Guatemala

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

Comme dans d’autres sociétés où des aspects du clientélisme prémoderne coexistent avec la pratique moderne, globalement c’est le statut socioéconomique perçu des interlocuteurs qui détermine l’approche initiale et le type de conversation. La plupart des conversations peuvent être initiées en se concentrant sur des sujets tels que la beauté du climat guatémaltèque par rapport aux rudes hivers canadiens, la nourriture, le sport, ou d’autres éléments qui peuvent être comparés à des activités au Canada.

Le Guatemala est un pays très jeune, avec plus de 50 pour cent de sa population âgée de moins de 25 ans. Dès lors, les Guatémaltèques sont à l’aise pour discuter de sujets liés aux enfants et à la jeunesse, comme l’éducation ou la santé. Il convient de noter que les conversations initiales dans le cadre d’une présentation ou d’une première entrevue doivent rester sur des sujets vastes et généraux. Par exemple, si les Guatémaltèques peuvent apprécier qu’un Canadien fasse un commentaire sur la variété et les saveurs des plats locaux, ils trouveraient très insultant qu’un Canadien entame une discussion critique sur la valeur nutritionnelle de leurs plats. D’autres sujets sont à éviter, comme le statut du Belize comme pays indépendant, la place des Guatémaltèques descendants d’esclaves noirs (dont certains nient même l’existence), les droits liés à la procréation pour les femmes et les croyances religieuses. En général, les Guatémaltèques ont tendance à réagir de façon très négative à toute critique de leur société, en particulier si la remarque vient d’un étranger.

Perspective canadienne :

Au cas où vous rencontrez des Guatémaltèques des zones urbaines pour la première fois (c’est-à-dire plus que probablement uniquement des Ladinos), veillez à faire une bonne impression. Ce ne sont pas tant les sujets de conversation qui sont importants, mais la façon dont vous les amenez et dont vous vous présentez au cours de cette première entrevue. Tout d’abord, lorsque vous rencontrez des personnes dans le contexte professionnel, il est préférable de veiller à être très poli, très cordial et à permettre à la conversation d’évoluer naturellement de salutations et de poignées de main très formelles à un environnement de discussion moins formel. Les sujets de conversation peuvent comprendre tout ce qui va des résultats de football actuels aux informations sur la famille et les amis, la santé et la météo. Comme vous visitez le pays, il est également acceptable de parler de ce que vous avez vu ou fait.

Certains sujets sont à éviter, notamment la politique (en particulier la guerre civile qui a pris fin récemment), les discussions sur la pauvreté dans le pays ou toute référence aux inégalités entre les classes, les ethnies et les genres. Suivez le même schéma lorsque vous rencontrez un membre d’un groupe autochtone pour la première fois, commencez de façon très formelle avec des poignées de main et des présentations. Pour poursuivre la conversation, il est généralement acceptable de discuter de la famille, de votre santé respective et de la météo. Comme la plupart des communautés autochtones sont rurales et agricoles, les discussions sur les saisons, l’évolution des plantations, l’état des animaux et des informations sur les marchés hebdomadaires sont également acceptables. Pour les femmes, les discussions sur le tissage ou le tricot peuvent être étonnamment divertissantes!  Là aussi, les sujets à éviter sont les mêmes que ceux cités précédemment, et il conviendra encore plus d’éviter les discussions de cette nature.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

Il convient d’accorder une attention particulière au fait que la personne à qui s’adresse le Canadien est de langue maternelle espagnole. On estime que 55 pour cent des Guatémaltèques sont de langue maternelle maya, les Canadiens doivent être particulièrement attentifs à la possibilité que leurs mots, leurs gestes et leur phraséologie puissent être mal interprétés au cours d’interactions normales. Par exemple, les autochtones guatémaltèques pourraient éprouver des difficultés à comprendre les accents espagnols d’un interlocuteur francophone ou anglophone.

En raison des antécédents de régimes autoritaires et répressifs du pays, les Guatémaltèques disent rarement directement ce qu’ils pensent, peu importe le sujet, même avec leurs amis et leurs proches. Au lieu de cela, ils ont tendance à utiliser le double sens et les allusions humoristiques ou les blagues, comme forme pour contourner les sujets conflictuels.

La distance physique et la longueur de la conversation dépendent du statut perçu des interlocuteurs. En ce qui a trait à l’utilisation de la langue, gardez toujours à l’esprit les distinctions de la langue espagnole entre le « vous » formel ou « Usted » et le « tu » informel ou « tu ». En tant que gestionnaire, on aura tendance à s’adresser à vous d’une façon formelle. Dans des contextes plus amicaux, la plupart des personnes utiliseront un mode informel. En règle générale, lorsque les gens s’adressent à une personne plus âgée, il est très rare de s’adresser à eux en utilisant le pronom « tu ». On considère qu’il est toujours préférable de commencer la conversation avec le « vous » et de permettre à votre interlocuteur de modifier le style de conversation comme bon lui semble.

Les Canadiens se familiariseront rapidement avec l’expression « Fíjese que… » dans la vie quotidienne, bien qu’il soit peu probable de l’entendre au bureau. Ce qui équivaut grosso modo à « figurez-vous que… ». Les Guatémaltèques utilisent habituellement l’expression « Fíjese que… » pour expliquer une lacune dans la qualité attendue ou dans la ponctualité d’un service qu’ils s’étaient engagés à fournir. Par exemple, « Fíjese que no hay » (un produit que vous aviez attendu n’est pas disponible); « Fíjese que no vino » (il n’est pas venu alors qu’il était censé le faire). Cette phrase est très couramment utilisée pour attribuer un événement à un coup du sort plutôt qu’à une action humaine. Lorsque vous entendez cette phrase, préparez-vous à apporter un ajustement à vos plans.

