Liban

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

Les Libanais sont amicaux et généreux. Ils vous salueront chaleureusement, vous serreront la main, peut-être même avec les deux mains. Ils accompagneront le geste d’un « Marhaba » et d’un « Ahlan wa sahlan », et vous feront trois baisers sur la joue. Ils vous poseront des questions sur votre famille et sur les raisons de votre venue au Liban (pas nécessairement par curiosité). En retour, ils s’attendront à ce que vous leur posiez également des questions sur leur famille. Les Libanais parlent souvent de politique (locale et internationale). Il est préférable de ne pas indiquer quel parti ou quel pays vous soutenez lors de la première rencontre. La religion est un sujet sensible, dans un premier temps il est donc préférable de ne pas l’aborder. Les Libanais vous inviteront à sortir et insisteront pour payer l’addition — ne refusez pas, car ils pourraient alors penser que vous ne les appréciez pas.

L’homosexualité est un sujet tabou au Liban. Les homosexuels ne déclarent pas publiquement leur homosexualité, et il convient d’éviter toute discussion concernant ce sujet.

Perspective canadienne :

Au moment de rencontrer une personne la première fois, vous pourriez lui parler du travail ou des études. Les gens trouvent poli lorsqu’une autre personne témoigne de l’intérêt à l’égard de leur vie. Poser des questions au sujet du travail ou de l’école d’une autre personne lui montre que vous vous souciez d’elle et que vous souhaitez en apprendre davantage à son sujet. Pour faire une meilleure impression, vous pouvez lui demander de quelle partie du Liban la personne est originaire.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

Les Libanais se tiennent proches l’un de l’autre, et se touchent (l’épaule, le dos, ou le bras). Ces gestes n’ont pas de connotation sexuelle. Les Libanais peuvent être bruyants lorsqu’ils parlent. Ils peuvent vous appeler « Habibi » (mon amour), un mot gentil qu’ils utilisent très souvent. Vous devez éviter le contact visuel prolongé avec les personnes âgées et éviter les clins d’œil, car ils sont interprétés au Liban comme une invitation sexuelle. Lorsque vous vous trouvez en présence de musulmans, évitez de leur serrer la main à moins qu’ils ne vous la tendent en premier. Les musulmans ne serrent pas la main des personnes du sexe opposé. On n’exprime pas un « Non » en secouant la tête de gauche à droite comme au Canada, mais en soulevant les sourcils et en émettant le son « tsk ». Les Libanais peuvent vous appeler en utilisant la main, paume vers le bas, et en ramenant les doigts vers eux, mais ils se sentiront insultés si vous les appelez en utilisant votre index (ce geste est considéré comme impoli et a une connotation sexuelle).

Perspective canadienne :

La communication verbale varie en fonction de la région du Liban où vous vous trouvez. Les personnes vivant dans la même région comprennent généralement leurs propres modes de communication. L’important consiste à communiquer de façon polie. La façon de communiquer le message n’aura alors que peu d’importance.

Il y a de nombreux gestes non verbaux utilisés au Liban. La majorité des gens les comprennent généralement bien. On les utilise, notamment, à la rencontre d’une personne, au moment de remercier quelqu’un ou encore pour remplacer la question « quoi? ». Il y a également des gestes pour dire « oui » ou « non ». Tous ces gestes sont exprimés au moyen de mouvements de la tête et des mains.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les témoignages publics d’affection ou de colère ou l’expression d’autres émotions sont-ils acceptables ?

Perspective locale :

L’affection entre personnes de sexe opposé ne doit pas être affichée en public (les plus jeunes générations le font néanmoins dans les boîtes de nuit, les universités, et les endroits clos). D’un autre côté, les gestes d’affection entre amis et membres d’une famille sont courants en public et sont souvent bruyants. Le côté bruyant peut être interprété (comme de la joie ou de la colère) selon les expressions faciales d’une personne et le ton de sa voix. Les accidents de voiture sont une cause très courante de bruyantes disputes, car conduire au Liban est un exercice très délicat – très souvent les conducteurs ne respectent pas les panneaux routiers ou la priorité de passage.

