Malawi

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Le lieu d’origine est souvent un bon sujet à aborder pour entamer une discussion. Vous pouvez ensuite parler de votre situation familiale. Habituellement, les Malawiens s’intéressent aussi à la nature du travail que vous faites. Évitez les questions de sexe. Le sujet est encore tabou. Vous serez mal venu de discuter d’homosexualité, par exemple, d’autant plus que les Malawiens la considèrent comme la forme la plus grave de dépravation sexuelle. L’humour est acceptable, sous réserve que les plaisanteries ne soient pas vues comme une moquerie à l’égard des Malawiens, ce qui s’explique par le sentiment encore présent chez eux que les Occidentaux jugent les Africains de petite extraction sociale. Le plus important peut-être, pour faire une bonne impression, sera de montrer une cordialité sincère envers votre interlocuteur : les Malawiens sourient du coeur et non pas juste du visage!

Point de vue canadien :

Les Malawiens sont généralement très loquaces, mais parfois aussi ils ne disent pas grand chose. Malgré l’apparence d’ouverture et de gentillesse (tous les Malawiens que j’ai connus aiment rire), beaucoup de Malawiens, même les bureaucrates qui ont étudié dans les pays occidentaux et ceux qui travaillent pour des ONG (organisations non gouvernementales), demeurent méfiants et soupçonneux. Il s’agit probablement de relents de l’ère de l’ex-président Banda et du Malawi Young Pioneers (MYP). Les choses ont bien changé depuis 1994 et il vaut mieux aujourd’hui prendre le temps de faire connaissance avec les gens avant de discuter de politique ou de poser des questions concernant des sujets délicats comme le VIH/sida et les croyances traditionnelles. Au début, vous pourriez parler de la famille, mais préparez-vous à ce que votre interlocuteur vous confie qu’il vient de perdre un proche parent. Il est alors convenable de répondre « mes sympathies », mais vous pourriez également demander si le décès était accidentel ou causé par la maladie. La plupart des hommes malawiens apprécient beaucoup parler de football, un excellent sujet pour engager la discussion et trouver un point d’intérêt commun. Il est également approprié de demander à un Malawien de quelle partie du pays il ou elle vient ou, encore, à quel endroit il vit. Tous les Malawiens semblent avoir un bon sens de l’humour. Ils apprécient également les efforts que font les étrangers pour s’adapter à un nouveau milieu de vie.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Gardez une distance respectable, soit au moins une longueur de bras, lorsque vous parlez à une personne du même sexe que vous. Dans le cas d’un interlocuteur de sexe opposé au vôtre, il est conseillé de se tenir à au moins une longueur et demie de bras. Il n’est pas convenable pour les hommes de se tenir trop près des femmes. En général, les Malawiens évitent de regarder leur interlocuteur dans les yeux. Cette attitude est plus marquée chez les personnes moins instruites. Des gens plus instruits regardent souvent dans les yeux. Il faut éviter de toucher votre interlocuteur à moins que vous ne le connaissiez bien. Les gestes et les expressions faciales sont acceptables.

L’utilisation d’un ton modéré (sans agressivité) vous permettra de marquer des points en ce sens que les Malawiens se sentiront plus à l’aise. La voix peut être forte, mais sans agressivité ni intimidation. Il est alors préférable pour un superviseur qui a quelque chose à reprocher à un subordonné, de garder un ton de voix « modéré », plutôt que de laisser libre cours à sa rage et de s’emporter. Je comprends que plusieurs personnes ont tendance à parler fort lorsqu’elles sont en colère. Un subordonné malawien aura plus tendance à se refermer beaucoup plus sur lui-même s’il est durement réprimandé par un superviseur étranger que s’il l’est par un superviseur malawien. Cela vient principalement de ce que de nombreuses personnes ne connaissent pas la culture des pays étrangers. Cette méconnaissance tend à augmenter au fur et à mesure que l’on descend l’échelle organisationnelle, jusqu’aux ouvriers. Par conséquent, le tact et la maîtrise de soi sont essentiels pour obtenir davantage d’efforts des employés aux niveaux les plus bas, sans quoi ils ne produiront pas.

