Éthiopie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Comme dans bien d’autres sociétés, la société éthiopienne a diverses origines ethniques et familiales, divers styles de vie, types d’instruction et expériences de travail. La plupart des Éthiopiens sont très accueillants, amicaux, généreux et respectueux et s’attendent à la même attitude de la part des autres. Dans certains cas, les Éthiopiens font tout ce qu’ils peuvent pour être agréables et divertissants, entre autres auprès des gens qu’ils ne connaissent pas.

Les Éthiopiens apprécient l’accueil chaleureux, les poignées de main, le langage corporel positif (un sourire ou une manifestation de joie) et des signes de respect. Bien que leurs moyens soient très limités, ils sont très généreux et hospitaliers.

La société éthiopienne est très hiérarchisée. En effet, l’âge, l’aisance financière, le niveau d’instruction et la contribution sociale sont des facteurs sociaux importants.

Pour engager une conversation, on peut aborder des sujets comme le travail, la vie en général et la famille. Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on peut dire « Comment allez-vous ? (Tena-Yestelegn ou Endmenot), « Comment va la famille? », « Comment vont les enfants? ». Les Éthiopiens ne sont généralement pas à l’aise de discuter de sujets privés ou personnels à l’extérieur du cercle familial. Il est donc préférable d’éviter ces sujets à moins que ce soit pour demander des conseils (que ce soit de votre part ou de celui de votre interlocuteur éthiopien). Les Éthiopiens parlent toujours de la famille et des amis en de bons termes.

La question « D’où venez-vous? » peut être mal interprétée et il serait préférable de ne pas la poser. Ce type de question peut porter à croire que vous cherchez à connaître l’origine ethnique de votre interlocuteur, un sujet qui suscite la division.

Il est également préférable d’éviter de discuter de religion, de sexualité et de politique locale parce qu’il est difficile de connaître le point de vue de ses interlocuteurs sur ces sujets. La plupart des Éthiopiens ne semblent pas s’intéresser à la politique, du moins en public, mais il reste néanmoins que votre commentaire pourrait être reçu comme une critique. La plupart des Éthiopiens sont fiers et n’acceptent pas facilement la critique ou le mépris.

Le sujet de la discussion dépendra la plupart du temps de l’âge et du sexe de son interlocuteur. Le sujet le plus courant est la ville ou le pays. Par exemple, si vous vous trouvez à Addis pendant la Coupe mondiale de football, vous pourrez en parler avec toutes les personnes que vous rencontrerez, hommes et femmes, jeunes et vieux. La plupart des Éthiopiens sont de fervents adeptes du football.

Ne cherchez pas à faire de l’humour à votre premier contact et également lorsque votre interlocuteur ne semble pas maîtriser la langue (que ce soit l’anglais ou le français) ou lorsque vous n’avez pas une bonne maîtrise de la langue locale. On ne sait jamais comment vos propos pourraient être interprétés. Ceci dit, les Éthiopiens ont un bon sens de l’humour.

Point de vue canadien :

Les Éthiopiens ont des valeurs traditionnelles – ils sont conservateurs et modestes. Il est important pour eux d’être poli et respectueux. Les Éthiopiens sont généralement fiers de leur culture fondée sur l’hospitalité (la cérémonie traditionnelle du café en est un exemple). Les salutations sont très importantes et il est très approprié de poser des questions sur la famille, par exemple : avez-vous des enfants?, vont-ils à l’école?, etc. Poser des questions sur le travail est moins courant, mais cela dépend de la classe ou des antécédents de la personne. Les Occidentaux sont généralement plus curieux que les Éthiopiens et parfois leurs questions ne sont pas toujours appréciées parce que leurs interlocuteurs éthiopiens se demandent pourquoi ils veulent en savoir tant et ils peuvent alors se montrer soupçonneux. Il est également important d’observer soigneusement le langage corporel de l’interlocuteur pour savoir comment il se sent à votre égard.

Il faut se rappeler aussi que l’Éthiopie est un pays immense et très peuplé. Il existe des différences claires entre les régions urbaines et rurales; entre les riches et les pauvres; entre les populations des hautes terres et les populations des basses terres; entre les gens qui vivent de l’agriculture et les éleveurs nomades. Depuis quelque temps, une plus grande importance est accordée à l’origine ethnique; on met l’accent sur le caractère distinctif des Galla, des Amhara, des Tigré ou des Somalis, etc. Toutefois, plusieurs n’aiment pas ces distinctions, parce qu’elles risquent de mener à l’éclatement de la nation. Il est donc préférable de ne pas demander directement à quel groupe ethnique appartient l’interlocuteur. Il se peut que des Éthiopiens mentionnent qu’ils parlent une certaine langue – ce qui vous permet aussi de demander s’ils sont nés dans la région où se parle cette langue.

La vie en Éthiopie comporte des sous-entendus politiques, par conséquent la politique est un sujet courant de discussion. Toutefois, une grande prudence est de mise parce que les opinions peuvent être très arrêtées et il est dangereux d’exprimer en public ses opinions politiques. En règle générale, écoutez plutôt votre interlocuteur. Ne posez que quelques questions ou ne formulez que des commentaires d’ordre très général sur la politique, à moins que vous ne connaissiez bien vos interlocuteurs. De toute façon, ils vous diront ce qu’ils voudront bien vous dire – aussi soyez discret. Pour les Éthiopiens, les questions politiques ne concernent généralement pas les étrangers – il est donc risqué de prendre parti, à moins d’être réellement bien informé.

L’humour est généralement acceptable et les Éthiopiens aiment bien rire. Il se fait souvent au frais de quelqu’un. Rire de soi-même est acceptable, mais comme dans toutes les cultures, soyez prudent à l’égard des plaisanteries « d’initiés ».

