Mali

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Au Mali, les salutations et l’attention que l’on y porte représentent le premier contact ou l’évaluation des valeurs humaines d’une personne. On ne s’adresse à une personne pour quelque besoin si urgent soit-il qu’après l’avoir convenablement saluée. Ces salutations peuvent paraître longues ou inutiles, mais elles déterminent notre acceptation au sein de notre groupe d’attache (au bureau, sur le terrain d’intervention, dans notre vie sociale ou auprès des employés sous notre responsabilité). En effet, un Malien s’informe de l’état de santé de son vis-à-vis et souvent des membres de sa famille et même de ses voisins et connaissances.

La gestuelle rentre beaucoup dans les rapports de communication chez les Maliens. Toutefois, il faut s’abstenir d’accueillir quelqu’un en l’embrassant sur la joue sauf si la personne fait partie de vos amis proches. De même, il faut s’en abstenir en milieu de travail. Autrement, les invitations sont spontanées (mariage, baptême, fête du Ramadan ou de Tabaski ou encore funérailles) et les liens se construisent assez facilement. Il faut cependant être franc et direct si l’on est mal à l’aise face à certains comportements (visites inopinées à domicile, etc.), certes avec tact et diplomatie, mais ferme.

On ne montre pas quelqu’un du doigt. Si le rot peut signifier que la personne est rassasiée et un compliment à la bonne cuisine (où on lui souhaite que la paix l’accompagne!), les pets publics ne sont pas appréciés.

Le mariage est une exigence sociale, morale et spirituelle quand on en a les moyens. Le célibat n’est pas un choix de déclaration apprécié car cela conduit à une suspicion d’immoralité voire d’hérésie.

Les familles diffèrent les unes des autres selon leurs moeurs et coutumes (Peulh, Maures, Bamanan ou musulmanes, chrétiennes ou animistes), lignagères ou nucléaires. Il faut du temps pour comprendre les liens et les distinguer les uns des autres.

L’humour est une question de culture partagée et, dans une société malienne hiérarchisée, il vaut mieux savoir à qui l’on a affaire avant de se comporter de façon plus familière. Le genre d’humour qu’on peut utiliser dépend de l’âge et du sexe de la personne ainsi que de son statut hiérarchique. Autrement, les plaisanteries sur le cousinage ethnique désamorcent bien des crises ou des rapports difficiles entre les castes nyamakalan/horon (forgerons, poètes et musiciens noirs ambulants, et aristocrates). Le respect des distances sociales, morales ou éthiques sont importantes tels des espaces exclusivement féminins (la cuisine, les espaces de pilage de céréales avec mortier et pilon) ou masculins (la mairie ou autre espace du conseil villageois).

Point de vue canadien :

Un des premiers sujets de discussion sur lequel il est très important de s’informer serait la famille. Lorsque l’on rencontre un Malien, il faut s’informer de tous les membres de sa famille et de leur santé ainsi que de la sienne. Par après, on peut discuter plus en détails de la famille, des enfants, du ou de la conjoint-e et des parents. Ces formalités font partie des salutations de base. Questionner les Maliens sur leurs origines est également un bon sujet de conversation. Chaque groupe ethnique a un historique différent et passionnant à connaître. De plus, les Maliens sont très fiers de leurs origines et ils se feront un honneur d’expliquer leur histoire. Ils pourront en même temps vous dévoiler les plaisanteries qui se font entre les groupes ethniques cousins. Ces cousineries sont très amusantes et les connaître permet de participer à des échanges enjoués. Tous les Maliens ont un lien très fort avec la terre et le village. S’enquérir des cultures et des activités au village est un sujet fort approprié. Les Maliens sont agriculteurs et éleveurs à 80 p. 100. Deux sujets pourraient être abordés lorsque la relation d’amitié sera plus mûre : la politique et la religion. La politique n’est pas un sujet tabou. Néanmoins, il est délicat d’aborder ce sujet lorsqu’on connaît peu notre interlocuteur. Lorsque le sujet sera abordé, demeurez attentif aux réactions pour juger si ce sujet plaît ou ne plaît pas à votre interlocuteur. Les Maliens sont très ouverts à parler de religion mais peut-être pas lors d’une première rencontre. Les Maliens ont le sens de l’humour et l’apprécient dans les échanges sociaux.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Le contact physique est acceptable entre bons amis et n’indique pas une relation sexuelle. Autrement, une certaine distance morale ou spirituelle est de mise entre homme et femme ou entre personnes de même sexe ou encore entre personnes d’âge différent.