Perspective canadienne :

Habituellement, les témoignages publics d’affection ne sont pas tolérés. Les couples n’ont pas tendance à faire preuve de beaucoup d’affection en public puisque ce peut être considéré comme honteux. La colère est plus tolérée et est plus habituelle en public. Toutefois, cela dépend de l’endroit où vous vous trouvez et des personnes qui vous entourent.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

Les délais et la ponctualité ne sont pas toujours respectés au Liban, il est donc préférable de garder l’esprit ouvert en ce qui à trait au temps. Les Libanais sont bien connus pour leur élégance — même les hommes sont bien soignés et bien habillés. Ils aiment les vêtements de créateurs et sont soucieux de leur apparence et de l’impression qu’ils font. Les costumes et les cravates pour les hommes et les robes ou les tailleurs pour les femmes sont les tenues normales dans le milieu de travail. On s’adressera à certains collègues en utilisant leur titre professionnel (Dr, Sir, chef, etc.) ou « Istez » (M.).

Dans diverses parties de Beyrouth, vous verrez des styles vestimentaires différents — mini-jupes, shorts et tops sans manches et dos nus d’un côté, tchador (coiffe pour les femmes) et foulards de l’autre.

Perspective canadienne :

En général, l’environnement de travail est sérieux. Toutefois, cela dépend bien sûr de l‘endroit où vous travaillez. Les milieux de travail ont tendance à être très officiels et il est primordial de respecter les échéanciers. On s’attend à ce que vous soyez à l’heure et que vous fassiez preuve de professionnalisme au travail. L’image et la réputation y sont très importantes. La direction joue également un rôle important à cet égard.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles qualités sont les plus prisées chez un superviseur/directeur local ? Comment saurai-je comment mes employés me perçoivent ?

Perspective locale :

Comme le Liban est considéré comme l’un des premiers pays en matière de niveaux d’éducation (en particulier dans le monde arabe), votre niveau d’instruction vous permettra de gagner un grand respect de la part de vos interlocuteurs et leur approbation. La plupart des Libanais ont un niveau élevé d’éducation et apprécient les diplômes, en particulier s’ils ont été décrochés dans un pays occidental. Les gestionnaires d’une société ont le dernier mot concernant la plupart des décisions d’affaires et toute autre opinion exprimée pourrait être considérée comme une marque de défi ou une menace pour leur poste. Vos compétences en communication sont plus appréciées que votre rendement, et de nombreuses personnes sont engagées en raison de leur relation avec le gestionnaire. Ce système s’appelle « Wasta ». Les Occidentaux sont plus respectés et considérés comme des modèles à suivre que les non-Occidentaux (même si ces derniers avaient un niveau d’éducation supérieur). Il est conseillé d’entamer toute réunion d’affaires ou appel téléphonique professionnel en parlant un peu de la famille (d’un proche malade que vous connaîtriez, d’un proche qui s’est marié récemment, ou d’un nouveau membre de la famille, etc.).

Perspective canadienne :

On s’attend à ce qu’un directeur soit en contrôle de tout. Il doit savoir comment gérer tout type de situation ou de personne. Il est perçu comme un chef de file. Les membres du personnel sont généralement honnêtes et directs. Vous saurez comment les membres du personnel vous perçoivent en fonction de la façon qu’ils vous traitent et vous parlent.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Dans le milieu de travail, comment les décisions sont-elles prises et par qui ? Est-il acceptable de consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction ?

Perspective locale :

Dans les sociétés privées, qu’elles soient dirigées par un directeur seul, ou un conseil de direction, la prise de décisions dépend habituellement du directeur. Cette personne a le dernier mot sur toutes les décisions majeures. Votre suggestion pourrait être prise en considération, mais seulement au début. Aller trouver votre superviseur ultérieurement ne modifiera aucune décision déjà prise. Il pourrait transmettre votre avis ou vos suggestions au niveau supérieur, ou ne pas le faire par peur ou par jalousie. Peur, car votre avis pourrait être en opposition à celui de vos supérieurs et jalousie, parce que la direction pourrait apprécier votre avis ou vos suggestions et vous offrir une promotion plutôt qu’à lui.

Contrairement aux sociétés multinationales et internationales où la rétroaction verticale est une pratique courante, le secteur privé respecte une structure hiérarchique plus traditionnelle pour la prise de décision.

