Cambodge

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

En général, vous pouvez poser des questions sur la famille et le travail. Au lieu de vous enquérir du lieu d’origine de la personne (on pose cette question surtout aux étrangers), vous pouvez demander à votre interlocuteur « où allez-vous? » ou encore « d’où venez-vous? ». Ce sont des questions couramment posées.

Les salutations au Cambodge dépendent du degré de respect à manifester. Il est important dans l’environnement familial d’être plus respectueux envers les aînés (grands-parents) et envers les gens qui sont plus âgés que vous. Plus la personne est âgée, plus on lui doit de respect. Au travail, vous devez exprimer le plus grand respect à l’égard du propriétaire, du président ou du gestionnaire, et saluer ensuite toutes les personnes de rang inférieur. Au temple ou dans un lieu de cérémonie, les moines et les prêtres doivent recevoir les plus hautes marques de respect.

Lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, lors de réunions familiales ou au travail, qui commande l’un des degrés de respect décrits ci-dessus, vous devez vous tenir à environ une longueur de bras de votre interlocuteur et le saluer en plaçant vos deux mains jointes sur la poitrine, les doigts pointés vers le haut. Si vous rencontrez un moine, vous devez le saluer et demander qu’un esprit vous aide ou vous incliner le plus bas possible vers le sol et saluer. La même règle s’applique en présence du roi du Cambodge.

Évitez d’appeler les gens par leur nom au premier contact. En milieu familial, appelez-les Lok Ta pour un grand-père, Lok Yeiv pour une grand-mère et Om ou Pou, selon l’âge de l’aîné. Vous devez appeler une personne plus âgée d’un an que vous Bang. Au travail vous pouvez appeler vos collègues Lok ou par leur titre, selon le milieu de travail. Assurez-vous d’incliner légèrement la tête lorsque vous rencontrez ou voyez une personne de plus haut rang, comme vous le feriez à l’égard d’un aîné, d’un moine ou d’un roi). Demandez-lui si elle vous permet de l’appeler par son nom; autrement, vous pourriez l’offenser en l’employant sans permission.

L’humour est acceptable. Toucher, donner l’accolade ou embrasser quelqu’un, particulièrement pour les femmes ou les filles, n’est pas acceptable. La seule exception serait les enfants, lorsque vous les rencontrez pour la première fois.

Dans toute situation de travail ou familiale, n’oubliez pas de demander au moins trois fois à toute personne de degré de respect supérieur si elle accepte votre présence ou non. Dans la culture canadienne « OUI » signifie « OUI »; « NON » signifie « NON », mais pas dans la culture cambodgienne. Par conséquent, il faut demander trois fois pour avoir une réponse définitive.

Point de vue canadien :

Votre famille, votre travail et votre pays d’origine sont des sujets qui intéressent beaucoup les Cambodgiens. En retour, ils vous parleront avec joie de leur famille, particulièrement de leurs enfants, ainsi que de leur travail ou de leur région d’origine. Un grand nombre d’affaires se brassent à Phnom Penh, mais la plupart des habitants proviennent de plus petites villes. Les Cambodgiens aiment parler des lieux à visiter au Cambodge, tout particulièrement de la cité d’Angkor, qui est une source particulière de fierté.

Certains Cambodgiens peuvent mettre beaucoup de temps à s’ouvrir à des étrangers parce qu’ils n’ont pas l’habitude de travailler avec eux. Vous pouvez briser la glace en posant des questions sur leur travail, en les saluant dans la langue khmère et, le plus important, en souriant.