Point de vue canadien :

Beaucoup de Malawiens ne maintiennent pas un contact visuel prolongé et il n’est pas rare de parler à quelqu’un qui regarde dans le vide ou qui évite de croiser votre regard... alors il ne faut pas s’en faire : continuez la conversation mine de rien. Au moins, ils écoutent ! Au Malawi, il est courant de toucher les autres : les hommes se tiennent par la main, marchent bras dessus, bras dessous ou bien, après avoir serré la main de leur interlocuteur il la garde dans leurs mains pendant un bon moment. Lorsque vous ne vous sentez plus à l’aise, vous pouvez sans problème retirer votre main de celle de votre interlocuteur malawien.

Le « Chichewa » est une langue tonale. Vous le remarquerez immédiatement à partir du moment où vous commencerez à utiliser le mot « Zikomo » que l’on prononce différemment pour dire « merci » ou pour dire « excusez-moi ». Par exemple, on prononce le « E » de plusieurs manières, dont « Eiii » ou « EyaY » et le « Oh », « Ohhh » ou « oooohhh ». Si vous faites attention aux sons et à la teneur de la discussion, vous distinguerez vite les différences entre le « Oh » de surprise, le « Ohhh » de tristesse et le « Ohhh » sympathique mais sous-entendant une certaine perplexité.

Lorsque vous parlez à des gens que vous ne connaissez pas au Malawi, je vous conseillerais de « trianguler »; autrement dit, de poser la même question de trois différentes façons. Il est parfois assez difficile d’obtenir des réponses claires des Malawiens, car ces derniers cherchent à vous plaire en vous répondant ce qu’ils pensent que vous voulez entendre. La situation risque fort de vous frustrer à certains moments qui mettront votre patience à contribution. Par exemple, vous aurez à apprendre les distinctions entre « now (dans quelque temps)», « just now (bientôt) » et « now-now (dans très peu de temps) ». Il est important de faire attention aux nuances. La même mise en garde s’applique lorsque la réponse commence par un « No Problem (pas de problème) » rapidement suivi par « It’s only that (C’est que) »; par exemple, «...c’est que je n’ai pas d’essence », « ...c’est que je n’ai pas la clé ». Il faut toujours être patient et suivre le cheminement de pensée, et vous comprendrez assez vite ce qui se passe.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d’affection en public sont courantes, mais habituellement limitées à des choses telles qu’une poignée de main ferme et de longue durée. Les femmes tendent à se montrer plus bruyantes et donneront l’accolade à une amie qu’elles n’auront pas vue depuis longtemps, mais pas à un homme. L’accolade entre personnes de sexe opposé n’est pas un geste typique chez les Malawiens. La plupart sont mal à l’aise lorsqu’on les serre dans les bras. La manifestation de la colère en public, bien qu’elle puisse se produire, est assez rare et n’est pas très bien acceptée. Les manifestations en public d’autres émotions, telles que le chagrin éprouvé lors du décès d’un parent, sont chose commune et les gens pleurent souvent en public au cours de services funèbres.

Point de vue canadien :

Les hommes et les femmes n’expriment pas leur affection durant le jour (ils l’expriment le soir dans les clubs ou dans les bars, mais pas durant la journée). Il est également très inhabituel de voir des personnes se disputer en public. Les Malawiens ont appris à se soumettre en public et à ne pas se contredire ou s’obstiner. Les relations sont très importantes et les gens craignent au plus haut point de dire des choses qui pourraient compromettre la relation immédiate ou le réseau de relations. On accorde beaucoup d’importance au statut. Les personnes plus jeunes ne contredisent pas les personnes plus âgées et les leaders. Les Malawiens expriment souvent leur peine ou leur tristesse en public. Les Malawiens ont en général une bonne philosophie face à la mort ou à la malchance et en parlent, d’ailleurs, bien ouvertement. Beaucoup de Malawiens sont très religieux et font fréquemment référence à Dieu.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

