Géorgie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Les Géorgiens sont fiers de leurs traditions et de leurs coutumes nationales et ils s'attendent à ce que leurs invités les suivent.

Lorsque vous rencontrez un Géorgien pour la première fois et que vous désirez lui faire une bonne impression, la connaissance de la politique géorgienne vous sera très utile. Vous pourrez comparer le système politique géorgien à celui du Canada et cela pavera le chemin pour d'autres sujets de discussion, tel que le système d'éducation et la famille.

Depuis la dislocation du bloc soviétique, plusieurs Géorgiens qui dépendaient de l'économie centralisée planifiée soviétique ont perdu leurs emplois et leurs revenus. L'écart entre les riches et les pauvres n'a pas augmenté. Par conséquent, leur poser des questions au sujet de leur revenu personnel, pourrait les offenser. Depuis la fin de l'ex-Union soviétique, l'infrastructure géorgienne a souffert et les habitants de Tbilisi, capitale de la Georgie, sont très fiers de leur ville.  Ils ont assisté à un arrêt quasi total du système de transport, et de la détérioration des infrastructures immobilières. Par conséquent, évitez de formuler des commentaires négatifs sur Tbilisi.

Les Géorgiens aiment l'humour, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'ils comprennent le vôtre. Comme la plupart des plaisanteries et des anecdotes sont difficiles à traduire, vous pourrez manquer leur sens et leurs " drôleries ".

Point de vue canadien :

Les sujets de conversation concernant la famille, le travail et la culture locale sont acceptables. Les discussions sur les chalets d’été de quelques résidents de Tbilisi peuvent conduire à de merveilleuses excursions dans les régions rurales de la Georgie. Il est aussi possible de parler de vin (la Georgie est renommée pour ses vins de l’ancienne Union soviétique), ses aliments (elle possède ses propres qualités culinaires),  les chants et les danses traditionnelles, l’histoire, les diverses cultures géorgiennes, la poésie, etc. Vous pouvez rapidement gagner la faveur de vos hôtes en les félicitant pour leur khachapuri,  plat géorgien fait de pain cuit au four et de fromage local. Tous ceux qui vous offriront leur khachapuri vous diront que c’est le meilleur au pays. En général, les Géorgiens sont relativement bien instruits et seront heureux de parler avec vous de divers sujets. L’hospitalité géorgienne est réputée et bien que les Géorgiens soient un peu prudents envers les étrangers, il ne leur faut pas beaucoup de temps pour plaisanter et se préoccuper des visiteurs étrangers.

Vous pouvez poser des questions sur l’ex-Union soviétique, mais je vous recommande de vous montrer prudent lorsque vous parlez des relations contemporaines avec la Russie. Les relations russo-géorgiennes ont été difficiles pendant longtemps à cause du soutien de la Russie apporté aux régions semi-autonomes de l’Ossettie du Sud et de l’Abkhazie; la présence de bases militaires Russes en Georgie et les allégations russes à l’effet que la Georgie protège des rebelles tchétchènes dans les montagnes du nord du Caucase. La Georgie est un pays de minorités ethniques qui comprend un grand nombre d’Arméniens et un petit nombre d’Azéris et de Russes. Joseph Stalin est né dans la ville géorgienne de Gori et est encore un héros aux yeux de quelques Géorgiens. 
Vous pouvez certainement utiliser de l’humour avec les Géorgiens, ce ne sont pas des gens stoïques ou fermés. Ils aiment se moquer des gens de la Georgie de l’Ouest et en particulier de leur amour apparent envers les mulets.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Les communications orales en Georgie sont cruciales pour mener des affaires ou dans les relations quotidiennes. Au premier contact, commencez par un serrement de mains (qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme). Si vous êtes familier avec la personne que vous rencontrez, vous pouvez l’embrasser sur chaque joue. Vous pouvez vous tenir à une distance assez courte lorsque vous parlez.  Le contact visuel est très important.

