Jordanie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

Lorsque vous rencontrez un Jordanien pour la première fois, vous ferez une bonne impression en montrant de l’intérêt pour sa culture.

Faire des compliments tout en restant attentif aux attentes concernant les rôles liés au sexe dans cette culture (voir plus loin dans le document) sera comme une attitude amicale.

Des questions concernant le pays en général ou les personnes que vous rencontrez — par exemple des questions sur leur statut social, le nombre de leurs enfants, l’endroit où ils ont étudié, etc. — sont de bons sujets pour entamer une conversation.

Gardez à l’esprit que les Jordaniens aiment discuter de politique et de religion, mais en tant que non jordanien, il est préférable de ne pas aborder ces deux sujets dans la discussion. Si votre interlocuteur aborde ces sujets, indiquez clairement que même si vous avez peut-être des opinions différentes, vous respectez le point de vue de l’autre personne.

En utilisant des mots arabes, vous ferez plaisir aux Jordaniens, par exemple :

  • Les salutations courantes — Marhaba — Alsalamo allykom — Ahlan wa sahlan
  • Oui — Na'am
  • Non -  La'

Perspective canadienne :

Les Jordaniens portent beaucoup d’importance à la famille. La famille est donc toujours un bon sujet de conversation. Si vous voyagez avec des membres de la famille, vous serez fort probablement salué avec beaucoup d’enthousiasme et de sourires, et vous serez invité à boire le thé ou le café, ou à manger un Mansaf (un mets national jordanien qui consiste à de l’agneau dans une sauce de yogourt séché fermenté, servi avec du riz ou du blé concassé).

Les Jordaniens seront intéressés par l’endroit d’où vous venez, combien de temps vous resterez au pays, et le type d’emploi que vous exercez. Ils seraient comblés si vous pouviez parler un peu d’arabe. La plupart du temps, ils vous demanderont des questions à propos de votre croyance. Ils vous demanderont également si vous aimez la Jordanie.Les films et les acteurs américains sont aussi un sujet très aimé.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

Tous les Jordaniens ne sont pas à l’aise avec le contact visuel, en particulier les femmes. Si une personne évite le contact visuel, elle pourrait le faire en signe de respect ou de timidité.

Les personnes du même sexe se serrent la main et s’embrassent sur la joue, mais serrer la main des personnes du sexe opposé n’est pas la norme. Les musulmans religieux, en particulier, évitent de serrer la main des personnes du sexe opposé. Dès lors, il est conseillé de jouer la prudence — saluez les gens verbalement et ne serrez la main que si la personne vous tend la sienne.

Les Jordaniens utilisent couramment des gestes pour s’exprimer : par exemple :

  • Vous pouvez signifier un « Non » en basculant la tête rapidement vers le haut en ajoutant parfois le son « tsk ».
  • Le symbole « OK » est utilisé pour indiquer la colère.

Perspective canadienne :

Si vous êtes un homme établissant la communication avec un autre homme, il n’existe généralement aucune règle exceptionnelle en ce qui à trait à la communication. À l’extérieur du lieu de travail, une Jordanienne n’établira généralement aucune communication avec un homme, à moins qu’un autre homme, habituellement un membre de sa famille, soit présent.

Un des contrastes majeurs à remarquer, en comparaison du Canada en ce qui a trait à la communication, à l’espace personnel et à la gestuelle, serait la façon utilisée par les hommes pour s’approcher de la porte principale d’une demeure. Après avoir cogné ou sonné à la porte, ils reculeront de quelques pas, ou même se tiendront au coin de la maison. Ils font ainsi en signe de respect pour la maison familiale, parce qu’ils ne veulent pas offenser ou envahir l’espace personnel de la femme de la maison.

De même, une femme n’ouvrira pas la porte de sa demeure si l’époux est absent. Autrement, elle parlera à travers la porte.

En écoutant une conversation en arabe, le ton utilisé par les locuteurs pourrait être trompeur. Parfois, il peut sembler que les locuteurs sont en conflit. Avant la fin de la conversation, les deux parties pourraient s’esclaffer, et c’est alors que vous comprenez qu’il n’y a aucun conflit.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les témoignages publics d’affection ou de colère ou l’expression d’autres émotions sont-ils acceptables ?

Perspective locale :

Les témoignages publics d’affection ne sont pas acceptables — entre membres du sexe opposé ou du même sexe.