L’habillement est très important au Malawi. Les employés de bureau doivent s’habiller formellement et porter une chemise et une cravate. On s’attend des femmes qu’elles portent des vêtements de ville modestes. Les costumes de ville sont tout indiqués, surtout lorsqu’on assiste à des réunions. Les jeans ne sont pas acceptables dans un milieu de travail. On s’adresse à ses collègues en utilisant Monsieur, Madame ou Mademoiselle, selon le cas, jusqu’à ce qu’une relation étroite ait été établie. Il vaut mieux par la suite demander à la personne si vous pouvez l’appeler par son prénom.

Les retards peuvent constituer un problème, surtout chez les collègues qui utilisent le transport en commun. Toutefois, la ponctualité doit être observée par tous. Pour respecter les délais, vous devez souvent pousser les gens à travailler, parce qu’ils ont tendance à penser que les délais peuvent être reculés.

En général, les Malawiens sont productifs et travaillent dur, mais il existe un problème croissant d’absentéisme en milieu de travail, principalement à cause de la pandémie du SIDA qui a pour résultat que les gens doivent assister à des funérailles aujourd’hui beaucoup plus fréquentes. À cause de la notion de famille élargie propre à la culture malawienne, les employés se voient contraints d’assister aux funérailles de parents proches et éloignés, ainsi que de parents de leurs amis. Il s’agit là d’une attente d’ordre culturel. De plus, les funérailles sont relativement élaborées et les employés peuvent par conséquent devoir s’absenter pour un après-midi, ou même pendant deux jours ou plus, par exemple, si l’enterrement d’un parent proche a lieu dans un village situé à des centaines de kilomètres du lieu de travail. C’est le problème que le secteur des affaires malawien doit confronter, et il n’y a pas de solution facile en vue, étant donné que la culture exerce une grande influence sur le mode de vie au Malawi, même dans les centres urbains.

Point de vue canadien :

Au travail, les Malawiens s’habillent bien mais ont de nos jours plus tendance à porter des vêtements décontractés. Les Malawiens qui assistent à un atelier de formation porteront le premier jour l’habit et la cravate, le deuxième jour l’habit sans la cravate et, le troisième jour, ils auront une tenue vestimentaire décontractée. Il est toujours plus sûr de vous adresser aux personnes plus âgées que vous en disant Monsieur ou Madame, et plus particulièrement en public ou dans le milieu de travail. Au travail, les Malawiens sont en général assez ponctuels, mais ils s’absenteront durant la journée pour remplir d’autres obligations. Les Malawiens ont tendance à avoir plusieurs sources de revenus en même temps et ces sources sont aussi importantes que leur travail et ont parfois même préséance sur le fait de compléter le travail en question.

Vous devez également vous préparer à l’économie politique complexe des « ateliers » qui peuvent prendre la forme d’une séance de formation de trois à quatre heures, d’un atelier consacré à l’élaboration d’une politique, d’une activité interne de planification stratégique ou simplement d’un entretien officiel avec des leaders communautaires d’un village. Dans un tel cas, les employés malawiens exigeront une allocation journalière ou autre type de rémunération. Il s’agit essentiellement d’un revenu d’appoint et d’une façon pour les gestionnaires d’acheter la collaboration de leurs employés et, ainsi, de maintenir leur pouvoir dans le milieu de travail. Les Canadiens peuvent considérer la culture des ateliers très frustrante parce qu’elle influe beaucoup sur la productivité et sur l’absentéisme. De plus, les employés font beaucoup de choses au travail qui ne sont pas reliées à leurs fonctions, dont s’occuper de parents, administrer une petite entreprise personnelle, exploiter une petite entreprise agricole, aller à la banque, aller au garage, assister à des funérailles, chercher un autre emploi, etc. Ne vous attendez pas à ce que les délais soient respectés comme au Canada.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