Perspective canadienne :

Votre supérieur ou votre directeur prendra habituellement toutes les décisions importantes, à moins qu’il vous accorde le pouvoir de prendre des décisions vous-même. Il est suggéré que vous consultiez votre superviseur ou votre directeur afin d’obtenir sa rétroaction ou des réponses. En effet, on s’attendra toujours de vous que vous le fassiez. Ils vous accorderont leur confiance et leur respect si vous procédez ainsi

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

Genre

Les Libanais bénéficient d’occasions égales dans tous les emplois, ainsi que dans l’éducation. Toutefois, les Libanaises qui sont mariées à des non-Libanais ne sont pas autorisées à transmettre leur citoyenneté à leurs enfants. Vous ne trouverez que peu de femmes dans les hauts postes politiques.

Classe

Étant donné la situation économique actuelle, presque tous les foyers libanais ont besoin de deux revenus pour fonctionner. La situation des classes au Liban s’étend de pauvre à très riche. Le Liban offre peu d’avantages en ce qui a trait au bien-être, aux soins de santé, à la pension de vieillesse et la vie après le départ à la retraite.

Religion

Le Liban est le pays du Moyen-Orient le plus diversifié sur le plan de la religion. Certains disent que les croyances religieuses affectent les chances d’être engagé à certains postes, et que les gens engagent parfois des personnes de la même religion qu’eux. L’endroit du Liban d’où vous êtes originaire indique souvent vos croyances religieuses.

Ethnicité

Toutes les communautés libanaises partagent les mêmes racines ethniques, à l’exception des Arméniens, qui ont fui leur pays et sont arrivés au Liban. Afin de conserver leur identité, les Arméniens ont tendance à vivre dans les mêmes régions et à faire des affaires principalement entre eux. De nombreux travailleurs internationaux (non occidentaux) viennent au Liban pour travailler. De nombreuses aides ménagères, bonnes d’enfants, de nombreux concierges, employés dans les stations-service et travailleurs manuels viennent du Sri Lanka, des Philippines, d’Égypte, du Soudan, d’Éthiopie et de Syrie.

Perspective canadienne :

Le sexe, la classe sociale, la religion et l’ethnicité sont des sujets délicats au Liban. Habituellement, on tente de les éviter au travail. Si des discussions et des mésententes avaient lieu, cela pourrait causer un sérieux problème, étant donné que ces sujets importent énormément pour de nombreuses personnes.

Sexe : Habituellement, les hommes sont perçus comme étant supérieurs aux femmes. Cela n’est pas vrai partout, mais il s’agit d’une perception générale. Cela signifie simplement qu’une femme doit travailler davantage au travail afin d’être respectée et parfois afin d’obtenir un poste comportant davantage de responsabilités.

La classe sociale est déterminée par le niveau de scolarité, l’emploi, la ville d’origine ou la richesse. Habituellement, cela n’a aucun impact parce que les collègues au travail sont considérés comme étant approximativement de la même classe.

Il y a une grande diversité religieuse au Liban. On y trouve notamment l’Islamisme, le Christianisme (église maronite, église orthodoxe, église apostolique arménienne et église apostolique assyrienne de l’Orient) ainsi que d’autres confessions. La religion et l’ethnicité constituent des sujets délicats et le manque de respect au travail n’est pas toléré. Ce phénomène est bien compris au Liban.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un(e) client(e) avant de faire des affaires ?

Perspective locale :

L’amorce pour toute transaction commerciale est faite dans un cadre social. Au Liban, on mélange affaires et plaisir. Les Libanais sont bien connus pour leur amour de la vie nocturne. Ils pourraient vous inviter à dîner chez eux ou au restaurant simplement pour discuter d’une transaction. Socialiser pourrait vous ouvrir d’excellentes occasions de trouver des débouchés. D’un autre côté, au sein de la société, les transactions sont toujours menées d’une manière très formelle.

