Nigéria

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Il est généralement assez facile et agréable de faire connaissance avec un Nigérien. Quant au pays, vous aurez l’impression de vous retrouver au beau milieu d’un drame ou d’un téléroman dans lequel tous les acteurs se plaindront de quelque chose ou de quelqu’un. Les Nigériens apprécient beaucoup qu’on s’intéresse à ce qu’ils disent. En raison des intérêts variés des nigériens, des sujets tels la religion, l’appartenance ethnique, la politique, l’économie et autres questions sociales détermineront le ton des discussions. Le plus souvent, les discussions sont très passionnées et intenses. Ne vous surprenez pas de voir une personne s’initier dans vos discussions afin de faire valoir son point de vue. En raison de la nature pluraliste des différents intervenants, il est préférable d’adopter une position neutre ou agir en modérateur dans de telles situations – de cette façon, on ne pourra vous accuser de prendre position pour l’un ou l’autre des groupes d’intérêt.

Les Nigériens, qui ont la conviction que leur gouvernement les a laissé tomber, apprécieront qu’un étranger s’intéresse aux membres de leur famille en s’informant d’eux.

Le Nigéria est un pays très riche de par sa culture et ses traditions, même si les valeurs occidentales se sont implantées, et plus particulièrement chez les jeunes. Certains Nigériens n’apprécient pas les blagues à caractère sexuel ou immoral. En conséquences des nombreuses années de mauvaise administration militaire et de temps difficiles, beaucoup de Nigériens se sont tournés vers les nouvelles religions, ce qui a donné lieu à une prolifération d’églises et de sectes religieuses dans la partie Sud du pays. Ceci influe sur la façon dont pensent les Nigériens ainsi que sur leurs sujets de discussion.

Point de vue canadien :

Les Nigériens sont en général extravertis et d’une nature assez sociable. Il est assez difficile de trouver un sujet de discussion tabou. De fait, même les problèmes du pays ne constituent pas un sujet tabou, car les Nigériens ne cessent d’en discuter! La famille, le travail et le lieu d’origine constituent néanmoins de bons sujets pour engager une discussion. Si vous parlez d’un de vos frères et soeurs, prenez soin de préciser s’ils sont plus jeunes ou plus âgés que vous. Les Canadiens et les Nigériens ont un sens de l’humour comparable, y compris les commentaires ironiques et le langage à double sens. Néanmoins, il est indiscret de s’informer de la nature d’une maladie affectant un des membres de la famille de votre interlocuteur, à moins d’être assez intime avec ce dernier.

Les Nigériens apprécieront que vous essayiez d’apprendre leur langue locale, ne serait-ce que les formules de salutation. Ils seront flattés que vous fassiez un effort pour respecter leur culture unique qui a résisté au temps. Nombre d’expatriés maintiennent des liens d’amitié avec leurs collègues nigériens de nombreuses années après leur départ.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Même si la composition ethnie-religieuse et politique du Nigéria influence, dans une assez grande mesure, la façon dont les Nigériens communiquent lors des rassemblements informels, officiellement, on s’attend (pour les fonctionnaires et les gens d’affaires par exemple) que les gens communiquent comme le font leurs homologues des pays occidentaux. Dépendamment du niveau de connaissance ou d’intimité que vous avez avec votre interlocuteur, la distance à respecter lorsque vous parlez à un Nigérien est d’environ un bras.

De par leur culture, les Nigériens n’ont pas tendance à regarder leur supérieur droit dans les yeux, un comportement inverse serait considéré conflictuel et mal élevé. Cette tendance est également appliquée dans d’autres milieux. Certaines personnes se sentent mal à l’aise d’être regardées droit dans les yeux, non qu’elles aient quelque chose à cacher, mais) en raison de leurs valeurs culturelles. On évitera donc de les mettre mal à l’aise en posant simplement le regard sur l’épaule ou sur le front de la personne à laquelle on s’adresse. Vous pouvez bien sûr regarder droit dans les yeux un ami ou une bonne connaissance ou, encore, utiliser le mode de communication avec lequel vous et votre interlocuteur êtes le plus à l’aise.

Le même principe s’applique quant à la façon dont il faut s’adresser à une personne. À moins d’instruction contraire, on s’adresse à ses supérieurs et à ses subalternes en disant Monsieur, Mademoiselle ou Madame [suivi du nom de famille]. Les amis peuvent s’appeler par le prénom. Surtout dans les rencontres officielles, les Nigériens apprécient qu’on utilise les titres et tout particulièrement ceux qui ont l’honneur de les porter. s. Vous remarquerez qu’on utilise fréquemment des titres tels que docteur, notaire, avocat, général, Colonel, sergent, chef, professeur, conférencier, ingénieur, etc. Les musulmans du Nord du pays qui ont visité la Mecque préfèrent que l’on s’adresse à eux en utilisant le titre Alhaji.

Le toucher et la gestuelle sont très courants lorsque les Nigériens se parlent et ne portent aucune connotation sexuelle. Deux personnes qui se parlent pourront se toucher s’ils se connaissent bien, mais les gestes utilisés varieront selon l’origine ethnique. Les Nigériens ont tendance à utiliser dans les cercles de communication officiels les gestes appris dans leur milieu d’origine.

La même règle s’applique pour l’intonation, qui est influencée par les dialectes locaux. Le ton de voix et les expressions faciales constituent des éléments importants de la communication pour les Nigériens. Une voix forte et perçante suscitera une réaction d’hostilité tandis qu’une expression faciale démontrant de l’indifférence sera associée à une personne désobligeante ou faisant acte d’un désintérêt total. Les Nigériens s’attendent à percevoir de l’empathie dans les expressions faciales de leurs interlocuteurs, mais il faut se méfier des personnes qui pourraient chercher à abuser de votre sollicitude.