Le voisinage traditionnel georgien est un complexe de plusieurs maisons attachées les unes aux autres et ils partagent une cour commune où les résidents se rencontrent quotidiennement pour bavarder, prendre un café, jouer aux échecs, au backgammon, au domino ou au nardyi. Des conversations se tiennent à des distances très proches. Toucher quelqu’un est aussi acceptable. Il est courant de voir deux hommes ou deux femmes amis (es) se tenir par la main lorsqu’ils marchent dans la rue.  Étant étranger, vous n’avez pas à suivre cette habitude.

Les Géorgiens utilisent beaucoup les gestes de la main, par exemple, le pouce dressé, qui signifie que vous aimez ce que vous faites ou ce que vous voyez (que les aliments sont bons, le film est formidable).

Point de vue canadien :

La distance acceptable, lorsque vous parlez à quelqu’un, est un peu plus petite que celle acceptée au Canada, mais pas trop proche. Le contact visuel avec les collègues ou lors de réunions sociales n’est pas un problème. Le contact visuel avec les étrangers ne pose pas de problème habituellement mais il n’est pas recommandé de faire de contact visuel avec des gens de moralité douteuse dans la rue.

Les Géorgiens qui se connaissent se saluent en s’embrassant sur les deux joues, quoique cela soit plus fréquent entre femmes, qu’entre hommes. Le serrement de mains est courant et acceptable, mais un étranger peut embrasser ses amis et collègues géorgiens s’il les connaît bien. Il est peut-être plus acceptable pour un homme étranger de n’embrasser que les femmes et de serrer la main des hommes. Les femmes peuvent embrasser d’autres femmes et serrer la main des hommes.
Toucher les interlocuteurs lorsque l’on discute n’est pas rare parmi les Géorgiens qui se connaissent bien. Souvent, les femmes marchent en se tenant par les bras ou les mains, ce que font aussi les hommes qui ont entre eux des liens d’amitié. Il peut être difficile d’accepter qu’une femme ou un homme passe son bras sous le vôtre, mais cela signifie que vous êtes accepté. Les Géorgiens font beaucoup de gestes lorsqu’ils parlent, ce qui peut les rendre très agités aux yeux de ceux qui ne les connaissent pas. Le geste de la main « excellent » ou « c’est bien » doit être évité. Il est aussi préférable d’éviter le geste d’accueil avec la paume vers le bas ou vers le haut.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les Géorgiens sont d’un tempérament « très sanguin ». Il est courant de voir des parlementaires se battre à coups de poing au Parlement. Il est cependant impoli de montrer sa colère en public envers les femmes et les personnes âgées, ce qui pourrait amener l’intervention de passants pour défendre la victime. Les Géorgiens aiment exprimer leurs émotions en public. Par exemple, en milieu de travail, un employé peut partager ses sentiments en pleurant.

Point de vue canadien :

Les Géorgiens sont très animés durant les discussions. Les démonstrations publiques d’émotion sont courantes; on peut voir des Géorgiens s'engagés dans ce qui semble être des discussions coléreuses et mêmes sur le point de se porter des coups, mais  il ne s’agit que d’une simple discussion ou d’un débat. Les Géorgiens sont d’un caractère quelque peu « emporté » et ils sont facilement irritables à un degré peu commun au Canada. Certains ajustements doivent être faits. Les démonstrations d’affection publique sont rares. Les jeunes hommes et les jeunes femmes essaient de se rencontrer dans les parcs afin d'être seuls, et ils demeurent très discrets.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Le code d’habillement en milieu de travail est le complet ainsi que la cravate. Les chaussures sont aussi une partie intégrale de l’habillement. Elles doivent être bien cirées et présentables. Dans l’ensemble, les Géorgiens accordent beaucoup trop d’attention à leur habillement.

On s’adresse aux collègues en utilisant leurs prénoms. Le superviseur est appelé principalement Monsieur ou Madame. Vous pouvez vous adresser à vos collègues (s’ils sont plus âgés) et aux superviseurs en les appelant par leurs premier et deuxième noms (le deuxième nom est le nom du père).

