Macédoine, République de

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Lors d’une premi&egrave rencontre, vous pouvez parler de vos origines, de votre travail et de votre famille. Vous pouvez aussi parler du climat et des activités que vous pratiquez pendant vos loisirs.

Évitez d’aborder les sujets tels que la politique, les différences ethniques, le passé historique récent ou le niveau de vie; il est également préférable de ne pas comparer la culture canadienne et la culture macédonienne. Beaucoup de Macédoniens sont gênés par la mésentente qui règne entre les différents groupes ethniques (intolérance) et par le niveau de vie, peu élevé. Il y a aussi des divergences de points de vue en ce qui a trait à la politique.

Vous pouvez faire preuve d’humour, à condition que ce ne soit pas aux dépends de la culture locale. La forme devrait être appropriée au contexte.

Point de vue canadien :

La Macédoine est constituée de différentes ethnies qui partagent à divers degrés les mêmes attitudes et valeurs. Partout la famille est de première importance, surtout dans la façon de vivre, de se marier et de faire des affaires. L’autorité décisionnelle est presque toujours une fonction réservée à l’homme et est déterminante pour les questions touchant l’ensemble de la famille immédiate ou élargie. Lors d’une première rencontre il est à proscrire de questionner ou douter de ce fondement important de la société macédonienne. Les comparaisons trop faciles entre ce qui constitue les valeurs familiales macédoniennes et canadiennes ne sont généralement pas recommandables. Il faut avant tout prendre le temps d’écouter et de comprendre.

Ceci est encore plus vrai pour la communauté ethnique albanaise (ou albano-macédonienne) qui a une structure familiale patriarcale plus rigide et visiblement distincte des autres communautés de la Macédoine. Fondée sur le respect traditionnel donné au patriarche familial par tous les membres de la famille élargie, celui-ci constitue une force tranquille et un point de référence culturel important pour tous. Le patriarche est central dans toutes les décisions qui touchent la famille, surtout le mariage et les questions d’ordre économique et politique. Douter de son influence lors de rencontres ou essayer de contourner son autorité n’aurait que des effets limitatifs sur les résultats escomptés. De plus, il faut éviter d’aborder les sujets touchant à l’éducation des femmes et aux tâches qui les confinent en tant qu’épouse à la maison, bien que le rôle de la femme dans la société moderne albanaise soit en train d’évoluer. Les points de vue sur le sujet varient, surtout dans les villages agricoles qui sont traditionnellement plus conservateurs.

Il n’y a pas de recettes miracles sur la façon d’aborder les gens pour la première fois. Cependant il est essentiel de faire preuve de courtoisie et de politesse et de demeurer humble et à l’écoute. Bien souvent, les sujets suscitant le plus d’intérêt sont l’histoire régionale et culturelle, la politique locale/internationale, les affaires, l’agriculture et les sports (football, basket-ball). Les conversations à éviter au cours des premières rencontres concernent aussi les sujets politiquement sensibles.

Il faut toujours mettre en valeur le rôle du patriarche dans les communautés albanaises et chercher à obtenir son opinion, le cas échéant.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La distance acceptable entre deux interlocuteurs est égale à celle d’un bras tendu. Si vous vous adressez à un ami proche, vous pouvez vous tenir plus près et même toucher votre interlocuteur; tout dépend de la personne à laquelle vous parlez.

Il est essentiel de maintenir un contact visuel. Dans le cas contraire, cela pourrait être considéré comme un manque de respect envers la personne à qui vous vous adressez.

Les gestes sont propres à chaque personne. Certaines gesticulent beaucoup, d’autres pas du tout, tout comme au Canada. Les expressions faciales sont similaires à celles que l’on constate dans les pays occidentaux. Les Macédoniens utilisent un ton plutôt modéré et se montrent assez indirects (tournent autour du sujet) pour discuter d’un problème ou d’une suggestion.

