Hongrie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Un bon sujet de discussion pour amorcer une discussion, comme au Canada, est d’aborder des sujets d’ordre général (famille, travail, loisirs, voyages, etc.). Ne donnez pas de détails sur vos finances personnelles et abordez les questions de politique avec prudence. Les Hongrois sont très susceptibles en ce qui a trait à la politique, et cela se comprend, puisqu’il y a treize ans à peine qu’ils ont commencé à édifier une démocratie et une économie de marché libre. Les Hongrois aiment l’humour et les bonnes plaisanteries, mais il est habituellement préférable de ne pas en faire vous-même à la première rencontre.

Il faut savoir aussi qu’à la fin du 20e siècle, la Hongrie appartenait à l’Empire austro-hongrois et que durant la Première Guerre mondiale, elle s’est rangée du côté de l’Allemagne. À la fin de la guerre et après la capitulation de l’Allemagne et de ses alliés, elle a été forcée de signer le Traité de Versailles et le Traité de Trianon. Ce traité a eu de graves conséquences pour la Hongrie parce que ses frontières ont été redessinées et plus de trois millions de Hongrois se sont trouvés alors séparés de la mère patrie et rattachés à la Slovaquie, à l’Ukraine, à la Yougoslavie et à la Roumanie (à la Transylvanie plus précisément, l’un des lieux de naissance de la Nation hongroise). Ce sont là des blessures anciennes qu’un étranger n’a pas intérêt à réveiller. Les Hongrois vivant à l’extérieur de la Hongrie, dans les régions susmentionnées, continuent d’entretenir de solides liens culturels avec la mère patrie et sont appelés « Hongrois d’outre frontière » ou Magyars. Dernièrement, la fièvre nationaliste a été alimentée par des extrémistes à ce sujet et on espère qu’avec l’expansion de l’Union européenne, les frontières disparaîtront et que la culture de ces peuples pourra s’épanouir au sein de la culture hongroise.

Point de vue canadien :

La famille et le travail sont de bons sujets de discussion. En général, les gens s’intéressent à votre situation familiale, à vos activités professionnelles, à votre pays d’origine, etc. Il désirent comprendre le contexte entourant votre arrivée en Hongrie.

Les Hongrois apprécient que les étrangers décrivent leurs impressions des lieux qu’ils désirent visiter en Hongrie. Ils s’empressent alors de faire des suggestions sur ce qui est à voir ou à visiter.

Comme les Hongrois sont fiers de leur riche cuisine et de leurs vins, en parler en bien suscitera sûrement leur intérêt.

La plupart des Hongrois voient la présence des étrangers (en particulier des Américains) en Hongrie avec scepticisme. Il serait donc plus sage de ne pas manifester d’enthousiasme à l’égard de l’influence économique américaine, très visible dans le pays. Les Hongrois disent souvent, qu’après le départ des Russes, les Américains ont envahi le pays pour s’accaparer de leur économie et racontent des plaisanteries sur l’influence américaine qu’ils qualifient de pire que la russe! Il est intéressant, toutefois, de souligner qu’il existe une présence économique considérable de l’Allemagne que les gens ne désapprouvent pas autant que la présence américaine.

Les Hongrois ont survécu à de graves crises économiques. Il est par conséquent important d’être conscient du fait que la plupart des Hongrois (même les professionnels tels que les docteurs, les professeurs, les enseignants, qui sont mal payés) n’ont pas les moyens de s’offrir les mêmes divertissements (restaurants chics, opéra, théâtre) que les étrangers.

Les Hongrois ont un sens de l’humour quelque peu caustique et, comme ils sont habituellement très francs, il est facile de s’y habituer. Ils aiment se plaindre et plaisanter souvent des vestiges du système bureaucratique inefficace hérité de l’ère communiste.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Les Hongrois, comme les Canadiens, ont en général un sens très aigu de la distance personnelle et se tiennent ordinairement à une longueur de bras tendu de leur interlocuteur. La distance peut être plus grande s’ils s’adressent ou traitent avec des étrangers. Il est préférable de déterminer d’abord le degré de confort de l’interlocuteur avant de le toucher et sa préférence quant à la distance personnelle.