Point de vue canadien :

Les Nigériens de la partie Sud du pays sont à l’aise avec une distance d’une cinquantaine de centimètres, ce qui est beaucoup moins que l’espace que nous maintenons au Canada. Dans la partie Nord du pays, la distance à maintenir avec votre interlocuteur est plus grande. Parmi les Yoruba, dans la partie Sud-Est du pays, il ne faut pas, par mesure de respect, regarder directement dans les yeux un interlocuteur plus âgé ou d’un rang social supérieur. Pour ce faire, les gens ont tendance à se ternir à angle droit avec leur interlocuteur.

Dans le Sud du pays, il est acceptable de placer la main sur l’épaule ou sur le bras de son interlocuteur pour exprimer sa sincérité, son hilarité, etc. dans la mesure ou les deux interlocuteurs sont du même sexe. Les Nigériens ont l’habitude de côtoyer des inconnus et littéralement de leur frotter l’épaule. Les Canadiens expatriés seront certainement surpris de constater qu’il est courant de faire monter différents clients dans un même taxi, soit trois sur la banquette arrière et deux sur la banquette avant. Les chauffeurs de mini fourgonnettes, eux, feront asseoir quatre clients par banquette.

Les hommes nigériens ont l’habitude de se donner une poignée de mains, mais c’est la personne la plus âgée qui doit prendre l’initiative en tendant la main. Hommes et femmes se donnent rarement la main et les femmes prennent rarement l’initiative. Dans la partie Nord du Nigéria, les hommes communiquent avec les femmes en s’adressant à leur mari qui fait alors fonction d’intermédiaire. Il ne faut pas pointer vers une personne une main avec les doigts repliés sur le pouce et l’ouvrir en révélant la paume. Si vous le faites, votre interlocuteur pourrait comprendre que vous le traiter de « enfant de la cinquième femme » – une grave insulte, surtout pour les Musulmans! Vous devez également vous abstenir de prendre avec votre main gauche de l’argent et des aliments (au magasin et à la table).

Les Nigériens du Sud du pays se parlent d’une façon franche et directe et leur ton de voix est d’environ 30 % plus élevé que celui des Canadiens. Par contre, les Nigériens du Nord ont, comparativement à ceux du Sud, un ton de voix plus bas. Dans la rue, les Nigériens ont tendance à siffler pour attirer l’attention d’une personne ou encore à faire le bruit d’un bec avec leurs lèvres, mais il ne faut surtout pas s’en offusquer comme on le ferait probablement au Canada.

Vous remarquerez que les Nigériens sont généralement très patients quant aux éventuelles gaffes liées à l’étiquette gaffes des étrangers.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les manifestations publiques d’affection, telles que faire la bise ou prendre des positions à connotation sexuelle, sont généralement désapprouvées par les Nigériens qui ont de fortes convictions religieuses, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Par contre, les manifestations d’affection d’une mère envers son enfant ou entre frères et soeurs sont acceptées. Les Nigériens sont libre d’exprimer leur colère (dans les limites de la légalité). Cette situation est courante parmi le chaos de Lagos où les gens n’ont aucune retenue à exprimer leur colère pour un désappointement ou une contrariété. Les manifestations d’émotions, telles que pleurs lors du décès d’un proche sont courantes tout comme les manifestations de joie lors de célébrations d’événements heureux, tels que la naissance d’un enfant, une promotion, etc.

Point de vue canadien :

Les Nigériens du Sud du pays sont portés à lever le ton et à s’agiter émotionnellement beaucoup plus souvent que les Canadiens. Cette attitude peut stresser un étranger tout juste arrivé au pays. Mais elle sous-tend généralement que les parties sont passionnées par le sujet de discussion et s’attendent à ce que vous entriez vous aussi dans le débat avec autant de passion. Les Nigériens expriment aussi parfois leur colère de la même manière, mais interprétez le comme une « agression bien amicale ».

Les Nigériens du Sud n’hésitent généralement pas à faire valoir leurs droits d’une façon très énergique. Ils expriment leur mécontentement ou leurs frustrations avec beaucoup plus de spontanéité que ne le font les Canadiens. Les automobilistes jouent aussi beaucoup plus souvent du klaxon que ne le font les Canadiens. Les Nigériens en général sont peu timides et cachent difficilement leurs sentiments. Les Canadiens apprécieront probablement l’absence d’ambiguïté ou d’incertitude dans leurs relations. Les Nigériens sont moins portés à exprimer publiquement d’autres émotions telles le chagrin, la honte ou l’amour. On voit rarement des couples d’amoureux s’embrasser en public comme le font les Canadiens. Par contre, les bons amis du même sexe se promènent dans la rue main dans la main ou bras sous bras. On voit aussi des étudiants qui n’hésitent pas à s’asseoir sur les cuisses d’un autre pour partager un siège dans un taxi ou une mini fourgonnette déjà remplie à craquer. Sauf de très rares exceptions, on ne voit pas de gays ni de lesbiennes démontrer publiquement leur orientation sexuelle.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Il importe de bien saisir l’attitude des Nigériens face au travail. L’attitudes au travail des Nigériens est assez décontractée. Pour aller travailler, les Nigériens portent des vêtements propres, modestes, assez chics ou conventionnels, selon l’entreprise et l’emploi occupé. Certains employés préfèrent porter leur costume traditionnel africain pour aller travailler tandis que d’autres préfèrent se vêtir à l’occidental.

Dans les situations d’affaires ou officielles, les Nigériens portent attention aux nuances de la langue. Ils utilisent également un niveau de langue plus familier, tout dépendant de la situation et des personnes avec lesquelles ils se trouvent.