Il ne serait pas prudent d’entamer une discussion sur la période des Khmers rouges (appelés aussi « période de Pol Pot ») mais les gens soulèveront le sujet d’eux-mêmes dès qu’ils auront appris à vous connaître. Nombre de Cambodgiens parlent ouvertement des expériences qu’ils ont vécues durant cette période de conflit qui a touché la plupart des gens âgés de plus de 30 ans, mais il vaut mieux ne pas poser de questions directes sur le sujet. Lorsque vous connaîtrez mieux vos interlocuteurs, ils vous raconteront des histoires très émouvantes et choquantes et, à ce moment-là, il sera préférable de demeurer silencieux et d’écouter. Il faut savoir aussi que les Khmers rouges ont été essentiellement démantelés et écartés depuis quelque temps déjà. Cela signifie que vous pourrez très bien travailler ou vivre près de personnes qui étaient membres des Khmers rouges il y a quelques années. Vous ne saurez peut-être jamais qui en a fait partie et il serait préférable de ne pas chercher à le savoir : vous pourriez réveiller des souvenirs douloureux, même chez ceux qui étaient du « mauvais » côté. C’est la raison pour laquelle les gens font porter la responsabilité des atrocités à Pol Pot – il doit être très difficile pour eux de penser que leurs amis et voisins pourraient avoir été membres de l’organisation qui a décimé leur famille.

Pour ce qui est de l’humour, les Cambodgiens aiment rire et apprécient beaucoup les plaisanteries. L’humour sarcastique, au contraire, n’est ni compris, ni apprécié.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Suivez les formalités de salutations telles que décrites dans la question précédente. Évitez le contact visuel; cela peut être offensant. Utilisez un ton de voix doux, ne faites pas trop de gestes et maintenez une expression neutre. Tenez-vous à une distance respectable, dans la mesure du possible; montrez-vous poli, et ne vous tenez pas trop près (50 centimètres au minimum).

Ne posez pas de question directe telle que « avez-vous une femme ou des enfants? » ou « quel âge à cette personne? ». Faites connaissance d’abord avec votre interlocuteur avant de poser des questions d’ordre personnel sur le nom, les études, les passe-temps, les compétences et les préférences. Il est normal de lui demander si vous pouvez lui offrir à boire ou à manger.

Ne touchez pas vos interlocuteurs. Lorsque quelqu’un vous rend visite chez vous, ne les accueillez pas en pyjama ou dans d’autres vêtements de nuit.

Point de vue canadien :

La chose la plus importante à se rappeler lorsqu’on salue des Cambodgiens est que les hommes et les femmes ne se touchent jamais. Plusieurs pourraient être habitués à travailler avec des Occidentaux (à Phnom Penh, plus particulièrement) et il serait acceptable de serrer la main de vos interlocuteurs de sexe opposé au vôtre, s’ils font le premier geste. La façon habituelle de saluer les gens est de mettre les mains jointes sur la poitrine et d’incliner la tête légèrement pour manifester votre respect en prononçant l’expression « susaday », qui signifie « bonjour ».

Le contact des yeux est la norme. Vous ne devez pas toucher les personnes à qui vous parlez. Les gens sourient généralement beaucoup, de sorte qu’il est bon d’adopter une expression faciale ouverte et amicale. Le ton de voix doit être sérieux et calme. Les gens peuvent être assez bruyants parfois, mais rarement au cours de réunions d’affaires.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Démontrer une émotion, exprimer sa sympathie avec compassion, chaleur et sincérité sont très appréciés des Cambodgiens. Essayez d’accepter toute invitation à boire, manger ou autre. Ce geste permettra plus tard d’établir de bonnes relations.

Tâchez de vous contrôler si vous êtes contrarié et ne manifestez pas votre colère. Essayez de trouver des membres de la famille ou des amis proches de votre collègue ou employé qui pourraient intercéder en votre faveur lorsque vous avez des problèmes.

Il est acceptable de rire ou de plaisanter et d’exprimer son appréciation. Ne dépassez pas vos limites ou votre capacité de résistance à l’alcool.

Souvenez-vous que lorsque les Cambodgiens vous apprécient, c’est génméralement pour la vie entière. S’ils ne vous aiment pas, ils ne voudront jamais plus vous parler.

Point de vue canadien :

Non, les gens maîtrisent leurs émotions. Ceux qui ont tendance à se mettre en colère ne sont pas très aimés. Vous ne verrez jamais un homme et une femme se tenir la main ou s’embrasser en public – cela est interdit. Toutefois, la jovialité est très appréciée, les gens socialisent énormément et ils rient beaucoup.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

En règle générale, le travail commence à 6 heures et demie ou 7 heures. Les gens travaillent jusqu’à 11 heures et demie, ils prennent ensuite une pause pour le lunch, puis retournent au travail vers 13 ou 14 heures.

