Salvador

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Les Salvadoriens aiment bien parler de tout mais en particulier de leur travail, de leur famille et des coutumes locales. Si vous ne commencez pas une conversation, ils le feront. Il est bien possible que les Salvadoriens désirent en savoir plus sur le Canada et les gens qui y vivent. Ne soyez pas surpris de la spontanéité des gens au Salvador. Ils sont fiers de leurs plages, de leurs spécialités culinaires et des beaux sites du pays. Comme première recommandation, n’importe lequel de ces sujets peut être un bon point de départ pour une conversation et le début d’une relation amicale avec un Salvadorien.

Les Salvadoriens adorent parler et communiquent aisément avec les étrangers. Ne vous faites pas de souci si l’espagnol que vous parlez n’est pas parfait, vous vous ferez comprendre malgré tout. Par ailleurs, de nombreux Salvadoriens parlent l’anglais, étant donné leur lien étroit avec les États-Unis. Ne soyez pas timides, vous pouvez vous faire beaucoup d’amis au Salvador.

La société du Salvador est très polarisée, même après la longue guerre et la signature du traité de paix en 1992. Aborder la situation politique du pays en premier dans vos conversations serait inapproprié, à moins de connaître les orientations politiques de votre interlocuteur. Évidemment, après avoir mieux fait connaissance, vous pourriez en parler. La même chose s’applique à la religion. Ce sont des sujets qu’il vaut mieux éviter au premier contact avec des Salvadoriens.

Les Salvadoriens adorent les conversations drôles et l’utilisation de surnoms. L’humour local pourrait être difficile à comprendre au début pour des Canadiens; il est très particulier et exploite certaines situations comme les défauts individuels, le sexe et le machisme, entre autres. Vous pourriez ne pas trouver cela comique, mais ce ne sont que des blagues et presque personne ne se sent visé. Voilà un trait particulier des Salvadoriens quel que soit leur statut social, ils ont leur côté humoristique, selon l’occasion. J’espère que vous l’aimerez aussi !

Point de vue canadien :

À l’occasion d’une première rencontre, vous pouvez parler de la famille, du travail, des intérêts personnels et des origines. Vous pouvez également parler de tout et de rien, comme le temps qu’il fait, les endroits du pays ou de la région que vous avez visités. Toutefois, il vaut mieux ne pas parler de politique, de la guerre civile ou de la religion avant d’avoir établi une bonne relation avec votre interlocuteur. Dix ans après la signature des accords de paix, beaucoup de Salvadoriens ont encore du ressentiment à l’égard de ce qui s’est passé durant la guerre et de ce qui se passe depuis. Ce sujet est étroitement associé à la politique actuelle du pays. Beaucoup de Salvadoriens ont des opinions assez arrêtées concernant ces sujets et peuvent préférer ne pas en discuter avec un étranger. La religion catholique est la principale religion, mais le protestantisme évangélique gagne du terrain. Les personnes très religieuses ont souvent tendance à discuter de leurs croyances religieuses et de Dieu et s’informeront sur les vôtres. Ce sujet de conversation pouvant mettre mal à l’aise les personnes qui ne pratiquent pas une religion ou qui pratiquent une religion différente, il vaut mieux éviter de soulever le sujet.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

La manière dont les Salvadoriens s’expriment est très similaire à celle des Nord-Américains, mais il y a de grandes différences quand il s’agit du contact physique. Il faut garder une distance raisonnable quand on converse avec quelqu’un et ne pas trop s’approcher, bien que le contact physique fasse partie de la culture locale. Habituellement, les Salvadoriens sont très expressifs et aiment embrasser, étreindre et donner de bonnes poignées de main pour accueillir chaleureusement un visiteur. En s’exprimant verbalement, ils utilisent beaucoup leurs mains et leurs bras et quelques fois leur corps. Ne soyez pas surpris si quelqu’un vous touche le bras ou essaie de vous toucher la main durant une conversation. De plus, le contact visuel est considéré très important; ce contact fait partie de la crédibilité personnelle mais s’il est excessif, il pourrait choquer, donc savoir s’en servir selon l’interlocuteur.