Les funérailles sont des événements importants. Si quelqu’un décède, il est essentiel d’offrir ses condoléances, et même une présence de quelques minutes à une veillée funéraire ou à des funérailles est importante. Au besoin, une contribution financière peut être envisagée parce que les services funèbres sont très onéreux.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Il est indiqué de maintenir une bonne distance entre vous et la personne à qui vous parlez et, également, de maintenir un contact visuel. Si vous évitez le contact visuel, votre interlocuteur pourrait penser que vous avez quelque chose à cacher. Il est approprié de parler d’une voix calme, douce et audible. On peut toucher l’épaule ou le bras de son interlocuteur lorsque celui-ci est du même sexe, mais il n’est pas conseillé de toucher ou de maintenir un contact visuel avec une personne du sexe opposé. Il est très impoli de pointer le doigt vers quelqu’un ou de parler sur un ton fort et agressif. Un ton de voix élevé est perçu comme une expression de colère ou de grande déception.

On peut s’embrasser et s’étreindre en public lorsqu’on accueille quelqu’un, mais jamais pour exprimer son affection sexuelle. On voit souvent des hommes et des femmes se faire la bise en public et au bureau. Cela ne veut pas dire toutefois que les Éthiopiens embrassent une personne qu’ils rencontrent pour la première fois.

Point de vue canadien :

Les salutations sont un rituel important et assez long (et comportent plusieurs variations de la phrase « Comment allez-vous »). Il n’est pas seulement important de demander « Comment allez-vous? », mais il faut aussi s’enquérir de la santé des enfants, de la situation à la maison (particulièrement si un événement hors de l’ordinaire survient dans la famille). Il est aussi important de montrer du respect à l’égard des collègues et des employés, en toute circonstance. La façon d’exprimer ce respect est de s’adresser aux personnes en les appelant par leur titre, par exemple : Woizero (Madame) Azeb; Ato (Monsieur) Solomon; Docteur Tesfaye; Ingénieur Gebreyes, etc.

La plupart des expatriés font peu d’efforts pour apprendre l’amharique, et peu d’entre eux réussissent à parler les langues locales couramment. Le niveau d’engagement à l’égard des gens (et la compréhension de la culture) est par conséquent limité, particulièrement dans les régions rurales. Fort heureusement, la plupart des Éthiopiens dans les régions urbaines parlent assez bien l’anglais. Il faut toutefois se rappeler que l’anglais est chez eux une langue seconde.

Tout le monde se serre la main, c’est automatique. Si vous connaissez bien quelqu’un, l’embrasser trois fois sur la joue est courant. Si vous n’avez pas vu vos interlocuteurs depuis longtemps, les embrasser quatre à cinq fois est acceptable. Pour certains Musulmans, cela ne se fait pas entre les hommes et les femmes, mais cela dépend uniquement de la personne et de la relation que vous avez avec elle. Dans certaines régions et particulièrement chez les hommes, une accolade épaule contre épaule est une forme de salutation courante. Si vous n’êtes pas sûr de ce que vous devez faire, tendez la main à votre interlocuteur et surveillez sa réaction. La distance physique est très courte et il n’y a pas de norme à respecter pour ce qui est de la distance personnelle. Le toucher est chose normale et les gestes d’amitié sont acceptables. Les enfants canadiens pourraient s’étonner de ce que tout le monde veuille les embrasser. Leurs parents devront alors décider de la façon dont leurs enfants devront réagir, le leur expliquer et les soutenir. Si votre enfant n’aime pas être embrassé par des étrangers ou pris dans leurs bras, expliquez-le poliment aux gens. Cela pourrait se révéler embarrassant parce que l’intention est bonne (les Éthiopiens aiment les enfants), mais ce serait préférable à une situation où votre enfant se mettrait à hurler!

Il faut être prudent et éviter les démonstrations de colère, car elles ne sont généralement pas acceptées dans les endroits publics. Elles sont même jugées comiques s’il s’agit d’un expatrié qui perd son calme en public. Cependant, il vous faudra une bonne dose de patience pour endurer les lenteurs administratives si vous voulez obtenir un permis de conduire ou autre document officiel. Se mettre en collère ne fera que ralentir encore le processus. Les Éthiopiens qui attendent leur permis avec vous sont aussi très frustrés mais ils ne le montrent pas. Profitez de l’occasion pour engager une petite conversation avec les personnes qui vous côtoient, essayez de faire un peu d’humour ou de parler du temps qu’il fait; c’est un bon moyen de faire connaissance avec des personnes intéressantes. Il est même possible qu’elles soient désolées pour vous, parce qu’elles savent que les expatriés peuvent être très irrités de devoir attendre à ne rien faire!

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

On ne voit pas souvent des amoureux s’embrasser en public. La plupart des Éthiopiens expriment timidement leur amour devant les autres, même dans le cercle familial. La sexualité est un sujet qui est encore considéré personnel et privé. D’autre part, les Éthiopiens expriment leur colère d’une façon forte et émotive, que cette colère soit liée au travail ou qu’elle soit de nature personnelle. La plupart des Éthiopiens utilisent leurs mains et autre gestuelle pour exprimer leur approbation, leur désaccord, leur satisfaction, leur consentement, etc. Il est intéressant d’observer leur langage corporel. Les Éthiopiens n’hésitent pas à exprimer leur opinion sur des sujets qu’ils connaissent bien. La plupart aiment argumenter et peuvent parfois avoir des positions très arrêtées. Tout dépend bien sûr de la personnalité et de son assurance.

