Irlande

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Lors d'une première rencontre, on peut discuter de plusieurs sujets, notamment la littérature, la musique, l'histoire d'Irlande ainsi que les sports (surtout les jeux gaéliques). Les points de discussion pourraient porter sur l'Irlande depuis l'avènement du Tigre celtique. Les Irlandais sont en général très fiers de leur culture, ainsi vous vous ferez des amis si vous parlez de ce qui vous a séduit depuis que vous êtes en Irlande. En société, une bonne façon d'entamer une conversation consiste à se faire recommander une boisson parmi celles qu'offre l'établissement.

Les sujets qui peuvent prêter à controverse et qui doivent être évités sont ceux qui contiennent des stéréotypes ou des clichés sur l'Irlande; l'Irlande du Nord et le rôle du R.-U. dans la politique irlandaise, le divorce, l'homosexualité ou l'avortement (il y a beaucoup d'Irlandais pratiquants ou socialement conservateurs). Dire que la République d'Irlande fait partie du Royaume-Uni ou de la Grande-Bretagne risque d'être mal interprété. Il faut faire attention de ne pas traiter quelqu'un de  " mick ", ce serait une calomnie grave.  Les Irlandais sont assez nationalistes, il faut donc éviter de prendre part à toute critique de l'Irlande.

L'humour compte pour beaucoup si l'on veut briser la glace et gagner la confiance des autres. Les Irlandais l'utilisent comme mécanisme de défense, autodégradant ou ironique. Il est également courant que " plus on vous insulte et plus on vous aime ". " Slagging " ou la critique, comme on appelle cet échange d'insultes et de taquineries, veut refléter la solidité d'une relation entre ceux qui participent à cet échange sans connotation péjorative. Le visiteur pourrait être porté à croire que de telles plaisanteries au frais d'un autre sont particulièrement personnelles ou dures. En revanche, si vous faites l'objet d'un match de " slagging ", vous vous ferez vraiment respecter si vos répliques sont aussi bonnes que les attaques dont vous faites l'objet, le tout dans un esprit d'amitié et sans que cela ne devienne personnel.

Généralement, tachez de rester modeste et sincère - la vantardise ou l'arrogance ne sont pas bien perçues. On apprécie la finesse d'esprit, le sarcasme et l'éloquence des tournures de phrase, à condition que cela ne se fasse pas de manière condescendante ou prétentieuse.

Point de vue canadien :

Il est très difficile d'offenser les Irlandais. Ils sont réputés pour leur sens de l'humour. Entamer une première conversation ne devrait pas être difficile. L'horrible temps pluvieux constitue un bon sujet d'ouverture, un sujet permanent. On peut également poser des questions comme : Où habitez-vous? Quel genre de quartier est-ce ? Avez-vous visité mon pays ?

Il n'y a pas vraiment de sujets de conversation tabous avec les Irlandais. Toutefois, si vous voulez vraiment impressionner vos interlocuteurs, évitez les stéréotypes sur l'alcoolisme, la religion et les Anglais. Le rapport avec ces trois éléments a changé significativement, il est très différent des conceptions qu'en ont les Nord-Américains. La consommation d'alcool a diminué en Irlande, toutefois c'est une activité prisée. La presque totalité de ceux que vous rencontrez vont probablement boire, mais pas nécessairement toutes les semaines et pas nécessairement de grandes quantités. L'État tente d'adopter une législation pour changer les habitudes de consommation d'alcool en Irlande. La fréquentation des églises a nettement évolué au cours des 30 dernières années, cependant la population demeure en majorité catholique, cela ne signifie pas que l'Irlande continue de fréquenter les églises au même rythme qu'avant.

Les relations avec l'Angleterre ont, heureusement, changé. Les deux pays, malgré une situation tiède en Irlande du Nord, entretiennent des relations très cordiales, semblables aux relations entre n'importe quels deux pays européens. L'Irlande a beaucoup évolué au cours des trente dernières années, en réalité elle a traversé une crise identitaire au présent, la transformant de l'Irlande du passé à une nation moderne et intégrée à l'Europe à part entière. En bref, entamer une conversation en Irlande n'est pas difficile. Le problème c'est d'y mettre fin!