Le contact visuel est furtif parce qu’insister ou soutenir un regard relève d’une mauvaise éducation voire un signe d’agressivité ou un défi à l’autorité, surtout entre parents et enfants, aînés et cadets ou employeurs et employés.

Les Maliens communiquent également au moyen de mimiques et de sons qui indiquent l’approbation ou le désaccord, aussi faut-il veiller à ne pas envoyer des signaux ambigus. Votre interlocuteur appréciera votre franchise et votre calme et en fera certainement part à d’autres personnes. En revanche, l’attitude malienne du laissez-faire ("musahala") ou le doute quant à vos motivations profondes feront que votre interlocuteur peut ne pas vous répondre franchement.

En milieu de travail il est courant de se serrer la main, sauf à quelques exceptions. Les rapports sont généralement très cordiaux bien qu’il faille respecter une certaine distance dans les rapports hommes-femmes et face aux aînés.

Quant au contact visuel, il n’est de mise qu’entre personnes de même statut ou de même âge autrement il peut paraître mal élevé d’insister. Dans les relations de verticalité (aînés/cadets ou hiérarchie professionnelle), il peut arriver que votre vis-à-vis ne le fasse pas, simplement par souci de bonnes convenances ou de respect à votre égard.

Point de vue canadien :

La proximité physique est fréquente et acceptée, surtout dans les transports en commun, la rue et les marchés. La proximité entre personnes de même sexe est fréquente et n’a pas la même signification que dans la culture nord-américaine. Lors d’une discussion le contact visuel chez les Maliens est absent : on ne regarde pas son interlocuteur dans les yeux. Ce comportement est considéré comme étant très irrespectueux si l’interlocuteur est plus âgé. Lorsque les Maliens se rencontrent, ils vont se serrer la main : les échanges de baisers ne font pas partie des salutations. En saluant « un vieux » ou « une vieille » (termes employés au Mali pour désigner les personnes âgées), le Malien inclinera légèrement la tête vers le bas par signe de respect. Dans certaines régions, notamment dans le Sud, les femmes font la révérence lorsqu’elles saluent des « vieux ». Les étrangers devraient observer les gestes appropriés lors des rencontres.

En ce qui concerne la façon de s’exprimer, les Maliens sont généralement très directs. Ces derniers emploient parfois des expressions qui peuvent être mal interprétées par les étrangers. Notamment, il est courant d’utiliser l’expression « il faut » quand on suggère à quelqu’un de faire quelque chose. Or, au Canada cette formulation serait plutôt prise comme un ordre plutôt que comme une suggestion.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Il est conseillé de contenir sa colère et de s’entretenir en privé avec la personne en privé afin de ne pas l’humilier. Il est important de ménager la susceptibilité de ses collègues. On ne touche pas les gens et les accolades en public ne sont acceptables que dans certains endroits, comme les campus universitaires, les cafés, les bars ou les boîtes de nuit. Une fille ne doit pas embrasser ou se coller à son petit ami en public, ce qui s’applique également au garçon. En fait, on n’étale pas ses sentiments en public.

Point de vue canadien :

Chez les Maliens, les démonstrations d’émotions sont extrêmement rares et la maîtrise de soi est très importante. Ce fait est plus contraignant chez les hommes que chez les femmes car la démonstration émotive des femmes est plus tolérée. Les démonstrations d’affection et de colère sont très mal perçues provenant des étrangers.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Un habillement décent est très apprécié autant de la part d’un homme que d’une femme, mais surtout d’une femme. Un ton calme et courtois est indiqué. Les Maliens se font généralement appeler par leur nom de famille et si plusieurs portent le même nom de famille, on ajoute le prénom. Les Maliens doivent souvent assister à des baptêmes qui ont souvent lieu de 6h30 &agrave 7h du matin. Cependant, ceux qui travaillent pour des organismes internationaux sont assez souvent dispensés de telles obligations. Ceci s’applique aussi aux mariages (religieux le plus souvent au Ashr entre 13 h 30 et 14 h si ce n’est pas le dimanche) ou aux funérailles (pas d’échappatoire!) Autrement, ils respecteront les consignes de ponctualité et de productivité!

