportement revêt de l’importance et il est donc difficile de déceler l’existence d’un problème. Par conséquent, il faut être attentif à l’attitude d’autrui. Les Espagnols montrent généralement qu’ils sont mal à l’aise en évitant tout événement social avec la personne avec laquelle ils ont un problème. Ils préfèrent cette attitude aux confrontations.

Point de vue canadien :

Les Espagnols tendent à ne pas se montrer très directs dans le cas d’un conflit au travail. Un collègue ayant un problème à votre égard en parlera plutôt avec les autres collègues en vue obtenir leur soutien. Il peut se révéler difficile de s’apercevoir qu’un collègue est contrarié car il aura tendance à éviter le conflit. Il sera peut-être plus facile de cerner les problèmes éventuels en maintenant une relation ordinaire avec les collègues. En effet, ceux qui ont un problème se montreront sûrement plus froids lors des conversations informelles.

Néanmoins, les Espagnols sont généralement reconnaissants si vous vous montrez direct et soulevez le problème de façon non conflictuelle. En effet, dans une confrontation où les deux personnes font preuve de respect mutuel, le problème pourrait être nié, mais en persistant il sera certainement soulevé et finira par être discuté. Il est sûrement préférable de confronter la personne en privé et en toute confiance. Une confrontation publique serait perçue comme une attaque contre la personne et on ne devrait y avoir recours que pour se défendre contre quelqu’un qui ne peut être raisonné ou qui alimente les rumeurs dans votre dos.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les Espagnols sont motivés par la satisfaction que démontrent leurs supérieurs hiérarchiques envers leur travail en leur accordant certaines concessions, notamment du temps libre pour qu’ils se consacrent davantage à leurs amis et à leur famille, ou même une augmentation de salaire ou une prime à long terme. Cette reconnaissance peut s’exprimer aussi par un assouplissement des horaires ou des congés supplémentaires.

Les employés apprécient particulièrement de recevoir des récompenses à la fin d’une période très chargée. Celles-ci peuvent prendre la forme de vacances, de repas ou de voyage. Le fait de savoir à l’avance qu’ils vont obtenir ce type de récompense les encourage à travailler encore plus et à collaborer plus étroitement avec leurs collègues.

Les Espagnols apprécient que leur patron ou leur entreprise montre sa reconnaissance lors des événements qui jalonnent leur vie personnelle, par exemple pour un mariage, une naissance, etc. Ces « cadeaux » peuvent être faits sous forme d’argent, d’assouplissement des horaires qui leur permettra d’avoir une vie privée plus riche, ou de toute autre sorte de présent.

Les conditions de travail sont importantes aussi, mais elles se rapportent plus aux relations personnelles avec les collègues qu’à l’environnement matériel qui entoure les employés.

À Noël, il est courant que les entreprises offrent des cadeaux à leurs employés, sous forme de repas, de boissons et de desserts traditionnels. L’employeur leur offre généralement à chacun un billet de la Loterie nationale de Noël, une tradition ayant cours dans tout le pays, ainsi qu’un mois de salaire supplémentaire. Ces avantages motivent les employés espagnols.

Point de vue canadien :

De nombreux Espagnols continuent de travailler en se conformant à des règles très strictes en ce qui a trait aux horaires, aux congés, à la tenue vestimentaire et au comportement au travail. Une entreprise qui offre plus de souplesse et s’efforce d’offrir un environnement où les employés ont le sentiment d’appartenir à une équipe réussira mieux à obtenir la loyauté de son personnel et à maintenir la productivité qu’en offrant des salaires plus élevés que la moyenne.

Offrir des opportunités de carrière constitue également un facteur très important pour favoriser la satisfaction du travail et motiver les employés. De nombreux jeunes Espagnols ont investi beaucoup de temps et d’argent dans leurs études post-secondaires et se sentent obligés de justifier cet investissement en gravissant plus rapidement les échelons d’une entreprise. Ainsi, l’instauration d’une saine concurrence pour gravir les échelons de l’entreprise est un élément significatif de motivation.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Le cinéma et la littérature constituent les meilleurs moyens pour apprendre à connaître l’histoire et la culture espagnoles.