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

L'espace personnel requis au contact d'une autre personne est quelque peu inférieur à celui adopté au Canada. Le contact visuel appuyé, mais pas constant, est important pour faire preuve d'engagement. La culture irlandaise est souvent machiste et on voit rarement des hommes se toucher. En milieu de travail, les hommes devraient éviter de toucher les femmes. La gesticulation discrète et le ton calme sont de mise. Se laisser aller à ses émotions, être bruyant, susceptible ou amical en début de relation risque de paraître artificiel et de repousser les gens. On est généralement plus direct qu'au Canada, mais par souci de politesse, les ordres peuvent être transmis sous forme de demandes.

En ce qui concerne la gesticulation lors d'une première rencontre, il est de coutume de se serrer la main fermement. Le signe " V " pour victoire avec la paume tournée vers l'intérieur équivaut au pointage du majeur en Amérique du Nord. En outre, au lieu de pointer quelque chose du doigt, de nombreux Irlandais hocheront la tête en direction de l'objet faisant l'objet de la discussion ou lèveront le menton vers l'objet.

Point de vue canadien :

À cet égard, l'Irlande a les mêmes habitudes que les pays nord-américains. Par exemple, tenez-vous au moins à deux pieds de votre interlocuteur. Le contact visuel est toujours une bonne chose, particulièrement dans des situations ouvertement formelles. Pour saluer, on serre la main. Les hommes et les femmes ne s'embrassent pas sur la joue, comme le font les Français ou les latins en général, cela ne se fait qu'entre gens qui se connaissent bien. Le majeur pointé et d'autres gestes obscènes de la main changent selon la situation, comme en Amérique du Nord. 

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Lors de réunions sociales décontractées, il est plus courant de laisser apparaître ses émotions qu'au Canada, surtout dans les pubs et boîtes de nuit ainsi qu'en compagnie de jeunes. Les démonstrations publiques en milieu de travail devraient être évitées; en général, il est recommandé de rester calme sans être guindé.

Point de vue canadien :

Je dirais très certainement que les démonstrations émotives sont communes aux deux pays : que ce soit d'affection ou de colère. À cet égard, l'Irlande n'est pas une société réservée !

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

À Dublin, la tenue vestimentaire au bureau est très conservatrice (costume sombre et cravate), particulièrement lorsqu'il s'agit de postes en finance ou en gestion, et un peu moins conservatrice dans d'autres secteurs. Il est judicieux d'adopter une tenue décontractée mais discrète, c.-à-d., une chemise et des pantalons pour les hommes; un costume à pantalon discret pour les femmes.

En milieu de travail, l'interaction se fait généralement de façon aimable et décontractée. Il faut tout de même entretenir un certain protocole quand il s'agit de personnes en position d'autorité, ce qui est moins le cas au Canada. On utilise presque tout de suite les prénoms lorsqu'il s'agit de collègues. Lorsqu'on s'adresse à des personnes hiérarchiquement supérieures, il vaut mieux être prudent et protocolaire en utilisant le " monsieur " et " madame " lors d'une première rencontre. Il se peut que l'on puisse s'en dispenser mais cela dépend de la culture d'entreprise.

La ponctualité est importante lorsqu'il s'agit de réunions d'affaires, mais quand il est question d'activités sociales, le temps est plus fluide - il ne faut pas s'étonner de devoir attendre une heure pour qu'arrive la connaissance avec laquelle vous avez rendez-vous. À noter toutefois, les choses ne se déroulent pas de la même façon pour les étrangers et les gens s'attendent à ce que vous arriviez à temps. Dans l'ensemble, vous devez vous attendre à ce que vos employés aient cette attitude flexible là où le temps est concerné, mais pas dans la réalisation de leurs travaux.