Il n’est pas important de maintenir un contact visuel permanent, mais éviter le regard de l’autre est considéré comme un signe de malhonnêteté.

Les hommes se serrent la main entre eux, mais vous devez attendre que votre superviseur vous tende la sienne avant de la lui serrer. Un homme ne doit aussi serrer la main d’une femme que si elle la lui tend d’abord. Lors d’événements très officiels, il est acceptable de baiser la main d’une femme. Dans certains cas, lorsque des liens informels ont été tissés ou avec des parents ou des amis très proches, les hommes et les femmes peuvent s’embrasser sur chaque joue. Les hommes ne se touchent pas en général lors d’une conversation.

Les Hongrois font un minimum de gestes.

Point de vue canadien :

Les Hongrois sont habitués à vivre dans de petits appartements, particulièrement à Budapest, et c’est peut-être pour cette raison que leur distance personnelle est très petite par rapport à celle des Canadiens. Une distance personnelle acceptable, lorsque l’on discute, peut être plus petite qu’au Canada, à condition que l’on connaisse bien son interlocuteur.

Le contact visuel est jugé courtois et montre que l’on est franc et honnête, ce qui est très important aux yeux des Hongrois.

En ce qui a trait au toucher au cours de conversations, il ne se fait que lorsque l’interlocuteur commence à vous apprécier à un niveau personnel ou professionnel. Les Hongrois embrassent leurs amis sur les deux joues pour les saluer.

Les Hongrois sont souvent brusques dans leurs observations et leurs opinions. Il ne faut donc pas se sentir gêné si des collègues ou des amis expriment avec vigueur une divergence d’opinion ou élèvent la voix, parce que cela est normal et ne doit pas être pris comme une offense personnelle.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Bien que les Hongrois soient très émotifs, ce qui se reflète dans la musique, la poésie et la littérature hongroises, ils sont très réservés en public. Il est impoli de laisser éclater sa colère en public ou de se laisser aller émotivement. Naturellement, cela varie avec les groupes d’âge, par exemple, les jeunes gens étalent leur affection plus souvent que leurs aînés, mais dans la vie professionnelle, ils sont encore assez conservateurs.

Point de vue canadien :

Les démonstrations d’affection en public sont normales, comme on peut le constater au nombre de couples qui s’embrassent dans le métro, l’autobus, la rue, etc.

Il est parfaitement normal pour les amis et la famille de ne pas être du même avis et d’élever la voix. Les Hongrois cachent rarement leur mécontentement. Il ne faut pas s’en formaliser parce que ces démonstrations passent aussi rapidement qu’elles ont surgi.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

En général, les pratiques de travail se comparent à celles du Canada, la Hongrie s’attachant depuis longtemps aux normes occidentales de productivité. Cela est d’autant plus vrai depuis que la Hongrie s’est jointe à l’Union européenne le 1er mai 2004.

Les styles et le rythme de travail diffèrent d’un milieu à l’autre, mais il est important d’être soigné et ponctuel. En général et à l’instar des Canadiens, les Hongrois sont relativement spontanés, mais les hommes et les femmes tendent à s’habiller de façon conservatrice au travail. L’habillement dépend aussi du type d’emploi. Dans un environnement officiel de bureau, les hommes portent habituellement le costume et la cravate et, les femmes, des vêtements de ville. Dans d’autres milieux, l’habillement peut être plus décontracté et les gens portent, par exemple, des jeans, des pulls, etc. Les gens portent généralement un complet-veston (et les femmes des vêtements de ville) lorsqu’ils se présentent dans un nouveau milieu de travail, puis adaptent leur habillement en fonction de ce que portent les collègues. Comme les Hongrois sont généralement ouverts, amicaux et serviables, les collègues pourront vous aider si vous avez des questions à cet égard.

