Vietnam

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question : Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder ?

Perspective locale :

Cela dépend de l'objectif de la réunion. S'il s'agit d'une séance de travail, l'accent doit être mis sur les questions liées au travail. Pour amorcer la conversation, exprimez des commentaires sur la météo ou la circulation routière, puis posez des questions liées au travail. De nombreux Vietnamiens qui travaillent à Hanoï, à Hô Chi Minh-Ville ou dans d'autres villes importantes du Vietnam ne sont pas originaires de cette ville précise. Par conséquent, lors d'une première rencontre, la question « De quelle partie du Vietnam êtes-vous originaire ? » ou « Quelle est votre ville natale ? » serait pertinente.

S'il s'agit d'une rencontre sociale, vous pouvez mettre l'accent sur la famille, qui revêt extrêmement d'importance pour la majorité des Vietnamiens. Dans ce contexte, est-il culturellement acceptable de poser des questions personnelles, notamment sur l'âge, l'état civil, les parents (« Comment vont vos parents ? »), les frères et sœurs (« Combien de frères ou de sœurs avez-vous ? »), les enfants (« Combien d'enfants avez-vous ? », « Quel est leur âge ? », « En quelle année sont-ils ? ») et le conjoint (« Quelle est la profession de votre conjoint ? ») Les Vietnamiens apprécient ces questions personnelles, qui indiquent que l'interlocuteur s'intéresse à eux.

Ils seraient également enchantés de vous entendre prononcer quelques mots vietnamiens, car cela témoignerait d'un certain intérêt à apprendre la langue. Lors d'une première rencontre, l'expression « Xin Chao » est très fréquemment utilisée pour accueillir des personnes de divers âges ou leur dire « au revoir ».

Lorsque vous rencontrez un Vietnamien pour la première fois, il est suggéré d'éviter les sujets délicats, comme la politique, la religion, la démocratie et les droits de la personne. Si votre interlocuteur vietnamien souhaite connaître votre opinion, attendez qu'il soulève ces sujets de façon proactive.

Les Vietnamiens apprécient habituellement l'humour. Cependant, lorsque vous rencontrez quelqu'un pour la première fois, vous devriez probablement éviter les blagues, plus particulièrement sur les sujets délicats mentionnés plus haut.

Perspective canadienne :

La famille est un élément primordial dans la vie d’un-e Vietnamien-ne; avoir des photos (de vos enfants, parents, frères et soeurs) à montrer est une bonne idée; les Vietnamiens seront curieux de savoir ce qu’ils font. Ils vous demanderont si vous êtes marié-e, combien d’enfants vous avez, peut-être votre salaire. Ils sont aussi très intéressés à connaître votre opinion sur le Vietnam (comment vous trouvez les gens, la nourriture, les coutumes, etc.). Les coutumes est aussi un sujet d’intérêt. Éviter la politique lors du premier contact.

Information culturelle - Styles de communication

Question : Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales ?

Perspective locale :

Le style de communication dépend du contexte de la réunion. Il convient de serrer la main tant aux hommes qu'aux femmes lors de séances de travail ou d'événements officiels. Dans un contexte informel, les Vietnamiens préfèrent habituellement l'expression « Bonjour » ou « Comment ça va ? » à la poignée de main. Ils ont tendance à se tenir à une certaine distance de leur interlocuteur. Les Vietnamiens s'embrassent rarement sur la joue pour se saluer, et ce, même entre amis proches. L'accolade est de plus en plus courante, plus particulièrement entre les jeunes qui se connaissent bien.

Les Vietnamiens ne maintiennent habituellement pas le contact visuel avec leur interlocuteur ; cependant, ils ne se sentent pas offensés lorsque leur interlocuteur le fait. Dans les communications, la gesticulation est plutôt rare. Vous devez vous tenir droit et éviter de vous asseoir sur la table et de pointer quiconque du doigt.

Les Vietnamiens ont tendance à éviter la confrontation directe, et il est très important pour eux de ne pas perdre la face en public. Ils préfèrent habituellement s'exprimer de manière indirecte, surtout lorsqu'ils traitent d'enjeux délicats ou controversés. Au travail, de nombreuses discussions sont tenues en coulisse afin d'en arriver à une entente ou à un consensus sur ces questions.