Point de vue canadien :

Le travail en Irlande est semblable au travail dans n'importe quel pays européen.  La tenue d'affaires occidentale ou la tenue décontractée constitue la norme, selon précisément le milieu. En général, on appelle les supérieurs hiérarchiques par leur prénom. Toutefois, il vaut mieux obtenir leur accord d'abord. Le concept irlandais du temps est, le moins qu'on puisse en dire, unique. La nation est reconnue pour son concept élastique du temps. Surtout le service national d'autobus.

Cela dépend cependant de la région. Hors de Dublin, les gens sont plus décontractés qu'à Dublin même, on l'on doit malheureusement mener un train d'enfer. Mais, au plus fort de ce train d'enfer, Dublin est loin derrière la majorité des villes américaines. Votre lieu de travail détermine le comportement face au temps. L'institution culturelle pour laquelle je travaillais était très peu pointilleuse sur le temps. Le comportement décontracté face au temps en Irlande fait partie des choses à changer. Par exemple même à Dublin, une ville de plusieurs millions d'habitants, il n'y a pas de service d'autobus ou de train tôt le dimanche matin!

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Le travail sérieux et la personnalité plaisante comptent pour beaucoup dans le respect qu'on vous témoignera en tant que dirigeant. On apprécie également la souplesse et la facilité d'improvisation. Il n'est pas normal de faire des compliments exagérés ou de réagir de façon trop émotive en milieu de travail. La prétention et la vantardise sont généralement mal vues; la meilleure façon de prouver sa compétence est dans l'action. Il est plus difficile, pour certains Irlandais, de dire " non ", il faut par conséquent être attentif aux nuances lorsqu'on délègue des tâches. Vos employés irlandais ont tendance à faire des cliques et s'attendent à ce que le directeur étranger produise de meilleurs résultats qu'un directeur local.  Si vous êtes invité à des activités sociales vous pouvez considérer ce geste comme votre adoption par le clan.

Point de vue canadien :

Les qualités qui sont très prisées chez un supérieur ou un gestionnaire sont tout à fait semblables à celles appréciées en Amérique du Nord. Je dirais, cependant, qu'on préfère l'expérience à l'instruction, ce qui n'est pas comme en Amérique du Nord. On attend la même chose des étrangers. Les employés exprimeront leurs sentiments de la même façon que dans un milieu de travail nord-américain, formellement ou lors d'une conversation à bâtons rompus.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Une étude réalisée en 2004 par le " Economic and Social Research Institute (ESRI) " d'Irlande montre que 28 p. cent des employés sont rarement, sinon jamais, consultés à propos de décisions affectant leur travail, avant qu'elles ne soient prises. À comparer avec le Canada, les directeurs irlandais prennent généralement leurs décisions de façon plus autonome et consultent moins leurs supérieurs ou subalternes. Le remue-méninges, particulièrement entre les différents niveaux de l'entreprise, n'est pas aussi répandu qu'au Canada.

La même étude montre que 73 p. cent des accords de partenariats en milieu de travail ont des effets positifs sur la satisfaction professionnelle, tant des cadres supérieurs que des syndiqués, À la lumière de cette préférence pour la consultation, votre volonté d'offrir vos commentaires ainsi que des réponses à leurs questions sera très appréciée par les membres de l'équipe.

Point de vue canadien :

Encore une fois, je dirais que ces éléments sont similaires à l'Amérique du Nord. Les décisions se prennent de façon collégiale par l'équipe, mais dirigée par le leader. Il est très certainement permis d'aller consulter son supérieur pour obtenir conseils et commentaires. 