Par contre, vous pourriez voir de temps à autre des démonstrations de colère en public.

Perspective canadienne :

Vous verrez rarement un homme et une femme afficher leur affection en public. Vous verrez davantage deux hommes se tenir par la main, symbolisant une relation très proche entre des membres d’une famille ou des amis.

Les hommes saluent leurs amis masculins avec des baisers sur les joues. La quantité de baisers échangés varie selon les régions. Vous pourriez aussi voir deux femmes se tenir la main, indiquant une relation très proche.

Vous pourriez être témoin de démonstrations colériques ou même d’engueulade à l’occasion. De tels événements se terminent généralement assez rapidement.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

Bien que la Jordanie soit considérée comme un pays conservateur, Amman (la capitale) est plus ouverte; il est acceptable d’y porter des shorts et de « montrer un peu de peau » – pour autant que la tenue reste décente.

Ailleurs, les longues manches et les pantalons ou les jupes longues constituent la tenue appropriée pour les femmes. La plupart des femmes en Jordanie respectent le code islamique vestimentaire en se couvrant la tête et tout le corps.

Il est acceptable de porter un maillot normal à la piscine et à la plage — les bikinis ficelles ne sont pas acceptés.

La ponctualité et les délais sont souples pour de nombreux Jordaniens, en particulier dans le secteur du gouvernement. Par contre, le secteur privé est plus strict en la matière. Il est toujours préférable d’être à l’heure, mais d’être prêt à attendre. Gardez ce fait à l’esprit lorsque vous programmez des réunions.

Perspective canadienne :

Lorsqu’on fait affaire avec les bureaux gouvernementaux, les échéances sont respectées. Par exemple, on pourrait vous dire que l’application de votre visa sera complétée dans 2 semaines.

Lorsqu’on fait affaire avec de plus petites entreprises privées, les heures peuvent ne pas toujours être ponctuelles et programmées. Si l’entreprise doit fermer spontanément un matin, vous ne le saurez pas avant d’y être arrivé et il se peut qu’aucune heure de retour ne soit programmée.

Le code vestimentaire en Jordanie est beaucoup plus conservateur qu’au Canada. La norme de l’habillement d’un environnement de travail est une tenue d’affaires décontractée. Vous remarquerez aussi que les uniformes ne sont pas portés d’une manière cohérente, évidente et/ou obligatoire sur les lieux de travail où l’on aurait l’habitude de les voir, comme à l’épicerie.

La température chaude n’est pas prise en considération. Les hommes porteront des sandales et des chemises habillées avec ou sans cravate. Les hommes plus âgés ne portent pas de pantalons courts, et les pantalons courts ne sont pas permis dans les édifices gouvernementaux. Les femmes plus âgées portent de longues robes qui couvrent complètement leurs jambes et leurs pieds, ou un Abaya (des manteaux longs à boutons). Les femmes plus jeunes portent aussi des Abayas ou des hauts longs à manches longues avec des leggings.

Les titres sont utilisés dans le secteur gouvernemental pour les officiers de plus hauts rangs. Les gens se référeront normalement à vous en employant le nom utilisé lorsque vous vous êtes présenté à eux.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles qualités sont les plus prisées chez un superviseur/directeur local ? Comment saurai-je comment mes employés me perçoivent ?

Perspective locale :

Pour les Jordaniens, les employés non locaux sont considérés comme des experts dans leur domaine – ainsi, on s’attend à ce qu’ils aient un rendement supérieur à celui de leurs homologues locaux.

L’éducation et l’expérience sont les facteurs les plus importants pour être un bon gestionnaire, mais les compétences de gestionnaires et les aptitudes sociales sont également importantes.

L’attitude des collaborateurs pourrait passer de positive à négative s’ils ressentent un quelconque népotisme. Une telle situation ne serait pas bien reçue par les employés locaux qui ont les mêmes qualifications que les employés non locaux engagés.

Toute personne qui vient de l’extérieur devra travailler très dur pour gagner le respect de ses collaborateurs — peu importe son niveau d’éducation et de qualification. La personne doit assurer les autres de ses aptitudes et de ses qualifications et rechercher les occasions d’en faire la preuve.

Rencontrer les collaborateurs lors d’une activité sociale lui permettra de s’ouvrir davantage à un gestionnaire; le gestionnaire aura également l’occasion d’avoir un aperçu de la façon dont le personnel le perçoit.