Les heures d’ouverture des bureaux sont de 8 ou 9 h à 17 ou 18 h, entrecoupées d’une pause-repas d’une heure. Certains commerces et organismes ferment à 13 h pour le repas. Il est très courant de partager son repas durant les heures de lunch. Les Géorgiens sont en général ponctuels. Les délais sont habituellement établis dans l’espoir qu’ils seront observés.

Point de vue canadien :

L’habillement n’est pas aussi formel qu’au Canada. La Georgie est un pays très pauvre donc on y trouve très peu de personnes bien habillées, d’après les normes canadiennes.  Les vestes sont courantes chez les hommes et une cravate n'est pas toujours nécessaire, à moins de devoir se rendre à un rendez-vous officiel d’affaires avec un représentant du gouvernement. Les pantalons et la chemise sont appropriés pour les femmes. Une tenue qui se situe entre un habillement complet et veston ordinaire et formel est acceptable pour les hommes et les femmes.

Le « temps » est très différent en Georgie qu’au Canada et dans la région du sud du Caucase. La journée de travail commence le plus tôt vers 10 h et le plus souvent près de 11 h, et se termine tard en soirée. La ponctualité est importante, mais les retards sont ignorés. Règle générale, il est préférable d'être ponctuel.
Les Géorgiens sont des gens qui travaillent fort pour des simples raisons de survie. La plupart des membres d’une famille sont capables de se trouver du travail. Il n’est pas rare de voir une grand-mère vendre des arachides ou des graines de tournesol pour quelques pièces de monnaie, tard dans la nuit froide, afin de contribuer au revenu de sa famille.  Les Géorgiens qui travaillent dans un bureau ont tendance à faire de longues heures et  ils vont même travailler durant les fins de semaine, si cela est nécessaire. Quitter le travail trop tôt soulève la suspicion.  Ils ont aussi tendance de venir travailler, même lorsqu’ils sont malades, plutôt que de s’absenter. Au travail, il est conseillé d'adopter l’éthique des Géorgiens, autant que possible.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

L’instruction et l’expérience sont les deux plus importantes qualités recherchées chez un gestionnaire local. Un autre trait important, chez les gestionnaires géorgiens, est le réseau de contacts; de sorte que les tâches ou les travaux puissent être accomplis. Un autre facteur important est l’interaction sociale avec les subordonnés. Des gestionnaires solides et respectés sont invités à des réunions familiales ou à d’autres activités. Ces qualités sont aussi recherchées chez les expatriés, à l’exception du réseau de contact.

Point de vue canadien :

Les qualités les plus recherchées sont l’éducation, l’expérience et les contacts personnels. La Georgie est un pays encore très axé sur le clan et les rapports que l’on entretient avec les gens importants. Si le gestionnaire est un expatrié, les qualités recherchées sont identiques à celles que l’on recherche chez les locaux, mais on ne s’attend pas à ce qu’il ait le même réseau de contacts qu’un Géorgien. Les étrangers sont souvent recherchés parce qu’ils possèdent une plus grande expérience et qu’ils sont mieux instruits que les ressortissants locaux; bien que cela soit vrai dans certains cas, il est conseillé de ne pas s’en vanter. En tant que visiteurs, les étrangers doivent traiter leurs collègues de travail, avec respect et de façon équitable, sans aucune attente.  Certains Géorgiens réagissent mieux devant une personne autoritaire, mais une approche plus amicale ainsi que de bons rapports,  feront ressentir à tous qu’ils sont membres d’une même famille, ce qui permettra de développer un meilleur esprit d'équipe et ainsi  facilitera le travail.  Les Géorgiens sont des gens très fiers et même si les comparaisons avec les étrangers sont bien accueillies, il ne sert à rien de trop utiliser ces exemples, surtout s’il s’agit de pays limitrophes.

