Timor Leste

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Le Timor oriental est un petit pays qui occupe la moitié de l’île Timor et compte environ 800 000 habitants répartis en 16 groupes ethniques différents parlant 32 dialectes. Les principaux groupes ethniques se répartissent selon les dialectes parlés, qui sont le mambae, le tetum ou fehan, le makasae, le fataluku, le bunak, le kemak et l’atoni.

La culture autochtone timoraise est largement influencée par les croyances animistes traditionnelles de l’île, auxquelles s’ajoutent des influences extérieures. Le pays était réputé dans le passé pour son bois de santal et ses relations avec d’autres nations commerciales telles que l’Inde et la Chine avant l’arrivée des Portugais. De nouvelles composantes culturelles ont donc été introduites par les négociants étrangers au fil du temps. La culture portugaise a ainsi eu une influence considérable sur la culture du Timor oriental après plus de 400 ans de présence coloniale du Portugal. Et enfin les vingt-quatre années d’appartenance à l’Indonésie en tant que 27e province ont aussi eu pour effet d’intégrer de nouveaux éléments à la culture timoraise.

Les Timorais serrent en général la main des personnes qu’ils rencontrent pour la première fois et se présentent. Ils peuvent également saluer l’étranger par un simple « Comment allez-vous? ».

Après ces préliminaires, les Timorais passent habituellement à d’autres sujets de conversation généraux. Ils aiment discuter de la région d’où ils proviennent. Durant les discussions, ils maintiennent un contact visuel bref, mais de façon régulière, avec leurs interlocuteurs et sourient aussi fréquemment pour marquer leur respect et leur considération.

Point de vue canadien :

Au premier contact, vous pouvez poser des questions sur la famille, parler de votre propre famille ou de votre communauté, et montrer des photos de votre vie au Canada. De bons sujets de discussion à aborder sont aussi la beauté naturelle de Timor oriental, les spécialités culinaires et les célébrations culturelles timoraises.

L’humour est bien accueilli. Les Timorais font des plaisanteries et rient dans des situations que des Canadiens trouveraient graves, mais ce genre d’humour les a aidés à affronter des situations très difficiles dans le passé. L’humour porte souvent sur les personnes (par exemple, l’apparence physique des gens), ce qui peut choquer un Canadien, alors que les Timorais y voient un trait d’honnêteté.

Les questions sur la façon dont le conflit politique au Timor oriental a affecté les gens au niveau personnel doivent être abordées avec tact, même si on appréciera que vous faites attention à cette situation. Les gens trouveront plus facile de parler de ce qui leur est arrivé au cours de la crise de 1999 que de l’invasion indonésienne et de la période qui a suivi. De plus, évitez de poser des questions sur des sujets plus délicats (par exemple si la personne a fait de la prison, si elle a perdu des membres de sa famille dans le conflit, etc.), avant d’avoir établi une solide relation avec votre interlocuteur.

Il faut éviter de critiquer ouvertement l’Église, qui est hautement considérée pour son rôle durant la lutte pour l’indépendance. Beaucoup de Timorais sont socialement conservateurs et je vous conseille la prudence dans les conversations sur les relations entre personnes de même sexe, le divorce, l’avortement, les droits des femmes et le racisme. Certaines personnes voudront peut-être savoir comment ces questions sont traitées au Canada et là encore vous devrez faire preuve de prudence. Ne critiquez pas ouvertement les Indonésiens et ne présumez pas que les Timorais les détestent.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

En général, on évite le contact physique avec son interlocuteur à la premiè rencontre et il est bon de maintenir une certaine distance pendant la conversation. Il n’est pas commun non plus de demander à la personne si elle est mariée, combien elle a d’enfants ou qui sont ses parents. Surveillez votre ton de voix. S’il est trop élevé, vos interlocuteurs timorais pourraient se sentir offensés.

Point de vue canadien :

Les Timorais sont plus à l’aise que les Canadiens en ce qui a trait au contact physique. Quand ils se sentent en confiance avec vous, les Timorais peuvent être amenés à vous toucher au cours de la conversation. Dans une rencontre ou une conférence, les gens peuvent paraître totalement détachés de ce qui se passe et ne pas regarder le conférencier.

Ne touchez pas la tête des Timorais. Ils considèrent cela comme un manque de respect.