Point de vue canadien :

Les Macédoniens sont chaleureux et généralement accueillants vis-à-vis des étrangers. Bien qu’ils ne soient généralement pas très cérémonieux même lors du premier contact, les rencontres perdent graduellement de leur formalité, ce qui permet des rapports plus étroits avec un humour plus libéral. Dans ces conditions, la distance acceptable entre soi-même et son interlocuteur peut être plus rapprochée que celle qui est observée au Canada. Dans les communautés ethniques macédoniennes les amitiés et les accords sont souvent renforcés par la consommation d’alcool, en trinquant et en se regardant directement dans les yeux, à défaut de quoi on enlèverait au geste la sincérité espérée et on démontrerait un manque de sérieux. (Nota bene: Dans les communautés ethniques albanaises l’utilisation de l’alcool est beaucoup moins fréquente.) L’accolade et la bise, entre hommes, sont aussi des pratiques courantes qui renforcent la sincérité et la confiance. L’accolade est ferme et se fait en s’agrippant mutuellement au niveau des épaules.

La poignée de main à l’arrivée et l’importance donnée au geste donnent souvent le ton à la conversation qui suivra (p.ex. si elle est franche ou portée sur la conciliation, ou s’il s’agit d’un simple échange d’information. Il est recommandé de regarder son interlocuteur droit dans les yeux au moment de la poignée de main afin de transmettre notre sincérité.

Les Macédoniens tout comme les Albanais offrent toujours le café, le thé ou le jus de fruits, parfois avec un gâteau ou une sucrerie, à leurs hôtes. Il est de bon ton d’accepter car cela facilitera l’ouverture des discussions à suivre. Il est important de ne pas toucher à sa boisson avant que l’hôte de la maison ait commencé à boire la sienne.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d’affection, de colère ou autres émotions en public dépendent du contexte et de l’endroit; ainsi, dans les grands centres urbains, elles ne sont pas très courantes, mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’elles sont inacceptables. Par exemple, si vous rencontrez un(e) ami(e) proche, il sera considéré tout à fait normal de l’étreindre ou de l’embrasser sur les joues. Les démonstrations publiques d’affection ou de colère sont plus courantes dans les régions rurales du pays.

Point de vue canadien :

Le degré de manifestation en public de l’affection entre homme et femmes varie selon les communautés. Dans la communauté albanaise les rapports sont beaucoup plus discrets en public que dans la communauté macédonienne. Chez les Albanais, la vie privée des femmes, surtout celles qui ne sont pas encore mariées, fait souvent l’objet d’ingérence de la part des membres immédiats de la famille. Dans les milieux ruraux, un rapport amoureux qui ne serait pas approuvé par la famille pourrait avoir des conséquences graves pour la jeune femme et surtout pourson partenaire qui pourrait subir des sévices importants de la part des frères/cousins de la jeune femme.

En public il est recommandé de garder une allure et un comportement professionnels et de limiter les écarts d’humeur ou d’émotion, même si ces derniers sont justifiés. Les Macédoniens sont de nature fière et soucieux à l’extrême de garder de bonnes relations avec ceux qui les entourent. Ce souci s’explique en partie par les rapports étroits et l’interdépendance socio-économique qui existe entre les membres de la communauté, d’où le besoin de montrer de la patience et d’être conciliant avec ses interlocuteurs. Dans la communauté ethnique macédonienne, il est mieux vu d’éviter les confrontations et de chercher des solutions de rechange. L’important est de conserver son calme et de contrôler ses émotions.

Dans les cas de conflits plus graves, les recours judiciaires et les institutions policières seront plus fréquemment utilisés par les membres de la communauté macédonienne que toute autre ethnie. Dans la communauté albanaise, la relation de confiance avec les autorités policières se vit moins bien. Le règlement des différends est géré directement par les membres de la famille et/ou du clan selon un code culturel bien établi. Il est important, ici aussi, de conserver son calme et de contrôler ses émotions. Une personne qui demeure calme et sûre d’elle-même est très respectée par l’ensemble de la société macédonienne.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Au travail, les Macédoniens ont tendance à s’habiller de façon plus décontractés pendant l’été et plus conventionnelle pendant l’hiver. Cela dépend également de l’endroit où la personne travaille. Dans les ministères et les ambassades, la tenue vestimentaire est plus habillée que dans le secteur privé..

Entre collègues, les Macédoniens s’appellent par leur prénom et s’adressent à leurs supérieurs hiérarchiques en les appelant « Monsieur » ou « Madame » suivi du nom. Ils utilisent aussi les titres.

La plupart des gens sont ponctuels au travail. Le niveau d’absentéisme n’est pas élevé, mais celui de la productivité ne l’est pas non plus.