Perspective canadienne :

Les communications demeurent un défi au Vietnam. D’abord la langue vietnamienne laquelle est difficile avec ses 5-6 tons, les nuances et niveaux d’échanges (e.g. on ne s’adresse pas à une jeune personne comme à un ainé, etc.) est un défi de taille ; même après plusieurs années au Vietnam, un-e Canadien-ne qui a appris et qui parle le vietnamien comprendra à peine 50% d’une conversation. Les communications se font la plupart du temps via un-e interprète ce qui pose un défi supplémentaire car les interprètes sont plus ou moins compétent. Il en est de même pour les traductions de documents (on estime que 50% de la traduction de textes est fiable à 50%). Il ne faut pas hésiter à répéter ou faire répéter les modalités d’une entente, les conclusions d’une discussion; il est souhaitable de mettre le tout par écrit même si cela n’assure pas le respect des modalités, des conclusions.  En ce qui concerne la communication non-verbale, il faut se rappeler que les Vietnamiens essaient de toujours garder une attitude neutre.

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question : Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public ?

Perspective locale :

Dans un contexte professionnel ou officiel, les Vietnamiens ont tendance à ne pas afficher leurs émotions. Cependant, dans un contexte informel, les manifestations publiques d'affection, de joie, de colère, de tristesse et de deuil, entre autres, sont acceptables.

Perspective canadienne :

Les Vietnamien-nes sont très discret-es et ne montrent pas leurs émotions (joie, colère, peur) ; et ils s’attendent à la même attitude/réserve de la part de leur interlocuteur (collègue, supérieur, etc.).

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question : Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.) ?

Perspective locale :

Les Vietnamiens adoptent généralement une tenue officielle. Bon nombre d'entre eux, plus particulièrement dans le nord du Vietnam, se jugent mutuellement en fonction de leur apparence. Cependant, la tenue vestimentaire dépend du milieu de travail. Au sein, d'organisations internationales, de sociétés ou d'organisations gouvernementales locales, la tenue professionnelle est de mise. Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), une tenue moins formelle est acceptable.

Au Vietnam, les bureaux sont habituellement ouverts de 7 h 30 ou 8 h à 16 h 30 ou 17 h. Les organisations internationales, les organisations non gouvernementales internationales et les sociétés étrangères suivent habituellement les normes internationales du travail. Cependant, au sein d'organisations gouvernementales locales, les employés prennent habituellement une longue pause dîner, puis font une sieste de 30 minutes ou d'une heure ; par conséquent, leur période de dîner est longue (d'une heure et demie à deux heures). De plus, au sein de ces organisations, les échéances et les calendriers de travail ne sont pas respectés rigoureusement (de nombreux travailleurs arrivent tard et repartent tôt ; des réunions et des événements peuvent être planifiés et annulés à la dernière minute).

Adressez-vous à vos collègues et à vos superviseurs vietnamiens par leur prénom. Il est recommandé d'ajouter un pronom approprié à ce prénom, selon l'âge de votre interlocuteur (p. ex., « anh » A, « chi » B, « ong » C, « ba » D). Si cette personne est plus jeune ou du même âge que vous, utilisez son prénom, sans y ajouter de pronom.

Perspective canadienne :

Les Vietnamien-nes peuvent être très strictes. Il est donc préférable d’être à l’heure et formel surtout pour des rencontres de travail, ensuite l’atmosphère se détendra lors de rencontres subséquentes surtout si un rapport s’établi avec l’interlocuteur. Quant au code vestimentaire, nos goûts (style, couleur, etc.) sont diamétralement opposés. Règle générale: s’habiller de façon plutôt formelle, avec des vêtements propres et repassés (chemisier, robe avec manches pour les femmes; chemise et pantalon pour les hommes – pas de T-shirt, il n’est pas nécessaire de porter de veston car les Vietnamiens n’en porte pas nécessairement). L’apparence est très importante.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question : Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local ? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit ?

Perspective locale :

L'expérience, le leadership, les études, l'éthique de travail et l'intégrité constituent les qualités principales d'un superviseur ou d'un gestionnaire local, au Vietnam. Les employés locaux peuvent lui imposer des attentes supérieures à celles qu'ils établiraient à l'égard d'un superviseur ou d'un gestionnaire expatrié, car ils estiment que les étrangers peuvent leur offrir de nouvelles connaissances, des idées novatrices et des méthodes créatives, que la direction ou les ressources locales ne leur fourniraient probablement pas. Selon la perception du personnel local, étant donné qu'un superviseur ou un gestionnaire expatrié est beaucoup mieux rémunéré que les travailleurs locaux, il doit travailler plus fort et offrir un rendement supérieur.