Perspective canadienne :

Il n’est pas très important d’établir une relation personnelle avec un(e) collègue ou un(e) client(e) avant de faire des affaires. Tant et aussi longtemps que vous accomplissez le travail, ce type de relation n’est pas considéré comme une préoccupation ou une nécessité. S’il arrivait que vous établissiez une relation personnelle, ils pourraient s’inquiéter que vous fassiez preuve d’un manque de professionnalisme au travail.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un(e) collègue ou un(e) employé(e) s’attendrait-il à des privilèges ou à des considérations spéciales étant donné la nature de notre relation personnelle ou de notre amitié ?

Perspective locale :

Les relations personnelles et les amitiés pourraient vous ouvrir des portes dans le cadre des affaires. Avoir des connexions vous facilitera la vie au Liban. Vous pouvez obtenir beaucoup de choses en peu de temps si vous connaissez les bonnes personnes aux bons endroits. D’un autre côté, il est conseillé de rejeter toute demande de faveur qui serait contraire à l’éthique ou illégale (comme introduire une demande de visa ou aider des personnes à émigrer, à se faire engager à l’étranger ou à envoyer leurs enfants étudier à l’étranger, etc.).

Perspective canadienne :

C’est très possible, mais peu acceptable. Cela se produit beaucoup au Liban. Si un(e) collègue ou un(e) employé(e) s’attend de vous que vous lui accordiez des privilèges spéciaux, la meilleure chose à faire serait de refuser de façon respectueuse.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’éprouve un problème lié au travail avec un(e) de mes collègues. Dois-je le (la) confronter directement ? En privé ou en public ?

Perspective locale :

En cas de conflit avec un collègue, il convient soit de l’affronter en privé de manière directe afin de résoudre le problème, soit de demander à un tiers de servir d’intermédiaire entre vous. Afin de préserver votre relation avec un collègue avec lequel vous auriez un problème, évitez d’agir soudainement de manière plus formelle après avoir été plus informel avant l’incident, car cette attitude engendrerait des commérages au sein du milieu de travail.

Perspective canadienne :

Généralement, en cas de problème connexe au travail, il est préférable de confronter un collègue directement et en privé. Le faire publiquement sera perçu comme non professionnel.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

Étant donné la situation économique actuelle, les Libanais sont motivés à avoir un bon rendement au travail par la perspective d’un bon salaire. Parmi les autres facteurs de motivation, on peut noter ce qui suit : un poste plus élevé avec le prestige qui y est associé, un poste plus proche du directeur, comme un poste de directeur adjoint ou d’assistant de direction, et une possibilité de voyager à l’étranger pour acquérir plus d’expérience. Toutefois, la peur de l’échec dans la société et de décevoir sa famille pourrait être suffisamment motivant pour amener les Libanais à travailler dur. Certains employés sont motivés par leur propre ensemble de valeurs et leur code d’éthique.

Perspective canadienne :

Habituellement, le salaire et une promotion motiveront les collègues locaux à bien travailler. La sécurité constituera également une bonne source de motivation si leur emploi n’est pas très stable.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question : Pour m’aider à en apprendre davantage au sujet de la (des) culture(s) locale(s), veuillez suggérer : des livres, des films, des émissions de télévision, de la musique et de la nourriture.

Perspective locale :

Livres

Il serait utile d’acquérir quelques connaissances concernant les trois principales religions présentes au Liban : l’islam, les Druzes et le christianisme. Que vous aimiez la politique ou non, il est également important d’avoir quelques connaissances concernant les personnages politiques du Liban.

Les lectures recommandées sont les suivantes : « Liban,  nation martyre », de Robert Fisk , « Islam: A Short History », de Karen Armstrong, « From Beirut to Jerusalem », de Thomas Friedman, « Syria and Lebanon: International Relations and Diplomacy in the Middle East ».

Les biographies d’Hassan Nisrallah, Bachir Gemayel, Kamal Jumblat et Rafic Hariri vous aideront également à comprendre le paysage politique compliqué du Liban.

Films

Regardez « Caramel », « Bosta l’autobus », « Et maintenant, on va où? », « Lebanon », « West Beyrouth », et bien sûr, « Le Prophète », adapté du livre de Gibran Khalil Gibran.

« Sous les bombes », « Ghadi », « Autour de la maison rose », « Blind Intersections », « Les petites guerres » et bien d’autres films vous permettront de découvrir Beyrouth.

