Kazakhstan

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

On trouve plus d’une centaine de groupes ethniques au Kazakhstan, les plus importants étant les Kazakhs et les Russes. Les Ukrainiens, les Allemands, les Coréens, les Tatars, et les Tchétchènes constituent les autres groupes. Sous le régime soviétique, le Parti communiste a tenté de créer un nouveau personnage soviétique dont la culture et l’idéologie seraient soviétiques. Cette tentative a en grande partie réussi, mais pas complètement et il en a résulté une société moins homogène ayant des rituels et coutumes russes (le russe étant la culture dominante) et kazakhs (orientaux). Selon les us et coutumes orientales (kazakhs), on s’attend à ce d’abord que vous posiez des questions n’ayant rien à voir avec les affaires. Les questions qui conviendraient sont par exemple : Comment allez-vous ? Comment va votre famille, sa santé, les enfants ? Le travail va bien ? Votre santé ? On ne s’attend pas à ce que quelqu’un pose toutefois toutes ces questions (bombarder les gens). Deux ou trois questions de ce type suffisent. Ce n’est qu’après ces préliminaires qu’il est jugé bon de discuter des affaires. La vie étant plus haletante dans les grandes villes, certains ou même tous les préliminaires peuvent être évités si vous rencontrez une personne qui n’est pas kazakh.

Les Kazakhs trouveraient offensant que vous leur posiez des questions sur leurs origines. De toute façon, dans toutes les cultures, il n’est jamais bon de poser de pareilles questions, mais c’est encore plus vrai dans le cas des Kazakhs parce que les gens ont été élevés (surtout à l’époque soviétique) en tant que nation et peuple unifiés, conformément à l’idéal internationaliste. Les Kazakhs ont un sens très fin de l’humour et ils apprécient toujours de pouvoir raconter des histoires drôles. Toutefois, il vaut mieux l’éviter lorsqu’on rencontre quelqu’un pour la première fois étant donné que le transfert de ces histoires d’une culture à l’autre ou d’une langue à l’autre ne se fait pas bien.

Point de vue canadien :

Je vous conseillerais d’adopter lors d’une première rencontre des sujets de discussion plutôt neutres que personnels (famille, religion, politique), à moins que votre interlocuteur n’aborde lui-même ces sujets. Discuter de sports ou d’autres sujets d’intérêt général ou faire preuve d’intérêt pour la culture locale (langue, arts, théâtre) peut constituer un bon moyen de partager et de mieux connaître les gens. De nombreuses personnes ont eu un passé difficile, par exemple, beaucoup de femmes qu’on peut rencontrer au travail sont des mères célibataires; certains ont vu leur famille forcée de se réinstaller à Astana pour y travailler. Ce déracinement n’a pas été heureux pour tout le monde. Bien que les gens répondront aux questions, je vous conseillerais de laisser ces types de sujets personnels pour plus tard.

J’ai trouvé que les gens étaient réceptifs à l’humour. Je plaisantais souvent avec eux ou je me moquais gentiment de situations professionnelles ou personnelles, et ils réagissaient bien.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Les Kazakhs ont une notion spatiale différente de celle de l’Ouest. Ils sont moins concernés par l’espace, ce qui trouve son interprétation dans leur histoire. L’Union Soviétique éprouvait des pénuries dans presque tous les secteurs : l’hébergement, l’alimentation, les articles ménagers, entraînant ainsi des files d’attente de consommateurs et des foules désordonnées se battant pour pouvoir s’accaparer les produits disponibles. Les gens ne pouvaient tout simplement pas se permettre plus d’espace ou plus de vie privée dans des situations où plusieurs générations d’une famille devaient partager leur logement collectif. Les Kazakhs s’attendaient à consacrer leur vie au bien commun et oublier la vie privée, et encore plus la propriété privée, qui avait été dénoncée et pratiquement éliminée à l’échelle du pays. Il n’est donc pas surprenant que le mot « privé » soit l’un des mots les plus difficiles à traduire.

