République kirghize

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Les « Kyrgyzstanais » (notez que j'utilise délibérément « Kirghizstanais » plutôt que Kirghiz étant donné que le terme Kirghiz indique le groupe ethnique de ce nom, mais il y a d'autres groupes ethniques au Kirghizstan) aime bien parler de la famille, du travail et de vos origines ainsi que dans la vie dans votre pays. Ils apprécient également l'humour. Je ne pense pas qu'il y ait des sujets qui offenseraient particulièrement les gens. Ils sont libres de parler de politique, de religion et d'autres sujets délicats.

Un Canadien pourrait être invité par une famille. Les « Kyrghizstanais » sont reconnus pour être hospitaliers. En général, les gens se déchaussent à l'entrée, mais il vaut mieux le vérifier auprès des hôtes. Dans les maisons rurales, les gens s'asseyent à même le sol autour d'une sorte de nappe sacrée appelée « dastorkon » et sur laquelle il ne faut pas marcher, qu'il y ait ou non des plats dessus. Les gens préparent beaucoup de nourriture en espérant que l'invité mangera le plus possible. Le repas consiste souvent de plusieurs services, ce que l'invité peut difficilement refuser. L'invité le plus respecté (en général, selon l'âge ou l'ancienneté) s'assied en « tyor », la place la plus éloignée de la porte. On lui sert en premier la nourriture et le thé. L'hôte, ou le plus souvent l'hôtesse, s'assied à côté de la porte, verse le thé et passe les plats à tout le monde. En général, à table, les gens parlent de la vie et d'autres sujets légers. Souvent, on sert de l'alcool.

L'apprentissage de la langue kirghize, même si ce ne sont que des rudiments, constitue un avantage important pour un Canadien puisque les Kirghiz se fascinent pour les étrangers qui parlent leur langue, cela contribue à faire accepter et respecter le Canadien.

Point de vue canadien :

Les Kirghizes sont très attachés à la notion de famille, ainsi il serait de bon aloi de poser des questions sur leur famille ou de parler de la vôtre. Ils sont également très fiers de leur pays, plus particulièrement de ses paysages naturels, vous pouvez donc faire des commentaires à ce sujet ou demander des conseils sur des excursions possibles.

Au départ, je ne poserai pas de questions sur la politique ou la religion. Il vous faudra également éviter de parler dès le début de « l'ère soviétique », le terme usité pour parler des années précédant 1991. Les gens sont souvent d'avis que c'était une meilleure époque. Nombre de personnes étaient en meilleure situation, l'éducation était gratuite à tous les niveaux et la misère n'existait presque pas. Actuellement, le taux de chômage est très élevé et beaucoup de gens vivent au seuil minimal de revenu. Il est difficile de percevoir l'importance de la liberté de parole lorsqu'on n'a pas de quoi donner à manger à ses enfants.

Dans leur vie de tous les jours, les Kirghizes pratiquent un humour merveilleux et chaleureux, mais ils n'apprécient pas les sarcasmes.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La plupart des « Kyrgyzstanais » se tiennent près de leur interlocuteur et établissent un contact du regard Durant toute la conversation. Certains gesticulent beaucoup. Il est normal, pour des hommes qui se connaissent bien, de toucher ou de donner des petites tapes dans le dos. Il vaut mieux observer attentivement la façon dont les gens réagissent à la distance, au toucher et à la gesticulation. De nombreux « Kyrgyzstanais » toutefois s'intéressent aux étrangers puisqu'à l'époque soviétique, les étrangers n'étaient pas nombreux à affluer. La vie privée est beaucoup moins préservée qu'au Canada, il faut qu'un Canadien s'attende à ce qu'on lui pose des questions personnelles comme son statut familial, son salaire, etc. Certains étrangers pourraient se sentir envahis par tant d'attention de la part des « Kyrgyzstanais » et s'imaginer que leur espace privé n'est pas respecté. Les gens s'efforcent de saisir les signaux que transmettent les étrangers concernant ces questions.

