Sénégal

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Il est possible de faire bonne impression lors d’une première rencontre avec un Sénégalais en posant des questions et en montrant votre intérêt sur son pays et sa culture. De manière générale, les thèmes qui portent sur la religion et le sexe sont à éviter. Quand on vient du Canada où tous les sujets sont débattus ouvertement, il peut être imprudent de penser qu’il en est de même dans un pays comme le Sénégal où la religion joue un rôle important. La sexualité est un sujet qu’abordent des personnes intimes ou du même âge. Lorsqu’on rencontre une personne pour la première fois, il est préférable de prendre le temps de se présenter et de chercher à en apprendre le plus possible sur sa culture et sur lui-même. Il est fréquent aussi de se heurter à une certaine résistance (superstition) lorsqu’on veut connaître l’âge de son interlocuteur ou le nombre de personnes dans sa famille. (Les ethnologues expliquent cette résistance par le fait que durant la période coloniale, on recrutait les écoliers parce que les familles ne voulaient pas envoyer leurs enfants à l’école mais il y existe d’autres interprétations sur ces questions. Le certificat ou bulletin de naissance est venu avec la Colonisation.)

Point de vue canadien :

Les salutations prennent beaucoup de place et ont une grande importance. Elles peuvent facilement durer 10 minutes et peuvent revenir plus tard au cours de la conversation. Il est important de prendre le temps nécessaire à ce rituel en s’intéressant à savoir si tous les proches de notre interlocuteur se portent bien. Ensuite, suivant le contexte qui nous fait rencontrer cette personne, on pourra lui poser des questions en fonction de cela. Par exemple : si c’est dans le cadre du travail, on peut poser une question générale sur « comment va le travail ». On peut, si ça fait peu de temps que vous êtes au pays, demander comment se déroule telle fête ou de quelle région provient tel type de plat et comment les gens le préparent. Il faut absolument éviter de poser des questions personnelles qui peuvent donner l’impression d’une personne indiscrète. Il faut rester dans le général. Évitez de trop questionner votre interlocuteur et, dans les cinq premières minutes, de lui demander où il travaille, s’il est marié, s’il a des enfants etc. Ce serait TRÈS mal vu. Il faut essayer d’écouter votre interlocuteur qui saura vous amener à des sujets de conversation auxquels vous pourrez vous intéresser. Il faut aussi accepter qu’il puisse y avoir des moments de silence où rien ne se dit pendant plusieurs minutes et il ne faut pas se sentir obligé de meubler ces temps « morts » par des questions personnelles qui ne feront qu’intimider votre interlocuteur.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

Contrairement au Canada où on ne se touche pas et où chacun garde ses distances, les Sénégalais ont de manière spontanée tendance à privilégier la promiscuité. Sur cette question il n’est pas exagéré de dire qu’il y a une grande différence entre les deux pays. Si un étranger se promène dans les rues de Dakar, la capitale du Sénégal, il peut facilement remarquer deux hommes qui se tiennent par la main et qui souvent ne prennent pas conscience de ce geste. Donc les gens peuvent se toucher de manière spontanée sans arrière pensée. À mon avis un tel geste ici au Canada ferait penser à l’homosexualité.

Le contact visuel n’a pas la même signification. Au Canada, regarder quelqu’un droit dans les yeux est bien vu, c’est un signe d’honnêteté et de franchise, alors qu’au Sénégal cela peut être mal perçu. Très souvent on vous considère comme une personne insolente. La culture sénégalaise enseigne à baisser les yeux lorsqu’on est devant des personnes d’un certain âge.

Les gens se touchent les mains et les épaules, mais ce n’est pas valable pour tout le monde. Quand on est assez amis il est permis de se toucher sans problèmes. À mon arrivée au Canada une personne me faisait remarquer à mon grand étonnement que j’avais la manie de la toucher. C’est seulement après sa remarque que j’ai commencé à faire attention et à comprendre que les choses permises au Sénégal peuvent heurter au Canada.

En général il existe des différences fondamentales entre les deux pays sur la question des rapports hommes-femmes. Mais il ne faut pas perdre de vue que les différences individuelles qui existent entre les personnes de même culture peuvent être plus grandes que les différences entre des personnes de cultures différentes. Un professeur canadien qui rencontre une collègue sénégalaise a un statut social qui peut atténuer les différences culturelles.