Il est important de recueillir régulièrement les commentaires de membres du personnel locaux, d'établir un lien avec eux, et d'entretenir des échanges fréquents avec eux. De cette façon, tout étranger peut en apprendre davantage sur les opinions de ces personnes. De plus, faites preuve de compassion et de respect envers les membres du personnel locaux, car bon nombre d'entre eux s'attendent à ce que leur gestionnaire soit non seulement compétent, mais aussi accessible et ouvert. Étant donné la longue tradition de lutte contre les invasions étrangères, les Vietnamiens ont tendance à résister aux contraintes externes. Par conséquent, en milieu de travail, une personne est encouragée à demander des éclaircissements et à établir un consensus à l'aide de discussions, notamment de face à face, plutôt que d'imposer simplement ses opinions, car cela pourrait nuire à ses relations à long terme avec le personnel local.

Perspective canadienne :

Il faut d’abord imposer son autorité, surtout pour une femme, mais de manière subtile, le-la vietnamien-ne n’aime pas “obéir” surtout s’il-elle a à peu près votre âge. Il est très difficile de savoir ce que pensent les Vietnamien-nes car ils n’extériorisent pas leurs émotions/sentiments. Il faut être patient et observateur.

Note : dans les années ’90, dans chaque bureau, unité de travail, il y avait une personne qui rapportait tout au représentant du Parti communiste local ; les téléphones fixes étaient sous écoute. Qu’en est-il en 2016 ?

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question : Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend ? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction ?

Perspective locale :

Dans une société hiérarchisée comme celle du Vietnam, l'approche descendante demeure privilégiée, et le chef d'une organisation se charge habituellement de la prise de décisions. Cependant, la consultation et l'établissement de consensus jouent un rôle important dans le processus décisionnel, plus particulièrement au sein d'organisations du secteur public, comme les organismes gouvernementaux et d'autres entités détenues ou gérées par l'État (des entreprises d'État, des universités, des écoles, des hôpitaux). De plus, étant donné que le Vietnam maintient toujours un régime communiste, le Parti communiste vietnamien conserve un rôle crucial au sein de la plupart des organisations du secteur public. Les représentants du Parti communiste vietnamien ne gèrent pas ces organisations sur le plan administratif ; cependant, ils conservent le droit d'examiner (et même d'annuler, s'il y a lieu) les décisions principales des gestionnaires ou des administrateurs, plus particulièrement en ce qui concerne les questions liées au personnel.

Les Vietnamiens se tiennent généralement à distance de leurs superviseurs ou de leurs gestionnaires immédiats, et ils n'expriment pas directement leurs sentiments et leurs réflexions à leurs supérieurs. Par conséquent, ils partagent habituellement leurs préoccupations relatives au travail avec des collègues ou des membres de leur famille, qui leur fournissent des commentaires ou des conseils. Lorsque des Vietnamiens souhaitent traiter de questions délicates ou controversées avec leurs superviseurs ou leurs gestionnaires, ils préfèrent les soulever de manière indirecte. Pour éviter la confrontation directe en milieu de travail, ils ont tendance à tenir des discussions informelles, en tête-à-tête, afin de traiter de leurs problèmes ou de leurs défis, plutôt que de les soulever dans le cadre de réunions officielles.

Perspective canadienne :

Les femmes sont peu valorisées dans la société vietnamienne. Les femmes dans des postes clé (politique, direction, etc.) sont souvent des vitrines, ce sont les hommes qui prennent les décisions. Ceci étant dit les femmes sont souvent employées par les étrangers car elles travaillent bien et elles peuvent performer ce qui peut s’avérer difficile dans un poste gouvernemental, par exemple.

Les classes sociales ne sont pas stratifiées comme dans d’autres pays asiatiques, ici on se réfère plus au nord (Vietnam) et au sud (Vietnam), le nord (les vainqueurs) ayant plus d’ascendant sur le sud (les vaincus).

La religion est un aspect personnel de la vie des gens et n’est pas sujet tabou ou de conflit. En général les Vietnamiens pratiquent le bouddhisme. Les fêtes religieuses sont le prétexte à de nombreuses visites de temples, pagodes.