Les gens se saluent tous les matins en arrivant au travail. Il est normal de se serrer la main entre hommes, et que les hommes et les femmes s'embrassent sur les deux joues. Il est également courtois et normal de se parler de la santé, la famille et des questions professionnelles (p. ex. travail ou études).

Certains gestes peuvent être offensants. Par exemple, pointer quelqu'un du doigt, exhiber à quelqu'un un poing fermé (provocation à la bagarre), et, compte tenu de l'influence des films étrangers, montrer à quelqu'un son « majeur ». Certains « Kyrgyzstanais » ne gesticulent pas beaucoup, alors que d'autres le font, il n'y a pas vraiment de règles quant à la gestuelle. L'étranger doit s'habituer à certains comportements pratiqués par les « Kyrgyzstanais » comme le rot en public qui n'est pas offensant alors que la flatulence l'est.

Point de vue canadien :

La distance de rigueur entre deux personnes en conversation est semblable à celle pratiquée au Canada – entre 80 cm et un mètre. Vous devez certainement établir le contact visuel, que ce soit avec les hommes ou les femmes. Cela peut varier en fonction de la personne avec laquelle vous vous entretenez, si elle appartient au sexe opposé et qu'elle est d'obédience musulmane traditionaliste (relativement peu nombreuses et habitant surtout le sud du pays). La forme la plus primaire du toucher est celle de la poignée de mains lors de la première rencontre. Par la suite, on ne se serre pas la main de façon assidue; en outre, j'hésiterais à serrer la main d'une personne du sexe opposé, il vaut mieux attendre que ce soit elle qui fasse le premier pas. Au fur et à mesure que vous connaissez mieux ceux avec lesquels vous travaillez et que vous voyez presque quotidiennement, une femme peut à l'occasion vous serrer dans ses bras ou vous faire la bise, mais il vaut mieux lui laisser faire le premier pas. En général, les hommes ne vont pas plus loin que la poignée de mains. Comme dans les autres cultures musulmanes traditionalistes, il ne faut ni manger de la main gauche ni non plus offrir de la nourriture avec cette main, mais étant donné que la majorité des gens ne sont pas musulmans traditionalistes, russes orthodoxes ou « pratiquants », cela ne semble pas revêtir une grande importance. En revanche, ils disent parfois quelques mots de prière au début et à la fin du repas, qu'ils font suivre d'un petit geste qui consiste à ouvrir les mains (pour recevoir la bénédiction de Dieu) pour ensuite les joindre vers le bas en inclinant la tête. Ce geste est également souvent utilisé lorsqu'on passe à côté de l'un des nombreux mausolées en bordure de la route – ce qui est quelque peu inquiétant lorsque le conducteur de l'auto, qui est trop occupé à manœuvrer entre les nids de poule, le fait.

Si vous vous faites aider par un interprète, l'expression de votre visage lorsque vous travaillez est très importante et vous devez parler directement et clairement. Les Kirghizes sont très généreux, chaleureux et n'attendent que de faire plaisir aux visiteurs et ce n'est souvent qu'à travers l'expression de votre visage et votre gestuelle que vous leur exprimerez votre appréciation.

En répondant à une invitation chez des gens, il convient d'apporter un petit cadeau, un gâteau, une bouteille de vin, des fruits ou un petit quelque chose pour les enfants, par exemple. Lorsque vous arrivez chez quelqu'un, vous vous verrez offrir au moins du thé et habituellement de la confiture et du pain, si vous refusez ces signes d'hospitalité, vous passerez pour un rustre. Si vous êtes invité à partager un repas, attendez-vous à une longue suite de toasts et de petits discours; on vous demandera, à titre d'invité d'honneur, de prendre la parole en premier. Ces toasts servent généralement à remercier les hôtes, à souhaiter une bonne santé aux invités et la paix à travers le monde. Il vaut mieux ne pas abuser de la vodka que vous buvez à chaque toast, étant donné que vous donnerez la mesure pour tous les convives qui prononceront les toasts suivants.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les marques publiques d'affection, de colère ou autres sont courantes. Mais chaque personne à chaque endroit (contexte urbain ou rural) réagit différemment. Dans les centres urbains, par exemple, les jeunes peuvent montrer beaucoup de marques d'affection mutuelle (on peut voir des couples se cajoler dans des espaces publics comme des parcs), alors qu'en milieu rural les gens ont tendance à être plus discrets. Il n'est pas normal de piquer des colères en public, bien que beaucoup de gens s'en mêlent (surtout à cause de conditions de vie misérables et de difficultés pécuniaires).