Un ton de voix poli et doux est préférable. Dans les situations tendues, lever la voix ne facilitera pas les choses; en fait, le faire pourrait amener les gens à se retirer. En tête-à-tête, il vaut mieux s’exprimer clairement, sans être trop autoritaire.

Les Timorais ont tendance à se montrer plus directs dans leurs critiques à l’égard de collègues locaux que ne le font les Canadiens. Entre eux, les Timorais se sentent plus à l’aise pour formuler leurs critiques au sein d’un groupe à un point qui pourrait indisposer les Canadiens. Dans une réunion, si un participant soulève une question, d’autres suivront et feront état d’autres problèmes qui n’auront pas toujours à voir avec le point de discussion.

Il est poli d’accueillir les gens par une poignée de main. Lorsque vous entrez dans une pièce où se trouvent plusieurs personnes, il est approprié de saluer chacune d’entre elles en lui serrant la main.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d’affection ou de colère en public ne sont ni acceptables ni très courantes. L’expression de la colère en public est jugée inconvenante et insultante envers la personne à qui l’on s’adresse et pourrait nuire aux futures rencontres ou réunions.

Les femmes peuvent parfois s’embrasser sur la joue en public, même si elles se rencontrent pour la première fois. Les hommes et les femmes doivent uniquement se serrer la main au premier contact. Seuls les hommes et les femmes qui entretiennent des relations étroites s’embrassent en public.

Il est inacceptable pour les couples qui ne sont pas mariés légalement de s’embrasser ou de s’enlacer en public.

Point de vue canadien :

Les Timorais peuvent se saluer en s’embrassant sur les deux joues (particulièrement entre femmes, et entre les hommes et les femmes qui se voient après une longue absence). Il est fréquent entre amis, aussi bien entre hommes qu’entre femmes, de se tenir par la main et de s’enlacer. Les démonstrations d’affection en public, qu’il s’agisse de rapports amoureux ou de couples mariés, sont désapprouvées.

Les démonstrations de colère en public sont généralement acceptées dans les rassemblements tels que les réunions. Dans certaines situations, les Timorais (et particulièrement les hommes) peuvent se montrer très coléreux et parfois violents s’ils se sentent visés ou s’ils sentent qu’on manque de respect à leur égard. La plupart des gens pensent que cela est dû au traumatisme provenant du conflit et de l’oppression que le pays a subis – la colère est à fleur de peau et, lorsqu’elle se manifeste, elle peut s’exprimer vigoureusement. Les gens peuvent aussi exprimer leur colè par le silence et le retrait. Une absence de réponse ne doit pas toujours être interprétée comme un manque d’intérêt à l’égard du sujet discuté.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

La tenue vestimentaire au travail est assez modeste au Timor oriental en raison du climat tropical. Il est acceptable pour les femmes de porter une jupe et une blouse ou une robe longue. Pour les hommes, l’habillement est constitué généralement d’un pantalon long et d’une chemise à manches longues ou courtes. Pour les réunions très officielles, le costume est obligatoire.

En milieu de travail, les Timorais s’adressent à leurs collègues en les appelant « Senhor » et « Senhora », ce qui signifie Monsieur et Madame, quel que soit le niveau de leur poste.

La vision du temps est très décontractée. Les gens arrivent souvent en retard au bureau, aux rendez-vous et aux réunions.

Vivant au sein de familles étendues, les Timorais se sentent liés à tous les leurs, ce qui fait qu’ils ont toujours une excuse pour quitter le travail et se rendre à des cérémonies ou à des événements familiaux.

En raison du manque de ressources humaines locales, la productivité dans les milieux de travail est faible et les employés ont tendance à attendre qu’on leur dise quoi faire avant de se mettre au travail.

Point de vue canadien :

La tenue vestimentaire en milieu de travail est à la fois décontractée et élégante. Au cours de réunions importantes, les gens s’habillent bien (les hommes portent la cravate et/ou une veste, les femmes, une robe ou une jupe habillée). Les vêtements doivent toujours être modestes. L’habillement pour les fêtes est très officiel.

On doit s’adresser à son superviseur et à ses collègues de façon formelle au début. Après un certain temps, il est possible que les rapports avec les collègues deviennent plus informels. Les superviseurs peuvent insister pour que vous continuiez à les appeler « Monsieur X ou Senhor X ». Le tetum (la langue des Timorais) comporte différents niveaux de formalité. Habituellement, les collègues et les amis s’appellent entre eux « soeurs ou frères », mais il faut du temps aux étrangers pour pouvoir utiliser ces titres auprès des Timorais et mieux vaut attendre qu’ils prennent l’initiative.