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité entre les sexes
En tant que société lourdement influencée par le catholicisme, le rôle de mère et épouse a longtemps dominé les croyances dans la culture irlandaise, et a été enchâssé dans la Constitution. Jusqu'à l'accession de l'Irlande à la Communauté européenne en 1973, les femmes, à leur mariage, étaient obligées de démissionner de la fonction publique. Depuis, l'amélioration de l'éducation, les taux de fécondité périclitant et la possibilité de gagner de meilleurs salaires ont accrû la présence des femmes dans la main d'œuvre active. Toutefois, les femmes mariées ont des taux de présence sensiblement moins élevés que dans d'autres pays européens; l'absence de garderies et les politiques de taxation discriminatoires en sont les principales causes. La discrimination professionnelle est encore très marquée et les femmes se retrouvent souvent au bas de l'échelle salariale, elles occupent des postes temporaires, sans sécurité d'emploi et peu spécialisés. Les femmes occupent rarement des postes de direction. La situation évolue, cependant, et on a assisté à l'élection de deux femmes présidentes au cours des 15 dernières années. La mise en oeuvre de la législation de l'Union européenne relative à l'égalité d'accès à l'emploi a également fait avancer le statut de la femme.

Religion
Le catholicisme a été un facteur déterminant de la culture irlandaise. Toutefois, récemment, l'influence de l'Église catholique a commencé à s'estomper, et les valeurs sociales ont commencé à rejoindre celles d'autres pays européens, particulièrement dans le cas des jeunes, des citadins et de la population plus instruite. Les scandales qui ont entaché l'Église ont contribué à cette chute. L'assistance à la messe hebdomadaire se situe toujours à quelque 60 p. cent, à comparer à 30 p. cent dans les autres pays d'Europe; de nombreux enfants fréquentent les écoles catholiques. On a mené récemment des campagnes pour que cesse la télédiffusion de l'Angélus (une prière catholique) sur RTE (la chaîne publique). À l'heure actuelle, la diffusion se fait à 18 heures sur RTE (poste de télévision), et à la radio à 12 et 18 heures.

Distinction de classes
Les progrès récents de la situation économique des Irlandais ont masqué la discrimination des classes. En Irlande, les privilèges sociaux appartiennent surtout à ceux auxquels le dicton " une main lave l'autre " s'applique. À Dublin, beaucoup de gens disent qu'ils peuvent vous dire la classe à laquelle appartient une personne à travers son code postal - la zone Dublin 4 ou " D4 " étant celle qui représente le mieux une zone où tout le monde sait que les résidents sont à l'aise.

Ethnicité
Beaucoup de gens considèrent que les " Travelling People " (les voyageurs) en Irlande appartiennent à un groupe ethnique distinct. Comme les Autochtones au Canada, les Travellers font souvent l'objet de discrimination systémique et d'exclusion, en plus d'être pauvres. Ces gens parlent un dialecte qui leur est propre et ont un mode de vie nomade. Depuis ses avancées économiques, l'Irlande attire les travailleurs immigrants d'Europe de l'Est et d'Afrique. En octobre 2005, le gouvernement a déposé le Plan national d'action contre le racisme pour accommoder la diversité croissante de l'Irlande. Ce Plan contre la discrimination est l'un des plus complets d'Europe.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes :
Malgré la présence au sein de la Constitution irlandaise d'une clause stipulant que le rôle des femmes se joue à la maison, celles-ci se mettent sur un même pied que les hommes. Statistiquement cependant, comme dans tous les pays occidentaux, les femmes sont disproportionnellement salariées et occupent des postes de leadership. En outre, l'avortement reste illégal en Irlande. Les comportements face à l'orientation sexuelle demeurent quelque peu conservateurs. Les différences sont certainement tolérées, mais pas tout à fait acceptées.  

Religion :
Comme nous l'avons déjà dit, l'attitude face aux religions est en évolution. Il y a à peine 15 ans, l'Irlande était fermement catholique romaine. Compte tenu de la sécularisation qui progresse à travers les pays occidentaux et les scandales successifs en Irlande, l'influence de l'église a nettement diminué. Alors que beaucoup de gens se définiraient comme catholiques, il se peut qu'ils n'aillent pas à l'église et qu'ils ne se conforment pas à l'idéologie. Il demeure cependant un important segment de la population, généralement les jeunes et les vieux, qui assistent aux offices et qui se conforment à l'idéologie... religieusement ! 

