Pakistan

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

C’est une bonne pratique d’entamer la conversation avec une introduction qui donne à la personne un rapide synopsis de vos antécédents. Les conversations sur l’endroit d’où vous venez et ce que vous faites constituent de bons lancements pour la conversation, cela devrait encourager les autres à répondre d’une manière similaire.

Dans le cadre de réunions officielles, la plupart des Pakistanais s’attendent à ce que les Canadiens abordent directement le sujet de la réunion. Au cours de ces réunions, il est important pour les Canadiens de transmettre avec passion les renseignements concernant leur expérience et le projet dans lequel ils sont impliqués. Exprimer vos intérêts personnels dans la réussite du projet peut créer une bonne impression qui devrait amener le soutien et la coopération de vos collègues pakistanais.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais ont tendance à être très personnels dans les conversations. Il est tout à fait normal pour eux de poser des questions sur les études et sur la famille lorsqu’ils rencontrent quelqu’un pour la première fois. Un Canadien trouverait étrange d’aborder des sujets « personnels » au cours d’une première rencontre.

Les Pakistanais ont tendance à trouver des connexions en mentionnant qu’ils connaissent quelqu’un qui a vécu ou travaillé à l’endroit dont vous parlez. Trouver un élément commun peut faciliter la conversation. Dès lors, il est conseillé d’indiquer d’où vous venez.

Les Pakistanais sont fiers de leur culture et de leur histoire et aiment parler de politique et de religion. Toutefois, il est recommandé d’éviter ces sujets, car un petit élément peut susciter la controverse. Limitez la conversation à des sujets dont vous parleriez au Canada. Par exemple, au Pakistan, le cricket est l’équivalent du hockey au Canada.

Les discussions conflictuelles au cours d’une première interaction sont rares et peuvent vous laisser dans une situation délicate. Vous constaterez que les Pakistanais sont généralement curieux à propos des expériences personnelles. Partagez les récits de voyage et les remarques positives sur le Pakistan. De manière générale, essayez de garder les conversations générales.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

Les Pakistanais aiment exprimer leur point de vue sincère, en particulier lorsque le thème abordé concerne des sujets comme la santé, l’éducation et l’impact du terrorisme sur la société. Ils peuvent s’animer fortement avec force gestes et un ton de voix plein d’émotion pour communiquer leur avis. Les Pakistanais sont très expressifs et utilisent une gamme complète de styles de communication verbale et non verbale. Il n’est pas rare d’entendre les hommes utiliser un langage coloré et de gros mots dans des conversations humoristiques et décontractées, en particulier lorsqu’ils conversent dans des dialectes locaux. Toutefois, en présence de femmes, la plupart des hommes éviteront souvent de jurer et d’élever la voix. Les Pakistanais ont tendance à être réservés dans l’expression de leur avis personnel en présence d’étrangers qu’ils ne connaissent pas bien, cette situation évolue à mesure qu’ils connaissent mieux la personne.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais sont très verbaux et utilisent beaucoup les mains lorsqu’ils parlent. Ils ont aussi tendance à parler d’une voix forte, ce qui pourrait sembler choquant pour des Occidentaux. Soyez conscient que, comme dans la culture pakistanaise on apprend aux gens à ne pas exprimer leur avis ouvertement, il est conseillé d’être clair et précis dans vos communications.

Il existe des différences culturelles à travers le pays. Dans les centres urbains, les gens sont plus conscients de la notion d’espace. Toutefois, se donner l’accolade lors d’une première rencontre peut être courant dans certaines régions. Si on peut s’attendre à serrer la main lorsqu’on rencontre une personne, les femmes ont tendance à ne pas serrer la main des hommes. Ne serrez pas la main d’une femme à moins qu’elle ne vous la présente d’abord.

Les Pakistanais appréhendent le temps de façon différente des Canadiens. Il est très courant d’être distrait au cours des réunions. En général, les Pakistanais ne respectent pas les horaires. Si vous avez des problèmes de ponctualité, il est préférable d’être direct et de reprendre la conversation ou de trouver une meilleure façon de la gérer.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les témoignages publics d’affection ou de colère ou l’expression d’autres émotions sont-ils acceptables ?