Officiellement, la ponctualité est très importante, mais il faut s’attendre à composer avec certains problèmes techniques, notamment au niveau des infrastructures et du transport en commun pour ne nommer que ceux-là.

Point de vue canadien :

En général, les Nigériens et les Nigériennes s’habillent bien pour aller travailler. Il est mal vu de porter des vêtements non repassés dans les régions dotés de l’électricité.. Ainsi, vous devriez éviter de porter des vêtements défraîchis, sales ou, encore, qui sont trop révélateurs pour ne pas envoyer des signaux trompeurs. L’apparence physique est la première indication du statut social d’une personne. Même en entreprise, les travailleurs et les travailleuses nigériens jeunes et vieux portent le « costume traditionnel » (des robes amples coupées dans du tissu de couleur vive ou de dentelle) en alternance avec des vêtements de style occidental. Par contre, les professionnels nigériens tendent à porter des vêtements de style occidental.

Salutations – la conversation sociable est de rigueur dans les communications afin d’établir un climat de confiance et créer de bons rapports – et ce, au niveau des interventions de base et plus particulièrement avec les pairs et les supérieurs. Prenez régulièrement des nouvelles de leur femme et de leurs enfants, si vous avez déjà eu l’occasion de les rencontrer. Il ne faut pas commencer une rencontre avec une demande directe. La plupart des groupes du Nigéria a hérité un ordre social assez paternaliste et hiérarchisé (à l’exception du groupe Igbo dans la partie Sud- est du pays), quoique tous soient encouragés à exploiter pleinement leurs capacités personnelles. Les hommes inclinent la tête devant les aînés tandis que les femmes font une révérence aux hommes et à la fois aux aînés, et plus particulièrement lorsqu’on leur remet de l’argent, des aliments ou, encore, lorsqu’un travail est terminé. Ce système patrimonial et collectiviste cède graduellement la place à un système plus égalitaire, individualiste semblable à ceux des pays occidentaux, mais il toujours préférable d’adopter une attitude conservatrice pour les premières rencontres.

Les Nigériens ont une attitude face au travail assez différente de la nôtre en ce sens qu’ils ne font pas la distinction marquée que nous faisons entre les périodes de travail et les périodes de répit. Au Nigéria, la famille, le niveau social et la rémunération sont si étroitement imbriqués que le Canadien ou la Canadienne aura besoin d’une bonne période d’acclimatation. Dans la période la plus chaude de la journée, à moins que le superviseur ait assigné un travail spécifique à faire, on verra des employés nigériens se reposer avec la tête posée sur leur bureau (ce qui ne les empêche pas d’entendre la voix du patron) tandis que d’autres parlent et plaisantent des heures durant avec d’autres collègues. Quant aux employées qui ont des enfants, certaines porteront leur bébé sur leur dos durant leur journée de travail. En contre partie, à la demande du superviseur les Nigériens feront à l’occasion des heures de travail supplémentaire sans rémunération supplémentaire.

L’attitude face au temps est également très différente de celle des Canadiens. Très peu de Nigériens sont ponctuels et regardent la montre comme nous le faisons, en partie en raison du caractère imprévisible de l’infrastructure et des communications : les retards sont souvent attribuables à des problèmes de mécanique, à des pannes d’essence, à des accidents de la route, à des barrages policiers et à des embouteillages. Il n’est pas rare non plus que les communications soient interrompues par suite d’une pannée électrique, d’une grève des fonctionnaires, d’émeutes, etc., quoique la venue des téléphones cellulaires ait contribué à atténuer le problème.

Le temps est considéré comme un élément parmi d’autres, représentant plus souvent une forme d’obéissance qu’un moyen de devancer la concurrence. Les rendez-vous sont rarement programmés à l’avance et on peut devoir attendre une heure et plus pour rencontrer une personne importante. Votre rencontre sera aussi interrompue fréquemment, lorsqu’une personne de votre rang social ou d’un rang supérieur surgira soudainement dans la pièce. Les Canadiens ne doivent pas s’attendre aux mêmes standards de ponctualité, d’efficience et de services orientés vers le client qu’ils connaissent au Canada. La réponse à « quand ? », sera le plus souvent « bientôt », ce qui représente généralement un délai de cinq à dix fois plus long qu’au Canada.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les Nigériens s’attendent à ce que leur superviseur local démontre un bon leadership, qu’il soit relativement instruit, qu’il ait une bonne expérience du travail, qu’il travaille fort, qu’il soit facile d’accès et humain. Ils s’attendent à ce que leurs superviseurs étrangers aient les mêmes qualités que leurs homologues locaux. Le comportement de vos employés vous donnera une bonne idée de la perception que vos employés ont de vous. Essayez de voir si votre présence les intimide, s’ils sont capables de vous parler ouvertement et s’ils sont portés à argumenter.

Point de vue canadien :

Les employés nigériens apprécient les qualités de leadership que le gestionnaire soit nigérien ou étranger. Le superviseur est investi d’une responsabilité paternelle (ou maternelle) vis-à-vis ses employés, ce qui l’oblige à maintenir un bon réseau de contacts et à faire preuve de stratégie. L’échange d’information se fait rarement d’une façon systématique en ce sens que les Nigériens ne s’attendent pas à assister fréquemment à des réunions de bureau. Plus souvent qu’autrement, les superviseurs rencontrent individuellement leurs employés dans leurs bureaux. Les employés nigériens feront preuve d’une loyauté presque indéfectible lorsqu’ils s’estiment bien traités ou, autrement dit, lorsque l’employeur les paie régulièrement et respectent sa parole et ses obligations. Les gestionnaires étrangers auront avantage à s’associer un collègue ou un supérieur d’origine nigérienne dans la chaîne de commandement. Les pratiques nigériennes étant plus souvent particuliers et uniques pour ceux qui sont habitués à l’éthique de travail occidentale, les multinationales préfèrent conclure des ententes de licence avec des entreprises appartenant à des intérêts nigériens que d’exploiter elles-mêmes une filiale au Nigéria.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Dans le milieu de travail, les décisions sont généralement prises par le conseil d’administration ou par la haute direction. Les employés des niveaux subalternes peuvent suggérer des idées à la direction, en suivant les lignes de communication appropriées. De même, la direction communique sa rétroaction en suivant ces mêmes lignes. Il n’y a aucun problème à poser des questions à son superviseur immédiat ou à lui demander sa rétroaction.