Bien que les Kazakhs ne se préoccupent pas de l’espace dans lequel ils vivent, ils ne négligent pas totalement ce qui les entoure. Normalement, il faut garder une certaine distance avec l’interlocuteur. Il est également important d’établir un premier contact visuel avec cette personne, bien qu’il ne soit jamais bon de la fixer tout le temps du regard, ce qui pourrait laisser croire à de l’hostilité ou de l’agressivité, ou tout au moins un manque de respect. Cet irrespect s’avère vrai lorsqu’il s’agit de rencontres entre jeunes, moins jeunes et aînés.

Dans un cadre formel, il est déconseillé de toucher les gens, surtout lorsqu’il s’agit de personnes de sexes opposés car ce serait se livrer à une familiarité injustifiée. En règle générale, les poignées de mains sont plus courantes chez les hommes que chez les femmes, bien qu’actuellement de plus en plus de femmes d’affaires et professionnelles adoptent cette même habitude. Généralement, même dans un cadre professionnel, les femmes sont traitées avec plus de galanterie que dans les pays occidentaux où les femmes peuvent se plaindre de discrimination en fonction du sexe. Si une femme porte un sac ou quoi que ce soit, il ne serait pas poli de ne pas l’aider à quitter l’autobus. 

Normalement, les Kazakhs gesticulent plus lorsqu’ils sont en société, et c’est aussi vrai lorsqu’ils se trouvent en milieu informel. L’un des gestes vulgaires, comparable au majeur levé en Amérique du Nord, consiste à montrer à l’insulté une « combinaison de trois doigts » et du pouce placé entre l’index et le majeur.

En règle générale, les Kazakhs s’expriment discrètement et moins directement que les Nord Américains. Lorsque les Kazakhs entendent les anglophones parler, ils pensent qu’ils se disputent. La façon des Kazakhs d’expliquer les choses est également moins directe. En expliquant, ils ont tendance à énumérer les raisons qui sous tendent le problème en remontant, à l’occasion, jusque la « préhistoire », ce que les Occidentaux trouvent agaçant et peuvent parfois mal interpréter en pensant que les Kazakhs évitent les questions directes qui exigent des réponses très détaillées.

Point de vue canadien :

À la différence de nombre de pays asiatiques, il n’existe pas de « différences » notables entre Kazakhes et Canadiens. L’espace personnel est semblable chez les deux, le contact visuel est normalement accepté, le toucher relève de la familiarité plutôt que d’un « code culturel ». Bien que le Kazakhstan soit un pays islamique, il n’est pas très traditionaliste. Par exemple, bien que le « Eid » soit observé, le jeûne ne revêt pas une très grande importance et les habitants (à AMLATY) continuent de boire de l’alcool et fumer. Néanmoins, cela aussi peut être en voie de changement alors que le gouvernement accorde une plus grande importance à la religion et à l’Islam. Compte tenu du fait que la situation économique du citoyen moyen ne s’est pas améliorée avec l’indépendance, la religion gagne de plus en plus d’importance. 

On entretient de meilleures relations, tant au travail qu’en société, en étant direct, même si de façon verbeuse, mais direct s’agissant du problème en question, ou de votre objectif. 

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les marques publiques d’affection ou d’autres sentiments sont plus acceptées au Kazakhstan, particulièrement chez les plus jeunes qui sont plus décontractées que leurs aînés élevés dans le soviétisme avec ses règles strictes et ses tabous. Les plus vieux ne voient pas d’un bon œil ces comportements publics et les désapprouvent. On peut être témoins de colères en public, même dans un contexte professionnel, lorsqu’un superviseur s’en prend à ses employés. C’est un vestige du système soviétique et des ses règles strictes relevant presque de la discipline militaire et d’un système de gestion où les supérieurs ont un pouvoir presque absolu sur leurs subalternes.

Point de vue canadien :

Les marques publiques d’affection sont acceptables et assez répandues. 