Perspective locale :

Les hommes et les femmes donnent des marques d’affection à leurs amis du même sexe en public, mais pas vraiment à leurs amis de sexe opposé, même lorsqu’ils sont bons amis. Même les couples mariés sont peu susceptibles de se tenir la main en public.

Le fait que les hommes se tiennent la main en public et mettent leur bras autour de l’épaule de l’autre n’est pas l’indication d’une relation homosexuelle. La même constatation s’applique aux femmes.

Il est courant d’observer des accès de colère en public. De fréquentes pannes de courant (en particulier l’été), des pénuries de carburant, et des problèmes liés aux transports publics, sont autant d’éléments qui se combinent pour créer les circonstances dans lesquelles les Pakistanais peuvent facilement perdre leur calme. Les réalités politiques ont également contribué à une mentalité conflictuelle. Les horribles attaques terroristes sur les sanctuaires soufis, les mosquées et les écoles, ainsi que la confrontation entre les principaux partis politiques traditionnels ont créé un environnement de crainte et de peur. Les discussions sur les problèmes politiques à la télévision dégénèrent souvent en prises de bec. Toutefois, de nombreuses personnes se rendent compte que l’expression de la colère devient un obstacle aux débats sur des enjeux critiques qui pourraient amener la résolution publique des problèmes.

Perspective canadienne :

L’espace public au Pakistan est très différent. Les comportements agressifs sur la route sont très courants et il est normal pour les gens de klaxonner lorsqu’ils conduisent. Il est également courant d’assister à des explosions de colère en public. Toutefois, dans un cadre formel, les Pakistanais ont tendance à être très polis, hospitaliers et affectueux. Il est très courant de se complimenter dans un cadre formel.

Le Pakistan a une culture conservatrice. Vous ne verrez pas de couples se tenir la main ou échanger des baisers en public. Il est normal de s’embrasser sur la joue lorsque vous rencontrez une personne pour la première fois, en particulier les femmes.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

Dans les régions urbaines, les employés s’habillent de façon conservatrice. Pour les hommes, la tenue conservatrice est composée d’un costume et d’une cravate, ou d’un kurta shalwar local (chemise et pantalon ample), et d’une veste à la taille avec de nombreuses poches pour placer des stylos, des lunettes et un portefeuille. La tenue des femmes dans le milieu de travail peut-être une jupe mi-longue avec un pantalon droit, parfois accompagnée d’une longue écharpe appelée « dupatta ».

Les salutations formelles pour les hommes comprennent une salutation verbale, par exemple « bonjour » ou « assalaamalaikum » (ce qui signifie « paix » en arabe), accompagnée d’une poignée de main. Lorsqu’ils rencontrent une femme, la même salutation verbale sera suivie par une poignée de main uniquement si la femme vous tend la main. Les femmes peuvent prendre l’initiative et serrer la main des Pakistanaises. Les femmes peuvent saluer les hommes, il est préférable de ne leur serrer la main que s’ils vous la tendent.

Il est préférable pour les hommes de ne pas aborder leurs collègues femmes pakistanaises s’ils les croisent dans des endroits publics comme un marché. Toutefois, les Pakistanaises peuvent aborder des collègues masculins dans les endroits publics et les présenter à leurs amis et leurs proches. Une Canadienne peut aborder une collègue pakistanaise dans des endroits publics et la saluer normalement comme elle le ferait au bureau. Pour une Canadienne, il serait préférable de ne pas prendre l’initiative d’aborder un collègue masculin qu’elle croise dans un endroit public. Toutefois, si son collègue masculin l’aborde, elle devra veiller à le saluer normalement.

Dans le cadre urbain, les professionnels pakistanais de la classe moyenne prennent leurs exigences professionnelles, notamment les délais, aussi sérieusement qu’ils le feraient au Canada.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais ne sont pas ponctuels dans un contexte informel. Les gens ont tendance à arriver en retard et vous pourriez devoir imposer une certaine ponctualité.

Il est impoli d’utiliser le prénom d’une personne qui est plus âgée que vous ou qui a une position supérieure à la vôtre. On utilise volontiers des mots comme « Monsieur ».

Dans le contexte professionnel, les Pakistanais ont tendance à s’habille de façon formelle. Les hommes portent habituellement une tenue occidentale formelle (pantalon et chemise). Les femmes portent généralement le shalwar Kameez (pantalon bouffant et tunique avec un foulard. Pour les femmes, il est conseillé de ne pas porter de vêtements sans manche et de couvrir les jambes.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles qualités sont les plus prisées chez un superviseur/directeur local ? Comment saurai-je comment mes employés me perçoivent ?