Point de vue canadien :

Au Salvador, la communication implique un plus grand contact physique entre interlocuteurs qu’au Canada. Les rencontres femme-femme et femme-homme commencent généralement avec une bise. Les poignées de main sont généralement assez prolongées. Les Salvadoriens ont tendance à prendre dans leurs mains les mains ou les bras de leur interlocuteur. Les hommes qui se connaissent bien auront tendance à se toucher le bras ou le dos. Les Salvadoriens en général sont portés à se tenir ou à s’asseoir l’un près de l’autre pour parler et à toucher à leur interlocuteur pour mettre l’accent sur un point de conversation. Je dirais que la distance maintenue au Salvador entre deux personnes qui se parlent varie entre la moitié et les trois quarts de la distance que maintiennent les Canadiens (que j’estime à 2 - 3 pieds). Les Salvadoriens gesticulent beaucoup lorsqu’ils parlent. Plutôt que de pointer du doigt, les Salvadoriens utilisent une gestuelle faciale dont une expression qui consiste à sortir les lèvres (comme pour envoyer un baiser) vers la personne ou la chose à laquelle on fait référence. Ce geste est considéré beaucoup plus poli que de pointer du doigt. Comme au Canada, il n’est pas poli d’élever la voix en s’adressant à quelqu’un et un tel comportement pourrait être interprété comme une manifestation de colère.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d’affection sont les bienvenues au Salvador, mais les manifestations de colère pourraient causer des problèmes. À cause de la guerre et du grand taux de délinquance aujourd’hui, de nombreuses personnes sont armées de pistolets, de fusils et de mitraillettes. Beaucoup sont prêts à tirer si nécessaire. Si vous vous fâchez avec quelqu’un, il vaut mieux rester calme. Les discussions trop virulentes et les batailles doivent être évitées à tous prix.

La société salvadorienne est considérée « machista ». Les démonstrations d’affection en public sont acceptées entre hommes et entre femmes, mais pas entre les sexes.

Point de vue canadien :

Les manifestations d’émotion en public sont jugées acceptables dans certaines circonstances. Les couples démontrent en public leur affection en se tenant la main et en s’embrassant au moment de se quitter. Les Salvadoriens n’apprécient pas voir les jeunes couples s’embrasser d’une façon passionnée. Il est courant de voir des femmes marcher main dans la main. Les Salvadoriens manifestent très rarement leur colère dans le milieu de travail ou en public. On peut voir des gens se fâcher dans la rue et parfois même se pousser mais avec le risque que la situation vire à la violence.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

La manière dont les personnes se saluent peut parfois paraître très cérémoniale. La langue espagnole utilise différentes formules de salutations dépendant de l’âge, du statut social, etc., mais au Salvador, juste deux sont courantes : la manière respectueuse qui utilise la forme « Usted » (vous) et la manière amicale qui se sert de « vos » (tu). Si vous parlez à votre supérieur ou à une personne plus âgée, il est fortement recommandé d’utiliser Usted. Si vous discutez avec vos collègues ou vos amis, vos est de mise. Vous ferez rapidement connaissance avec vos collègues au travail, mais vous vous adresserez à eux en utilisant leur nom de famille précédé de Señor, Señora (femmes mariées), Señorita (femmes célibataires) ou de leur titre professionnel.

La ponctualité est moins importante pour les Salvadoriens que pour les Canadiens et ils arrivent souvent en retard; mais en ce qui a trait à la productivité, ils ont la réputation d’être de très bons travailleurs et font souvent du temps supplémentaire. Il faut s’attendre à très peu d’absentéisme et, là où il y en a, il devrait y avoir une bonne raison pour le justifier.

Point de vue canadien :

Le code vestimentaire est assez semblable au code vestimentaire des Canadiens en été. Certaines entreprises, habituellement des entreprises de service comme les banques, font travailler leurs employés en uniforme. Dans beaucoup de bureaux, les hommes portent le pantalon et la chemise (et portent le veston et la cravate dans les situations plus officielles) tandis que les femmes portent une robe ou une jupe. Dans les bureaux où on accepte une tenue plus décontractée (dans les ONG par exemple), les femmes peuvent aussi porter le pantalon. Hommes et femmes s’habillent d’une façon plus conventionnelle pour les activités spéciales.