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

La tenue vestimentaire en milieu de travail des Kazakhs est plutôt conservatrice. Les hommes portent presque toujours le costume et la cravate (traditionnellement, pantalons noirs ou sombres, chemises blanches ou claires). Les femmes jouissent d’une plus grande liberté en matière vestimentaire à tel point qu’on a l’impression à l’occasion de se trouver dans une parade de mode. Elles sont souvent très bien vêtues, ce que les Nord Américains pourrait qualifier « d’excessif » ou de « surchargé », mais que les Kazakhes semblent trouver tout à fait normal et acceptable. Elles se laisseraient crever de faim, s’il le faut, pour pouvoir économiser et s’acheter des vêtements neufs, à condition qu’ils soient à la pointe de la mode et chics. À l’occasion, les gens adoptent une tenue conservatrice, même lors d’événements plus décontractés.

Lors de fonctions officielles, en adressant la parole à quelqu’un, les Kazakhs utilisent toujours le prénom et le nom de famille. L’utilisation du prénom seulement n’est acceptable que lors d’événements non officiels ou lorsque les deux parties s’accordent à le faire. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’une relation entre supérieur et employé.

Le russe comporte des pronoms spéciaux pour s’adresser aux gens plus âgés et/ou de statut social plus élevé ou lors de premières rencontres. On conseille d’utiliser « Vy » jusqu’à contrordre. La seule exception à cette règle concerne la conversation avec des enfants ou des adolescents, auxquels « ty » ne correspond pas à la réalité du russe moderne. La conception des délais et de la ponctualité au Kazakhstan est également différente du fait qu’ils soient moins stricts. Les Kazakhs ne pratiquent pas encore le système strict de rendez-vous que pratiquent les Nord Américains. Si vous voulez consulter un médecin ou un fonctionnaire, il vaut mieux se « rendre » sur place durant les heures normales d’ouverture, personne ne vous demandera si vous aviez rendez-vous.

Point de vue canadien :

La tenue de ville est de rigueur. Les hommes portent des pantalons de costume, une chemise et une cravate. En été, on peut porter des chemises à manches courtes avec une cravate et des pantalons en coton. Les femmes portent des jupes, des pantalons ou des robes. Les tenues vestimentaires des femmes ne sont pas conservatrices. Entre collègues et superviseurs on utilise habituellement le prénom; les gens vont souvent déjeuner ensemble, et il est normal de célébrer ensemble les anniversaires de naissance et autres autour d’une boisson alcoolisée ou non, de gâteaux et de bons petits amuse-gueule en sortant du travail (ou au déjeuner ou vers la fin de la journée).  J’ai trouvé que les gens étaient ponctuels, qu’ils étaient disposés à travailler jusqu’à tard et durant les fins de semaine, selon les exigences du travail. L’absentéisme est plutôt rare.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les qualités les plus appréciées chez un gestionnaire se résument à son savoir et à son expérience dans son secteur d’activité, ses aptitudes à diriger et son accessibilité. Les Kazakhs trouvent même que l’accessibilité revêt une aussi grande importance que le savoir. En règle générale, les Kazakhs sont instruits et comprennent que pour être un bon gestionnaire, il faut posséder les aptitudes dites organisationnelles, c'est-à-dire être en mesure d’organiser et d’inspirer le travail des employés en leur permettant de s’épanouir. Ainsi, un gestionnaire arrogant sera qualifié d’ignorant. 

Les Kazakhs ne craignent pas de montrer leurs émotions. Si le gestionnaire est respecté, il le sentira immédiatement du fait que tout le monde sera disposé à le rencontrer pour partager ses idées. Au cours d’événements sociaux (fêtes, barbecues, etc.), lors des multiples toasts (les Kazakhs en sont champions), les marques de respect pourraient le concerner. Si le patron n’est pas particulièrement apprécié ou respecté par les employés, il en découle un moral en chute, des commérages, et les regards fuyants traduiraient bien leur attitude.

Point de vue canadien :

À mon avis, les gens respectent deux types de superviseurs : ceux qui sont forts et autoritaires et ceux qui sont « plaisants ». Les traits de caractère les plus appréciés sont entre autres : l’intelligence, l’équité, la capacité de diriger et celle d’écouter. La façon dont on est perçu est assez claire, comme je l’ai déjà mentionné, on n’a pas peur d’être émotif !