Le concept de temps est plus souple qu’au Canada. Pour satisfaire les délais impartis, il est souvent nécessaire de les rappeler plusieurs fois aux employés ou de superviser plus étroitement le progrès à cet égard. La ponctualité tend à diminuer au fur et à mesure. L’absence aux réunions est fréquente dans les organismes non gouvernementaux et chez quelques représentants gouvernementaux, aussi vous faudra-t-il faire des rappels fréquents et encourager les gens à assister à ces réunions de façon répétée. Ce manque d’assiduité, toutefois, ne traduit pas nécessairement un manque d’intérêt;, une surcharge de travail et la difficulté à répondre à des demandes divergentes.

L’absentéisme ne s’interprète pas de la même façon qu’au Canada. Des règles de base doivent être élaborées pour préciser, par exemple, combien de temps à l’avance les gens devront avertir les superviseurs et les collègues qu’ils ont l’intention de s’absenter, quels seront les motifs recevables et quels documents il leur faudra remplir (au besoin) pour les congés de maladie.

Les Timorais prennent leur pause-repas sans se presser et d’autres pauses le matin et l’après-midi. Dans l’après-midi, alors que la température augmente, il semble y avoir une chute de productivité. Accepter de faire des heures supplémentaires n’est pas aussi prévalent qu’au Canada et plusieurs employés peuvent se mettre ensemble pour terminer une tâche qui serait au Canada la responsabilité d’une seule personne.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

En plus des études, de l’expérience et des capacités de leadership que doit avoir un supérieur ou un gestionnaire local ou étranger, il doit être aussi un travailleur acharné et bien organisé de manière à constituer un exemple pour ses collègues. L’accessibilité est une autre qualité nécessaire au niveau des relations avec les collègues. Le gestionnaire doit en outre éviter d’afficher une attitude de supériorité parce qu’il aura alors du mal à diriger ses employés ou collègues et à administrer son service.

Il est habituel pour les Timorais de parler de leur gestionnaire entre eux lorsqu’ils ne sont pas satisfaits. D’ordinaire, ils ne discutent pas directement avec leur gestionnaire de ses faiblesses. La seule façon de savoir ce que vos employés pensent de vous est d’avoir des rencontres en tête-à-tête et de nouer des relations amicales avec eux.

Point de vue canadien :

Ce qu’on recherche chez un gestionnaire local, ce sont un bon niveau de scolarité, l’accessibilité, l’expérience et l’aptitude au leadership. Une haute estime est aussi accordée au statut social ou si la personne a joué un rôle significatif durant la lutte pour l’indépendance. Les gens peuvent respecter davantage des collègues ou des employés qui sont de la même région qu’eux. L’aptitude à travailler en consultation et à générer de nouvelles idées n’est pas nécessairement une priorité aussi importante pour les Timorais que pour les Canadiens.

Les ressortissants étrangers sont hautement considérés s’ils traitent les Timorais avec respect et en égaux; sont désireux de se familiariser avec la culture, la société et l’histoire du Timor oriental; sont soucieux d’apprendre l’une des langues locales et capables de rire et de plaisanter; ont un leadership sans ambiguïté; montrent un réel intérêt à améliorer la situation du pays; et ont des antécédents de travail au Timor oriental.

Pour en savoir plus sur l’opinion de vos subordonnés à votre égard, vous pouvez tout simplement vous adresser à un collègue, qui vous indiquera ce que les autres disent de vous. Si vos subordonnés jugent que vous faites bien votre travail, ils pourront vous donner une rétroaction directe; s’ils pensent que vous faites un travail médiocre, vous pourriez ne pas avoir d’information en retour. Les gens seront généralement plus courtois et francs envers les collègues étrangers qui, à leurs yeux, font bien leur travail.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Le style de gestion descendant, qui est encore répandu au Timor oriental, signifie que toutes les décisions sont prises par le gestionnaire ou le chef d’entreprise. Toutefois, un gestionnaire peut consulter ses collègues avant de prendre une décision.

Les idées sont principalement générées par les gestionnaires, parfois en petits groupes.

Il est acceptable de consulter son supérieur pour obtenir des réponses ou une rétroaction.

