Somalie

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

En rencontrant pour la première fois des Somaliens, vous pouvez entamer la conversation par " Sidee tahay ? ", l'équivalent de comment allez -vous ? Les Somaliens sont réputés pour leur sociabilité et pour les conversations à bâtons rompus, surtout si le sujet porte sur leur culture et leurs plats somaliens préférés. On peut entretenir la conversation avec un peu d'humour qui est l'une des caractéristiques propres aux Somaliens. Il est donc conseillé de lancer une ou deux plaisanteries. Vous pouvez être certain qu'un Somalien typique se sentira plus à l'aise s'il peut rire. Il aime aussi qu'on fasse des compliments. Vous ferez bon effet si vous mentionnez la beauté des femmes somaliennes dans leurs " diracs ", la tenue somalienne élégante que la majorité des femmes portent. En outre, l'homme somalien sourira d'aise si vous le complimentez sur son style.

Point de vue canadien :

Pour bien mener une discussion on peut aborder des sujets comme la santé et la famille. Les Somaliens sont des gens très curieux et ils veulent en savoir plus long à votre propos. Il serait bon de parler de ce que vous faites, de vos origines, du nombre de frères et soeurs, si vous êtes marié et si vous avez des enfants. Très souvent, ils veulent connaître la raison de votre venue dans ce pays et vos intentions.  De nombreux Somaliens m'ont dit se méfier des étrangers, en particulier les travailleurs des organismes humanitaires parce qu'ils prennent beaucoup de photos et glanent beaucoup de renseignements auprès des collectivités et par la suite, on n'en entend plus parler.   

Les Somaliens sont des gens ouverts et n'ont pas beaucoup de sujets tabous, mais il faut éviter de critiquer tout ce qui touche à leur religion, l'Islam. Je crois également qu'il est sage de ne pas mettre en question leurs pratiques culturelles comme la polygamie ou la MGF parce que ce serait perçu comme une contestation de leur mode de vie et comme une volonté de le modifier.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

On ne communique pas de la même façon avec un Somalien qu'avec une Somalienne, l'approche n'est pas du tout la même. Par exemple, deux personnes de même sexe qui se rencontrent peuvent se tenir proches et parler à l'aise. Elles peuvent établir le contact visuel et se toucher en parlant. Mais, lorsque des célibataires, hommes et femmes, se parlent, c'est une toute autre histoire. Ils se parlent avec courtoisie, mais ils ne peuvent ni ne doivent se toucher. La personne qui parle peut quand même établir le contact visuel, gesticuler, et avoir un visage expressif, à condition qu'elle ne se tienne pas proche de l'autre

Point de vue canadien :

Si vous discutez avec une personne du sexe opposé, ne vous tenez pas trop près d'elle et garder une distance de deux ou trois pieds. Il est important de ne pas établir de contact visuel avec votre interlocuteur, surtout si vous êtes une femme et que vous vous adressez à un homme, cela s'applique également aux hommes. C'est un signe d'irrespect. Il faut éviter de toucher à un interlocuteur du sexe opposé. Cela est encore plus important si vous êtes un homme, vu que les Somaliens se méfient des étrangers qui convoitent leurs femmes. La gestuelle et les expressions du visage dépendent de la conversation et ressemblent généralement à celles du Canada. Les Somaliens sont bruyants même quand ils parlent, et très souvent, une personne interviendra dans une conversation entre d'autres même si elle n'est pas concernée. Si vous vous exprimez à voix vraiment basse, on vous croira timide et à l'occasion on risque de vous demander de parler plus fort. Les Somaliens apprécient la timidité chez les femmes qui projettent alors une image de respectabilité.