Les gens ont tendance à ne pas être certains des patrons expatriés lors de la première rencontre, mais s’il y a patron expatrié, ça se traduit généralement par de « meilleures » conditions de travail en termes de rémunération, etc. Les employés apprécient le fait d’avoir un patron expatrié.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

En milieu de travail, les décisions sont en majorité prises par le patron. Le Kazakhstan a conservé de nombreux éléments du système de commandement en vigueur sous le régime soviétique où l’obéissance constituait la meilleure qualité chez l’employé. Par conséquent, la tradition veut que le personnel consulte les superviseurs pour obtenir des réponses ou des commentaires. Les superviseurs ou gestionnaires qui s’attendent à ce que les employés prennent l’initiative doivent le leur faire savoir clairement. Toutefois, les vieilles façons de mener les affaires en vertu desquelles le patron prenait toutes les décisions peuvent être difficiles à éradiquer à cause de l’inertie et des vieilles habitudes.

Point de vue canadien :

Cela dépend de la culture du milieu de travail. Historiquement, les employés n’avaient pas leur « mot à dire », mais cela est en voie d’évolution et il s’instaure des milieux professionnels qui favorisent la créativité des employés et leur prise de décision. Leurs idées sont retenues et mises en œuvre. Là où je travaillais et là où travaillaient mes amis, tous les patrons ou superviseurs étaient des expatriés, ainsi je ne peux pas m’exprimer sur la deuxième partie de cette question.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Au Kazakhstan, les femmes jouissent de la même indépendance que les hommes. C’est moins le cas en milieu rural alors que les femmes musulmanes doivent obéir à leur mari, ne pas s’opposer à lui et suivre ses consignes dans bien des aspects de leur vie. L’Islam est la religion du Kazakhstan. La plupart des Kazakhes cependant sont musulmanes de nom seulement, c'est-à-dire qu’elles ne suivent pas les préceptes de l’Islam ou ses coutumes et rituels. Parmi les Kazakhs plus âgés, un bon nombre a été élevé sans religion, ce qui est plus évident en milieu urbain.

Le système soviétique a édifié une société sans classe. Les seules classes qui avaient le droit d’exister étaient celles des travailleurs, des paysans et des membres de l’intelligentsia. Cette situation évolue rapidement au Kazakhstan d’aujourd’hui sous le régime de l’économie de marché qui a engendré une classe de nouveaux riches, appelés les Nouveaux Kazakhs, et une classe très pauvre. Le fossé entre les deux classes se creuse rapidement.

Sous le régime soviétique, les identités nationales étaient réprimées compte tenu du fait que le pays édifiait une société où tout le monde était égal, ce qui en réalité signifiait le plus souvent de niveler ou d’éliminer les distinctions ethniques. L’indépendance a vu naître une contre-réaction (pas toujours positive) de la tendance qui a fait en sorte que tous les postes gouvernementaux soient détenus par des Kazakhs. On rapporte que plusieurs non Kazakhs ont été évincés de leurs postes et emplois (pas nécessairement supérieurs) par le biais d’examens de langue kazakh. On a également noté des cas de discrimination à l’embauche à l’endroit d’autres groupes ethniques.

Point de vue canadien :

La vie nomade suivie de la domination soviétique ont fait en sorte que l’égalité des sexes n’a jamais posé de problèmes, que ce soit en milieu de travail ou en société. Mais, maintenant, avec la désintégration du système social, c’est en voie de le devenir. Par exemple, les services de garderie et d’emploi – les femmes sont moins en mesure de fréquenter l’université, mais elles sont considérées comme étant de meilleures travailleuses et employées; les hommes commencent à subir les effets du chômage et il en résulte une augmentation de l’alcoolisme.

En outre, du fait d’un sentiment nationaliste, l’anti-soviétisme est à la hausse. Cela se traduit par une montée de l’intégrisme islamiste et par des politiques gouvernementales favorisant l’apprentissage de la langue kazakhe et son utilisation en milieu de travail, pas de russe. Ainsi, ceux qui ont entre 20 et 30 ans, et qui n’ont jamais appris le kazakhe, peuvent se trouver dans une situation où ils doivent travailler en kazakhe.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Établir une relation personnelle avant de passer aux affaires revêt la même importance qu’au Canada. Il est très utile d’instaurer une certaine confiance entre les parties. Elle permet de faciliter les échanges aux fins d’ententes et d’arrangements d’affaires. En règle générale, pour établir une bonne relation personnelle il faudrait s’enquérir sur les choses qui comptent le plus pour la plupart des gens – les enfants, la famille et la santé, etc. 

