Sierra Léone

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, abordez un sujet concernant votre interlocuteur et laissez celui-ci vous poser des questions. Celles-ci pourront par exemple consister à vous demander votre nom et votre prénom, puis porter sur l’endroit de résidence, le travail, les centres d’intérêt (passe-temps) et les origines familiales; entretenez une conversation intéressante et sur un ton léger. Il est recommandé d’éviter tout sujet relié à la récente guerre civile ou à la vie conjugale. En effet, les Sierra-Léonais étaient engagés il y a encore peu de temps dans un conflit; ils tentent maintenant de se réconcilier et d’oublier les atrocités qu’ils ont vécues; il vous serait difficile de trouver quelqu’un qui souhaite discuter de la guerre. Toutefois, si ce sujet surgit dans le cours de la conversation, n’hésitez pas à y participer. D’autre part, les questions sur la vie conjugale sont considérées indiscrètes et il est impoli de demander son âge à quelqu’un. Certains sujets peuvent être traités de façon humoristique, ce qui n’est pas le cas pour d’autres. Comment les distinguer? En vous montrant attentif et observateur.

Point de vue canadien :

Lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, la famille, les origines et les questions d’ordre général sur la Sierra Leone constituent de bons sujets de conversation. Les gens Sierra-Léonais sont très axés sur la famille et seront ravis de vous parler de leur partenaire et surtout de leurs enfants, dont ils sont particulièrement fiers s’ils sont scolarisés. Même si la langue de la Sierra Leone est l’anglais, les Sierra-Léonais ont autant de difficulté à comprendre l’accent canadien que les Canadiens à comprendre l’accent local. De plus, ceux qui viennent des provinces ou ceux qui n’ont pas reçu une éducation trop poussée parlent le créole, un dialecte difficile à comprendre.

De nombreux Sierra-Léonais continuent à estimer beaucoup et même excessivement les personnes de race blanche, ce qui les amènera à répondre à toutes vos questions, même si certaines les mettent mal à l’aise. Il est donc très important de s’adresser à eux en tant qu’égaux et non comme si vous parliez à des enfants.

Le taux de chômage est très élevé en Sierra Leone et par conséquent, si vous ne savez pas comment votre interlocuteur gagne sa vie, le sujet du travail devrait être abordé avec prudence pour éviter de le gêner. D’autre part, nombreux sont ceux qui ont beaucoup souffert pendant la guerre civile qui a duré 10 ans, et de nombreuses familles ont été endeuillées. Ce sujet devrait donc être également abordé avec précaution. Notons aussi que les amputations de bras et/ou de jambes constituaient une punition largement répandue pendant la guerre, dans chaque partie adverse; si votre interlocuteur semble avoir été victime de cette pratique, le cas échéant, invoquez ce sujet avec délicatesse.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La distance à respecter entre deux interlocuteurs varie selon les situations et le statut dans la société de la personne à qui vous vous adressez. Par exemple, dans une situation conventionnelle ou si vous parlez avec des personnes plus âgées que vous, il n’est pas convenable de toucher vos interlocuteurs. Les gestes et les expressions faciales sont acceptables parmi les personnes de même statut et en général (entre pairs) dans les réunions non officielles. Les Sierra-Léonais sont très sensibles à l’âge et au poste occupé. Ainsi, le ton de la voix et la façon de s’adresser à ses interlocuteurs varient en fonction du rang de ces derniers. Il n’est pas nécessaire de faire preuve d’une politesse excessive avec des interlocuteurs de votre rang. Contrairement à l’usage ayant cours au Canada, surtout si vous vous adressez à des personnes plus âgées, le fait de garder un contact visuel est considéré plutôt irrespectueux. En Sierra Leone, la majorité des enfants ne sont pas autorisés à regarder les personnes plus âgées droit dans les yeux. Cette attitude est considérée impolie.