En outre, les femmes qui s'expriment à haute voix projettent une image contraire à la timidité (bien qu'à l'occasion elles soient considérées comme fortes, plus particulièrement si elles défendent un point de vue.) Certaines personnes religieuses peuvent se plaindre du volume de votre voix parce qu'il dérange leur état spirituel et religieux. Par conséquent, il est préférable d'adopter un ton discret lors de réunions spirituelles et religieuses.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

La culture somalienne veut que ce qui se passe dans l'intimité doive rester dans l'intimité. Étant donné que les Somaliens sont musulmans, il leur est interdit d'avoir des activités intimes avec des personnes du sexe opposé avant le mariage. On peut faire preuve d'affection envers le mari ou l'épouse en public, par exemple, s'embrasser très discrètement. Compte tenu de leur modeste culture, les Somaliens continuent de préserver leur intimité. On verra très rarement des Somaliens s'embrasser dans la rue, ou même se tenir par la main. Un homme et  une femme mariés marcheront côte à côte mais sans s'accrocher l'un à l'autre. La culture veut également qu'on fasse preuve de modestie et qu'on soit respectueux. C'est pourquoi vous ne verrez pas de Somaliens, y compris les couples, se disputer en public. Toutes ces choses relèvent du domaine privé et sont traitées dans la discrétion.

Point de vue canadien :

Mise en garde : NE JAMAIS afficher publiquement ses sentiments, surtout entre homme et femme. Les autres émotions, comme la colère ou la gaîté peuvent s'exprimer, mais discrètement étant donné que la culture somalienne est une culture communautaire et les gens pourraient vouloir connaître les raisons de votre colère ou partager votre gaîté. Essentiellement, si vous ne voulez pas que tout le monde se mêle de vos affaires, gardez vos émotions pour vous.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Celui ou celle qui va travailler en Somalie doit s'habiller adéquatement. Comme en Europe et en Amérique du Nord, quand on va au travail, il faut se vêtir de manière professionnelle et conservatrice. Il ne faut pas trop se découvrir et on doit porter des vêtements amples plutôt que moulants. Pour les Somaliens, les délais sont très importants, on est très pointilleux à cet égard au travail et il faut en tenir compte. En société, les Somaliens ne sont pas ponctuels, mais ils s'attendent à ce que les autres le soient, surtout si les autres sont Européens ou Nord-Américains. Cela est attribuable au stéréotype qui veut que les cultures de ces sociétés occidentales obligent à la ponctualité.

Point de vue canadien :

La tenue vestimentaire au travail est la même que celle des sorties. Pour les hommes, le simple pantalon obligatoirement long et une chemise qui doit impérativement avoir des manches longues ou atteindre le coude. Les T-shirts sont permis, à la condition que les manches arrivent au coude, ou à peu près. Les culottes courtes ne sont pas permises. Les femmes, quant à elles, portent des pantalons, des manches courtes, des T-shirts, mais les autres vêtements qui laissent paraître la peau sont tout à fait déconseillés parce que c'est très mal vus et pourrait causer de sérieux problèmes. Vous devez toujours porter un couvre-chef ou " hijab ".  Laisser paraître les cheveux est également déconseillé. Si vous ne souhaitez pas porter un grand couvre-chef, vous pouvez vous vêtir d'un foulard attaché. La tenue traditionnelle ou DRAP /BATI est confortable bien que difficile à porter la première fois. C'est aussi un excellent moyen de se garder au frais. Certains organismes internationaux vous permettront de moins vous couvrir au bureau, étant donné que vous êtes normalement prévenue de la venue d'un visiteur éventuel. Par prudence, il est préférable de se couvrir entièrement, à moins d'avis contraire.

En vous adressant à vos collègues ou à d'autres, normalement vous n'utilisez pas le nom de famille. Soit que vous appeliez la personne par son prénom ou par ses trois premiers prénoms. La majorité des Somaliens utilisent des sobriquets et ils vont jusqu'à les inscrire sur leurs documents de travail ou autres.   
Le respect des délais revêt la même importance en Somalie qu'au Canada, mais à l'occasion, il est difficile d'obtenir la coopération nécessaire. Les gens en Somalie n'ont pas la même notion du temps, ils n'en sont donc pas aussi obsédés que nous. Leur comportement face au temps est plus décontracté. Souvent la ponctualité ne soulève pas de problème étant donné que de nombreuses ONG logent leurs invités à la même enseigne que leurs bureaux. Les heures de travail sont plus souples parce que les employés somaliens doivent faire deux de leurs cinq prières journalières durant les heures de travail. On tient compte des heures de prière dans la définition de l'horaire de travail de chaque employé.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Savoir se respecter et respecter les autres, avoir une bonne éthique de travail, des qualités indéniables de leadership, une ouverture aux nouvelles idées, être dénué de préjugés et être disposé à aider les autres ce sont là toutes les qualités que doit avoir un chef. Ses origines importent peu tant qu'il possède ces qualités. La majorité des Somaliens suivent l'exemple de leur leader, s'il les respecte, ils le respecteront à leur tour. Des commentaires rapides de la part des employés donneront une assez bonne idée de ce qu'ils pensent de la performance du leader, de leur niveau d'acceptation. Il est probable que les Somaliens feront des commentaires élogieux.