On doit s’adresser aux collègues et aux superviseurs en utilisant Monsieur, Madame ou Mademoiselle suivi du nom de la personne. Lorsque les rapports se font plus chaleureux et confiants, il est possible de s’adresser aux collègues d’une façon plus familière, avec la permission de ces derniers. Habituellement, cela ne se fait pas avec les superviseurs, et dans le cas contraire, il faudra beaucoup de temps avant qu’ils ne l’acceptent.

La plupart des superviseurs tiennent au respect des délais. Il n’est donc pas rare de travailler de nombreuses heures supplémentaires pour réaliser les travaux dans les délais requis, et ne pas effectuer de surtemps peut être mal accepté.

Dans un très petit nombre de milieux, les employés sont autorisés à avoir un horaire flexible, mais la ponctualité et la fiabilité sont très importantes pour les collègues et les dirigeants. La plupart des superviseurs aiment être ponctuels et exigent que leurs subordonnés soient productifs.

Les absences ne sont acceptées que si elles sont déclarées et dûment justifiées à l’avance. Dans les cas d’absence imprévue, le superviseur s’attend à être averti par téléphone. S’il en est empêché, l’employé absent doit se présenter au superviseur à son retour et lui expliquer pourquoi il ne s’est pas présenté au travail.

Point de vue canadien :

Bien que les rues de Budapest soient bondées de gens qui portent des vêtements ostentatoires (et superbes), particulièrement les femmes, et cela dans le but d’être pris au sérieux au travail, il est conseillé de s’habiller de façon conservatrice. Les Hongrois travaillent énormément leur apparence. Il est important de porter des vêtements propres, soignés et repassés.

La plupart des noms hongrois sont raccourcis, mais ils ne doivent être utilisés que lorsque les gens vous invitent à le faire. Il n’est pas rare pour les Hongrois de se faire appeler par leur nom officiel au bureau et par leur nom raccourci par les amis et la famille. Des exemples de noms masculins abrégés seraient : Laszlo-Laci, Karoly- Karcsi, Gabor-Gabi, Sandor-Sani, Zsolt-Zsolti, et Zoltan-Zoli. Pour les noms féminins: Ilona-Itca, Zsofia-Zsofi, Zsuzsa-Zsu ou Zsuzsi, Marta-Marti et Monika-Moni.

En Hongrie, vous êtes présenté aux collègues et aux amis par votre nom de famille suivi de votre prénom. En milieu de travail, si vous parlez l’anglais, les gens peuvent vous présenter à l’anglaise en utilisant d’abord votre prénom. (Notez que la plupart des Hongrois communiquent en anglais avec les étrangers et un grand nombre d’entre eux connaissent aussi l’allemand. Un plus petit nombre parlent le français).

La forme ö formelle doit être utilisée le plus possible d’abord, puis abandonnée uniquement si l’interlocuteur accepte le te. Il est aussi fréquent qu’un interlocuteur utilise le te et que l’autre continue d’utiliser le ö par respect, particulièrement avec les aînés.

Le statut est très important dans la société hongroise et par conséquent, il est essentiel de montrer du respect à l’égard des collègues et des superviseurs.

En moyenne, les Hongrois arrivent au travail plus tôt que les Canadiens et il est courant de travailler de longues heures, sans pause-repas. Il est important de comprendre que beaucoup de Hongrois assument plus d’un emploi (rémunéré) à la fois et travaillent très fort pour gagner leur vie.

