Rwanda

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Lors d’une première rencontre avec un Rwandais, d’une manière générale il est préférable d’aborder des sujets d’intérêt général. On parle « de la pluie et du beau temps » comme on dit. On peut par exemple parler des aspects pittoresques du pays des mille collines, du climat, des moeurs des gens. Il faudrait éviter d’aborder des sujets trop personnels, touchant à la vie privée de l’interlocuteur. Le Rwandais moyen considère que sa vie privée lui appartient, et en parler serait manquer de discrétion. Quand ils parlent de leur vie privée, la plupart des gens restent évasifs, et quiconque voudra en savoir plus provoquera une réaction de méfiance. Cela ne veut nullement dire que l’on ne peut pas échanger sur la vie privée des gens, mais tout simplement qu’il faut le faire avec beaucoup de tact, sans entrer dans les détails.

Il faudrait absolument éviter d’aborder des questions d’ordre ethnique: c’est un sujet presque tabou, même si chaque rwandais est conscient de son identité ethnique. La question ethnique a été au centre de graves crises que le pays a connues (dont le génocide de 1994), et celui qui l’aborde sans en connaître les enjeux et les complexités risque de choquer ou de s’attirer beaucoup de méfiance.

Les rapports sexuels sont un sujet tabou qui ne se discute qu’à mots couverts ou que l’on évite purement et simplement.

On peut évidemment faire preuve d’humour: les Rwandais apprécient l’humour ironique ou de dérision, mais pour que ça marche, il faudrait maîtriser les schémas de pensée de gens et les jeux de mots de la langue locale.

Point de vue canadien :

Lorsque que vous faites de nouvelles connaissances au Rwanda, la famille est souvent le sujet principal de discussion. Les premières questions qui vous sont posées sont souvent pour savoir si vous êtes marié et si vous avez des enfants. Il est acceptable de poser les mêmes questions en retour, mais préparez-vous à entendre que votre interlocuteur a perdu de nombreux membres de sa famille et, parfois toute sa famille, au cours de la guerre et du génocide. Une réponse acceptable serait « Je suis désolé ». Parler de votre pays est aussi un bon sujet de discussion au départ. Les Rwandais sont souvent curieux de la façon dont les étrangers trouvent leur pays et, si on vous le demande, répondez par des généralités et soyez plus spécifique quant aux aspects positifs. La religion est souvent l’un des premiers sujets de conversation abordés par les Rwandais. Si cela vous gêne, montrez-vous diplomate : il peut être préférable de dire dans quelle religion vous avez été élevé, si vous ne la pratiquez pas.

Les sujets tabous comprennent la politique, les groupes ethniques Hutu et Tutsi, la guerre et le sexe. La politique nationale fait rarement l’objet de discussion et, si elle l’est, elle se fait à voix basse et en privé. Cela se comprend lorsque l’on sait qu’un grand nombre de personnes ont perdu la vie à cause de leurs idées politiques au cours du génocide. Les gens ne veulent pas qu’on leur pose des questions sur leur groupe ethnique parce que le Rwanda s’efforce d’unifier le pays comme un seul peuple et une seule culture. La guerre est un sujet délicat, les troupes rwandaises ayant récemment quitté le Congo. Les gens peuvent avoir des opinions, mais ils répugnent à les exprimer par crainte de conséquences politiques. Le sexe n’est pas considéré comme un sujet approprié de conversation, en toute circonstance.

En ce qui concerne l’humour, le sarcasme est pris sérieusement et il vaut mieux l’éviter. Quelques plaisanteries innocentes peuvent être faites lorsque vous connaissez bien votre interlocuteur et que la langue que vous utilisez est bien comprise par les deux parties. Les plaisanteries les moins risquées sont celles que vous faites sur vous-même.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Quand on parle à quelqu’un, la distance convenable dépend évidemment du degré d’intimité entre les interlocuteurs. Pour les communications ordinaires, la distance convenable correspond à la longueur du bras. Une trop grande proximité devient gênante. Pour ce qui est du contact visuel, pour les Rwandais en général un regard insistant droit dans les yeux peut être perçu comme de l’impolitesse ou de la bravade, surtout envers son supérieur. Dans une communication, lorsque les regards des interlocuteurs s’accrochent, la plupart du temps l’un d’entre eux détourne son regard, et ainsi de suite, et c’est par à-coups que les regards se croisent. En général, les gens ne se touchent pas quand ils se parlent, à moins qu’ils aient atteint un degré élevé de familiarité. Même dans ce dernier cas, les Rwandais n’apprécient pas les gestes d’intimité en public. Il est mal perçu d’élever la voie ou de perdre contenance quelle que soit la situation. Dans leurs rapports sociaux, les Rwandais vont généralement éviter une vérité qui blesse ou qui est susceptible de contrarier leur interlocuteur (ou supérieur), quitte à tronquer « un tout petit peu » la réalité. Cela peut être considéré comme un manque de franchise, mais en agissant ainsi les Rwandais sont convaincus de faire preuve de délicatesse.