Il est difficile de déterminer ce qu’un employé pense d’un gestionnaire expatrié. Si l’employé géorgien ne traite que de questions de travail, cela veut peut-être indiquer des difficultés dans le milieu de travail.  Par contre, si l’employé géorgien est amical, semble satisfait de son travail et invite les étrangers à ses activités sociales, cela veut dire que le milieu de travail est bon. Si vous pensez que vous devez confronter quelqu’un, vous pouvez le faire, mais accordez plus d’importance au problème qu’à votre interlocuteur. Les Géorgiens ont tendance à avoir la peau « dure » et considèrent les étrangers comme trop sensibles.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les décisions sont prises uniquement par le propriétaire ou le gestionnaire. Les idées sont les bienvenues, mais il faut beaucoup de temps pour qu’elles soient approuvées (si elles le sont). Il est acceptable de consulter son superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction.

Point de vue canadien :

En général, les décisions sont prises et les idées sont générées au palier supérieur des organismes géorgiens puis sont transmises vers le bas à ceux qui mettent en œuvre les décisions. La prise de décision en groupe ou la consultation est rare. Une éthique de travail autonome est la plus courante, mais on peut poser des questions ou demander une rétroaction. Toutefois, on doit s’attendre à ce que les gens fassent leur propre travail.

Il ne semble pas y avoir beaucoup de communication entre les bureaux ou de partage d’informations entre les employés de bureau. Deux personnes peuvent faire le même travail, sans jamais le savoir.  Il n’existe aucun mécanisme de partage de l’information, alors c'est par accident qu'ils ont connaissance d’une activité. Les réunions du personnel sont une nouveauté en Georgie.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Sexe
La Georgie est une société contrôlée par les hommes principalement, bien que le rôle des femmes augmente. Au travail, les hommes ont l’avantage sur les femmes, en ce qui a trait aux promotions et à la rémunération.

Religion
Les Géorgiens sont principalement orthodoxes chrétiens. Soixante-dix années de communisme et de propagande anti chrétienne ont eu des effets négatifs sur le christianisme en Géorgie. Plusieurs églises ont été détruites ou converties en immeubles publics. Aujourd’hui, l’église orthodoxe géorgienne a très peu d’influence (pratiquement inexistante) dans les affaires de l’État. Il en résulte que la religion n’a pas d’influence dans le milieu de travail, mais certaines fêtes religieuses sont des jours fériés en Georgie.


Classe sociale
Après le démantèlement de l’URSS, l’intelligentsia (la personne moyenne) a virtuellement disparu. L’écart entre les riches et les pauvres a augmenté au cours des 15 dernières années. De grandes parties de la population sont pauvres. Il est plus difficile pour une personne d’une famille pauvre d’obtenir un emploi.

Ethnicité
L’appartenance ethnique est très importante en Géorgie. Il y a plusieurs groupes minoritaires et ethniques non géorgiens. Il en résulte que ces groupes ethniques cherchent à acquérir l’autodétermination qui menace la souveraineté de la Georgie. Je cite, comme exemple, le cas des Adjarians et des Abkhasians. La discrimination fondée sur l’origine ethnique est prévalente. Les emplois sont donnés d’abord aux Géorgiens puis aux autres groupes minoritaires.

Point de vue canadien :

Sexe :
La Georgie est encore un « monde d’hommes » bien qu’il y a de plus en plus de femmes au gouvernement, même au palier de prise de décision. Il n’en demeure pas moins que les hommes dominent au gouvernement, dans les affaires et la vie en général. Les femmes sont censées être « jolies » et sont typiquement liées à des travaux réservés aux femmes tels que les emplois de secrétaire et d’adjointe administrative. Dans l’ensemble, il existe une certaine sensibilisation aux questions de sexe parmi les femmes, mais cela est principalement considéré comme un phénomène occidental. Le divorce semble aussi courant que dans les pays occidentaux.

Religion :
L’église orthodoxe prédomine en Georgie et possède son propre patriarche. À cause des minorités ethniques en Georgie, il existe un nombre correspondant de groupes religieux minoritaires. Le groupe le plus prédominant est celui des orthodoxes arméniens et les musulmans. Il existe aussi une minorité juive relativement grande à Tbilisi et des religions païennes sont encore pratiquées par certains groupes de montagnards, isolés, qui ont survécu pendant les siècles. Certains cas de persécutions religieuses ont été signalés.