Point de vue canadien :

Lorsque des Sierra-Léonais se rencontrent, pour la première fois ou non, habituellement ils échangent une poignée de main. S’ils se connaissent, il arrive qu’ils continuent de se tenir la main pendant la conversation, même lorsqu’ils marchent côte à côte après s’être rencontrés. Bien que cette pratique soit courante dans plusieurs autres pays, elle peut rendre mal à l’aise de nombreux Occidentaux. S’ils ne continuent pas à vous tenir la main, les gens peuvent se tenir assez proches pour vous toucher, par exemple à l’épaule, pendant que vous parlez.

Le contact visuel est important, tout comme pour les Canadiens, et devrait être maintenu tout au long de la conversation. Les Sierra-Léonais sont joyeux et aiment pimenter leur conversation d’humour, tout spécialement parce qu’ils apprécient beaucoup les Canadiens. Cependant, vous devriez réserver votre sens de l’humour aux personnes que vous connaissez un peu mieux, étant donné la difficulté qu’ils peuvent éprouver à comprendre leur interlocuteur et son sens de l’humour, à défaut de quoi ils pourraient se sentir rabaissés.

L’influence britannique est encore très palpable en Sierra Leone et de nombreuses expressions britanniques émaillent les conversations. Les Sierra-Léonais ont tendance à s’animer beaucoup lorsqu’ils parlent, surtout si le sujet est litigieux et, dans ce cas, ils élèvent le ton pour faire valoir leur point de vue.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

En public, l’affection se démontre par des poignées de main, des conversations amicales menées à bâtons rompus, des sourires, des éclats de rire, etc. Les étreintes et les embrassades sont également acceptables, mais il faut souligner qu’elles ne constituent pas des gestes d’affection publics très courants. Toutefois, aucune loi n’interdit de s’embrasser en public et il n’est pas rare de donner ou de recevoir un baiser sur la joue. Comme presque partout ailleurs, la colère est acceptée si elle est justifiée. Les émotions fortes, telles que la peur ou la colère, s’expriment plus librement en Sierra Leone qu’au Canada. Toutefois, les autorités s’y opposent vivement car elles sont généralement associées à une forme de violence.

Point de vue canadien :

Les démonstrations publiques d’affection sont aussi courantes en Sierra Leone qu’au Canada. Les gens se mettent souvent en colère pour une simple remarque sur la façon de conduire ou en cas de litige entre un fournisseur et un client. Ces incidents attirent la foule et les curieux s’identifient rapidement à un ou l’autre camp. Les Canadiens peuvent être repérés facilement dans la foule. Ils devraient donc éviter d’être mêlés à ces rassemblements afin d’éviter d’être entraînés dans la bagarre contre leur volonté. En effet, même si la majorité des Sierra-Léonais ont un profond respect des Canadiens, il y en a qui ne supportent pas la présence d’étrangers dans leur pays, peu importe leur origine.

Que ce soit en raison du taux élevé du chômage, de la foule qui circule dans les rues ou du récent conflit, les bagarres et les disputes en public sont assez courantes. De plus, une conversation ordinaire dans une rue animée peut prendre l’apparence d’une violente dispute. Notons que dans la majorité des cas, toutes les personnes qui se trouvent aux alentours d’une dispute y participent.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Aucune loi ne dicte la tenue vestimentaire à adopter au travail; cependant, on s’attend à ce qu’elle soit décente et que vous soyez présentable. Vous ne devriez pas porter des vêtements qui soient trop révélateurs car la façon de les porter est aussi importante que leur style, et la tenue que vous portez reflète le respect que vous recevrez lors de vos fonctions officielles. De plus, dans le public, les personnes sont « cataloguées » selon leur tenue vestimentaire (p. ex., les nobles ou ceux qui détiennent des postes à responsabilité au gouvernement, dans le secteur public ou au sein de la société, etc.) En outre, les gens peuvent présumer de votre mode de vie ou de votre attitude sur la scène publique. D’autre part, si vous vous habillez dans le but de séduire, vous serez considérée comme une prostituée.