Point de vue canadien :

Presque tous les contacts commencent par un serrement de main, qui dure jusqu’à la fin de la salutation et, parfois jusqu’à la fin de la conversation. Si vous parlez en marchant, il est courant de se tenir par la main. Cela se produit habituellement entre personnes de même sexe, mais aussi entre hommes et femmes. Le contact des yeux est courant, mais pas constant. Les expressions faciales et les gestes de joie sont acceptables; ceux qui expriment la colère ne le sont pas. Il est préférable de ne jamais élever la voix lorsque vous parlez, surtout si vous argumentez. Il est plus utile de souligner une faute que d’accuser quelqu’un en particulier. La subtilité est la clé.

Pour saluer quelqu’un lorsque vous entrez dans une pièce, la courtoisie exige que vous donniez la main à toutes les personnes présentes. Si vous êtes assis lorsqu’une nouvelle personne entre, vous devez vous lever et lui serrer la main. Lorsque vous accueillez un ami intime ou un membre de sa famille, vous devez lui donner l’accolade (et l’embrasser sur la joue si vous êtes une femme) trois fois, en changeant de côté. Un signe de respect consiste aussi à tenir votre avant-bras droit avec votre main gauche lorsque vous serrez la main ou que vous acceptez ou donnez quelque chose (par exemple une carte d’affaires ou un verre).

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

La discrétion et la retenue sont considérées par les Rwandais comme des marques de sagesse. Les démonstrations de sentiments de joie, d’affection ou de tristesse en public ne sont pas appréciées.

Point de vue canadien :

Les démonstrations publiques d’affection entre personnes de même sexe sont acceptables. La plupart des hommes se tiennent par la main et s’embrassent lorsqu’ils entretiennent des relations amicales. Les femmes font la même chose, mais moins fréquemment. Les démonstrations d’affection entre hommes et femmes sont habituellement limitées aux salutations.

Les démonstrations de colère en public sont rares. Les Rwandais demeurent calmes en général et sont très volubiles, par exemple, lorsqu’ils ne sont pas d’accord (il en découle que les réunions de personnel tendent à être longues si elles portent sur des sujets controversés). La peine est rarement manifestée, sauf aux funérailles. Les démonstrations publiques de joie sont acceptables (après avoir entendu une plaisanterie, vous pouvez taper ou serrer la main de votre interlocuteur).

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

En règle générale, il faut bien se vêtir au travail, surtout quand on occupe un poste de responsabilité. Il n’est pas toujours nécessaire de mettre la veste et la cravate, mais un habillement négligé est souvent mal perçu. Les rapports entre les supérieurs et leurs subordonnés sont plus ou moins formels: vouvoiement, emploi des titres des postes occupés (Directeur, Secrétaire général, Préfet, etc.), passer par le secrétariat pour un contact, etc. Les Rwandais appellent les gens indistinctement par leur nom ou leur prénom, ça n’a aucune importance, tout dépend de la facilité d’utilisation ou de l’habitude prise par les gens dans le milieu de travail. D’ailleurs, il serait utile de noter que la plupart des noms rwandais sont individuellement attribués, et ce ne sont pas des « noms de famille » en tant que tels comme en occident ou l’enfant prend le nom de son père. On trouvera donc des frères et soeurs (issus d’un même père) qui portent des noms différents. À contrario, le port d’un « nom de famille » identique ne doit pas porter à croire que les personnes auraient un quelconque lien de parenté. Certains noms sont populaires.

Les gens ne sont pas habitués à travailler sous pression. Ce qui ne peut pas être fait aujourd’hui peut être reporté à demain. Les gens demandent aussi beaucoup d’autorisations d’absence pour des raisons d’ordre familial (enterrements, mariages, maladies des proches).

Point de vue canadien :

La tenue de ville ou le complet-veston sont de rigueur. Les femmes peuvent porter des pantalons à Kigali ou Butare, mais si elles travaillent en région rurale, il est obligatoire qu’elles portent une jupe ou une robe. L’ourlet ne doit pas arriver au-dessus du genou. Une jupe, une chemise bien ajustée et des sandales seraient l’habillement le plus décontracté que je recommanderais en milieu de travail.