Distinction de classes :
Malgré les grands progrès économiques irlandais, une partie non négligeable de la population demeure pauvre. Cela est particulièrement vrai dans le cas de la communauté " Travelling " (Voyageurs) d'Irlande, mieux connue sous le nom de " Tinkers " ou gitans, qui vivent en marge de la société irlandaise dans des conditions inadéquates et scandaleuses. Malgré tout cela, il n'y a pas de préjugés de classes en Irlande comme en Angleterre, par exemple.  

Ethnicité :
C'est là un sujet qui évolue en Irlande. Avec le succès économique est venue l'immigration dans un pays qui est plutôt reconnu pour son émigration. De nombreuses couleurs, langues, religions et ethnies viennent s'installer en Irlande. Pour certains Irlandais, ce changement a été difficile. L'ignorance et le scepticisme envers les immigrants et particulièrement envers les réfugiés, continuent de croître. Cela ne veut cependant pas dire que c'est la même chose dans le cas des cadres supérieurs qui sont bien reçus. L'arrivée en Irlande de gens pauvres qui cherchent du travail a engendré un nouveau problème pour Emerald Isle (Île d'émeraude, surnom de l'Irlande), qui met à l'épreuve la tolérance d'une nation qui est si appréciée à travers le monde.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

L'Irlande étant une petite société, les relations y revêtent une grande importance, il faut donc établir des rapports et instaurer la confiance pour arriver à constituer des relations convenables avec les collègues et les clients.Un bon moyen de le faire consiste à prendre le temps de connaître et de bavarder avec vos collègues ou vos employés. À titre de patron, vous pouvez leur offrir à déjeuner ou leur offrir à boire après le travail, cela favorisera la loyauté de votre équipe. Le refus d'une invitation à aller prendre un verre avec un collègue ou un client peut être considéré comme un manque de savoir-vivre. La même chose s'applique à celui qui ne boit d'alcool. Lors d'activités sociales, chaque personne doit à son tour immanquablement offrir une tournée. Lorsqu'on participe à une activité sociale avec un client, il ne faut parler d'affaires que si c'est le client qui commence par le faire - ainsi, la vente forcée est une marque d'impolitesse ou de sans-gêne.

Point de vue canadien :

Bien que n'étant pas essentiel, l'établissement de relations personnelles est utile. C'est utile pour ceux qui ont des origines culturelles différentes dans la mesure où elles permettent d'éliminer certains obstacles. On peut établir une relation en allant déjeuner ou prendre un verre après le travail.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Pour faire de bonnes affaires, il est relativement important d'établir un bon réseau social, mais les politiques strictes irlandaises et européennes d'égalité des chances, surtout dans les grandes entreprises, signifient que le traitement préférentiel dû à des relations ou des amitiés ne sera pas toléré. Les employés apprécient et n'oublient pas qu'un de leurs collègues a été récompensé pour avoir fait plus que son possible pour exécuter son travail, et que cette récompense s'est traduite par une promotion, une possibilité de formation ou par autre chose.

Point de vue canadien :

Comme dans toutes les cultures, il existe des exceptions au cas par cas. Toutefois, si vous entretenez des relations avec quelqu'un, un parent ou un camarade d'école, il pourrait s'attendre à certaines exceptions. Oui, on s'attend à un traitement privilégié, mais dans certaines limites, tout de même pas jusqu'à une augmentation de salaire !