Point de vue canadien :

Les Kirghizes sont en général assez réservés et n'étalent pas leurs sentiments. Ils sont chaleureux, généreux et serrent souvent leurs enfants dans leurs bras, mais autrement, ils ne font pas étalage en public de leurs émotions.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Le style opérationnel, la cadence et la ponctualité varient en fonction de votre lieu de travail. Cependant, les gens s'habillent de façon formelle et propre pour aller travailler. Les hommes portent le costume et la cravate alors que les femmes s'habillent formellement. Le personnel des nombreux bureaux qui ont des employés étrangers s'habille de façon décontractée. En revanche, on ne porte ni des T-shirts ni des jeans pour travailler, si les femmes portent des t-shirts, des jeans ou des shorts au travail, elles détonneront.

Les gens s'habillent bien lors d'occasions spéciales comme, par exemple, les réunions, les fêtes, les mariages de collègues ou les anniversaires.

On peut n'utiliser que le prénom pour interpeller ceux du même âge ou les plus jeunes. On appelle souvent les superviseurs ou les hauts responsables par leur prénom, additionné du nom de famille, à la russe. Par exemple, Asan Bolotovich et Ainura Maratovna (respectivement le fils de Bolot et la fille de Marat). Autrement, certaines personnes peuvent interpeller les plus âgés en ajoutant « baike » ou « ake » (frère aîné dans, respectivement, le sud et le nord du Kirghizstan) pour les collègues masculins plus âgés et « edje » (sœur aînée, tant au sud qu'au nord du Kirghizistan) pour les collègues féminines plus âgées. On utilise rarement le nom de famille de la personne à moins que ce ne soit une occasion officielle ou qu'on fait des présentations officielles. Il vaut toutefois mieux observer la manière dont les autres interpellent les superviseurs et confirmer avec celui-ci la façon dont il voudrait qu'on l'appelle.

De nombreux bureaux adoptent un code de conduite plus strict en termes de ponctualité et de fiabilité. Les ponctuels et les fiables sont très appréciés par leurs patrons et collègues. Il y a parfois quelques collègues qui ne sont pas ponctuels.

Les gens essaient toujours de respecter les délais fixés. Il y a quand même une certaine souplesse et les gens négocient lorsqu'ils savent que le respect de l'échéance est improbable. Ceux qui respectent les délais sont très appréciés.

Point de vue canadien :

De manière générale, les citadins, particulièrement à Bishkek, s'habillent de façon formelle pour aller travailler. Les jeans se portent aussi bien par les hommes que les femmes, mais seulement pour les activités de loisirs. La plupart des hommes d'affaires portent le costume ou des vestes sport avec des pantalons et une cravate. Les femmes portent des tailleurs et des robes. Si elles portent des pantalons, il faut qu'ils soient habillés et les accompagner d'une veste. Compte tenu de la petitesse des espaces et des installations dans lesquels ils vivent ainsi que la pauvreté qui les afflige, je suis toujours surprise de leur propreté et de leur tenue. Dans les villages, ils s'habillent de façon un peu moins formelle, mais toujours proprement.