Point de vue canadien :

Une démonstration contenue d’affection est acceptable – embrasser sur la joue, donner l’accolade, montrer de la joie à rencontrer quelqu’un sont choses courantes. Les démonstrations amoureuses en public ne sont pas fréquentes et elles ne sont pas acceptables. Toutefois, vous pouvez voir des jeunes gens marcher bras dessus, bras dessous. Les hommes déambulent souvent main dans la main s’ils sont des amis. L’homosexualité est culturellement inacceptable – certains pensent que c’est illégal ou que cela devrait l’être. Un comportement homosexuel délibéré ne sera pas toléré.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Votre tenue vestimentaire dépendra de l’endroit où vous travaillez. On s’attend des employés de bureau qu’ils portent des vêtements habillés, c’est-à-dire costume et cravate pour les hommes et vêtements de coupe classique pour les femmes. Les femmes peuvent porter le pantalon pour aller travailler et n’ont pas à se couvrir la tête, à moins que leur religion leur dicte de le faire. On voit souvent de jeunes femmes portant à toute heure du jour une jupe ou une robe courte. Les tenues décontractées ne sont pas bien vues au bureau.

Point de vue canadien :

Les Éthiopiens sont des gens fiers et ils possèdent un sens aigu de leur histoire et de leur culture. La fierté et un sens solide de soi sont aussi manifestes en milieu de travail. Il est important de se montrer digne dans son comportement. Les styles occidentaux d’habillement sont connus dans toute l’Éthiopie. La façon de s’habiller revient à s’affirmer et à refléter sa personnalité. Étant donné que les Éthiopiens sont très conservateurs en général, l’habillement tend à être conservateur et modeste. Il n’est PAS approprié de se rendre au travail en blue-jeans ou vêtements aussi décontractés. Il est très courant de voir les employés se rendre au travail en tenue traditionnelle à l’approche d’événements religieux importants ou de jours fériés.

Les salutations sont essentielles. En milieu de travail, il est très important de s’adresser aux autres en les appelant Monsieur ou Madame et par leur titre (Ato pour un homme ou Weziro pour une femme). Lorsque vous connaîtrez mieux vos collègues ou employés, vous pourrez vous sentir libre de ne plus utiliser le titre, mais vous devrez déterminer d’abord s’ils n’y voient pas d’objection. Les personnes âgées préfèrent qu’on s’adresse à elles en les appelant par leur titre.

Prêter attention aux « petits » gestes peut vous mener loin. Par exemple, apporter un gâteau pour célébrer une fête locale est important aux yeux du personnel et sera très apprécié.

Les attitudes à l’égard du temps et des horaires peuvent varier beaucoup – selon le contexte. En règle générale, les gens respectent et valorisent la ponctualité, quoique cela ne corresponde pas nécessairement à la valeur que « les Occidentaux » accordent à la nécessité « d’être à l’heure ». Lorsque les gens se sont entendus sur les horaires de réunion et les délais de présentation de rapports, il est habituellement compris que la date ou l’heure devront être précisément observées. Toutefois, il faut comprendre les conditions difficiles dans lesquelles vivent la plupart des Éthiopiens et se montrer compréhensif en tenant compte des circonstances (manque de transport, maladie dans la famille). Il est parfaitement acceptable qu’un parent manque une réunion en raison d’un service funèbre, de maladie d’un membre de la famille, etc. Cela ne signifie pas qu’ils ne sont pas embarrassés de s’absenter d’une réunion – cela indique uniquement que plusieurs questions personnelles ne peuvent pas être assumées par d’autres. D’autre part, les employés aiment que les enfants viennent au bureau pour qu’ils puissent les rencontrer – tout le monde aime les enfants! L’attitude à l’égard des enfants est plus tolérante quant à leur présence en milieu de travail que dans les pays occidentaux.

Il est important de souligner que l’Éthiopie utilise le calendrier grégorien (année de 13 mois) et que le jour est divisé en deux périodes de 12 heures chacune, une pour la journée et l’autre pour la nuit. Par exemple, tenir une réunion à 9 heures du matin signifie 15 heures de l’après-midi; ou une invitation à dîner à 8 heures signifie 2 heures du matin. Cela peut créer de la confusion de temps en temps et il est nécessaire de confirmer les horaires sur lesquels on s’est entendu.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les Éthiopiens accordent beaucoup d’importance aux études, à l’expérience de travail et aux relations interpersonnelles. Ils apprécient les travailleurs qui sont assidus au travail et qui sont intelligents. Les bons directeurs qui délèguent des responsabilités et qui favorisent le travail en équipe sont très appréciés de leurs collègues.

La plupart des bureaucrates ont au moins un diplôme d’études collégiales. Ils sont assidus au travail, dévoués, réceptifs aux idées nouvelles et désireux de parfaire leurs connaissances, mais il y une limite à ce qu’ils peuvent réussir à faire. Leur efficacité dépend du pouvoir décisionnaire qui leur est délégué, de l’accès qu’ils ont aux autorités ainsi que des ressources humaines et financières disponibles.

L’économie éthiopienne est en large partie tributaire de l’aide étrangère et les expatriés sont associés à la continuité de l’aide. C’est pour cette raison qu’ils sont tenus en haute estime, mais non craints. Dans la plupart des cas, les expatriés viennent en Éthiopie pour occuper des postes de conseillers et d’experts dans des secteurs où il existe un besoin et on s’attend d’eux qu’ils soient compétents et productifs et qu’ils se distinguent dans leur secteur de compétence.

Les Éthiopiens expriment leur insatisfaction de diverses façons et certains disent franchement ce qu’ils pensent lorsqu’ils ont l’occasion de le faire. D’une façon générale, vous pourrez observer un changement d’attitude chez vos employés éthiopiens lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec une décision, soit une baisse du rendement ou des actions personnelles. L’acceptation des ordres et consignes ne signifie pas pour autant qu’ils les approuvent. Si vous désirez obtenir leur approbation, vous devez la demander d’une façon bien claire. Puisque les Éthiopiens respectent les personnes investies de l’autorité et dans une certaine mesure les craignent, ils donneront leur consentement même lorsqu’ils ne sont pas d’accord.

Point de vue canadien :

La société éthiopienne est axée sur la classe et le statut personnel est plus souvent attribué que mérité par la qualit&eaccute; du rendement ou d’autres raisons professionnelles. Le statut personnel peut dépendre de la richesse de la famille, du genre de compagnie pour laquelle on travaille, de ses réalisations à l’école ou en milieu de travail, des liens avec des personnes influentes sur le plan politique ou économique, etc.