Point de vue canadien :

Les gens tendent à laisser aux cadres supérieurs ou aux chefs de service le soin de prendre les décisions et de générer des idées. La culture timoraise privilégie la hiérarchie et l’importance des « aînés ». La colonisation et le faible système d’éducation du Timor oriental ont eu pour conséquence que les Timorais ne sont pas habitués à prendre des décisions de leur propre initiative. Dans certains milieux, les questions peuvent être discutées en groupe et aboutir à des décisions. En règle générale toutefois, les gens ont besoin d’être encouragés et appuyés pour générer des idées et faire l’expérience de nouvelles façons de faire les choses.

Il peut se révéler difficile d’obtenir une rétroaction franche. Pour ne pas offenser leur interlocuteur, les Timorais se déclarent toujours en accord avec une idée ou un projet, quoi qu’ils en pensent réellement.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Égalité des sexes : La question est récente au Timor oriental. Le style paternaliste prévaut encore, selon lequel la femme s’occupe du foyer, s’occupe des enfants et fait la cuisine. L’homme a la responsabilité de subvenir aux besoins financiers de la famille et de contribuer aux décisions et aux activités de la communauté. En général, toutefois, les hommes ont un profond respect envers les femmes et sont très protecteurs.

Il est important de se montrer prudent dans vos relations avec l’ami ou le conjoint d’un collègue (si vous êtes de sexe opposé). Les Timorais sont très protecteurs à cet égard et peuvent réagir très vigoureusement s’ils se sentent menacés.

Religion : Avant l’arrivée des Portugais dans l’île il y a 400 ans, l’animisme était la religion dominante. Les missionnaires portugais ont introduit le christianisme. Aujourd’hui, 90 p. cent des habitants de l’île sont catholiques et environ 70 p. cent sont pratiquants. Le protestantisme est le second mouvement religieux en importance au Timor portugais, suivi de l’animisme et de l’islam. L’Église catholique exerce beaucoup d’influence sur la vie sociale et politique des Timorais à cause de ses longues traditions d’interaction avec le peuple, à tous les niveaux communautaires et gouvernementaux. Toute pensée, pratique ou idée qui va à l’encontre du catholicisme et de ses enseignements peut éventuellement créer de sérieux problèmes sociaux à cause des réactions de croyants fanatiques.

Classe : Dans certaines régions du pays, il existe deux classes. La première est constituée de la famille du leader de la communauté et la deuxième de tous les autres membres de la communauté en question.

Origine ethnique : En milieu de travail, il est conseillé de faire appel à son jugement dans ses réactions avec les collègues et d’éviter les questions délicates concernant la religion et l’origine ethnique. Les conflits entre groupes ethniques sont fréquents au Timor portugais. Ils éclatent souvent parce qu’une personne insulte, rabaisse ou ridiculise un membre du groupe. Cela se termine généralement par un conflit entre groupes ethniques qui peut dégénérer en violence.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes : Dans les milieux de travail, les rôles attribués aux sexes sont tels que les hommes tendent à occuper des postes de leadership et les femmes à ne pas participer aussi activement aux discussions et à la prise de décisions. Les bouleversements créés par la crise de 1999 et la subséquente ouverture du Timor oriental ont suscité de nouvelles possibilités pour les femmes et pour la discussion et le changement ayant trait à l’égalité entre les hommes et les femmes. Certains blâment les ressortissants étrangers et les accusent d’avoir amené ces idées qui n’ont aucune place dans la culture timoraise.

Religion : Les réunions commencent fréquemment par une prière catholique. Les représentants de l’Église qui participent aux réunions font l’objet d’un très grand respect. Plusieurs fêtes religieuses sont des fêtes nationales.

Classe : La société du Timor oriental est relativement stratifiée, mais il peut se révéler ardu pour un ressortissant étranger de comprendre correctement les différents niveaux de stratification. Les gens de la classe supérieure seront traités avec plus de respect. Comme le Timor oriental est un pays pauvre, les gens des classes supérieures peuvent ne pas paraître aussi riches que le sont les membres de la classe supérieure d’autres pays. Il y a aussi des distinctions de classe basées sur le lieu de résidence et l’origine ethnique (les Timorais des régions urbaines ou de descendance portugaise tendent à être placés dans la « classe supérieure »).