Lorsque vous parlez à votre supérieur ou à vos collègues de travail, vous devriez utiliser la forme « Usted ». Vous pourrez passer à la forme « vos » lorsque les relations deviendront plus familières. Je vous conseille d’attendre que votre interlocuteur dont l’espagnol est la langue maternelle passe à cette forme avant de prendre l’initiative. Toutefois, lorsque la langue maternelle de votre interlocuteur n’est pas l’espagnol, cela peut prendre beaucoup plus de temps. Lorsque la forme « Usted » est utilisée, on nomme son interlocuteur par son prénom.

L’approche des Salvadoriens face au temps peut indisposer au départ les Nord-américains qui ne sont pas habitués au rythme salvadorien. Je n’ai jamais eu l’occasion d’assister à une réunion, activité, rendez-vous, etc. qui a commencé à l’heure dite. Ceci dit, vous devriez quand même vous présenter à l’heure demandée et apporter quelque chose à lire ou à faire pour faire passer le temps. J’ai remarqué que plus les personnes sont « importantes », plus long est le temps d’attente. De nombreux bureaux accordent de l’importance à la ponctualité et les employés qui se présentent tard au travail restent au bureau plus longtemps le soir pour remettre le temps perdu. Je n’ai pas l’impression que ce concept du temps ait une incidence négative sur la productivité étant donné que les gens se présentent habituellement en retard parce qu’ils sortent d’une autre réunion/activité/rendez-vous.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Les Salvadoriens sont reconnus pour être travailleurs et responsables. Un directeur qui travaille beaucoup, souvent en dehors des horaires réguliers et dont l’expérience est reconnue dans un domaine particulier, est perçu comme un bon directeur. Les Salvadoriens aiment les gens humbles qui sont ouverts à de nouvelles idées – des gens qui veulent partager leur savoir. En tant qu’étranger au Salvador, il est plus facile d’être respecté et estimé, parce que la société est qualifiée de société malinchista. Toutefois, un directeur étranger qui serait égoïste et arrogant pourrait avoir des problèmes. Les Salvadoriens aiment travailler fort mais ne tolèreront pas un tel style personnel de la part d’un étranger.

Concernant les études, le Canada est un pays où, normalement, il faut avoir un certificat ou un diplôme pour travailler dans certains domaines. Au Salvador, l’expérience est à l’occasion plus importante que les études. Bien sûr, certains domaines sont réglementés comme la médecine ou la dentisterie, mais dans certaines situations, vous remarquerez que les travailleurs n’auront pas les études nécessaires.

Savoir diriger est un trait important pour un directeur; néanmoins, je serai d’avis qu’une gestion moderne aurait plus de succès qu’un style conventionnel. Avoir de l’ouverture d’esprit, un style participatif qui accentue l’autonomisation et la facilitation sont certaines des qualités d’un gestionnaire moderne. Ces qualités sont bien accueillies des organisations salvadoriennes, bien que parfois, comme dans tout autre pays, les gens refusent de participer parce qu’ils ne sont pas prêts pour une communication ouverte et pour la mise en oeuvre de structures et de processus participatifs aux différents niveaux organisationnels. Compte tenu de ce fait, il serait plus sage de garder certaines conversations d’équipe à l’interne afin de parvenir à une définition convenable du mode de travail. Les Salvadoriens sont des gens ouverts et accepteront un style de gestion moderne sans problème.