Les Guatémaltèques sont très conscients de l’autorité et du statut. Dans le cadre d’une situation sociale, il conviendra de prendre soin de ne pas utiliser de mots qui pourraient être interprétés comme affirmant son rang sur ses collègues. Une expression aussi simple que « pouvez-vous me passer le sel » ou « pouvez-vous servir le café » pourrait être perçue comme une reconnaissance tacite d’un statut inégal parmi les personnes présentes et donc comme une mauvaise conduite. Un individu poli dirait « y-a-t-il du sel? » ou « ce café semble bon ». De cette façon, vous exprimez votre envie de sel ou de café d’une façon qui permet à un Guatémaltèque d’offrir de vous aider au lieu de se sentir diminué ou traité comme un inférieur.

Perspective canadienne :

En ville/dans un contexte ladino, comme décrit précédemment, une bonne technique consiste à entamer chaque conversation avec un ton/geste formel poli et à laisser la situation évoluer naturellement vers des termes plus amicaux. Vous pouvez notamment serrer la main de vos interlocuteurs et prendre le temps de faire des plaisanteries. Comme l’établissement de connexion et de relations est particulièrement important au Guatemala, il est préférable d’avoir un style de communication très poli lorsque vous établissez la relation et la confiance avec la personne.

Les styles de communication lorsque vous travaillez avec des autochtones sont plus importants que ce qui est dit. Le style de communication généralement accepté est très calme et réservé entre les peuples autochtones et non autochtones, et sera encore plus prononcé pour la communication avec les Canadiens. Pour cette raison, il est particulièrement important de rester poli, courtois et amical. Parallèlement, il n’est pas habituel d’établir un contact visuel, vous ne devez donc pas prendre cette attitude comme un manque de respect.

L’espagnol est la seconde langue pour de nombreuses communautés autochtones. Il est important de garder à l’esprit qu’il peut être nécessaire de parler plus lentement et de prononcer les mots de façon plus claire que vous ne le feriez normalement. Si vous pouvez constater que le style de communication n’évolue pas d’un style formel à un style plus détendu, un niveau plus élevé de sympathie et d’ouverture sera le signe qu’une certaine confiance a été établie dans la relation et que vous pouvez un peu diminuer le caractère formel de la communication.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les témoignages publics d’affection ou de colère ou l’expression d’autres émotions sont-ils acceptables ?

Perspective locale :

Dans la plupart des interactions, les Guatémaltèques ont tendance à afficher leurs émotions relativement librement et avec des degrés divers d’expansion à l’égard de ceux qui sont perçus comme des étrangers. On peut s’attendre à de nombreux gestes de la main, des tapes dans le dos et des rires.

Perspective canadienne :

Les démonstrations d’affection en public entre amis ou partenaires sont plus courantes dans les villes du Guatemala qu’au Canada. Ainsi, les connaissances se saluent toujours en se serrant la main et les amis le font en s’embrassant sur la joue. Les marques d’affection entre hommes et femmes sont également courantes. Au Guatemala, il n’est pas rare pour les hommes de se montrer excessivement affectueux lorsqu’ils tentent de courtiser une femme.   J’ai constaté que les marques d’émotions sont nettement moins nombreuses quand vous travaillez dans des communautés autochtones. Les activités communautaires et les services religieux peuvent cependant faire exception, en effet, dans ces situations les participants montrent leur joie ou leur enthousiasme, mais cette attitude n’est pas la norme.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

Les Guatémaltèques considèrent les tendances nord-américaines de s’habiller de façon décontractée comme vulgaire et importune. Ne portez jamais de shorts (hommes) ou de débardeur (femmes) à une réunion de famille ou un événement à moins qu’il ne s’agisse d’une fête de plage ou d’un endroit similaire à l’extérieur. Si vous êtes invité à une réunion de famille liée à un événement religieux comme un baptême ou une bar-mitsva, suivez toujours les instructions de vos hôtes. Gardez à l’esprit que ces événements sont considérés comme très importants pour les Guatémaltèques. En cas de doute, demandez des explications.

Les Guatémaltèques ont tendance à être ponctuels et à s’habiller sobrement pour toute activité liée au travail et attendent de la part de leurs homologues canadiens qu’ils fassent de même. Dans l’industrie du tourisme ou les organisations non gouvernementales internationales, on pourra trouve un certain niveau d’adhésion aux normes et aux pratiques nord-américaines dans le milieu de travail.

Ce pourrait ne pas être le cas dans les ministères gouvernementaux ou d’autres secteurs privés où les employeurs auront tendance à imposer des attentes typiquement professionnelles. Autrement dit, le statut perçu d’une personne d’un interlocuteur plutôt que sa position réelle dans l’entreprise peut être le déterminant principal de la qualité et du type d’interactions avec les homologues guatémaltèques.

Perspective canadienne :

Dans le contexte ladino, il est toujours conseillé de s’habiller de façon formelle. Les Guatémaltèques sont généralement bien habillés (avec une touche de formalité) dans le milieu de travail. Adapter pareillement votre tenue est considéré comme une preuve de respect et sera apprécié. Je trouve que les échéances/délais sont similaires à ceux des collègues canadiens; certains délais sont respectés, alors que d’autres ne le sont pas.

Lorsque vous travaillez au sein de communautés autochtones, le code vestimentaire dépendra du contexte. Si vous êtes là pour présenter un atelier, une tenue formelle sera appréciée/attendue. Les hommes et les femmes doivent éviter les shorts et les chemises sans manches. Toutefois, si vous êtes là pour travailler au sein d’une coopérative, le code vestimentaire acceptable sera plus informel. Le concept d’échéances/de délais peut être un peu plus fluide lorsque vous travaillez avec des communautés autochtones. Mais là encore, tout dépend du contexte. Par exemple, s’il n’y a qu’un seul autobus local assurant le transport de la communauté jusqu’à l’endroit de la réunion, il n’est pas rare que les réunions ne débutent qu’une fois que l’autobus est passé par la communauté pour déposer les participants.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles qualités sont les plus prisées chez un superviseur/directeur local ? Comment saurai-je comment mes employés me perçoivent ?