L’anglais est la langue officielle ainsi que la langue d’enseignement. Les dialectes locaux ou d’autres langues, ainsi que l’anglais, peuvent être utilisés de façon informelle. De plus, les gens apprécient être appelés par leur titre, par exemple, Monsieur, Mademoiselle, Chef, Madame, etc. Il est recommandé aux jeunes gens d’appeler leurs aînés simplement par leur prénom, afin de démontrer leur respect; il est considéré impoli de ne pas observer cette coutume dans notre culture.

Dans l’ensemble, les Sierra-Léonais ne sont pas très ponctuels à leur travail ou lors des réunions car, pour eux, le temps n’a pas autant de valeur que pour les Occidentaux. S’ils s’absentent de leur travail, c’est avec l’autorisation de leur superviseur. Néanmoins, ils connaissent la limite à ne pas dépasser en termes de retard. En effet, un employé risque d’être réprimandé si aucune raison valable ne justifie son retard. L’impact du respect des dates d’échéance, de la ponctualité, de l’absentéisme et de la productivité varie avec la direction de chaque bureau.

Point de vue canadien :

Pour se rendre à une réunion professionnelle, une tenue vestimentaire simple et confortable suffit. Dans l’ensemble, les Sierra-Léonais portent des pantalons et un haut coloré de style africain. Le pays compte 60 % de musulmans et il est donc courant de les voir assister à une réunion professionnelle en costume musulman traditionnel. Les personnes qui ont réussi dans la vie ou qui souhaitent en donner l’impression porteront des costumes, à l’instar des représentants du gouvernement qui occupent des postes de haute fonction.

Au cours d’une réunion professionnelle, il est acceptable de s’adresser à un collègue en l’appelant par son prénom. Il est aussi acceptable pour un occidental de s’adresser ainsi à la plupart des représentants du gouvernement, à condition que ceux-ci occupent un poste inférieur à celui de ministre. Pour ma part, je traitais surtout avec des représentants de la police et j’ai toujours préféré m’adresser aux officiers diplômés en utilisant « Monsieur » ou « Madame », même si cela aurait été tout à fait acceptable de les appeler par leur prénom lors d’une rencontre ou d’une réunion professionnelle officielle. Dans le cas d’une réunion officielle incluant plusieurs personnes, j’utilisais seulement « Monsieur » ou « Madame ».

La ponctualité ne semble pas être un facteur important, tout particulièrement pour celui qui convoque la réunion. En fait, il n’est pas rare de voir l’organisateur de la réunion envoyer un avis à ceux qui devaient y participer pour les informer que la réunion a été annulée car il doit participer à une autre, convoquée par une personne occupant des fonctions plus élevées que celles des participants à la réunion initiale. Nombreux sont ceux qui arrivent en retard à une réunion en raison de l’encombrement de la circulation. Il est aussi considéré acceptable pour le participant dont les fonctions sont les plus élevées d’être très en retard (d’une heure ou plus).

Les dates d’échéance et la rentabilité ne semblent pas non plus être considérées comme des facteurs importants. La planification n’est pas pratique courante et de nombreux projets sont entrepris à la dernière minute ou on vous demande d’avoir plus de temps pour les exécuter. Que la tâche ait été commandée par un superviseur local ou étranger, les gens ont souvent tendance à vouloir remettre les choses à plus tard. Ils auront davantage tendance à rejeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre ou à trouver une excuse à leur retard en présence d’un superviseur étranger.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Tout responsable ou directeur local devrait avoir une connaissance approfondie de son travail; même si en réalité, ce sont les aptitudes aux études et les compétences professionnelles qui servent à évaluer la connaissance et la compréhension d’un travail déterminé. Comme le dit l’adage, « l’expérience est un vieux professeur ». Un directeur qui se montre juste est plus apprécié et mieux accepté par ses subalternes car il est à l’écoute et prend en compte les suggestions importantes proposées par les petits ouvriers. On s’attendra peut-être à ce qu’il soit ouvert aux nouvelles idées, courageux au travail, honnête, amical, etc. En ce qui a trait aux qualités, il n’y a pas de distinction entre un responsable/ directeur local et un autre qui serait étranger. Vos employés se montreront très proches et plaisanteront avec vous si vous établissez une bonne relation avec eux; ils peuvent faire preuve d’une plus grande ouverture d’esprit et vous aideront au besoin, même si ce n’est pas sur le plan financier. Par contre, s’ils n’apprécient pas votre attitude, vous n’en croiserez aucun en dehors des heures de bureau.