Quant à l’ethnicité, le Vietnam est dominé par le groupe King qui occupe toutes les sphères de la société ; les groupes minoritaires de l’extrême nord et des plateaux et montagnes du sud, sont marginalisés en termes d’accès aux biens et services et aux droits. Ils sont souvent utiliser/montrer comme attrait touristique.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question : Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Perspective locale :

Religion :

Le Vietnam, qui maintient le régime communiste, est officiellement athée. Cependant, de nombreux Vietnamiens continuent d'exercer des pratiques religieuses « informelles » et de pratiquer des religions populaires. Par exemple, la plupart des Vietnamiens honorent leurs ancêtres et pratiquent des rituels pour la naissance, le décès, le mariage, le lancement d'une entreprise, le déménagement, etc. Les Vietnamiens et les étrangers sont autorisés à pratiquer leur religion, à condition que ces religions soient permises et surveillées étroitement par le gouvernement. Le bouddhisme mahayana, le catholicisme, le protestantisme, le bouddhisme theravada, le Hoa Hao et le Cao Dai font partie des religions principales du Vietnam. La religion demeure l'un des sujets les plus politiquement sensibles et les plus examinés au Vietnam. Si vous souhaitez aborder ce sujet en milieu de travail, prenez connaissance de ses sensibilités précises.

Classe :

En règle générale, la question de la classe n'est actuellement pas traitée, au Vietnam. Les écarts sociaux et l'inégalité sont cependant des sujets de plus en plus populaires. Plutôt que de s'intéresser à la classe d'une personne, les Vietnamiens sont beaucoup plus curieux de découvrir ses origines géographiques, sociales et économiques.

Ethnicité :

Le Vietnam rassemble 54 groupes ethniques distincts, et chacun de ces groupes possède sa propre langue, son mode de vie et son patrimoine culturel. Les « Kinh », qui représentent 86 % de la population, forment le groupe ethnique le plus important du Vietnam, et le plus dominant dans tous les horizons du pays. Les « Tay », « Thai », « Muong », « Khmer Krom », « Hoa », « Nung » et « Hmong » constituent d'autres importants groupes ethniques du Vietnam. Le gouvernement a tenté de construire des routes, des écoles et des hôpitaux pour les groupes ethniques les plus pauvres. Cependant, les minorités ethniques font toujours face à de nombreux obstacles, c'est-à-dire l'élargissement des écarts de richesse, un taux d'analphabétisme et de décrochage supérieur, les inscriptions scolaires tardives, etc. Les droits des minorités ethniques constituent une question politiquement sensible, au Vietnam.

Sexe :

Bien que le Vietnam ait récemment réalisé des progrès en matière de promotion de l'égalité des sexes et d'autonomisation de la femme, cette société demeure dominée par les hommes, plus particulièrement dans les régions rurales et la majorité des minorités ethniques. Les Vietnamiennes doivent toujours surmonter de nombreux obstacles, notamment la pauvreté, l'accès restreint aux études supérieures et aux occasions d'emploi, les attitudes et les comportements discriminatoires persistants, et leur sous-représentation en politique. Cependant, les expatriées sont habituellement respectées et font rarement l'objet de discrimination en milieu de travail.

Perspective canadienne :

Il n’est pas toujours évident de savoir qui a le dernier mot dans la prise de décision. Dans ce pays, le Parti joue un rôle primordial et ce à tous les échelons de la société et dans le milieu du travail. Le représentant du Parti n’est pas nécessairement la personne en charge de l’organisation mais il a quand même droit de regard sur les décisions qui sont prises par le responsable. Lors de rencontres avec les responsables administratifs, une décision peut être prise mais elle peut aussi être renversée par le Parti si elle est jugée contraire à certains principes.

Il faut dans la mesure du possible essayer de comprendre cette prise de décision et de s’allier aux personnes clés si l’on veut que le projet aboutisse.

Les barrières linguistique et culturelle sont énormes. Il est donc très difficile, même si l’on parle la langue, d’avoir des réponses claires et des conseils précis. Il vaut mieux consulter plusieurs personnes qui pourront confirmer ou déconseiller telle façon de faire.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question : À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne ?