Perspective canadienne :

Les qualités typiques recherchées chez les gestionnaires varient considérablement d’un organisme à l’autre. J’ai traité principalement avec des entreprises du secteur privé et des associations commerciales, et dans ces dernières, les aptitudes en gestion les plus recherchées étaient l’esprit d’entreprise, l’ouverture aux nouvelles idées et la capacité de travailler fort. Dans tous ces organismes, les cadres exécutifs étaient assez jeunes (âgés de moins de 40 ans), très motivés et pleins d’idées novatrices.

Si vous travaillez avec des organismes gouvernementaux, l’expérience est la qualité la plus importante, puisque les employés sont promus en fonction de l’ancienneté. Typiquement, les gestionnaires ne sont pas aussi progressistes ou ouverts au changement que dans le secteur privé. Ils craignent souvent que le changement diminue l’importance de leur poste.

En plus des qualités susmentionnées, il est essentiel que les gestionnaires soient très accessibles et sensibles au plan culturel. Mon supérieur, qui était aussi un ressortissant étranger, a mentionné une fois que l’un des aspects les plus importants de la gestion était de « faire la tournée » de tous les employés – et de discuter avec eux de questions autres que le travail, par exemple en s’enquérant des familles et en vérifiant que tout fonctionne normalement. Les ressortissants étrangers doivent démontrer qu’ils essayent réellement de comprendre la culture organisationnelle jordanienne et non pas procéder de la même façon qu’ils le feraient dans leur pays d’origine.

Les études sont aussi très importantes. Typiquement, les gens qui ont fait des études en Europe ou en Amérique du Nord sont mieux considérés que ceux qui les ont faites au Moyen-Orient, quel que soit leur niveau d’expérience.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Dans le milieu de travail, comment les décisions sont-elles prises et par qui ? Est-il acceptable de consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction ?

Perspective locale :

La prise de décision est habituellement aux mains de la personne située en haut de l’organigramme hiérarchique de l’organisation. Cette méthode peut affecter la productivité — si le décisionnaire préfère une personne particulière au travail, les collaborateurs ne seront pas motivés à travailler dur, car ils savent que la décision sera en faveur de cet employé particulier, peu importe ce que ce dernier fait au travail.

Une personne ne doit jamais passer au-dessus de son superviseur direct. Il est recommandé à l’employé d’aller trouver son supérieur direct pour obtenir des réponses ou des commentaires.

Perspective canadienne :

Les Jordaniens s’attendent généralement à ce que vous respectiez la structure hiérarchique plutôt que d’aller vers la plus haute instance pour discuter d’un problème.

Il est important de toujours consulter votre supérieur immédiat pour avoir des réponses à des questions ou une rétroaction. Même si votre supérieur immédiat n’a pas de pouvoir décisionnaire, il est jugé irrespectueux de le contourner. La majorité des organismes sont très hiérarchisés à ce niveau.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

Genre : Le rôle des femmes a beaucoup évolué ces dernières années, dès lors le sexe n’a pas d’effet dans le milieu de travail.    

Les femmes deviennent plus puissantes ; ainsi, le pays a connu plusieurs femmes ministres et députées ces dernières années.

Classe : Si la classe a un grand effet sur la vie sociale en Jordanie, elle n’a pas d’effet dans le milieu de travail. Toutefois, les personnes de chaque classe ont leurs propres activités sociales et fréquentent des endroits qui leur sont propres. Les personnes de classes différentes ne se mélangent pas les unes aux autres, elles ne fréquentent pas les mêmes endroits, restaurants, écoles, boîtes de nuit, magasins, centres commerciaux.... etc. Les Jordaniens ne se marient pas avec des personnes d’une classe inférieure.

Religion : La religion n’a pas d’impact dans le milieu de travail, il n’y a pas de discrimination sur la base de la religion, et chrétiens et musulmans ont les mêmes occasions dans le milieu de travail.

Ethnicité : Il existe des problèmes entre les Jordaniens et les Jordaniens d’origine palestinienne – en effet, certaines personnes de cette communauté estiment qu’ils sont victimes de discrimination, y compris dans le milieu de travail. Nonobstant ces affirmations, il est clair qu’il y a des Palestiniens et des Jordaniens dans tous les postes et les départements au sein de l’effectif.