Musique

La meilleure musique à écouter est celle du groupe Rahbani, qui a permis au groupe d’acquérir une renommée internationale. Fairouz (une chanteuse libanaise largement admirée), elle a été mariée à l’un des membres de Rahbani. Feu Zaki Nassif est un autre célèbre compositeur de musique. Parmi les chanteurs qui représentent l’héritage libanais, on peut citer Wadih Alsafi et Nasri Shamseldine, qui sont décédés, mais dont la musique persiste.

Cuisine

Et enfin, nous arrivons à la cuisine libanaise. Lorsque vous commandez un mezza (un plat avec de petites portions de différents mets), il doit comprendre les mets suivants : taboulé, fattouche, (salades), kebbeh, maqaneq et soudjouk (saucisses libanaises, mais qui sont une spécialité arménienne), houmous, baba ghannouge, moutabal, tajen samak, cuisses de grenouilles et oiseaux grillés. On vous offrira également de la viande et du foie crus, si vous parvenez à les manger. L’arak est une eau-de-vie de vin libanaise produite dans les meilleurs vignobles du Liban. Le vin libanais est également célèbre, pas seulement à l’échelle locale, mais également à l’internationale – Ksara et le Château Musard sont les meilleurs endroits pour ces deux boissons. Ne manquez pas de faire une dégustation de vin dans ces deux endroits. Après le mezza, vient le mashawi qui comprend un filet mignon grillé, du poulet et du kefta. Les sucreries sont un incontournable, gardez donc un peu de place pour le ashta avec du miel, le kenafeh, le namoura, karabeej, le sfouf et les ma’amoul. Les fruits sont habituellement gratuits dans les restaurants. Si vous aimez le poisson, ceux de la Méditerranée sont un délice. Et bien sûr, le shawarma — au Liban, ces mets savoureux, tout comme les falafels, sont totalement différents de ceux que vous dégustez en dehors du Liban.

Perspective canadienne :

Livres : Livres de Khalil Gibran.

Films : Halla2 lawen (Where do we go now?), films nouveaux et plus anciens tournés au Liban.

Émissions de télévision : Romans savons et émissions humoristiques arabes.

Musique : Fairuz, Wadih El Safi, Sabah, Wael Kfoury, Elissa, ancienne musique Tarab

Nourriture : Restaurant Sud, Phiniqia, Jammal Sur Mer, Provincia, Mhanna sur Mer, Sultan Ibrahim.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

Le Liban est un pays riche en monuments historiques, car il a été conquis par tant de peuples (les Romains, les Ottomans, etc.). Voici quelques recommandations de choses à faire au Liban :

  • Allez visiter – Baalbek, Anjar, Byblos, Sidon et Tyr.
  • Découvrez et explorez la nature splendide du pays — skiez le matin à Mzaar, Zaarour ou Al Arz, et nagez l’après-midi sur la superbe côte de la Méditerranée.
  • Visitez les musées (le musée de cire à Jbeil, le musée de Beyrouth à Badaro).
  • Allez au cinéma : les cinémas libanais proposent toujours les derniers films internationaux, et de nombreux festivals du film sont organisés pendant l’année.
  • Allez en boîte de nuit — il y en a de nombreuses, en particulier à Beyrouth, Kaslik et Batroun.
  • Mangez dans différents restaurants dans diverses villes — la cuisine libanaise est célèbre dans le monde entier et les Libanais en sont très fiers. Il est conseillé de commander un mezza pour goûter tous les mets libanais, en n’oubliant pas de garder un peu de place pour les douceurs libanaises.
  • Au printemps et en été, essayez de ne pas manquer les festivals de musique à Baalbek et Beiteddine, ainsi que les nombreux autres festivals de plus petite taille organisés dans presque chaque village du Liban. Les pièces de théâtre, les ballets et les opéras sont rares, mais il y en a; privilégiez les monologues comiques politiques, car ils vous permettront de découvrir la politique de manière sarcastique.
  • Les expositions artistiques sont très nombreuses en raison du nombre croissant d’artistes actuels.
  • Écoutez les diverses stations de radio; il n’y en a qu’une station francophone (Radio mont Liban) et une anglophone (Radio One).
  • Lisez les quotidiens; là aussi, il y en a un en français (L’Orient Le Jour) et un en anglais (Daily Star).
  • Les matches de football et de basket-ball sont réputés au Liban, mais malheureusement, les différences religieuses et politiques peuvent les transformer en matches de catch; soyez prudent si vous allez voir un match.
  • Le ski et la natation sont également des sports très populaires (parmi les riches, car ces deux sports sont onéreux). Le tennis, l’équitation et bien d’autres sports sont disponibles, mais là encore, les clubs sportifs sont pour les riches.
  • Allez magasiner, tous les Libanais aiment le faire, en particulier dans les rues du centre-ville de Beyrouth comme Verdun, Kaslik, Jounieh, Dbayeh, et dans le célèbre grand magasin ABC.
  • Et enfin, dégustez une tasse de café dans les nombreuses cafeterias du pays, en particulier dans le centre-ville de Beyrouth – p. ex. à Nijmeh Square en face du Parlement 