Point de vue canadien :

Le leadership et l'honnêteté sont les deux qualités auxquelles on s'attend le plus de la part des gestionnaires, qu'ils soient somaliens ou étrangers. On apprécie également les gens équitables et ouverts. Les employés veulent être dirigés par quelqu'un de fort qui prend des décisions justes mais qui peut faire preuve de souplesse s'il le faut. Vous saurez ce que vos employés pensent de vous à travers leur façon d'agir avec vous. S'ils prétendent être occupés à travailler chaque fois que vous arrivez et qu'ils ne vous disent pas grand chose, ça pourrait vouloir dire qu'ils vous craignent, qu'ils ne vous aiment pas et/ou les deux à la fois. En revanche, s'ils sont ouverts, qu'ils plaisantent avec vous ou qu'ils vous mettent au courant de choses personnelles et qu'ils ne craignent pas de vous montrer qu'ils ne travaillent pas, cela peut vouloir dire qu'ils vous apprécient et vous considèrent comme l'un des leurs.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Au travail, les décisions sont prises par les gérants ou les superviseurs étant donné que les idées émanent principalement du patron. Toutefois, les employés ont parfois leur mot à dire. On peut demander au superviseur immédiat son avis.

Point de vue canadien :

Les décisions sont prises par les plus hauts responsables. Il est parfois judicieux de se livrer à un remue-méninges d'idées et de décisions avec le personnel somalien qui pourra vous éviter d'errer sur les questions délicates. En Somalie, le clan est très important et chaque ville est sous la tutelle ou " appartient " à un certain clan, ce qui peut limiter votre liberté d'action. Par conséquent, il est recommandé de consulter les employés somaliens lorsqu'il s'agit de questions comme l'affectation des ressources et d'autres qui intéressent le clan.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

En Somalie, il n'y a pas de discrimination fondée sur le sexe, en revanche, les rôles, féminin et masculin, sont bien définis conformément aux enseignements de l'islam qui interdit absolument discrimination envers les autres en fonction de leur classe sociale, leur ethnicité, et leur sexe. C'est ce que les Somaliens pratiquent. Dès jeunes, les Somaliens apprennent à respecter leurs aînés, une règle de laquelle ils ne dérogent pas de toute leur vie. Ces attributs ont un effet positif sur le milieu de travail, étant donné que les gens se respectent et se traitent mutuellement conformément à ces principes.

Point de vue canadien :

Égalité entre les sexes  
Les hommes et les femmes jouent des rôles précis. Les Somaliennes diffèrent d'une certaine façon des musulmanes des pays avoisinants dans la mesure où elles se livrent à nombreuses activités macroéconomiques. Elles travaillent aussi bien à la maison qu'à l'extérieur et, de manière générale, elles sont les chefs de foyer en ce qui concerne l'éducation des enfants et l'entretien du foyer. Il y a une certaine ségrégation qui se pratique entre les hommes et les femmes. Les hommes et les femmes ne sont pas supposés se fréquenter ou se montrer mutuellement amicaux. Toutefois, en milieu de travail, ces types d'échanges entre hommes et  femmes sont acceptables à la condition que cela n'aille pas au-delà du travail. 

Religion
La presque totalité des Somaliens est musulmane sunnite. La religion joue un rôle prépondérant dans la société somalienne. Elle touche tous les aspects de la vie des gens qui à leur tour la prennent très au sérieux. Critiquer la religion est très malvenu. Les Somaliens sont tolérants des autres groupes religieux tant que ceux-ci ne font rien contre leurs convictions et principes. En réalité, l'Islam n'est pas qu'une religion en Somalie, c'est plutôt une façon de vivre. Il définit tout, y compris l'interaction entre collègues.
 