Nuances linguistiques : parlez lentement et d’une voix douce; évitez le contact visuel, sauf en cas de nécessité.

Les vêtements doivent être ordinaires et propres (les hommes peuvent porter un T-shirt); le port de la cravate n’est pas obligatoire. Le genre de vêtement à porter au travail dépend de vos moyens financiers. Si vous assistez à des célébrations ou à des événements publics, il serait recommandé de porter des vêtements locaux traditionnels.

La ponctualité et les délais ne sont pas vraiment très importants. Arriver en retard au travail semble être normal, ou tout au moins beaucoup plus qu’au Canada. Les rendez-vous ne sont pas obligatoires; les gens peuvent passer vous voir sans vous en avertir. Préparez-vous à les rencontrer sur de très bref préavis. L’absentéisme n’est pas une grande préoccupation; vous pouvez être informé par des amis qu’un employé sera absent ou l’employé lui-même vous en parlera à son retour au travail.

Point de vue canadien :

Bien s’habiller est important. Les Cambodgiens s’habillent toujours avec élégance. Comme il fait très chaud durant une grande partie de l’année, les gens ont l’habitude de déjeuner et de prendre des douches à la maison, ce qui fait qu’ils ont toujours l’air propre! Les hommes portent des pantalons et des chemises habillés et, les femmes, des pantalons, des robes ou des jupes et des blouses. Les Cambodgiennes sont bien coiffées (elles se teignent souvent les cheveux!) et se mettent au minimum un peu de rouge à lèvres. Je recommanderais de choisir des chaussures faciles à mettre et à enlever, parce qu’il faut les enlever avant d’entrer dans une maison ou même dans un bureau.

Dans mon bureau, nous nous appelions par notre prénom dès le début, mais quand j’avais des réunions à l’extérieur, surtout avec des gens importants (directeurs d’hôpitaux, responsables ministériels), je m’adressais à eux en les appelant docteur, Monsieur ou Madame suivi du nom de famille, même s’ils m’appelaient par mon prénom. Nos travailleurs en développement s’adressaient aussi de façon formelle à leurs superviseurs.

Les Cambodgiens sont très ponctuels et il n’est pas bien vu d’arriver en retard à une réunion, à moins d’avoir été retenu par une inondation sur votre chemin ou quelque chose du genre. La plupart des gens ont des téléphones cellulaires et vous devrez téléphoner lorsque vous ne pourrez pas être à l’heure. Le respect des échéanciers n’est pas aussi important que la ponctualité.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Il est très important d’obéir au président, au gestionnaire ou au patron ou à la personne de plus haut rang. La hiérarchie est plus importante que les politiques de l’organisme. Appelez ces personnes Lok (Sir, Monsieur), ou Monsieur, etc., et exprimez votre respect en toute circonstance. Il peut être approprié d’inclinez légèrement la tête lorsque vous parlez ou que vous êtes d’accord (cela dépendra du niveau de respect qu’il faut démontrer).

La scolarité et les antécédents se classent en importance, après le titre et le poste. Montrez votre compétence, vos connaissances et votre jugement de manière à pouvoir échanger vos points de vue avec le personnel de façon positive. Montrez de la souplesse et ne soyez pas trop ferme. Les Cambodgiens sont ouverts aux nouvelles idées et travaillent très fort. Essayez de demeurer calme et silencieux. Vous pouvez discuter ou plaisanter aux pauses. N’oubliez pas de demander trois fois à vos interlocuteurs s’ils vous ont compris lorsque vous le pouvez.

Montrez du respect envers les femmes. Il n’est pas nécessaire de leur offrir des fleurs lorsque vous êtes invité; un cadeau est généralement acceptable.