Les retards, le non-respect des délais et l’absentéisme sont désapprouvés en milieu de travail, particulièrement si vous êtes un étranger. Appliquez les mêmes règles qu’au Canada.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Il est important de rappeler que la Hongrie s’est séparée du système communiste il y a 13 ans à peine, et que depuis, elle travaille à l’édification d’une société démocratique et de marché libre. De ce fait, les cadres s’inscrivent dans des catégories différentes. La première regroupe les cadres supérieurs qui en raison de leurs études, compétences et qualités personnelles étaient employés dans la société communiste. La deuxième comprend les cadres qui sont arrivés au pouvoir par influence politique sans posséder les compétences ou la formation requises et qui ont soit acquis les qualités nécessaires, soit été écartés lors du changement de système politique. La troisième catégorie englobe ceux qui, malgré tout, sont restés en assez grand nombre dans leur poste en utilisant les connaissances qu’ils ont acquises sous le système précédent ou qui ont su utiliser et exploiter les possibilités que le changement de système politique leur offrait. Au cours des 13 dernières années, un nouveau style de gestion et de supervision a lentement fait son apparition.

Les qualités recherchées chez les cadres locaux sont les études, l’expérience, le leadership, l’ouverture aux nouvelles idées, la capacité de travailler fort et la personnalité. Les leaders doivent pouvoir gagner la confiance de leurs employés par leur propre comportement et talent et doivent pouvoir donner l’exemple.

En général, les employés auront davantage tendance à coopérer avec un gestionnaire qui est ouvert à leurs idées et besoins. Cela est aussi vrai d’un ressortissant étranger. Comme on l’a mentionné précédemment, les Hongrois sont habituellement ouverts et amicaux, mais les ressortissants étrangers doivent éviter de chercher à s’imposer parce que cela pourrait insulter les Hongrois au point qu’ils ne feront pas de bons partenaires en affaires ou de bons employés. Tôt ou tard, grâce à des discussions officieuses et directes avec ses employés, le gestionnaire finira par savoir ce qu’ils pensent de lui.

Point de vue canadien :

Les qualités les plus recherchées sont les études, l’intelligence, les connaissances, l’ambition et la capacité de parler plusieurs langues. Qu’il soit du pays ou non, les Hongrois ne respecteront pas un employé ou un superviseur s’il n’a pas les compétences et les qualités voulues, et ils le remarqueront très rapidement si tel est le cas. Les mêmes qualités s’appliquent aux expatriés.

Les Hongrois étant généralement honnêtes et directs, ils vous feront savoir ce qu’ils pensent de vous si l’occasion se présente.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Cela dépend du milieu de travail. Dans une grande entreprise, les décisions principales sont prises par le conseil d’administration ou les propriétaires. Elles sont ensuite transmises aux gestionnaires, directeurs, etc., aux fins d’exécution par les employés. Selon le travail à faire, le superviseur immédiat pourrait en parler avec ses employés, discuter du travail en question et de la façon dont il voudrait qu’il soit exécuté; il peut à ce moment-là demander des propositions de ses employés. Les idées des employés peuvent être discutées et acceptées.

Pour d’autres travaux, les employés recevront un ordre direct sur ce qui doit être fait et par qui. Il est acceptable d’aborder son supérieur immédiat pour obtenir des renseignments ou une rétroaction, mais cela dépend en général de la personnalité du superviseur en question. La plupart tolèrent ce genre de pratique et d’autres, non.

Point de vue canadien :

Le milieu de travail en Hongrie est parfois très hiérarchisé, et les décisions et les idées sont respectivement prises et générées aux plus hauts échelons. Bien qu’il soit acceptable de consulter son superviseur, cela doit être fait avec respect et courtoisie, qui sont des éléments très appréciés dans la société hongroise.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : La Hongrie est relativement moderne. On n’y observe pas de problèmes quant au rôle de la femme. Par contre, les femmes doivent prouver leurs talents plus que les hommes.

Religion : Comme en Hongrie chacun est libre de pratiquer la religion de son choix, personne ne traite de la question. Les croyances religieuses, que ce soit à titre personnel ou officiel sont strictement du domaine privé et, par conséquent, il n’existe pas de discrimination pour des raisons de religion.

Classe : En général, dans la Hongrie d’aujourd’hui, il n’y a pas de classes sociales. S’il devait y en avoir, cela donnerait divers groupes comme, par exemple, les intellectuels, les ouvriers qualifiés, les ouvriers non spécialisés, les paysans, les sans-abri et les immigrants sans connaissances professionnelles particulières venant en Hongrie pour y travailler.