La scolarité est la qualité la plus recherchée chez un gestionnaire ou superviseur local. Un comportement sociable est aussi d’une grande importance et son absence pourrait estomper tous les atouts que pourrait procurer une solide formation. Cela s’applique aussi aux gestionnaires expatriés. De fait, il est même plus important pour un étranger d’afficher ouvertement les diplômes qu’il détient pour ne pas prêter le flanc aux jalousies présumant qu’il a été favorisé par rapport à un employé local plus qualifié. Lorsque les employés commencent à s’ouvrir à vous, cela indique qu’ils peuvent vous faire confiance et que vous méritez le poste que vous occupez.

Point de vue canadien :

Les curriculum vitae des Malawiens, et même ceux des cadres supérieurs, mentionnent toujours en premier lieu le village d’origine ainsi que l’école primaire fréquentée, leur religion et le nombre d’enfants qu’ils ont. Les relations sont très importantes au Malawi. L’ancienneté est également très valorisée. L’innovation et l’initiative ne sont pas toujours récompensées à cause des attentes plus élevées que cela pourrait générer plus tard.

La responsabilisation n’est pas non plus un concept très à la mode au Malawi. J’ai l’impression que les expatriés sont souvent perçus comme un mal nécessaire. Ils abattent beaucoup de boulot et règlent les conflits internes sans trop s’immiscer dans les politiques locales. On entend régulièrement des collègues locaux dire qu’on ne peut pas toujours faire confiance aux Malawiens au travail, et ajouter qu’il est bon d’avoir un gestionnaire azungu (blanc ou visiteur) sur lequel on peut compter. Ce type d’attitude peut se révéler très frustrant. Vous remarquerez également que vos collègues vous diront une chose, se déclareront d’accord avec vous, puis feront le contraire de ce qu’ils ont dit. Ils agissent habituellement ainsi parce qu’ils ne veulent pas s’opposer à vous ni vous décevoir et parce que l’autre solution leur rapportera de meilleurs dividendes au point de vue social et politique.

On dit au Malawi quelque chose comme « S’il existe une chose dont on est certain concernant un azungu, c’est qu’il retournera éventuellement chez lui... ». Vous ne saurez jamais vraiment comment vos collègues vous perçoivent avant la petite fête qui sera organisée à l’occasion de votre départ. Si vous êtes appelé à revenir régulièrement au Malawi et si vous maintenez des relations avec vos amis malawiens, la dynamique changera et évoluera. Étant appelé à retourner au Malawi chaque année, mes relations se sont transformées en liens d’amitié et je me sens encore plus proche de ce pays étrange que je connais encore bien peu.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Certaines décisions en milieu de travail sont prises par les superviseurs et les gestionnaires et d’autres se prennent en comité. Les décisions stratégiques sont prises par le conseil d’administration de l’organisme. Dans la plupart des organismes, le style de gestion est de type descendant. Parfois, les superviseurs sollicitent les idées de leurs subordonnés sur des questions spécifiques. Cela, je dois l’avouer, n’est pas la norme. Il est acceptable de vous adresser à votre superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de l’information en retour, mais il est fortement découragé de le contourner, parce que les répercussions pourraient être très graves.

Point de vue canadien :

Au Malawi comme ailleurs dans le monde, on n’apprécie pas beaucoup les personnes qui sont portées à court-circuiter les autres. Vous pourriez vous retrouver devant un tel dilemme si vous avez beaucoup d’ambition ou si le processus vous frustre. Les décisions sont généralement prises par consensus autour de la table, ce qui n’empêche pas le gestionnaire de prendre la décision finale. La solution rationnelle, soit la solution qui répond le mieux aux besoins de l’organisation, peut ne pas primer sur ce qui sert le mieux les intérêts du gestionnaire ou de son cercle restreint de protégés. Les nouvelles idées cheminent lentement. L’analyse et les ressources requises pour faire l’analyse semblent souvent faire défaut. Je crois qu’il s’agit avant tout d’un trait culturel et que la culture d’analyse est bien différente de la nôtre. Les choses mettent beaucoup de temps à changer au Malawi.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité de sexes :
Les femmes sont généralement jugées inférieures aux hommes, et ce pratiquement dans tous les aspects de la vie. Cette attitude est vigoureusement combattue par des organismes de défense des droits de la femme.