Habituellement, les hommes portent des pantalons et des chemises habillées, ainsi qu’une cravate, mais celle-ci n’est pas obligatoire. Les chaussures doivent être cirées ou à tout le moins, dépoussiérées, lorsque vous arrivez au travail. Les Rwandais s’habillent intelligemment, mais pas de façon très conventionnelle. Des couleurs très vives et des motifs variés sont acceptables. Les vêtements sont propres et repassés.

Dans une conversation, vous pouvez au début vous adresser à des personnes en les appelant Madame ou Monsieur, à moins qu’ils aient un titre tel que directeur ou frère. Si vous êtes plus familier avec une personne, vous pouvez vous adresser à elle par son nom qui n’est pas habituellement son nom kinyarwandais. L’utilisation du « vous » est la norme lorsque vous parlez français.

Un associé rwandais m’a dit un jour que le temps était élastique. Les délais sont souvent changés, habituellement retardés, et les choses se font fréquemment à la dernière minute. Si vous travaillez seul sur un projet, il est préférable de le terminer pour le délai fixé à l’origine parce que, souvent, en tant qu’expatrié, on s’attend à ce que vous travailliez de façon ordonnée. Le retard au travail n’est acceptable qu’avec un bon motif, mais vous pourriez vouloir donner l’exemple en tant qu’étranger. Plusieurs de vos collègues seront, de toute façon, toujours ponctuels. Une fois encore, l’absentéisme n’est acceptable que s’il est justifié. Un exemple pourrait être la maladie. Si la chose est possible, contactez un collègue ou un supérieur à l’avance pour l’aviser que vous serez en retard ou absent. Si cela n’est pas possible, informez-le le plus rapidement possible.

La productivité monte et baisse. Sans avoir à rendre compte du temps, les employés exécuteront souvent des tâches personnelles durant les heures de travail comme téléphoner à un ami ou lire la Bible. Lorsqu’un projet doit être terminé, il arrive que les employés aient à travailler tard le soir et durant les fins de semaine pour le réaliser!

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

On attend généralement du supérieur qu’il ait une expertise dans un domaine clé de l’organisation, qu’il agisse envers ses subordonnés avec équité (surtout s’il est expatrié), qu’il soit rassurant en ce qui concerne la sécurité d’emploi. Les gens apprécient également un dirigeant « qui se respecte », et cela peut être jugé à sa façon de s’habiller, ses fréquentations, l’exemple qu’il donne au travail. Les gens apprécient aussi qu’un dirigeant établisse des règles claires de fonctionnement et s’implique dans des activités extra-professionnelles, notamment en les organisant et en y contribuant matériellement. Il n’est pas toujours facile pour un supérieur de savoir ce que son personnel pense de lui. Certains établissent des liens privilégiés avec quelques membres de l’organisation pour avoir de la rétroaction, mais généralement ils perdent à ce jeu parce qu’ils risquent d’être manipulés et de se mettre à dos le reste du personnel. La meilleure façon est probablement d’établir un contact régulier avec les gens dans un cadre extra-professionnel et détendu, et de bâtir ainsi une relation de confiance.

Point de vue canadien :

Les qualités les plus recherchées chez un gestionnaire local comprennent la transparence, l’honnêteté, la volonté d’écouter de nouvelles idées, une présentation très professionnelle (c’est-à-dire vêtements impeccables, ponctualité), l’accessibilité et la reconnaissance du bon travail de la part des employés.

Les qualités très recherchées chez un gestionnaire expatrié comprennent : l’originalité des idées, le respect de la culture rwandaise, la capacité de parler un peu le Kinyarwanda et l’engagement à l’égard de son travail.

Comme les Rwandais ne sont pas particulièrement démonstratifs ou bavards en ce qui concerne leurs pensées ou sentiments, il peut être difficile pour un expatrié de déterminer comment ils sont perçus par leurs collègues rwandais. Vous devrez donc poser des questions sur la façon dont les choses se déroulent au bureau (du point de vue de vos collègues), parce que je ne crois pas que les Rwandais s’empresseront de vous fournir ces renseignements sans y être poussés. Mais, à votre départ, si vous êtes respecté, vous serez comblé de cadeaux et de compliments.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les décisions sont généralement prises suivant la voie hiérarchique. L’orgueil de beaucoup de Rwandais les empêchent souvent d’exprimer publiquement leurs idées tant qu’ils ne sont pas sûrs qu’elles sont bonnes ou qu’elles seront approuvées par leur supérieur. Lors des réunions tenues notamment avec les expatriés, et qui sont tenues en français (ou en anglais), certaines personnes s’abstiennent de parler, uniquement par peur de « massacrer » le français ou l’anglais et ainsi d’être l’objet de la risée de leurs collègues.