Perspective locale :

La plupart des milieux de travail guatémaltèques ne mettent pas en œuvre la pratique moderne de l’autocontrôle du temps et des tâches de l’employé. Dès lors, les gestionnaires doivent constamment contrôler, superviser et inspecter la qualité du travail produit, ainsi que la rapidité. La résistance passive et le ressentiment d’être le subordonné d’un étranger peuvent également être présents dans votre milieu de travail.

Les Guatémaltèques apprécient d’être consultés, mais s’attendent à ce que les décisions soient prises par une personne en situation d’autorité. Les employés ne remettront généralement pas en question les directives de leurs supérieurs, car ils ne s’attendent pas à ce qu’elles soient négociables. Il s’agit d’une manifestation de leur déférence envers l’autorité et non d’un manque de jugement critique. Les chefs d’équipe canadiens seront particulièrement respectés s’ils ne sont pas considérés comme changeant d’avis ou reculant dans la voie à suivre sans justification. En ce qui a trait à la dynamique de groupe, ils préfèrent que les rôles soient explicites au sein de l’équipe et que le chef d’équipe mette en œuvre le programme avec calme et prévisibilité. Ils apprécient la reconnaissance de leur rôle au sein de l’équipe, comme on le verra dans le point « Motivation des collègues locaux ».

Les gestionnaires doivent appliquer des normes laissant peu de place à la discussion avec leurs subordonnés, tout en adoptant une position un peu protectrice à l’égard des employés ou des subordonnés. Gardez à l’esprit que vos normes en tant que gestionnaire prévalent toujours sur celles de la société aux yeux de vos subordonnés guatémaltèques directs. Il est également important de se souvenir que les comportements entreprenants comme l’innovation et la prise de risque ne font généralement pas partie du paysage entrepreneurial du Guatemala. Plusieurs raisons expliquent cette tendance à se faire discret parmi les employés. Dans une société qui, jusqu’a très récemment, était dirigée par un appareil de sécurité de l’État omniprésent et brutal, de nombreux Guatémaltèques considèrent la survie au quotidien comme leur première priorité. Dans un environnement où même les amis les plus proches ou les membres de la famille pouvaient être des informateurs du gouvernement, il était très dangereux de se distinguer de la foule.

Perspective canadienne :

Si les relations et la hiérarchie sont particulièrement importantes lorsque vous travaillez au Guatemala, j’ai constaté qu’une solide éthique professionnelle et une grande équité restent de précieuses valeurs tant chez les employés que chez les gestionnaires. Pour le gestionnaire, cette constatation est particulièrement vraie puisqu’ils sont considérés comme des dirigeants. 

Honnêtement, il pourrait ne pas être facile de savoir comment le personnel vous perçoit. Si vous occupez un poste d’autorité, les personnes qui vous entourent pourraient ne pas être disposées à partager leurs sentiments ouvertement. Toutefois, leur éthique professionnelle sous vos ordres est un signe clair de respect de leur part.

La situation est encore plus difficile à établir dans un contexte autochtone, car dans ce cas, il est très rare d’avoir des relations gestionnaire/employé et que les relations de travail sont plus au niveau des collègues. Ceci dit, certaines qualités sont hautement respectées, comme le fait de travailler dur et d’être disposé à aider les autres. Vous saurez que vos collègues ont une opinion positive de vous s’ils sont disposés à vous aider lorsque vous avez besoin d’assistance et qu’ils s’impliquent dans le travail que vous réalisez.   

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Dans le milieu de travail, comment les décisions sont-elles prises et par qui ? Est-il acceptable de consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction ?

Perspective locale :

L’ethnicité et le genre sont deux éléments clés qui définissent la perception du statut d’un individu par les Guatémaltèques. Dans la pratique, cela signifie que pour un gestionnaire canadien, il ne sera pas suffisant de supposer que son titre ou sa fonction dans un environnement de travail guatémaltèque sont suffisants pour exercer de l’autorité ou du contrôle.

En fonction du type de milieu de travail, il existe divers niveaux d’influence par des facteurs qui ne sont pas directement liés à la mission du milieu de travail ou à son rendement. Par exemple, un hôpital catholique aura tendance à respecter les principes de l’Église catholique et à le faire ouvertement et librement. Pour sa part, au Guatemala l’Église des mormons a une présence importante dans les secteurs des soins de santé et de l’éducation, mais ne cherche pas activement à servir les non-mormons. De nombreuses universités guatémaltèques s’auto-identifient comme catholiques ou néo-protestantes (évangélique). Ces dernières sont principalement affiliées aux églises protestantes (évangéliques) américaines. Il n’y a pratiquement aucun établissement public d’éducation des jeunes enfants au Guatemala. Dès lors, pratiquement 100 pour cent des établissements publics d’éducation des jeunes enfants ont tendance à être contrôlés par des institutions qui ont une affiliation religieuse. Dans les milieux de travail plus laïques, les employés ont tendance à être moins démonstratifs concernant la pratique religieuse ou l’ethnicité, même s’ils s’engageront avec leurs supérieurs canadiens si on leur pose directement des questions concernant ces questions. Les collaborateurs guatémaltèques prêteront une attention toute particulière à la confession religieuse d’un collaborateur canadien, mais pas d’un gestionnaire canadien dont l’appartenance religieuse sera généralement considérée comme étant un sujet interdit pour les subordonnés locaux.

Les femmes canadiennes qui travaillent dans un cadre qui n’est pas axé sur l’international se trouveront confrontées à un double standard qu’elles n’attendraient pas de leurs homologues guatémaltèques femmes. Par exemple, on attendra d’elles qu’elles soient aussi productives qu’un homme non guatémaltèque. De même, on attendra des Canadiennes qu’elles montrent le même niveau de déférence et de soumission à l’égard des hommes qu’on attendrait des femmes guatémaltèques dans le milieu de travail. Il convient de noter qu’il s’agit également d’une question de génération. Si les jeunes collaborateurs guatémaltèques peuvent adopter moins ces comportements, les collègues plus âgés, hommes et femmes, attendront un niveau élevé de conformisme et d’adhésion à ces règles tacites par les employés canadiens. 