Point de vue canadien :

Les employés laissent à leur superviseur l’ensemble des prises de décisions. Cela étant dit, dans les limites du contrôle qui leur est accordé, l’esprit d’initiative et d’innovation des employés nigériens est encouragé et même récompensé.

Les superviseurs immédiats sont portés à traiter d’une façon assez hautaine les employés qui demandent de l’aide. On s’attend à ce que les employés aient les compétences nécessaires pour effectuer leur travail avec un minimum de supervision.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : L’écart entre le rôle des hommes et celui des femmes s’atténue graduellement; et de plus en plus de femmes occupent des postes de haute direction et des fonctions ministérielles. Les hommes ne semblent avoir aucun problème à accepter les femmes comme des partenaires égales, ce qui contraste beaucoup avec la mentalité machiste du passé. Culturellement, les Nigériens s’attendent à ce que les femmes continuent à conjuguer les rôles de mère, de femme et de soeur avec la nature maternelle et la disponibilité qui y sont associées. Cette situation est plus marquée dans la partie Nord du pays où la population est essentiellement musulmane, où les croyances religieuses pourraient limiter les responsabilités publiques des femmes.

Religion : La constitution du Nigéria permet la liberté de croyance et de pratique religieuses, et les Nigériens s’attendent à ce que leurs croyances religieuses soient respectées. Dans la partie Nord du pays où est appliquée sévèrement la Sharia (la loi islamique), il est indiqué de porter des vêtements modestes et de tempérer votre langage.

Classe : Les Nigériens accordent en règle générale assez d’importance aux classes sociales, ce qui explique leur enthousiasme pour les titres et leur utilisation. Ils en retirent un sentiment de respect et de supériorité par rapport aux autres. Certains Nigériens vont même jusqu’à acheter des diplômes et des titres honorifiques dans le simple but de paraître important et érudit. Certaines personnes insisteront pour que l’on s’adresse à elles en utilisant tous leurs préfixes et titres comme, par exemple, docteur, ingénieur, ambassadeur, général, chef, Alhaji Mohumamed Baker. Diplômé d’un baccalauréat/d’une maîtrise/d’un doctorat en sciences ou docteur en sciences etc.

Origine ethnique : Le népotisme et le favoritisme posent un problème majeur au Nigéria. Les personnes de même milieu ethnique, classe, associations, clubs, confession religieuse ou diplômées de la même institutions d’enseignement sont portés à se réserver entre eux des traitements de faveur au détriment des personnes appartenant à d’autres cercles. Même si la loi du pays condamne ces pratiques, elles sont quand même pratiquées. Ces pratiques ne contribuent pas non plus à améliorer le milieu de travail, mais ont plutôt donné lieu à de graves problèmes de communication et favorisé des sentiments d’animosité, de jalousie, de persécution, et d’injustice.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Dans les relations de pouvoir, la société nigérienne est essentiellement centrée sur l’homme, et plus particulièrement dans la partie Nord du pays. En 2000, les femmes nigériennes n’occupaient que seulement 3 pour cent des postes de la fonction politique fédérale. Les femmes non mariées et les veuves ont droit à moins de respect que les femmes mariées. Le code pénal du Nigéria tolère la violence faite aux femmes, dans la mesure où cette violence ne cause pas de blessures graves comme, par exemple, la perte d’un oeil. Toutefois, on observe actuellement des signes positifs de transformation sociale: dans la partie Sud du pays, les femmes exercent un contrôle considérable sur les marchés. L’incidence de l’excision et de la polygamie y est en baisse alors que les attitudes des hommes se libéralisent peu à peu.

Religion : Près de 90 pour cent de la population nigérienne est de confession catholique ou musulmane, avec quelques groupes religieux animistes (par ex. sacrifices rituels, amulettes protégeant contre les balles de fusil, prophéties, sculptures à l’effigie de divinités). À la différence de la tendance séculaire au Canada, les Nigériens sont de fervents pratiquants et assistent assidûment aux offices religieux de leur église ou de leur mosquée. La pratique religieuse constitue généralement le principal élément d’association à l’extérieur du cercle familial.

Classe : Pendant la majeure partie du vingtième siècle, les sociétés nigériennes du Sud du pays ont connu une mobilité sociale relativement fluide. En effet, Mashood Abiola, le grand vainqueur des élections présidentielles de 1993 qui ont été ultérieurement annulées, est adulé par ses partisans du Yoruba parce qu’il a réussi à amasser une fortune colossale alors qu’il venait d’un milieu pauvre. Dans le Nord du Nigéria, la hiérarchie des classes sociales est beaucoup plus rigide, étant essentiellement assujettie aux contraintes des traditions islamiques.

Des études récentes sur la distribution des revenus confirment l’émergence au cours des deux dernières décennies d’une classe moyenne qui se dissocie de plus en plus de la majorité pauvre.