Selon l’opinion d’un « étranger », les Éthiopiens trouvent le concept de leadership difficile à cerner. En raison du passé impérial éthiopien, les modèles féodaux et les concepts de leadership sont enracinés à la fois dans le passé et dans le présent. Selon mon expérience, les qualités suivantes sont peut-être les plus recherchées en ce qui a trait aux relations entre la direction et les employés : le leader doit être ferme mais compréhensif; il doit prendre des décisions et se montrer respectueux à l’égard des employés. La direction est parfois associée au pouvoir (et l’abus de pouvoir n’est pas inhabituel). Toutefois, le leader admiré est celui qui montre l’exemple.

Les expatriés tendent à être placés dans une catégorie distincte. En général, ils font l’objet d’un respect quasi immédiat en milieu de travail, parce que ce sont des étrangers; cela se rattache à la tradition éthiopienne de se montrer accueillant à l’égard des visiteurs.

Bien que les Éthiopiens puissent exprimer directement une idée ou un avis sur une question technique, ils sont beaucoup plus réservés lorsqu’ils doivent formuler une opinion sur une personne, particulièrement s’il s’agit d’une opinion négative. Il est difficile de savoir ce que les gens pensent de vous car les Éthiopiens ont tendance à cacher leurs vrais sentiments. Si un employé sent qu’il doit exprimer une opinion sur quelqu’un d’autre, il la partagera avec d’autres, mais pas directement avec vous. Il peut aussi formuler une remarque énigmatique qui pourrait être interprétée de différentes façons de manière à n’offenser personne.

Les étrangers ne comprennent pas souvent le sens réel des intrigues qui caractérisent la vie en milieu de travail, en partie parce qu’elles sont délibérément cachées, et en partie parce que les étrangers parlent peu les langues locales ou ne comprennent pas RÉELLEMENT la culture éthiopienne.

Les expatriés sont respectés pour leur travail ardu, tant qu’ils ne marchent pas sur les « pieds de quelqu’un » ou qu’ils ne sont pas impolis ou injustes. Toutefois, les traits personnels sont tout aussi importants. Savoir se montrer amical et compréhensif, savoir écouter et montrer qu’on s’intéresse au pays et à son peuple sont des atouts. Si vous passez trop de temps collé à votre ordinateur, vous n’établirez pas de solides relations de travail.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Il s’agit d’une question très difficile à laquelle répondre et ma réponse dépendra du lieu de travail et de l’incidence politique et économique de la décision. Dans les cercles gouvernementaux, la plupart des décisions sont généralement prises par les personnes haut placées dans la hiérarchie qui ne perdent jamais de vue l’angle politique. Qu’est-ce cela sous-tend au niveau politique ? Qui est le bénéficiaire ? Comment cela affectera-t-il l’opinion publique ? Quelles seront les incidences sur les relations futures? La priorité est accordée aux alliés politiques. Le public a peu d’influence dans les affaires du gouvernement.

Dans le secteur des petites entreprises, ce sont les propriétaires qui ont le dernier mot et qui prennent les décisions puisque celles-ci auront une incidence sur le profit et les bénéfices à long terme. Dans les secteurs public et privé, les idées techniques sont générées par les technocrates, mais leur mise en œuvre dépend de l’accès qu’ils ont aux cadres supérieurs et aux ressources requises.

Si la plupart des Éthiopiens ne manquent pas de souligner les erreurs des autres, ils sont plus lents à exprimer leur appréciation. Ils n’acceptent pas facilement la critique et il faut mettre des gants blancs lorsque vient le temps d’exprimer des opinions concernant le travail ou le style de vie d’un Éthiopien.

En règle générale, il n’y a pas de problème à consulter son supérieur immédiat pour obtenir des réponses à ses questions ou de la rétroaction, mais il y a des cas où les décisions sont prises par la haute direction et le supérieur immédiat peut ne pas être en mesure de vous répondre.

Point de vue canadien :

Les principes régissant la prise de décision varient considérablement, en partie à cause de l’expérience passée de l’Éthiopie en matière de leadership. À cet égard, la dynamique en milieu de travail peut être considérablement modifiée lorsqu’un expatrié fait son apparition parmi le personnel, surtout dans un poste de gestion. Le processus de prise de décision descendant est jugé normal et est une pratique courante. Néanmoins, si on a été exposé à d’autres modes de prise de décision, on pourrait ressentir de la frustration face à cette approche autocratique. Favoriser un environnement de travail collégial est un réel défi, mais les employés éthiopiens en comprennent et en acceptent le principe. Toutefois, il faut se rappeler que les modes de pensée traditionnels peuvent constituer un obstacle. Maintenir le statu quo, surtout si son poste dans l’organisme pourrait être en jeu, est une préoccupation.

Les idées sont habituellement communiquées par les personnes de statut et de rang élevés dans l’organisation. Les employés de niveau inférieur peuvent avoir des idées, mais ils n’aiment pas les exprimer par crainte qu’elles soient mal interprétées (ou vues comme une menace) aux niveaux supérieurs de l’organisation. Nombreux sont ceux qui se souviennent de la répression des idées et des initiatives sous le gouvernement « Dergue » (de 1973 à 1991).

Dans les plus petites organisations où les gens se connaissent, l’approche est beaucoup moins hiérarchique. Les grandes entreprises sont généralement hiérarchisées, ce qui est un obstacle à la prise de décision rapide.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
Les femmes éthiopiennes travaillent dans la production et la distribution de biens et de services, mais la majorité des femmes ne sont pas adéquatement rémunérées pour leur contribution au développement économique et au bien-être de la société. Même à Addis Ababa et parmi les couches instruites et libérales de la société, les opinions des hommes ont plus de poids que celles des femmes. En milieu de travail, les femmes éthiopiennes reçoivent le même salaire que les hommes pour compétences, études et travail égaux, mais les hommes semblent favorisés au niveau des promotions. Les femmes sont perçues comme des personnes douces et délicates et ne sont pas jugées aptes à prendre des décisions difficiles et à assumer des responsabilités posant un certain danger.