Perspective canadienne :

Comme la hiérarchie est très importante au Guatemala, il est généralement admis que la prise de décision relève des niveaux supérieurs des communautés ou des groupes. Cela ne veut pas dire pour autant que les contributions des personnes des niveaux inférieurs ne sont pas appréciées, mais que la décision finale sera prise par la direction.

Il est totalement approprié d’aller trouver votre superviseur immédiat pour obtenir des réponses et des commentaires. Vous faites ainsi preuve de respect envers la hiérarchie du milieu de travail et d’une réflexion indiquant que vous les considérez comme votre dirigeant. Dans un contexte autochtone, les décisions sont en grande partie prises au niveau familial ou communautaire. S’il existe encore des hiérarchies claires qui sont principalement fondées sur l’âge, le statut au sein de la communauté, la prise de décision se fait d’une manière beaucoup plus démocratique.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

La population du Guatemala est à environ 40 pour cent rurale. Dans les zones rurales, en particulier dans les populations autochtones, les relations patriarcales sont la norme. L’organisation familiale tourne autour d’un grand-père qui a généralement les droits de propriété et la capacité de les accorder à leurs héritiers mâles. Les guérisseurs traditionnels et les femmes âgées sont considérés comme les porteurs des valeurs et des normes pour leur communauté. 

Les liens familiaux des Guatémaltèques dictent toujours dans une grande mesure leur statut global dans la société, leurs perspectives de carrière, ainsi que leur bien-être économique. La quintessence de cette organisation axée sur la famille se reflète dans la multiplicité des liens familiaux existants entre les membres des élites du Guatemala. Ces élites conservent une mentalité colonialiste et continuent de se voir eux et leurs familles comme les dirigeants naturels du pays. En pratique, la plupart des Guatémaltèques se considèrent comme soumis à deux ensembles de règles : l’un fait pour les membres de l’oligarchie dirigeante et l’autre pour le reste de la société. L’inégalité et l’inéquité sont dès lors profondément enracinées dans le contrat social guatémaltèque, pour la plupart des Guatémaltèques; elles sont devenues des éléments centraux de leur édifice socioéconomique. 

Le manque d’accès à l’éducation, à la santé et aux installations sanitaires contribue à maintenir un taux élevé de mortalité infantile, un taux élevé de fertilité, une malnutrition et une famine chroniques, ainsi qu’un niveau élevé de violence domestique au sein des communautés autochtones. Les relations familiales sont les seuls réseaux sociaux accessibles aux Guatémaltèques tant dans le contexte rural qu’urbain. Ils offrent un appui économique et social essentiel à leurs membres. Dès lors, les connexions familiales sont le moteur principal des interactions sociales étroites pour la plupart des Guatémaltèques. 

Nonobstant cette réalité, on constate des changements dans les schémas traditionnels de décision partout au pays. La mise en accusation et l’emprisonnement en 2015 du président Perez Molina, du vice-président et d’autres hauts membres du gouvernement après une enquête inspirée par les Nations Unies, ont amené les conditions qui ont permis à un non-politicien, le comédien Jimmy Morales, d’être élu président. Fait révélateur, la devise de la campagne de Jimmy Morales était « Pas corrompu, pas politicien ». Ces développements sont sans précédent dans les 200 ans d’histoire du pays comme république indépendante et auront de profondes implications pour les futurs gouvernements. Le nouveau gouvernement devra lutter contre les puissants cartels de la drogue, un État très faible et une forte économique limitée pour réorienter une économie qui est toujours largement coincée dans des phases d’expansion et de récession des matières brutes.

Une autre tendance qui commence à éroder la triade traditionnelle de l’église, de l’oligarchie et de l’oppression subie par la plupart des Guatémaltèques est le retour des jeunes Guatémaltèques nés et élevés aux États-Unis. Ils instillent dans la politique des attitudes et des attentes qui ne font pas traditionnellement partie de la société guatémaltèque. Ces jeunes Américano-Guatémaltèques peuvent englober les deux pays et offrir au pays de leurs ancêtres de l’oxygène et une nouvelle créativité. Ils contribuent également à bouleverser les cloisonnements ethniques traditionnels qui définissaient couramment l’identité et la politique guatémaltèque, c’est-à-dire, la polarité autochtone-ladino qui a été au centre de la vie sociale guatémaltèque depuis plus de cinq cents ans. 

Perspective canadienne :

Religion : La religion principale du Guatemala est le catholicisme, suivie de près par les religions protestante et évangélique. Si la majorité des Guatémaltèques s’identifient comme des chrétiens, le pourcentage de ceux qui pratiquent activement la religion est bien inférieur. Ainsi, il est important de noter que la religion est une partie importante de la société guatémaltèque. Dans le milieu de travail, il est préférable d’être sensible à toutes discussions religieuses. Le pays célèbre de nombreuses fêtes religieuses, il est donc important de garder ces dates à l’esprit lorsque vous planifiez vos activités! Cela s’applique également aux communautés autochtones, car la religion y joue un rôle essentiel dans la famille, l’exploitation agricole et quasi tous les aspects de la vie. Dès lors, il est important que vous soyez respectueux à cet égard. Il est également intéressant de noter un mélange de pratiques religieuses autochtones traditionnelles-chrétiennes dans les communautés autochtones. 

Classe : Le système de classes est extrêmement important au Guatemala, c’est-à-dire que la différence entre les classes est très importante. Il y a en général des Ladinos riches et des pauvres et des groupes autochtones. La structure de classes est très stratifiée et des tensions peuvent se faire sentir entre les diverses classes, car le Guatemala présente les plus importants écarts entre les riches et les pauvres. La classe moyenne est quant à elle quasi inexistante. Dans l’ensemble, si vous travaillez en ville, vous travaillerez avec de riches Ladinos. Dans les communautés rurales, le milieu de travail pourrait compter des Ladinos pauvres ou des membres de la classe autochtone.