Point de vue canadien :

Ceux qui ont une éducation plus poussée sont généralement très respectés, qu’ils soient Sierra-Léonais ou étrangers, et ils sont promus à des postes plus élevés.

Si vous êtes étranger et occupez un poste de supervision, vous saurez que vous êtes respecté si vos subalternes viennent vous demander conseil, par exemple avant de prendre une décision. Ils connaissent souvent la réponse mais souhaitent vous montrer ainsi qu’ils vous acceptent et vous offrent leur soutien.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Au travail, la prise de décision relève d’une responsabilité collective. Toutefois, le mot de la fin est réservé au supérieur hiérarchique. On détermine s’il s’agit d’un bon superviseur ou d’un superviseur médiocre à la façon dont il exerce son autorité. Tout travailleur devrait s’adresser à son supérieur hiérarchique immédiat pour obtenir des réponses ou des commentaires lorsque cela est nécessaire.

Point de vue canadien :

De nombreuses personnes qui ont des pouvoirs inhérents à leur poste hésitent à prendre une décision car ils ont peur de se tromper et de subir les châtiments qui étaient réservés à ceux qui jadis, commettaient des erreurs. Ils hésiteront puis demanderont souvent à leur supérieur hiérarchique de prendre la décision qu’ils auraient pu prendre eux-mêmes. Seuls ceux qui occupent de très hautes fonctions et qui ont souvent reçu une éducation ou une formation à l’occidentale sont prêts à prendre rapidement des décisions. Il est généralement acceptable de s’adresser à son superviseur pour obtenir des conseils ou de la rétroaction et éviter ainsi toute responsabilité associée à la prise de décision.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : En Sierra Leone, les hommes et les femmes participent tous les deux à la prise de décision. Cependant on croit que les hommes sont sensés faire des travaux les plus pénibles, tandis que les femmes, tout spécialement celles qui sont âgées, sont respectées lors des rassemblements sociaux de tout genre.

Religion : La liberté du culte prévaut en Sierra Leone. On y retrouve deux religions principales, soit le Christianisme et l’Islam. Peu de Sierra-Léonais croient au culte traditionnel, mais personne n’est obligé de pratiquer aucune de ces religions. En outre, les croyants des deux religions principales vivent et travaillent ensemble, pacifiquement.

Classe : La société est composée de plusieurs classes : les dirigeants, les riches, les aînés, les chefs traditionnels, la classe inférieure, les notables, etc. La majorité de ces personnes apprécient que l’on s’adresse à elles en utilisant leur titre, surtout dans les réunions officielles ou lors des cérémonies. Cependant, la structure des classes n’est pas rigide.

Origines ethniques : Les groupes ethniques sont nombreux, mais les groupes prédominants sont ceux des Mendes, des Temnes et des Créoles. La langue Krio de la tribu des Créoles est largement utilisée, surtout dans la capitale, Freetown.