Classe sociale : 
En raison de la grande pauvreté qui sévit en Georgie, il n’existe qu’une très petite classe supérieure et classe moyenne. La majorité des Géorgiens appartiennent à la classe « inférieure ». Le statut est peut-être très important, cependant, certains Géorgiens aiment montrer leur richesse (voitures, vêtements, etc.) comme indicateurs d’appartenance à une classe supérieure.

Ethnicité : 
La Georgie est un pays de minorités ethniques. Les plus grands groupes sont les Arméniens et les Azéris, bien que les Russes, les Turques et les Grecs soient assez nombreux. La minorité arménienne semble préoccuper beaucoup les Géorgiens. Cela est dû probablement à l’invasion par l’Arménie de la région Ngorno Karabakh de l’Azerbaïdjan et des relations étroites que l’Arménie entretient avec la Russe.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

En Georgie, les relations personnelles jouent un rôle clé en affaires. Vous devez avoir un vaste réseau de contact si vous voulez que les choses se fassent. Les pratiques locales incluent parfois que l'on « alimente » une relation d'affaires en offrant des cadeaux. Vous devrez clarifier les choses en explicant que les normes et standards canadiens ne permettent pas ces pratiques.

 

Point de vue canadien :

Les relations sont cruciales en Georgie parce que la culture géorgienne est basée sur le clan. La famille immédiate et étendue demeure la structure qui forme la base de la société géorgienne. L’activité primaire et la plus courante en Georgie est manger et boire, ce qui constitue le moyen le plus facile d’établir des rapports en invitant ses collègues ou clients à dîner.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Les clans jouent un rôle essentiel en Georgie, ce qui fait l’octroi de privilèges spéciaux ou de considérations particulières sont un mode de vie. Plus particulièrement, si vous avez besoin d’une faveur, vous devez vous assurer d’accorder des privilèges spéciaux.

Point de vue canadien :

Il est difficile de répondre à cette question. Comme il a été mentionné, la Georgie est une terre de clans et de contacts où chacun s’occupe de sa famille proche ou étendue. Néanmoins, les pots-de-vin sont de plus en plus mal vus étant donné que la Georgie essaie de se moderniser depuis la révolution de 2003. Il n’existe aucune circonstance dans laquelle je recommanderais d’accorder des privilèges particuliers.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Oui, vous pouvez confronter votre collègue ou employé directement et préférablement en privé. Consulter votre supérieur et formuler des griefs sont considérés comme du « mouchardage », ce qui est très peu pratiqué. Si vous avez offensé un collègue, il vous le dira directement.

Point de vue canadien :

Il est difficile de dire si un collègue peut avoir été offensé par un travailleur étranger. Si on soupçonne un problème, il est préférable de confronter la personne, mais les Georgiens ont tendance à voir les occidentaux comme trop sensibles. Les Géorgiens peuvent très vite exprimer leurs émotions, et même la colère, mais ils pardonnent aussi très vite.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

L’argent joue un rôle important, quoique le prestige relié à un emploi qui se tient dans une firme ou dans une organisation occidentale, le soit aussi.

Point de vue canadien :

Les employés géorgiens peuvent être motivés par la rémunération, mais ce sont souvent les aspects moins tangibles du travail qui sont les plus appréciés tels que les encouragements, le niveau croissant d’autonomie et de responsabilité et un traitement d’égal à égal.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

« Colour of Pomegranate » (de Paradjanov), est un film sur la vie de Sayat Nova, un poète et musicien arménien géorgien, qui avait vécu en Georgie durant le règne de la Reine Tamara.  La cuisine géorgienne est des plus savoureuse et délicieuse, mais il n’existe pas de restaurants géorgiens au Canada puisque la communauté géorgienne est très petite (pratiquement inexistante). 