Les gestes en particulier qu’il faut éviter : entrer dans les chambres avec des chaussures; refuser de manger quand les circonstances font qu’à l’heure du repas vous vous trouvez chez des gens (même si on n’a pas faim il est bien de goûter au mets qu’on vous présente); entrer dans un endroit, un bureau par exemple, et ne pas saluer.

Point de vue canadien :

En général, la première chose est de donner la main à la personne que l’on rencontre et c’est à peu près la distance qu’il y aura au cours de la conversation (votre bras plus celui de votre interlocuteur) s’il s’agit de la première rencontre. Si vous connaissez bien la personne, la poignée de main pourra être plus chaleureuse et s’accompagner de tapotement sur l’épaule ou bien votre interlocuteur pourrait continuer à vous tenir la main durant la conversation qui suivra. Ces deux dernières situations sont beaucoup plus fréquentes entre deux hommes. Il n’est pas rare de voir deux hommes qui marchent dans la rue en se tenant la main en conversant. Pour ce qui est des salutations entre hommes et femmes ou entre deux femmes, ce sera en général plus bref.

Quand on discute avec une personne qui est plus âgée que soit, il est mal vu de la regarder dans les yeux. Il faudrait baisser les yeux un peu quand la personne s’adresse à vous et même lorsque vous vous adressez à elle.

Entre associés ou collègues il pourrait y avoir les touchés tel que décrit ci-haut entre deux hommes. Un geste qu’il faut éviter est de donner la main gauche en guise de poignée de main.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

La démonstration d’intimité en public (caresses, baisers etc.) est mal vue.

Point de vue canadien :

Les démonstrations d’affection ne sont pas bien vues en public. Il vaut mieux paraître serein. Il est mal vu de se laisser emporter parce qu’on est fâché. Quant aux marques d’affection, elles se limitent aux poignées de main en public. Le rire et la bonne humeur sont de mise; même si on est préoccupé ou fâché, on ne le laisse jamais paraître.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Le Sénégal est un pays où il fait très chaud. Mais quand on exerce certaines activités il est recommandé de bien paraître. En général les personnes sont sensibles à l’habillement.

Il est préférable de vouvoyer les collègues et surtout les superviseurs. Ici au Canada on appelle les professeurs par leur prénom – chose impensable au Sénégal où la question hiérarchique est très importante.

Les moyens de transports déterminent la question de la ponctualité au travail. C’est un aspect à prendre en compte. Pour des raisons sociales aussi, il arrive que les gens s’absentent (décès, parent malade à transporter à l’hôpital etc.)

Au Sénégal nous sommes devant deux systèmes très différents. On peut dire que le temps est élastique au Sénégal et qu’au Canada les gens sont plus rigoureux concernant le temps. En ce qui concerne les échéanciers, tout dépend des circonstances et de la nature du projet. Les échéanciers sont plus rigides au Canada.

Point de vue canadien :

L’apparence vestimentaire a une très grande importance pour les Sénégalais. Il faut être bien vêtu, propre et soigné à défaut de quoi on pourrait vous juger comme étant négligeant de votre apparence. Vous serez plus apprécié du point de vue visuel mais j’irais jusqu’à dire que le respect qu’on vous portera n’en sera que plus grand, si vous soignez votre apparence.

Quant au langage, il est possible de tutoyer un collègue mais il vaudrait mieux attendre que l’autre personne commence, puisque vous êtes le visiteur. Si la personne est plus âgée, vouvoyez cette personne, et si elle veut que ce soit autrement elle vous le dira. Il vaudrait mieux vouvoyer vos supérieurs et utiliser le Monsieur ou Madame.

Il est toujours préférable d’être ponctuel mais avec le temps vous verrez les habitudes de l’endroit où vous travaillez. Vous vous apercevrez bien vite que plusieurs raisons valables et véridiques peuvent justifier un retard : embouteillage, accident sur la route, maladie (dans un pays ou à certaines périodes il fait très chaud, on tombe plus souvent malade etc.). Il est tout à fait pensable que vous vous absentiez une journée pour assister à un mariage, un baptême ou pour aller présenter vos condoléances à quelqu’un ou tout simplement parce que vous êtes malade. La pluie avec tous les inconvénients qu’elle apporte pourrait être une raison suffisante pour ne pas se rendre au travail.

Les échéanciers sont en général « trop » flexibles pour les nord-américains!!