Les gens consultent leur superviseur immédiat sans problème quand il est connu pour sa compétence et sa collaboration. La consultation du supérieur immédiat constitue aussi une occasion de le mettre au courant de ce qui se fait, et en général il l’apprécie.

Point de vue canadien :

En règle générale, la prise de décision en milieu de travail se fait aux échelons supérieurs, bien qu’elle puisse se faire en groupe. Tout membre de l’équipe peut proposer des idées, mais il est habituellement préférable de les discuter avec le chef du département avant de les pésenter aux autres membres de l’équipe. Il est acceptable de consulter son supérieur immédiat pour obtenir des réponses ou des informations en retour. Il existe indubitablement un « système » hiérarchique et les personnes voulues doivent être consultées dans l’ordre requis. Si vous avez des doutes, interrogez un collègue rwandais.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
Même si on assiste de plus en plus à la promotion des femmes à des postes supérieurs, la plupart de ceux-ci sont occupés par des hommes. En ce qui concerne le comportement, la société est en général plus sévère envers les femmes qu’envers les hommes pour des comportements déviants.

En milieu de travail, les femmes occupant des postes de responsabilité doivent être doublement vigilantes par rapport à leurs collègues masculins puisque leurs subordonnés (y compris les subordonnées, on pourrait même dire surtout celles-ci) risquent d’imputer la moindre erreur à leur statut de femme.

Religion :
La plupart des Rwandais appartiennent à une confession religieuse, mais à quelques rares exceptions près, la religion n’interfère pas dans la vie au travail. La plupart des gens sont de religion chrétienne (catholique, protestante, adventiste), et d’autres sont musulmans (on les retrouve surtout dans les villes).

Classes sociales :
Les classes sociales au sens classique du terme n’existent pas. On peut possiblement parler de classes sociales au sens économique du terme: les gens acquièrent un statut particulier du fait de leurs richesses.

Origine ethnique :
Sujet tabou : les gens n’évoquent leur origine ethnique qu’entre connaissances très proches, et ne sont pas à l’aise pour en parler à un « étranger ».

Même si c’est un sujet tabou, les gens qui travaillent ensemble connaissent l’origine ethnique de chacun de leurs collègues. Cependant, il y a toujours la possibilité que les privilèges accordés à quelqu’un de la même l’appartenance ethnique soient interprétés comme du favoritisme envers son propre groupe ethnique.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
Bien que les sexes ne soient pas « égaux » au Rwanda, les femmes rwandaises des centres urbains travaillent souvent à l’extérieur de la maison et sont actives en politique et en affaires. Les hommes sont encore considérés comme les chefs de famille, mais depuis la guerre, de nombreuses femmes sont aujourd’hui chefs de leur ménage. Tout récemment, les femmes ont obtenu le droit de posséder des terres.

Religion :
La religion est très importante pour les Rwandais et presque tous appartiennent à une confession chrétienne ou musulmane. Depuis le génocide en effet, il semble se manifester une croissance rapide de « nouvelles » sectes chrétiennes de l’extérieur du pays (par exemple, Chrétiens régénérés, Adventistes) – une explication serait la perception commune que l’église catholique ne s’est pas portée à la défense du peuple rwandais au cours de la dernière crise. Si vous êtes un employeur, préparez-vous à des discussions persuasives et à des invitations à l’église. Les Rwandais incluent souvent des références religieuses dans leurs salutations (par exemple « Gloire à Jésus » peut être employé à la place de « Bonjour »). On vous demandera souvent si vous avez été « sauvé » (c’est-à-dire nouvellement converti). Une réponse simple serait « J’ai été baptisé ».

Classes sociales :
Deux personnes de classe différente ne socialisent pas en général, mais elles demeurent courtoises et se saluent entre elles. Une personne de classe inférieure montrera du respect à un supérieur en lui serrant la main, la main gauche tenant l’avant-bras droit et, en général, en ne parlant que si l’on s’adresse à elle. Même dans un milieu où les personnes se connaissent, elles continueront de faire preuve de respect. Cela n’est pas le cas en public. Par exemple, dans un véhicule de transport du personnel, un employé peut céder son siège à un supérieur. Dans les transports en commun, cela ne produit habituellement pas.

Origine ethnique :
Officiellement, l’appartenance à un groupe ethnique ne doit pas être déclarée et, par conséquent, ne devrait pas avoir d’effet en milieu de travail. En réalité, il se peut qu’un groupe ethnique soit considéré comme dominant et cela risque parfois de susciter du ressentiment chez les autres.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il n’est pas toujours important d’établir une relation personnelle poussée avec un collègue de travail ou un partenaire d’affaires. Cependant, dans le contexte rwandais, certains gestes sociaux qui, dans un contexte nord-américain, pourraient être considérés comme des signes d’une relation personnalisée, ne sont pas interprétés comme tels, et ils n’en demeurent pas moins importants. Quand, par exemple, un collègue de travail ou un partenaire d’affaires perd un proche parent, il est normal qu’on assiste aux cérémonies d’enterrement. À l’occasion d’un mariage, ou du mariage d’un de ses proches, la présence des collègues de travail et/ou partenaires d’affaires est essentielle. Il n’y a pas de règle absolue pour établir une relation personnalisée avec un Rwandais, mais généralement une telle relation se manifeste par des visites mutuelles et plus ou moins régulières en famille.