Point de vue canadien :

Les Maliens sont très fiers de leur apparence. Les hommes ne sont toutefois pas obligés de porter le complet-veston et la cravate. Il est important de ne pas porter de vêtements courts et cela malgré la chaleur. Il ne faut pas oublier que les Maliens sont à 90 p. 100 des musulmans. Par conséquent, les femmes doivent porter des vêtements qui couvrent les épaules et des jupes qui vont en dessous des genoux. Pour les hommes, les chemises longues ne sont pas nécessaires; par contre les bermudas ne sont pas appropriées. Si un homme occupe un poste de supérieur, il pourrait porter des pantalons de coton mais pas de jeans. Le port des vêtements traditionnels par les étrangers est toujours très apprécié par les collègues maliens.

Les Maliens vouvoient les gens à qui ils s’adressent. Cela est un signe de respect. Il est important que les étrangers fassent de même. Un supérieur expatrié ne doit pas exiger le tutoiement de ses collègues. L’emploi du nom de famille est également très important dans les rapports entre collègues de travail, car, au Mali, la famille est plus importante que l’individu.

Le temps est très « flexible » au Mali. La ponctualité et l’absentéisme sont très fréquents. Les Canadiens devront composer avec ces différences. Les collègues maliens peuvent manquer pour des raisons familiales et autres. Cela ne démontre ni un désengagement face au travail ni un manque d’intérêt ou de motivation. Cela reflète plutôt leurs valeurs familiales et leur solidarité collective. Certaines périodes sont peu propices à la productivité, notamment le vendredi qui est le jour de la grande prière à la Mosquée qui correspond au dimanche dans la foi chrétienne ainsi que la période du Ramadan où les musulmans ne mangent pas entre le lever et le coucher du soleil. En général, le rythme de production au Mali est beaucoup plus lent qu’au Canada et ce pour diverses raisons.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

On respecte des qualités comme la franchise et la volonté associées à la courtoisie et à la compassion, ainsi qu’à une apparence soignée.

Quelle que soit la provenance de la personne, ces qualités sont appréciées et aident à installer un climat de respect et d’obligation ou de bonne volonté envers le supérieur. En général, il faut prendre son temps, écouter et observer les dynamiques de groupes ou individuelles avant de s’afficher avec le premier venu. Les Maliens s’expriment par adages, devinettes et proverbes. Il vous sera donc difficile de défricher les amitiés ou les inimités même après un long séjour!

Point de vue canadien :

Le respect que reçoit un supérieur de la part de ses collègues se base sur le niveau d’études, la compétence et l’expérience de ce dernier. Une bonne écoute est également primordiale. Dans la population en général, le superviseur expatrié sera perçu comme étant mieux informé que les autres. Cependant, dans les milieux où les personnes sont plus scolarisées, cette image tend à disparaître. En général, un supérieur du sexe masculin sera plus respecté qu’un supérieur du sexe féminin. Les attentes étant plus élevées envers un supérieur du sexe féminin, celle-ci devra prouver ses compétences.

Certaines personnes vous confieront directement leur appréciation et celle des autres collègues. Il faut toutefois garder en tête que cette personne a certainement d’autres intentions en tête telles que des faveurs. Certains commentaires peuvent être faits à d’autres personnes du milieu et il faut être attentif et réceptif aux informations qui circulent. Les propos humoristiques sont souvent porteurs de messages, positifs ou négatifs; ils pourront vous renseigner énormément.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Le système administratif malien est hérité des logiques militaro-coloniales que la décentralisation régionale et communale cherche à briser par les nouvelles politiques et réformes administratives. Aussi, les modes de prise de décision dépendent de vos aptitudes à développer la participation horizontale active et viable entre cadres supérieurs, cadres moyens et employés. Ce style de gestion est de plus en plus employé dans les organismes de développement ou les organisations locales. Cependant, les Maliens qui n’aiment pas faire de remous surtout s’il s’agit de leurs supérieurs, vont souvent s’incliner devant la hiérarchie.