Religion :
La religion est un aspect dominant de la vie malawienne et les gens qui déclarent ne pas appartenir à une religion sont considérés avec quelque consternation. Il en découle que même ceux et celles qui n’assistent pas régulièrement aux offices religieux se réclament d’une religion. La religion prédominante est le christianisme.

Classe sociale :
Le Malawi n’a pas de système de classe. Les gens se retrouvent généralement dans certaines classes officieuses selon leurs accomplissements, tels que la richesse ou la scolarité.

Groupe ethnique :
Les personnes sont très attachées à leurs origines ethniques et cela est parfois manifeste lors de l’examen de candidatures dans le but de remplir un poste vacant. Toutefois, divers groupes ethniques vivent côte à côte de façon très amicale.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
La situation des femmes laisse encore énormément à désirer. La violence conjugale est courante et largement passée sous silence. Les hommes ont tendance à ne pas faire grand-chose et s’attendent à ce que les femmes travaillent sans répit. Les hommes ont plus de temps libre et de loisirs. Quant aux femmes, elles ont un accès bien limité aux employs bien rémunérés. Elles sont particulièrement exposées au SIDA en raison de la coutume qui favorise leur mariage à des hommes plus âgés qu’elles. La question d’égalité des sexes et de sexisme en milieu de travail constitue une source constante de contrariétés et de frustrations.

Religion :
Beaucoup de Malawiens sont des Chrétiens récemment convertis alors que d’autres limitent leur pratique à l’assistance aux messes de leur église. Les syncrétisme existe tant en milieu rural qu’en milieu urbain.

Classe sociale :
Un sujet comme les autres... l’expression est rarement utilisée en dehors du milieu universitaire et de l’ancienne école de pensée de l’économie politique marxiste. Même les quelques membres de l’élite du pays ne sont encore qu’à une seule génération de leur village et je n’exagère pas. La classe sociale représente toutefois un point d’intérêt pour les expatriés blancs qui sont depuis trois générations des propriétaires terriens.

Origine ethnique :
Un sujet qui revêt encore beaucoup d’importance au Malawi. La tribu et le lieu d’origine revêtent en effet beaucoup d’importance. En milieu de travail, les alliances se forgent en fonction de l’appartenance ethnique et celles-ci font même l’objet de plaisanteries. Par exemple, on pourrait fort bien dire que « les Ngoni sont des guerriers », laissant sous-entendre que tous les autres sont passifs en comparaison aux Ngoni.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est important d’établir une relation personnelle, parce qu’elle permet de gagner la confiance de vos interlocuteurs. Il est aussi essentiel de manifester de l’intérêt à leur égard, en dehors du milieu de travail. L’un des moyens qui s’offrent est de poser des questions pour en savoir un peu plus sur la famille de votre interlocuteur, son village natal ou l’église qu’il fréquente. Un tel intérêt à l’égard de sujets d’ordre personnel aidera à resserrer les relations avec vos interlocuteurs. Vous devrez, naturellement, éviter de vous montrer indiscret et vous gagnerez à vous ouvrir à eux en fournissant en retour des renseignements personnels vous concernant.