Point de vue canadien :

Les relations personnelles ne sont pas essentielles, mais elles peuvent s’avérer utiles. Souvent au cours du travail ou lors de la conclusion d’une entente professionnelle, on organise des soirées sociales. On peut s’attendre à beaucoup manger, beaucoup boire (de la vodka et/ou du vin) et à des toasts assez longs.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Le Kazakhstan possède une main d’œuvre plutôt bien éduquée ayant une vision moderne des relations en milieu de travail. Dans la majorité des cas, ils savent qu’il ne faut pas joindre l’utile à l’agréable. Dans le même ordre d’idées, ils savent distinguer entre les relations d’affaires et les relations personnelles.

Point de vue canadien :

Il n’est pas inhabituel de recommander l’embauche d’amis ou que des gens d’expérience recommandent l’embauche de membres de leur famille. C’est tout à fait normal tant qu’il y a des postes bien payés à pourvoir. L’embauche d’amis ou de parents se pratique également souvent – à condition de posséder les compétences nécessaires.  Je n’ai pas vu de cas de gens qui s’attendent à un traitement privilégié ou d’augmentation de salaire grâce à leurs relations personnelles. 

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Si vous avez un problème professionnel avec un collègue, il vaut beaucoup mieux tenter de le résoudre en privé. Les Kazakhs n’apprécient pas la confrontation publique pour régler les problèmes professionnels. Elle ne devrait être adoptée qu’en dernier ressort. L’une des façons de savoir si vous avez offensé le collègue consisterait à lui parler en privé.

Point de vue canadien :

On peut aborder en privé un collègue, cela pourrait améliorer les relations. Il se peut qu’un collègue vous le dise franchement, ou modifie son comportement envers vous de façon marquée.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

De nos jours, le meilleur incitatif au Kazakhstan est celui de la rémunération. Les nouvelles conditions du marché, où on survit au jour le jour, font que les Kazakhs s’intéressent moins à la satisfaction personnelle ou aux conditions de travail qu’à l’argent qu’ils gagnent.  

Point de vue canadien :

L’argent, la crainte du chômage, les conditions de travail, un milieu au sein duquel les gens peuvent apprendre et progresser au plan professionnel.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Jusqu’au milieu du 19e siècle le Kazakhstan n’avait pas de langue écrite. Ainsi, les traditions littéraires kazakhs, les histoires et légendes se sont transmises oralement d’une génération à l’autre par les chanteurs folkloriques appelés « akyns ». Ils relataient les exploits glorieux des « batyrs » (guerriers héros) pour défaire les conquérants étrangers. Pendant des siècles, la culture kazakhe se fondait sur leur économie de nomades. Leurs rituels, traditions et croyances étaient définis par l’élevage des animaux. À ce jour, dans de nombreux milieux ruraux, l’importance du troupeau de bétail possédé est un signe clair de la richesse d’une personne. Le bétail a pris une telle importance dans la vie des gens que les bonnes manières des visiteurs exigeaient qu’ils s’enquièrent sur la santé du bétail d’abord et ensuite de celle des humains. Jusq’ici, quelques us et coutumes ont survécu et concernent le bétail, par exemple, les invités les plus respectés sont généralement accueillis à des libations à base d’agneau récemment égorgé. Certains rituels peuvent effrayer les Occidentaux, par exemple si on leur offre une tête de mouton cuite. La tradition veut que seul un invité distingué ait droit à ce traitement d’honneur, la tête de mouton qu’il partagera avec les autres invités. Il est supposé le faire en disant, par exemple, qu’il offre l’œil du mouton à un tel parce qu’il lui souhaite une vue d’aigle ou la langue parce qu’il lui souhaite l’éloquence, etc. Un autre exemple de culture gastronomique et son association à l’élevage des animaux se reflète dans les dictons kazakhs qui font dire aux gens que les légumes, par exemple, ne sont même pas des aliments selon certains, et qu’on les surnomme pour rire, « gazon ». On peut rétorquer par exemple lorsqu’on se fait offrir des légumes que les hommes ne mangent pas de gazon.