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Lorsqu'on a des problèmes professionnels avec un collègue, on devrait le traiter de façon privée et dans une atmosphère rassurante, comme par exemple en l'invitant au café ou à prendre un verre après le travail dans une ambiance décontractée. Certains Irlandais peuvent être très directs, il ne faut donc pas s'inquiéter de savoir si vous avez offensé quelqu'un. Par politesse ou pour ne pas donner l'impression d'être incompétent, certains Irlandais peuvent trouver difficile de dire " non "; surveillez les nuances si l'un des membres de l'équipe n'est pas tout de suite d'accord pour exécuter une tâche que vous lui avez confié

Point de vue canadien :

Si vous éprouvez des problèmes avec un collègue, je vous dirais de lui en parler directement en privé. Si le problème ne peut pas être résolu, j'irais voir le superviseur et lui en parlerais discrètement. Le mécontentement vous serait exprimé directement et poliment.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

En 2004, l'étude du " Economic and Social Research Institute (ESRI) " sur l'Irlande a trouvé que plus de 80 p. cent des employés semblaient loyaux envers leur entreprise. Bien que cette loyauté n'aille pas jusqu'à refuser un meilleur poste ou accepter une rétrogradation pour pouvoir conserver son emploi.
Cette même étude concluait que le statut de contractuel (permanent / non permanent), la durée d'emploi, le revenu, la formation, le télétravail et le partage de poste entraînent une plus grande satisfaction personnelle. Les femmes, les gestionnaires supérieurs  bénéficient des plus hauts taux de satisfaction.
La possibilité pour les employés de travailler à des horaires souples, et l'adoption de politiques tenant compte de la vie familiale ont en général eu des effets bénéfiques sur la réduction du stress. De même, le fait d'accorder aux employés une plus grande autonomie et les pouvoirs nécessaires pour accomplir leurs tâches, de les consulter directement et indirectement, ont eu des effets bénéfiques.

Point de vue canadien :

La satisfaction professionnelle, l'engagement, le salaire, la loyauté, les bonnes conditions de travail, la peur de l'échec, ce sont là, dans l'ordre de priorité,  toutes les conditions qui motivent le personnel.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres :
L'Irlande ne manqué pas de grands de la littérature, en voici un petit choix de romans contemporains :
Amongst Women - John McGahern
The Butcher Boy - Patrick McCabe
Shade - Neil Jordan
Paddy Clarke Ha Ha Ha - Roddy Doyle
The Book of Evidence - John Banville
Are You Somebody? - Nuala O'Faolain

Films :
My Left Foot, The Crying Game, The General, The Magdalene Sisters, The Field, Intermission, Michael Collins, The Dead, The Van, The Snapper, Veronica Guerin.

Télévision :
D'État : RTE 1, RTE 2 and TG4 (programmation surtout en gaélique)
TV3 (Le seul télédiffuseur privé)
Diffusée les vendredis soirs depuis 1962, " The Late Late Show " est la plus ancienne émission-débat d'Irlande. Elle a contribué à l'ouverture d'esprit des Irlandais sur une grande gamme de sujets, notamment sur les questions sociales délicates; on dit que le sexe n'existait pas en Irlande avant l'arrivée du " The Late Late Show " !

Sites à visiter :
Il est facile pour un Canadien de trouver son chemin dans ce pays relativement petit par rapport au Canada, les Irlandais offrent un éventail intéressant de sites culturels, naturels et historiques à visiter. Il vaut la peine de visiter les " Gaeltacht " (les communautés qui parlent irlandais) sur la côte ouest, ou d'assister à l'un des nombreux festivals de musique ou de culture qui se déroulent en Irlande toute l'année.

Gastronomie :
Les expériences culinaires intéressantes sont entre autres : le petit-déjeuner irlandais complet, le comptoir de chips (frites), le déjeuner dans une " carvery " (un restaurant où la viande est coupée sur demande) ou dans un pub. Il faut également rechercher les foires saisonnières comme The Galway Oyster Festival (festival d'huîtres) au mois de septembre, ou " colcannon and barm brack " à Halloween.
Si vous avez le mal du pays, vous trouverez les produits Tim Horton's chez certains dépanneurs à Dublin, et au zoo de Dublin.