En principe, aucune des caractéristiques ci-dessus n’aura d’impact au travail du moment que les employés comprennent ce que l’on attend d’eux.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Les femmes ne jouissent pas encore de la même égalité entre hommes et femmes que dans les pays développés. Celles qui ont reçu une éducation plus poussée et qui occupent un poste leur conférant l’autorité doivent exercer celle-ci de sorte à être acceptées lorsqu’elles président une réunion. Par nature, les femmes occupent des postes d’employées de bureau, de secrétaires ou d’assistantes administratives. Il incombe aux employées de bureau d’aller chercher les boissons et la nourriture (café, thé, déjeuner) pour leur patron. En dehors du travail, il n’est pas rare de voir un père marcher les mains vides à côté de sa fille transportant un lourd seau d’eau ou un fagot de bois sur la tête car les femmes et les enfants sont chargés d’effectuer les menus travaux (p. ex., le transport de l’eau et du bois) tandis que les hommes exécutent les travaux pénibles. Vous pourrez croiser aussi un homme et son épouse transportant des objets lourds sur leur tête, la femme portant en plus un enfant sur le dos.

Religion : Le pays compte 60 % de musulmans qui observent strictement les coutumes musulmanes et les fêtes religieuses. Les autres 40 % comprennent des chrétiens très pratiquants qui passent une bonne partie du dimanche à l’église.

Classes : Le système de castes, ou de classes, est solidement implanté en Sierra Leone. Ceux qui sont devenus aisés font preuve de peu de respect ou de tolérance envers ceux qui ont des métiers inférieurs ou qui sont sans emploi; c’est aussi le cas des ressortissants d’autres pays africains travaillant en Sierra Leone.

Origines ethniques : Les allégeances tribales sont fermement ancrées en Sierra Leone. Les personnes en position d’autorité s’entourent souvent de membres de leur tribu et remplacent les autres pour la simple raison qu’ils sont de tribus différentes.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Avant d’établir une relation professionnelle avec un collègue ou un client, il est recommandé d’avoir une petite discussion sur un sujet non relié au travail. D’après les Sierra-Léonais, cette tactique permet d’instaurer une atmosphère amicale et de supprimer la tension qui pourrait y avoir dans l’air. Par exemple, des sujets non professionnels tels que le sport, le climat, le cours des événements, etc., pourront être abordés pour établir une relation.

Point de vue canadien :

Il est extrêmement important que vous preniez votre temps pour établir graduellement des rapports avec vos collègues. Ils seront prêts à accepter le changement, mais étape par étape. Vous devez les convaincre que ce changement comporte des avantages.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Un collègue ou un employé s’attendra à recevoir des privilèges spéciaux ou une certaine considération si vous avez déjà établi une relation personnelle ou amicale avec lui. Vous serez donc considéré comme un ami et si vous êtes en position d’aider, ce sera apprécié. Toutefois, rien ne vous y oblige. Si l’employé se montre appliqué au travail, honnête, amical et si vous savez qu’il a désespérément besoin de votre aide, je vous recommande de lui accorder ces privilèges ou cette considération.

Point de vue canadien :

C’est vrai! Nombreux sont les Sierra-Léonais qui n’hésitent pas à demander de l’argent, des cadeaux ou une aide particulière pour pouvoir s’installer au Canada. Avoir un contact avec un Canadien est quelque chose dont ils sont fiers. Si vous remplacez un autre Canadien, ils vous expliqueront que le précédent était leur meilleur ami et très vite, ils vous demanderont de l’argent. Ils sont nombreux à souhaiter s’installer au Canada et perçoivent le fait d’avoir un contact avec des Canadiens comme une opportunité. Il est judicieux de leur faire connaître le site du ministère de l’Emploi et de l’Immigration car la majorité d’entre eux connaissent quelqu’un qui peut les aider à consulter le site dans un Salon Internet. Vous devez étudier toutes les demandes d’argent avec soin. Pour ma part, j’ai contribué à l’achat de médicaments pour un enfant qui souffrait de la malaria, mais j’ai toujours refusé de participer par exemple à des frais de voyage dans les provinces.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

En cas de problème professionnel avec un de vos collègues, vous devriez lui parler directement, sans pour autant que cela n’engendre de dispute. Vous pourriez informer votre supérieur hiérarchique immédiat ou un autre collègue de tout problème sérieux afin de trouver la meilleure solution. Vous remarquerez qu’un collègue vous reproche quelque chose ou que vous l’avez contrarié, par un changement dans son attitude. Certains se montreront plus sûrs d’eux-mêmes en vous faisant part directement de leur sentiment.