Les dates d’échéance ne sont pas respectées à la lettre. Cependant, cela changera probablement au fur et à mesure que la transition que nous vivons présentement progresse.

Point de vue canadien :

Une tenue vestimentaire appropriée au type d’emploi est de première importance. On porte rarement des shorts, même par temps très chaud. Dans la communauté macédonienne le short se porte à la maison, en vacances (à la plage) ou pour la pratique d’un sport. Pour toute autre activité ou sortie de soirée, les hommes portent un costume et des chaussures de ville. Dans la communauté albanaise, on ne porte pas de shorts (sauf dans la pratique d’un sport). Il serait très inapproprié d’en porter lors d’un rendez-vous ou à une demeure familiale, si on est invité.

Dans le milieu de travail les rapports formels entre nationaux et les ressortissants étrangers varient. Mais en général, les Macédoniens cherchent à se faire une impression rapide de leur interlocuteur pour voir s’il y a des affinités communes. L’utilisation du nom de famille est courante. Avec le temps, les rapports deviennent plus familiers.

Le professionnalisme d’un ressortissant étranger est souvent jauché en fonction de son niveau de langue et de ses connaissances professionnelles, surtout si ces dernières se traduisent par une hausse de la productivité.

La ponctualité est un concept plus souple en Macédoine qu’au Canada. De manière générale, 15 minutes de retard ne constituent pas un retard. En fait, les 20 premières minutes d’une rencontre représentent souvent une occasion pour chacun de prendre un thé ou un café et aborder les sujets plus importants. On observe la même chose au début de chaque journée de travail. Ce que j’appellerais le ’rituel du café/thé’ est une forme d’introduction à plusieurs activités.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

L’éducation, l’expérience professionnelle, le leadership, l’ouverture d’esprit, le dévouement au travail, la personnalité sont des qualités très appréciées chez un supérieur hiérarchique ou un directeur. Malheureusement, il existe encore des directeurs qui ne possèdent pas ces atouts car nombreux sont ceux qui n’ont pas un très haut niveau d’éducation et qui restent quand même dans leurs fonctions grâce à leurs relations.

L’attitude adoptée envers un supérieur hiérarchique étranger est généralement positive, et on présume que la personne est capable d’accomplir ses fonctions.

Le nouveau supérieur hiérarchique étranger peut mettre un certain temps à gagner la confiance de ses subalternes. Le manque éventuel de respect des employés pourrait se manifester par un manque de flexibilité ou de motivation. Ces derniers ne feront pas directement part de leur plaintes à leur supérieur hiérarchique mais auront plutôt tendance à en parler entre eux.

Point de vue canadien :

Une personnalité forte, juste et équitable est recherchée. Le fait d’être expatrié ne crée pas de différence significative. En fait, au premier abord, les attentes seront plus élevées envers l’expatrié qui est, de leur point de vue, mieux qualifié et expérimenté.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Dans les entreprises, les décisions sont prises par les cadres ou par un conseil d’administration. Les idées peuvent être émises par les employés qui ont de l’expérience et dont les qualifications sont appréciées. Par contre, dans un organisme gouvernemental, une institution bancaire, un ministère, un palais de justice ou les organismes locaux, tout est réglementé; les personnes suivent les règlements et exécutent leurs tâches.

Il est acceptable et même recommandé de s’adresser à son supérieur hiérarchique immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction, tout particulièrement dans les grandes entreprises.

Point de vue canadien :

De façon très générale la prise de décision est centrée sur la direction et peu de place est laissée à l’initiative (à tous les niveaux). Le subordonné s’attend à se faire dire comment et quand le travail doit être fait, même en ce qui a trait à des petits détails, en plus d’un suivi continu par son superviseur sur ces mêmes détails. Les conséquences indirectes de cette méthode de gestion (micro-gestion) est que le subordonné accomplit sa tâche sans en faire nécessairement plus qu’il n’est nécessaire. Le subordonné ne se sent pas concerné par le succès de l’entreprise, car cette responsabilité ne lui appartient pas!

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : Les points de vue en ce qui a trait à l’égalité hommes-femmes sont encore très conservateurs et traditionnels. Parmi la population islamique, la religion joue un rôle prépondérant et il existe de grandes différences entre les hommes et les femmes. Par exemple, les femmes obtiennent moins d’emplois que les hommes, et on considère que les hommes sont plus aptes à effectuer des travaux pénibles. Dans les fonctions plus élevées, les femmes sont généralement moins impliquées et représentées.