Point de vue canadien :

La scolarité, l’expérience et l’autorité personnelle sont des qualités importantes et recherchées chez les gestionnaires locaux et les expatriés. Les gens aiment être dirigés par des personnes possédant de solides aptitudes au commandement et qui ont l’expérience de la gestion du personnel – quelqu’un sur qui ils peuvent compter pour les orienter et les soutenir. Les gens apprécient beaucoup les gestionnaires qui font l’effort de se comporter de façon cordiale et de s’intéresser sincèrement à eux. La politesse et le respect mutuel sont d’une très grande importance, tout comme la cordialité. Les Cambodgiens travaillent fort, mais ils prennent le temps de se saluer entre eux et de vous demander comment vous allez davantage qu’on ne le fait au Canada.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Fiez-vous aux décisions du président ou du gestionnaire, plutôt que sur le travail d’équipe ou les politiques (vous pouvez attirer l’attention sur une politique). Le « titre vient en premier ». Obtenir une réponse immédiate de votre superviseur n’a pas beaucoup d’importance. Une grande importance est attachée aux personnes que vous connaissez. La discussion en équipe est acceptable, mais pas nécessairement à l’étape finale de la prise de décisions. Alors que la structure et la hiérarchie peuvent jouer un rôle essentiel, elles ne sont pas importantes si vous avez des contacts influents. Faites toutefois attention où vous mettez les pieds et ne dépassez pas les limites de votre autorité.

Essayez d’éviter que les conflits ne se prolongent. Travaillez pour asseoir votre réputation et non pas pour vos accomplissements.

Point de vue canadien :

Je travaillais pour une ONG internationale, ce qui fait que ma situation était légèrement différente en ce sens que les processus de décision étaient beaucoup plus démocratiques. En général, je pense que les décisions sont prises par les cadres et transmises vers le bas, aux employés. Le personnel subalterne n’a habituellement pas l’occasion de contribuer aux décisions. Les superviseurs peuvent avoir un style de gestion différent selon les lieux de travail, comme c’est le cas au Canada, et beaucoup de travailleurs en développement ont trouvé difficile d’obtenir de la rétroaction de la part de leurs superviseurs, ces derniers n’étant probablement pas habitués à en donner, ce qui les mettait probablement mal à l’aise.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Les aînés et les personnes âgées jouent un rôle important dans la société : saluez-les en premier et cédez-leur votre siège.

Égalité des sexes :
Les femmes ou les jeunes filles doivent être respectées au travail et à la maison. Elles ne doivent pas toucher, donner l’accolade ou embrasser les hommes qui ne leur sont pas apparentés, ou s’asseoir en leur compagnie (par exemple, dans un véhicule ou dans une maison). Certaines familles sont offensées lorsque les jeunes filles sont invitées à sortir sans leur permission. Selon la culture, les femmes et les jeunes filles doivent conserver leur calme et se monter bien élevées, rester à la maison, faire des travaux ménagers, cuisiner et obéir à leur mari. Parfois, elles ne sont pas autorisées à s’asseoir parmi un groupe d’hommes et à converser avec eux.

Traditionnellement, les hommes sont les soutiens de famille. Ils prennent toutes les décisions. Ils assument l’autorité ou le contrôle pour toutes les questions familiales. La mère est en général responsable des enfants. Néanmoins, beaucoup de femmes travaillent aujourd’hui et occupent de plus en plus de postes de gestion.

Religion :
98 p. cent de la population est bouddhiste. Le reste est en général de foi chrétienne, musulmane, hindoue, etc. Lorsque vous participez à des événements religieux tels que des rituels ou des cérémonies, vous devez suivre les coutumes religieuses (informez-vous auprès des gens du pays si vous ne les connaissez pas), par exemple, s’incliner lorsqu’on doit s’agenouiller, enlever ses chaussures et son chapeau ou s’asseoir sur le plancher. Essayez d’éviter de participer à des événements jugés négatifs tels que la visite d’un clairvoyant.