Perspective locale :

Au Vietnam, les relations personnelles sont extrêmement importantes, sont fondées sur l'intérêt mutuel et la confiance des deux parties, et leur développement prend du temps. Une personne peut demander à un tiers de la présenter à des collègues ou à des clients vietnamiens, avant de travailler avec eux. Il est beaucoup plus efficace de s'entretenir régulièrement en personne que d'utiliser simplement le téléphone ou le courriel. Pour établir une relation personnelle avec des Vietnamiens, il est possible de les inviter à dîner, à souper ou à prendre un verre, et de partager des histoires personnelles afin de mieux se comprendre mutuellement. Les cadeaux sont également courants, au Vietnam. Pour souligner qu'elle tient à ses collègues ou à ses clients locaux, une personne peut leur offrir de petits objets peu coûteux qui proviennent de son pays d'origine.

Perspective canadienne :

Les relations personnelles sont primordiales au développement d’une entreprise d’affaires ou autre relation de travail. Les Vietnamiens aiment bien manger, il y aura toujours un repas de prévu lors d’une rencontre formelle; il y a aura aussi échange de cadeaux. Une première rencontre est habituellement organisée par l’hôte vietnamien qui s’occupera de l’hébergement et de la logistique. Lors de rencontres subséquentes, l’étranger pourra choisir son lieu d’hébergement et intervenir dans l’organisation de la logistique (lieux à voir, personnes à rencontrées, etc.).  Il faut être patient-e et observateur. Les hommes étrangers auront peut-être à relever certains défis « alcooliques »; les hommes vietnamiens aiment arroser leur repas d’alcool fort et jugeront leur interlocuteur à sa consommation d’alcool. Une étrangère pourra toujours avouer son incapacité à suivre ses collègues vietnamiens – elle est un « faible » femme!

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question : Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié ?

Perspective locale :

Des collègues ou des employés locaux ne demanderont pas directement à un étranger de leur accorder des considérations ou des privilèges spéciaux en raison de leur relation personnelle ou de leur amitié. Cependant, ce type de demande n'est pas inhabituel en milieu de travail et peut même être culturellement accepté, car les relations professionnelles et personnelles ont tendance à fusionner, dans la société vietnamienne. Dans les organisations du secteur public, les emplois, les possibilités d'avancement professionnel et les voyages à l'étranger, entre autres, sont habituellement accordés à des membres de la famille, à des amis ou à des connaissances. De plus, au sein de ces organisations, les considérations personnelles et les nominations sont habituellement décernées aux membres du Parti communiste.

Perspective canadienne :

Certainement ! Les Vietnamiens donnent facilement des cadeaux et s’attendent à un « retour d’ascenseur ». Cependant il faut être ferme sur les conditions d’emploi avec des règles écrites, établir les limites. Et ne pas hésité à congédier un-e employé-e s’il s’avère qu’il-elle a outrepassé les bornes.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question : J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé ?

Perspective locale :

Pour les Vietnamiens, qui ont tendance à éviter la confrontation directe, il est extrêmement important de ne pas perdre la face. Par conséquent, en cas de problème lié au travail avec des collègues ou des employés locaux, il est préférable de ne pas les confronter en public, sauf si les autres solutions ont été épuisées. Il convient plutôt de prévoir une réunion en personne afin d'aborder ces questions en privé. Afin d'amorcer la conversation, vous pourriez demander à vos collègues ou à vos employés locaux de vous parler de leur famille, par exemple. Songez à consulter des collègues plus expérimentés afin d'obtenir des conseils sur la démarche appropriée pour soulever des questions délicates et controversées en milieu de travail.

Perspective canadienne :

Les problèmes avec une personne ne se règle pas sur la place publique; la personne ne doit pas perdre la face devant ses collègues. Il sera difficile de confronter une personne, elle acceptera (ou semblera accepter) en silence vos réprimandes et s’en servira peut-être ultérieurement contre vous. Le-la Vietnamien-n ’accepte mal la critique.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question : Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail ?

Perspective locale :

Cela dépend du secteur ; cependant, en règle générale, les incitations financières, la reconnaissance, la satisfaction professionnelle, les conditions de travail et les voyages à l'étranger constituent d'importants facteurs de motivation pour les collègues ou les employés locaux. La loyauté ne doit pas être tenue pour acquise, surtout dans le secteur privé, où les employés plus jeunes ont tendance à changer d'emploi plus souvent afin d'être mieux rémunérés. Étant donné que le salaire de base de la plupart des fonctionnaires demeure très faible, il n'est pas inhabituel de rechercher du travail supplémentaire pour accroître son revenu (vente de produits en ligne, prestation de services de restauration, etc.)