Religion : En Macédoine, la religion dominante est le christianisme orthodoxe, suivie de l’islam. Les Macédoniens ne sont pas très religieux. Ils parlent plus de religion qu’ils ne la pratiquent. Il n’y pas assez de respect mutuel entre les personnes de différentes religions et vous pourrez constater que les relations entre les confessions sont caractérisées par la méfiance et la suspicion plutôt que la compréhension.

Dans les conversations courantes, les Macédoniens (chrétiens) et les Albanais (musulmans) se critiquent mutuellement, mais dans le milieu du travail, ils laissent de côté leurs sentiments et essaient de se comporter avec civisme. La connaissance du macédonien, de l’anglais et de l’albanais est une exigence dans le cas de nombreuses offres d’emploi (pour les organismes gouvernementaux ou les organisations internationales), ce qui avantage les Albanais. Les Macédoniens doivent donc apprendre l’albanais, qui n’est pas une langue maternelle du pays, afin de trouver un meilleur travail. Toutefois, cette exigence ne s’applique qu’aux organismes internationaux et non aux entreprises privées.

Classe : La Macédoine compte trois classes : la classe supérieure – très petite; la classe moyenne – assez restreinte; et la classe inférieure qui représente la majorité de la population. Pour le moment, la répartition des classes est uniquement basée sur la richesse. Malheureusement, le système de classe est l’élément essentiel dans les milieux de travail. Par le passé, l’éducation et le rôle social étaient hautement reconnus mais tout a changé. La situation actuelle est très confuse en ce qui a trait aux valeurs, à l’éducation, à l’argent, aux relations et tous ces éléments sont pris en considération de façon différente selon le milieu de travail. Ainsi, dans le secteur privé, vous pourriez trouver un emploi en fonction des relations et de l’argent, tandis qu’une bonne éducation ne sera pas hautement appréciée. La situation est similaire dans les organismes gouvernementaux. Seuls les organismes internationaux et les multinationales tiennent vraiment compte de l’éducation et de l’expérience.

Origine ethnique : L’appartenance ethnique est un facteur très important en Macédoine. Le pays compte deux groupes ethniques principaux se répartissant comme suit : 65 p. cent de la population est macédonienne et 22 p. cent est albanaise. Les relations entre les deux principaux groupes ne sont pas très bonnes; les malentendus sont fréquents et parfois, de sérieux conflits se produisent (veuillez vous reporter à la section traitant des comportements en regard de la religion). L’appartenance ethnique est un point litigieux dans le milieu de travail, particulièrement au sein des organismes gouvernementaux où généralement, le mélange est plus prononcé. En effet, ces organismes doivent recruter leur personnel parmi les différents groupes ethniques en raison d’un accord signé après la guerre par les Macédoniens et les Albanais. Ainsi, 22 p. cent des citoyens macédoniens étant albanais, 22 p. cent des fonctionnaires du gouvernement doivent être albanais. Les organisations internationales observent la même politique.

L’appartenance ethnique revêt également beaucoup d’importance dans le secteur privé, tout particulièrement depuis le conflit armé de 2001. Avant le conflit, la tension et les différences n’étaient pas aussi exacerbées. Le fait de travailler pour un employeur macédonien ou albanais n’était pas un facteur clé comme c’est le cas aujourd’hui. Il y a quelques années, mes employeurs étaient albanais et cela semblait tout à fait normal à l’époque. Or aujourd’hui, les entreprises privées macédoniennes n’emploient que des Macédoniens et les entreprises privées albanaises n’emploient que des Albanais. Si je veux travailler pour un employeur albanais ou si je passe beaucoup de temps en compagnie d’Albanais, je vais faire l’objet de suspicion, tout comme un supérieur macédonien d’une entreprise nationale macédonienne qui recruterait un Albanais. La situation est la même du côté albanais.

En raison du taux de chômage élevé, de la pauvreté, de la privatisation, des transitions, de l’insécurité et de l’instabilité de l’économie qui règnent dans le pays, des jeunes s’expatrient tous les ans, à bout de résignation et de désespoir. Des efforts sont fournis pour procéder à des changements, mais la situation n’évolue que très lentement.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Voir la section « Premier Contact ». Beaucoup reste encore à faire en ce qui a trait à l’égalité des sexes en Macédoine. La femme occupe rarement des postes/fonctions dits de direction ou de leadership. La raison est en partie liée aux valeurs apprises à la maison et au niveau de la scolarité en général inférieur à celui des hommes.