Religion :
L’Ethiopie est un pays multiconfessionnel qui est dominé par deux religions – l’Église orthodoxe éthiopienne et l’islam. Quatre-vingt-quinze pour cent de la population pratique l’une ou l’autre de ces deux religions. Il n’y a eu jusqu’ici aucun conflit religieux important au sein des grandes villes, quoiqu’il arrive parfois que dans certaines régions la pensée orthodoxe et les tendances d’extrême droite soient influencées par des forces externes.

Classe sociale :
Il est difficile d’affirmer qu’il existe des classes dans la société éthiopienne et plus particulièrement depuis l’abolition du système de tenure et de la révolution de 1974. Cependant, la société éthiopienne est une société très hiérarchisée et la fortune suscite le respect et la reconnaissance. Le rôle des leaders de la communauté et des anciens n’est plus ce qu’il était dans le milieu urbain, mais il est encore très présent en milieu rural.

Origine ethnique :
L’Éthiopie est une société multiethnique. La structure actuelle du gouvernement – une fédération d’États ethniques – a créé encore plus de tension. Il est de notoriété publique que les personnes qui appartiennent au groupe ethnique au pouvoir jouissent d’un meilleur accès aux services et peuvent faire bouger les choses beaucoup plus rapidement que les autres.

Le sexe et la religion exercent une influence limitée en milieu de travail. Par ailleurs, l’origine ethnique peut avoir une incidence sur le milieu de travail, et plus particulièrement lorsqu’elle permet de créer des liens privilégiés avec un directeur ou un superviseur. Cette situation peut limiter l’interaction et la tolérance entre les collègues de travail et a pour effet d’isoler ceux qui appartiennent à d’autres groupes ethniques. L’appartenance ethnique cause un problème de taille dans l’Éthiopie d’aujourd’hui et est utilisée comme une avenue pour accéder au pouvoir et obtenir des privilèges.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
L’Éthiopie est une société patriarcale traditionnelle. Les femmes ont un solide caractère et font une contribution importante au bien-être du ménage et de la communauté. Toutefois, elles vivent dans l’ombre du mâle dominant. Certains ministères du gouvernement et la collectivité des ONG en général travaillent à la suppression des stéréotypes rattachés au sexe. Une femme peut très bien être d’un « rang » supérieur, mais si des hommes désirent se faire servir à manger, ils s’attendront à ce que la femme le fasse. On peut le voir dans certaines situations où les gens se moqueront même de la division stricte du travail selon les sexes.

Les femmes s’occupent principalement du ménage et des enfants, ce qui peut être très difficile lorsqu’elles ont aussi plusieurs attentes à satisfaire au travail; la prise en compte de ce double ou triple fardeau est très appréciée.

Au cours de réunions ou en groupe, les femmes sont souvent silencieuses, que ce soit en régions rurales ou urbaines. Il est donc essentiel d’accorder une attention particulière à ce genre de situation et de trouver les moyens de permettre aux femmes de s’exprimer. Il peut exister des politiques administratives fondées sur le sexe qui peuvent être très difficiles à comprendre pour un étranger. Il faut donc s’efforcer d’établir une bonne communication avec les employés et les employées dès le début et garder l’oeil pour voir ce qui se passe.

Religion :
La vie spirituelle du ménage et de la communauté est un aspect fondamental de la société éthiopienne. La dimension que revêtent la foi et les facteurs du monde spirituel jouent un rôle considérable dans la vie des gens, qu’ils soient de foi musulmane ou chrétienne (l’Église orthodoxe éthiopienne est la plus ancienne des églises chrétiennes au monde) ou qu’ils pratiquent les religions traditionnelles. Il est important de comprendre la place que tient Dieu dans la vie de vos collègues… et de respecter les rites de leur culte. Par exemple, les chrétiens orthodoxes ne consomment pas de produits d’origine animale le mercredi et le vendredi (jours de jeûne). Il est essentiel d’accepter ces règles. Les discussions sur des questions religieuses sont très décontractées, mais à la façon dont les choses se passentdans le monde aujourd’hui, mieux vaut être prudent.

Classe sociale :
L’Éthiopie est une société très stratifiée. Naturellement, les Éthiopiens qui ont été exposés à une « influence occidentale » peuvent ne pas souscrire au maintien de ce type de société. Ni la révolution marxiste-léniniste des années 1970, ni l’endoctrinement de toute une génération d’enfants d’âge scolaire n’ont réussi à éliminer les liens d’identité fondés sur le statut déterminé par la richesse ou la lignée.

Origine ethnique :
L’Éthiopie est une riche mosaïque de groupes ethniques (quelques 85 groupes – grands ou petits). Il existe aussi une distinction entre les « sociétés des hautes terres » et les « sociétés des basses terres ». Certains groupes font remonter leurs origines aux influences bantoues sub-sahariennes ou nilotiques. D’autres groupes trouvent leurs origines dans les influences Kusch et moyen-orientales. Les peuples des hautes terres forment le gros de la population, que dominent en nombre les Galla (certains sont aussi des habitants des terres basses); les Amhara et les Tigré. Récemment, le parti au pouvoir a promulgué une nouvelle constitution fondée sur le « régionalisme ethnique ». Certains critiques affirment que cela a entraîné la politisation des origines ethniques.