Point de vue canadien :

Ces facteurs de motivation sont bien sûr importants, mais les Malawiens sont aussi bien conscients que les azungus ont leur façon bien à eux de faire les choses. Je n’ai aucun doute que chaque azungu a été la cible de plaisanteries de la part de ses collègues malawiens. Il faut du temps pour entrer en relation avec les Malawiens. Vous devrez investir dans vos relations en prenant chaque matin le temps de passer voir vos collègues pour les saluer et discuter un peu de l’actualité, etc. Pour briser la glace, je vous conseille également de déjeuner avec vos collègues malawiens et de manger du nsima (une bouillie de mais très populaire). La plupart des Malawiens ne s’attendent pas à socialiser avec vous à l’extérieur du bureau, essentiellement en raison des coûts que cela implique et des problèmes de transport. Ils ne s’attendent pas non plus à ce qu’un azungu les transportent dans son automobile.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Les collègues avec lesquels vous avez de bonnes relations personnelles pourraient essayer d’obtenir des faveurs particulières. L’une des faveurs les plus communément demandées est l’emploi d’un parent proche. Les Malawiens essaieront souvent, en effet, d’aider leurs parents en raison du concept de famille étendue.

Point de vue canadien :

Le népotisme est monnaie courante. Il est normal en effet d’embaucher des amis, que ce soit pour un emploi à temps plein ou pour des contrats ponctuels. Vous pouvez ignorer pendant longtemps ou apprendre d’une façon bien fortuite qu’il existe un lien de parenté entre un de vos employés et une recrue. Vous ne devez pas non plus être surpris d’apprendre qu’un collègue de travail ou une personne dont vous venez tout juste de faire la connaissance (et même un cadre supérieur ayant un bon statut au sein de l’organisation) vous demande de lui prêter une somme importante ou de faire les démarches pour faciliter son immigration au Canada. De telles demandes sont bien courantes. Il y a eu des cas où d’expatriés qui ont parrainé une famille ou pris à leur charge les frais de scolarité et d’uniforme d’un étudiant, mais tout doit se faire d’une façon bien discrète.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Lorsqu’un collègue vous pose un problème, n’hésitez pas à le confronter en privé et essayez de résoudre le différend. Dans le cas contraire, pour déterminer si un collègue a un grief à votre égard, vous devrez vous montrer très vigilant et scruter le comportement de vos collègues pour déterminer s’ils ont des griefs à votre égard. Les Malawiens ont tendance à éviter les confrontations.

Point de vue canadien :

Il vaut beaucoup mieux confronter le collègue en question en privé. Une tierce partie peut en dernier recours servir d’arbitre si la situation se dégrade, mais mieux vaut tenter de régler le différend d’une façon directe et pacifique directement avec le collègue en cause. Il vous sera difficile d’arriver à faire parler ouvertement vos collègues de travail qui ont quelque chose à vous reprocher. Faites attention à ce qui se dit et se fait dans l’environnement de travail – questionnez vos chauffeurs, ils sont habituellement au courant de tout.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

La rémunération est un incitatif à bien faire son travail parce que les salaires sont encore très bas. D’autres avantages tels que les soins médicaux et le logement sont aussi de très grands facteurs de motivation.

Point de vue canadien :

Tout dépend – une combinaison de différents facteurs tels que la satisfaction professionnelle, le dévouement, l’argent, la loyauté, les bonnes conditions de travail, et la crainte de l’échec, ou aucun de ces facteurs. De toute évidence de bonnes conditions de travail et des bénéfices, dont l’accès à des véhicules et le revenu d’appoint des ateliers sont également importants. Les attentes des employés sont très grandes et les grèves ou arrêts de travail sont courants lorsque les attentes des employés ne sont pas comblées. Les employés accusent souvent leurs employeurs de « profiter » d’eux, ce qui est parfois le cas.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Voire la réponse qui suit.

Point de vue canadien :

Quelques sites Internet intéressants : http://www.afrik.com/porte/naviporte/malawi.htm; http://www.africa-onweb.com/africa0001.htm; http://fr.allafrica.com/malawi/

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

À lire : Revue Moni et quotidiens. Voir aussi la Librairie centrale (à Blantyre) et Times (à Blantyre & à Lilongwe) et les Éditions Dzuka.