Oui, les supérieurs hiérarchiques peuvent être consultés afin d’obtenir des réponses immédiates ou de la rétroaction. Tout dépend de la manière dont vous les abordez et de leur attitude envers ce genre d’initiative. Personnellement, quand je ne peux pas résoudre un problème, je le fais, même si cela risque de ne pas marcher. En tout cas, on saura ce que j’en pense et en général, je ne passe pas par des intermédiaires comme peuvent le recommander certaines personnes!

Point de vue canadien :

La consultation est très importante, d’autant plus si vous êtes un expatrié car vos collègues comprennent mieux la culture que vous. Tous les collègues ont le droit de parole, cependant la décision revient au supérieur. Le supérieur est la meilleure personne à consulter pour obtenir des réponses à toutes vos questions reliées au travail.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
Les revendications en matière d’équité salariale posent les mêmes défis au Mali que dans les pays occidentaux, mais elles se heurtent en plus aux autorités religieuses et au fait qu’un grand nombre de femmes ne comprennent pas la signification du terme « égalité des sexes ».

Plus la famille est active au niveau social et spirituel, plus on met l’accent sur l’aspect spirituel de l’individu, ce qui lui impose le respect des pratiques et des valeurs de sa foi. Ce qui fait qu’au Mali, la question de l’égalité des sexes doit inclure les valeurs, les principes et les préceptes religieux.

Par ailleurs, la sexualité hors du mariage, les unions libres, l’adultère, la sodomie, et l’homosexualité relèvent de l’hérésie, de la mécréante, voire de l’apostasie.

Religion :
La société malienne contemporaine est structurée par un triple héritage religieux: le mouvement sectaire traditionnel (9 p. 100), l’islam (90 p. 100) et la chrétienté (1 p. 100). Les activités sociales s’organisent autour des prières musulmanes quotidiennes de l’aube au coucher du soleil. Les Maliens observent les règles de leur religion en milieu de travail en se retirant pour prier entre 13h30 et 14h (Dohr) et entre 15h30 et 16h (Ashr).

Classe sociale :
La solidarité familiale et sociale influence la vie quotidienne et la société davantage que la classe sociale, exception faite de la ségrégation de certaines castes, comme les Nyamakalaw qui sont les forgerons et les Jeliw (griots) ou cordonniers et tisserands.

Les gens de caste peuvent en venir par plaisanterie ou véritablement à solliciter les Horons (les nobles) en milieu de travail sans que cela ne dépasse les limites.

Origine ethnique :
Il s’agit plus de gens qui s’identifient comme "cousins" en plaisantant bien que certains se déclarent culturellement différents.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
Les Maliens sont réticents envers l’égalité des sexes. Cela peut être difficile à comprendre mais s’explique par les différences culturelles et religieuses.

Religion :
La religion est le centre de la vie. Tous les comportements des Maliens sont basés sur la religion et la culture. Dans la religion, l’homme a préséance sur la femme. Il est important de respecter les temps de prière et les fêtes religieuses.

Classe sociale :
Il y a très peu de distinction entre les classes sociales. Les Maliens plus scolarisés vont avoir tendance à adhérer aux façons de faire des occidentaux et cela peut être mal perçu par certains.

Origine ethnique :
L’origine ethnique est très importante. Cela constitue une communauté à protéger et à conserver. Par exemple, il y a peu de temps de cela les Peulh, les Sarakolé et les Malinké se mariaient uniquement entre eux. Cependant ce phénomène a tendance à disparaître.

Il n’y a pas de conflits religieux ou ethniques au Mali. Malgré cela, les différences entre les sexes et ce qui touche à l’origine ethnique peuvent créer de la discrimination et des tensions dans les milieux de travail. Si un supérieur ou un collègue expatrié désire instaurer un principe d’égalité entre les hommes et les femmes, celui-ci se heurtera à la désapprobation des Maliens.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Les relations humaines relèvent de l’affectivité et de la construction à court, moyen ou long terme des liens partagés. Il n’y a pas de règles établies pour cela au Mali sauf qu’établir des liens d’argent ou d’affaires commerciales avec quelqu’un nécessite des cadres formels ou de production de témoins crédibles agréés des deux parties. De telles relations d’affaires s’établissent sur une base de réciprocité qui, une fois violée, exige le recours à des médiateurs.