Point de vue canadien :

En Sierra Leone, on fait face aux problèmes professionnels comme partout ailleurs. Les gens sont sensibles et se sentent facilement mal à l’aise; ces problèmes devraient donc être traités en privé. Cernez le problème, expliquez comment le résoudre, surveillez l’évolution et fournissez le suivi. Si vous êtes superviseur, expliquez qu’il est important de bien faire son travail et qu’un travail bien fait est un facteur essentiel pour établir de bons rapports. N’oubliez pas que si vous avez des reproches à faire à quelqu’un, la personne en question va sûrement se tenir sur la défensive. De plus, si vous offensez vos collègues, ils ne diront généralement rien mais sembleront soudain plus distants et moins amicaux.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Pour ce qui est de motiver un collègue local afin d’améliorer sa performance au travail, je vous donnerais les conseils suivants : évitez de trop garder vos distances; ne considérez pas les ouï-dire comme des paroles d’évangile; faites toujours votre propre enquête lorsqu’un problème surgit; complimentez ceux qui le méritent; montrez-vous empathique, améliorez les conditions de travail; respectez vos collègues et les aînés et encouragez-les.

Point de vue canadien :

Une fois que vous avez établi de bons rapports avec eux, les Sierra-Léonais se font en général un plaisir de rencontrer vos exigences. La majorité des gens sont tout simplement heureux d’avoir un emploi, et en retour, un revenu. Par contre, ils ont tendance à ne pas trop s’identifier à leur travail.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Pour apprendre à mieux connaître la culture locale, je vous recommande de prendre part aux discussions informelles avec les gens de tout âge et de tout rang. Les ouvrages suivants vous permettront également d’en apprendre davantage : A Short History of Sierra Leone et Ngombu Kabue, qui traite de la tribu Mende. Vous trouverez également d’autres livres à la bibliothèque de Freetown ou dans une bibliothèque de province, par exemple à Bo, Kenema ou Makeni.

Vous souhaiterez peut-être consulter les sites Web suivants : www.sierraleone.com, www.sierrakeine.org/culture et new.bbc.co.uk.

Point de vue canadien :

Je vous recommande vivement de lire Dances with Devils, d’Animatta FORNA, qui décrit la vie d’une petite fille en Sierra Leone, avant et après la guerre, puis sa quête pour découvrir la vérité au sujet de son père, un ancien ministre emprisonné et condamné à mort pour avoir essayé de changer la direction du gouvernement.

Il y a aussi deux films disponibles en vidéo. Il s’agit de Cry Freetown, du réalisateur sierra-léonais Sorious Samura, qui traite de la brutale invasion de Freetown par les rebelles, en janvier 1999, et de Return to Freetown, qui décrit la triste destinée des enfants soldats revenant dans leur famille après la guerre. Des copies piratées de ces vidéos sont vendues à tous les coins de rue à Freetown mais aussi dans les aéroports et sont aussi offertes sur Internet.

Plusieurs films documentaires ont aussi été réalisés sur les « diamants du sang » qui alimentent les conflits dans de nombreux pays de l’Afrique occidentale. L’un de ses documentaires est une production du National Geographic intitulée Diamonds, The Real Story; il a été réalisé par Andrew Cockburn.