Il n’est pas approprié de demander directement à quelle origine ethnique appartient votre interlocuteur. Nombre d’Éthiopiens réalisent que de telles divisions ne contribuent pas à la paix et au développement du pays et n’aiment pas la façon dont le gouvernement au pouvoir a fait de l’origine ethnique une question politique. Naturellement, les ressentiments entre les groupes ethniques existent, mais ils sont très personnels et cachés. Il est bon de toujours soutenir le concept d’unité nationale et de mettre l’accent sur les moyens d’établir des ponts, plutôt que de les détruire. La question linguistique peut se poser, mais on peut justifier d’avoir choisi d’apprendre l’amharique par le fait qu’il s’agit de la langue nationale. Il vaut la peine aussi d’apprendre quelques mots dans d’autres langues si les contacts avec d’autres peuples sont fréquents.

Il est évident que toutes les caractéristiques ci-dessus influent sur la dynamique en milieu de travail. Les attitudes à l’égard de ces questions sont particulières aux situations ou aux circonstances et, par conséquent, il est difficile de généraliser. Habituellement, il existe plusieurs dynamiques qui peuvent rendre le milieu de travail agréable ou difficile. Il est important d’établir des mécanismes permettant de comprendre une partie de cette dynamique. Le travail est important aux yeux des gens qui ont généralement une famille nombreuse et étendue à soutenir et qui n’ont pas de sécurité sociale (assurance-chômage). Il faut donc encourager l’entraide au bureau et aider les employés à améliorer leur performance. Il faut aussi être attentif aux facteurs qui ne dépendent pas des capacités des employés (comme le groupe ethnique ou le sexe de la personne), mais qui ont une incidence sur la productivité.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est très important d’entrer en relation personnelle avec les collègues de travail et les clients si l’on veut arriver à quelque chose. On peut établir une bonne relation avec les Éthiopiens en gagnant leur confiance, en démontrant du respect à leur endroit, en écoutant ce qu’ils ont à dire et en essayant de voir les choses de la façon dont ils les voient. L’environnement politique et économique du pays n’est pas toujours propice à l’acceptation des points de vue des expatriés et à une accélération des activités pour répondre à leurs attentes. Les Éthiopiens accordent beaucoup d’importance aux relations personnelles et feront tout ce qui est humainement possible de faire pour aider un ami et même un pur étranger.

Une occasion sociale ou un environnement qui permet de parler d’autre chose que le travail peuvent favoriser l’établissement d’une relation personnelle. On peut, par exemple, prendre un café ou le déjeuner avec des collègues. Il est normal de voir des Éthiopiens s’arracher l’addition du café ou du repas du déjeuner – tout le monde voudra payer. Certaines personnes se montrent offusquées lorsque leurs invités offrent de payer l’addition. Pour éviter cela, vous pourriez dire « Viens, je t’offre le café » »Viens, je te paie le déjeuner » plutôt que « sortons pour le déjeuner » pour ensuite s’obstiner pour payer l’addition.

Point de vue canadien :

La dynamique des relations est extrêmement importante dans tous les aspects de la vie, qu’il s’agisse d’un voisin, d’un client ou d’un collègue. Il est impoli d’entamer des discussions d’affaires directement, sans présentation adéquate et « menus propos ». Les gens qualifient cela d’« approche occidentale typique ». Des longues formalités de présentation et une brève discussion portant sur des questions d’intérêt personnel allégeront l’atmosphère et seront, ultérieurement, plus propices à des discussions d’affaires. Pour paraître cultivé et sensible envers votre interlocuteur, vous devez montrer de l’intérêt à son égard et vous détacher totalement de l’affaire qui vous réunit.

Il sera toujours payant de consacrer du temps à des collègues ou à des clients et d’accepter leurs efforts pour établir un contact. Même si l’événement social vous paraît un peu embarrassant au début, votre présence sera très appréciée. Notez aussi que la gentillesse est toujours admirée parmi les Éthiopiens. Les relations sociales sont un facteur clé pour obtenir que les choses se fassent car les gens aiment mieux traiter avec les gens qu’ils connaissent et qu’ils respectent.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Les Éthiopiens accordent plus d’importance au respect mutuel, à la compréhension et aux relations de travail qu’ils n’en accordent au traitement privilégié. Les Éthiopiens respectent les règles et les règlements dans la mesure où ils s’appliquent à tous. Il vaut beaucoup mieux ne pas accorder un traitement préférentiel à une personne si vous travaillez en équipe. L’octroi d’un traitement préférentiel à une ou deux personnes risque de causer de la frustration chez les autres et de nuire à la relation de travail au sein de l’organisation. Toutefois, le chômage est un problème important et la plupart des gens ont une connaissance ou un parent qui est sans emploi. Beaucoup d’Éthiopiens sont bien ouverts à la pratique d’embaucher un membre de la famille ou un ami.

Les Éthiopiens vivent une vie collective en ce sens qu`ils partagent leurs problèmes et qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour soulager les problèmes des autres.

Point de vue canadien :

L’Éthiopie est un pays pauvre. À de rares exceptions près, vos collègues ou vos employés éthiopiens viendront de milieux modestes. Si des collègues immédiats sont mieux nantis que d’autres, vous devrez vous attendre à ce qu’ils soient considérablement sollicités par des parents proches ou éloignés qui ont besoin d’un soutien économique. Les étrangers sont vus comme des gens riches et privilégiés. Par conséquent, si un Éthiopien réussit à obtenir un emploi dans un organisme qui emploie des étrangers, cela laisse automatiquement supposer que ses chances d’avoir un meilleur salaire et de meilleurs avantages ont considérablement augmenté. Les gens présumeront aussi que des relations personnelles bien établies ne seront pas du type « patron/client ». Les expatriés auront donc avantage à éviter d’accorder des privilèges spéciaux ou un traitement particulier dans le contexte d’une relation professionnelle, parce que cela pourrait être facilement mal interprété. Toutefois, vous pourrez vous sentir libre d’accorder un traitement préférentiel dans le contexte d’une relation amicale.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Il est préférable de confronter un collègue en privé plutôt qu’en public. Vous pouvez voir si un collègue a quelque chose à vous reprocher de par son langage corporel et ses actions. La plupart du temps, les Éthiopiens éviteront de rencontrer la personne avec qui ils ont un conflit ou de lui parler. Il faut alors demander s’il y a quelque chose qui les agace et les raisons pour lesquelles ils prennent leur distance. Les Éthiopiens parlent lorsque l’occasion s’y prête. Il est bon de se souvenir que les Éthiopiens ont beaucoup d’occasions de se rencontrer socialement en dehors du milieu de travail comme, par exemple, des mariages, des funérailles, des congés fériés, etc., et, ils peuvent discuter du travail. Il faut donc évider de « parler dans le dos de ses collègues », car cela pourrait avoir des conséquences négatives.