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les qualités les plus recherchées chez un patron sont : la ponctualité, la fermeté, l’ouverture, la capacité d’écouter et paradoxalement un peu de paternalisme etc.

Le fait de réprimander quelqu’un devant ses collègues est très mal vu. Il faut éviter d’humilier un collègue ou un employé. C’est un comportement qui ne se pardonne pas.

Point de vue canadien :

Les diplômes sont très importants au Sénégal et le « self-made man » du Canada ne fera pas le poids s’il n’a pas les diplômes appropriés. On n’a pas nécessairement le CV de la personne avec qui on fait affaire, l’expérience comptera donc d’avantage. Dans tous les cas, l’ouverture d’esprit est une qualité essentielle pour être en mesure de s’adapter aux situations différentes dans lesquelles vous pourriez vous trouver.

Les comportements qui choquent les gens sont par exemple : boire de l’alcool pendant que les gens font la prière, embrasser votre conjoint devant tout le monde, etc. Trop de camaraderie envers vos collaborateurs si vous êtes en position d’autorité pourrait inviter ceux-ci à un laxisme que vous n’auriez pas souhaité, bien que ce ne soit pas nécessairement évident au début.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Certains chefs sont très ouverts et comprennent que de bonnes idées peuvent venir des collaborateurs. On apprécie plus vos commentaires et votre savoir-faire comme Canadien parce qu’on se dit que cette connaissance explique la réussite du développement de votre pays.

Point de vue canadien :

Habituellement, étant donné l’importance de la hiérarchie, les décisions sont prises de façon hiérarchique.

Si vous êtes là pour générer des idées nouvelles et qu’on compte sur vous pour amener un vent nouveau, il est certain que vos idées seront les bienvenues. Cependant, il ne faut jamais oublier de les formuler d’une façon à ne pas donner l’impression que vous imposez vos idées. En utilisant « que penseriez vous, si on faisait telle chose de telle façon? », les gens se feront un plaisir de commenter, d’en discuter. Si vous n’avez pas ce rôle à jouer, il vaudrait mieux accepter les décisions qui sont prises et d’avoir beaucoup de diplomatie si vous avez des commentaires à faire.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


L’Égalité des sexes :
L’égalité des sexes n’est pas conçue de la même manière qu’au Canada. Il faut relativiser ce statut d’esclave que l’on colle à la femme africaine soumise. Dans la tradition africaine les tâches étaient réparties: il revenait à l’homme de nourrir et de vêtir sa famille. De nos jours, la femme est le pilier économique de la famille. On voit donc que cette division des tâches change sans que les Africaines parlent d’égalité de sexes.

Religion :
Les gens sont tolérants. Le premier président élu était catholique dans un pays musulman à plus de 90 p. cent. De plus, il n’appartenait pas non plus à la plus importante ethnie du pays. En même temps, les Sénégalais acceptent mal qu’on critique leur religion.

Classe sociale :
La classe sociale n’est pas un facteur de grande importance contrairement à ce qu’on pense. Ce qui ne veut pas dire que riches et pauvres sont à la même enseigne. Je parlerais plutôt de caste. En effet le facteur caste est plus déterminant que la classe sociale. Mais on doit prendre en considération les changements qu’apporte la modernité et que l’ethnie, l’appartenance religieuse etc. sont beaucoup moins prises en compte dans l’Afrique moderne.

Origine ethnique :
On a l’habitude de ramener tous les conflits africains à des problèmes ethniques. Tel n’est pas le cas au Sénégal. La question ethnique entre rarement en jeu dans le choix des gens. Ce qui ne veut pas dire que l’origine ethnique n’est pas évoquée dans certains cas et notamment dans la région Casamance. Je dirais plutôt que les facteurs économiques ont une plus grande importance.

En milieu de travail, les gens aménagent une petite place pour faire leur prière, ce qui souvent relève de la bienveillance du supérieur, mais en général, il n’y a pas de problèmes avec ces différents facteurs.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
Le Sénégal est en avance sur bien d’autres pays de l’Afrique en ce qui concerne l’égalité des sexes. On peut dire que les rôles sont très définis par rapport à ce qu’on s’attend d’une femme ou d’un homme. Par exemple à la maison il est certain que la charge des tâches domestiques (ménage, repas, éducation des enfants, etc.) revient surtout à la femme, même s’il arrive assez souvent qu’elle ait de l’aide pour ça (une jeune fille qu’elle emploie pour l’aider dans ses responsabilités). Par ailleurs, l’homme est plutôt considéré comme le pourvoyeur, celui qui a la responsabilité d’assumer tous les besoins de sa femme et de ses enfants. Cela n’empêche pas qu’une femme travaille, qu’elle conduise elle-même une voiture, qu’elle soit à la tête d’une entreprise qu’elle aurait fondée; les femmes continueront néanmoins d’être les responsables de tout ce qui concerne la maison. L’inverse est plus rare : même si la femme travaille, l’homme n’assumera pas davantage les tâches à la maison.