Origine ethnique : L’origine ethnique n’est pas une question aussi essentielle au Timor oriental qu’elle pourrait l’être dans d’autres pays. Il n’existe pas de discrimination particulière à l’égard d’une région donnée, mais les associations régionales sont puissantes et peuvent parfois influer sur les relations de travail. Les gens de descendance portugaise ou européenne tendent à être placés dans une classe supérieure. Les immigrants d’autres pays peuvent susciter un certain ressentiment s’ils atteignent une prospérité relative dans les secteurs commerciaux et industriels.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Les relations personnelles avec le collègue ou le client sont réellement importantes pour le mettre à l’aise et lui faire sentir qu’il est entre amis. Dans les discussions au travail ou en affaires, je vous conseille d’aborder des sujets généraux d’intérêt commun avant de passer aux affaires concernées. Vous pouvez aussi offrir de petits cadeaux d’une certaine valeur provenant de votre région ou pays ou vous rendre chez lui, dans sa famille, afin d’amorcer des relations sur un plan plus personnel.

Lorsque les Timorais accueillent un visiteur, ils ne lui demandent pas s’il veut boire ou manger quelque chose. Ils lui offrent ce qu’ils ont de mieux à offrir. Rejeter l’offre est jugé impoli et insultant.

Dans la communauté et au travail, il faut continuellement prendre l’initiative de saluer ou de dire bonjour à tous ceux que l’on rencontre de manière à renforcer les interactions et les relations avec les autres. Durant les pauses au travail, essayez de trouver le temps de bavarder avec les employés et les collègues, quel que soit leur rang.

Point de vue canadien :

La confiance et de bonnes relations facilitent tout. Il est utile de traiter les gens sur un niveau personnel (en parlant de leur famille, en bavardant, etc., ainsi qu’en discutant de questions courantes liées au travail) tout en traitant de sujets reliés au travail. Il semble que les Timorais soient plus enclins à s’entraider et à travailler ensemble s’ils vous connaissent bien et si vos motifs sont légitimes (et surtout si vous désirez sincèrement aider le pays et le peuple du Timor oriental).

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

La mentalité, héritée du régime indonésien est de s’attendre à des privilèges ou à des traitements de faveur en raison d’une amitié ou de relations personnelles. Des exemples de traitement préférentiel auxquels ils peuvent s’attendre seraient liés à la non-application du règlement ou au recrutement d’amis ou de membres de la famille. Cette pratique est toutefois rejetée par la société timoraise d’aujourd’hui. Si vous deviez faire l’objet de demandes de faveurs de la part de collègues ou d’employés, je vous conseillerais de leur expliquer, poliment mais fermement, la raison pour laquelle vous ne vous conformerez pas à de telles pratiques.

Point de vue canadien :

Certaines personnes pourraient s’attendre à des traitements de faveur particuliers s’ils ont une relation personnelle avec vous. Toutefois, une importance plus grande est accordée à la transparence depuis que la communauté internationale est présente au Timor oriental et en réaction contre la corruption vécue sous l’ère indonésienne.

Vous devrez vous montrer prudent en ce qui a trait aux privilèges accordés pour des raisons « familiales ». Les Timorais ont des familles très étendues et il n’est pas inhabituel qu’ils aient un lien de parenté avec les collègues, que ce soit des liens du sang ou par le mariage. Il peut être utile, par conséquent, d’établir des politiques ou d’adopter des approches qui permettent de déterminer ces relations et de mettre en place des contrôles dans les cas où il existerait des rapports de supervision ou des relations d’ordre commercial.

Il pourrait être approprié d’accorder des privilèges particuliers aux employés qui se distinguent par des efforts supplémentaires dans leur travail (par exemple, en effectuant des heures supplémentaires pour réaliser un projet) ou qui ont fait des progrès quant à la qualité de leur travail (telles que des progrès en anglais écrit). Les employés apprécient à la fois le paiement des heures supplémentaires et les congés de récupération accordés. Si vous devez voyager à l’extérieur du Timor oriental, et si le personnel doit assumer des responsabilités supplémentaires en votre absence, il serait prévenant de rapporter quelques petits cadeaux à leur intention.

En raison de l’importance accordée à la famille, il est acceptable d’accorder des privilèges (tels que des congés) lorsqu’un membre de la famille est décèdé ou tombe malade. Toutefois, il y a des limites à établir (par exemple, sur le degré de parenté avec l’employé qui justifierait une telle absence) parce que certains pourraient abuser de ces privilèges.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Si un collègue vous pose un problème en milieu de travail, vous ne devez pas l’affronter directement en public. Adoptez une attitude conciliante en privé, sans faire de jugement hâtif. Demandez-lui son point de vue sur la façon dont il voit la situation et, si vous êtes un gestionnaire, essayez poliment de décrire ses forces et ses faiblesses et de lui proposer des moyens de s’améliorer dans le futur.