Perspective canadienne :

Les Vietnamiens sont orgueilleux et très fiers. La meilleure façon de les motiver est de les féliciter pour le travail accompli, leur initiative même si ce travail a été initié, fait par vous. Partager un repas avec les collègues a est aussi une bonne manière de montrer notre intérêt pour eux et leur pays.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question : Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web ?

Perspective locale :

Livres :

  • MURRAY, Geoffrey. Vietnam - Culture Smart: the essential guide to customs and culture, 2006.
  • NGOC, Huu. Wandering Through Vietnamese Culture, 2004.
  • ELLIS, Claire. Culture Shock! Vietnam: A Survival Guide to Customs and Etiquette, 2002.
  • JAMIESON, Neil L.. Understanding Vietnam, 1995.
  • ROUTHIER. The Foods of Vietnam, 1999

Films :

  • Good Morning, Vietnam (1987)
  • The Fog of War: Eleven Lessons from the Life of Robert S. McNamara (2003)
  • Cyclo (1995)
  • Three Seasons (1999)
  • The Scent of Green Papaya (1993)

Émissions télévisées :

  • Vietnam in HD (2011)
  • Vietnam: A Television History (1983)
  • Tour of Duty (1987)
  • Vietnam’s Got Talent
  • Vietnam’s Next Top Model 

Musique :

  • Musique de la cour impériale : « nha nhac », « tieu nhac », « dai nhac »
  • Musique folklorique : « dan ca », « quan ho », « hat chau van », « ca tru », « ho », « hat xam », etc.
  • Instruments de musique traditionnels : « dan bau », « dan nguyet », « dan tranh », etc.
  • Musiciens célèbres : Trinh Cong Son, Van Cao, Phu Quang, Thanh Tung, Tran Tien, Pham Duy, etc.
  • Chanteurs de musique pop célèbres : Thanh Lam, Hong Nhung, My Linh, Tran Thu Ha, My Tam, Ho Ngoc Ha, Lam Truong, Quang Dung, etc.

Cuisine :

  • Soupe au riz et aux nouilles vietnamienne (« Pho »)
  • Rouleaux de printemps (« Nem » ou « Cha gio »)
  • Rouleaux de salade (« Nem cuon »)
  • Riz collant (« Xoi »)
  • Sandwich vietnamien (« Banh my »)
  • Gâteaux carrés (« Banh chung »)

Perspective canadienne :

Apprendre à utiliser des baguettes pour manger, cela impressionnera votre hôte. L’internet donne une foule d’informations selon l’endroit que l’on visitera (nord, sud, capital, petites villes de provinces, etc.). S’il existe, visiter le quartier vietnamien de votre ville, ou au moins le quartier asiatique.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question : Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer ?

Perspective locale :

La recherche de conseils auprès d'autres expatriés, plus particulièrement ceux qui ont vécu au Vietnam, et de collègues vietnamiens constitue une excellente façon d'en apprendre davantage sur la culture et la population locales. Ces personnes peuvent recommander des activités précises et partager des conseils et des renseignements utiles sur divers aspects culturels de la ville, du village ou de la région où vous vivez et travaillez.

Il est également possible de fréquenter les restaurants, les cafés, les marchés, les parcs, les musées et les maisons de la culture, entre autres, afin d'observer la vie locale et de socialiser. Participez à des événements (ou à des spectacles) traditionnels et culturels. Si des collègues locaux vous y invitent, visitez leur domicile. Explorez la campagne et d'autres villes, villages ou régions du Vietnam afin d'en apprendre davantage sur les sous-cultures, qui sont très différentes (p. ex., le nord, le centre et le sud du Vietnam).

Perspective canadienne :

Au début du séjour acceptez les activités que vous proposerons vos hôtes (visite de temples bouddhistes, spectacles typiques, lieux historiques, etc.). C’est un très beau pays à visiter; plusieurs options de transport, hébergement et activités sont offertes un peu partout dans le pays. Une femme seule peut voyager assez facilement au Vietnam en prenant les précautions habituelles (passeport et argent dans un endroit sécuritaire, habillement décent, etc.).

Information culturelle - Héros Nationaux

Question : Qui sont les héros nationaux de ce pays ?