Origine ethnique : La plupart des universitaires nigériens et étrangers considèrent que le modèle nigérien de facto de société civile repose sur l’appartenance ethnique, étant donné le degré élevé d’incertitude politique et économique du pays. Théoriquement, les réseaux patrimoniaux verticaux font en sorte que les membres les plus pauvres d’une lignée parentale peuvent obtenir un bénéfice monétaire, ne serait-ce que sommaire, d’un vote en faveur de leur candidat préféré à un poste politique.

Les petites entreprises appartenant à des intérêts nigériens et les organisations sans but lucratif sont ordinairement homogènes d’un point de vue ethnique et confessionnel, alors que les grandes entreprises et les grandes institutions, et plus particulièrement celles installées dans les grands centres urbains, ont tendance à intégrer des membres des quatre dimensions sociales.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Aucune règle interdit comme tel l’établissement de relations personnelles avec un collègue ou un client en prélude aux discussions d’affaires. Ces relations sont alors dites de relations publiques, afin d’établir un climat de confiance et de familiarisation. Ces relations peuvent prendre forme dans le cours d’activités sportives telles qu’une partie de golf ou, encore, un bon repas.

Point de vue canadien :

L’établissement de relations, basé sur un rapport de confiance et un soutien mutuel, constitue un pré-requis pour toute personne qui souhaite conduire des affaires avec succès au Nigéria (voir ma réponse à la question 1 de la rubrique « Lieu de travail »). À la différence du Canada où l’on fait confiance à l’impartialité des institutions de l’État et à l’indépendance du système judiciaire, au Nigéria, les relations de pouvoir et les allégeances sont largement tributaires des ententes personnelles. Ainsi, l’activité criminelle demeure souvent impunie grâce à la corruption.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Même si les amis, parents et membres d’un même groupe ethnique sont portés à s’accorder entre eux des faveurs, un traitement préférentiel, un emploi ou des promotions, il est important de savoir que la pratique du népotisme est interdite au Nigéria. Toutefois, il peut se produire des situations où vous aurez besoin de vous associer à une personne de confiance pour exécuter certaines fonctions (par ex. chauffeur personnel, cuisinier, comptable, etc.) et où vous devrez vous en remettre à la recommandation d’une personne en qui vous avez confiance. Il y aura aussi des cas où les personnes s’attendront à une gratification pour faveurs ou services rendus.

Dans la culture nigérienne, il est de coutume d’envoyer des cadeaux aux anciens des villages que l’on visite. Malheureusement, cette coutume s’est implantée dans les cercles commerciaux et officiels et chaque représentant nigérien s’attend désormais à recevoir une gratification à chaque visite ou à chaque contact d’affaires. Cette situation a pris de l’ampleur par suite de nombreuses années de mauvaise administration militaire, d’incurie économique et de pillage systématique des fonds publics par les dirigeants de l’État, causant des situations où les fonctionnaires n’ont pas reçu leurs salaires pendant de nombreux mois consécutifs. Nombre de ces fonctionnaires ont commencé à demander des pots de vin pour améliorer leur situation et d’autres ont entrepris d’arrondir leurs fins de mois en vendant des biens appartenant à leur employeur.

On rencontre souvent des barrages ou points de contrôle où les policiers demandent ouvertement des pots de vin aux automobilistes. Les fonctionnaires de l’immigration et des douanes postés aux différents points d’entrée du pays font souvent de même.

Point de vue canadien :

Oui, certainement, grâce au système de népotisme et de relations politiques qui régit la plupart des aspects de l’existence des Nigériens (voir mes réponses aux questions 1 et 5 de la rubrique « Lieu de travail »). Il s’agit d’une question assez délicate, étant donné que des organismes nigériens et des groupes d’aide étrangers, tels que la Banque mondiale, tentent d’implanter au Nigéria un système de valeur basé sur le modèle occidental axé sur l’impartialité et le mérite plutôt que sur le favoritisme.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Il est préférable de confronter d’une manière officielle, directe et privée la personne qui a quelque chose à vous reprocher. Les Nigériens étant en général portés à parler avec vigueur, mais n’étant pas aussi indirects que les Canadiens, il devient assez facile de percevoir un problème à votre égard. Toutefois, s’ils sont trop intimidés pour vous confronter directement, ils prendront leurs distances avec vous, ou encore, répandront des rumeurs auprès des autres collègues.

Point de vue canadien :

Oui, une confrontation directe, mais privée pourrait contribuer à régler le problème alors qu’une confrontation en public ne ferait que miner votre crédibilité et ruiner vos chances d’aboutir à une solution. Tel que je l’ai mentionné dans ma réponse à la question 3 de la rubrique «Première rencontre », les Nigériens ont tendance à exprimer leurs doléances bien ouvertement, sans aucune réserve.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les employés nigériens sont motivés par différents facteurs, dont la satisfaction au travail, de bonnes conditions de travail, la crainte de l’échec, le salaire et le prestige du travail.

Point de vue canadien :

L’argent, les promotions, le statut social, la protection contre l’imprévisibilité des environnements économique et politique ainsi que la reconnaissance du travail bien fait sont les principaux facteurs qui motivent les employés nigériens.

Les Canadiens qui se préparent à aller travailler au Nigéria doivent être conscients que les communautés pauvres de la partie Sud du pays sont devenues très conscientes de leurs droits économiques suite aux événements désastreux tels que la dégradation de l’environnement du Delta du Niger causée par des sociétés minières appartenant à des intérêts étrangers. Les sociétés doivent faire preuve de responsabilité sociale et mettre en place de programmes sociaux à l’intention des membres des communautés hôtes, à défaut de quoi les travailleurs et les citoyens pourraient se révolter, ce qui pourrait donner lieu à des représailles militaires et à de la publicité internationale négative, comme cela s’est fait il n’y a pas très longtemps.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Pour bien comprendre le Nigéria, je vous recommande de lire les livres suivants : Enahoro, Peter. How to be a true Nigerian et Chinua, Achebe. Le Monde s’effondre.