En public les Kirghizes sont assez tranquilles et même réservés. Il m'a été conseillé de ne pas circuler seule la nuit dans Bishkek, mais je n'ai jamais vu ou entendu parler d'actes de violence. Dans le village que je visitais j'ai été entourée d'enfants de tous âges que je n'ai jamais entendu se battre ou pleurer.
Normalement, les gens s'appellent par leur prénom en société et au travail, mais ils vont vous dire « monsieur » un tel ou « madame » une telle si vous êtes l'invité d'honneur, étranger ou d'un certain âge, particulièrement lorsqu'il s'agit de personnes du sexe opposé.
Ceux avec lesquels je travaillais étaient très laborieux et, en général, très productifs. J'imagine que ce ne doit pas être la même chose chez les fonctionnaires, les douaniers, les policiers, etc. Ils peuvent avoir intérêt à ne pas travailler trop vite ou trop efficacement en vue de s'assurer que leurs emplois soient protégés.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Que ce soit chez les patrons locaux ou étrangers, les gens apprécient des qualités tel que la compétence, le
professionnalisme, l'éducation, le sens de la justice, l'ouverture d'esprit et les travailleurs. Cela dépend de
l'organisme. Certains organismes sont dictatoriaux et hiérarchiques, et leurs patrons sont sévères. La
culture des « Kirghizstanais » veut qu'ils éprouvent du respect pour les plus âgés, ainsi les travailleurs
plus jeunes hésitent souvent à exprimer leurs désaccords ou leurs inquiétudes et à confronter leurs
collègues plus anciens. Il faut être compréhensif et sensibilisé à l'interactivité entre jeunes et moins jeunes
collègues. À l'occasion, les gens pourraient s'attendre à ce qu'un étranger soit plus accessible et moins
dictatorial.

On respecte un supérieur lorsqu'il possède une expertise de haut niveau pour accomplir la tâche en cours. Cette expertise combinée à ses capacités de gestion, de réussir et de traiter équitablement le personnel sont également très importantes. Le patron amical et accessible est apprécié et digne de confiance. L'étranger doit comprendre également l'importance du facteur âge qui veut qu'on doit montrer plus de respect à une personne d'un certain âge en l'interpellant (généralement, il ne faut pas utiliser le prénom de la personne d'un certain âge). Le gestionnaire qui n'est ni respecté ni aimé ne le sait généralement pas directement, à moins qu'un problème sérieux ne survienne. Il est possible que certains employés médisent du gestionnaire qu'ils n'aiment pas personnellement. Si le gestionnaire, qui n'est pas respecté, traite ses employés de façon inéquitable il pourrait se voir confronté à la contestation ouverte de ses employés, tant publiquement que confidentiellement.

Point de vue canadien :

Le taux d'alphabétisation du Kirghizstan est très élevé, on assume qu'un gestionnaire est instruit et que ceux qui ont la chance de détenir un emploi de ce calibre doivent probablement travailler très fort. On ne s'attend pas à ce que les expatriés travaillent aussi forts que les Kirghizes, mais s'ils le font ils gagneront le respect des gens. S'il arrive que l'un des employés sous votre direction donne votre nom à son nouveau-né, vous pouvez en conclure que vous avez réussi à gagner leur estime et leur affection. Il se pourrait même qu'ils disent « Si j'avais un enfant, je lui donnerai votre nom. »

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Dans nombre de bureaux, les idées viennent généralement des patrons et sont discutées par les employés. Elles sont toutefois prises par les patrons et leurs employés de confiance (en général des aides). En revanche, il n'est pas anormal de consulter le superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou des commentaires. À l'occasion, certains n'oseront pas le faire directement, ils essaieront de trouver un membre respecté du personnel pour exposer leur problème à travers ce membre du personnel.

Point de vue canadien :

Parmi mes collègues, certains collaborent sous forme de coopérative, mais j'ai rapidement appris à ne pas utiliser ce terme. Comme anciens membres de l'Union Soviétique, les coopératives ont pour eux des connotations différentes de la nôtre. En général, la culture du travail et le comportement professionnel sont semblables à ceux de l'Amérique du Nord, un peu plus formels peut-être.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes: Les relations entre hommes et femmes ne posent pas un problème très sérieux au Kirghizstan. Il y néanmoins des problèmes et des plaintes relativement à une discrimination occulte à l'endroit des travailleuses (p. ex. les cadres sont le plus souvent des hommes, mais pas exclusivement). Par ailleurs, le patron et les collègues masculins traitent leurs collègues féminines respectueusement.