Distinction des classes
En Somalie, l'écart n'est pas très grand entre les classes. La majorité de la population vit au seuil de la pauvreté. Les riches sont obligés de partager avec les membres de leurs familles rapprochée et élargie et, dans certains cas, avec les membres du clan. Ainsi, actuellement, la question de la distinction des classes ne constitue pas un problème important, que ce soit au travail ou dans la société en général.

Ethnicité
Les Somaliens appartiennent pour la plupart à un seul groupe ethnique et, donc, le problème de l'ethnicité n'existe pas. Cependant, le clan joue le rôle de l'ethnicité dans une société pluri ethnique. Les pratiques claniques sont largement répandues à travers le pays et la loyauté au clan est très solide et profondément ancrée. Même les Somaliens bantous, qui constituent un groupe ethnique distinct, sont perçus comme un clan différent plutôt qu'une ethnie minoritaire. De telles appartenances claniques affectent le milieu de travail. Si une organisation embauche des employés appartenant en majorité à un clan particulier, on peut être porté à croire qu'elle favorise ce clan et ce faisant, elle crée des tensions. La structure clanique est très complexe et joue un rôle primordial dans la vie somalienne de nos jours.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Il n'est pas nécessaire d'établir des relations personnelles avec un collègue ou un client pour faire des affaires, mais si l'un ou l'autre insiste pour en établir une, on peut alors se montrer amical et sociable, surtout en début de relation alors qu'il est important de tisser des liens de confiance.

Point de vue canadien :

L'établissement de bonnes relations personnelles avec les collègues est souhaitable, mais il est impératif d'en établir de bonnes avec les clients et les prestataires des programmes. Comme je l'ai dit précédemment, les Somaliens peuvent se méfier des intentions des étrangers et pourraient avoir des réticences à fournir des renseignements exacts s'ils ne vous connaissent pas. La meilleure façon de vous faire connaître consiste à vous présenter et à énoncer vos intentions de manière à établir une sorte de relation. Il est également recommandé de parler un peu de vous et de choses que vous avez apprises ou trouvé intéressantes dans leur culture ou mode de vie. Si vous donnez l'impression d'être trop important ou trop distant, ils vous éviteront et croiront que vous êtes déplaisant. Si vous vous intégrez et faites comme si vous étiez l'un d'entre eux, que vous vous livriez aux mêmes activités qu'eux, ils vous adopteront avec le temps.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Il faut traiter tout le monde sur un pied d'égalité et ne jamais faire d'exceptions, même s'il arrive des fois qu'un employé réclame des privilèges particuliers.

Point de vue canadien :

Avec le passage du temps, les collègues avec lesquels vous avez établi des liens privilégiés pourraient s'attendre à un traitement de faveur de votre part. Dans certaines circonstances, ils pourraient s'attendre à ce traitement qui pourrait se traduire par un meilleur poste, une augmentation de salaire si l'occasion se présente, ou un poste à quelqu'un que vous connaissez si un poste venait à se libérer. On ne s'attend pas toujours à une augmentation de salaire, mais en revanche, si un poste devenait vacant, les collègues vous recommanderont des parents, des amis ou des membres du clan surtout que la majorité des Somaliens sont chômeurs et qu'il est difficile de trouver un emploi stable.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Lorsqu'on éprouve un problème avec un employé, il faut l'aborder directement et en privé. Si cela ne réussit pas, il vaut mieux adopter la voie officielle en demandant l'intervention du gérant ou du superviseur.

Point de vue canadien :

Si vous éprouvez des difficultés avec un collègue, le mieux que vous puissiez faire serait de lui en parler directement dans le cadre d'une réunion privée, respectant ainsi le collègue et évitant du même coup une aggravation du problème. Toutefois, si le problème persiste, il faut alors en informer le supérieur hiérarchique ou d'autres collègues et convoquer une réunion en vue de trouver une solution. Il serait très judicieux d'éviter la confrontation publique en cas de désaccord ou problème. 

Généralement, vous savez assez vite si un collègue éprouve des difficultés à votre égard étant donné que les Somaliens sont très ouverts quant à leurs antipathies et vous le diront directement, que ce soit en privé ou à l'occasion, en public. S'ils ne le font pas de cette façon, ils en parleront à d'autres collègues et vous finirez bien par le savoir.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Comme dans toute entreprise, les collègues locaux travailleront mieux s'ils sont bien rémunérés, s'ils sont professionnellement satisfaits, si l'ambiance est bonne, si les conditions de travail sont convenables et, également, s'ils sont prévenus d'avance des conséquences que peut entraîner une mauvaise conduite répétée. Il ne faut pas sous-estimer la cohérence et l'impartialité.