Autrement, assurez-vous d’établir le contact d’affaires en bonne et due forme, même s’il faut le faire estamper par la police! Il faut éviter des invitations tacites ou explicites d’établir des factures gonflées car cela est mal vu par le Contrôle d’État!

Point de vue canadien :

Il est important de sortir du cadre formel de la relation entre collègues et d’établir une relation plus personnelle afin de gagner la confiance du client ou collègue. La confiance est un élément primordial dans les relations personnelles et professionnelles. Afin d’établir une relation plus personnelle, il faut partager les relations familiales, c’est-à-dire inviter la personne chez soi pour rencontrer la famille ou l’inviter chez des amis. Des rencontres au restaurant sont également de bonnes méthodes. Par contre, les relations amicales entre un homme et une femme ne sont pas bien perçues par les Maliens. Ceux-ci peuvent penser que la relation prend une coloration plutôt amoureuse que professionnelle.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Étant donné que la famille est la pierre angulaire de la société malienne, collègues et amis vous demanderons certainement de l’aide et des faveurs. Cependant, face à des règles équitables, impartiales et transparentes établies pour tous et toutes, on peut se sortir (soi-même et son ami souvent assailli par les siens!) de telles impasses.

Point de vue canadien :

Si une relation d’amitié s’installe entre vous et vos collègues, ce qui serait souhaitable, il est à prévoir que ceux-ci vous demanderont des privilèges. Dans la culture malienne, en raison de l’amitié, il est normal que des amis se rendent service. Il est important de juger la situation et la faisabilité du service demandé avant de l’accorder. Peu importe les décisions prises, il y aura des jalousies et des envies de la part des autres collègues, cela est inévitable. L’observation et l’écoute sont les meilleurs moyens pour guider nos actions et nos paroles.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Oui, si l’on sent que la personne est disposée à un entretien privé. De toute façcon, il vaut mieux aller dans un endroit discret. Mais quelle que soit l’ampleur du problème, il faut se garder d’humilier l’autre. Ce ne sera en général apprécié par personne et les autres se méfieront de vous.

Point de vue canadien :

Lorsque l’on veut faire des remarques à un collègue, il est important de toujours les faire en privé et si possible, par l’entremise d’une tierce personne. Les Maliens préfèrent que des confrontations se fassent en privé, car le faire publiquement serait un affront. Cela pourrait nuire aux relations. Si une personne a quelque chose à vous reprocher, elle changera d’attitude et essaiera de faire passer le message par une autre personne.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Une réelle satisfaction professionnelle, avec un salaire correct et régulier, le respect de la personne et de bonnes conditions de travail sont autant de facteurs qui motivent les employés. Une fois ces conditions satisfaites, les Maliens sont très accommodants.

Point de vue canadien :

L’engagement personnel du supérieur est le premier élément motivant. Celui-ci est le moteur pour les employés. Par la suite, ce qui importe est que celui-ci réussisse à créer une bonne ambiance de travail.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres : Tous les livres d’Amadou Hampâté Bâ; Bocar N’Diayé - Les groupes ethniques du Mali; Us et Coutumes du Mali; Djibril Tamsir Niane - Soundjata ou l’épopée du Mali; et Massa Makan Diabaté - Le Lieutenant de Kouta, Le Coiffeur de Kouta, Le Boucher de Kouta, Comme une piqûre de guêpes et L’assemblée des Djinns. Aussi, Pascal Baba F. Coulibaly - Les angoisses d’un monde; Youssouf Tata Cissé - La confrérie des chasseurs Malinké et Bambara. Mythes, rites et récits initiatiques. À Montréal vous trouverez ces livres aux librairies Olivieri ou Renaud-Bray.

Films et télévision : Cheick Oumar Sissoko -Nyamaton, La leçon des ordures!, et Souleymane Cissé - Yeleen, la lumière!. Canada (TV5 et Télé Québec) et au Mali: ORTM et TV5

Les sites Internet les plus utiles : www.afribone.com ou www.malinet.net (pour une quasi-accessibilité à tous les autres sites sur le Mali!)