Religion: Au Kirghizstan, on trouve plusieurs religions (en majorité musulmane et chrétienne). Toutefois, la religion relève du domaine personnel et n'intervient pas en milieu de travail. Ainsi, les questions religieuses ne posent aucun problème au bureau.

Classes sociales: Les politiques et pratiques de l'URSS relatives à l'égalité des classes ont influencé l'attitude des gens et leurs relations. Par contre, il y a eu récemment une recrudescence de la conscience de classes; ceux qui sont plus riches et plus puissants sont traités avec respect.

Origine ethnique: Le Kirghizstan compte plusieurs ethnies; les plus importantes étant kirghiz, ouzbèk et russe. Les Ouzbeks vivent majoritairement dans le sud du pays. Les gens vivent en général harmonieusement et tolèrent leurs différences mutuelles (sauf pour les émeutes des Ouzbèk et des Kirghiz en 1990). Il faut en revanche faire preuve d'inclusion envers les collègues et être sensible aux différents groupes ethniques (p. ex. ne pas montrer de parti pris envers un groupe ou de subjectivité).

Point de vue canadien :

Égalité des sexes: Historiquement, les sexes sont, superficiellement, égaux (il ne faut pas oublier qu'ils faisaient partie de l'Union Soviétique), mais, en réalité, il existe une division traditionnelle du travail, du moins en ce qui concerne les travaux ménagers, la cuisine, etc. Bien que ce soit illégal, on assiste à une renaissance du « Rapt de mariée », en général dans les villages éloignés.

Religion:Officiellement, les gens sont musulmans, mais on ne peut pas dire qu'ils adhèrent strictement aux préceptes d'un Islam intégriste. Il semble qu'il existe une riche culture fondée sur les mythes et une certaine superstition inspirée en grande partie par l'Islam. Je n'ai pas pu constater de bigoterie ou de préjudice religieux.

Classes sociales: Comme nous l'avons déjà mentionné, nombre de comportements de classes est dû au passé soviétique. À son arrivée au pouvoir, Staline a dû faire face à une population fortement analphabète. Ainsi, pour édifier la force industrielle et militaire dont il avait besoin, il lui fallait une population éduquée. Il a obligé les peuples kirghizes, principalement des nomades (ainsi que d'autres bien sûr), à s'installer dans des villes et des villages. Dans les villes, il a décrété que l'éducation était obligatoire et gratuite jusqu'au doctorat. À l'effondrement de l'économie soviétique, le Kirghizstan a hérité d'une population hautement instruite, bilingue (langues kirghize et russe), mais très pauvre. Il ne semble pas y avoir de « clivages de classes » entre ceux qui travaillent au service des différents projets de « coentreprise » financés par la Hollande, l'Allemagne, la France et d'autres bailleurs de fonds et ceux qui travaillent à des emplois financés à même les deniers publics comme les enseignants, les infirmières, les médecins, etc. Lorsque ces derniers gagnent entre 10 $ et 30 $ américains, ils peuvent probablement gagner 10 fois ce salaire s'ils travaillent pour des coentreprises.