Point de vue canadien :

Il est important d’établir un contact préliminaire avec quelqu’un avant d’entrer en affaires. Les Rwandais trouvent impoli d’entrer directement dans une transaction d’affaires avant de saluer adéquatement l’interlocuteur et d’avoir établi une prise de contact de quelque forme. Si vous sautez cette étape, les personnes peuvent se montrer moins coopératives et vos efforts porteront moins de fruits. Pour établir la relation, assurez-vous de saluer adéquatement la personne et de discuter de tout et de rien (par exemple, posez les questions « Comment va votre famille? », « Avez-vous subi la panne de courant la nuit dernière? », « Comment était votre soirée? »)

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Dans le contexte rwandais, cela semble aller de soi que l’on bénéficie de quelques privilèges en raison d’une relation d’amitié. Cela est très vrai notamment en ce qui concerne l’embauche de proches. Il est sûr que les relations privilégiées permettront au collègue de travail de faire des revendications qu’il n’aurait pas pu évoquer dans d’autres circonstances. Si une personne profite de ses relations privilégiées pour demander une augmentation de salaire par exemple, en général elle justifiera sa demande par le souci d’être rétablie dans ses droits en corrigeant une situation qu’elle juge préjudiciable à son égard.

Point de vue canadien :

Un collègue ou un ami pourrait vous demander des faveurs (par exemple, aider à obtenir un emploi pour un membre de la famille), mais il n’est pas obligatoire que vous acceptiez. Il est important d’écouter la demande et de sympathiser avec votre interlocuteur. Répondre sèchement « non » serait impolie et peu appréciée. Une réponse donnée avec tact. « J’essaierai de parler aux personnes qui prennent ces décisions, mais je ne peux rien promettre » pourrait suffire.

Je recommanderais d’accorder des faveurs aux employés en leur donnant, disons une avance sur le salaire ou du temps supplémentaire de congé pour qu’ils puissent se rendre chez eux en milieu rural, si vous les considérez comme des employés fiables. Dans des circonstances particulières, telles que les mariages et les funérailles, il peut exister une politique sur les congés à allouer, mais elle devrait être appliquée avec beaucoup de souplesse.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

En règle générale, les Rwandais n’aiment pas la confrontation directe, et ils l’éviteront dans la mesure du possible. Ils n’aiment pas non plus que leurs problèmes soient étalés sur la place publique, même s’il s’agit de petits problèmes au travail. La plupart des Rwandais sont fiers, on pourrait même dire orgueilleux. Si un problème survient, il est préférable de l’aborder à un moment propice, c’est à dire de manière que la personne en question ne perde pas la face devant ses collègues de travail. Quand un collègue est réellement offensé, et si l’objet de l’offense est grave à ses yeux, généralement il le manifeste par un changement d’attitude dans ses rapports avec la personne qui l’a offensé, en prenant par exemple une certaine distance avec elle. Il en parle également à ses autres collègues, tout en évitant la confrontation avec la personne à l’origine de l’offense. Cette stratégie d’évitement fait que la plupart des problèmes interpersonnels dans l’organisation restent latents et continuent à nuire à la qualité de la collaboration, sans pour autant que les intéressés reconnaissent officiellement qu’il y a un problème.

Point de vue canadien :

Il est plus habituel de discuter du problème avec une tierce personne, en privé, et de lui demander d’en discuter avec le collègue. Vous pouvez encore soulever le problème au cours d’une réunion du personnel en termes très généraux. Il vaudrait peut-être mieux, dans ce cas, demander à l’avance au président de la réunion d’ajouter la question à l’ordre du jour.

Si vous avez offensé quelqu’un au travail, il se peut qu’un autre collègue vous en parle. Il est possible aussi qu’à une réunion du personnel quelqu’un y fasse allusion.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Les gens sont surtout motivés par les bonnes conditions de travail. Si avec un rendement supérieur ils peuvent s’attendre à une meilleure rémunération, les gens fourniront les efforts nécessaires pour augmenter leur rendement au travail. La sécurité d’emploi constitue une motivation importante étant donné les difficultés liées à la recherche d’emploi.