Origine ethnique : En général, la Hongrie n’a pas de problèmes liés à l’origine ethnique, mais elle compte tout de même de petits groupes de gens qui détestent les gitans, qui sont antisémites ou qui se plaignent de l’arrivée en Hongrie de gens sans compétences spécialisées, prétextant qu’ils prennent leurs emplois. Cela ne reflète pas la politique du gouvernement ou des autorités hongroises, comme le stipulent les lois de la Hongrie qui, aujourd’hui, se conforment très étroitement au régime législatif de l’Union européenne.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : La Hongrie est en retard par rapport au Canada en ce qui a trait au rôle de la femme au foyer et en milieu de travail. Les femmes sont en moyenne beaucoup moins payées que les hommes et peuvent parfois être facilement renvoyées, surtout si elles s’habillent de façon trop relâchée.

Religion : La religion n’est pas une préoccupation des Hongrois dans les milieux de travail ou sociaux.

Classe : La Hongrie est encore une société très axée sur la classe. Il n’est pas rare que des collègues et amis vous posent des questions sur le statut professionnel de vos parents. De plus, il est fréquent d’indiquer dans son curriculum vitae des renseignements personnels supplémentaires (hors du champ professionnel) tels que la profession des parents.

Origine ethnique : L’origine ethnique est un sujet plus présent que la religion en Hongrie. Comme il existe plusieurs groupes ethniques hongrois en Roumanie, Serbie et Slovaquie, les Hongrois font la différence entre la nationalité et l’origine ethnique d’une personne.

En ce qui a trait aux autres groupes ethniques, les Hongrois n’aiment pas les Roms et ne les considèrent pas comme des citoyens, bien que ces derniers vivent en Hongrie depuis des siècles. Les Hongrois commencent aussi à s’inquiéter de la croissance de la population d’origine asiatique, surtout à Budapest.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Je crois qu’il est important d’établir une relation personnelle avec les collègues ou un client avant d’entrer en affaires parce qu’il y a une interdépendance dans les deux cas et qu’il est important de savoir avec qui l’on travaille et jusqu’à quel point on peut lui faire confiance. Pour établir une telle relation, il faut être sérieux et ouvert, se présenter de façon engageante et ne donner que les renseignements personnels qui sont nécessaires. Les questions personnelles telles que la santé, la richesse, les questions familiales personnelles, etc., sont habituellement évitées. La plupart du temps, les antécédents professionnels et les questions liées au travail ou aux affaires sont les meilleurs sujets à aborder.

Point de vue canadien :

L’établissement de relations personnelles avec les clients et les collègues est chose normale. Alors que la vie privée des employés n’est généralement pas discutée dans les milieux de travail canadiens, cela n’est pas le cas en Hongrie. Les Hongrois trouvent important d’apprécier les gens avec qui ils traitent et de leur faire confiance. Ils aiment donc se faire une idée précise et entière des gens en ce qui a trait à leurs antécédents, leur nationalité, leur famille, leurs amis, etc.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Cela n’est pas une pratique habituelle en Hongrie, particulièrement en ce qui a trait aux augmentations de salaire. Le seul cas où il est possible de recommander le recrutement d’un ami ou d’un membre de la famille serait que la compagnie en profiterait elle-même, et non pas la personne à recruter uniquement.

Point de vue canadien :

Comme la Hongrie est le théâtre d’une forte implication des États-Unis et de l’Allemagne dans le secteur des affaires, et des États-Unis et de l’OTAN dans le domaine politique, les Hongrois sont très conscients de la façon dont les étrangers fonctionnent en milieu de travail et ne s’attendent pas à des privilèges particuliers de leur part. Étant donné qu’on obtient souvent un emploi grâce à des contacts personnels, les Hongrois savent faire la différence entre les modes de recrutement des étrangers et les pratiques des entreprises locales.