Vous pouvez consulter le site Internet Sierra Leone News à www.sierra-leone.org/slnews. Ce site informatif est mis à jour quotidiennement.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

En ce qui a trait aux émissions télévisées, je vous recommande les programmes de la chaîne Sierra Leone Television Service. Vous pourrez aussi visiter le musée de Freetown, assister aux concerts, à des spectacles de danses traditionnelles ou à des comédies dramatiques, regarder les publicités, assister à des cérémonies telles que des attributions de noms, des mariages traditionnels, des baptêmes, fréquenter les centres de loisirs, etc. Quant à la nourriture, elle est très variée en Sierra Leone (riz, manioc, foufou, pommes de terre, ignames, haricots, chevreuil, vache, chèvre, feuilles de manioc, feuilles de patates douces, etc.), mais elle est à base de riz. Si vous vous sentez à l’aise, on vous fera goûter avec plaisir tous les mets prisés par les Sierra-Léonais. Pour trouver un interprète culturel, je vous recommande d’assister par exemple aux concerts, aux événements sportifs, aux spectacles comiques et aux spectacles traditionnels et de vous rapprocher des gens. En participant à ces activités, vous vous ferez apprécier et peut-être que quelqu’un vous proposera spontanément d’être votre interprète. En échangeant, en discutant et même en voyageant avec les gens du pays, il vous sera certainement plus facile de trouver un interprète culturel.

Point de vue canadien :

Vos collègues Sierra-Léonais seront des personnes-ressources qui vous seront très utiles. Les concerts et les spectacles sont encore peu courants. D’autre part, les événements sportifs ont été associés à des problèmes et tant que le pays n’a pas retrouvé sa stabilité, il est préférable de ne pas y assister. Soulignons que la majorité des logements à louer sont offerts avec une aide domestique qui peut se révéler très utile en vous donnant des conseils si vous souhaitez visiter la Sierra-Leone ou les alentours. Elle sera très fière de vous renseigner sur son pays et vous en donnera un aperçu très intéressant.

Quant à la nourriture, elle est à base de riz. Ne ratez surtout pas l’occasion de goûter au Groundnut Stew.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Parmi les héros nationaux, citons notamment Madame Yoko, qui a introduit l’initiation des jeunes filles dans la société Sande pour les aider à devenir femmes et leur apprendre à se comporter parmi les aînés, à élever leurs enfants et à prendre soin de leur famille; Fama Tami et Mansa Kama, des guerriers du Nord de la Sierra Leone qui se sont battus pour défendre cette partie du pays; et Bai Bureh et Nyaua, qui, avec Madame Yoko, se sont rebellés contre le paiement de la taxe sur les cases imposée par les colon britanniques. Sir Milton Augustus Strieby Margai, fut le premier Premier ministre. Albert Michael Marga Kendeh Bureh, Amadu Wurie, Banji Tejan-Sie et Ella Koblo Gulama font partie de ceux qui se sont courageusement battus pour libérer la Sierra Leone de la tutelle coloniale britannique. Ils ont mené le pays à l’indépendance en 1961. Siaka Probyn Stevens, Christian Alusine Kamara Taylor et Sorie Infa Koroma figurent parmi les premiers responsables de la Sierra Leone indépendante.

Ebenezer Calendar, Salia Koroma, John Akar et Amie Kallon comptent parmi les héros nationaux du monde des arts et de la culture de la Sierra Leone. Ils véhiculent des messages importants sur les personnes et les faits historiques et leurs chansons traitent des événements qui ont cours au pays.

Gumbu Smart, Thomas Peters, Sir Samuel Lewis, John Henry et Malamah Thomas étaient parmi les premiers colons arrivés en Sierra Leone avec des esclaves de la Nouvelle-Écosse et d’Amérique.

Edward Lavali a bâti la société Karmarjo et avec d’autres groupes Karmarjo s’est battu pour arracher le pays des mains des rebelles. Malheureusement, il a été tué par une mine terrestre dans le village de Hangha, situé dans le district de Kenema, dans l’est du pays.