Point de vue canadien :

L’avancement menant à un meilleur poste mieux rémunéré et de plus grand statut social est un puissant facteur de motivation pour de nombreux Rwandais.

Souvent, en entrant dans un commerce, vous verrez des employés assis à ne rien faire. De fait, s’ils avaient été formés de manière à voir un avantage direct dans le travail qu’ils font, cela aurait pu les motiver davantage. En effet, les employés ou les collègues peuvent perdre toute motivation, lorsqu’ils constatent que leur travail n’est pas reconnu ou qu’ils ne sont pas adéquatement rémunérés.

En travaillant avec des enseignants, j’ai constaté qu’ils étaient motivés lorsqu’ils étaient reconnus pour le travail qu’ils accomplissaient. Ils auraient souhaité avoir une reconnaissance monétaire, mais cela n’est pas toujours possible. Un compliment suffisait à les motiver. De plus, j’ai constaté que si un supérieur travaillait fort et s’occupait toujours à quelque tâche, cela poussait les employés à travailler aussi fort.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Pour en apprendre sur la culture rwandaise, il n’existe malheureusement pas beaucoup de références qui font autorité en la matière. On peut cependant suggérer les écrits de l’Abbé Alexis KAGAME sur l’histoire, la culture et la philosophie rwandaise (l’Abbé est sans aucun lien de parenté avec l’actuel président: la plupart des noms rwandais sont attribués individuellement, et ce ne sont pas des noms de famille comme en occident). C’est un auteur prolifique qui, même s’il est actuellement fort critiqué, reste incontournable. Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’autres auteurs d’expression française ou anglaise qui se sont fait une place respectable dans la littérature.

La musique la plus typiquement rwandaise se trouve dans les ballades de Cécile KAYIREBWA, les danses folkloriques INTORE, les chansons accompagnées à la cithare.

Les plats traditionnels sont faits généralement à base de haricots et de tubercules (patates douces, manioc, plantain). Un repas copieux peut être préparé à base de plantain avec des haricots, le tout assaisonné à la soupe d’arachides.

En outre, il y a lieu de préciser que tous les gens qui vont travailler au Rwanda ont besoin de connaître la vérité sur le génocide qui a ravagé le pays en 1994. Il existe beaucoup d’écrits d’importance inégale sur le sujet, mais l’on pourrait recommander deux auteurs pour la profondeur de leur analyse, l’équilibre ou l’impartialité de leur position dans le traitement des faits, et leur connaissance particulière des enjeux socio-politiques de la région. Il s’agit des écrits de: Gérard PRUNIER et de Philip REYNTJENS.

Les liens Internet les plus utiles : Les sites officiels: Pour informations générales : Site officiel du gouvernement : http://www.rwanda1.com/government; Pour informations économiques : Site de la banque centrale (Banque Nationale du Rwanda) : http://www.bnr.rw; Site du Ministère des finances : http://www.minecofin.gov.rw; et le site de la Banque Mondiale : http://www.worldbank.org/afr/rw2.htm. Autres sites: Site sur le génocide rwandais: http://www.perso.wanadoo.fr/rwanda94/; Site privé d’informations générales et d’échanges sur l’actualité, la culture du Rwanda: http://www.iwacu1.com.

Point de vue canadien :

Livres : Nous avons le plaisir de vous informer que demain, nous serons tous tués avec notre famille : chroniques rwandaises, par Philip Gourevitch; A People Betrayed, par Linda Melvern (je crois); La crise rwandaise par Prunier. Ces trois ouvrages portent sur le génocide, chacun d’un point de vue légèrement différent. Ils vous donneront une idée du peu qu’a fait le reste du monde pour le Rwanda durant cette période. Dans un tout autre ordre d’idées, vous pourriez lire Le Pays aux mille collines : Ma vie au Rwanda, par Rosamond Halsey Carr et Ann Howard, sur le style de vie d’un expatrié avant la guerre.

Films : « Cent jours »; plusieurs documentaires de l’ONF (je ne peux pas me souvenir des titres, mais ils sont disponibles à ma bibliothèque locale). Ces films et documentaires portent aussi sur le génocide. « Gorillas In The Mist » pourrait aussi vous plaire si vous travaillez dans la région de Ruhengeri et si la protection des gorilles vous tient à coeur.