En milieu de travail c’est surtout au niveau de l’attribution des postes qu’on y verra la distinction entre les rôles de l’homme et ceux de la femme. Par exemple on ne verra jamais un homme occuper un poste de secrétaire. Je dirais aussi qu’un homme sera peut être plus rapidement promu tandis qu’une femme peut occuper un même poste durant des années sans qu’on lui offre une promotion.

Religion :
Les gens sont presque tous croyants (85 p. cent musulmans, 10 p. cent catholiques et 5 p. cent animistes) et très pratiquants. Il n’existe pas de conflits inter-religieux : les gens se respectent les uns les autres et il n’est pas rare de voir les uns participer aux célébrations des autres. Par exemple, les musulmans vont célébrer le 24 décembre au soir (veille de Noël) et les catholiques vont célébrer la fête de Tabaski des musulmans.

En ce qui concerne le milieu de travail, on pourrait très bien voir quelqu’un se mettre à faire sa prière au bureau ou voir quelqu’un d’autre s’absenter toute une journée car il doit assister a un baptême.

Classe sociale :
Il existe des classes sociales au Sénégal; ce sont des traditions qui datent de très longtemps et qui ont des répercussions encore aujourd’hui. Certaines personnes sont considérées comme des nobles (supérieures aux autres) et d’autres comme des castées (faisant partie des classes inférieures). Il est toutefois impossible de se rendre compte de ces différentes classes, il faut être sénégalais pour connaître ces différences ou très bien connaître les traditions. Les règles régissant ces différences ne sont écrites nulle part.

Au milieu de travail les gens se feront des blagues entres eux (ça se limitera aux blagues) à ce sujet mais avant que vous puissiez saisir ce genre de chose il faudra avoir vécu très longtemps sur place et parler une des langues nationales.

Origine ethnique :
Il existe différentes ethnies dont certaines ont leurs racines dans des pays voisins du Sénégal comme le Mali, la Guinée Conakry, le Niger et la Mauritanie. Les répercussions au milieu de travail seront les mêmes que pour la question des classes.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il est important de faire connaissance avec votre interlocuteur, qu’il soit un collègue ou un client. Il est bon de prendre le temps de mieux se connaître, de créer un lien de confiance avant de parler affaires. Les relations interpersonnelles sont déterminantes dans la société sénégalaise. Et les gens sont sensibles à certains facteurs comme l’âge et la hiérarchie. Quand on traite d’égal à égal comme c’est le cas au Canada on risque de nuire aux relations.

Point de vue canadien :

La relation est à la base de tout au Sénégal; un jour peut-être aurez-vous besoin que cette personne vous rende un service et cela va au-delà de toute relation professionnelle. Il est donc primordial de prendre le temps d’établir des bonnes relations qui se construiront au fil du temps. Il faut toujours s’intéresser à la personne à qui on a affaire, prendre le temps de la saluer, et lui demander comment elle va. Dès le moment où vous avez établi une rencontre avec une personne, vous êtes en relation avec elle, même si vous ne côtoyez pas cette personne chaque jour ou même chaque semaine. La relation sera plus profonde au fil du temps mais ne s’interrompt jamais, même si vous rentrez au Canada.

Je crois que dans le secteur privé, il est beaucoup plus efficace et facile d’établir de bonnes relations tandis que dans le secteur public vous allez faire face à une bureaucratie importante. Encore une fois, si vous établissez une relation avec un fonctionnaire vous pourrez toujours retourner le voir même une année plus tard. Il ne vous aura pas oublié et sera content de vous revoir ou de répondre à vos besoins.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Oui. On est mal vu si on traite un ami comme tous les autres employés ou collègues.