Perspective locale :

Les Pakistanais évaluent leurs supérieurs sur la base de leur perception de leurs compétences et de leur équité dans la manière dont ils traitent leurs collègues et leurs clients. Recevoir une rétroaction franche de la part des membres du personnel sur les progrès de leur travail, et/ou être abordé par un membre du personnel pour discuter des problèmes et des réalisations concernant les projets qui leur sont attribués sont autant d’indications qu’ils considèrent que ce superviseur est un leader efficace.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais accordent une grande importance aux diplômes universitaires et aux études, plus qu’à l’expérience. Les diplômes obtenus en Occident sont considérés comme prestigieux.

La microgestion est une norme en affaires dans le pays depuis un moment et il est difficile de créer un environnement de travail d’équipe et de travailler en équipe. Ainsi, il est difficile de créer un environnement de travail similaire à ce qu’on trouve au Canada.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Dans le milieu de travail, comment les décisions sont-elles prises et par qui ? Est-il acceptable de consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou une rétroaction ?

Perspective locale :

Dans les bureaux gouvernementaux du Pakistan, les principaux décisionnaires sont les chefs des ministères. Chaque ministère gouvernemental est dirigé par un secrétaire (l’équivalent d’un sous-ministre au Canada) qui décide de toutes les questions ministérielles. Parfois, des décisions stratégiques importantes sont prises par un groupe de secrétaires, puis elles sont approuvées par le cabinet. Il s’agit d’une pratique courante, bien qu’en théorie, les pouvoirs de prise de décision sont délégués à des tiers de rang inférieur. Des réunions interministérielles se tiennent régulièrement dans le but de recueillir les points de vue des gestionnaires ou des superviseurs de terrain, mais c’est le chef du ministère qui, en bout de ligne, décide de l’idée à poursuivre.

La pratique est quelque peu différente dans les organismes du secteur non gouvernemental et privé où les idées sont générées et les décisions prises d’une façon plus participative. Dans ces organisations, tout membre du personnel peut formuler une idée, qui est ensuite discutée conjointement au cours de réunions de personnel et des décisions sont prises en conséquence. C’est toutefois le cadre supérieur qui a le dernier mot dans toute prise de décision.

Les organismes publics et privés pratiquent un style de gestion hiérarchique et il est nécessaire de s’adresser à son superviseur immédiat pour toute idée ou question. Il incombe ensuite au superviseur de transmettre l’idée ou la question à un autre palier.

Perspective canadienne :

Les décisions sont généralement prises par les gestionnaires, selon la hiérarchie organisationnelle. La culture de travail est significativement différente au sein du gouvernement par rapport au secteur privé. Dans la fonction publique, la prise de décision est principalement associée aux gestionnaires avec peu ou pas de contribution des autres membres de l’équipe. Dans le secteur privé, des opinions différentes pourraient influencer la prise de décision.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

Les attitudes sur le sexe, la classe, la religion, et l’ethnicité au Pakistan varient dans les régions urbaines et rurales ; et également selon les générations dans la société dans son ensemble. La religion a joué un rôle prépondérant dans la définition des dimensions légales et politiques du genre et de la citoyenneté depuis les années 70. Un mouvement conservateur a d’abord contraint le parlement à élaborer une définition exclusive du vrai disciple de l’Islam, et a ensuite renversé le gouvernement autoritaire, mais socialement libéral de Zulfikar Ali Bhutto. Le gouvernement militaire qui l’a remplacé a introduit des lois qui ont restreint la capacité des femmes à témoigner dans le cadre des crimes dont elles sont victimes, placé des restrictions sur les droits de vote des minorités, et a voté des lois sur le « blasphème » qui sont souvent utilisées pour emprisonner des personnes pendant de longues périodes sur la base de fausses allégations. La restauration de l’autonomie provinciale originale et des dispositions relatives au droit de vote de la constitution datant de 2010 n’ont pas encore permis un démantèlement des lois permettant un traitement oppressif fondé sur le genre et la religion. La révolution iranienne de 1979 et la longue guerre d’Afghanistan dans les années 80 ont contribué à l’émergence d’une fracture sectaire entre les sections plus pratiquantes des populations chiites et sunnites qui a également provoqué des actes de violence et un carnage considérables.