Ethnie : L’ethnie est une autre part importante de la vie guatémaltèque. Les principaux groupes ethniques comprennent les Ladinos, les Mayas autochtones et les Garifunas ou d’autres groupes afroantillais vivant dans les communautés côtières de l’est. Les statistiques du pays montrent qu’entre 40 et 60 % de la population est autochtone, avec 23 groupes mayas et un groupe non maya. On compte également plus de 23 dialectes locaux au Guatemala. En dépit d’une importante population autochtone, les problèmes d’inégalité et de racisme sont toujours flagrants dans la vie quotidienne. Les groupes autochtones se voient souvent refuser l’égalité en matière d’emploi, d’éducation et d’avantages sociaux par rapport aux groupes ladino ou garifuna.

Genre : Le Guatemala a une culture machisme très distincte dans la partie ladino de la société, ce qui peut être considéré comme gênant pour les Occidentaux. On pourrait dire que le pays est très patriarcal. Si des progrès sont réalisés, il n’est pas rare d’être confronté au sexisme au bureau, en particulier en ce qui a trait aux niveaux de pouvoir et aux promotions. Si on ne constate généralement pas d’attitudes machistes au sein des communautés autochtones, elles peuvent aussi être décrites comme très patriarcales dans leur attitude à l’égard des femmes. On le constate principalement dans le statut des femmes, l’importance de l’éducation des filles et la capacité des femmes à prendre un emploi.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un(e) client(e) avant de faire des affaires ?

Perspective locale :

Un ancien dictateur guatémaltèque avait l’habitude de dire « À mes amis, je leur apporterai mon amitié. À mes ennemis, je leur apporterai la Loi ». Cette déclaration reprend l’idée de l’amitié comme pouvoir sur d’autres personnes au Guatemala. En d’autres termes, le concept d’étrangers se réunissant pour une cause commune et négociant des objectifs communs dans le processus de formation d’une telle alliance est pratiquement inexistant au Guatemala. Dans la pratique, cela signifie que les relations commerciales sont, avant tout, des alliances personnelles fondées sur des loyautés familiales, de solides connexions sociales ou, moins fréquemment, un rival commun dont les activités pourraient être défavorables à tous. Traditionnellement, les intérêts commerciaux américains ont été bien représentés au Guatemala et il serait conseillé à tout dirigeant d’entreprise canadien de prendre connaissance des nombreux contacts locaux développés par la Chambre de commerce américano-guatémaltèque au fil de décennies de travail au Guatemala.

Presque tous les Canadiens sont perçus comme des étrangers et à moins qu’il n’existe des liens tels que le mariage ou une autre connexion familiale, les Canadiens doivent garder à l’esprit qu’ils ne seront pas intégrés dans le tissu émotionnel de la société guatémaltèque. Ainsi, la pratique largement répandue parmi les Guatémaltèques de suggérer, lorsqu’ils prennent congé, qu’ils souhaiteraient vous revoir. À moins que votre interlocuteur guatémaltèque fasse suivre cette remarque d’une date et d’une heure spécifique pour le suivi, un Canadien doit supposer que cette invitation n’a été lancée que par politesse et n’est aucunement la preuve d’une quelconque intention de l’hôte guatémaltèque de revoir son interlocuteur.

Les Canadiennes célibataires doivent être particulièrement prudentes relativement aux invitations qui leur sont lancées par des hommes, à moins que leur état civil soit clairement connu. Il convient d’éviter toute situation qui pourrait impliquer des risques pour la réputation.

Généralement, la meilleure façon d’apprendre à connaître les Guatémaltèques dans un contexte social est d’être invité à des réunions familiales, qui sont généralement fermées aux étrangers. Si un collaborateur guatémaltèque lance une telle invitation, elle peut être considérée comme un signe de grand respect et d’appréciation. Veillez à goûter tous les mets et boissons que vous offrent vos hôtes, ne pas le faire pourrait être considéré comme un manque de savoir-vivre. Ils pourraient ne pas s’attendre à ce que vous vidiez votre assiette, mais ils aiment que vous goûtiez ce qu’ils préparent. Un verre de vin ou une seule bière pour la durée de l’activité est correct pour autant que vous refusiez les propositions de votre hôte poliment, mais fermement. Veillez à mentionner vos éventuelles allergies alimentaires avant l’activité, ce qui évitera des moments désagréables entre vous et vos hôtes. Si vous avez des enfants, amenez-les avec vous. Ils seront traités avec une grande gentillesse et beaucoup de considération par vos hôtes guatémaltèques.

Recruter des Guatémaltèques qui ont obtenu un diplôme dans un établissement canadien d’études supérieures est une bonne façon de commencer à établir des relations avec les personnes de contacts locales. Se concentrer sur l’embauche et le maintien en poste de talents locaux qui pourraient avoir été exposés aux modalités canadiennes est certainement une façon d’être présenté à la classe d’affaires guatémaltèque restreinte et relativement fermée.

Si le Guatemala présente l’un des taux les plus élevés d’accès aux téléphones cellulaires d’Amérique latine, seul un segment limité de la population utilise les médias sociaux et d’autres outils axés sur le Web 2.0 pour s’engager dans des comportements de consommation. Dès lors, l’interaction en personne et le marketing ciblé restent des mécanismes de forte pénétration dans l’ensemble du pays. Les programmes radio et les personnalités de la radio jouent également un rôle important en ce qui a trait à la présence des produits et à la stratégie de marque.