Émissions de télévision : Émission Zakwathu à TV Malawi

Lieux à visiter : Je recommande le Musée du Malawi (à Chichiri et à Blantyre), le Lac Malawi et les parcs naturels. Demandez à un collègue malawien de vous faire visiter un village.

Spécialités culinaires : Nsima (farine de maïs) servie avec un condiment. Il s’agit d’un aliment de base. Légumes-feuilles verts avec farine d’arachides (nkhwani), nzimbe (sucre de canne), goyaves et papayes.

Assistez à des représentations culturelles locales telles que celles offertes par la Troupe culturelle Kwacha, ainsi qu’aux pièces de théâtre du Centre culturel français (à Blantyre). Allez voir des parties de soccer au stade Civo (de Lilongwe), MDC et Chichiri (de Blantyre). Le Centre culturel français dispose de quelques informations utiles sur le Malawi. Visitez aussi l’auberge Ku Chawe sur le plateau Zomba et essayez quelques spécialités culinaires malawiennes. Assistez à un mariage et à un service funèbre.

Point de vue canadien :

On trouve au niveau local de nombreux poètes et romanciers qui font imprimer leurs écrits sur les presses de leurs églises. Vous devriez lire chaque jour les deux grands quotidiens. À ce que je sache, il n’existe pas une tradition cinématographique malawienne. La télévision est quelque chose de nouveau au Malawi et les publicités sont assez drôles. Dans les grands centres urbains, on trouve quelques restaurants qui répondent aux goûts des expatriés, mais en milieu rural, les azungus doivent se contenter de poulet et de frites. Les mets locaux sont facilement disponibles. Vous remarquerez également que la qualité du nsima varie beaucoup.

Il faut absolument assister aux matchs de football à Chichiri. Mua Mission constitue une bonne destination depuis Lilongwe pour une expédition d’une journée. Pour voir des spectacles de danse, de chant ou des pièces de théâtre, vous devrez chercher fort pour trouver l’horaire des représentations, vous rendre au bon endroit et ce, aux bons moments de l’année (c.-à-d. le Gule Wamkulu). Ce n’est que lorsque vous aurez fait ample connaissance avec vos collègues de travail que vous pourrez vous hasarder à discuter avec eux des différences entre le nord et le sud–un sujet encore bien d’actualité.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

John Chilembwe (au début des années 1900) est un héros national. Il a été le premier malawien à confronter le pouvoir colonial et à réclamer l’autonomie du Malawi. Hastings Kamuzu Banda (fin des années 1950 à la fin des années 1990) s’est battu pour l’indépendance du Malawi (appelé Nyassaland à l’ère coloniale) et est devenu le premier président du Malawi à son indépendance. Certains Malawiens pourraient le voir sous un jour différent. Sur la scène des sports, Kinna Phiri et Barnett Gondwe (1970 à 1980) sont, sans conteste, les plus grands héros sportifs du Malawi. Ils ont aidé le pays à gagner la Coupe du Challenge de football d’Afrique orientale et centrale en 1978. Le Malawi a battu la Zambie par 3 buts à 2.

Point de vue canadien :

Banda est devenu un personnage mythique. Malgré toutes les critiques formulées à son endroit, les Malawiens l’aiment encore ou, à tout le moins, le respectent. Vera Chirwa a poursuivi sa lutte en faveur de la démocratie et des libertés civiles, même après l’assassinat de son mari. Chilembwe, un personnage intéressant qui a dirigé une révolte dans les années trente. Les politiciens contemporains sont tenus en haute estime par leurs partisans, mais honnis par les partisans de l’opposition. Les joueurs de football et les musiciens jouissent d’une bonne renommée. Peter Mponda joue dans une équipe d’Ottawa; Mtawali dans l’équipe RSA d’Afrique du Sud; Lucious Banda, un parolier bien connu pour son franc parler, fait partie d’un groupe musical de première catégorie. Les Malawiens aiment encore Bob Marley. Si vous êtes blond et portez la moustache, ne vous étonnez pas de voir des enfants vous appeler « Chuck Norris » tout en prenant leur position de karaté préférée.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Le Canada et le Malawi ne partagent pas d’événement historique.