Perspective canadienne :

Égalité des sexes :Les femmes ne sont pas considérées comme des égaux par la société jordanienne. Dans certains cas, elles n’ont pas le droit de choisir qui elles marient, ce qu’elles étudient au niveau postsecondaire et où elles pourraient travailler (si on leur permet de le faire).

Vous trouverez néanmoins les femmes représentées dans le secteur public, tel que dans la division du trafic routier du département de police, ainsi que dans certains rangs militaires.

La religion : La religion occupe une grande place dans la société jordanienne. Vous trouverez des salles de prière dans la majorité des établissements gouvernementaux, et plusieurs entreprises sont fermées durant la période de prière. La religion influence plusieurs dispositions législatives. Par exemple, les musulmans ne peuvent pas vendre d’alcool, mais les chrétiens le peuvent.

Durant le Ramadan, il est plus difficile de manger dans un restaurant durant la journée. Selon mon expérience, à l’exception de quelques entreprises de la Mer Morte, la majorité des entreprises ne vendent aucune nourriture chaude durant cette période.

Classe sociale : La majorité de la population en Jordanie est pauvre et la plupart des gens vivent sous le seuil de pauvreté. Plusieurs gagnent aussi peu que 185 dinar jordanien (moins de 350 $ CAD) par mois en travaillant comme enseignant. Il est très fréquent de voir des gens occuper un deuxième poste comme chauffeur ou propriétaire de boutique. La population la plus pauvre travaille de longues heures, et souvent sept jours par semaine, dans le but d’obtenir l’argent nécessaire à donner une bonne éducation à leurs enfants.

Il existe une population plus fortunée vivant dans le secteur de West Amman. Leur style de vie est très différent. Plus d’occasions sont fournies aux classes plus fortunées. Leurs enfants fréquentent de meilleures écoles et collèges. Ils peuvent voyager à l’étranger et voir le monde à l’extérieur des frontières de la Jordanie ; cela leur permet d’espérer davantage de la vie. Ils ont également accès à des habitations mieux construites.

L’origine ethnique : La majorité des gens que j’ai rencontrés en Jordanie étaient Arabes, y compris des ressortissants Jordaniens, Palestiniens, Bédouins ou Syriens. Les Jordaniens retracent leurs ancêtres à environ 300 ans, en provenance de cette région du monde et de l’Arabie Saoudite.

On y retrouve aussi un bon nombre de femmes domestiques logées provenant des Philippines, du Sri Lanka et du Bangladesh, en plus des pays africains, tels que le Kenya et le Soudan.

La population égyptienne en Jordanie peut parfois être comparée à la population mexicaine aux États-Unis : elle procure une main-d’œuvre bon marché. Plusieurs se rendent en Jordanie pour travailler et retournent chez eux après plusieurs mois pour donner l’argent à leur famille.

Les gitans jordaniens, les Dom, sont généralement marginalisés et plusieurs vivent dans des espaces ouverts dans des tentes, un peu partout dans la région d’Amman. J’ai aussi trouvé des enfants syriens au Carrefour (un supermarché) ou dans d’autres marchés, offrant de transporter les sacs pour de l’argent, pour aider leur famille.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un(e) client(e) avant de faire des affaires ?

Perspective locale :

Les Jordaniens sont renommés pour leur hospitalité, ils aiment inviter les gens chez eux.

Compte tenu du fait que les Jordaniens préfèrent traiter avec une personne qu’ils connaissent, de solides relations sociales renforceront la relation professionnelle. Afin de faciliter ce processus, soyez prêt à vous rendre chez les personnes qui vous invitent et à les inviter à votre tour, et à participer à des activités sociales comme les mariages et les funérailles.

Pour les Jordaniens, l’honnêteté est une valeur importante et contribuera à établir la confiance.

Perspective canadienne :

Les Jordaniens sont généralement bien dans leur peau par rapport aux occidentaux. Ils préfèrent prendre un café ou un thé et en apprendre davantage sur vous et votre famille avant de se lancer dans une affaire. J’ai souvent trouvé que nous prenions le thé ou étions invités pour dîner par les personnes avec qui nous avions fait affaire. Ils apportaient avec empressement des repas durant le Ramandan et en tout autre temps. J’ai même vécu l’expérience dans une boutique de chaussure, où le propriétaire de la boutique a apporté une boisson aux enfants avant même que nous ayons acheté quoi que ce soit.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un(e) collègue ou un(e) employé(e) s’attendrait-il à des privilèges ou à des considérations spéciales étant donné la nature de notre relation personnelle ou de notre amitié ?