Perspective canadienne :

Au Guatemala, comme partout dans le monde, les efforts mis en œuvre pour établir une relation personnelle avec les collègues sont la clé pour de bonnes relations de travail. Comme les relations sont essentielles dans la société guatémaltèque, il est particulièrement important de veiller à consacrer du temps et des efforts pour établir ces connexions. Comme indiqué précédemment, il convient de respecter les formalités et les plaisanteries avec les collègues au début de chaque réunion. Si vous travaillez en étroite collaboration avec des collègues ou des clients, le niveau de formalité et les plaisanteries peuvent être détendus au fil du temps. Toutefois; après un moment, on s’attend à ce que les collègues échangent des plaisanteries avant de passer aux affaires.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un(e) collègue ou un(e) employé(e) s’attendrait-il à des privilèges ou à des considérations spéciales étant donné la nature de notre relation personnelle ou de notre amitié ?

Perspective locale :

Un Canadien de type caucasien serait perçu comme un partenaire commercial potentiel et traité avec un niveau élevé de respect et de déférence. Autrement dit, les Canadiens de type caucasien jouissent d’un statut élevé dans toutes les couches de la société guatémaltèque. Un homme de type non caucasien ne bénéficiera pas automatiquement d’un statut élevé et les Canadiennes de toute ethnicité seront également perçues avec des degrés variés de statut inférieur et traité en conséquence.

Selon le type de milieu de travail, divers facteurs qui ne sont pas directement liés au milieu de travail influenceront la réalisation de sa mission ou de son rendement. Dans l’économie locale, les employés ont tendance à appliquer le clientélisme, qui comprend le principe d’amitié comme pouvoir sur les autres, qui pourrait comprendre l’exercice de favoritisme. Cette situation résulte des relations commerciales locales souvent fondées sur des alliances personnelles, des loyautés familiales ou de solides connexions sociales. Dans l’industrie du tourisme ou les organisations non gouvernementales internationales, on pourra trouve un certain niveau d’adhésion aux normes et aux pratiques nord-américaines dans le milieu de travail.

Perspective canadienne :

Si les postes sont basés en ville, on ne supposera généralement pas qu’une relation personnelle ou une amitié avec un Canadien mènera à des privilèges particuliers dans le milieu de travail. Toutefois, comme les relations sont essentielles à toute transaction d’affaires, et qu’une relation est établie entre le superviseur et ses subordonnés, il est important de maintenir la frontière entre travail et amitié très claire. Si vous travaillez dans des communautés rurales plus petites ou autochtones, le concept de réciprocité y prévaut, et constitue généralement la norme de la communauté. Ainsi, on ne s’attendra pas à des privilèges parce que vous êtes Canadien. Avec les collègues guatémaltèques, il est important de noter qu’il est normal de s’aider les uns les autres. Cette attitude est généralement liée à des relations personnelles plus étroites qui sont établies au fil du temps si vous vivez/travaillez au sein de la communauté.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’éprouve un problème lié au travail avec un(e) de mes collègues. Dois-je le (la) confronter directement ? En privé ou en public ?

Perspective locale :

Si tout rendement négatif doit être transmis aux employés en privé, cette pratique est essentielle au Guatemala où « perdre la face » serait perçu comme une humiliation publique et nuirait gravement au fonctionnement de l’équipe. De même, des éloges excessifs concernant la contribution d’un membre de l’équipe pourraient être perçues comme un signe de favoritisme.

Il peut être bénéfique pour les Canadiens de prendre connaissance des rumeurs qui pourraient circuler à propos des problèmes personnels de l’effectif plutôt que de les ignorer, car elles constituent une source latente d’informations qui pourraient être pertinentes dans votre rôle de gestionnaire.

Perspective canadienne :

La meilleure façon de procéder serait de confronter directement votre collègue en privé pour lui exposer le problème. Confronter un collègue en public occasionnerait une atteinte à son amour propre et serait source d’embarras. Comme il est difficile de reconstruire une relation après un tel incident, il est préférable de traiter le problème de manière privée.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

Les Guatémaltèques sont généralement plus socialement alertes et démonstratifs que les Canadiens. Même les personnes de nature calme seront parfaitement conscientes des relations interpersonnelles et des signes physiques qui indiquent de manière discrète, mais sans équivoque, le statut social et le rang. Le chef d’équipe canadien, aussi indépendant d’esprit et autonome soit-il, serait bien avisé de commencer sa journée en allant saluer chaque membre de l’équipe et de parler brièvement de la famille ou des activités sociales locales. Les membres de l’équipe noteront cette attitude, qui rappellera à ses collègues le rôle important qu’ils jouent au sein de l’équipe et agira de facteur de motivation élevé. Les Canadiens doivent veiller à ce que l’anniversaire de chaque membre de l’équipe soit indiqué sur leur calendrier comme invite pour reconnaître publiquement cet événement en tant que groupe le jour concerné.

Les Canadiens peuvent noter la tendance des membres de l’équipe à faire des pauses, à discuter et à se regrouper plus souvent et plus longtemps qu’au Canada. Si cela peut sembler du temps perdu dans un contexte canadien, ces pauses doivent être considérées comme un élément de promotion du travail d’équipe et doivent être surveillées plutôt que déconseillées.

Les fêtes, Noël par exemple, sont généralement considérées comme une période propice à la fête et on s’attend à ce qu’une ou plusieurs fêtes de bureau soient organisées à cette période. Ces fêtes sont des activités sociales autant que professionnelles et les gestionnaires canadiens seraient très appréciés s’ils organisent des activités pour les enfants auxquelles les employés peuvent amener leurs enfants et profiter de gâteries ou d’aliments adaptés aux enfants. Cette attitude permet de répondre à l’attente des employés qui veulent travailler pour une personne qui s’inquiète vraiment pour leur bien-être, ainsi que pour leur carrière. Les anniversaires, les mariages et les funérailles sont des occasions importantes pour montrer leur appréciation aux employés qui font bien leur travail. Une carte d’anniversaire attentionnée ou une marque de sympathie à l’égard d’un employé qui a perdu un proche sont généralement jugées bien plus précieuses que toute évaluation effectuée par un gestionnaire canadien.