Dans un groupe mixe, les femmes laissent plus facilement l’initiative aux hommes. Dans un groupe de femmes seulement un dynamisme intense peut parfois émerger et les femmes deviennent alors beaucoup plus loquaces. Les femmes sont généralement plus pragmatiques que les hommes. Contrairement aux hommes les femmes se préoccupent davantage du résultat obtenu que du processus. Ainsi, les femmes se verront plus conciliantes et capables de faire des compromis.

Religion : La Macédoine est composée majoritairement de groupes ethniques (serbes, vlachs et macédoniens) qui sont orthodoxes. Ces divers groupes partagent les mêmes valeurs religieuses et sociales, et elles ne sont pas très portées à inclure les communautés musulmanes dans leurs rapports socio-économiques.

La communauté musulmane de la Macédoine est la deuxième en importance et est constituée principalement des communautés ethniques turc et albanaise, ainsi qu’une petite communauté bosniaque et rome. Les différentes communautés musulmanes de la Macédoine partagent eux aussi des valeurs religieuses communes et créeront occasionnellement des liens économiques. Mais, socialement elles demeurent distinctes de par la langue, les valeurs culturelles et leurs allégeances politiques. Pour mieux illustrer ce fait, les mariages entre Albanais et Turcs sont moins fréquents que les mariages entre Serbes et Macédoniens.

Fait intéressant, la Macédoine comprend aussi des communautés ethniques macédoniennes musulmanes, et une communauté ethnique albanaise catholique. La mère Thérèsa, par exemple, était une Albanaise catholique de Skopje.

Classe : L’influence de la classe sociale me semble être similaire à la situation au Canada.

Origine ethnique : D’après le recensement de 1994 la population consiste de Macédoniens (66 p. cent), d’Albanais (23 p. cent), de Serbes (2,1 p. cent), de Turcs (4 p. cent), de Roms (2,2 p. cent) et de Vlachs (0,4 p. cent).

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Avant d’entrer en affaires, il est très important de nouer une relation personnelle avec un collègue ou un client en vue d’établir un climat de confiance. Cependant, vous devrez vous montrer d’une extrême prudence. En effet, il faut beaucoup de temps et de patience pour établir une relation personnelle. Vous devrez d’abord apprendre à bien connaître la personne et ses antécédents familiaux. Il est vivement recommandé de vérifier le type d’entreprise avec laquelle vous envisagez de coopérer. Pour ce faire, vous pouvez consulter le Registre central au ministère de l’Économie où vous trouverez des renseignements sur toutes les entreprises macédoniennes.

Point de vue canadien :

Il est très important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires. Pour un Macédonien un rapport personnel, et la relation de confiance qui en découle, est plus important encore que l’entreprise pour laquelle son interlocuteur travaille. Le Macédonien fait affaire avec la personne, et non pas l’entreprise. Les mêmes suggestions faites dans la section « Premier Contact » s’appliquent dans ce contexte.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

D’après moi, un collègue ou un employé s’attendra à recevoir des privilèges particuliers dans le cas d’une relation personnelle ou d’une amitié, notamment un traitement spécial et peut-être même une augmentation salariale ou le recrutement d’un de ses amis ou d’un membre de sa famille.

Dans certaines circonstances, je vous recommanderais d’accorder de tels privilèges ou d’en considérer l’éventualité seulement si la personne en question le mérite en raison de la qualité de son travail. De plus, un employé très sérieux qui recommande une de ses connaissances pour un poste ou une promotion recommandera certainement quelqu’un d’aussi sérieux que lui.

Point de vue canadien :

L’attente de privilèges spéciaux et de traitement de faveur est souvent la raison principale pour laquelle des rapports amicaux sont si facilement développés. Le ressortissant étranger devient pour le national une ressource importante qu’il intègre à son registre (réseau) personnel d’amis et de contacts. Cette caractéristique culturelle découle en partie du manque de confiance envers l’appareil administratif gouvernemental que le réseau d’amis et de contacts peut permettre de contourner pour ainsi trouver une solution simple et rapide à leurs besoins.