Il est acceptable d’accorder des privilèges particuliers sur la base de réalisations professionnelles et du mérite, comme au Canada.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Le meilleur moyen est de s’asseoir avec le collègue et d’essayer de résoudre le problème, et peut-être d’en arriver à un compromis en acceptant son point de vue. Comme il a été déjà mentionné, les Hongrois sont habituellement ouverts et amicaux, et n’aiment pas les conflits. Il est donc très facile de parvenir à un accord. Si un problème existe, il faut en discuter et ne pas laisser le conflit s’aggraver.

Point de vue canadien :

La meilleure approche serait d’affronter la personne en tête-à-tête, étant donné que les Hongrois apprécient l’honnêteté et s’attendent à ce que l’on soit honnête à leur égard.

Si vous soupçonnez qu’un collègue est offensé, il est préférable de l’aborder en privé pour discuter du problème avec lui. Même si les Hongrois sont normalement directs, ils peuvent être intimidés envers un étranger.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

La satisfaction au travail, l’engagement, la rémunération, la loyauté, de bonnes conditions de travail, la crainte de l’échec, etc. sont tous des facteurs importants de motivation en Hongrie. Je crois que de tous ces facteurs, la satisfaction au travail et la rémunération sont les plus importants. De plus, un bon emploi est difficile à trouver en Hongrie et chacun fait tout son possible pour garder un emploi satisfaisant et rémunérateur.

Point de vue canadien :

Il est difficile de gagner sa vie en Hongrie, même avec des diplômes universitaires. Un bon salaire est par conséquent un grand facteur de motivation. Les Hongrois jugent important de respecter leur supérieur et de lui faire confiance.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Pour comprendre la culture hongroise, il faut savoir que les tribus nomades hongroises sont venues d’Europe pour s’installer dans le bassin des Carpates aux environs de 1 000 avant Jésus-Christ. Ils ont amené avec eux leur propre culture et leur langue, qui est complètement différente des autres langues européennes. Ils se sont sédentarisés et convertis au christianisme sous le règne du roi Steven, et depuis, ils ont essayé de garder leur identité, même s’ils ont guerroyé pendant des siècles. Les terres des Hongrois ont été envahies par les Tatars, les Turcs, les Français, les Autrichiens, les Allemands et les Russes, et malgré toutes ces périodes d’asservissement, les Hongrois ont réussi à garder leur identité nationale, leur propre langue, leur musique, leur poésie et leurs arts. Ils ont leurs propres héros nationaux qui se sont battus et qui ont donné leur vie pour défendre la souveraineté de la Hongrie.

Il faut savoir aussi que dans les années 1920, les conditions économiques et autres étaient très difficiles en Hongrie et, à cette époque, plus de trois millions de Hongrois ont quitté le pays et émigré dans des pays plus développés tels que le Canada ou les États-Unis. La Hongrie a connu une autre grande vague d’émigration après la révolte contre la tyrannie russe en 1956. Plusieurs de ces Hongrois, y compris ceux qui résident aujourd’hui au Canada, ont essayé de garder leur culture, leur langue, leur musique et ont fondé des centres culturels. Même aujourd’hui, on retrouve de tels centres culturels hongrois partout au Canada.

On peut trouver au Canada de nombreuses informations sur la Hongrie et sur la vie culturelle hongroise. À Toronto se trouve le Centre culturel canado-hongrois qui possède une bibliothèque riche en renseignements destinés aux personnes qui veulent en savoir plus sur la Hongrie. Des groupes hongrois publient au Canada quatre hebdomadaires, produisent une émission de télévision sur le canal OMNI-1 de CFMT, et possèdent deux stations de radio. Ces médias sont en langue hongroise, mais il est possible d’y accéder en anglais.

À l’Université de Toronto, il existe une Faculté d’études hongroises où toutes sortes de renseignements peuvent être obtenus sur la Hongrie, son histoire, sa langue et sa culture. De plus, on peut se procurer toutes sortes de livres sur la Hongrie dans les différentes librairies hongroises de Toronto, dont Pannonia Books, située au 104, rue Belmont, ou Panorama, au 55, rue Bloor. On y vend des livres en hongrois et en anglais sur la Hongrie.