Les sites web suivants présentent de renseignements intéressants concernant le Nigéria : www.nigeriaworld.com; www.inecnigeria.com; et www.abujacity.com.

Presque tous les quotidiens sont publiés en anglais et certains de ceux qui ont une portée nationale sont également publiés sur l’internet. On trouvera ces derniers quotidiens aux adresses suivantes : http://www.ngrguardiannews.com, http://www.vanguardngr.com/, http://www.thisdayonline.com/ et http://www.mtrustonline.com/dailytrust/.

Point de vue canadien :

Le livre de Karl Maier This House Has Fallen: Nigeria In Crisis publié en 2001 donne un aperçu, assez juste du vent actuel de pessimisme concernant l’Afrique. Dans son livre Bearing Witness: Readers, Writers and the Novel in Nigeria (Princeton UP, 2000), Wendy Griswold présente une vue fascinante du paysage littéraire depuis l’accession du pays à l’indépendance. L’auteur traite également dans son ouvrage des blessures et des possibilités découlant de l’urbanisation et des grands bouleversements sociaux. Le roman de Wole Soyinka Les Interprètes, celui de Ben Okri La route de la faim et les écrits de Ken Saro-Wiwa révèlent avec compassion les difficultés que connaît le peuple nigérien. Mentionnons également les oeuvres d’expatriés de longue date dont J.L. Brandler’s Out of Nigeria: Witness to a Giant’s Toils (Spectrum, 1993). On peut trouver des évaluations assez justes des environnements politique, économique, réglementaire et de travail du Nigéria dans le Country Report, un rapport annuel de l’Economist Intelligence Unit ainsi que dans les rapports Country Commerce. Le taux d’alphabétisation de la population nigérienne adulte se situe à 74 % de la moyenne mondiale. Vous verrez régulièrement autour des kiosques de journaux des Nigériens qui s’amassent pour lire les grands titres des quotidiens. Procurez-vous un exemplaire du Ovation afin de prendre connaissance de la réplique du Nigéria au tabloïd Hello! qui présente des photos de la haute société britannique.

La communauté web Naijanet offre un excellent forum de discussion auquel participent essentiellement des expatriés et des Nigériens « occidentalisés ». Les archives de différents quotidiens nigériens sont également accessibles via Allafrica.com. Le Nigéria produit 150 longs métrages par année qui sont diffusés dans les cinémas puis offerts en location dans les centres vidéo. Il s’agit en grande partie de film de crime à suspense, d’histoires d’infidélités conjugales et de sujets traditionnels, mais certains cinéastes tels que Jide Kosoko et Adebayo Salami présentent des critiques sociales assez étoffées.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

D’un point de vue culturel, le Nigéria est un pays très diversifié. On y dénombre 263 dialectes et presque autant de tribus. Le pays comportant trois grandes régions ethniques : les Hausas du Nord, les Yurobas de l’Ouestet les Igbos de l’Est. Il est difficile de définir une culture générale.

Toutefois, les Nigériens de toutes provenances ont une passion, presque une religion, commune : le football (soccer). Essayez de regarder les parties avec eux. Outre les sports, on dénombre une soixantaine de chaînes de télévision, dont les deux plus importantes sont le Nigeria Television Authority (NTA) (réseau public) et le African Independent Television (AIT) (réseau privé). Tous les canaux ont un volet local et international très diversifié. Ils diffusent en anglais, la langue officielle du pays. On trouve également un nombre comparable de stations de radio FM, un petit nombre diffuse dans leur dialecte local.

Compte tenu de la diversification culturelle du pays, il est important de visiter les différentes régions du pays pour bien comprendre la mosaïque culturelle du Nigéria. On peut à cette fin participer aux diverses cérémonies et aux différents festivals organisés aux quatre coins du pays. Vous pouvez, par exemple, assister au festival Eyo à Lagos et au festival Igwe (New Yam) à Benin City, dans la partie Sud du pays. Le festival Durba, à Kano City et le festival de pêche Argungun à Kebbi, deux villes de la partie Nord du pays, sont également fort intéressants. Pour les Nigériens en général, tout événement est sujet à célébration et il est utile de s’y intéresser, que ce soit un baptême, un mariage, des funérailles, afin d’arriver à mieux découvrir la culture des gens des différentes régions géographiques du pays.

Vous trouverez aux adresses suivantes de l’information intéressante sur les festivals : http://www.motherlandnigeria.com/food.html#meals, http://odili.net/culture.html, http://www.motherlandnigeria.com/festivals.html, http://www.africa-ata.org/nigeria.htm.

Point de vue canadien :

Dès le début de leur séjour, les Canadiens devraient faire des efforts pour se faire inviter à des mariages, veillées mortuaires, cérémonies d’attribution de nom à un enfant ou de titre à un adulte, à des festivals religieux et laïcs. À l’instar des rassemblements religieux, de tels rassemblements constituent aussi un pivot de la vie communautaire nigérienne. Vous apprendrez également beaucoup sur la culture nigérienne en participant à ces activités. Par exemple, des personnes apparentées peuvent porter des vêtements traditionnels coupés dans le même tissu pour démontrer leur solidarité. Selon la coutume, les aliments et les boissons sont servis individuellement à chaque invité assis. Lorsqu’ils accueillent des invités chez eux, les expatriés devront prévoir une large quantité de portions de nourriture en réserve s’ils décident de servir un repas buffet.