Classes sociales :
La société cambodgienne se répartit tacitement en trois classes : supérieure, moyenne et inférieure. La classe supérieure est habituellement très sophistiquée et accorde plus d’importance à la richesse qu’à la scolarité. Parfois, les gens de la classe supérieure peuvent avoir de bonnes relations avec les gens de la classe moyenne, selon les activités.

Origine ethnique :
Outre les Khmers, il y a également des Thaïlandais, des Vietnamiens, des musulmans et des Chinois. Le groupe ethnique khmer est le groupe dominant. Il semble exister des éléments de discrimination contre les autres groupes ethniques en raison d’événements historiques. Chaque groupe ethnique suit ses propres traditions. Pour en savoir plus, vous devrez consulter des contacts dans chaque groupe ou lire les quotidiens locaux. Il n’est pas jugé très acceptable de se marier avec une personne d’un autre groupe ethnique.

Note : Les ressources financières et les contacts influents peuvent avoir un impact et jouer un rôle important sur la façon dont le sexe, la religion, la classe et le groupe ethnique influent en milieu de travail.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
La société cambodgienne demeure traditionnelle en ce qui a trait au statut de la femme. Un grand nombre d’entre elles se retrouvent cependant dans la population active. Toutefois, les femmes, particulièrement dans les régions rurales et pauvres, sont considérablement marginalisées.

Religion :
La plupart des Cambodgiens sont bouddhistes. On compte aussi un petit nombre de « chams » (musulmans) et d’animistes. Les gens sont très tolérants à l’égard des autres religions.

Classe sociales :
Une classe moyenne urbaine commence à peine à se développer, tous ses précurseurs ayant été supprimés par les Khmers rouges. Il existe un énorme écart entre les « riches » et les « pauvres » qui semble être accepté.

Groupe ethnique :
Il existe une certaine tension entre les Khmers et les Vietnamiens et entre les anciens membres des Khmers rouges et les victimes de l’ère Pol Pot. Le racisme est encore manifeste à l’égard des minorités tribales qui vivent dans le Nord-Est du pays.

Lors de mon séjour au Cambodge, je n’ai pas constaté de tension dans notre milieu de travail, comme celles mentionnées ci-dessus, même si les hommes et les femmes provenaient de différentes régions du pays. Toutefois, les travailleurs en développement dans le Nord-Est du pays ont signalé de graves tensions entre les Khmers et les tribus locales moins nombreuses, et ils ont mentionné que ces tensions influaient beaucoup sur leur milieu de travail.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Posez des questions normales telles que « comment allez-vous aujourd’hui? », « comment va votre famille? », « comment vont vos affaires? ». Montrez-vous amical et digne de confiance dans toute la mesure du possible, observez soigneusement vos interlocuteurs pour déterminer s’ils sont à l’aise. Il est acceptable de les inviter à prendre un café ou un petit-déjeuner, mais soyez prudent lorsque vous invitez quelqu’un du sexe opposé à sortir avec vous. Évitez de perdre la face auprès de quelqu’un en milieu de travail. Essayez de ne pas mêler vos affaires personnelles et le travail.

Point de vue canadien :

L’établissement de relations avec les clients et les collègues est très important et, à cet égard, les événements sociaux sont un bon moyen de lier connaissance avec eux. Les bureaux organisent un grand nombre de réunions sociales auxquelles les clients sont invités, ce qui fournit l’occasion d’établir des relations sur un plan plus personnel. Vous pouvez vous ouvrir aussi un grand nombre de portes en invitant des clients et des collègues à déjeuner, même si vous ne traitez pas d’affaires au cours des repas. Ils seront tout simplement heureux de parler de leur famille, de leur maison et de leur travail. Les Cambodgiens apprécient toujours que vous les invitiez au restaurant lors de la première rencontre. Je dois dire que, dans mon cas, cela m’a beaucoup aidé à établir des relations.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Les collègues ou les employés s’attendent naturellement à recevoir des faveurs spéciales, selon la relation personnelle que vous avez avec eux. Les demandes de recrutement d’amis ou de membres de la famille sont très courantes en milieu de travail. Il est également acceptable d’accorder des augmentations salariales à condition de ne pas faire de favoritisme. Il est convenable d’inviter un employé qui travaille bien et qui est bien perçu à déjeuner ou à souper chez vous ou dans un restaurant et de lui accorder des privilèges. Évitez de prendre parti pour une équipe ou un groupe en milieu de travail. Essayez de montrer aux autres où sont les limites à ne pas franchir sur le plan professionnel en ce qui vous concerne, et ne vous limitez pas à un groupe d’amis proches et aux membres de leur famille.