Point de vue canadien :

Tous les Salvadoriens accordent beaucoup d’importance au niveau d’études atteint. On s’adressera à une personne détenant un diplôme universitaire en utilisant le terme « licenciado/a », un terme qui commande le respect à la grandeur de la société et non seulement dans le milieu de travail. Le niveau d’éducation est plus respecté que l’expérience. Au nombre des autres qualités très recherchées en milieu de travail, citons le leadership et la capacité de diriger, la prestance et le réseau de connaissances. Comme dans bien d’autres cultures, votre réseau de contacts a beaucoup d’importance au Salvador. Les membres d’une même famille travaillent souvent pour le même employeur et les promotions sont plus souvent qu’autrement données à une connaissance. Contrairement à l’Amérique du Nord où on n’approuve pas le népotisme, ceci est pratique courante au Salvador. La capacité de se constituer un bon réseau de connaissances et de profiter de ses contacts est également considérée importante en ce sens que l’utilisation des contacts facilite beaucoup le travail. L’exercice d’un bon leadership et une bonne capacité de diriger sont considérés importants étant donné le style de gestion hiérarchique. Les décisions sont prises par la direction et communiquées aux membres du personnel. Ce style de gestion fait en sorte que les employés ont besoin d’être dirigés dans l’exercice de leurs fonctions.

Mon statut d’expatriée commandait automatiquement une position de respect. Certaines aptitudes que l’on tient pour acquis au Canada sont moins courantes et plus respectées au Salvador.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Au Salvador, les directeurs sont de style plutôt autocratique et ils sont la source des décisions et des idées. Quelle que soit la situation, il est bon d’aller consulter son superviseur immédiat pour avoir son commentaire et pour des réponses.

Point de vue canadien :

D’après mon expérience, beaucoup d’organisations ont un style de gestion hiérarchique. Les décisions sont prises par le directeur/le conseil d’administration/le président sans aucune consultation avec les gestionnaires. Le pouvoir est exercé par la personne en charge, sans égards pour les commentaires exprimés par les membres du personnel ou les suggestions faites. Il n’y a pas de problème à consulter son superviseur pour obtenir des réponses ou une rétroaction. Cette façon de faire m’apparaît d’ailleurs comme un excellent moyen de faire le point sur les différences culturelles qui peuvent avoir une influence sur le travail.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :


Égalité des sexes :
Malheureusement, les femmes ne sont pas traitées de façon équitable. Bien que les choses changent, en général elles gagnent moins, occupent des postes inférieurs dans les organisations et doivent faire face à de fortes pressions les incitants à demeurer à la maison. C’est encore un monde d’hommes, mais le statut des femmes s’améliore graduellement. La galanterie n’a pas totalement disparu; on ouvre encore la porte aux femmes et on leur offre son siège. Ces comportements sont très bien acceptés.

Le harcèlement sexuel peut être un problème. Les hommes ont l’habitude de flirter avec les femmes. Qu’ils soient dans la rue, au travail ou à une soirée, les hommes le font partout, en tout temps! Pour une femme canadienne, ce comportement pourrait être celui qui lui causera le plus de difficultés au cours de son travail et de son séjour au Salvador.

Religion :
La religion officielle du pays est le catholicisme, bien qu’il y ait également d’autres religions, comme les églises évangélistes, par exemple. Il n’y a pas d’obstacles à établir une relation personnelle avec quelqu’un d’une autre religion.

Classe :
Il y a des différences marquées entre les classes au Salvadore. Les classes supérieures vivent dans la capitale et il y a peu de gens aisés dans le reste du pays. 35 pour cent de la population est très pauvre et 30 pour cent est pauvre.

On voit couramment des femmes ou des hommes d’affaires riches qui traitent leurs employés sans aucun respect. Ce mauvais traitement se manifeste de plusieurs façons : une manière différente de communiquer, leur expression en parlant de gens pauvres, les différences d’opportunités, et surtout le salaire. Cette situation peut être observée dans certains secteurs de l’industrie, du commerce et de l’agriculture; vous pourriez être impliqué dans la mise en oeuvre de certaines décisions qui pourraient affecter des employés pauvres.

Groupe ethnique :
À cause des problèmes politiques et sociaux hérités de la période coloniale, les autochtones ont été oubliés et ont presque disparu, néanmoins la culture Maya est encore vivante dans certaines régions de l’Amérique centrale. La langue de la population autochtone est le nahuatl qui est encore parlé par quelques personnes. Il n’y a pas de race prédominante.