Perspective locale :

Avoir une relation personnelle avec un Jordanien vous mettra dans une situation où cette personne attendra des privilèges et des considérations particuliers. Si cette pratique n’est pas contraire à l’éthique de travail, alors il est OK de le faire. Si cette pratique est contraire à l’éthique de travail, alors refuser une invitation ou une demande, en expliquant la raison de ce refus, est la meilleure approche à adopter.

D’un autre côté, si les employés commencent à abuser des privilèges, la meilleure approche consiste à traiter chaque membre du personnel dans le milieu de travail de la même façon, en refusant toutes les demandes de traitement spécial.

Perspective canadienne :

Selon mon expérience, j’ai trouvé qu’il était toujours préférable de connaître quelqu’un personnellement ou d'avoir été référé pour parler à quelqu’un, plutôt que de n’avoir aucune connexion. Dans plusieurs situations, nous avons pu obtenir des escomptes ou obtenir et accélérer des documents parce que nous étions escortés par quelqu’un qui avait un contact dans l’établissement, ou parce que nous avions été référés par une personne.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’éprouve un problème lié au travail avec un(e) de mes collègues. Dois-je le (la) confronter directement ? En privé ou en public ?

Perspective locale :

En cas de problème lié au travail avec un collègue, la meilleure approche consiste alors à traiter ce problème en privé avec cette personne. Ce faisant, vous minimiserez tout embarras.

Faites attention à un collègue qui commence à ne maintenir qu’un niveau minimum de communication, et change son langage corporel — cette attitude pourrait indiquer un problème. Dans ce cas, abordez la personne et tentez de découvrir le problème et de le résoudre. Cette façon d’agir démontrera de la sincérité de votre part.

Perspective canadienne :

Les Jordaniens sont généralement très directs en ce qui a trait à leurs émotions et ils vous feront savoir très ouvertement s’ils sont offensés ou mécontents de votre comportement. Si vous faites face à une telle situation, il serait préférable de parler à la personne en privé.

Il m’est arrivé de voir des collègues jordaniens refuser d’assumer la responsabilité d’un travail qu’ils avaient effectué. En cas de problème, ils se mettaient très rapidement sur la défensive et jetaient le blâme sur d’autres employés. Pour cette raison, j’ai découvert qu’il valait mieux communiquer par courriel de manière à documenter tout ce que je faisais. De cette façon, si un problème surgissait, il était facile d’en déterminer la cause.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

Comme les Jordaniens sont connus pour être généreux, accueillants et fiers, montrer de l’appréciation pour ce qu’ils font au travail les motivera à « en faire encore plus » pour réaliser ce qu’on attend d’eux.

Bien sûr, l’argent, la loyauté, les bonnes conditions de travail et la satisfaction au travail jouent également un rôle dans la motivation des employés locaux, mais ces facteurs viennent après l’appréciation.

Gardez à l’esprit que de nombreux employés ont deux emplois, en raison des faibles salaires. Adaptez leur horaire de travail dans la mesure du possible, afin d’éviter les conflits d’horaire entre leurs divers emplois, les employés vous en seront reconnaissants et seront ainsi motivés au travail.

Perspective canadienne :

Il est difficile de généraliser ; j’ai constaté que les facteurs de motivation différaient d’une personne à l’autre. Certains de mes collègues travaillaient extrêmement fort, pendant de longues heures, et il était évident qu’ils accordaient la plus haute importance à une carrière très satisfaisante et réussie. Toutefois, j’avais d’autres collègues qui n’effectuaient que le travail à faire, sans plus, et il était très rare qu’ils fassent des heures supplémentaires.

Si je devais généraliser, je dirais que de bonnes conditions de travail et une rémunération adéquate sont les principaux facteurs de motivation. J’ai travaillé pour une très bonne compagnie qui traitait bien ses employés et accordait des salaires beaucoup plus élevés que d’autres organismes du même type. Ces deux facteurs ont réellement consolidé le sentiment de satisfaction au travail.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :Pour m’aider à en apprendre davantage au sujet de la (des) culture(s) locale(s), veuillez suggérer : des livres, des films, des émissions de télévision, de la musique et de la nourriture.