Perspective canadienne :

Dans le cadre professionnel urbain, la meilleure motivation est la possibilité d’une promotion ou d’une augmentation. Au sein des communautés autochtones, la meilleure motivation consiste à aider la communauté.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question : Pour m’aider à en apprendre davantage au sujet de la (des) culture(s) locale(s), veuillez suggérer : des livres, des films, des émissions de télévision, de la musique et de la nourriture.

Perspective locale :

Paper Cadavers:The Archives of Dictatorship in Guatemala, (Duke University Press, 2014) de Kirsten Weld,la célèbre professeure canadienne, est à présent une œuvre de référence classique sur l’horrible histoire du terrorisme parrainé par l’État au Guatemala. L’œuvre de Kirsten Weld apporte les questions définitives aux questions soulevées pour la première fois par Eduardo Galeano dans son livre Guatemala: Occupied Country (Monthly Review Press, 1969).The Art of Political Murder: Who Killed the Bishop? (Barnes & Noble, 2007) de Francisco Goldman présente un récit effrayant sur le Guatemala après la Guerre civile sur la base de faits réels. Ces dernières années, on peut noter plusieurs films et documentaires de bonne qualité produits par des Guatémaltèques. Pour une liste complète, consultez ce lien. Pour un examen complet des aliments, des tendances artistiques et littéraires dans le Guatemala contemporain, consultez ce site Web.

Perspective canadienne :

Livres :  Guatemala : Nunca Más (REHMI), I, Rigoberta Menchu : I, Rigoberta Menchú (Rigoberta Menchu), Hombres de maíz (Miguel Ángel Asturias), Légendes du Guatemala (Miguel Ángel Asturias), Secret History: The CIA’s Classified Account of Its Operations in Guatemala, 1952-1954 (Nick Cullather), Popol Vuh (anonyme)

Film : Quand les montagnes tremblent, La Camioneta, Marimbas from Hell, Rigoberta Menchu; Broken Silence

Télévision : La plupart des programmes télévisés populaires sont les telenovelas latino-américains (des séries diffusées en journée et en soirée)

Musique : La musique traditionnelle guatémaltèque est appelée marimba; un instrument de type xylophone est utilisé pour jouer des balades. D’autres types de musique sont populaires, notamment la salsa, le merengue, la rumba et le reggaeton. La musique la plus « populaire » au Guatemala provient du Mexique, de Colombie ou d’autres pays hispanophones. 

Cuisine : Les tortillas de maïs, les haricots et le riz, la viande au barbecue BBQ sont autant d’aliments de base. La plupart des plats guatémaltèques contiennent du maïs, comme les tamales, les tortillas de maïs, les épis de maïs, la soupe de maïs.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

Les Canadiens doivent visiter le Museo Ixchel à Guatemala City, et faire des excursions d’une journée pour visiter les repères historiques tout proches, comme Antigua Guatemala, Iximché, le lac Atitlán et Puerto San José. Le Museo Ixchel est un musée du textile de classe mondiale rassemblant à un même endroit un éventail impressionnant de tissages complexes des peuples autochtones du Guatemala. Antigua est l’ancienne capitale coloniale, la ville est actuellement un musée en plein air unique préservant l’architecture baroque et les reliques du XVIIe siècle. Iximché est l’ancienne capitale de la culture Kat’chiquel, une ville merveilleuse pour l’exploration de ses majestueuses pyramides enveloppées dans un écrin de verdure. Le lac Atitlán est un lac de rêve grandiose entouré par quatre villages autochtones. Puerto San José est un port de mer tranquille du Pacifique situé au bout de l’autoroute de la canne à sucre. Les Guatémaltèques de toutes les classes aiment travailler dans leur pays lorsqu’ils en ont l’occasion. Ils apprécient la reconnaissance par les étrangers des réalisations de leur pays, alors que certains étrangers ont tendance à se concentrer principalement sur ses défauts perçus.

Perspective canadienne :

Au Guatemala, il y a toujours deux activités auxquelles vous pouvez participer : le football et la danse. Le football est l’activité principale pendant la journée et les sorties pour aller danser (la salsa, le merengue, etc.) sont très populaires le soir. Parallèlement, avec une culture autochtone aussi riche et une telle beauté naturelle, il y a de nombreux endroits à visiter. Vous pouvez notamment visiter Antigua, Quetzaltenango, les marchés autochtones à Chichicastenango, les collines de Todos Santos, les pyramides mayas à Tikal ou les communautés côtières de Livingston.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

De manière générale, les Guatémaltèques ont une relation difficile avec les personnalités nationales. Jusqu’à récemment, la plupart des icônes culturelles du Guatemala ont fait leur carrière au Mexique en raison d’une profonde aversion des autorités guatémaltèques à l’égard de toute manifestation du travail intellectuel indépendant. Ainsi, un célèbre artiste comme Ricardo Arjona (qui a fait sa carrière au Mexique) est bien plus susceptible d’être considéré comme un héros qu’une personne comme les lauréats du Prix Nobel Rigoberta Menchú (Paix) et Miguel Angel Asturias (Littérature) qui ont tous les deux étés considérés comme des ennemis de l’État et sont encore actuellement considérés avec suspicion par de nombreux Guatémaltèques. Si les catholiques du Guatemala vénèrent l’Apôtre Saint Pierre (Santo Hermano Pedro), les néo-protestants et les membres des églises évangéliques rejettent l’idée que Saint Pierre puisse avoir le statut de personnage national. Même le choix des visages sur la monnaie guatémaltèque reflète cet antagonisme : le visage du dirigeant autochtone (qui pourrait bien avoir été invité) connu sous le nom de Tecún Umán se trouve sur les billets de 50 cents, alors que le visage du Général Carrera, auteur de la répression brutale des populations autochtones, apparaît sur les billets d’un quetzal.