Lieux à visiter : Plusieurs Rwandais résident au Canada. Vous pourriez en contacter quelques-uns ou leur rendre visite pour obtenir leur point de vue avant votre départ.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Les activités journalistiques au Rwanda sont encore balbutiantes, et généralement on ne trouve pas de bons articles ou de bonnes émissions sur la culture locale. La connaissance sur la culture peut tout simplement s’acquérir au contact régulier avec les gens. La meilleure façon est peut être de fréquenter de temps à autres certains cafés-bars pour prendre un verre avec les gens. Cela permet de développer des relations sociales plus ou moins désintéressées, ce qui facilite les échanges sur la société et la culture locales; il est aussi intéressant de participer à certaines cérémonies, notamment de mariage ou d’attribution de nom aux nouveaux-nés. Les spectacles d’humour comme on en connaît au Québec n’existent pas au Rwanda. Par exemple l’humoriste rwandais Michel MPAMBARA très connu au Québec n’est pas du tout connu au Rwanda.

Point de vue canadien :

Lorsque vous serez au Rwanda : Je vous propose de visiter le Musée national de Butare (très belles pièces, principalement de langue française); le Centre culturel français de Kigali (qui présente souvent des concerts, des pièces et des expositions d’art); une maison rwandaise (acceptez toute invitation à rendre visite à un voisin ou à un collègue ou invitez un ami local chez vous pour prendre un thé ou une visite); Chez Lando à Kigali (musique d’orchestre rwandaise, le samedi en soirée).

Spécialités à consommer : Les restaurants locaux qui offrent des mets traditionnels se ressemblent tous à ce point de vue. Peu de restaurants sont ouverts en fin d’après-midi. Les aliments offerts sont semblables à ceux que l’on peut trouver dans une maison rwandaise – chips (frites), riz, spaghetti, patates douces, bananes vertes en ragoût, légumes cuits, haricots verts, haricots, pois, chou, poisson, poulet et viande en ragoût. (Ou une combinaison de ce qui précède). Tous les prix sont plus élevés si vous prenez de la viande. En soirée, les aliments les plus répandus sont les brochettes (de chèvre, de boeuf, d’abats ou de poisson), des poulets entiers ou du poisson et des frites. La bière et les boissons « fanta» (soda) sont aussi disponibles, mais doivent être commandées froides (« ikonje» ), si c’est ce que vous préférez. (Note : Les femmes rwandaises consomment rarement de l’alcool. Les expatriées le font, mais si elles sont seules en région rurale, elles doivent se montrer prudentes parce que cela pourrait ne pas être acceptable, contrairement aux centres urbains). Lorsque vous socialisez, les brochettes et les boissons sont habituellement achetées par la personne qui a fait l’invitation.

Musique : L’un des musiciens les plus connus et écoutés des Rwandais est Cécile (autre nom oublié, mais tout le monde connaît « Cécile ») (« Africa’s Enya », je crois). Mais, il y a plusieurs autres artistes rwandais dont on peut se procurer les oeuvres dans les points de vente de cassettes du pays. R & B (Craig David, Shaggy), Congolese (Koffie Olemeada) et reggae (Lucky Dube) sont aussi populaires.

Pour en savoir plus sur la culture rwandaise, il est bon d’accepter toutes les invitations que vous pourriez recevoir à des mariages, funérailles et baptêmes. N’hésitez pas à assister à des concerts dans les stades et au Centre culturel français, qui présente des expositions d’oeuvres d’artistes locaux. Gardez les yeux ouverts lorsque vous passez à des ronds-points où nombre d’activités sont annoncées une journée avant leur tenue.

Des quotidiens en anglais, français et Kinyarwanda sont aussi disponibles. Mais demandez à vos collègues de vous dire ce qu’il y a aux nouvelles, parce que la couverture varie souvent d’une langue à l’autre. La télévision est aussi disponible dans les trois langues. Nombreux sont les Rwandais qui écoutent les nouvelles à la radio. Les stations radio diffusent fréquemment en Kinyarwanda ou en Swahili, mais il y a des reportages en français et en anglais.

Des événements sportifs, tels que les matchs de soccer, se tiennent souvent dans les stades. Si vous êtes un sportif, vous pourriez vous joindre à une équipe de volleyball et faire des connaissances dans un environnement moins formel. Il y a aussi des choeurs dans chaque église qui vous accueilleront avec plaisir, si la chose vous intéresse. (Ce serait là le meilleur moyen de pratiquer le Kinyarwanda!)

Un établissement, The Turtle Cafe, à Kigali, expose des oeuvres d’art intéressantes et a un orchestre qui joue en fin de semaine. Chaque vendredi et samedi en soirée des orchestres rwandais et congolais y jouent.

Si les événements culturels vous intéressent, dites-le aux gens qui vous entourent et ils vous inviteront probablement à y participer ou y assister.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

La question des héros nationaux rwandais a été officiellement discutée par les instances politiques du pays, et les débats suscités ont montré qu’il n’était pas facile d’atteindre un consensus là-dessus. Même si quelques noms ont été avancés, le choix reste marqué par des considérations d’ordre plus politique que populaire.