Les autorités centrales du Pakistan ont traditionnellement eu des relations difficiles avec les groupes ethniques qui constituent la fédération. En 1971, sa province de langue bengali a fait sécession, c’est ainsi qu’est née une nation indépendante connue aujourd’hui sous le nom de Bangladesh. Pendant le milieu des années 70, des insurrections ont éclaté dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan et ont été réprimées avec difficulté. Le gouvernement militaire du Général Pervez Musharraf a adopté une attitude ferme face aux demandes d’autonomie des nationalistes baloutches, ce qui a déclenché une nouvelle insurrection qui s’est intensifiée après l’assassinat du chef tribal Akbar Bugti au cours d’une opération militaire en 2005. Depuis lors, le Baloutchistan et sa capitale, Quetta, font souvent face à des troubles violents.

La religion et les fissures ethniques pakistanaises ne devraient pas avoir de répercussions sur l’environnement de travail des Canadiens à Islamabad et dans d’autres centres urbains, car ils interagissent principalement avec les professionnels de la classe moyenne, dont la plupart sont éclairés, sont attachés à la diversité religieuse et ethnique du pays et se comportent les uns avec les autres avec civilité et respect.

Perspective canadienne :

Au Pakistan, la classe, le genre, la religion et l’ethnie jouent un rôle intéressant.

Genre :

Le Pakistan est une société patriarcale. Les femmes sont confrontées à divers défis et obstacles qui influencent leur participation à la main-d’œuvre. Toutefois, en dépit de tous ces défis, et contrairement aux perceptions occidentales, les femmes sont présentes dans les postes de leadership et occupent des postes qui sont en apparence dominés par les hommes. Le Pakistan a eu une femme premier ministre et une femme gouverneur de la banque d’État. Les femmes ont un quota spécial au sein de l’assemblée législative fédérale. En général, les Pakistanais sont respectueux à l’égard des femmes. Toutefois, les problèmes de harcèlement et de discrimination persistent dans le milieu de travail.

Classe :

La discrimination liée à la classe est très visible, le concept de classe est plus complexe que la définition occidentale. Le Pakistan présente une énorme disparité économique avec une classe moyenne en régression. Le concept colonial de servant et maître reste prévalent et est très difficile à gérer d’un point de vue occidental. La classe n’est pas synonyme d’« argent ». C’est un terme compliqué avec des contorsions associées au pouvoir et au nom de famille.

Religion :

Le Pakistan est un pays majoritairement sunnite. La persécution de certains groupes religieux minoritaires au cours des dernières années a ouvert une boîte de Pandore. Les exécutions ciblées de membres de minorités (p. ex. les chrétiens et les chiites) sont de plus en plus préoccupantes ces dernières années. La religion est un sujet controversé. Il est conseillé de ne pas prendre part aux conversations qui concerne de près ou de loin la religion.

Les Pakistanais ne sont pas exagérément religieux; néanmoins, exprimer des avis religieux est une attitude culturelle. La moralité est associée à la relation, et la consommation d’alcool est illégale dans le pays.

Ethnie :

Le Pakistan est un pays diversifié sur le plan ethnique, les Panjabis constituent l’ethnie dominante. Les conflits ethniques sont une occurrence courante dans les centres urbains comme Karachi. Toutefois, il n’est pas courant d’assister à des confrontations au travail fondées sur l’ethnie. Soyez conscient que tous les Pakistanais ne sont pas semblables sur le plan culturel et ethnique. Évitez les conversations liées à l’ethnie.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne ?

Perspective locale :

Une relation personnelle avec les collègues et les clients contribue à créer un environnement de travail productif. En l’absence de relation personnelle, les professionnels sont susceptibles de faire leur travail consciencieusement et de bien servir les clients, mais un environnement inclusif est plus propice à la résolution des problèmes et à la créativité.

Perspective canadienne :

Il est essentiel d’établir des relations personnelles. Les Pakistanais accordent une grande importance à la famille, aux amis et aux connexions personnelles. N’hésitez pas à demander à des collègues ou à des connaissances de vous présenter dans le cadre des affaires.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié ?