Origines ethniques: Il y a quelques conflits portant sur les frontières au sud du pays, particulièrement avec l'Ouzbékistan, qui causent des tensions entre les Ouzbeks, les Kirghizes et les Russes. Ces deux derniers groupes ont vécu si longtemps ensemble qu'ils en semblent satisfaits et ce, bien qu'il y ait eu une nette augmentation de l'émigration des Russes après l'effondrement de l'Union Soviétique. Un groupe relativement faible de Turcs ont installé des entreprises à Bishkek surtout. Ils ont été intelligents en même temps que bien financés, ce qui leur a permis de généralement bien réussir. La grande majorité des Turcs ne s'est pas intégrée à la vie Kirghize et l'on pense que la majorité rapatrie son argent en Turquie plutôt que de le réinvestir dans l'économie locale. On pense aussi que certains commerçants impitoyables venus de Chine ont vu dans le Kirghizistan un bon marché pour y « balancer » des produits de qualité inférieure. Je ne sais pas si ces accusations sont justifiées, mais c'est la perception qui est à la base d'un certain préjudice.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est important de connaître les gens et d'établir une bonne relation avec eux. Les gens travaillent bien avec ceux auxquels ils font confiance. Des réunions informelles, des dîners ou déjeuners avec les collègues contribuent à la qualité des relations, Dans certains bureaux toutefois, les relations formelles constituent la norme. Lorsque vous invitez quelqu'un à déjeuner ou à dîner, en tant qu'étranger vous devez savoir que normalement la personne qui lance l'invitation paye le repas. Généralement les hommes invitent les femmes collègues. Il est préférable de dire clairement qui va payer le repas.

Point de vue canadien :

Il faut tenir compte du fait que les Kirghizes avec lesquels vous interagirez auront grandi avec la notion que « l'Ouest » représente « l'Empire du mal » et n'auront connu la vie nord-américaine que par la lentille des reprises télévisées de Dallas, etc. Vous devrez donc essayer de projeter une image plus réaliste de vous-même, de votre famille, de votre vie au Canada. Soyez attentif aux enfants, cela vous fera gagner en popularité.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Il est possible qu'un collègue ou un employé s'attende à un traitement de faveur à cause de votre amitié ou de votre relation (p. ex. engager un parent ou un ami). Personnellement, je m'abstiendrais de recommander de tels privilèges, surtout que les patrons étrangers ont d'habitude la réputation d'être honnêtes et incorruptibles.

Point de vue canadien :

Les traitements spéciaux, le népotisme et le favoritisme existent certainement, mais il est difficile de généraliser.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Si vous avez un problème professionnel avec un collègue, il vaut mieux en discuter avec lui en privé. Les colères publiques ne sont pas recommandables, elles pourraient dégénérer en conflit plus grave. Vous saurez éventuellement si le collègue vous en veut pour quelque chose que vous auriez dite à propos de ses gestes ou comportements. Si cette personne fait ce qu'elle peut pour vous éviter et qu'elle ne veut pas vous parler de choses quotidiennes, vous avez certainement un problème. Vous pouvez, à l'occasion, le savoir par l'entremise d'autres collègues qu'un certain collègue est mécontent.

Point de vue canadien :

Je ne ferais jamais de reproches en public à un collègue, en réalité je pense qu'il n'est pas utile d'avoir recours à une quelconque forme de confrontation. Un calme examen du travail, en compagnie du collègue, peut engendrer une situation plus constructive.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Vos collègues sont motivés par la satisfaction personnelle autant que par les avantages pécuniaires. Ils apprécieront de travailler si les conditions sont adéquates et leurs relations entre collègues, convenables. Étant donné que les emplois ne sont pas facilement disponibles au Kirghizstan d'aujourd'hui, certains travailleurs pourraient avoir peur de perdre leur emploi, les employés travaillent fort.

Point de vue canadien :