La raison de nombreux problèmes ou de leurs répercussions sur les lieux de travail est relié au sexe ou à la classe, et non pas aux questions liées à la religion ou au groupe ethnique.

Point de vue canadien :


Égalité des sexes :
Comme c’est le cas dans beaucoup d’autres sociétés de l’Amérique latine, la société salvadorienne est très macho. La majorité des femmes occupent des postes subalternes, tant au niveau des responsabilités et du statut que de la rémunération. Beaucoup de femmes travaillent dans le secteur marginal, notamment comme domestiques, vendeuses au marché ou vendeuses itinérantes, et leur salaire échappe à toute réglementation. Cette situation présente un problème important dans un contexte où environ le tiers des familles sont monoparentales, la mère étant la seule responsable. Tous ces facteurs combinés contribuent à maintenir les femmes dans un statut social inférieur.

Beaucoup de Salvadoriens considèrent que les femmes ne devraient pas travailler à l’extérieur de la maison, mais qu’elles devraient plutôt consacrer tout leur temps à élever les enfants et à entretenir la maison. La violence conjugale constitue un problème grave et les victimes disposent de peu de recours. Le gouvernement s’est très peu intéressé à la situation des femmes et bon nombre d’organismes non gouvernementaux tentent de mieux sensibiliser la population à ce problème. Dans le milieu de travail, ce problème se constate aux niveaux des postes qu’occupent les femmes et des avantages sociaux auxquels elles ont droit (une femme ayant une assurance a droit à un congé de maternité de trois mois, mais aucun service de garde de jour pour les enfants n’est disponible par la suite).

Religion :
La religion fait partie de la culture salvadorienne. La majorité des Salvadoriens sont de confession catholique, mais le segment de protestants évangéliques est en progression. La religion est présente dans les conversations de tous les jours (les Salvadoriens répondent souvent « Grâce à Dieu, bien » lorsqu’on leur demande « Comment allez-vous? »). La religion est également présente sur les coins des rues où on peut entendre des prêcheurs, mais je n’ai pas remarqué une incidence de la religion dans le milieu de travail.

Classe sociale :
La société du Salvador est une société de classe. Plus de 50 pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté, et beaucoup vivent même dans la pauvreté absolue. Les travailleurs de bureau font généralement partie de la classe moyenne. Cette classe se divise à son tour entre:

1) La classe moyenne inférieure : ceux qui gagnent au moins le double du salaire minimum ouqui ont des parents aux États-Unis qui leur envoient au moins le double du salaire minimum;

2) La classe moyenne intermédiaire : ceux qui gagnent au moins le double du salaire minimum ou qui reçoivent en plus des sommes égales à leur salaire et qui peuvent se payer une automobile;

3) La classe moyenne supérieure : ceux qui gagnent plus du double du salaire minimum, qui possèdent une automobile et qui ont un revenu disponible assez important. Le petit groupe formant la classe supérieure est constitué de 14 familles, essentiellement des politiciens de haut niveau et des gens qui ont hérité de sommes substantielles et qui disposent de bons contacts. La plupart des bureaux ont une « muchacha » à leur emploi, soit une préposée au nettoyage et au service de boissons aux employés et aux invités. Elle est souvent la seule personne du bureau qui est de la classe inférieure.

Origine ethnique :
Le Salvador compte une petite population indigène par rapport au pays voisin, le Guatemala. La majeure partie de la population indigène du Salvador a été massacrée dans les années 1930, ce qui a donné lieu à la disparition du dialecte et de la culture indigènes en plus de nombreuses vies humaines. La plupart des indigènes du pays vivent dans les parties pauvres du pays et pratiquent l’agriculture. Étant pauvres et peu instruits, ils sont souvent perçus comme étant peu intelligents. Certaines parties du pays ont des racines indigènes et suscitent de l’intérêt pour leur artisanat et leurs festivals.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Les Salvadoriens aiment établir des relations amicales avant d’aborder les questions d’affaires et ils préfèrent traiter avec des personnes qu’ils connaissent. L’amitié a une valeur réelle au Salvador. Les Salvadoriens s’intéressent aux gens pour mieux les connaître.