Perspective locale :

La réponse est « Non ». Les professionnels de la classe moyenne du Pakistan et les citoyens dans leur ensemble considèrent le copinage et le favoritisme avec mépris. Cette attitude se reflète dans les médias, ainsi que dans les fréquentes protestations contre les fonctionnaires qui sont suspectés d’accorder des privilèges à leurs amis.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais essaient de cultiver les relations personnelles au travail. Toutefois, essayez d’être juste avec tous les employés. Le favoritisme et les privilèges peuvent avoir des répercussions sur l’environnement du milieu de travail. Soyez cordial et juste.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé ?

Perspective locale :

Si vous travaillez au sein d’une équipe, le mieux est de mentionner le problème lors d’une réunion d’équipe et d’indiquer franchement comment le problème affecte votre rendement individuel, ainsi que celui de l’équipe dans son ensemble. Si cela ne fonctionne pas, il sera approprié d’avoir une discussion en face à face avec le collègue concerné.

Perspective canadienne :

Les Pakistanais sont des personnes privées. Si vous avez un problème lié au travail, il est conseillé de le régler en privé en abordant la question ouvertement avec la personne et en lui posant des questions directement. Tentez également de tenir un relevé des différends. Les Pakistanais ne sont pas bons quand il est question de tenue de relevé.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

La compétence et l’équité d’une personne, et la perception qu’elle offre un précieux service public motiveront ses collègues pakistanais à bien faire leur travail.

Perspective canadienne :

Essayez d’encourager les employés en leur donnant des rétroactions positives. Complimentez et encouragez les jeunes travailleurs pour créer un répertoire. Il est courant de récompenser les personnes qui sont à votre service (p. ex. jardinier, cuisinier, etc.) en leur donnant de l’argent. De même, si vous êtes un gestionnaire supérieur et que vous avez emmené votre personnel dîner, on s’attendra à ce que vous payiez l’addition. En général, les Pakistanais travaillent dur. Les promotions et l’augmentation de salaire sont de bons facteurs de motivation, tout comme en Occident.

Il est également important de noter que la relation personnelle joue un rôle important dans la culture pakistanaise.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question : Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web ?

Perspective locale :

The Taliban Shuffle : Strange Days in Afghanistan and Pakistan, Doubleday, 2011., Kim Barker, est un bon livre sur l’expérience d’un étranger en Afghanistan et au Pakistan pendant la guerre. Il est recommandé pour son esprit et son admirable honnêteté intellectuelle.

Mohammed Hanif est un journaliste et écrivain pakistanais qui suscite la réflexion. Il a écrit deux romans, A Case of Exploding Mangoes, Knopf, 2008, et Our Lady of Alice Bhatti, Vintage, 2011.

The Reluctant Fundamentalist, Anchor Canada, 2008, de Mohsin Hamid. Il s’agit d’un roman intéressant sur la moralité des dilemmes politiques auxquels sont confrontés les jeunes Pakistanais à l’ère du terrorisme.

Séries télévisées populaires :

Mazaaq raat (nuit de comédie) est une émission-débat avec un groupe d’animateurs qui échangent des blagues avec des invités célèbres. L’émission propose également des intermèdes musicaux.

Mazaaq raat est une production de Dunya TV, les épisodes sont accessibles sur YouTube.

Des séries dramatiques sont également populaires au Pakistan. Parmi les séries les plus regardées, on peut mentionner Hamsafar (qui signifie compagnon), il s’agit d’une production de Hum TV (2011-2012) qui est accessible sur YouTube.

Films :

Khuda ke leyey (qui signifie « le nom de Dieu »), produit en 2007, est un film populaire sur les conséquences de l’extrémisme religieux. Il est accessible sur YouTube.

Bol (qui signifie « parler ») est une histoire bouleversante sur un thème très audacieux, il est accessible sur YouTube.

Quetta- a city of forgotten dreams (Quetta- une ville de rêves oubliés) est un film basé sur l’histoire émouvante de la persécution de la communauté des Hazaras dans la province du Baloutchistan.

Aliments :

Biryani : morceaux de bœuf, de poulet ou de chèvre cuits dans un mélange d’épices parfumées et de yogourt avec des couches de riz basmati et de safran. Servi avec du raïta au yogourt.