Si un collègue ou un employé nourrit un différend envers vous ou que vous l’avez offensé d’une quelconque façon, il évitera toujours de vous regarder dans les yeux ou de vous parler. S’il vous croise sans vous saluer, c’est un signe qui ne trompe pas. Il est facile de lire les expressions faciales des Timorais.

Point de vue canadien :

Il est préférable d’affronter la personne directement et en privé. Rappelez-vous que l’anglais n’est pas la langue maternelle des Timorais et que vous devrez communiquer de façon claire et compréhensible. La simplicité est habituellement préférable dans les situations de stress.

Voyez aussi les questions 2 et 3 concernant la rétroaction sous la rubrique Lieu de travail.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

Vous motiverez vos collègues locaux en leur disant que vous êtes content de leur travail. En retour, ils se sentiront fiers d’eux-mêmes et feront preuve de plus grande confiance à l’avenir dans leur travail.

Les Timorais s’engagent sans retenue dans une tâche s’ils ont les connaissances et les compétences pour le faire. À cause du manque de possibilités de développement des compétences au Timor oriental, la formation est réellement nécessaire.

La rémunération est l’un des principaux facteurs de motivation. En tant que gestionnaire, vous devrez vous assurer que les salaires soient payés à temps. Tout retard dans les paiements aura une incidence sur l’énergie et la productivité de vos employés.

De bonnes conditions de travail sur le plan physique et psychologique sont nécessaires et feront sentir aux Timorais qu’ils sont chez eux au lieu de travail.

Point de vue canadien :

Les facteurs de motivation sont la satisfaction au travail, de bonnes relations de travail, l’encouragement des supérieurs, une certaine flexibilité en ce qui a trait aux horaires de travail (ou au minimum, la reconnaissance que les obligations familiales peuvent avoir une influence sur le travail), des avantages tels que l’organisation d’événements sociaux, la fourniture du transport par l’employeur et en sens d’engagement envers le travail à faire.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Le Timor oriental est une nation indépendante depuis un an et demi à peine, ce qui rend difficile l’accès aux livres, aux films, aux émissions de télévision, aux sites internet, aux quotidiens, aux émissions sportives à la télévision et à la radio et aux émissions de variétés. Toutefois, on peut se renseigner auprès de Canadiens, tels que des membres de la GRC, qui ont eu une affectation d’un ou deux ans dans le pays ou d’organismes canadiens, par exemple CARE Canada, CUSO et des cadres de l’USC.

Point de vue canadien :

Sites internet: Je recommande les sites suivants : www.etan.org, Tapol (Campagne indonésienne de sensibilisation sur les droits de la personne) www.tapol.org, Amnistie internationale www.amnesty.org, Human Rights Watch www.hrw.org, et Catholic Institute for International Relations www.ciir.org.

Livres : Je vous conseille The Redundancy of Courage : le mot à maux de Mo, de Timothy Mo (roman décrivant l’invasion indonésienne) et Du lieu de la mort, les combats héroïques de l’évêque Belo au Timor-Oriental (The Place of the Dead), d’Arnold Kohen. Divers autres livres sur le Timor Oriental sont disponibles dans la plupart des librairies. Mai Koalia Tetum, de Geoffrey Hull, est aussi utile si l’on veut étudier le tetum d’une façon plus formelle. Vous pouvez le commander auprès du réseau d’alerte du Timor oriental sur le site : www.etan.org.

Manuels d’apprentissage de la langue : Le guide Lonely Planet – East Timor Phrasebook est excellent et peut être commandé en direct sur le site de Lonely Planet.

Films : Paradis Amer est un film de la Canadienne Elaine Briere que l’on peut se procurer auprès de l’Office national du film. On trouve aussi des cassettes vidéo sur le Timor oriental dans les centres d’enseignement ou &agrave AVEL, qui est le programme audiovisuel de l’Église-unie du Canada.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

Le Timor oriental a un très grand potentiel touristique. On peut profiter du climat chaud des régions côtières ou se rendre facilement dans les hautes terres où règne un climat plus frais. La partie orientale du pays est réputée pour ses crocodiles. Tutuala et l’île de Jaco sont des sites intéressants à visiter. Le mont Ramelau, la plus haute montagne, au centre du pays, est un autre lieu à visiter. Atauro, l’île située en face de la capitale Dili, vaut la peine de s’y rendre.