Il est courant de se faire inviter chez des amis pour un repas ou pour participer à des activités en famille. Les Salvadoriens aiment beaucoup présenter leur famille à leurs amis, particulièrement à des étrangers. Ils espèrent que ceux-ci se sentiront à l’aise chez eux. Il est aussi très courant de recevoir une invitation à participer à des excursions familiales au cours du week-end. Il ne serait pas courtois de refuser de telles invitations étant donné la susceptibilité des Salvadoriens. Quand on visite le Salvador, il vaut mieux se préparer à des relations amicales intenses. Parfois, on a du mal à trouver du temps pour soi.

Point de vue canadien :

Il est essentiel d’établir une relation personnelle avec les collègues de travail, à défaut de quoi votre performance et vos résultats pourraient s’en ressentir. Les Salvadoriens étant d’une nature très amicale, il est facile d’entrer en relation avec eux. Au travail, les collègues entreront dans les bureaux des autres pour bavarder, prendre un café ou simplement discuter entre eux d’un fait intéressant. De plus, ils prennent souvent le repas du midi ensemble. Ce contact personnel est important et fait partie des habitudes de travail. D’après mon expérience, les collègues de travail se consultent et se demandent conseil avant de prendre des décisions relatives au travail. Ce temps de « bavardage » a été extrêmement utile dans mon travail. Il m’a permis d’apprendre des renseignements importants au cours d’une pause café ou durant une heure de lunch prolongée.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

Oui, je pense que comme dans d’autres pays, les citoyens du Salvador s’attendent à recevoir des privilèges spéciaux lorsqu’ils se lient d’amitié avec des étrangers. Néanmoins, il vaut mieux ne pas prendre de décisions fondées sur des relations personnelles ou des amitiés. Au Salvador, vous pouvez déclarer à vos connaissances que votre relation ne justifie pas des privilèges spéciaux. Comme partout ailleurs, vous trouverez des personnes qui veulent se rapprocher de vous uniquement pour cette raison.

Vous devrez discerner entre les gens qui veulent simplement vous manifester de l’amitié et ceux qui sont à la recherche de privilèges. Les Salvadoriens sont très aimables et pas nécessairement du genre profiteur. Il ne faut donc pas refuser des invitations de personnes qui essaient d’être amicales. Le défi est d’essayer de garder une bonne communication, d’écouter les conseils ou les suggestions qu’on vous fait et de montrer de l’intérêt pour les points de vue locaux.

Point de vue canadien :

Tel que l’ai mentionné précédemment, les contacts sont très importants au Salvador (et plus particulièrement les relations familiales) parce qu’ils peuvent donner accès à des considérations et privilèges spéciaux. Il est courant que les personnes occupant des postes de pouvoir embauchent des membres de leur famille ou des amis. Cette façon de faire correspond aux liens étroits qui unissent les familles et à la grande quantité de temps qu’ils passent ensemble. Le gouvernement n’offrant pas beaucoup d’avantages sociaux aux employés (pas d’assurance-chômage ou de minimum de retraite), l’embauche de membres de la famille apparaît comme une solution à l’incertitude de la vie. Je n’ai aucune idée si on s’attend des expatriés qu’ils fassent de même.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Si vous avez un problème avec un collègue, vous pouvez lui en parler en privé pour essayer de le régler. Il vaut mieux ne pas le confronter en public; la situation pourrait avoir des répercussions négatives pour vous en tant qu’étranger.

Lorsque quelqu’un a des problèmes avec vous, vous pourrez en général le remarquer dans son comportement envers vous ou à ses commentaires auprès d’autres personnes.