Point de vue canadien :

Nourriture : Maffé et du jus de gingembre.

Livres : Le livre le plus intéressant sur le Mali est sans aucun doute L’enfant Peulh de Amadou Hampaté Ba. Ce livre est très bien écrit, d’une façon un peu poétique, comme le Mali d’ailleurs. Ce livre relate l’histoire de la conquête des royaumes de Ségou et nous plonge dans la réalité du Mali d’hier qui garde un coté très actuel également de par ses descriptions. Ce livre nous fait très bien sentir l’atmosphère dans laquelle on est plongé lorsque l’on séjourne au Mali. Il y a aussi Ségou de Maryse Condé; L’épopée mandingue de Djibril Tamsir Niang et Une si longue lettre.

Sites Internet : Mali.net et Afribone.

Personnes ressources : L’association des Maliens du Grand Montréal peut également vous aider à avoir plus d’informations sur le Mali. Renseignez-vous à l’Université de votre région. Il y a certainement une association malienne.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Lieux touristiques : Le Musée Bamako et les jardins botaniques; le Musée de la Femme à Bamako-Korofina; Autres lieux touristiques: Ségou, Djenné, Mopti, Pays Dogon ou Tombouctou (entre autres).

Restaurants à Bamako : Le Djenné et Le San-Toro

Musiciens : Boubacar Traoré, Salif Keïta, Bonkana Maïga, Ali Farka Touré, Oumou Sangaré, Ami Koïta, Rokia Traoré, Habib Koîté, Djénéba Seck, Tata Boré, Kandia Kouyaté, etc.

Plats traditionnels : Riz à la sauce arachide (viande, poulet ou poisson) ou « maffé » pour les Sénégalais ou Fulfulde; couscous (basi) ou « tò » (semoule ou millet, sorgho ou maïs avec des okras ou des épinards; « fonio » (sauce tomate ou arachide).

Concerts des cantatrices ou autres jeliw (griots), ORTM; Théâtres Kotèba. Autrement, en développant des liens amicaux auprès des Maliens et des Maliennes. L’intégration et les invitations aux festivités familiales et sociales permettent aux personnes sociables de découvrir agréablement la société et la culture maliennes.

Point de vue canadien :

Musique : Le musicien le plus connu est Salif Keita. Mon coup de coeur porte premièrement sur lui. Les paroles de ses chansons expriment très bien les pensées des Maliens et leur vécu. Ce dernier chante en français, en anglais, en diola et en mandingue. Ses chansons sont romantiques et enjouées.

Mon deuxième coup de coeur va à Diabaté Sissoko. Ce joueur de cora (instrument à 21 ou 28 cordes dont le son s’apparente à la harpe) et griot (transmetteur oral de la généalogie, de la tradition et de l’histoire) nous enchante à travers la voix de sa cora.

Amadou et Mariam, un couple aveugle malien célèbre, sont également intéressants à connaître. Leurs chansons nous font connaître le rythme mandingue qui est très apprécié au Mali. Ce rythme est très lent et un peu monocorde mais on se doit de le connaître dû à sa popularité au Mali.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Les Maliens se remémorent quotidiennement les exploits de ses héros fondateurs (Sunjata Keyita, Tira Maghan, Fakoli Dunbiya, Biton Kulibali, Da Monzon Jara, Babemba Taarawele, etc.) et ses résistants à la pénétration coloniale comme El-Hadj Oumar Tall ou Samori Ture ainsi que pour ses héros ou pères de l’indépendance malienne comme Modibo Keïta, Mamadou Konaté ou encore ceux tombés sous la dictature militaire de 1968-1991, comme Abdul Karim Camara dit « Cabral » et les Martyrs du 26 mars 1991.