Sous les régimes russe et soviétique, de nombreuses valeurs et coutumes kazakhes ont disparu parce que le pays était plongé dans la création d’un nouveau personnage et d’une nouvelle culture soviétique. Par conséquent, on pouvait difficilement distinguer la vie culturelle kazakhe de celle des autres régions de l’Union Soviétique. Elle offre les mêmes pièces de théâtre, les mêmes films, la même musique, les mêmes livres, peintures, musées et autres instruments culturels identiques à celles de tous les autres coins de l’empire soviétique. L’effondrement du système soviétique a mené au désintéressement presque complet de toutes les formes de culture sophistiquée. La majorité des livres vendus au Kazakhstan portent sur les affaires, l’astrologie, les sexes; les films qui y sont projetés sont presque tous d’aventure ou d’action américaine, chinois ou turques; les concerts servent pour la plupart une musique rock, plus souvent qu’autrement accompagnée de danse érotique; et la télévision offre une soupe d’anciens films soviétiques et de feuilletons mexicains doublés. L’élite culturelle kazakhe souffre du même déclin que les élites de toutes les autres anciennes républiques soviétiques. Ainsi, les normes culturelles du Kazakhstan sont définies surtout par l’accès croissant à la culture mondiale de masse.

Point de vue canadien :

Le guide « Lonely Planet Central Asia » constitue une bonne source de renseignements. Il est étonnant qu’on n’ait pas publié plus d’ouvrages sur le Kazakhstan (mais je n’ai pas fait de recherches depuis trois ans, il se peut donc que cela ait changé).  Un plat « étrange » auquel la plupart d’entre nous est initié à un moment ou l’autre est celui de la tête de mouton. Oui, la tête de mouton est cuite au complet, yeux et oreilles compris et chacun en prend une partie : les yeux pour avoir une meilleure vision de l’avenir, les oreilles et la langue ont chacun un sens précis – toutefois, étant végétarienne, je me suis débrouillée pour éviter de goûter à ces mets très fins. En outre, le shashlicki (viande grillée) accompagné d’un pain très lourd est très répandu en plus des mets russes, notamment le caviar, le borchtch, les salades, les viandes frites et la purée. 

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Il faut participer aux activités de la collectivité locale, c’est le meilleur conseil qu’on puisse donner à quelqu’un qui veut se renseigner sur la culture. Il ne suffit pas de recueillir les renseignements pour s’instruire sur la culture et les coutumes. Il faut également lire des livres et des études qui se consacrent à la culture et à l’histoire du Kazakhstan. Les journaux sont très utiles lorsqu’on veut savoir ce que pense le gouvernement, la liberté de la presse étant plus ou moins restreinte et l’agence de presse la plus influente « Khabar » étant gérée par la fille du président. Les concerts et les comédies constituent de bons moyens pour capter la culture du Kazakhstan, si la langue ne constitue pas un obstacle. L’un des plus intéressants moyens pour voir comment les Kazakhs pensent et conçoivent leur vie consiste à les voir vivre chez eux et à discuter avec eux dans leur intimité. Les Kazakhs sont très hospitaliers et sont prêts à se faire des amis et les inviter chez eux.   

La notion d’interprète culturel est étrangère aux Kazakhs. En revanche, les interprètes peuvent être d’une grande utilité lorsqu’il faut expliquer les différents aspects de la culture du Kazakhstan.