Point de vue canadien :

Oui, comme les relations humaines sont à la base de tout on pourra toujours s’attendre à quelque chose en retour, mais de votre côté vous pourrez également compter sur cette personne. On pourrait facilement demander au chauffeur de l’entreprise d’aller chercher votre fille à l’école moyennant « un petit supplément ». La pire chose à faire serait certainement d’engager l’ami d’une relation car si cela ne fonctionnait pas, il vous serait très difficile de le congédier. Votre relation pourrait insister en vous suppliant de lui donner une chance et cela pourrait même briser la relation que vous aviez avec cette personne.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Il est préférable de s’adresser en premier lieu à la personne concernée. Les Sénégalais disent que s’il y a malentendu c’est parce qu’il n’y a pas de discussions (dialogue). Le recours à un autre collègue peut aider, surtout s’il est plus âgé. Le risque que vous courrez en demandant l’intervention d’un superviseur est que l’autre personne perçoive cela comme un moyen de lui causer des problèmes, de le mettre en conflit avec son chef.

Si vous voyez que votre collègue a changé d’attitude à votre endroit, par exemple qu’il évite de parler avec vous ou s’il ne vous salue pas, vous avez là des signes que votre collègue a quelque chose contre vous. Certains vont cependant vous confronter en vous parlant directement de ce qui ne va pas.

Point de vue canadien :

Il vaudrait mieux tenter de régler le problème directement avec la personne concernée pour éviter que tout le monde ne soit informé du problème et que cela serve à alimenter les conversations de coulisses. Si la situation ne se règle pas, il vaudrait mieux aller voir un collègue, lui expliquer le cas et lui demander des conseils sur la façon de régler la situation.

Demander l’intervention du superviseur ne se ferait qu’en dernier recours, car il a certainement d’autres préoccupations et il pourrait y avoir des conséquences que vous n’auriez pas souhaitées.

Il est possible que vous ne sachiez jamais si un collègue a quelque chose à vous reprocher; le Sénégalais s’efforce de ne pas déplaire à l’autre en le froissant. Donc si vous l’apprenez, ce serait par le biais d’une blague ou par un autre collègue.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

L’élément le plus important à mes yeux est la considération, mais tous ces facteurs entrent en jeu.

Point de vue canadien :

Si c’est un nouveau travail, la personne voudra donner une bonne impression à son employeur. Si les horaires, les tâches à accomplir, et la période de probation ne sont pas clairement expliqués, il est très possible que la personne embauchée se relâche au bout de quelques temps. Ceci est encore plus probable si les conditions salariales ne sont pas intéressantes. Par contre, si les conditions sont bonnes, peut être que la personne sera très disciplinée même s’il n’y a pas de règles et politiques de travail définies étant donné le salaire intéressant.

Au Sénégal les gens qu’on embauche nous sont généralement référés et puisque cette personne que vous embauchez vous a été référée par l’entremise d’une connaissance, elle ne s’attendra pas à être congédiée. Aussi, le travail est si rare que si vous décidez de congédier quelqu’un, cette personne viendrait vous supplier de la reprendre.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres/Romans : Sembène Ousmane, Senghor , et Birago diop.

Musique/musiciens : Youssou ndour, Diamono, et Ismael Lô.

Plats traditionnels : Riz au poisson, yassa, riz au beurre d’arachide, et couscous.

Les liens d’Internet les plus utiles : http://isenegal.free.fr/; http://www.au-senegal.com/; http://www.izf.net/izf/Guide/Senegal/Default.htm; http://www. sudonline.sn/; http://www.lesoleil.sn; http://www.walf.sn.

Point de vue canadien :

Livres : Les livres de Leopold Sedar Senghor, Cheikh Anta Diop, Cheikh Amidou Kane (Les Bouts de bois de Dieu).

Films : Tableau ferraille, Karmen (2001).

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Il est plus facile d’apprendre à connaître la culture du pays si vous avez un <> qui peut-être votre collègue ou ami. Le Sénégalais est reconnu comme étant hospitalier et c’est toujours un plaisir et un devoir pour lui de bien s’occuper de son invité. En demandant à une connaissance son assistance, on est sûr d’avoir son aide.

Point de vue canadien :

Émissions : des pièces de théâtres sont diffusées sur les ondes de la télé sénégalaise mais souvent en langue nationale.

Endroits : L’Île de garée avec le musée de la maison des esclaves, le Musée ifan (Institut fondamental d’Afrique noire), tour de ville de Dakar et de St-Louis.

Nourriture : Le tchieb bu jeun (riz au poisson) poulet yassa, maffe (sauce arachides), jus de bissap, gingembre et thé sénégalais.