Point de vue canadien :

Non, pas vraiment. Les Canadiens sont présents au pays depuis un certain temps. On y trouve un assez grand nombre de coopérants enseignants, de techniciens en transport ferroviaire. Des scientifiques étudient les poissons depuis quelque temps à Salima et à Chipoka. Enfin, le père Boucher de la mission Mua est bien connu.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Malawiens n’ont pas de stéréotypes qui pourraient nuire aux relations avec des Canadiens. Beaucoup de Malawiens ne savent pas grand chose du Canada et n’ont aucune raison de manifester quelque animosité que ce soit à l’égard des Canadiens.

Point de vue canadien :

On entend dire parfois qu’il ne semble pas exister une culture malawienne distincte. Par contre, si l’on prend le temps de bien écouter et de bien observer les gens, on découvre le « vrai Malawien ». Les stéréotypes posent un danger en ce sens qu’ils sont de plus en plus issus de la frustration et du cynisme. La culture des ateliers et la tendance à chercher constamment à soutirer des avantages peuvent être la cause de frictions entre vous et vos collègues malawiens. Évitez de juger et pensez plutôt à ce que vous feriez dans les mêmes circonstances.

Personnellement, ayant travaillé comme coopérant à Blantyre pour un revenu mensuel de 300 $ CAN, j’ai moi aussi compté sur les ateliers pour ma subsistance. Vous aurez de la difficulté à établir et à maintenir de bonnes relations si vous êtes trop cynique ou si vous critiquez trop la façon dont les choses fonctionnent au Malawi et les raisons pour lesquelles elles fonctionnent ainsi. Il faut prendre en considération que tout prend des proportions extrêmes au Malawi. Vous devrez trouver votre zone de confort et prendre une bonne respiration à chaque fois que vous aurez à en sortir, tout en gardant à l’esprit où vous êtes et en tenant compte de votre perception limitée. Vous commettrez des erreurs, vous ferez des jugements prématurés ou on profitera de vous... il n’existe pas de formules magiques. Soyez conscient de la propension aux stéréotypes comme mécanisme d’adaptation. Ne laissez pas les stéréotypes influencer indûment ce que vous pensez et croyez vraiment.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né au Malawi, le quatrième d'une famille de six enfants. Après douze années passées au Zimbabwe, il est retourné au Malawi avec sa famille à l'âge de seize ans. En 1978, il a obtenu un diplôme en administration de l'Université du Malawi, puis un baccalauréat en commerce (Comptes) de la même université. Il a étudié ensuite pendant deux ans au Royaume-Uni et a acquis le titre de comptable de gestion agréé. En 1999, il a immigré au Canada. Il réside actuellement à Ottawa et occupe un emploi à plein temps de représentant de comptes, tout en travaillant à l'obtention d'une licence de CGL (comptable général licencié). Il est marié et n'a pas d'enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est né à Winnipeg. Il a passé cinq des douze premières années de sa vie à voyager dans la vaste région des prairies canadiennes ou dans des pays de l'est, de l'ouest et du sud du continent africain – dont le Malawi. Après avoir travaillé deux années au Malawi pour une petite ONG locale, votre interprète culturel a quitté le Malawi pour poursuivre ses études. Il est revenu plus tard au Malawi pour y effectuer une recherche sur le terrain. Aujourd'hui, votre interprète culturel est gestionnaire de l'unité de soutien du programme de CPAR (Canadian Physicians for Aid and Relief) où il assume également le rôle d'agent de programme local. Il vit actuellement à Toronto avec sa femme.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.