Koftay : tendres boulettes de viande farcies avec de la menthe, de la coriandre et de l’oignon, cuites dans un cari épicé.

Seekh Kebabs : viande hachée cuite au barbecue sur des brochettes, servie avec du pain naan.

Poulet tikka : poulet épicé cuit au barbecue.

Les lentilles sont utilisées dans un plat appelé daal. On le mange habituellement avec du riz nature ou du chapati.

Les légumes, habituellement sous la forme de cari, sont servis avec du riz ou du chapati.

Les produits de la mer sont habituellement servis frits ou dans un cari.

Desserts :

Ils sont normalement plus sucrés que les desserts occidentaux. La variété locale comprend :

Gulaab Jamun : des boules de pâte frites dans un sirop sucré.

Kulfi : très similaire à de la crème glacée, avec des pistaches et des amandes au sommet. Également servi avec la saveur mangue.

Il y a une vaste gamme de viandes sucrées disponibles

Thé :

Les Pakistanais aiment leur thé et en boivent généralement deux fois par jour. Le Kashmiri chai ou thé rose est servi lors des soirées.

Perspective canadienne :

Livres recommandés :

Meatless days –Sarah Sulehri

Ice Candy Man - Bapsi Sidhwa 

In Other Rooms, Other Wonders - Daniyal Moinueddun

Moth Smoke -  Mohsin Hamid

The Wandering Falcon - Jamil Ahmad

Waiting for Allah –Christina Lambbooks

Je recommande le film L’Intégriste malgré lui La musique pakistanaise a de profondes racines dans la musique classique indienne. Indien traditionnel. Le sitar et l’harmonium sont des instruments locaux. En ce qui a trait à la cuisine, le poulet tikka, le biryani, et le poulet karahi sont des plats populaires.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

Les Canadiens basés à Islamabad peuvent visiter le temple de Sufi saint Bari Imam qui est situé tout près du Haut-commissariat du Canada. Les touristes découvrent cet environnement de pèlerinage et de prière apaisant, et peuvent également déguster de délicieux aliments et confiseries.

Parmi les endroits intéressants qu’il convient de visiter, le pays compte de nombreux petits endroits situés sur la route qui relie Islamabad à Abbottabad à travers la vallée montagneuse. On peut notamment citer Murree, Ayubia et Nathia Galli. Lorsque vous traversez ces endroits, vous pouvez vous arrêter pour une randonnée dans les forêts de hauts pins.

Perspective canadienne :

Le Pakistan offre quelques uns des plus belles randonnées au monde. La seconde plus haute montagne au monde se trouve au Pakistan. Il vaut la peine de visiter le nord du Pakistan (Swat, Skardu).

Lahore est le centre culturel, et est souvent mentionnée comme la capitale culinaire du pays. Le Pakistan a une riche histoire. La civilisation de la vallée de l’Indus est l’une des plus anciennes civilisations. Comprendre la culture locale par les récits historiques facilitera la transition.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

Le héros national incontesté du Pakistan est son père fondateur, Mohammad Ali Jinnah. Fils d’un homme d’affaires de Karachi, il a étudié le droit en Angleterre et est devenu un avocat très prospère dans la ville côtière cosmopolite de Bombay. Mohammad Ali Jinnah a établi de bonnes relations avec toutes les communautés en Inde et acquis la réputation d’être un « ambassadeur de l’unité ». Il a toute sa vie montré un vif intérêt pour les libertés civiles et défendu des prisonniers politiques du régime colonial britannique. Mohammad Ali Jinnah s’est fortement brouillé avec les principaux nationalistes indiens, car il estimait que ceux-ci n’étaient pas prêts à accepter la diversité en Inde, il est devenu un fervent défenseur de la nation musulmane. En 1947, Mohammad Ali Jinnah a accepté le plan pour faire de l’Inde une fédération informelle qui n’a pas porté ses fruits, et le gouvernement britannique a mis en place un plan de partition qui a mené à l’émergence de deux nations indépendantes : l’Inde et le Pakistan. Mohammad Ali Jinnah est devenu le premier chef de gouvernement du Pakistan, mais est décédé seulement un an plus tard en 1948. Pour son soutien à l’égalité des citoyens peu importe leur religion, Mohammad Ali Jinnah est vénéré par les libéraux et les défenseurs des droits des minorités au Pakistan.