Point de vue canadien :

Le président actuel, Ahmad Kabbah, est respecté des citoyens qui ont mis tous leurs espoirs dans sa personne pour la reconstruction de leur pays après la guerre. Siaka Stevens a été président pendant une partie de la guerre mais n’est respecté que de ceux qui étaient au pouvoir ou qui se sont enrichis pendant son régime oppressif. Foday Sankoh était le chef du Front uni révolutionnaire qui a essayé de renverser le gouvernement. Il est maintenant en prison où sa santé se détériore et ne compte que quelques partisans fidèles. Il figure parmi les sujets de conversation à éviter sauf s’il est abordé par quelqu’un du pays. Il est impossible de dire qui le soutenait et personne n’avoue appartenir à son parti.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Les esclaves libérés de la Nouvelle-Écosse ont été amenés en Sierra Leone, où ils souhaitaient être heureux. Toutefois, ces événements n’affecteront pas les relations professionnelles ou sociales avec les Canadiens et n’auront aucune conséquence préjudiciable en Sierra Leone pouvant entraîner un conflit.

Point de vue canadien :

La Sierra Leone et le Canada ne partagent qu’un seul fait historique : ce sont deux anciennes colonies britanniques. Toutefois, comme il y a peu de Sierra-Léonais qui sont assez âgés pour se souvenir de cette période, il est difficile de faire l’association. La majorité des Sierra-Léonais connaissent quelqu’un qui a visité le Canada ou qui y vit; ils ont donc une connaissance limitée de notre pays et de notre culture.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Aucun stéréotype n’est entretenu sur les Canadiens parmi les Sierra-Léonais qui dans l’ensemble, ne sont pas assez informés sur le Canada pour en avoir des idées préconçues.

Point de vue canadien :

Je ne crois pas que les Canadiens aient des idées préconçues sur la Sierra-Leone car ils en savent très peu sur ce pays. Cela se résume en grande partie à ce que nous apprenons de nos compatriotes qui s’y trouvent actuellement ou qui en reviennent. Toutefois, la technologie de l’information a grandement facilité l’obtention d’information à jour sur la situation de la Sierra Leone.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturelle est l'aînée d'une famille de quatorze enfants. Elle a grandi dans le village de Nyanyahun, situé à cinq kilomètres (3 miles) de la ville de Kailahun, dans l'est de la Sierra Leone. À six ans, elle a été scolarisée à Kailahun. Après avoir terminé sa cinquième (équivalent au secondaire V au Québec), elle s'est lancée dans la carrière d'enseignante à la Mission du district de Buedu, près de la frontière du Libéria. Cinq ans plus tard, elle était admise à l'école normale de Port Loko où elle a obtenu en 1981 son brevet d'enseignement en prématernelle et classes préparatoires. En 1995, elle a repris ses études pour obtenir son brevet supérieur de capacité (au primaire) à l'école normale Bunumbu de Kenema. Début 2001, elle vivait en Gambie et a finalement immigré au Canada en 2003 avec ses trois enfants. Elle compte entreprendre un programme de soutien à domicile/résident plus tard cette année.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel, deuxième d'une famille de quatre enfants, est né en Colombie-Britannique, au Canada. Il a grandi à Castlegar, C.-B., et a joint les forces de la Gendarmerie royale du Canada en 1968. Il a servi en Alberta pendant 14 ans avant d'être nommé instructeur à l'École de police de la Gendarmerie royale du Canada (G.R.C.), poste qu'il a occupé pendant 6 ans. Ensuite, il a été muté en C.-B. puis est parti en novembre 1995 à Haïti où, pendant 3 mois, il a été instructeur au Centre de formation de la police nationale haïtienne sous l'égide du ministère de la Justice américain dans le cadre d'un accord de formation coopérative conclu entre le Canada et les États-Unis en vue de former la première force de police civile de l'histoire d'Haïti. À la suite de ce mandat, votre interprète culturel a repris ses fonctions de patrouilleur à Parksville, en C.-B. En avril 2002, il a été affecté pendant 9 mois en Sierra Leone en tant que conseiller à l'École de formation des policiers de Hastings dans le cadre d'une mission des Nations Unies. Il est revenu au Canada en janvier 2003 et a pris sa retraite de la GRC après 35 années de service. Il est marié et a un enfant d'âge adulte.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.