Ouvrages : Toutes les oeuvres classiques espagnoles sont recommandées. Pour se familiariser avec la littérature espagnole du 20e siècle, vous pouvez lire La Ruche, de Camilo Jose Cela, lauréat du prix Nobel. Pour apprendre à connaître la société actuelle, lisez les oeuvres de Carmen Posadas, qui a été la première femme à gagner le prix Planeta, prix littéraire le plus important accordé en Espagne. Terenci Moix a été plusieurs fois lauréat de ce prix pour ses nouvelles dont l’histoire se passe en Égypte. Antonio Gala est un poète qui écrit aussi des nouvelles. Rafael Alberti figure également parmi nos poètes. Le livre de Federico Garcia Lorca, La Régente est recommandé pour apprendre à connaître la société du 18e siècle; il décrit en détail les comportements en vigueur dans une société qui entretient des habitudes ancestrales et de nombreux tabous.

Films : Le réalisateur de Belle Epoque, Bigas Luna, a reçu un Oscar pour ce film. Il s’agit d’un réalisateur qui permet de se familiariser avec l’histoire de l’Espagne car son oeuvre, dans une large mesure, porte sur les événements historiques du pays. Pour se renseigner sur la guerre civile d’Espagne de façon très objective, je vous recommande de voir Libertarias avec Ana Belen (une des actrices les plus renommées de l’époque de la transition de l’Espagne vers la démocratie) et Carmen Maura (l’actrice espagnole la plus populaire). Les femmes au bord de la crise de nerfs, d’Almodovar, est également un bon film. Ce réalisateur vous permettra de comprendre la société espagnole moderne et ses stéréotypes. Tous ses films portent sur la société espagnole d’aujourd’hui. Citons également Tesis ou Les autres, de Joaquin Amenabar, un excellent réalisateur de films de science fiction, emblème de la nouvelle génération d’artistes.

Point de vue canadien :

Le cinéma espagnol offre un excellent contexte pour en apprendre davantage sur la culture espagnole. De nombreux films de réalisateurs de renom tels que Pedro Almodovar décrivent la vie quotidienne des Espagnols. À ce titre, je vous recommande Parler avec elle, Lucie et le sexe, l’Auberge Espagnole, Dias Contados et La Comunidad. Quant aux livres de la littérature classique ou de la littérature contemporaine qui vous fourniront un aperçu particulier de la culture, citons La ville des prodiges et les autres livres d’Eduardo Mendoza et Pour qui sonne le glas, d’Ernest Hemingway.

Pour ce qui est de la cuisine et des endroits à visiter, le choix est tellement vaste qu’il est sûrement préférable de se renseigner auprès des personnes locales. Ceci constitue un bon moyen d’apprendre à connaître les Espagnols et de montrer de l’intérêt pour leur culture. La cuisine espagnole est très variée et peut être appréciée par tous ou presque.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

L’Espagne est très riche en événements culturels, en sites historiques et en traditions culinaires. Il est impossible d’en dresser une liste exhaustive. Chaque région et chaque ville a ses spécialités culinaires, ses habitudes et ses événements culturels. Tous vos collègues vous informeront. En effet, les Espagnols en sont très fiers et ils vous les expliqueront. Comme l’Espagne est un pays dont l’économie dépend essentiellement du tourisme, vous trouverez des bureaux d’information touristique dans toutes les villes et tous les villages espagnols. Ils constituent le meilleur moyen d’apprendre ce que vous devez voir, entendre, manger ou faire dans un endroit particulier.

Les journaux sont aussi un excellent moyen d’obtenir de l’information sur le pays. Citons La Vanguardia (quotidien sans appartenance politique de Barcelone), Le Pais (journal socialiste de Madrid) et ABC (journal monarchiste de Madrid). La plupart d’entre eux contiennent un magazine culturel qui fournit de l’information sur les événements sportifs, sociaux et culturels. Ceci est un excellent moyen de savoir ce qui se passe dans la société actuelle.

Je vous recommande aussi de vous intéresser au football espagnol. Familiarisez-vous avec la ligue de football car ce sport est pratiqué à l’échelle de l’Europe et en Espagne. C’est un sujet de conversation qui revient sans cesse dans les cafés.