Point de vue canadien :

Selon mon expérience, il est préférable au départ de ne pas confronter directement la personne, mais plutôt d’exprimer ses frustrations à un intermédiaire, à une personne qui a la confiance des deux parties. Dans un tel cas, il est important de ne pas attaquer la personne et de s’en tenir aux frustrations non personnelles. Ensuite vous pouvez parler à la personne directement et personnellement en privé. Vous obtiendrez de meilleurs résultats en étant discret et indirect. Restez-en à la situation. Une bonne avenue pourrait être de faire valoir comment la situation est difficile pour l’autre personne. Il se peut que vous ayez à reprendre la discussion à quelques reprises.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

À mon avis, la satisfaction au travail est la principale source de motivation, pourvu que l’employé gagne un salaire décent. Il est important de tenir compte du fait que le Salvador est un pays où tout est dispendieux étant donné la moyenne des salaires. Ne soyez pas surpris de voir que les employés locaux ont de très mauvaises conditions de travail, mais qu’ils essayent de donner le meilleur rendement possible car les emplois sont difficiles à obtenir.

Point de vue canadien :

D’après moi, c’est souvent l’argent et le maintien de son emploi qui motivent le plus les employés à donner un bon rendement au travail. Les Salvadoriens ont la réputation d’être de bon travailleurs et d’être de bons entrepreneurs. Je crois que les Salvadoriens n’ont pas la même définition de « bon rendement » que les Canadiens.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Livres : Salvador Salazar Arrué (Salarrue) - Cuentos de Barro, La Botija et Cuentos de Cipotes; Roque Dalton - Taberna y Otros Lugares, Las Historias prohibidas del pulgarcito, et Pobrecito Poeta que era yo; José Ignacio López Vigíl - Mil y una historias de Radio Venceremos; Horacio Castellanos Moya - El asco; Lisa North - Bitter Grounds.

Vous pourriez examiner le livre suivant préparé par le ministère des Affaires étrangères de la République du Salvador : Chislett, William, Salvador : A New Opportunity, Euromoney Books 1998. On peut se le procurer au consulat du Salvador.

Pour en apprendre plus sur le Salvador par Internet, visitez les sites suivants : www.infocentros.com.sv, www.rree.gob.sv, et www.sv.

Point de vue canadien :

Je recommande le film Romero (mettant en vedette Raul Julia, vers 1990) pour avoir une idée de la conjoncture durant la période qui a précédé la guerre civile (avant 1980). De plus, monseigneur Romero est un personnage important du pays et il ne fera pas tort de savoir qui il est. J’ai lu deux excellents livres portant sur le pays. Un de ces livres est un roman écrit par Manlio Argueta intitulé Un jour comme tant d’autre. L’histoire se déroule à la campagne durant la guerre civile. L’autre livre, de Michael Gorkin, Marta Pineda et Gloria Leal s’intitule « From Grandmother to Granddaughter: Salvadoran Women’s Stories ». Il s’agit d’une série d’entrevues menées auprès de neuf femmes : une grand-mère, une fille, une petite fille des classes sociales supérieure, moyenne et inférieure. Les deux livres sont assez intéressants et présentent des perspectives uniques.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Recommandations à utiliser sur le terrain : Certaines des régions du pays et des quartiers de la capitale pourraient être dangereux; renseignez-vous avant de les visiter et, si possible, ne vous promenez pas seul. Également, il faut prendre des précautions en utilisant les transports en commun et les taxis. Voyagez, si possible, avec des amis. Faites attention aux aliments vendus dans la rue et dans certains endroits, l’hygiène laisse parfois à désirer. Prenez en considération les moins bonnes conditions sociales et économiques au Salvador, néanmoins le pays est magnifique et les gens très accueillants.

Endroits à visiter : Les plages (Costa del Sol, Le Cuco, Playas Negras, Le Espino, Costa Azul, entre autres); le volcan Cerro Verde et le lac Coatepeque, Apaneca, Suchitoto, Santa Ana, le jardin botanique La Laguna et les ruines de Tazumal et de San Andrés.

Les aliments typiques : Pupusas, tamales, chilate, horchata (boisson).

Musique et musiciens : R.E.D., les orchestres de los Hermanos Flores et celui de San Vicente.

Visiter : le Théâtre national, la maison La Luna et son art, La Ventana, Le café et la Galería El Arbol de Dios. Vous trouverez plus de renseignements dans le site Internet : http://www.infocentros.org.sv/artecultura.php.