Point de vue canadien :

La plus importante motivation pour obtenir un meilleur rendement des employés est celle de leur faire savoir qu'ils sont appréciés et valorisés par leur entreprise ou organisation. Les Somaliens appartiennent sont un peuple fière et acceptent très mal l'insulte ou le manque de respect, même s'ils sont convenablement rémunérés. La fierté joue un rôle prépondérant dans l'image qu'on a de soi et les gens y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. L'argent et les conditions de travail constituent évidemment d'autres motivations et peuvent conduire à un milieu de travail sain et moins tendu.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Toute personne qui veut se renseigner sur la Somalie peut aller dans une bibliothèque et lire la documentation qui s'y trouve. On peut également fréquenter les magasins somaliens pour y discuter avec des Somaliens. Il existe aussi des sites Web tels que:

somaliaonline.com, wardheernews.com, somalifamilyservices.org, canadianfriendsofsomalia.org, somalinews.com, somalinet.com ou www.cp-pc.ca/french/index.html

Point de vue canadien :

Il existe de nombreux moyens de se renseigner sur la culture somalienne. Celle-ci est très riche et fascinante, mais elle est généralement incomprise. Il n'existe pas beaucoup de documents écrits, à l'exception de la poésie qui est très appréciée et très belle. Vous pouvez cependant trouver de bons documents chez SCANSOM Publishers et les œuvres de l'auteur bien connu Nuruddin Farah.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Sur place en Somalie, on peut se familiariser avec la culture en lisant des livres, parler individuellement aux gens, en regardant des émissions télévisées, en écoutant la radio, en assistant à des concerts et en lisant les journaux. Les Somaliens aiment beaucoup jouer au soccer.

Point de vue canadien :

Si vous voulez en savoir plus sur la culture pendant votre séjour en Somalie, la meilleure façon de le faire est d'observer les gens et leur interaction. La culture somalienne est très riche, surtout dans sa tradition orale, ce qui signifie qu'il n'existe pas beaucoup d'écrits. Sur la scène sociale, les hommes et les femmes sont séparés. Vous en sauriez beaucoup plus si vous les observiez en société parce qu'ils agissent différemment quand ils sont entre hommes ou entre femmes.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

 Les héros nationaux somaliens sont Mohamed Abdulla Hassan qui a combattu la colonisation britannique en Somalie du nord de 1886 à 1921. Ahmed Gran (Guray) qui a été le leader somalien durant les années 1500. Parmi les autres héros figurent les 13 jeunes qui ont fondé la SYL (Ligue des jeunes Somaliens) qui ont mené à la fondation de l'État somalien tel qu'on le connaît aujourd'hui.

Point de vue canadien :

La plupart des héros somaliens partagent la même histoire étant donné qu'ils deviennent héros à cause de leur combat contre le colonialisme ou pour avoir été des combattants de la liberté. Les deux héros les plus connus sont :

Le Sayid (ou Mad Mullah tel que l'appellent les non Somaliens).De son vrai nom Mohamed Abdullah, il s'est opposé aux administrateurs coloniaux du Somaliland britannique et leur a causé maints déboires entre 1899 et 1920. Il a été le premier leader africain à combattre les puissances coloniales qui utilisaient des bombes aériennes. La plupart des Somaliens vouent un grand respect au Sayid et pensent qu'il a été un grand homme.

Hawo Tako; c'était une jeune femme ordinaire qui a rejoint la Somali Youth League (SYL) dans les années 1950. Elle a inspiré le mouvement anticolonialiste lorsqu'elle a commencé à lancer des pierres aux soldats de la Somalie italienne à Mogadiscio. Elle a rapidement été tuée pour sa résistance aux autorités et pour ses attaques contre des soldats coloniaux, mais son héritage demeure à nos jours. Elle est représentée portant un enfant sur le dos pendant qu'elle lance des pierres alors que son cœur est transpercé d'une flèche (Elle a été tuée par une flèche empoisonnée). 