Deux bons sites Web à consulter sont : www.mti.hu et www.budapestinfo.hu. Les deux sites Web ont des rubriques en langue anglaise portant sur différents sujets qui permettent de se renseigner sur la Hongrie, passée et présente.

Point de vue canadien :

Les sites internet suivants vous permettront de vous familiariser avec la Hongrie : http://www.hungarytourism.hu/index.php?sid=ce08810195&langid=En – Il s’agit du site du Bureau du tourisme de Hongrie qui décrit très bien ce que la Hongrie a de mieux à offrir aux touristes en ce qui a trait à la dégustation de vins à Tokaj et Eger, aux stations thermales, aux musées les plus fréquentés, aux restaurants, etc. http://traveltohungary.com/indexload.cgi?/english/hungary/places.htm – visite virtuelle de Budapest et d’autres grandes villes touristiques de Hongrie. Le site est idéal pour se faire une idée du pays et des lieux que vous aimeriez visiter. http://www.brigetio.hu/~personal/vt.htm – visite virtuelle des plus beaux sites de Budapest. http://www.hungary.org/users/hipcat/ – offre les dernières nouvelles, renseignements sur la culture et l’histoire du pays, iens connexes. http://www.ace.hu/ceicom/hungary/hunliste.html – information sur les nombreux musées hongrois ainsi qu’une visite virtuelle. http://hungaria.org/hal/hal.php?halid=14&menuid=215 – histoire de la Hongrie et fêtes nationales hongroises.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Il y a différents magazines à l’Ambassade ou dans les hôtels, qui fournissent des renseignements sur la ville de Budapest, tels que les événements culturels ou les restaurants.

Lorsque vous serez en Hongrie, je vous recommanderais de visiter les musées (il y en a une multitude), de regarder les émissions de télévision hongroises (il y a environ 10 canaux de télévision), d’écouter la radio, etc. Des agences de voyage offrent des visites touristiques avec guides parlant l’anglais, qui peuvent aider à vous familiariser avec la culture hongroise. Les concierges des différents hôtels peuvent aussi vous aider. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de l’Ambassade sur ce qui se fait à Budapest tels que les événements culturels, ce qu’il y a à voir, etc., et obtenir des conseils et des recommandations utiles.

Point de vue canadien :

Il existe deux journaux de langue anglaise. Le Budapest Sun offre un survol des nouvelles politiques et économiques ainsi qu’une liste des événements et des films de langue anglaise. Le Budapest Business Journal est très bien rédigé et permet de se faire une idée du monde des affaires en Hongrie. On peut se procurer ces journaux dans la plupart des kiosques de Budapest.

Il y a des bureaux de tourisme dans la plupart des stations de métro, où l’on peut acheter des billets pour assister à ces événements qui sont le plus souvent en hongrois. Si vous désirez assister à une représentation à l’Opéra, par exemple, la meilleure chose à faire serait de vous y rendre en personne pour vous procurer des billets.

On peut trouver des billets pour des visites en bateau sur le Danube ou se promener le long de la voie Vaci utca. Vous pourrez aussi vous renseigner auprès des bureaux d’information touristique qui s’y trouvent.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Les héros hongrois sont ceux qui ont lutté pour l’indépendance et la souveraineté. Il y a aussi des musiciens réputés, des réalisateurs cinématographiques, des peintres, des poètes, des écrivains, des scientifiques, des médecins, des économistes et des sportifs. Tous contribuent à la réputation de la Hongrie et à la faire connaître.