Il y a des cas où l’on peut faire preuve d’un minimum de droit discrétionnaire, mais de façon générale je ne recommande pas d’offrir de privilèges ou de traitements de faveur qui risqueraient de créer un conflit d’intérêt et une perte visible de crédibilité auprès des employés locaux qui sont soupçonneux de nature.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Si j’avais un problème de travail avec un collègue, je ne le confronterais pas directement, en public ou en privé. J’essaierais de trouver une solution en discutant amicalement avec lui. Si cette tentative se révélait infructueuse, j’essaierais de nouveau. Après avoir fourni sans résultat tous les efforts possibles, je lui indiquerais que la situation ne peut plus durer et je demanderais l’aide d’un supérieur hiérarchique ou d’un collègue. Ce n’est que si cette dernière démarche échouait que je le confronterais alors devant tous les autres employés.

Si un collègue a un problème avec vous ou si vous l’avez offensé d’une façon ou d’une autre, vous le remarquerez par son attitude et la façon dont il s’adressera à vous au travail. La personne offensée peut se montrer froide et distante. Si c’est le cas, je vous conseille de lui demander de vous expliquer franchement ce qui la contrarie.

Point de vue canadien :

Toujours confronter quelqu’un en privé et calmement. Les Macédoniens sont des gens fiers qui peuvent s’offusquer facilement. Une approche diplomatique est recommandée.

Un collègue qui aurait quelque chose à reprocher à son employeur aurait une attitude plus distante.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Pour se montrer performants, les Macédoniens sont motivés par l’argent en premier lieu, suivi de la satisfaction au travail et la peur de l’échec. L’argent les motive par-dessus tout en raison de la pauvreté qui règne dans le pays. La peur de l’échec constitue aussi un facteur très motivant car il est difficile de retrouver un emploi. Nombreux sont ceux qui travaillent gratuitement pendant de longues périodes parce qu’ils gardent l’espoir de se faire embaucher et d’être enfin salariés. Cette situation touche tous les secteurs professionnels, tant pour les personnes sans qualifications que les scientifiques.

Point de vue canadien :

Surtout la satisfaction personnelle et les bonnes conditions de travail. Une compensation salariale accrue sera toujours appréciée mais ne produira pas nécessairement une croissance proportionnelle de productivité ou de qualité de travail.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Si vous vous intéressez à la culture macédonienne, je vous recommande de lire les oeuvres des plus fameux poètes macédoniens, Blaze Konevski (notre poète officiel) et Kosta-Solev Racin. Ce sont deux poètes qui ont vécu la guerre et dont les oeuvres ont été traduites dans plusieurs langues. Je vous recommande également les ouvrages qui relatent le passé historique de la Macédoine.

Pour de plus amples renseignements sur la Macédoine, visitez les sites Web suivants : http://www.realitymacedonia.org.mk, http://on.net.mk/, http://www.skopje.com.mk, et http://mt.net.mk.

Point de vue canadien :

Je recommande de lire l’histoire des Balkans. Particulièrement la période rattachée à l’Empire ottoman et à l’Empire austro-hongrois, aux Bulgares, et aux guerres napoléoniennes dans le Sud de l’Europe. Avec chaque nouvelle armée et gouvernement il y a eu des mouvements de populations qui contribuent à expliquer la complexité multiculturelle de la Macédoine d’aujourd’hui.

De plus, il serait intéressant de connaître les facteurs entourant les problèmes frontaliers actuels avec les États limitrophes, entre autres, la reconnaissance de la Macédoine par la Grèce.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Je vous recommande également deux endroits qui valent le détour. Il s’agit du lac du Ohrid et des stations de montagne Krusevo et Popva Sapka. Il y a aussi beaucoup de sites historiques à visiter tels que Stobi, situé à 100 km au sud de Skopje et Heraclea, près de Bitola, la deuxième plus grande ville de la Macédoine. La culture et la littérature des Slaves orthodoxes ont fait leur apparition dans les monastères, au Moyen-Âge. La majorité de ces monastères sont encore en très bon état et très intéressants à visiter.

La cuisine macédonienne est assez internationale, mais il existe encore des plats locaux et vous trouverez des restaurants proposant des plats traditionnels tels que le pindjur, le sarma, le pita ou l’ajvar.