Perspective canadienne :

La meilleure façon d’apprendre consiste à visiter différentes régions du Liban. Toutes les régions ont différentes choses à offrir. Essayer différents restaurants, visiter des sites historiques, assister à des spectacles ou à des festivals, ou effectuer du travail bénévole peut vous aider à en apprendre davantage au sujet de la culture et des gens.

Voici des exemples d’endroits à visiter : Musée national du Liban, ainsi que des villes et des villages comme Byblos/Jbeil, Baalbak (village) et Tyr/Sour. Le centre-ville de Beyrouth, le centre commercial ABC Mall ou le centre commercial City Mall, la rue Hamra, Faraya, les Cèdres, le Restaurant Mounir, le Restaurant Al Balad, Harrissa et le Edde Sands Beach Resort sont également des endroits intéressants à visiter au Liban.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

Il n’y a pas de héros national spécifique, car les divers groupes politiques et religieux considèrent que leurs propres leaders et martyrs (et ils sont nombreux) sont des héros nationaux. Toutefois, certains font l’unanimité dans l’ensemble du Liban, notamment le célèbre auteur Gibran Khalil Gibran et la célèbre chanteuse Fairouz. Le pays compte de nombreux autres écrivains et chanteurs connus, mais ces deux-là sont connus à l’internationale.

Perspective canadienne :

De ce que j’ai pu apprendre, les chefs des partis politiques et de l’armée libanaise sont souvent perçus comme des héros au Liban.

Jean Kahwaji est un commandant de l’armée reconnu pour sa capacité de maintenir la sécurité au pays. L’armée a joué un rôle important afin de maintenir le Liban à l’écart du conflit qui sévit en Syrie et au Moyen-Orient. Le président Bechara El Khoury, le premier ministre Riad El Soleh et d’autres membres du cabinet sont des héros symboliques de l’indépendance. Emir Majid Arslan et Habib Abou Chahla sont reconnus pour leur combat contre l’armée française afin de libérer le pays.

Les chefs politiques actuels sont perçus comme des héros nationaux, mais uniquement au sein de leur propre parti. En voici quelques-uns : Saad El Hariri, fils de l’ancien premier ministre assassiné Rafic El Hariri; Nabih Berri qui était l’un des chefs durant la guerre civile libanaise et actuel chef du parlement depuis 1990; Samir Geagea, ancien chef de la guerre civile et prisonnier pendant 11 ans à la suite de l’occupation syrienne du Liban; il est l’actuel chef du parti politique Forces Libanaises; Michel Aoun, ancien chef militaire durant la guerre civile au Liban et ancien chef du Courant patriotique libre; Walid Jumblatt, actuel chef du Parti socialiste progressiste et ancien chef durant la guerre civile.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social ?

Perspective locale :

Le facteur le plus important partagé par le Canada et le Liban est que presque chaque famille a un membre qui a immigré au Canada. Le Canada a été un refuge sûr pour de nombreux Libanais dans chaque guerre qui a ravagé le pays. Le Canada est apprécié et respecté, vous vous sentirez donc apprécié, respecté et accueilli très chaleureusement.