Sites Web :
Irish Tourism Board : www.bordfailte.ie
Portail de RTE: www.rte.ie
Gouvernement d'Irlande : www.gov.ie
Renseignements sur les droits sociaux et civiques en Irlande : www.oasis.gov.ie
Renseignements sur la vie en Irlande, site appartenant à l'UE : http://europa.eu.int/eures/home.jsp?lang=en

Point de vue canadien :

Livres : 
" How the Irish Saved Civilization " (Comment les Irlandais ont sauvé la civilisation) serait très flatteur à lire. " Political Issues in Ireland Today " (Les questions politiques en Irlande aujourd'hui), un recueil d'essais sur les débats politiques actuels. 
" Reinventing Ireland: Culture and the Celtic Tiger " (Réinventer l'Irlande: la culture et le tigre celtique) le même sujet que le livre précédent.

Films :
" The Commitments ", (Les engagements) un film apprécié sur Dublin et le tigre celtique vu à travers la lorgnette d'un groupe rock amateur.    
" The Crying Game " un film connu qui explore de façon intelligente les questions du nationalisme et de l'amour dans les années 1990 en Irlande.
" Gangs of New York " film de Martin Scorsese qui donne entre autres une excellente mise en scène des premières immigrations irlandaises.
" In America " un film irlandais qui donne un aperçu exemplaire de l'immigration irlandaise il y a quelque 135 ans. 
" Michael Collins " un grand film sur l'une des grandes figures historiques qui en 1992 a permis à l'Irlande d'acquérir son indépendance tant recherchée de l'Angleterre.

Télévision :
 " The Late Late Show " est l'émission-débat hebdomadaire qui a duré le plus longtemps au monde.

Sites à visiter :
La côte ouest de l'Irlande est une région intéressante à visiter étant donné qu'elle dépeint l'ensemble de l'Irlande rurale et qu'elle est d'une beauté saisissante.
La ville de Cork, étant donné que c'est ma ville natale !
Belfast est sans aucun doute une ville très importante à visiter si l'on veut comprendre le Nord.
 Dublin, la capitale de l'Irlande, particulièrement ses Georgian Squares et certainement son fameux Literary Pub Crawl.

 Sites Web :
 http://www.cia.gov/cia/publications/factbook/geos/ei.html
 http://www.irlgov.ie/
 http://www.ireland.ie/
 http://www.ireland.com/

 Artistes de spectacles : U2, the Chieftains, Tommy Tiernan, Dylan Moran

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Les plus grandes villes ont des loisirs cosmopolites, on y trouve des restaurants, des bars, des pubs et des boîtes de nuit. Dublin est particulièrement prisé par les Anglais pour ses fêtes réservées aux hommes ou aux femmes. On est sûr de trouver un ou deux pubs dans les villes moins importantes.
Il existe une variété de journaux et de tabloïds, p. ex., Irish Times, Irish Independent, Cork Examiner, Daily Herald. Il est intéressant de se procurer les journaux du dimanche parce qu'ils contiennent des suppléments sur les voyages, les carrières, l'immobilier, la finance et d'autres sujets.

Le " football gaélique " et le " hurling " sont les deux sports les plus suivis d'Irlande. Bien que ce soit du sport amateur, il arrive que quelque 80 000 personnes assistent au All-Ireland Finals à Croke Park, le stade de la Gaelic Athletic Association (GAA) à Dublin. Camogie est une version féminine du " hurling ". Les internationaux de rugby et de soccer valent également la peine d'être vus. L'industrie de l'élevage des pur-sang de course est considérée comme l'une des meilleures du monde. Par conséquent, on peut passer de bonnes heures à faire la tournée des nombreux champs de course de chevaux d'Irlande. On peut également visiter les pistes de courses de chiens.

Point de vue canadien :

Je vous recommanderais certainement la lecture des journaux locaux, de regarder la télévision et d'écouter la radio. Tous les grands centres urbains offrent de nombreuses activités touristiques qui peuvent mieux vous faire connaître la culture locale. Si vous êtes à la recherche d'un interprète culturel, vous n'avez qu'à demander à la première personne venue!