Point de vue canadien :

Assistez à des concerts, allez au théâtre et au ballet. Participez à des randonnées, allez skier, camper, faire de l’équitation à la campagne et demeurez dans un yurt. Il est très difficile de trouver des médias en anglais ou en français, si vous parlez le russe ou le kazakh, vous pourrez trouver de nombreux journaux (ils appartiennent en majorité à la famille du président). Les restaurants, pubs ou boîtes de nuit « réputés » augmentent toujours (et disparaissent) – on peut facilement y rencontrer des étrangers et des Kazakhes. Renseignez-vous sur les activités en ville.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Le Kazakhstan redécouvre aujourd’hui ses héros nationaux et son passé glorieux après le long règne des empires russes et soviétiques. De nombreux héros kazakhs, dont les noms ont été donnés à des rues et des parcs, sont associés à la lutte de la Nation contre les envahisseurs étrangers au 17e siècle, les Jungars qui ont pillé les terres kazakhes. Les petits-enfants des Kazakhs de cette époque - Tole bi, Kazybek bi et Aiteke bi ont réussi à unifier la Nation et à infliger la défaite aux envahisseurs étrangers. Cela grâce aux talents guerriers des « batyrs » (guerriers héros) et des « khans » (Kabanbay, Bogenbay, Nauryzbay, et Karasay batyrs) dirigés par Abylay-khan qui a monté une campagne victorieuse des Kazakhs contre les « Jungars ».

Point de vue canadien :

Gengis Khan est un héros national connu. 

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

L’un des événements historiques bien connus que partagent le Canada et le Kazakhstan est celui de leur contribution à la guerre au fascisme (en termes d’hommes et de matériel). Un autre événement auquel les deux pays participent est celui de la guerre contre le terrorisme (missions de maintien de la paix et reconstruction de l’Afghanistan après la guerre, par exemple).

Point de vue canadien :

Pas que je sache, mais les gens s’intéressent au Canada – le hockey, l’immigration, les renseignements généraux sur le Canada – et il semble qu’ils en aient une image positive.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Kazakhs ont tendance à confondre Canadiens et Américains. Cependant, compte tenu des événements mondiaux récents, particulièrement la guerre en Irak et la non-participation canadienne, les Kazakhs en sont arrivés à réaliser qu’à plusieurs égards, les Canadiens ne sont pas des Américains – ils sont plus pacifistes et tentent de résoudre les conflits de façon différente de celle des Américains, surtout par la négociation.

Les Kazakhs pensent que les Canadiens sont tous millionnaires et qu’ils ont beaucoup d’argent à dépenser. Ils croient également que les problèmes des Canadiens sont moins sérieux que les leurs. Lorsqu’ils entendent parler des problèmes qu’éprouvent à l’occasion les Canadiens, ils refusent de les qualifier de problèmes. On peut même les entendre remarquer narquoisement « Je voudrais avoir leurs problèmes ! »

Ils pensent également que la vie à l’Ouest est très certainement différente et aussi certainement meilleure. Lorsqu’ils entendent parler des niveaux des salaires canadiens, ils ne négligent de considérer les paiements hypothécaires et les factures mensuelles que les Canadiens doivent acquitter.

Point de vue canadien :

Je ne connais pas de stéréotypes que les Canadiens nourrissent à l’endroit de la culture kazakhe, et je ne connais pas non plus la proportion de Canadiens qui pourraient parler en connaissance de cause du Kazakhstan ou des Kazakhs.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né au Kazakhstan dans une famille de deux enfants. Il grandit à Tekeli, dans le sud-est du Kazakhstan, jusqu’à l’âge de 17 ans, pour ensuite déménager à Almaty, capitale du pays sous le régime soviétique, et y poursuivre ses études. Il obtient son diplôme d’enseignement de l’anglais à l’Université des langues mondiales. Il immigre ensuite au Canada pour devenir interprète anglais-russe au service des entreprises et du gouvernement canadien. Il vit et travaille actuellement à Toronto, il est marié et a un enfant.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel, aînée de trois enfants, est née en Colombie-Britannique au Canada. Son travail et ses études l’ont amenée à se rendre pour une première fois au Cambodge où elle a œuvré au sein de deux ONG à titre de volontaire, dans le but d’acquérir une certaine expérience. Par la suite, elle a vécu en Thaïlande pendant un an, au Vietnam pendant un an et au Kazakhstan (à partir duquel elle rayonnait sur l’Asie Centrale) pendant trois ans et demi. Elle réside actuellement en Italie.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.