Point de vue canadien :

Un problème entre collègues doit être traité avec finesse et diplomatie. Si vous êtes un étranger dans un rôle de superviseur, vous avez la liberté d’aborder le problème avec l’employé. Toutefois, une confrontation directe, qui est une approche conflictuelle, est découragée. Les problèmes de rendement et de comportement doivent être abordés en privé. Avec les collègues de travail, il est souvent possible de résoudre les problèmes si chacun peut présenter son point de vue – ce qui peut-être très sain. Dans de tels cas, vous devez être prêt à écouter et à vous montrer souple pour trouver une solution. Les choses peuvent être clairement exprimées; par exemple, vous pouvez mentionner quelques mesures susceptibles de résoudre le problème.

Comme il a été mentionné ci-dessus, les étrangers sont généralement traités différemment que ne le sont les Éthiopiens entre eux. Les étrangers vivent dans une sorte de coquille qui les protège des réalités du monde réel. Cela fait qu’il vous sera difficile de savoir si votre comportement peut offenser ou si votre rendement laisse à désirer. Si vous voulez réellement savoir ce que les gens pensent de vous, vous devrez faire l’effort de briser cette coquille protectrice.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les Éthiopiens mettent leur fierté dans ce qu’ils font et en conséquence accordent beaucoup d’importance à la satisfaction professionnelle et à la qualité de l’environnement de travail. Ils veulent également être bien rémunérés, appréciés pour leur travail et investis de la confiance des autres. La confiance est un élément important dans la communauté éthiopienne.

Point de vue canadien :

Les considérations financières sont toujours (comme partout dans le monde) un facteur prédominant de l’équation de ce qui motive les employés. Travailler pour un organisme d’« aide » signifie que les employés locaux peuvent toujours bénéficier de taux de rémunération supérieurs et de meilleurs avantages. Cela tend à déformer les choses, en attirant des personnes qui ne conviennent pas aux emplois qu’elles occupent. L’un des défis des gestionnaires de projets d’aide est de promouvoir un esprit de loyauté à l’égard de l’organisme et l’engagement envers les buts et objectifs à atteindre. En général, les Éthiopiens ont la réputation d’être de gros travailleurs, honnêtes et fiables. Dans un environnement où règne la confiance mutuelle, où il existe une possibilité de croissance et d’enrichissement personnels et professionnels, où les fonctions et les pouvoirs délégués sont clairement définis, les employés peuvent être très motivés et créateurs. Le respect acquis pour son travail est important. À l’instar de toute autre culture, les gens diffèrent quant à ce qui les motive. S’il y a très peu de choses pour les motiver au travail, la seule nécessité de garder leur emploi peut être un élément de motivation. Autrement, les possibilités d’amélioration de leur condition, comme le fait de pouvoir étudier à l’étranger, peuvent être aussi très motivantes.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres : Je vous suggère de lire les livres suivants avant de vous rendre en Éthiopie : Ethiopian History, du Prof. Bahiru; Wax and gold: Tradition and Innovation in Ethiopian Culture, de Donald N. Levine; Ethiopian Review of Culture, du Dr Aba Tekle Haimanote; Ethiopian Civilisation, de Belay Gideye; Ethiopian Engraved et The Ethiopian, du Dr Richard Pankhurst; The Sign and Seal, de Graham Hancock; Ethiopia of Beaten trail, de John Graham; Travel in Ethiopia, d’Alivero et The Emperor: Downfall of an Autocrat, de Ryszard Kapuscinski.

Sites Internet: http//www.cyberethiopia.com – liste de tous les sites concernant l’Éthiopie; http//www.ethiopiafirst.com – liste de tous les sites présentant des nouvelles concernant l’Éthiopie; http//www.addistribune.com.

Point de vue canadien :

Pour avoir une belle perspective historique de l’Éthiopie, lisez l’ouvrage de Kapuchinsky The Emperor. Je recommanderais aussi The Wax and the Gold, de Levin, qui décrit très bien la riche culture éthiopienne, et Sign and the Seal, de Graham Hancock, un ouvrage fascinant où l’auteur cherche à déterminer si l’Arche d’alliance (telle que décrite dans la Bible) se trouve en Éthiopie. Il est possible de visiter tous les sites mentionnés dans le livre et de rencontrer des personnes qui connaissent l’auteur. Meskal est rédigé du point de vue d’une famille grecque qui vit en Éthiopie au cours du régime communiste (Dergue).

Autres livres : Jane Kurtz est une merveilleuse auteure pour enfants. Elle a écrit plusieurs livres en Éthiopie; mes favoris sont Storytellers Beads and Trouble. J’aime aussi Empress Taytu and Menilek II, de Chris Prouty, un livre volumineux mais qui présente une histoire très intéressante. Notes from a Hyena’s Belly, qui décrit comment les gens naissent et grandissent dans la partie Est de l’Éthiopie, est aussi facile à lire et intéressant. Yohaness G. Mariam vient tout juste de publier un merveilleux livre d’enfants intitulé Kilo Mamo.

L’Éthiopie, naturellement, a sa propre cuisine, qui jouit d’une grande réputation internationale. La plupart des grandes agglomérations urbaines du Canada ont des restaurants éthiopiens. Un excellent moyen de se familiariser avec la culture et le peuple éthiopien et de déguster ses plats cuisinés. Essayez injera et wot – l’aliment de base. Je préfère les aliments de jeûne – lentilles, légumes, choux locaux, pois, « shiro » qui est le plat le plus courant (pois chiches avec épices). J’aime aussi beaucoup le kitfo au fromage et les tibs.