À la télévision, les comédies nationales ont beaucoup de succès. Elles portent souvent sur les problèmes sociaux actuels auxquels sont quotidiennement confrontés les postes de police, les écoles secondaires et les médecins. Ces comédies vous feront comprendre comment la population réagit dans certaines situations. Les plus regardées sont : Al Salir de Clase, Periodistas, Escuela de Baile et Medico de Guardia.

Point de vue canadien :

Un bon moyen de se familiariser avec la culture est probablement de s’asseoir à la terrasse d’un café et d’observer les passants et la façon dont les clients se comportent. Les Espagnols sont assez ouverts et n’hésitent pas en engager la conversation. Ils se montrent souvent curieux au sujet des étrangers qu’ils voient souvent dans le voisinage. L’une des meilleures approches (mais réservée presque exclusivement aux hommes) est le football (et c’est le mot « football » qu’il faut toujours utiliser!). L’équipe de football locale occupe la première place sur la scène culturelle de la majorité des grandes villes espagnoles, particulièrement à Barcelone et à Madrid.

La plupart des villes espagnoles sont riches sur le plan des arts et comptent de bons théâtres qui présentent les pièces locales. Parallèlement, la place que tient la musique dans les activités culturelles est moins importante. Vous pourrez entendre aussi de nombreux groupes musicaux espagnols à la radio ou dans les bars et les clubs, mais les occasions sont plus rares d’assister à des concerts en direct. La radio offre un très bon aperçu de la culture espagnole et est très écoutée dans la majorité des centres urbains. Il sera judicieux de demander aux personnes locales les stations de radio qu’elles écoutent pour déterminer celles qui correspondent le mieux à vos intérêts.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Parmi les chanteurs d’opéra espagnols connus dans le monde entier, citons Placido Domingo, Jose Carreras, Montserrat Caballe. L’Espagne compte aussi de nombreux champions de tennis : Carlos Santana, Arantxa Sanchez Vicario, Albert Costa, Carlos Moya et un champion cycliste, Miguel Indurain (qui a remporté le Tour de France à cinq reprises); des chanteurs célèbres : Julio Iglesias, Enrique Iglesias, et des danseurs : Joaquin Cortes et Cristina Hoyos (Flamenco). Parmi les équipes de football renommées, citons le Barcelona Futbol Club (Barsa) et le Real Madrid. Dans le domaine de l’architecture, citons Gaudi et sa fameuse cathédrale la Sagrada Familia à Barcelone et parmi les peintres : Velazquez, Goya (La Maja nue et la Maja habillée), Picasso (Guernika), Miro et Salvador Dali (Montre molle au moment de sa première explosion); les écrivains : Camilo Jose Cela (lauréat du prix Nobel), Antonio Machado (poète), Federico Garcia Lorca (écrivain), Miguel de Cervantes (auteur de Don Quichote). Héros nationaux : Le Cid (libérateur des catholiques de l’empire des Maures), Christophe Colomb (qui a découvert l’Amérique).

Point de vue canadien :

Ici encore, les Espagnols sont très fiers de leur culture et sont persuadés qu’elle est méconnue et peu appréciée sur la scène mondiale. Démontrer votre connaissance des héros espagnols leur fera plaisir. Parmi ces héros, citons Raul, l’un des meilleurs footballeurs au monde, qui joue au Real Madrid, Juan Carlos, le roi d’Espagne, qui est un héros pour une partie des Espagnols, notamment pour les générations plus âgées, en raison de son engagement envers la démocratie au cours de la transition entre la dictature et le passage de l’Espagne à une société moderne, Luis Garcia Lorca, certainement l’écrivain et le poète préféré des Espagnols, les peintres les plus célèbres d’Espagne, Salvador Dali et Pablo Picasso, Miguel Indurain, champion cycliste retraité qui a gagné à 5 reprises consécutives le Tour de France, Juan Carlo Ferrer, champion de tennis espagnol qui a récemment gagné plusieurs championnats et Ricardo Alonso, l’un des plus jeunes et meilleurs coureurs automobile de Formule 1.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Le Canada et l’Espagne ont peu, voire aucune, relation d’ordre historique.