Point de vue canadien :

Cela arrive fréquemment parmi le peuple khmer, mais il n’est pas certain qu’un expatrié sera nécessairement confronté à une telle situation.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Il ne semble pas exister de politique normalisée sur la façon de traiter un conflit en milieu de travail, mais vu les normes culturelles, il est difficile et peu recommandé de procéder de façon directe. La méthode de règlement des conflits habituellement suivie est de transmettre un message à la personne concernée de façon indirecte, en faisant intervenir des amis ou des membres de la famille de la personne, un cadre supérieur ou un aîné.

Certaines personnes, lorsqu’elles ont un conflit avec vous ou qu’elles sont fâchées, vous éviteront et s’attendront à ce que vous leur parliez en premier. Les Cambodgiens n’expriment pas ouvertement leurs émotions et leur colère. Ils s’attendent à ce que les personnes comprennent leur comportement silencieux. Certains demandent de l’aide religieuse.

Point de vue canadien :

C’est là un point très délicat. Il est très difficile et désagréable de confronter quelqu’un. Quoi qu’il en soit, tous les problèmes devront être soulevés en privé et de façon très indirecte. Il est acceptable pour un gestionnaire de donner de l’information, mais entre collègues, cela est très difficile. En tant qu’expatrié, vous pourriez ne jamais savoir si vous avez offensé quelqu’un parce que son comportement à votre égard ne changera pas. Toutefois, certains de mes travailleurs en développement (expatriés) ont constaté que s’ils avaient offensé quelqu’un, ils pouvaient être totalement ignorés par les autres au travail.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les incitatifs financiers peuvent avoir de bons résultats sur le rendement au travail. Je placerais au deuxième rang le maintien de bonnes relations avec des contacts influents et les collègues. L’amitié peut aussi améliorer la performance au travail. La satisfaction au travail, la loyauté et l’engagement sont rare en milieu de travail. Cela est peut-être dû aux conditions économiques. La peur de l’échec peut être atténuée selon les contacts influents que l’on a; ces contacts, en effet, peuvent vous aider en intercédant pour vous, le cas échéant. Les pots de vin et les préférences de classe semblent exister encore en milieu de travail. Le commérage peut s’avérer imprudent étant donné les réseaux sociaux importants. À ma connaissance, la liberté d’expression n’est pas encore un droit trè reconnu.

Point de vue canadien :

Un bon salaire est un facteur majeur dans un pays où tant de personnes sont très mal payées. Les enseignants et les travailleurs de la santé doivent mettre les bouchées doubles pour joindre les deux bouts, et ils doivent souvent laisser leur emploi régulier durant la journée pour assumer un deuxième emploi ou se rendre à leur pratique privée. Lorsque nous avons comparé les fonctionnaires avec ceux des ONG, nous avons constaté que ceux des ONG qui recevaient un salaire décent et qui avaient de bonnes conditions de travail étaient très dévoués à leur emploi et dépassaient de loin les exigences de leur poste. (J’ai rarement rencontré de tels travailleurs). Les fonctionnaires dont le salaire ne suffisait même pas à combler leurs besoins de subsistance, étaient beaucoup moins engagés envers leur emploi. Qui pourrait les blâmer?

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Il n’existe pas beaucoup de livres qui décrivent en détail la culture cambodgienne. De nombreux kiosques dans les rues vendent des quotidiens locaux et internationaux. Les films sur la culture sont très peu nombreux. La télévision est une bonne source de renseignements sur les activités culturelles quotidiennes.

Spécialités traditionnelles les plus populaires : « Sam-Lar-Kirie »; « Nhom-Ban-Chok et nouilles ».