Les plus jeunes Guatémaltèques mentionneraient certainement l’Américano-Guatémaltèque Oscar Isaac (Star Wars : Le Réveil de la Force) comme un représentant notable de leur pays. Pour les Canadiens, il est vivement recommandé de ne pas amener le sujet des héros nationaux, car il pourrait amener des résultats inattendus et désagréables en fonction des orientations idéologiques ou de la situation socioéconomique de vos interlocuteurs. Le fait reste que des centaines de milliers de Guatémaltèques ont été tués et/ou ont disparu au cours de la guerre civile et ces innombrables victimes et leurs victimes n’ont jamais reçu la reconnaissance nationale qui leur est due.

Perspective canadienne :

L’un des héros les plus connus de notre ère est Monseigneur Juan Jose Gerardi Conedera. Cet évêque catholique a dirigé la Commission nationale de réconciliation et qui a également fait partir du groupe qui a dirigé la rédaction du rapport unanimement salué, Guatemala, Nunca Mas!, qui a documenté les abus perpétrés lors de la guerre civile. Deux jours après la publication du rapport, l’évêque a été battu à mort dans son garage.

Rigoberta Menchu est également une héroïne nationale parmi les groupes autochtones. Elle a braqué les projecteurs sur la détresse des groupes autochtones au Guatemala et la lutte pour les droits de l’homme pour ces communautés. Elle est l’auteur du livre I, Rigoberta Menchu.

Les groupes autochtones vénèrent également Tecun Uman, mieux connu comme le plus grand et le dernier des dirigeants du groupe autochtone K’iche

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social ?

Perspective locale :

Comme les pays d’hémisphère occidental, le Guatemala et le Canada partagent d’importants événements dans le début de leur histoire coloniale, comme la concurrence des puissances européennes pour le contrôle des voies maritimes de l’Atlantique ou les principales « découvertes » géographiques et scientifiques des XVIe et XVIIe siècles. Il est préférable d’être discret sur le souvenir des événements historiques partagés, car ils pourraient s’avérer polémiques (histoire autochtone ou noire) ou anachroniques (l’implication active du Canada dans les affaires hémisphériques avant son ouverture aux réfugiés guatémaltèques dans les années 80 ou l’accession du Guatemala en 1990 à l’Organisation des États américains). Bien que les Guatémaltèques réalisent que le Canada fait partie de l’hémisphère, la plupart d’entre eux considèrent comme un écran de mystère coloré par les connotations positives attribuées aux militants des droits de l’homme du Canada depuis les années 80.

Perspective canadienne :

Il n’y a, à ma connaissance, aucun événement historique commun particulier. Toutefois, comme il y a de nombreuses ONG canadiennes travaillant au Guatemala, le Canada et les organisations et sociétés canadiennes sont bien connus.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces ?

Perspective locale :

Les Canadiens doivent éviter de comparer ou d’assimiler les Guatémaltèques aux Mexicains. Il est vrai que de nombreux Guatémaltèques ont emménagé dans le sud du Mexique de manière temporaire ou permanente pendant les années de la Guerre civile, en particulier dans les années 80, en particulier les personnes de la campagne. Pourtant le Guatemala et le Mexique ont des cultures très différentes et ont connu des conflits dans leurs relations historiques. Les Guatémaltèques ne sont pas plus mexicains que les Canadiens ne sont américains. Le Guatemala n’est pas plus le partenaire junior du Mexique que le Canada n’est celui des États-Unis. L’histoire de la République du Guatemala est étroitement imbriquée dans celle de l’Amérique centrale, de même que son identité nationale. Si un Canadien assimile les Guatémaltèques aux Mexicains, cela confirmerait, dans l’esprit de l’interlocuteur guatémaltèque, que le Canadien est mal informé, hypocrite et ne doit pas être pris au sérieux. La crédibilité du Canadien et son statut en souffriraient.

Perspective canadienne :

Un stéréotype préjudiciable que peuvent avoir les Canadiens concerne les communautés autochtones qui sont pauvres et incultes et ont besoin de « développement ». Un stéréotype qu’ont également de nombreux Guatémaltèques. Comme de nombreux Canadiens se trouvent au Guatemala pour assumer un travail humanitaire, il est important qu’ils connaissent et apprécient la véritable nature et la complexité de la culture, des traditions et des connaissances autochtones, avant de tenter de travailler avec ces groupes. 

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

Votre expert en la matière est né au Guatemala, cadet de cinq enfants. Il a grandi à Guatemala City. Sa mère était une institutrice primaire qui l’a exposé à de riches environnements culturels et contacts sociaux. Jeune adulte, il a immigré au Canada où il a fait des études classiques et a étudié la linguistique à l’Université d’Ottawa. À l’université, il a rencontré sa femme et est devenu conjoint d’un membre du service étranger. Il a également décroché une maîtrise en science de l’éducation à l’Université d’État de Géorgie et un doctorat en sociologie de l’apprentissage à l’Université de Toronto. Il a occupé le poste d’expert principal en éducation auprès du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement pendant 5 ans. Il a été professeur invité dans des universités d’Amérique du Sud et d’Europe et a servi de conseiller principal en éducation pour l’UNESCO, l’OIT et la Banque mondiale. Il a plus de 50 publications à son actif.

Perspective canadienne :

J’ai un diplôme universitaire en anthropologie et une maîtrise en études du développement international. Je travaille dans le domaine du développement international depuis 1998 et j’ai travaillé avec des communautés touchées par les conflits, avec un accent sur les jeunes en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Pendant cette période, j’ai vécu et travaillé aux Philippines, au Tadjikistan, en Équateur, au Guatemala, au Pérou, au Népal, à Cuba, en RDC, dans le nord de l’Ouganda, en Éthiopie, au Soudan du Sud et au Burkina Faso. Mes domaines d’expertise comprennent l’éducation, le développement communautaire et les moyens d’existence. J’ai eu l’occasion de beaucoup travailler avec une petite organisation locale de développement communautaire à l’étranger, ainsi qu’avec les Nations Unies. À présent basé au Canada, je travaille avec de petites et grandes ONG canadiennes sur des projets outremer.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.