Vous pouvez toujours demander à un collègue de travail de vous faire visiter la ville par exemple. Il ne se sentira pas nécessairement obligé mais le « non » n’existe pratiquement pas dans le langage des Sénégalais. Donc la personne acceptera mais il se peut qu’elle se trouve un alibi le jour venu si, en fait, elle n’était pas réellement dans des dispositions pour vous faire visiter la ville. Par ailleurs, il est fort possible que vous trouviez une personne qui vous fera découvrir plusieurs choses avec grand plaisir.

Suggestions : Combat de lutte traditionnelle au stade et Youssou Ndour, un chanteur connu au niveau international qui joue dans sa propre boîte tous les samedis quand il n’est pas en tournée (il ne faut pas s’attendre à ce que le spectacle commence avant 1 heure du matin). Vous pouvez regarder les pièces de théâtre sénégalaises à la télévision qui donnent de façon très drôle et divertissante des scènes qui font partie du quotidien. Par contre, il vous faudra un interprète car ces représentations sont pour la plupart en wolloff. Assistez à un Sabar (plusieurs dizaines de femmes forment un grand cercle et elles dansent tour à tour au centre au son des tam-tams) organisé par les femmes. C’est un événement unique mais ce n’est pas annoncé dans les journaux. Il se déroule plutôt dans les quartiers et il faudrait avoir quelqu’un de la place qui vous en informe.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Ahmadou Bamba, Lat Dior, Aline sitoe Diatta etc. Ils sont des résistants. Les Lions du Sénégal: l’équipe nationale de football (fierté).

Point de vue canadien :

L’équipe des Lions (soccer) du Sénégal qui a joué dans la coupe du monde 2002.
Youssou Ndour – chanteur connu à travers le monde.

Lat Dior – guerrier traditionnel qui a empêché la construction d’un chemin de fer dans le Sahara par les colonisateurs français.

Cheikh Amadou Bamba a résisté aux colons français. Il a été exilé (par les Français) au Gabon pendant plusieurs années et, selon les Sénégalais, il a accompli plusieurs miracles.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Pas à ma connaissance. Le Canada est très bien vu au Sénégal. Plusieurs organismes y travaillent depuis longtemps (Fondation Paul-Gérin Lajoie... ACDI ,CECI, CRDI...).

On disait des gens de St Louis qu’ils étaient les Canadiens du Sénégal; j’ignore pourquoi.

Point de vue canadien :

Au contraire, les Canadiens ont une très bonne réputation et aucun événement historique négatif n’a eu lieu pour nuire à ces relations.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Par déduction, le blanc est avant tout vu comme un colonisateur par certaines couches de la population. À part l’amalgame qui peut résulter de cela il n’y a pas de stéréotypes qui pourraient nuire aux relations sénégalo-canadiennes. Car, comme je l’ai souligné dans la réponse précédente, les Sénégalais ont des préjugés favorables à l’endroit des Canadiens.

Point de vue canadien :

Les Canadiens ont une bonne réputation au Sénégal. Bien entendu certaines habitudes des Canadiens sont différentes des habitudes des Sénégalais mais grâce à leur grand sens de l’humour et de la tolérance, je n’ai aucun exemple de comportements qui pourraient offenser quelqu’un.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né en milieu rural 1958, le deuxième de 5 enfants. Il a été élevé à Dakar où il a poursuivi ses études à l’université de Dakar. Ses études l’ont ensuite emmené au Canada en 1986. Par la suite, il a souvent voyagé au Sénégal où il a vécu pendant ses vacances. Il est maintenant revenu au Canada, à la ville de Québec où il vit depuis plus de 10 ans et termine un doctorat en ethnologie. Il est marié et a un enfant.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturel est née en 1971 à Montréal de parents québécois. Elle est la deuxième d’une famille de cinq enfants. Elle a fait une technique en vêtement féminin au Collège Marie-Victorin. Par la suite elle a voyagé en Amérique centrale où elle a travaillé comme observatrice internationale dans des communautés autochtones et a participé à la formation de stagiaires. Elle a ensuite obtenu son certificat en intervention en milieu multiethnique. Elle a été accompagnée par son mari au Sénégal à plusieurs reprises et pendant six mois elle a participé au programme de stage de l’ACDI. Elle vit présentement à Montréal où elle travaille dans un organisme communautaire. Elle est mariée et a un enfant.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.