Avoir un revenu convenable pour soi-même et pour la famille constitue un objectif clair et capital. Pour les Kirghizes, il est également important de commander le respect et l'approbation de la famille et de la collectivité. La difficulté de trouver un emploi a éprouvé de nombreux hommes dont un bon nombre souffrent de dépression sévère qu'ils noient dans l'alcool.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres:
Central Asia, The Practical Handbook, Giles Whittell; Cadogan Books Ltd;
Cadogan Guide to Central Asia; Bishkek Handbook - Inside and Out, Daniel Prior; Accent, Bishkek (1995); Central Asia, John King; Lonely Planet Publications, a travel survival kit, Australia (1996); The Law of Unintended Consequences, Tournament of Shadows, The Great Game and the Race for Empire in Central Asia; Karl E. Meyer and Shareen Blair Brysac (1999); et les livres de Chyngyz Aitmatov (Écrivain Kirghiz bien connu) - Jamilia; First Teacher; Mother's Field; White Steamer; Farewell, Gulsary; Plakha et a Day Lasts Longer than a Century (Snowstorm Station); et"Manas", la version des textes épiques « Manas » du peintre Theodor Herzen (Texte en anglais); Accent Information Agency, Bishkek.
Akaev, A. (2003). Kyrgyz statehood and the national epos ‘Manas'. New York: Global Scholarly Publications.
Gleason, G. (1997). The Central Asian states. Boulder: Westview Press.
Liu, M.Y. (2003). Detours from utopia on the Silk Road: Ethical dilemmas of neoliberal triumphalism. Central Eurasian Studies Review, 2 (2), 2-10.
Quelques sources sur le Web : Les rapports des pays sur l'éducation pour tous : Évaluation 2The EFA 2000 - Rapport de pays : Kirghizstan (en anglais). Trouvé le 19 mars 2004 à : http://www2.unesco.org/wef/countryreports/kyrgyz/contents.html
UNDP Report. (2003). The Kyrgyz Republic. Millennium Development goals: Progress Report. (en anglais)Bishkek. Trouvé le 20 mars 2004 dans http://www.undp.kg/english/publications/2003/mdgpr2003.pdf

Films long métrage : (a) The Snowstorm Station (sous-titres anglais). Inspiré du roman de Aitmatov A Day Lasts Longer than a Century; (b) Beshkempir (également appelé Adopted Son). À propos de la croissance d'un jeune garçon dans le Kirghizstan rural. (c) Saratan. Ce film se penche sur la vie des gens dans un petit village Kirghiz. Mais il concerne aussi la vie dans le pays après l'indépendance.

Gastronomie : on ne trouve pas de cuisine Kirghize au Canada. Les Canadiens peuvent trouver que la cuisine Kirghize est très semblable à la cuisine d'Asie Centrale (p. ex., Afghane ou iranienne).

Point de vue canadien :

Les librairies et les bibliothèques n'ont que très peu de livres. J'ai dressé la liste uniquement de ceux qu'on peut trouver seulement.

Livres :
· Stewart, Rowan et Susie Weldon, Kyrghiz Republic, 2004, N.Y. W.W. Norton
· Lonely Planet Guide, Central Asia
· Essayez de trouver Burkett, Elinor, So Many Enemies, So Little Time: An American Woman In All the Wrong Places – cet ouvrage m'a été recommandé par une Kirghize, mais je n'ai pas réussi à l'obtenir.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

De rencontrer et fréquenter les gens constitue le meilleur moyen pour en savoir plu long sur les gens et leur culture. La plupart des spectacles, des concerts et autres événements sont en russe et Kirghiz. De nombreux étudiants universitaires pourraient très bien servir « d'interprètes culturels », étant donné qu'ils ne demandent pas mieux que de rencontrer des étrangers, surtout anglophones, en vue de parfaire leur anglais. On peut se renseigner de façon plus détaillée sur la culture en se promenant dans les campagnes et en assistant aux festivals et événements (mariages, célébration de « Nooruz » fête du printemps en Aise Centrale, (jouer au « Ulak » qui se pratique à cheval).

Point de vue canadien :

Bishkek offre une vie culturelle riche, notamment le ballet national, l'orchestre symphonique, le musée des arts et plusieurs associations d'artisanat qui font la promotion de l'artisanat traditionnel, artisanat majoritairement de grande qualité. Le journal de langue anglaise, largement disponible à Bishkek, offre des renseignements sur les événements qui s'y tiennent. Les événements culturels et sportifs sont plutôt limités dans les petites villes et les villages – si vous jouez au soccer, vous pourriez constituer une équipe et jouer sur un terrain vague ! Norruz est la fête de l'équinoxe du printemps, on la célèbre avec des danses folkloriques, de la musique et des mets traditionnels. La Journée des femmes, célébrée le 2 mars, est un jour férié et en février on célèbre la journée des hommes qui semble avoir été instaurée pour honorer les Forces armées soviétiques.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

« Manas » est un héros épique national. Les poèmes épiques « Manas » font la fierté nationale des Kirghiz, le faîte de leur vie spirituelle héritée de leurs ancêtres. Ils reflètent l'histoire ancienne des Kirghiz et leur vie sociale durant le millénaire. Ils reflètent non seulement les événements historiques mais également tous les aspects de la vie humaine; la situation sociale, économique et politique, la lutte pour l'indépendance, les relations avec les autres États. Il dépeint la vie, le bien et le mal, l'amitié et l'humanisme, l'amour du pays, et l'intérêt porté au bien du peuple.