L’alimentation de base de la plupart des Nigériens comprend des patates sucrées (yam), la cassave ou du millet cuit de différentes façons et servi en plats mijotés ou en soupes selon la région. Peu de Nigériens sont végétariens. Les Nigériens sont à la fois surpris et enchantés quand des étrangers s’arrêtent manger dans leurs petits restaurants typiques le long de la route alors qu’ils pourraient ne fréquenter que les restaurants de luxueux hôtels. Il s’agit d’un excellent moyen de rencontrer des gens de la place dan un contexte relaxé par opposition au rythme frénétique du travail et de la rue.

Suite à l’adoption de la Shari’a qui interdit la consommation d’alcool dans la majeure partie du Nord du pays, les Nigériens des grandes villes vivent chacun à leur façon leur vie nocturne. Les villes de Lagos (métropole du pays) et Abuja sont réputés pour leurs spectacles, leurs galeries d’art, etc. Dans les rues secondaires et dans les champs, les Nigériens pratiquent le football (soccer), dont la popularité est équivalente au hockey au Canada. Les Nigériens jouent aussi au «ayo» (un jeu semblable au jacquet) et au ping-pong. Dans les grandes villes, les clubs de polo, les terrains de tennis et les clubs de golf rappellent l’époque coloniale.

Vous trouverez de bons interprètes culturels dans votre cercle de collègues de travail, de membres de votre église ou de votre club social ayant déjà vécu à l’étranger ou ayant travaillé avec des étrangers. Les grandes villes ont des chapitres de ’Nigerwives’, des groupes de soutien pour les épouses de Nigériens qui sont d’origine étrangère et pour les femmes étrangères.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

La plupart des grands héros nationaux du Nigéria sont aujourd’hui disparus. Ils se sont distingués par leurs efforts déployés pour l’accession à l’indépendance et à la démocratie. Ils ont façonné le paysage politique et social du pays : Dr Nnamdi Azikiwe: Premier gouverneur général du Nigéria puis premier président du Nigéria; Chef Obafemi Awolowo: Premier leader de l’opposition et Premier ministre de la région occidentale du Nigéria; Chef Anthony Enahoro : qui a soumis au Parlement la motion d’accession du pays à l’indépendance; Sir Ahmadu Bello: le premier Premier ministre de la région Nord du Nigéria; Chef Moshood Abiola : Vainqueur des élections du 12 juin 1993; Ken Saro Wiwa : Activiste environnemental, politique et social; et Maj. général Shehu Yara dua; Activiste ayant milité en faveur de la démocratie.

On trouve aussi des héros nationaux contemporains qui ont une influence aux niveaux local, national, international sur la scène mondial : Prof. Wols Soyinka : Prix Nobel de littérature; Prof. Gabriel Oyo : Nominé à un prix Nobel de physique; Dr Philip Emeagwali : Inventeur également considéré comme l’un des pères de l’internet; Hakeem Olajuwon : Auparavant joueur des Houston Rockets et et distingué trois fois comme meilleur joueur de la NBA; Sade Adu : Musicienne de renommée internationale et gagnante de plusieurs Grammy; Sir Emeka Anyanku : Ancien secrétaire général du Commonwealth; Adebayo Ogunlesi : Personne de très grande influence sur la scène mondiale nommée dans le Time 2002 et un des cinq principaux banquiers de Wall Street; Prof. Rilwanu Lukman: Président de l’OPEC; Cardinal Francis Arinze : Fortement pressenti pour succéder au pape Jean-Paul II. Il deviendrait alors le premier pape de race noire de toute l’histoire de l’Église catholique romaine et Mme Okonjo Iweala : Vice- présidente de la Banque mondiale.

Ces personnes sont des sources d’inspiration pour les jeunes Nigériens du 21e siècle. Elles sont les figures de proue du Nigéria sur la scène mondiale.

Point de vue canadien :

Dans une large mesure, l’héroïsme est éphémère dans ce pays et dépend du soutien financier et de la protection assurée aux groupes parents. Les monuments que l’on peut apercevoir aux ronds- points sont souvent des représentations de chasseurs et de producteurs agricoles anonymes ou, encore, des personnages de la mythologie ou de l’histoire. Une poignée d’hommes d’État associés à une origine ethnique sont révérés, dont Obafemi Awolowo et Mashood Abiola parmi les Yoruba dans la partie Sud-Ouest du pays, Nnamdi Azikwe des Igbo de la partie Sud-Est du pays, et différents leaders musulmans du Nord. Les activistes populistes des droits de la personne, anti-paternalistes tels que Ken Saro-Wiwa et Gani Fawehinmi, et des écrivains de renommée internationale tels que Wole Soyinka et Ben Okri ne sont pas aussi populaires au Nigéria qu’à l’échelle internationale.

L’élection de 2003, qui s’est révélée plus calme et plus transparente que celles des années précédentes, pourrait être le prélude d’une nouvelle ère de politique ethnique. En effet, les deux états, du Nord et celui du Sud-Ouest, détiennent conjointement la balance du pouvoir, la gouverne du pays ayant été confiée au parti PDP avec un président des Yoruba et un vice- président des Hausa/Kanuri.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Historiquement, le Nigéria et le Canada ont beaucoup de points en commun : les deux pays sont d’anciennes colonies britanniques et sont régis par des constitutions fédérales. Les deux pays partagent également les mêmes points de vue sur la scène mondiale et sont membres du Commonwealth des Nations. Le Nigéria dans son entier reconnaît et apprécie le rôle joué par le Canada dans l’établissement de la démocratie alors que le pays se trouvait sous dictature militaire.