Perspective locale :

Au Vietnam, des rues sont nommées en l'honneur de héros nationaux (Hai Ba Trung, Ngo Quyen, Dinh Tien Hoang, Ly Thuong Kiet, Tran Hung Dao, Le Loi, Nguyen Trai, Quang Trung - Nguyen Hue, Vo Nguyen Giap). Cette pratique reflète la riche tradition du pays en matière de lutte contre les envahisseurs étrangers.

Perspective canadienne :

Le plus grand héro national est Ho Chi Minh qui a été l’instigateur du Vietnam actuel. Le Général Giap a marqué l’histoire de la résistance de ce peuple très résilient, inventif et têtu. Les Vietnamiens sont friands d’histoire et aiment raconter leur histoire d’opposition aux envahisseurs (chinois, français, japonais, américains).

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question : Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social ?

Perspective locale :

En règle générale, les Canadiens sont bien perçus au Vietnam. De nombreux Vietnamiens sont reconnaissants du fait que le Canada n'ait pas participé à la guerre du Vietnam et qu'il ait même contribué à l'application des Accords de paix de Paris, qui ont mis fin à cette guerre.

Perspective canadienne :

Rien en particulier. Le Canada et les Canadiens sont bien reçus au Vietnam.

Information culturelle - Stéréotypes

Question : Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces ?

Perspective locale :

L'un des stéréotypes relatifs au Vietnam est fondé sur l'idée d'un pays communiste qui maintient un « système de parti unique qui interdit la libre expression ». Bien que le Parti communiste vietnamien soit toujours à la tête de ce pays, les Vietnamiens ont divers profils sociaux, culturels, professionnels et politiques, et bon nombre d'entre eux ont différentes façons de voir le monde et sont très ouverts à l'expression de leurs opinions.

Perspective canadienne :

Le Vietnam n’est plus en guerre depuis plus de 30 ans; ceux et celles intéressé-es par les guerres au Vietnam peuvent en savoir plus dans les musées ou par des lectures. Plusieurs endroits et sites historiques valent le déplacement (Dien Bien Phu, Cu Chi).

Ce n’est pas parce que quelqu’un nous sourit tout le temps qu’il est votre ami… Se rappeler que les apparences comptent beaucoup dans ce pays.

Ne pas hésiter à répéter et faire répéter pour s’assurer que les deux parties s’entendent sur les mêmes choses.

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Perspective locale :

L'interprète culturel est un Canadien d'origine vietnamienne, qui est né et a grandi à Hanoï, au Vietnam. Il a étudié en relations internationales, en droit, en gestion, en administration publique et en analyse des politiques, au Vietnam, en Ukraine, au Royaume-Uni et au Canada. Il a voyagé dans plus de quarante pays et acquis 25 années d'expérience professionnelle au sein d'entreprises, d'universités, d'organisations non gouvernementales, d'organismes gouvernementaux et d'organisations internationales, au Vietnam et au Canada. Il parle anglais, vietnamien, français, russe et chinois mandarin. Il travaille actuellement à titre d'analyste des politiques au sein d'un ministère fédéral canadien.

Perspective canadienne :

Après des études en génie civil à l’École Polytechnique de Montréal, j’ai entrepris une carrière en développement internationale. Je cumule plus de 36 ans d’expériences canadiennes et à l’étranger avec l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) dont le siège social est situé à Ottawa.

De volontaire en République des Comores (1978-1981) à directrice régionale en Afrique de l’Ouest basée à Ouagadougou, Burkina Faso (2004-2009), j’ai occupé différents postes : enseignante (Comores et Bénin – 1987-89); directrice pays de programmes (Gabon – 1982-85, Vietnam – 1996-2001, Burkina Faso); chargée de projets et directrice de programmes au Canada jusqu’en 2014. J’ai géré des projets de développement financés par le Ministère des Affaires globales et plus de 1,000 volontaires et personnel canadiens tant au Canada que dans des pays en développement.

Depuis 2014, je suis consultante en développement international et j’ai réalisé de courtes missions (moins de six mois) au Soudan du Sud et au Sri Lanka.

J’ai travaillé au Vietnam de 1996 à 2001 en tant que directrice de programmes d’enseignement de l’anglais, français (langues étrangères) et tourisme. Je coordonnais le recruter, la mobilisation et l’encadrement d’environ 200 volontaires canadiens affectés dans différentes universités et ministères partout à travers le pays. J’ai pu ainsi me familiariser un peu avec la culture et les façons de travailler des Vietnamien-nes.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.