Point de vue canadien :

Les guides de voyage constituent de bons points de départ, mais il est difficile de trouver des renseignements substantiels sur la Georgie à l’extérieur du pays. La Georgie est un très petit pays où l’on trouve très peu de livres d’histoire en anglais ou en français (à ma connaissance). Une fois à Tbilisi, visiter l’une des librairies Prospero, sur l’avenue Rustaveli ou à l’Hôtel Besty, pour prendre un bon café et une bonne sélection de livres en anglais sur la Georgie et le Caucase.
Depuis la révolution des Roses, en novembre 2003, les événements courants dominent dans les grands titres.

Le site Web de la BBC est une bonne source d’information de base sur le pays ainsi que des lignes de temps sur les événements historiques récents de Georgie. Le magazine, The Economist, fournit aussi de solides renseignements sur la Georgie. Il est conseillé aux visiteurs de lire diverses sources d’information, puisque beaucoup d’entre elles exagèrent les difficultés et dangers en Georgie alors que d’autres vantent beaucoup trop les possibilités de vacances. Un esprit ouvert est de rigueur.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Assister à des parties de football (soccer) du Dynamo de Tbilisi;  familiarisez vous avec les vins géorgiens, qui sont la fierté du pays; goûtez à la cuisine locale dans les restaurants géorgiens (particulièrement leur spécialité appelée « khinkali » et qui se mange avec les doigts); visitez le Panthéon où de fameux écrivains géorgiens sont inhumés.

Point de vue canadien :

Les Géorgiens aiment l’opéra et le théâtre, qui offrent tous deux des programmes complets. La Georgie possède ses propres  danses traditionnelles,  semblables à celles des russes ou des ukrainiens, et sa troupe de danse nationale fait des tournées internationales. Il y a plusieurs musées à Tbilisi en raison du riche patrimoine géorgien; certains ont des interprètes multilingues. Les visites de diverses régions de la Georgie sont de plus en plus courantes et il existe même des groupes de voyage internationaux qui vous font visiter le pays grâce au gouvernement, ce qui facilite l’entrée des visiteurs en Georgie. La scène des arts et de l’artisanat est étonnamment riche et offre une grande variété d’émaux, de bijouteries, de textiles, de poterie et d’arts locaux. Les chasseurs d’antiquité ne sont pas déçus non plus, des reliques de l’ancienne Russie ainsi que des empires anglais, français, ottoman et allemand sont encore disponibles. Les journaux anglais sont généralement vendus dans les hôtels où l’on peut également regarder des canaux de télévision anglais, français et autres. La télévision et la radiodiffusion locales sont diffusées principalement en géorgien avec certaines influences russes.

Les restaurants et les cafés abondent en Georgie et sont très achalandés. Si vous êtes invités à une fête géorgienne traditionnelle, préparez-vous à manger plus que vous ne l’avez jamais fait auparavant et à apprécier de grandes quantités de vin géorgien. Toutefois,  il est parfaitement acceptable de laisser des restes dans son assiette (les serveurs la remplaceront par une autre).  De plus en plus de personnes parlent l’anglais dans les restaurants, puisqu’ils doivent servir un afflux de travailleurs internationaux venant de l’Ouest. Presque tous les restaurants ont des menus dans la langue géorgienne, russe et anglaise.
Parmi les sports, le football (soccer) est le plus populaire et ceux qui aiment les sports, les parties au stade national sont une expérience à ne pas manquer.
Un point très fréquenté par les visiteurs anglophones, à Tbilisi, est la librairie, de langue anglaise, Prospero. Il existe aussi un centre culturel français, à Tbilisi, à un bloc du Carré de la liberté et de l’Hôtel Marriott.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

David, le bâtisseur, Roi de Georgie, qui a fondé Tbilisi, la capitale du royaume de Georgie. La Reine Tamara a renforcé la Georgie durant le moyen-âge. Joseph Stalin, figure très controversée, qui est vu comme un dictateur dans le monde entier mais que les Géorgiens respectent beaucoup parce qu’il est natif du pays. Vakhtang Kikabidze, chanteur et acteur géorgien qui est bien connu et très respecté dans l’ancienne Union soviétique.