De fréquents contacts individuels avec des gens du pays ou des ressortissants étrangers qui ont résidé longtemps dans le pays sont de bons moyens pour trouver des interprètes culturels.

Pour ce qui est de la cuisine, les restaurants des centres urbains offrent des spécialités portugaises, asiatiques et traditionnelles.

Point de vue canadien :

Je vous conseille de regarder la télévision locale, d’écouter les postes de radio locaux, de lire les quotidiens locaux; de visiter les marchés; de fréquenter les restaurants; d’acheter des articles de base (eau, bougies, café) dans les « kiosques » voisins; de fréquenter la Xanana Reading Room (au centre-ville de Dili); de voyager à l’extérieur de Dili pour visiter les districts et faire des excursions dans les collines et les montagnes. Si vous êtes invité à une fête timoraise, ne manquez pas d’y assister.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Le Timor oriental a des héros nationaux, mais il n’existe pas encore d’information à leur sujet.

Point de vue canadien :

Les héros du Timor oriental sont principalement liés à la lutte pour l’indépendance, d’abord contre le Portugal, puis contre l’Indonésie. Je citerais notamment l’évêque Belo – ancien évêque catholique de Dili, qui a obtenu le Prix Nobel de la paix pour avoir contesté l’occupation indonésienne; Xanana Gusmao – président actuel du Timor oriental et anciennement leader des forces de la résistance; Jose Ramos-Horta – aujourd’hui ministre des Affaires étrangères qui a reçu le Prix Nobel de la paix pour sa lutte en exil durant l’occupation indonésienne; et Nicolau Lobato – le gouverneur de Falintil, au moment de l’invasion indonésienne et qui a été tué par les forces de sécurité indonésiennes.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Comme l’histoire du Timor oriental reste à écrire, il est difficile de se prononcer.

Point de vue canadien :

Non. Les Canadiens sont habituellement respectés au Timor oriental. Avant la crise de 1999, le Canada était l’un des seuls pays donateurs. Depuis la crise de 1999, plusieurs autres pays ont apporté leur contribution, ce qui a diminué l’importance relative du Canada comme pays donateur. Toutefois, le Canada a fait d’importantes contributions, par exemple dans l’affectation d’agents de police canadiens à la mission des Nations Unies. Le chef des forces policières des Nations Unies était un Canadien.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Timorais ont quelques stéréotypes à l’égard des Européens, des Australiens, des Canadiens, des Américains et des Néo-Zélandais : attitude de supériorité en ce qui a trait aux connaissances, individualisme (dû à la perception qu’ils ne se préoccupent pas de leurs voisins) et séculaires dans le sens qu’ils n’accordent pas d’importance à la religion et à ses enseignements.

Point de vue canadien :

Après l’oppression que le Timor oriental a subi, les ressortissants étrangers peuvent avoir l’impression que les problèmes du pays sont maintenant résolus et que les gens peuvent désormais vivre ensemble, sans violence ni répression. Malheureusement, aucune société n’est aussi simple que cela, et la société timoraise a encore ses contradictions, ses complexités et ses problèmes croissants.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né à Dili, la capitale du Timor oriental. Dernier-né d'une famille de trois enfants. Il a grandi dans cette ville jusqu'à l'âge de 19 ans, lorsqu'il a immigré en Indonésie pour y poursuivre ses études. Il a obtenu un baccalauréat en langues de l'Université de STIBA-Malang. Il réside actuellement au Timor oriental et travaille à titre de consultant auprès de l'unité d'appui au programme de l'ACDI. Il est marié et père d'un enfant.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née à Boston et a résidé à Toronto (Ontario, Canada), Vancouver et Victoria (Colombie-Britannique, Canada) et Londres (Royaume-Uni). Elle a fait des études en relations sociales à l'Université de Victoria et à l'Université de Toronto. Par la suite, elle a travaillé dans le domaine de la violence à l'encontre des femmes, sur des questions d'ordre économique concernant la femme, puis sur des questions de droits de la personne en Asie. Votre interprète culturelle a voyagé plusieurs fois en Asie afin d'y recueillir des renseignements sur les droits de la personne. Elle s'est installée au Timor oriental en 2001, où elle a séjourné pendant un an. Elle vit actuellement à Jakarta (Indonésie) avec sa fille et son mari timorais.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.