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

La Somalie et le Canada ont un point commun, celui de s'être si longtemps battus pour la liberté. En outre, le Canada est un pays qui favorise la liberté et le droit de s'exprimer. C'est ce qu'apprécient les Somaliens au Canada.

Point de vue canadien :

Plusieurs Somaliens n'ont pas une idée positive des Canadiens. Cela étant dû à un incident qui remonte à 1993 lorsque deux soldats canadiens affectés à une mission de l'ONU ont brutalisé un jeune Somalien qui s'appelait Shidane Arone. Shidane avait été accusé d'avoir volé du matériel canadien alors qu'il n'était qu'intéressé par sa sophistication. Malgré les rapports contradictoires sur les raisons pour lesquelles il avait été visé par les soldats canadiens, le résultat en a été que le jeune Shidane est mort à seulement 16 ans. Les Somaliens à travers le monde étaient encore plus en colère lorsque l'enquête a fait état que les plus hauts gradés canadiens ont tenté de dissimuler la chose. Toutefois, des photos sont apparues sur Internet montrant un soldat canadien posant à côté d'un enfant somalien grièvement blessé. À ce jour, de nombreux Somaliens deviennent très émotifs dès qu'on en parle, surtout si c'est un Canadien qui le fait. Pour ces raisons, ainsi que d'autres, le Canada a en définitive la même réputation que les États-Unis et la plupart des Somaliens ne prennent même pas la peine de faire la différence entre les deux pays.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Somaliens pensent que les Canadiens sont jusqu'à un certain point libéraux dans leurs relations, et qu'ils montrent, à certaines occasions, des signes d'affection intimes en public; il vaut mieux par conséquent éviter d'être démonstratif devant des Somaliens.

Point de vue canadien :

Certains stéréotypes que nourrissent les Canadiens à l'égard de la culture somalienne portent sur l'oppression des Somaliennes ou sur le fait que les Somaliens, et leur culture, ne soient pas raisonnables. Le stéréotype répandu sur l'Islam constitue un autre point à surveiller. Ces stéréotypes sont nuisibles parce qu'ils ne sont pas vrais et qu'ils ne tiennent pas compte de la réalité. La culture somalienne, à l'instar de toutes les autres cultures, est constituée de plusieurs couches et il faut du temps avant de pouvoir les comprendre. Les Somaliens sont très chaleureux et ils vous reçoivent à bras ouverts une fois qu'ils se rendent compte que vous ne constituez pas une menace pour eux, pour leur culture et pour leur mode de vie. 

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né en Somalie d'une famille de 21 enfants dont il était l'avant dernier. Il a été élevé à Garawe au nord-est de la Somalie. Il a déménagé à Mogadiscio pour y poursuivre ses études et a obtenu son baccalauréat spécialisé en Histoire africaine de l'université nationale somalienne, LAFOLE. Il a ensuite immigré au Canada. Il vit actuellement à Ottawa et travaille à titre de coordonnateur de programmes des jeunes auprès du Centre somalien des services familiaux. Il étudie à l'Université Carleton en Services sociaux. Il est marié et a deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née en Somalie, deuxième de sept enfants. Elle a néanmoins grandi à Toronto, Canada. Elle a étudié le développement international et les sciences politiques à l'Université York de Toronto. Ses études l'ont amenée à voyager à l'étranger et pour une première fois dans son pays natal, la Somalie lors d'un stage comme assistante dans le cadre du programme Horn Relief, géré par une ONG, et comme membre de l'équipe de commercialisation et de ressources humaines pour le compte de Eastern Television Network (ETN) à Bosaso. Bien que son emploi se situait dans les régions de Sanaag et Bari seulement, elle a visité d'autres villes, notamment Las Qorey, Garowe, Galkacio, Mogadiscio, Hargeysa, Burao, Barbara, Erigavo, et de nombreuses autres villes à travers la Somalie. Plus tard, elle s'est rendue au Kenya, aux Émirats Arabes Unis, au Royaume-Uni, en Suède, Norvège, Danemark et enfin, aux États-unis pour mieux connaître les différentes cultures et leurs pratiques. Elle vit actuellement au Canada, à Toronto où elle prépare une maîtrise. Elle parle couramment l'arabe, l'anglais et le somalien.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.