Une fois rendu dans la capitale macédonienne, vous pourrez aller au concert ou au cinéma, assister à des rencontres sportives ou prendre un verre dans l’un des nombreux cafés de la ville. Plusieurs de ces activités sont également offertes dans les villes plus petites qui offrent aussi de nombreuses possibilités, comme Ohrid ou Bitola, cette dernière étant la deuxième plus grande ville du pays.

Vous aurez certainement besoin de quelqu’un qui parle couramment le français ou l’anglais pour vous servir d’interprète culturel. Vous pourrez sûrement trouver cette personne par l’intermédiaire des bureaux de tourisme disséminés dans tout le pays.

Point de vue canadien :

Aucun conseil particulier.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

L’un de nos héros nationaux est Goce Delcev, un idéologue qui a orchestré l’indépendance de la Macédoine et qui, au début du 20e siècle, a fait valoir ses idées très progressistes concernant la création d’une fédération balkanique. Jane Sandanski est également un héroïne nationale de la Macédoine, en raison de sa lutte contre l’invasion turque au milieu du 19e siècle. La Macédoine compte plusieurs autres héros nationaux qui ont pris part à l’insurrection nationale macédonienne en 1903 contre l’Empire turc. Parmi les plus fameux, citons Pity Guli, Dame Gruev et Nicola Karev, l’idéologue qui organisa l’insurrection.

À l’époque où la Macédoine faisait partie de la fédération yougoslave, Josip-Broz (plus connu sous le nom de Tito) était un autre héros très populaire. Il était le chef de l’ex-Yougoslavie et, pendant la Seconde Guerre mondiale, il a défendu le pays contre l’occupation.

Point de vue canadien :

La mère Thérèsa (une Albanaise de Macédoine) est un symbole de générosité et de paix. Alexandre le Grand est une référence historique pour l’ethnie macédonienne.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

La Macédoine et le Canada ne partagent aucun aléa de l’histoire qui pourrait assombrir les relations de travail ou les relations sociales. Au contraire, plusieurs événements partagés par les deux pays ont permis de maintenir d’excellentes relations tant sur le plan du travail que sur le plan social, car le Canada a toujours représenté la Terre promise pour les émigrants macédoniens. Des milliers d’entre eux ont trouvé la paix et la prospérité au Canada.

Point de vue canadien :

Non. Pas a ma connaissance.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Il n’y a pas de stéréotypes qui pourraient nuire aux relations existantes; les stéréotypes entretenus sur les Canadiens sont extrêmement positifs et contribuent à cette bonne entente. Les Macédoniens ont beaucoup de respect envers les Canadiens qui sont les bienvenus pour travailler ou vivre en Macédoine.

Point de vue canadien :

La Macédoine est très peu connue des Canadiens. Il y a donc peu de stéréotypes envers eux.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est née à Kavadarci, un petit village du centre de la Macédoine. La cadette d'une famille de deux enfants, elle a grandi dans ce village jusqu'à l'âge de 18 ans, puis s'est installée dans la capitale, Skopje, pour poursuivre ses études. Elle a obtenu son diplôme en travail social à l'Université de Skopje, où elle vit toujours et occupe les fonctions de formatrice pour une organisation non gouvernementale (ONG). Elle a voyagé dans toute l'Europe. Votre interprète culturelle est chrétienne orthodoxe et descendante du royaume Samuel. Elle est mariée, sans enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Montréal où il a grandi. Il s'est engagé dans les forces armées canadiennes et, en 1994, il a été envoyé avec son bataillon en Bosnie-Herzégovine dans le cadre d'une mission de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) où il était en charge du développement des relations avec les organismes civils et les forces militaires françaises présentes sur place. A son retour au Québec, il a repris ses études et obtenu en 1996 un baccalauréat en sciences sociales à l'Université de Montréal. Il est ensuite retourné en tant que membre civil des Nations Unies et de l'OSCE (Organisation pour la coopération et la Sécurité en Europe) en Bosnie Herzégovine et en Macédoine pour gérer différents projets et programmes de démocratisation. Il travaillait en contact avec les autorités locales en tant que médiateur et participait au redéploiement de la Police et à la reconstruction des infrastructures du secteur sous sa responsabilité. Il a ainsi acquis plus de six années d'expérience sur le terrain dans le cadre de programmes de soutien. Il vit actuellement à Longueuil au Québec.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.