Point de vue canadien :

Les héros nationaux géorgiens, de longue date, tendent à être des poètes et des écrivains, dont certains ont aussi été leaders du mouvement d’indépendance, il y a quelques centaines d’années. Les Géorgiens idolâtrent aussi leurs anciens rois et en particulier, St. George, qui a amené le christianisme en Georgie au IVe siècle. On peut voir une statue de celui-ci, à cheval tuant un dragon.

Ce qui est peut-être le plus surprenant, c'est que plusieurs Georgiens considèrent Joseph Stalin, natif de la ville de Gori, comme un héros national. Même si dans la plupart des esprits, Stalin a depuis longtemps été discrédité comme un dictateur brutal, certains Géorgiens pensent qu’il était mal traité. Il existe un musée substantiel à Gori, qui décrit Stalin comme un grand homme et un leader. Son « masque de mort » (un moule du visage de Stalin après sa mort) est particulièrement révéré. Sa maison d’enfance a été déplacée sur le terrain du musée, tout comme son wagon qu’il utilisait à titre personnel, lorsqu’il était secrétaire général de l’Union soviétique.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Malheureusement, je ne connais pas d’événements historiques qui lient le Canada à la Georgie. Les deux pays manquent de représentation diplomatique respective.

Point de vue canadien :

Non, pas que je le sache.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

En raison de la distance entre les deux pays, la représentation diplomatique canadienne n’existe pas et les Géorgiens connaissent très peu le Canada, donc il n’existe pas de stéréotypes.

Point de vue canadien :

Les Canadiens en connaissent très peu en ce qui a trait à la Georgie et il est par conséquent difficile de trouver des stéréotypes. Toutefois, les visiteurs doivent comprendre que la Georgie est un pays indépendant qui possède une histoire qui remonte à plusieurs centaines d’années. C’est une ancienne république soviétique, au même titre que les pays de la Baltique ou l’Ukraine. La Georgie n’est pas la Russie et les Géorgiens ne sont pas des Russes. De fait, si l’on analyse les examens récents et la domination russe au cours du XXe siècle, il est conseillé de ne pas montrer ses sentiments pro-russes. La Russie traite les Géorgiens de terroristes, parce qu’ils pensent que la Georgie abrite des rebelles tchétchènes. Bien que les Russes ne reprochent pas à la Georgie le conflit qui perdure en Tchétchénie, ils reprochent toutefois à la Georgie de soutenir tacitement la cause rebelle.

Le stress et les difficultés sont au menu de la vie de tous les jours où la survie est encore un aspect important de la vie. À ce titre, il semble parfois que les Géorgiens ont de la difficulté à planifier en avance. Les Géorgiens au contraire, semblent travailler dans un état d’urgence perpétuel, mais cela est principalement dû au fait que les services gouvernementaux n’existent pratiquement pas, que les attentes sont très basses, que l’imprévisible est prévisible et que le changement est inéluctable.

La Georgie est un pays qui se situe dans un Caucase du Sud très complexe. Ce contexte comprend entre autres, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, encore techniquement en guerre.  Un pipe-line pétrolier très lucratif entrera en opération et de grands intérêts géopolitiques, qui intéresseront la Russie, les États-Unis, la Turquie et dans une moindre mesure l’Iran.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née à Tbilisi, Georgie. Sa généalogie remonte au XVIIe siècle. Elle a vécu à Tbilisi jusqu’à l’âge de 21 ans puis elle a séjourné à Prague, en République Tchèque, où elle a rencontré son futur mari qui a parrainé sa venue au Canada. Elle possède un diplôme en journalisme de l’université de Tbilisi.

Interprète Canadien :

Your cultural interpreter was born in Winnipeg, Canada the third of four boys. He was raised in Saskatoon and studied history, public administration and international affairs at the University of Saskatchewan, the University of Waterloo and Carleton University. His work sent him abroad for the first time in 1999 to Albania, Kosovo and Turkey where he worked in the disaster response field. Afterwards, your cultural interpreter returned to Canada where he started his present job in Ottawa. He has managed public sector reform projects for the last four and half years in the former Soviet Union.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.