Point de vue canadien :

Le quotidien Le Diario de Hoy a un encart le jeudi intitulé El Planeta Alternativo. Cet encart, qui présente de l’information sur les activités de la prochaine semaine, constitue une excellente source d’information sur les pièces de théâtre, les expositions d’art, la musique et les festivals. Le Teatro Presidential (dans la Zona Rosa) présente de nombreuses pièces et performances musicales. On trouvera également une bonne dose de culture (quoique pas toujours salvadorienne) au Centro Cultural de España (à la Calle La Reforma). Ce centre culturel est associé à l’ambassade de l’Espagne. On y organise chaque semaine des activités auxquelles le public est admis sans frais et on y sert souvent des rafraîchissements. Au nombre des activités déjà organisées au Centre culturel, citons les suivantes : guitariste cubain, exposition d’esquisses d’une jeune artiste espagnole illustrant différentes scènes du Salvador et un « one woman show » d’une des grandes actrices du pays. On y passe également des films le vendredi soir. La Luna Café y Casa del Arte organise en semaine des sessions de musique et invite à chaque dernier vendredi du mois un orchestre de salsa. Vous devez arriver tôt pour avoir une table.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Il est difficile de répondre à cette question. Il n’y a pas de héros national, à ma connaissance.

Point de vue canadien :

Monseigneur Romero est un personnage important du passé récent du Salvador. Il a été le premier membre de l’Église catholique à se ranger du côté des pauvres et à dénoncer publiquement les injustices dont ils faisaient l’objet. Il a été assassiné en mars 1980 par des francs-tireurs formés par la CIA. On trouve plusieurs peintures murales dédiées à Monseigneur Romero et à son oeuvre.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Je n’en vois aucun.

Point de vue canadien :

Durant la guerre civile, le Canada a accepté un assez grand nombre de réfugiés salvadoriens. Beaucoup de Salvadoriens ont de la parenté qui vit au Canada ou, encore, ont déjà visité le Canada.

Le Canada et le C.A.4 (Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua) devraient bientôt signer un accord de libre-échange. Cet accord aura assurément une incidence sur les relations.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Certaines personnes pourraient confondre les Canadiens avec des Américains. Certains Américains sont considérés comme étant peu modestes et impolis.

Point de vue canadien :

Le premier stéréotype qui me vient à l’esprit est que le Salvador est un pays dangereux et que les Salvadoriens sont violents. Même si le pays a un taux d’homicide élevé, la majorité des homicides sont commis entre des différents gangs parmi eux. Il ne faut pas s’alarmer du nombre de gardes armés que l’on peut voir en une heure et ne pas non plus assumer qu’il est proportionnel au facteur de risque. On peut évaluer le risque de danger selon la partie de la ville, l’heure du jour et les conseils des autres. Le Salvador n’est plus un pays dévasté par la guerre. Beaucoup de travail a été fait au niveau des relations et de la remise en état de l’infrastructure.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né au Salvador, le benjamin de trois enfants. Il a été élevé à San Salvador, la capitale du pays, où il a fait ses études. Il est diplômé en génie électrique de l'Université polytechnique d'El Salvador. Par la suite, il a immigré au Canada pour y vivre. Actuellement, il habite Toronto et travaille à l'Université York comme coordonnateur de projet. Il est marié et a deux enfants.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle, la cadette d'une famille de deux filles, est née en Australie. Elle a grandi à Ottawa et a étudié l'anthropologie à l'université de Victoria. Étudiante visiteur de l'université Simon Fraser, elle a fait un séjour au Chili en 1995 et, après ses études universitaires, s'est rendue à Hamamatsu au Japon pour y enseigner l'anglais langue seconde. Elle est revenue au Canada pour y poursuivre des études de deuxième cycle au McRae Institute for International Management de Vancouver et plus précisément dans un programme de gestion en Amérique latine. Dans le cadre de ce programme, elle s'est rendue au Salvador où elle a effectué un stage de travail d'un an. Elle vit aujourd'hui au Canada.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.