Point de vue canadien :

Le Canada et le Nigéria partagent de bonnes vibrations. Beaucoup de Nigériens instruits ont profité de l’enseignement des milliers de professeurs coopérants du CUSO et de l’Entraide universitaire mondiale du Canada présent au Nigéria entre les années 60 et 80. Plus récemment, le Canada s’est mérité la haute considération des Nigériens pour avoir incité les pays du Commonwealth à condamner les violations des droits de la personne par le régime militaire précédent. Même si les relations diplomatiques entre le Nigéria et le Canada étaient inexistantes avant le rétablissement de la démocratie en 1999, le Canada a importé du Nigéria durant cette période et importe encore aujourd’hui du pétrole brut pour 250 à 500 millions de dollars par an dans les coffres du pays.

Aucune société canadienne n’a été directement liée aux incidents causés par l’irresponsabilité des sociétés étrangères au Nigéria. De plus, le Canada a périodiquement radié des emprunts de développement qu’il avait consentis au Nigéria, créant ainsi un précédent dont s’est servi le gouvernement nigérien pour demander à ses autres pays créanciers de suivre l’exemple du Canada.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

À ma connaissance, les Nigériens n’entretiennent aucun stéréotype ou préjugé susceptible de miner les relations avec le Canada. De fait, les relations entre nos deux pays sont très cordiales.

Point de vue canadien :

Les Nigériens ont une réputation particulièrement négative dans le monde. Selon les statistiques des Nations Unies pour 1999, les Américains ont été victimes dans ce pays de 419 arnaques entraînant des pertes totalisant 100 millions de dollars, soit environ un pour cent de la valeur des recettes commerciales étrangères (UN, Nigeria Common Country Assessment, 2001:204). De récents rapports de la Banque mondiale font état d’un « niveau scandaleux de corruption qui compromet sérieusement le travail au Nigéria » (Aid and Reform in Africa, 2001:651), qualifiant le pays d’endroit... où il a toujours été très difficile de mettre en oeuvre des projets... 52 % des 20 projets mis en oeuvre dans le pays entre 1985 et 1992 ont été jugés insatisfaisants...» (Nigeria: Interim Strategy Update Report No. 23633-UNI, Feb, 2002:55). Certains analystes estiment que le crime organisé nigérien contrôle entre 35 et 40 % des importations clandestines d’héroïne en Amérique du Nord.

Le Nigéria, comme le reste de l’Afrique noire, est perçu comme un lieu de « désespoir perpétuel »... mais lorsqu’on y entend les rires des enfants qui se lancent en courant à votre rencontre et que l’on observe des adultes négocier avec une énergie débordante tout en se raclant la gorge, c’est tout un autre monde qui se révèle à vous.

Le Nigéria est mal représenté dans les grands médias du monde qui décrivent le pays comme une société excessivement violente. Cependant, les statistiques sur le nombre de décès liés aux conflits politiques, ethniques et religieux ne confirment pas cette image des plus négatives. De fait, durant les années 1990, le nombre de décès attribuables au conflit ayant cours au Nigéria, qui était d’environ 6 décès par million d’habitants par année, ne représentait que le cinquième de la moyenne mondial. Au cours des quatre dernières années, sous la direction d’un gouvernement civil ayant instauré la liberté d’expression, le nombre de décès violents au Nigéria par million d’habitants ne se situe plus qu’à 62 % de la moyenne mondiale de décès violents et au dixième de la moyenne pour tous les pays de l’Afrique sous saharienne. Néanmoins, un nombre important d’expatriés et de Nigériens ont été pris en otage par des gangs de jeunes et de citoyens mécontents dernièrement. Notons que ces incidents se sont produits exclusivement dans les régions pétrolières du delta du Niger et que les otages ont finalement été libérés sains et saufs après négociations.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel, le quatrième d'une famille de dix enfants, est né à Lagos, l'ancienne capitale du Nigéria. Il a vécu jusqu'à l'âge de dix ans à Lagos pour ensuite aller étudier à Irrua, dans l'État d'Edo, dans la partie Sud du pays. Il a par la suite déménagé à Abudu, dans le delta du Niger, pour y faire des études menant à un diplôme d'enseignant. Sa formation terminée, il a enseigné durant une année dans une ville appelée Uromi puis s'est installé à Benin City, la capitale de l'État de Bendel (devenue l'État d'Edo), pour poursuivre des études supérieures. De là, il est parti pour la Turquie puis, plus tard, pour le Royaume Uni. Il a immigré au Canada comme étudiant. Il est aujourd'hui citoyen canadien. Il a eu l'occasion de visiter différents pays dont Hong Kong, les États-Unis, les Pays-Bas, l'Irlande, le Ghana, le Togo, la République du Bénin, la Grèce et la Bulgarie. Il est membre de la famille royale d'Uromi, dans le Royaume d'Edo.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel, le cadet d'une famille de deux enfants, est né et a grandi à Windsor (Ontario). De 1975 à 1981, il a étudié la chimie, d'abord à l'université de Windsor puis à la Wayne State University des États-Unis. Son emploi l'a amené en 1982-1983 à faire un premier séjour à l'étranger, plus précisément au Nigéria où il a enseigné dans une école secondaire sous les auspices de CUSO, organisme canadien qui appuie des alliances pour la justice sociale dans le monde. Il est revenu au Canada pour poursuivre ses études en chimie, en bibliothéconomie et en sciences de l'information. Pendant presque dix ans, il a été à l'emploi d'universités canadiennes et du gouvernement fédéral. Depuis un an et demie, il travaille comme agent de recherche et de documentation dans un projet de partenariat entre CUSO et une Organisation non-gouvernementale oeuvrant au niveau des droits de la personne dans la ville de Ibadan, une grande ville du Sud-est du Nigéria.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.