Perspective locale :

Cuisine :

La cuisine jordanienne est très semblable à la cuisine méditerranéenne. Elle offre également des plats typiques, comme le mansaf, de l’agneau cuit dans une sauce au yaourt déshydraté liquéfié, servi sur du riz. On mange traditionnellement avec la main (pour être exact, seulement avec trois doigts et le pouce de la main droite). Un autre plat célèbre est le makloubeh, qui est composé de poulet cuit avec du riz et des légumes. Vous pouvez goûter divers plats jordaniens en vous rendant dans des restaurants locaux.

Le shawarma et les falafels sont également très populaires en Jordanie.

Comme boissons, les Jordaniens boivent du thé et du café très souvent au cours de la journée. Le café est extrêmement important dans l’hospitalité jordanienne. Il est servi à de nombreuses occasions, et sera apprécié par tous les invités. Le café jordanien traditionnel est amer, car les Jordaniens n’y ajoutent pas de sucre. Il est préparé avec une grande quantité de cardamome et est servi en petites quantités. L’hôte continuera à verser le café jusqu’à ce que vous bougiez votre tasse, ce qui indique que vous en avez assez. Il n’est pas normal de dépasser trois tasses. Dans certains cas, refuser un café peut être considéré comme un signe d’hostilité, ou de conflit qui doit être réglé avec l’hôte. Parfois les invités se voient également offrir du café turc.

Livres :

Married to a Bedouin, de Marguerite Van Geldermalsen est une merveilleuse fenêtre sur l’incroyable hospitalité légendaire et les coutumes particulières des bédouins jordaniens.

Petra: Jordan’s Extraordinary Ancient City, de Fabio Bourbon, offre un aperçu des fascinants complexes monumentaux de l’ancienne ville de Petra. Les photographies du livre sont époustouflantes.

Perspective canadienne :

Livres : Je recommanderais The Jordanian-Israeli War 1948-1951: A History of the Hashemite Kingdom of Jordan; Peace and the Jordanian Economy; Behind the Uprising: Israelis, Jordanians, and Palestinians; The Jordanian-Palestinian-Israeli Triangle: Smoothing the Path to Peace (préface du Prince consort Le Hassan et de Simon Pérès); tous romans d’Edward Saïd; et Laurence d’Arabie (je recommande aussi le film du même titre pour vous faire une idée du paysage).

En ce qui à trait à la nourriture, visiter le marché Halal et discuter avec les propriétaires à propos de la nourriture et la culture de la région est un bon moyen de découvrir la culture.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

Lorsque vous êtes en Jordanie, il est très important de visiter le pays dans son entièreté, car les habitants et leur culture varient d’une région à l’autre. Voyager du nord au sud vous permettra d’apprécier et de découvrir de nombreuses cultures et sites historiques. Ce type d’excursion est une parfaite occasion pour vivre un ensemble d’expériences uniques à la Jordanie, par exemple : une randonnée à Petra, du camping à Wadi Rum (surnommé la vallée de la lune), de la plongée dans la mer Rouge (près de la ville d’Aqaba), une immersion dans la mer Morte, la découverte des ruines romaines de cette ancienne colonie, et bien d’autres expériences.

Perspective canadienne :

Je recommanderais le restaurant à Wadi Musa et les sites historiques à Petra. Il existe une grande population de Bédouins dans cette région, et ils sont très amicaux, curieux et ouverts à partager leur culture et leur histoire.

En fin de compte, je recommanderais à quiconque désirant vraiment en apprendre sur la culture et le peuple de passer du temps avec les gens locaux. Il serait fort avantageux de fréquenter des quartiers qui ne sont pas identifiés comme étant des secteurs touristiques, de manière à rencontrer de vraies personnes et de profiter de la cuisine locale.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

Les Jordaniens admirent feu le Roi Hussein. Ce monarque a régné sur le pays pendant une grande partie de la vie de nombreuses personnes (de 1952 à 1999). Toute personne qui se rend en Jordanie pourra constater les durs efforts qu’a mis en œuvre le Roi Hussein pour construire le pays – en ce qui a trait à son ouverture, sa stabilité et sa prospérité. Même les personnes qui ont des opinions politiques différentes des siennes l’admirent aujourd’hui encore.