Point de vue canadien :

Fred Rwigema est l’un des héros nationaux du Rwanda. Il a dirigé le FPR, mais il a été tué le premier jour des combats qui ont commencé en 1990. Agathe (j’oublie son nom en Kinyarwanda) a été la dernière première ministre sous le régime de Habyarimana. Hutu modérée, elle a été assassinée au début du génocide en 1994. Le roi Charles Rudahigwa Mutara III pourrait avoir aussi été assassiné par son médecin belge, lorsqu’il s’est opposé aux politiques coloniales de la Belgique.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

À priori non. Le Canada n’a pas de passé colonial en Afrique, ce qui peut lui conférer un statut de neutralité aux yeux de beaucoup de pays africains. Dans le cas spécifique du Rwanda, on pourrait peut être avancer que le fait que les officiers canadiens étaient à la tête de la MINUAR (Mission des Nations Unies d’Assistance au Rwanda) peu avant, pendant et après le génocide de 1994, peut être à l’origine d’un certain ressentiment de la part de certains Rwandais à l’égard des Canadiens. Certains accusent la MINUAR de "complicité passive" dans le génocide rwandais. C’est un ressentiment qui est loin d’être prédominant.

Point de vue canadien :

Roméo Dallaire, un général canadien, qui a dirigé UNAMIR, la force de maintien de la paix au Rwanda avant et durant le génocide. Plusieurs Rwandais le respectent pour avoir fait de son mieux malgré les ressources limitées que lui ont fourni les Nations Unies, mais d’autres pensent qu’il aurait pu faire plus. Le Canada est aussi respecté pour avoir accueilli plusieurs réfugiés du Rwanda durant les années d’insécurité.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les stéréotypes entretenus par les Rwandais à l’égard des Canadiens sont en général les mêmes que ceux entretenus à l’endroit des occidentaux. Le Rwandais moyen se dit que le Canadien est riche (sous-entendu qu’il ne devrait pas être radin), qu’il est ponctuel, rigoureux, impartial, mais qu’il est d’humeur inégale (sous-entendu qu’il est difficile de se fier à lui) et qu’il a généralement mauvais goût ou peu d’intérêt en ce qui concerne l’habillement. Le canadien est souvent idéalisé, à tel point que confronté à la réalité du terrain il risque de décevoir.

Par rapport aux stéréotypes entretenus par les Canadiens à l’égard des Rwandais, même si l’on ne peut pas généraliser, les stéréotypes que l’on entend souvent font état de la fainéantise (travailler lentement, sans souci des délais), du peu de souci par rapport à la qualité du travail.

Point de vue canadien :

Le Canadien peut se demander, lorsqu’il rencontre un Rwandais, « À quel groupe ethnique appartient-il et a-t-il pris part au génocide? » Il est important de se rappeler que les deux groupes ethniques ont été victimes du génocide et que le gros du peuple est innocent des crimes commis à l’époque. Plusieurs pensent encore que le pays n’est pas sûr et qu’il est dangereux d’y résider. Ils peuvent enfin penser que les Africains en général, et les Rwandais en particulier, ne sont pas autant affectés que les Occidentaux par la guerre, la maladie et la mort parce que ceux-ci y sont « habitués ».

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né en 1967. L'aîné de 10 enfants, il a grandi en ville et à la campagne dans un village près de Kigali. Il a poursuivi ses études à Kibungo en humanités économiques et aussi à l'université de Butare. Ses études l'ont amené au Canada en 1989. En 1993 il est retourné au Rwanda où il a travaillé jusqu'à 2001. Par la suite, il est revenu au Canada pour étudier en Administration des affaires. Il vit actuellement à Trois-Rivières depuis un an et travaille dans le domaine demla gestion. Il est marié sans enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née et a grandi à Yorkton au Saskatchewan. Elle est la benjamine d'une famille de quatre enfants. Elle a étudié en physiothérapie à l'Université de l'Alberta, à Edmonton. Son travail à titre de bénévole l'a menée à l'étranger pour la première fois en 1998, au Swaziland plus précisément, pour Carrefour Canadien International. Elle a travaillé en physiothérapie à l'Hôpital gouvernemental Mbabane et en administration auprès d'une ONG. Par la suite, votre interprète culturelle a résidé au Rwanda pendant deux ans où elle a travaillé comme bénévole auprès du Volunteer Service Overseas (VSO) et enseigné la physiothérapie à l'Institut de santé de Kigali. Elle est actuellement en voyage en Afrique et compte reprendre son emploi au District de santé de Régina, en Saskatchewan, dès janvier 2003. Elle est mariée et n'a pas d'enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.