Point de vue canadien :

Manas est le plus connu des héros. Le poème oral sur Manas, son fils et son petit-fils ainsi que sur leurs actes courageux de bonté constitue le point central des mythes et de l'histoire kirghizes. Il y a plusieurs monuments, un parc spécial et de nombreuses très belles éditions du poème.
La Route de la soie n'est peut-être pas un héros, mais elle figure parmi les traditions et fait partie de l'art du Kirghizstan. Le chameau représente la Route de la soie, bien que je ne pense pas que les chameaux existent de nos jours au Kirghizstan, on trouve de nombreuses images de chameaux dans l'artisanat et les arts de ce pays.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Il n'y a pas d'événements historiques communs au Kirghizstan et au Canada qui puisse entraver le travail ou les relations sociales.

Point de vue canadien :

Je pense que le peu de connaissances à propos de ce pays constitue le pire des problèmes. L'animosité engendrée par la guerre froide entre l'Union Soviétique et l'Ouest a très certainement entraîné quelques préjudices de part et d'autre.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les gens n'ont pas de stéréotypes à propos des Canadiens, sauf certains qui pensent que ce sont des joueurs de hockey très violents. Les plus vieilles générations ont vécu sous le régime soviétique et aiment beaucoup regarder le hockey à la télévision. Ils encourageaient l'URSS quand elle jouait contre le Canada. Ils perçoivent le Canada comme nation puissante en hockey. Pourtant, les habitants du Kirghizstan ne jouent pas au hockey (contrairement à leurs voisins Kazakhs).

Dans un tout ordre d'idées, les Canadiens devraient également savoir que de nombreux « Kirghizstanais » associent le Canada à la société Cameco, société minière d'extraction de l'or impliquée dans une controverse (déversement de cyanure dans la rivière Barskoon en 1998).

Point de vue canadien :

La proximité de Musulmans plus intégristes cause des inquiétudes injustifiées chez les Nord Américains de l'après 11 septembre.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né dans le village de Otuz-Adyr village dans la province de Osh (Osh Oblast), le septième de 10 enfants Il a été élevé dans ce village du sud du Kirghizistan et a fréquenté son école jusqu'à l'âge de 17 ans. Il a ensuite fréquenté l'Université d'État dans la ville de Osh et y a obtenu son diplôme d'enseignant en 1993. Il a ensuite obtenu sa maîtrise de l'École normale de l'Université Aga Khan à Karachi au Pakistan. Il est venu au Canada en 2000 pour y poursuivre des études doctorales à l'Université de Toronto. À l'heure actuelle, il vit et étudie à Toronto. Il n'est pas marié et n'a pas d'enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est née au Danemark où elle a été élevée. Elle a immigré au Canada à l'âge de 19 ans, elle y a travaillé, s'y est mariée et y a élevé quatre enfants. Elle a obtenu son B.A. avec spécialisation en sociologie, et à 50 ans, elle obtenait son M.B.A., les deux diplômes décrochés à Simon Fraser University en Colombie-Britannique (Canada). Elle a voyagé pendant une année en Europe et en Afrique du Nord. Elle a également beaucoup voyagé en Europe, en Asie et en Australie. Elle a œuvré à titre de volontaire du SACO en Guyane, au Kirghizistan et à des programmes autochtones au Canada, notamment au Nunavut. Elle a pris sa retraite d'enseignante dans un collège communautaire de Toronto et vit avec son mari en Colombie-Britannique.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.