Voici d’autres personnalités nationales importantes :

Le premier ministre Sameer Alrefa’ai (2009-2011)

Le premier ministre Wasfi al-Tal (trois mandats de 1962 à 1971)

Le premier ministre Hazza' al-Majali (deux mandats de 1955 à 1960)

Le premier ministre Abd Elhamid Sharaf (de 1979 à 1880)

Le premier ministre Zaid Alrefa’ai (quatre mandats de 1973 à 1989)

Le général Ali Khoulki Alsharayri (qui a occupé le poste de ministre de l’Éducation et de ministre de la Sécurité et de l’Ordre de 1921 à 1924)

Le général Mashour Haditha al-Jazy (connu pour sa participation à la guerre de six jours et à la bataille de Karameh)

Le feld-maréchal Habis al-Majali (qui a occupé le poste de ministre de Défense de 1967 à 1968)

Le général Awad Alkhalidi – (a contribué à établir l’armée des Émirats arabes unis)

M. Abd Elhamid Shouman (financier et entrepreneur)

M. Moustafa Altal (Arar) — poète national, réformiste, avocat, juge, agitateur politique et philosophe.

Perspective canadienne :

Selon mes observations, le roi Hussein est un héros national dans ce pays. Vous trouverez des images de lui dans les boutiques et les voitures des habitants locaux.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social ?

Perspective locale :

Il n’existe pas d’événements historiques importants partagés par la Jordanie et le Canada. Toutefois, les Jordaniens respectent le Canada et sa position concernant les problèmes politiques arabes et jordaniens. Les Jordaniens apprécient également l’assistance qu’offre le Canada à leur pays, et considèrent le renforcement de ces liens de manière favorable. Dans l’ensemble, cela ne pourra qu’affecter positivement les relations professionnelles et sociales.

Perspective canadienne :

À ma connaissance, il n’existe aucun événement historique entre la Jordanie et le Canada, qui pourrait influencer les relations professionnelles ou sociales.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces ?

Perspective locale :

Il est très rare que les Jordaniens aient des stéréotypes négatifs ou néfastes concernant les Canadiens. Les Canadiens sont considérés comme des amis des Arabes, et sont admirés pour leur sincérité et leur solide éthique au travail. Cette situation se prête à de très bonnes conditions de travail et de vie en Jordanie pour les Canadiens.

Les Jordaniens sont considérés comme des amis du Canada et sont admirés pour leur ouverture d’esprit, leur acceptation de l’autre et leur hospitalité.

Perspective canadienne :

En général, je ne connais aucun stéréotype entretenu par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

Je suis une Jordanienne avec des racines palestiniennes. Je suis née et j’ai été élevée en Jordanie ; je suis arrivée au Canada en 2001.

Je suis diplômée en sciences (génie chimique). Je suis coordonnatrice nationale de projet pour une société de construction à Ottawa. Avant cela, j’ai travaillé comme assistante exécutive pour le représentant principal de la Palestine au Canada.

J’ai commencé à travailler pour CIL en 2011.

Je suis mariée et j’ai 3 enfants, qui sont fiers de leurs racines et de leur nationalité canadienne.

Je pense qu’il est très important que mes enfants restent connectés à leurs racines, c’est la raison pour laquelle tous les ans nous passons deux mois en Jordanie. Ce séjour leur permet également de pratiquer l’arabe.

Perspective canadienne :

Votre premier interprète culturel est une traductrice qui s’est offerte comme volontaire en Jordanie dans un camp touristique, mais qui a dû rapidement s’adapter lorsque l’occasion de volontariat ne s’est pas déroulé tel que prévu. Elle a vécu et travaillé comme travailleuse autonome en Jordanie durant trois ans, avec son époux et 6 jeunes enfants.

Votre second interprète culturel est née à Calgary, en Alberta, et est le plus jeune de 2 enfants. She attended high school in Vancouver and Toronto and continued her education at the University of Victoria, where she studied International Business, one component of which she completed at the Fachochschule Bielefeld, in Germany. Following graduation, she participated in the Department of Foreign Affairs Youth International Internship Program and was placed at a consulting firm in Ramallah. Due to the political tensions, one month into the internship she was relocated to Jordan, where she finished the remaining five months of the internship. After which time she obtained a full-time position on a USAID project and remained in Jordan for another year and a half. Elle vit à Vancouver, en Colombie-Britannique et occupe un poste de gestion de conseil en gestion.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.