Musique : J’aime écouter Aster.

Liens Internet utiles : Résumés de presse : http ://pressdigest.phoenixuniversal.com; Centre d’information Walta : www.waltainfo.com/; Afrique en direct : www.africaonline.com/; Renseignements sur l’Afrique : www.africaintelligence.com/;Réseau d’information au service du développement : www.devinet.org/; Services d’urgence d’Éthiopie : www.telecon.net.et/~undp-eue/; Réseau FEWS : www.fews.net/; Réseau d’information régional intégré des Nations unies : www.irinnews.org/; FAO : www.fao.org/; Programme alimentaire mondial : www.wfp.org/.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Endroits à visiter : Lalibela, Gonder, Axum, Tana/Bahir Dara, Harar City, Arba Minch – Nech Sare, les lacs de la vallé Rift, Sofomor à Balle, Semen Mountains et Awash Park.

Musées culturels et historiques à Addis : Bibliothèque nationale, Institut des études éthiopiennes de l’université d’Addis Ababa, Musée d’Addis Ababa, Musée national et église Entoto (Musée).

Restaurants : L’hôtel Ghion, Tukul, Crown, Fasika, Dashen, Blue Top, Top View, Castelli, Don Vito, Le Jardin (Pizzeria), l’hôtel Concord, Restaurant Honk Kong, Restaurant Cottage et Jacaranda à l’hôtel Hilton.

Journaux : Ethiopian Herald, Addis Tribune, Reporter, Fortune, Capital, and The Informer.

Cafés : London Café, City Café, Le Nôtre, Parisian, et Purple.

Galeries d’art : Galerie St. George, Galerie Goshu, et Galerie Asni.

Fêtes : Épiphanie et Demera.

Point de vue canadien :

Il y a de nombreux événements culturels à Addis Ababa qui sont extrêmement intéressants. On y offre aussi des conférences hebdomadaires données par différentes personnes. Certaines institutions présentent des expositions permanentes telles que le Musée ethnographique de l’université. Un bulletin mensuel nouvellement publié, intitulé « What’s Up », publie tous les événements à venir. Il est exceptionnel! Il y a aussi plusieurs journaux privés – quotidiens et hebdomadaires – qu’il faut lire absolument. Si vous trouvez un bon professeur d’amharique, il peut aussi vous servir d’interprète culturel. Il est possible également de faire des excursions d’un jour, d’aller au marché, de visiter des églises et des lieux historiques et culturels d’importance.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Actuellement, ce sont les athlètes éthiopiens qui sont nos héros nationaux. Même si beaucoup d’autres personnes mériteraient d’être considérées comme des héros nationaux, aucune n’est aussi populaire que ne le sont les athlètes. Les Éthiopiens manifestent beaucoup de respect à l’endroit de leurs athlètes parce qu’ils représentent leur pays sur la scène internationale.

Point de vue canadien :

Un héros évident est Haile Gebre Selassie – le coureur olympique de fond qui a gagné plusieurs rencontres dans le monde. Il y a aussi d’autres coureurs. Tous viennent de milieux modestes et de régions rurales. Ils ont acquis leur réputation en travaillant fort, et ils sont très respectés et admirés. Hale est aussi connu pour sa compassion envers les pauvres du pays.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Je ne connais aucun incident négatif. (Certains se souviendront de la déclaration du Premier ministre canadien durant l’invasion du pays par l’Italie, mais pour ma part je ne m’en souviens pas).

Point de vue canadien :

Bien que le Canada et l’Éthiopie ne partagent pas d’événement historique, les Éthiopiens respectent et admire le Canada qu’ils considè comme un modèle de réussite et de prospérité sur la scène internationale. Les Canadiens sont admirés pour leur générosité et leur humanitarisme.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Personnellement, je n’en connais aucun.

Point de vue canadien :

Le reste du monde considère souvent l’Éthiopie comme un pays qui a perpétuellement besoin d’aide en matière de développement ou à cause de catastrophes naturelles – particulièrement depuis les sécheresses et les famines interminables. Les Éthiopiens savent que le monde a cette image d’eux et sont donc très susceptibles en ce qui a trait de cette partie de leur histoire et de la situation actuelle.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né à Edmonton (Alberta, Canada), aîné d'une famille de deux enfants. Il a grandi à Beaverlodge (Alberta) et mené des études en sociologie à Edmonton. Il a ensuite fait des études en développement international et obtenu une maîtrise en sciences en planification du développement rural et éducation permanente, à l'Université de Guelph. Il a travaillé pour la première fois à l'étranger en tant que bénévole employé par Carrefour Canadien International au Népal pour y enseigner l'anglais. Plusieurs années plus tard et, après avoir voyagé dans divers pays, votre interprète culturel s'est installé en Éthiopie en 1994, où il vit et travaille depuis pour des organismes comme Oxfam, CARE et SCF, tout en faisant du bénévolat dans le domaine de la création de capacités. Il est père de deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Edmonton en Alberta, l'aîné d'une famille de deux enfants. Il a grandi à Beaverlodge et a fait des études en sociologie à Edmonton. Il a ensuite fait des études en développement international et a obtenu une maîtrise en planification du développement rural et éducation permanente à l'Université de Guelph. Il a travaillé pour la première fois à l'étranger en tant que bénévole pour Carrefour Canadien International au Népal pour y enseigner l'anglais. Plusieurs années plus tard et, après avoir voyagé dans plusieurs pays, votre interprète culturel s'est installé en Éthiopie en 1994, où il vit et travaille depuis pour des organismes comme Oxfam, CARE et SCF, tout en faisant du bénévolat dans le domaine de la création de capacités. Il est père de deux enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.