Point de vue canadien :

Parmi les héros nationaux du pays figurent notamment :

Lajos Kossuth. Il a été gouverneur de Hongrie et s’est battu pour l’indépendance du pays sous l’Empire autrichien au cours de la révolution démocratique de 1848. La Hongrie a acquis une certaine autonomie et l’Empire autrichien est devenu « l’Empire austro-hongrois » à double régime monarchique, l’empereur autrichien étant également roi de Hongrie. Durant les quarante-cinq dernières années de sa vie, Kossuth a beaucoup voyagé à l’étranger, aux États-Unis, en Angleterre et en Italie, afin de promouvoir l’indépendance de la Hongrie et de défendre les libertés civiles sous l’occupation.

Ferenc Rákóczi II (1676-1735). A mené la première révolte concertée pour libérer les Hongrois du joug des Habsbourg (Autrichiens) au début du XVIIIe siècle. Avec l’aide du roi de France, Louis XIV, et une détermination farouche, Rákóczi a essayé plusieurs fois, sans succès, de lutter contre l’Empire autrichien.

Sandor Petõfi. L’un des plus grands poètes hongrois. Décédé à un très jeune âge, il a tout de même été un écrivain prolifique. Les idéaux romantiques proclamés par cet ardent défenseur de la liberté de son vivant ont continué à animer les Hongrois après sa mort.

Pour plus d’information sur d’autres Hongrois célèbres, consultez le site : http://www.hungary.org/users/hipcat/famous.htm.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

En Hongrie, le Canada a toujours été considéré comme un pays qui a accepté des immigrants du monde entier, de Hongrie notamment, et il est donc très respecté en tant que pays multiculturel où des gens venant de toutes les régions du monde vivent en paix. Comme le Canada n’est pas une superpuissance comme le sont les États-Unis, les Hongrois se sentent plus proches du Canada que de son puissant voisin. En raison du grand nombre d’immigrants hongrois au Canada, les liens familiaux entre les deux pays sont étroits et considérables. De plus, le Canada est reconnu et admiré à cause de sa richesse, de son industrie hautement développée, de ses ressources intellectuelles et de son magnifique environnement. Je ne vois donc aucun problème qui pourrait se répercuter sur les relations de travail ou sociales.

Point de vue canadien :

Non.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Il n’y a rien à mon avis qui pourrait perturber les relations. En général, les Hongrois apprécient les Canadiens.

Point de vue canadien :

La Hongrie n’est pas très bien connue au Canada et je ne connais aucun stéréotype qui puisse avoir un impact négatif.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née en Hongrie, d'une mère hongroise et d'un père canadien, ce qui fait qu'elle possède la double citoyenneté canadienne et hongroise. Elle a grandi à Cegled, une petite ville, jusqu'à l'âge de 6 ans, puis elle s'est installée avec sa famille à Budapest, la capitale de la Hongrie. Elle a fait toutes ses études dans cette ville et a obtenu un diplôme d'ingénieur du Collège des sciences informatiques de Budapest. Après quoi, votre interprète culturelle a déménagé au Canada pour y vivre et travailler. Elle réside et travaille à plein temps à Toronto, avec ses deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née dans une petite ville appelée Port Dover, dans le sud-ouest de l'Ontario, où plusieurs Hongrois et d'autres Européens se sont établis et ont bâti leurs propres communautés. Elle a fait des études en sciences politiques à l'Université de Guelph et obtenu une maîtrise en sciences politiques de l'Université de Waterloo. Elle a ensuite travaillé à Washington, DC, puis en Hongrie, et a étudié à l'Université Kossuth Lajos, à Debrecen et à Kozgazdagsagi Egyetem, à Budapest. Elle a aussi enseigné l'anglais à Lac Balaton et travaillé pour l'OTAN, à Budapest, alors que la Hongrie se joignait à l'Alliance. Plus récemment, en 2000, elle est retournée en Hongrie en vue d'enseigner les relations internationales à l'Université des sciences politiques et de droit international Eotvos Lorand. Elle est depuis revenue au Canada afin d'achever une deuxième maîtrise à l'École des affaires internationales Norman Paterson, à Ottawa. Elle est lobbyiste depuis plus de deux ans pour une compagnie privée d'Ottawa.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.