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Histoire : Eamon DeValera, Michael Collins, Padraig Pearse, Charles Parnell, Daniel O'Connell, Brian Boru

Musique : Christy Moore, Bob Geldof, Bono, John McCormick, Luke Kelly, Phil Lynott, Rory Gallagher, Sean O'Riada

Sports : George Best, Stephen Roche, Roy Keane, Barry McGuigan, Ronnie Delaney, Jonjo O'Neill

Mythologie : Fionn McCumhaill, Cuchalainn

Littérature : Patrick Kavanagh, Samuel Beckett, Christy Browne, Brian Friel, Benedict Keily, Sean O'Casey, Oscar Wilde, William Butler Yeats, James Joyce, Brendan Behan

Point de vue canadien :

Les héros nationaux d'Irlande se répartissent en trois catégories : les personnages mythologiques comme Cuchulain et Finn McCool; les personnages historiques  comme Brain Boru, Daniel O'Connell, Charles Stuart Parnell, Michael Collins et Eamon DeValera; et enfin, les personnages religieux comme Saint Patrick et Sainte Brigid.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

L'immigration des Irlandais vers le Canada au cours des siècles passés a établi des liens entre les deux pays. Actuellement, la participation du général General John de Chastelain au processus de paix en Irlande du Nord et au désarmement constitue une bonne publicité pour le Canada en Irlande.

Point de vue canadien :

Les seuls événements historiques que se partagent le Canada et l'Irlande qui affecteraient les relations de travail ou la vie sociale seraient positifs. Comme les États-unis, la Grande-Bretagne, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le Canada a une solide histoire d'immigration irlandaise.  La Famine irlandaise 1845-1848 a fait en sorte que des milliers de personnes ont immigré à l'est du Canada. À ce jour, le Canada abrite quelque deux ou trois millions de personnes qui se disent de descendance irlandaise.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Malheureusement, les Irlandais pensent que le Canada est une version plus amicale, plus polie et plus cultivée des États-unis. Le tourisme canadien n'est pas bien publicisé en Irlande - et c'est dommage étant donné que les Irlandais voyagent beaucoup, et qu'ils manquent l'expérience unique qu'offre le Canada.
Il est intéressant de noter que University College Dublin, la plus importante université d'Irlande, offre un programme d'études canadiennes. Celui-ci vise à interpréter et à faire connaître l'aspect distinctif contemporain des peuples, des cultures et de l'environnement au Canada, ainsi que sa contribution dans le monde.

Point de vue canadien :

Seuls ceux mentionnés dans la réponse à la première question concernant l'alcool, la religion et les Anglais. Les Canadiens devraient également s'attendre à se faire traiter d'Américains.  Bien que le Canada occupe une place toute particulière dans le cœur des Irlandais, les Canadiens se feront accidentellement et continuellement qualifier d'américains.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née, benjamine de cinq enfants, en Angleterre, de parents irlandais. Dès l'âge de dix mois, elle a évolué entre South County Dublin et East Wicklow (à l'est de l'Irlande) et ce, jusqu'à l'âge de 17 ans. Elle est allée à Dublin pour poursuivre ses études et a obtenu son baccalauréat en sciences sociales de University College Dublin. Après six mois de séjour aux États-unis et quatre ans en Belgique, durant lesquels elle a fréquenté l'Université de Louvain, votre interprète culturelle a immigré au Canada. Elle vit actuellement à Ottawa et travaille dans le secteur de la formation et de la consultation.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Cork, Irlande, benjamin de trois enfants d'une famille catholique irlandaise. Il a été élevé dans cette ville jusqu'à l'âge de cinq ans lorsqu'il déménageait à Toronto. Il vit au Canada depuis. Il a obtenu son diplôme de l'Université McGill à 22 ans. Ses intérêts personnels l'ont amené à l'étranger pour une première fois tout seul en 1998, alors qu'il avait 14 ans, pour rendre visite à sa famille à Londres et en Irlande. Il s'est rendu en Irlande à trois reprises pour le travail et pour le plaisir. En mai 2005, votre interprète culturel est allé vivre pendant un an et demi en Irlande.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.