Les Espagnols ne comptent qu’un seul incident avec le Canada, qu’ils appellent la Crise de la morue et au cours duquel un chalutier espagnol a été capturé par les forces canadiennes alors que son équipe pêchait dans les eaux territoriales. Cet événement ne constitue pas un problème et n’influe pas sur les relations sociales entre les deux pays.

Point de vue canadien :

Le seul événement partagé récemment par le Canada et l’Espagne est certainement la capture d’un bateau de pêche espagnol par les autorités canadiennes qui ont, avec l’autorisation de Brian Tobin, saisi le bateau et incarcéré l’équipage pour avoir enfreint la loi en pêchant dans les eaux canadiennes. Cet incident a fait l’objet d’une couverture internationale et a altéré les relations entre les deux pays. Il fait partie de ceux qui surgissent de temps en temps dans les conversations de tous les jours, mais ne menace pas les relations sociales (sauf si vous tombez sur l’un des pêcheurs qui a passé quelques temps dans une prison canadienne!).

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Aucun.

Malheureusement, les Espagnols connaissent peu le Canada. La majorité perçoivent les Canadiens comme un peuple amical et pacifique et ne font pas vraiment la différence entre la culture américaine et la culture canadienne. De plus, ils pensent que le Canada est un pays anglo-saxon et la majorité ne savent pas que le pays a deux langues officielles. Pour les Espagnols, le Canada est un pays respectueux de la nature et de l’environnement, riche en ressources naturelles et en espèces sauvages. C’est l’une de leurs destinations privilégiées pour une lune de miel. En effet, ils en ont assez des destinations qui ressemblent trop à leur propre pays et sont à la recherche d’un endroit qui revêt un intérêt sur le plan de la nature et de la faune.

Point de vue canadien :

De nombreux Canadiens entretiennent encore le stéréotype de l’Espagnol indolent qui fait la sieste dans l’après-midi. Même si cela est encore le cas dans certaines régions du sud de l’Espagne, la majorité des Espagnols sont plutôt productifs et courageux au travail. Les siestes ne font plus partie de leur vie quotidienne et ils travaillent autant d’heures que leurs homologues nord-américains et européens. Tout cliché qui représente l’Espagne comme un pays en voie de développement au sein de l’Union européenne sera très mal perçu. Les Espagnols sont fiers des progrès qu’ils ont accomplis au cours des 25 dernières années, soit depuis la chute de Franco. Les étrangers devraient savoir que dorénavant, l’Espagne se situe au même plan que la majorité des pays européens.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née à Barcelone et, a déménagé dans une ville plus petite située à 24 km de Barcelone à l'âge de neuf ans. Elle est la benjamine d'une famille de trois enfants et a étudié à l'Universidad Autonoma de Barcelona. Au cours de ses études, elle a travaillé comme professeur d'anglais langue seconde et a suivi des cours d'anglais aux États-Unis et en Australie. Après avoir obtenu son diplôme en psychologie avec une spécialisation en psychologie clinique, elle a été employée pendant quelques temps dans un hôpital. Ensuite, votre interprète culturelle a travaillé dans le secteur du marketing, des relations publiques et des ventes et s'est récemment installée au Canada avec son époux.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né en Tunisie, de parents canadiens. Il est le plus jeune d'une famille de deux enfants et a grandi dans différents pays, y compris au Canada. Il a effectué sa dernière année du secondaire dans le Sud de la France et a suivi des études de gestion hôtelière et d'économie d'entreprise à l'Université de Guelph en Ontario. Au cours de la troisième année de ses études universitaires, votre interprète culturel a travaillé dans le cadre de la loi d'entreprise pour une chaîne importante de produits d'épicerie à Dublin, en Irlande, puis a voyagé en Espagne et au Maroc. À la fin de ses études, il s'est installé en Espagne, à Barcelone, où il a travaillé pendant presque deux ans dans une grande entreprise du secteur des prévisions économiques. Il est depuis revenu au Canada, où il est expert-conseil dans le domaine de l'environnement. Il est marié à une Espagnole et n'a pas d'enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.