Le premier ministre élu du Pakistan, Zulfikar Ali Bhutto, qui a été exécuté par le gouvernement militaire du Général Zia ul Haq en 1979, est hautement respecté pour son rôle dans la création de la constitution du pays en 1973, et pour son courage face à l’horrible persécution après son renversement.

Benazir Bhutto, la fille de Zulfikar Ali Bhutto, a servi deux mandats comme premier ministre, et a été assassinée par les talibans en 2007. De nombreux Pakistanais se souviennent d’elle avec tendresse et la respectent pour son courage dans le cadre de la résistance au régime militaire des années 80, et ensuite aux gouvernements oppressifs.

Imran Khan, un très célèbre lanceur rapide et batteur de cricket, qui a mené le Pakistan à une glorieuse victoire au Championnat du monde de 1992, est largement vénéré dans le pays, non seulement pour ses accomplissements en tant que sportif, mais également pour son rôle de philanthrope dans l’installation d’une université et d’hôpitaux pour le traitement du cancer. Imran Khan est également un politicien, dont le parti politique, Pakistan Tehreek Insaf (PTI) est populaire dans toutes les provinces et gouverne la province de Khyber Pukhtunkhwa.

La personne âgée la plus vénérée au Pakistan est un homme appelé Abdul Sattar Edhi, un mystique soufi, qui a inspiré les Pakistanais à faire de généreux dons afin de lui permettre d’établir un vaste réseau national de services d’ambulance, d’hôpitaux, de services pour les personnes handicapées et de refuges pour les femmes et les enfants.

Parmi les plus jeunes, Aitzaz Hasan, un adolescent de l’école Ibrahim Zai, à Hangu dans le district de Khyber Pukhtunkhwa, est fortement admiré pour l’altruisme et le courage dont il a fait preuve lorsqu’il a fait face à un kamikaze qui tentait de pénétrer dans son école pour tuer ses camarades de classe le 7 janvier 2014. Aitzaz a pu stopper l’attaquant en luttant avec lui au sol, et a sacrifié sa vie pendant la bagarre. Il est décédé lorsque la veste explosive du kamikaze s’est déclenchée, mais les 2 000 étudiants et professeurs ont été sauvés.

Tahira Qazi, la principale de l’Army Public School (école publique de l’armée), Peshawar, et les professeurs qui ont vaillamment protégé leurs étudiants d’une attaque impitoyable des talibans et ont sacrifié leur vie le 16 décembre 2014. 152 personnes faisaient partie des victimes, dont 132 enfants.

Malala Yousafzai, est né le 12 juillet 1997 à Mingora, Pakistan. Enfant, elle est devenue activiste pour l’éducation des filles au Pakistan. Elle a été ciblée par les talibans et abattue à bout portant alors qu’elle rentrait de l’école à Swat, Pakistan. Le crâne de Malala a été transpercé par une balle et elle a dû être transportée à Londres pour une intervention chirurgicale d’urgence. Malala a survécu et a continué à s’exprimer sur l’importance de l’éducation, ce qui lui a valu d’être la personne la plus jeune à recevoir le Prix Nobel de la paix.

Perspective canadienne :

Parmi les héros nationaux du pays, on peut mentionner Mohammed Ali Jinnah, de qui l’on dit souvent qu’il est le fondateur du pays. On peut également citer Allama Iqbal (poète national) et Abdul Sittar Idhi (philanthrope), Zulfiqar Ali Bhutto (leader politique, ancien premier ministre), Imran Khan (joueur de cricket), et Jahangir Khan (champion du monde de squash).

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Existe-t-il des événements historiques partagés entre ce pays et le Canada qui pourraient affecter le travail ou les relations sociales ?