Perspective canadienne :

Durant la guerre civile du Liban, de nombreux Libanais ont immigré au Canada. Par conséquent, beaucoup de Libanais comptent des parents qui habitent au Canada. Je crois que cela a permis la création de liens très étroits entre les deux pays. Les Libanais perçoivent les Canadiens d’une façon très positive. En général, ils n’arborent pas de pensées ou d’idées négatives à leur sujet à titre de peuple. Les Canadiens sont très respectés et aimés au Liban.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces ?

Perspective locale :

Les Canadiens sont connus pour être bien élevés, polis, humains et pour aimer les animaux (au Liban, les animaux domestiques ne sont pas aussi courants qu’au Canada, car il est très onéreux d’en posséder un et d’en prendre soin — seuls les riches peuvent se permettre d’en avoir). D’un autre côté, les Canadiens sont considérés comme stricts et respectueux des règles. Ils ne passent aucune étape dans les projets sur lesquels ils travaillent. Ils suivent le système de A à Z même si le fait de passer quelques lettres permettrait de gagner du temps et d’éviter des problèmes inutiles. Les Libanais sont rapides et aiment faire les choses rapidement.

Perspective canadienne :

Évidemment, la majorité des gens croient que le Liban est un pays dangereux. Le pays comporte des régions sécuritaires et des régions dangereuses. Il suffit de connaître les endroits à fréquenter et à éviter. De nombreux Canadiens pensent qu’il s’agit d’un pays musulman, mais en réalité, on y trouve des musulmans et des chrétiens ainsi que d’autres groupes religieux. Les lois et les styles de vie au Liban sont différents de ceux de la majorité des pays du Moyen-Orient. On tolère presque tout le monde.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

L’experte en la matière est née au Koweït, où travaillaient ses parents. Elle a deux frères et sœurs et a grandi entre Beyrouth et Koweït. Elle a étudié la médecine à l’Université américaine de Beyrouth, mais a fini par décrocher un diplôme en sciences-biologie. Elle a travaillé comme professeur de science et de langue au Liban. Elle a ensuite déménagé à Dubaï et y a travaillé comme professeur pendant 19 ans. Elle est arrivée au Canada en 2012 et, depuis, elle travaille dans les domaines de l’interprétation, du tutorat, du remplacement de professeur et dans la vente de détail dans une bijouterie à Ottawa, Ontario.

Perspective canadienne :

Je suis d’origine libanaise. Je suis née et j’ai grandi au Canada. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai décidé de vivre au Liban pendant un an avant de chercher un emploi ici au Canada. Je souhaitais changer d’air et en savoir davantage sur le travail et la vie au Liban. J’ai commencé à présenter des demandes d’emploi afin d’y enseigner l’anglais. J’ai obtenu quelques entrevues ainsi que des offres d’emploi. J’ai donc commencé à chercher un appartement à louer. Des trois offres d’emploi que j’ai reçues, j’ai choisi la meilleure, celle de SABIS International School. À titre de Canadienne anglaise, trouver un emploi pour enseigner l’anglais a été relativement facile. J’enseignais l’anglais à des élèves de deuxième et de troisième année. Ma première année a été excitante et m’a permis de vivre de nouvelles expériences. J’ai aimé le style de vie, les plages, la vie nocturne, l’énergie et les gens. Évidemment, cela n’a pas toujours été amusant et simple. J’ai vécu des journées plus éprouvantes. Toutefois, j’ai appris à les surmonter. La vie au travail était un peu difficile, mais j’ai appris à gérer les difficultés. J’ai éprouvé des problèmes au départ à m’habituer aux gens et au style de vie dans ce pays, mais cela a été très facile d’apprendre rapidement grâce à mon entourage qui était toujours prêt à m’offrir de l’aide. J’ai appris comment vivre seule, à gérer différentes sortes de personnes et de situations et j’ai ainsi pu en apprendre davantage à propos de ma culture. J’ai vécu une si belle année que j’ai décidé de rester deux années supplémentaires. J’ai pu vivre l’expérience du Liban d’une façon bien différente de ce que l’on peut vivre lors d’un simple séjour d’un été. Je n’ai jamais regretté ma décision d’y déménager et j’encourage quiconque qui le souhaite à tenter l’expérience.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.