Point de vue canadien :

Il y en a plusieurs mais les plus connus sont : Soundjata Keita Roi du Mandé; Soumankourou Kanté Roi du Sosso; Siramakan, le plus grand général de Soundjatan Keita; Da Monson Diarra, Roi de Ségou; Binton Coulibaly, Roi de Ségou; Samagnanna Bassi, Roi du Kharta; Babemba et Thiéba Traoré, Rois de Sikasso (derniers résistants à la pénétration coloniale française); Fakoly, grand guerrier; Modibo Keita, premier président du Mali indépendant en 1960.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Je n’en vois pas personnellement sauf que les Maliens ne comprennent pas qu’ils doivent se déplacer à Abidjan ou au Ghana pour des visas canadiens quand il y a une ambassade canadienne dans leur pays. Autrement, le climat relationnel est assez agréable et invitant!

Point de vue canadien :

Non. Au contraire, le Canada est perçu comme un grand ami du Mali.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Quoique la plupart des Maliens aient appris à distinguer entre les nationalités de coopérants (Français, Américains, Canadiens ou autres) et qu’ils traitent avec tous, ils n’échappent pas à la tendance à généraliser et à les mettre dans le même panier. Cependant, ils apprécient et évaluent les rapports interpersonnels ou collectifs qu’ils construisent directement avec les autres plutôt que de s’en tenir à ceux fortuits basés sur des stéréotypes.

Point de vue canadien :

Généralement, les Canadiens croient que les demandes ou les requêtes qui se présentent au Mali sont dirigées uniquement vers eux en raison de leur statut de Nord-Américains fortunés. Ces requêtes sont également adressées aux Maliens qui ont une position financière plus favorable et non uniquement envers les Nord-Américains. Un service en attire un autre et l’amitié est basée sur l’entraide. Si les requêtes qu’on vous fait sont raisonnables, ceci pourrait mener à avoir un ami ou collègue fidèle qui vous rendra énormément de services.

Les femmes canadiennes ne devraient pas avoir peur d’être séduites par les Maliens. Les Maliens sont en général plutôt réservés, comparativement à d’autres nationalités en Afrique de l’Ouest, les flatteries sont présentes mais les avances amoureuses plutôt rares. Trop de prudence pourrait empêcher la naissance de belles relations amicales.

Parfois les Canadiens peuvent juger qu’une absence à un rendez-vous signifie un manque de motivation ou un manque de fiabilité mais ce n’est pas le cas. Les solidarités collectives et familiales sont très importantes. Si ces aspects ont priorité sur le travail, cela n’est qu’une question de survie. Les Canadiens devront faire preuve de beaucoup de flexibilité.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né au Mali et est le plus jeune de deux enfants. Il a grandi en milieu rural et aussi en ville. Il a fait ses études à Bamako, puis en France en sciences naturelles et sociales à l'Académie d'Aix-Marseille, et enfin au Canada à l'Université McGill. Par la suite, il a émigré au Canada en 1995 grâce à une bourse d'études OMS pour étudier et travailler en anthropologie générale, médicale et épidémiologique. Il vit actuellement à Montréal depuis 1995 et fait des visites régulières de recherche-enseignement au Mali, en Afrique, aux USA et en Europe. Il participe également à des activités culturelles et sportives, au développement humain et à la prévention et au contrôle des maladies tropicales. Votre interprète culturel a été éduqué entre les cultures bamanan, mandenka, fulfulde, et songhaï Il est marié et a deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née en 1975 à Québec et est la plus jeune de deux enfants. Elle a grandi en ville et a fait ses études à Québec en anthropologie à l'Université Laval. Ses études l'ont emmené à l'étranger en 1995 pour la première fois où elle a séjourné dans une famille marocaine et visité un peu le pays. Par la suite, elle a voyagé au Sénégal dans le cadre d'un échange interculturel. Après son baccalauréat, en 1999, elle est allée travailler au Burkina Faso pendant six mois pour une ONG canadienne où elle travaillait comme anthropologue sur un projet de sécurité alimentaire auprès de villageois. Elle est allée au Mali en 2001 où elle a vécu pendant plusieurs mois. Elle était accompagnatrice d'un groupe de jeunes qui vivaient une première expérience interculturelle et représentait l'ONG canadienne. Elle collaborait avec l'association villageoise pour l'élaboration des activités. Elle est maintenant revenue au Canada, à Montréal où elle vit depuis près de deux ans. Elle travaille dans un organisme local en sécurité alimentaire et commence une maîtrise en gestion de projet.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.