Perspective locale :

Comme le Canada, le Pakistan a été une colonie britannique. Il a émergé comme « membre du Commonwealth » indépendant en 1947. Presque toute l’élite des propriétaires fonciers et des secteurs financier et militaire, de même que les professionnels de la classe moyenne parlent couramment anglais. Plusieurs quotidiens en anglais sont largement lus au Pakistan. Le rôle du Canada en sa qualité de puissance moyenne dans la politique étrangère et l’assistance au développement apporté au Pakistan ont été hautement appréciés dans le passé. Au cours du déploiement de ses troupes en Afghanistan, l’image du Canada au Pakistan a changé lorsque le pays a émergé comme un membre fougueux de l’OTAN, mais ses forces n’ont pas été directement impliquées dans des incidents avec l’armée pakistanaise comme ce fut le cas des forces américaines. Après les élections canadiennes de 2015, dont le résultat a été largement applaudi au Pakistan, de nombreuses personnes espèrent que le Canada redeviendra une puissance moyenne avec un intérêt dans la promotion des institutions internationales multilatérales. Il y a un grand nombre d’immigrants pakistanais au Canada, soutenant de manière positive le rôle du Canada comme pays où l’éducation publique et les soins de santé sont accessibles à tous les citoyens, et où la démocratie et la bonne gouvernance coexistent.

Perspective canadienne :

Le Pakistan a jadis fait partie de l’Inde britannique. L’histoire coloniale commune avec le Canada est le seul lien commun. En sa qualité de membre du Commonwealth, le Pakistan partage un patrimoine colonial similaire. Les Indiens ont servi au cours de la Seconde Guerre mondiale aux côtés des troupes canadiennes. Et la douleur de la guerre persiste encore dans la mémoire collective. Même si la plupart des Pakistanais n’en sont pas conscients.

Dans l’ensemble, le Canada a une perception positive du Pakistan. Récemment, de nombreux Pakistanais ont immigré au Canada et ont décidé de s’y établir.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels stéréotypes les Canadiens ont-ils concernant la culture locale qui pourraient être préjudiciables à des relations efficaces ?

Perspective locale :

La crainte créée par l’attaque terroriste contre le World Trade Center à New York le 11 septembre 2001 forme une lentille à travers laquelle le Pakistan est souvent perçu et dépeint par les médias traditionnels d’Amérique du Nord. Ainsi, le Pakistan, qui abrite une culture riche et diversifiée, est principalement perçu comme un endroit qui produit des terroristes. Le terrorisme est en effet un problème important pour la communauté internationale, ainsi que pour les citoyens du Pakistan. On estime que plus de 81 000 Pakistanais ont été tués dans la guerre contre le terrorisme depuis 2001. Dans la lutte contre cette menace, le Pakistan est confronté à des problèmes similaires à ceux auxquels est confrontée la communauté internationale et toute stratégie réussie pour vaincre le terrorisme devra reposer sur une coopération entre eux. Une base essentielle de ce type de coopération sera la nécessité de la part de la communauté internationale, y compris le Canada, de réaliser que le Pakistan est une culture ancienne avec une riche histoire d’excellence en musique, en poésie, en culture mystique soufie, et en religion, et qu’à ce titre, les Pakistanais méritent d’être traités avec respect.

Perspective canadienne :

En raison des récents événements liés au terrorisme, le Pakistan a été perçu comme un pays fanatique sur le plan religieux. La plupart des actualités ou les descriptions fictives de femmes pakistanaises représentent des femmes voilées et opprimées. Contrairement aux perceptions occidentales, les femmes participent activement à la main-d’œuvre. Dans les centres urbains, vous pourriez voir des femmes exercer la profession de médecin, d’avocat et de haut fonctionnaire. On peut notamment citer Sharmeen Obaid Chinoy, réalisatrice primée aux Oscars, Maliha Lodhi (ambassadrice pakistanaise aux Nations Unies) et la défunte ex-première ministre Benazir Bhutto.

Les Pakistanais sont décrits comme des gens religieux. Les pratiques religieuses au Pakistan diffèrent beaucoup des autres pays islamiques. Dans les centres urbains, la plupart des femmes ne couvrent pas leurs cheveux et la mixité est très courante.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

Votre EM est originaire de Lahore, Pakistan et a grandi dans la fascinante ville côtière de Karachi pendant les années 70, lorsqu’elle était belle et paisible. Elle a étudié le journalisme à l’Université de Karachi, et a immigré au Canada dans les années 1980. Elle a travaillé à la Haute Commission pour le Pakistan pendant de nombreuses années et travaille actuellement comme interprète culturelle à Ottawa.

Perspective canadienne :

Je suis né et j’ai grandi au Pakistan. J’ai un diplôme en économie de l’Université de Carleton, Ottawa et je travaille comme économiste pour une organisation à Ottawa.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.