La chanson la plus populaire : une chanson d’un artiste nommé Sin-Si-Sa-Muth.

Poèmes populaires : Poèmes de Krom-Nvou. L’auteur traite essentiellement du caractère culturel du peuple cambodgien.

Point de vue canadien :

Film : Le film « The Killing Fields » fait une description émouvante et réaliste de la vie de deux journalistes, un Américain et un Cambodgien durant la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges en 1975.

Livres : Angkor, de Dawn Rooney (descriptions fantastiques avec photos des villes et temples anciens); A History of Cambodia, Voices from S-21 et Brother Number One: A Biography of Pol Pot, de David Chandler; et Red Lights and Green Lizards – un récit de deux volontaires du VSO qui ont travaillé au Cambodge au début des années 1990.

Spécialités culinaires : Je recommande l’amok de poisson – un exquis curry accompagné de noix de coco râpée et de coriandre. Il n’y a rien qui soit aussi simple ou de plus délicieux.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Pour vous renseigner sur l’« interprétation culturelle », je recommande de visiter Sala-Vichet-Sel-Lapak ou Sala-Rach-Cha-Na, à Phnom-Penh. Il y a des magasins locaux qui vendent des produits étrangers. Informez-vous auprès des gens de l’endroit.

Essayez d’assister à des représentations de danses traditionnelles, telles que Ro-Bum-Upsara. Ces danses décrivent les attitudes des Cambodgiens (obtenez le programme de représentations à Sala-Rach-Cha-Na).

Comédiens populaires: « Krem »; « Smen-Mind ».

Point de vue canadien :

Si vous résidez à Phnom Penh, les possibilités de vous informer sur la culture sont illimitées. Il y a une multitude de musées et de festivals, de restaurants et d’événements culturels. Commencez par le Musée national, qui vous entraînera à travers les périodes de l’histoire des rois d’Angkor. Il y a aussi le Palais royal et Phnom Vat, le plus grand temple de Phnom Penh. Tout Vat bouddhiste vaut la peine d’être visité. Lanka Vat, le plus vieux temple de Phnom Penh présente souvent des expositions. Assistez au Festival de l’eau de Phnom Penh, lors duquel les gens construisent des bateaux en forme de dragon avec lesquels ils font des courses sur la rivière Sap, habituellement en présence du roi et de la reine du Cambodge. À l’université, à la saison des pluies, vous pouvez aussi assister au Festival de danses traditionnelles cambodgiennes et écouter de la musique folklorique pour moins d’un dollar.

Vous avez un grand choix de petits restaurants – mon préféré était le Boat Noodle où je pouvais avoir un grand bol fumant de nouilles pour environ 2 $.

Le dimanche, les gens font des pique-niques et se promènent – les familles s’entassent le long de la rivière et il y a un grand nombre de vendeurs d’aliments auxquels vous aurez du mal à résister. Je pense que toutes les activités sociales organisées par le personnel dans mon bureau comprenaient un pique-nique quelque part – que ce soit au sommet d’une montagne du parc national Kirirom (qui pourrait vous rappeler un peu le Canada) ou en bateau, sur le Mekong. Les gens aiment aussi aller à la plage et, Kompong Som, la seule ville balnéaire du Cambodge, est très achalandée le dimanche et les jours fériés.

Vous pouvez vous renseigner sur un grand nombre d’activités dans le Cambodian Daily, le principal quotidien de langue anglaise, et le Phnom Penh Post, un hebdomadaire. Il y a aussi les cinémas khmers qui présentent des films d’arts martiaux en chinois et sous-titrés en langue khmère. L’activité la plus populaire, que vous ne devez absolument pas manquer, est le karaoké. Les Cambodgiens aiment chanter et ne se gênent pas de le faire dans un restaurant bondé. Il y a différents types de salles de karaoké et les moins délabrées (c’est-à-dire celles qui ne servent pas de lupanars en même temps) sont aussi des restaurants où les gens peuvent s’attabler et chanter à tour de rôle. Le peuple khmer chante en khmer, naturellement, mais si vous vous joignez à eux, ils vous offriront un menu de karaoké comprenant des chansons telles que « Take me Home, Country Roads » de John Denver et « Like a Virgin », de Madonna. Faites-en l’expérience.

L’Alliance française est un bon endroit pour voir des films sur le Cambodge avant l’arrivée des Khmers rouges, alors que Phnom Penh faisait l’envie de tout le Sud-Est asiatique.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

En raison de la guerre civile au Cambodge et de la destruction sous le régime Pol Pot, presque tous les ouvrages et les documents historiques ont disparu. Vous pouvez consulter la librairie centrale pour vous renseigner sur la culture et l’histoire du Cambodge.

Point de vue canadien :

Les Cambodgiens sont très attachés au grand royaume d’Angkor et à ses rois. Le roi actuel, Sihanouk, est très aimé – il a survécu à tous les bouleversements politiques des 30 dernières années.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Le Cambodge et le Canada ne partagent pas d’événements historiques particuliers. Le Canada est connu pour être un pays pacifique et pour sa campagne contre l’utilisation des mines terrestres.

Point de vue canadien :

Non.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Il n’existe pas de stéréotypes spécifiques au sujet des Canadiens parmi le peuple cambodgien qui peuvent avoir des effets négatifs sur les relations de travail ou sociales. Les gens peuvent voir les Canadiens ou le Canada en fonction de la relation d’aide qu’ils peuvent apporter.

Point de vue canadien :

Tout ce que je sais des Cambodgiens et que j’ai appris dans mes recherches préliminaires avant de me rendre au Cambodge est qu’ils ont traversé de terribles périodes sous les Khmers rouges. Je n’ai pas la certitude que les Canadiens aient beaucoup de stéréotypes à l’égard des Cambodgiens, sauf qu’ils pensent peut-être que le Cambodge est un pays dangereux. Il est vrai que beaucoup de Cambodgiens portent des armes, mais on ne risque pas de mettre en jeu sa sécurité personnelle en se montrant prudent.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Le dernier-né d'une famille de 11 enfants, votre interprète culturel est né au Cambodge. Il a été élevé à Phnom Penh, la capitale du pays, jusqu'à l'âge de 17 ans. Il s'est ensuite installé en Bulgarie pour y poursuivre ses études. Il a obtenu un diplôme en éducation de l'Université de Sofia-Kliment Ochritski, puis travaillé et résidé dans des pays d'Europe de l'Est, avant d'émigrer au Canada, à Trois-Rivières (Québec) pour y mener des études. Il vit actuellement à Chestermere (Alberta, Canada) et travaille auprès de la Calgary Immigrant Aid Society. Il a aussi fait des études à temps partiel à l'Université de Calgary. Il est marié et père de deux enfants. Votre interprète culturel est Khmer (les Khmers forment le groupe ethnique majoritaire au Cambodge).

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née au Royaume-Uni, l'aînée d'une famille de deux enfants. Elle a grandi à Derby jusqu'à l'âge de onze ans, pour s'installer ensuite avec sa famille au Canada, à Kincardine (Ontario) plus précisément, où elle a passé le reste de son adolescence. Elle a fait des études en français et en histoire au Collège universitaire Glendon (qui fait partie de l'Université York à Toronto) et à l'Université de Grenoble, en France. Plus tard, elle a entamé des études en éducation et trouvé un emploi d'enseignante à Ottawa. En 1994 elle est allée en Namibie pour enseigner l'anglais à des étudiants au niveau secondaire et donner des cours en méthodologie de la formation à des professeurs d'anglais. Votre interprète culturelle est retournée ensuite travailler à Ottawa auprès de l'organisation Volontaires en services outremer Canada (VSO) et a complété en 2001 un séjour de six mois au Cambodge en tant qu'agente de programme du VSO. Elle réside actuellement à Ottawa et continue de travailler dans le domaine du développement international à titre d'agent de recrutement et de formation de bénévoles. Elle fait du bénévolat au Centre catholique pour immigrants-Ottawa.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.